« Il est encore possible de prendre du plaisir en regardant du foot »

La Marseillaise : Quel bilan tirer de ces quatre jours de finales ?

Franck Kodjabachian : Je pense que nous pouvons dire que c’est une grande réussite. L’accompagnement de la Ville de Salon-de-Provence a été prépondérant car elle a mis les moyens dont nous avions besoin à notre disposition. Je souligne aussi l’engagement de l’ensemble des forces vives du District, ses dirigeants et bénévoles qui ont permis cette belle réussite. Ces quatre jours sont le point final d’une saison où nous avons organisé 30 000 rencontres et montrent qu’il est encore possible de prendre du plaisir à regarder du foot. Que notre sport permet la réunion des gens de toutes origines, de toutes classes. Et que les violences restent à la marge, même si pour moi il y en a toujours trop.

Pourtant, la saison avait débuté par des mauvaises nouvelles ?

F.K. : C’est vrai, avec ce qui est arrivé au FC Martigues et à Marignane/Gignac a dû être géré un peu dans l’urgence. Mais nous sommes arrivés à tout réorganiser nos championnats, sans trop de casse, et mis en place des soutiens pour aider ces clubs à se reconstruire. Heureusement, il y a eu de bonnes nouvelles sportives, avec Aubagne, qui va intégrer la Ligue 3. Et Berre qui monte en Nationale 2.

Comment se passent les relations avec les clubs phares que sont l’OM et maintenant Aubagne ?

F.K. : Pour notre District, qui est le cinquième de France en nombre de licenciés, avoir un club comme l’OM et un atout. Ses dirigeants ont compris qu’ils avaient intérêt à s’associer à nos actions, afin d’alimenter une dynamique réciproque. La machine a été mise en route, et chacun va y gagner. Pour Aubagne, nous allons aider ses dirigeants parce que la dynamique mise en place dans cette partie du territoire perdure. Il y a de quoi faire quelque chose de bien.

Et du côté du football féminin ?

F.K. : Les territoires jouent enfin le jeu. Les clubs ont aussi compris l’importance de créer des sections féminines. Et le fait que l’OM donne des moyens à ses féminines est un sacré booster. Le football féminin est en train de se faire sa place. Il lui faudrait maintenant que l’équipe nationale décroche un titre pour franchir un nouveau palier.

Au niveau du District, comment cela se passe pour l’accompagnement du football féminin ?

F.K. : Nous travaillons à la mise en place de référents dans toutes les équipes. Ce sont des femmes dont le rôle est de servir de relais entre le vestiaire et les entraîneurs. Chacun restera dans sa zone, pour éviter toute ambiguïté.

Le District que vous présidez a connu des turbulences. Qu’en est-il aujourd’hui ?

F.K. : Nous sommes arrivés à insuffler une nouvelle dynamique, après trois ans d’efforts pour tout reconstruire. Nous sommes repartis de zéro. Il fallait recréer une structure saine, réorganiser les commissions, restaurer les relations et le dialogue avec les clubs qui avaient été perdues. Nous avons travaillé en symbiose avec les territoires. En nous appuyant sur les bases, en collaboration directe avec tous ceux qui vont vivre le football dans le département. Ce qui nous permet d’envisager sereinement une réforme du territoire pour la saison prochaine.

Les malheurs du FC Martigues, contraint de s’exiler au Vélodrome, puis à Gueugnon, ont mis en lumière un problème de structures dans le département des Bouches-du-Rhône ?

F.K. : Malheureusement, le District n’a pas de pouvoir en ce qui concerne la définition des normes dans les stades. Nous pouvons conseiller, mais ce sont les municipalités qui ont le dernier mot. Maintenant, il serait de bon ton d’anticiper les résultats des équipes susceptibles de gravir les échelons, pour leur faciliter les choses lors d’une montée en Régional, voire en National.

Attendez-vous quelque chose
de la Coupe du Monde
 ?

F.K. : Oui ! Nous avons besoin de ce rendez-vous mondial. Et surtout, d’une équipe de France qui y soit performante. Cela nous permettrait de ramener une certaine dynamique, car ces dernières saisons, au niveau national, il y a eu une perte chez les jeunes. Notre District a plutôt bien résisté. Mais d’autres ont plus de mal.

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