Si les romans de Fenimore Cooper et les westerns, parfois malveillants à l’égard des Indiens d’Amérique et qui ont souvent pris des allures de science-fiction, ont bercé l’enfance de nombre d’entre nous, il ne faut pas oublier que, contrairement à eux, les philosophes des Lumières voyaient chez les Amérindiens de « bons sauvages », supérieurs à l’homme civilisé puisque non corrompus par leur milieu. Souvenons-nous aussi que trois siècles avant les grands penseurs du XVIIIe siècle, le peintre et graveur sur bois, Albrecht Dürer s’émerveillait devant leur capacité d’invention. Aujourd’hui, c’est Martine Reid, spécialiste de George Sand, qui rend hommage à leurs arts, et nous demande de Voir rouge, couleur de vie, de mort, et de profonde colère, inséparable de l’œuvre de Jaune Quick-to-See Smith.
Une place paradoxale
Pour le grand intérêt des lecteurs, nous en détachons ce passage, extrait du premier chapitre qui se lit comme un avant-propos : « Sur toutes sortes de supports, toiles, collages, dessins, pastels, lithographies, sculptures, Quick-to-See livre une représentation unique de l’Amérique d’aujourd’hui et de la place paradoxale qu’y occupent les Indiens, présents partout (dans la toponymie, le nom des rivières, des États), visibles nulle part (ou presque). » Voilà pourquoi l’auteure ira les chercher partout, jusque chez Chateaubriand et l’historien, Dee Brown, mais surtout dans les tableaux de celle dont elle partage l’indignation. Un livre attachant et vibrant, illustré d’œuvres de l’artiste amérindienne. Un style, prestigieusement coloré de rouge, qui confirme le talent de Martine Reid.
Arléa, 22 euros

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