Au collège Fontcarrade, ce qui ne devait être qu’un exercice « alerte intrusion » s’est transformé en intervention policière disproportionnée. L’affaire démarre le vendredi 7 novembre. Dans la salle de permanence, les collégiens sont surexcités et ne respectent pas les consignes. La CPE demande alors aux agents de police d’entrer et de leur expliquer l’importance de ce genre d’entraînement, quand l’un des élèves s’écrie : « Garde-à-vous ! » « L’un des policiers s’est mis en colère. Il a dit qu’il fouillerait les élèves si personne ne se dénonçait », raconte un.e AED (assistant d’éducation) sous couvert d’anonymat.
Une menace rapidement mise à exécution. Les agents ont alors désigné six garçons au hasard, les ont placés contre le mur, les ont fouillés et ont relevé l’identité de quatre d’entre eux… « Nous, on était choqués. On ne s’attendait pas du tout à ce genre de réaction. On ne savait même pas si c’était légal ou pas », raconte l’AED. Dans un communiqué publié le 20 novembre, SUD Éducation dénonce un « abus de pouvoir » injustifié et illégal.
« C’était un exercice, ce n’était pas un contrôle diligenté par le procureur. Et il a été réalisé sans l’accord du chef d’établissement, qui n’était même pas présent au début des fouilles », complète Philippe Pacheco, délégué SUD Éducation au sein du collège. Pour l’heure, le rectorat n’a souhaité répondre ni aux sollicitations du syndicat, ni à celles de la presse. Contactée, la préfecture affirme quant à elle avoir réclamé un rapport administratif à la Dasen (Directrice académique de l’éducation nationale) et à la DIPN (Direction interdépartementale de la Police nationale).

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