Vers une nouvelle épidémie ? Un premier cas français d’hantavirus a été confirmé ce lundi. Il s’agit d’une femme rapatriée du bateau de croisière MV Hondius qui a présenté des symptômes dans l’avion médicalisé qui la transportait, de même que quatre autres ressortissants français, jusqu’à l’hôpital Bichat à Paris. Son cas « s’est dégradé dans la nuit » de dimanche à lundi, détaille la ministre de la Santé Stéphanie Rist. Les quatre autres croisiéristes ont, pour l’instant, été « testés négatifs ». Ils restent néanmoins considérés comme des cas « à haut risque » par les autorités sanitaires. Hospitalisés « dans des chambres avec des flux d’air qui permettent d’éviter la contamination », « ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu’à nouvel ordre », au minimum 15 jours, a-t-elle indiqué.
Pour éviter la propagation du virus, le gouvernement français a renforcé son dispositif de sécurité. « Afin de prévenir toute propagation de l’hantavirus de souche Andes, les personnes ayant séjourné à bord du navire MV Hondius entre le 1er avril 2026 et le 10 mai 2026 et arrivées sur le territoire national sont placées en quarantaine dans un établissement de santé pour la durée nécessaire à la réalisation d’une évaluation médicale et épidémiologique. À l’issue de cette évaluation, elles sont maintenues en quarantaine ou placées à l’isolement, pour une durée totale de 42 jours », acte un décret paru au Journal officiel lundi.
À ce stade, vingt-deux cas contacts ont été identifiés sur le territoire national : huit d’entre eux étaient passagers sur le vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesburg sur lequel voyageait également une croisiériste néerlandaise dont l’époux pourrait être le « patient zéro ». Les deux sont depuis décédés. Les voyageurs français concernés « ont été mis à l’isolement rapidement ». Les 14 autres français ayant voyagé à bord du vol Johannesburg-Amsterdam du même jour – dans lequel la passagère néerlandaise est montée brièvement – sont appelés à se signaler « sans délai aux autorités sanitaires ». « Nous prenons les mesures les plus strictes de la zone européenne (…) c’est tout au début de l’épidémie que ça se joue, il faut briser les chaînes de transmission du virus », martèle la ministre sur France 2.
Le Premier ministre a convoqué lundi dans l’après-midi une deuxième réunion en deux jours à Matignon sur le sujet, en présence de la ministre de la Santé, celui de l’Intérieur, de la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon et de hauts responsables de l’administration dont le directeur général de la santé Didier Lepelletier. Plus tard dans la soirée ont été reçus des spécialistes de l’épidémiologie dont Olivier Schwartz (Institut Pasteur), Yazdan Yazdanpanah (ANRS MIE – agence des maladies infectieuses émergentes), Xavier Lescure (AP-HP Bichat) et Jean-François Delfraissy (président du Comité national d’éthique), selon Matignon cité par l’AFP. Le gouvernement se veut prudent mais pas alarmiste. Contactée l’ARS Paca ne donne pas de consignes à ce stade et renvoie sur les communications de l’Organisation de la direction générale de la Santé (DGS).
La souche des Andes de l’hantavirus a un délai d’incubation allant de une à six semaines et ses symptômes sont des détresses respiratoires et cardiaques, ainsi que des fièvres hémorragiques. Elle peut se transmettre par aérosols dans des conditions de particulière de proximité. Son taux de létalité est de 40%. Il n’existe aucun traitement ni vaccin pour une infection à hantavirus. Si les traumatismes liés à la pandémie de coronavirus ont marqué les esprits, pour l’Organisation mondiale de la santé « nous ne sommes pas face à un nouveau Covid », assure-t-elle.
« Nous prenons les mesures les plus strictes de la zone européenne (…) c’est tout au début de l’épidémie que ça se joue, il faut briser les chaînes de transmission du virus »

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