La justice enjoint la Ville de retirer une croix du Luberon

Ce n’est pas une querelle de clocher mais de laïcité qui oppose, depuis plus de trois ans, la fédération vauclusienne de la Libre pensée et la commune de Robion. L’association, qui a comme vertu cardinale l’application de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État, a dans son viseur la présence d’une croix en bois, dite de Corilou, sur les hauteurs d’un massif du Luberon.

Après plusieurs courriers et échanges avec la Ville et la préfecture, la Libre pensée avait saisi le tribunal administratif de Nîmes pour faire retirer cette croix, contraire au respect de la laïcité car installée après 1905. Dans une décision du 6 février, la justice vient de donner raison à l’association et « enjoint le maire de faire procéder au déplacement de la croix litigieuse dans un délai de deux mois ». Hors monument funéraire, la loi veille « à la neutralité des personnes publiques à l’égard des cultes » et « s’oppose à l’installation dans un emplacement public, d’un signe ou emblème manifestant la reconnaissance d’un culte ou marquant une préférence religieuse ». Selon l’association, qui a produit plusieurs témoignages, la croix a été mise en l’état il y a moins de 20 ans.

« Ce jugement confirme que la laïcité institutionnelle n’est pas une option, ni pour un maire, ni pour un préfet, et vient rappeler que le domaine public ne saurait être mis à disposition d’opérations de propagande religieuse », salue, dans un communiqué l’association, récusant toute christianophobie, assurant agir de la sorte « pour toutes les religions ». Une décision qui désole le maire Patrick Sintès (DVD), confiant à Ici Vaucluse, qu’il fera appel. Selon lui, la croix est historique et mémorielle. Sur les réseaux sociaux, beaucoup d’habitants s’émeuvent aussi de la disparition annoncée.

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