Nous avons ce débat d’orientation budgétaire dans un contexte inédit pour ne pas dire préoccupant », commence la maire de Toulon sans étiquette Josée Massi. Avec un budget de l’État qui n’est toujours pas adopté. Une situation qui plonge l’ensemble des collectivités dans l’incertitude et met en difficulté leurs capacités de prévision. Et de poursuivre : « Nous sommes aujourd’hui contraints d’avancer sans connaître précisément les dotations et les compensations qui nous reviennent légitimement. » S’ajoute à cela une baisse continue des recettes, « conséquence directe des décisions nationales qui fragilisent les communes ». « Alors soyons clairs, reprend la première magistrate, la collectivité est mise sous pression. »
Pas question pour autant prévient-elle, de renoncer à un projet essentiel pour le territoire ni le niveau de service public auquel tous les habitants ont besoin. Ni même d’augmenter les taux d’imposition. « Notre rôle c’est de protéger Toulon, d’assurer sa stabilité financière et de garantir son avenir », continue-t-elle
Et les priorités d’investissement pour 2026 demeurent l’éducation, la petite enfance, la jeunesse, la culture, le sport et ses valeurs, et la continuité du projet de renaissance du centre-ville qui va être dupliqué dans les quartiers.
Mais pour conserver le cap, la Ville va devoir avoir recours à l’emprunt. Ce qu’a confirmé l’adjoint aux finances, Robert Cavanna. Il précise que c’est une bonne gestion de la dette qui va permettre de faire un emprunt de 10 millions d’euros pour continuer les missions en 2026.
« Depuis deux ans, vous avez enclenché une dynamique nouvelle : les investissements repartent, les quartiers évoluent, les écoles respirent… », a reconnu la conseillère municipale d’opposition Cécile Muschotti (Union des centristes écologistes). Mais propose de changer de tempo pour adopter un « rythme que mérite Toulon ».
André De Ubeda (PCF) est revenu, lui, sur le fond politique.
L’élu d’opposition de Toulon en Commun interroge : « Que font les députés Chenevard (Ensemble), Lavalette (RN) et le sénateur Bonnus (LR) ? Pourquoi ces parlementaires votent-ils pour la diminution des dotations aux collectivités locales ? Pourquoi cautionnent-ils l’idée que le rétablissement des comptes publics passe par l’asphyxie des collectivités locales ? » Pour mémoire, le premier appartient à la majorité municipale et le dernier en a été membre.
Et d’enfoncer le clou : « Alors, pourquoi nous tirent-ils toutes et tous une balle dans le pied, puisqu’à lire la presse ils briguent toutes et tous votre place, Madame Massi ? »
Il dénonce pour conclure, « l’inconséquence de ce gouvernement et du chef de l’État qui vont sciemment mettre en péril l’équilibre de milliers de collectivités territoriales pour compenser l’impéritie de leur gestion des comptes de l’État ».
Magali Brunel (Toulon en Commun) reconnaît « l’attention de la municipalité à l’éducation, ses efforts fournis pour le fonctionnement des classes, son engagement pour la petite enfance », mais pointe une insuffisance en direction de « la jeunesse exposée aux multiples défis et risques de notre XXIe siècle ».
La maire de Toulon a conclu sur le sujet de l’orientation budgétaire en soulignant que cette mandature va se terminer sur une situation financièrement saine, or « ce n’était pas le cas en 2001 ». Après le passage de l’extrême droite aux manettes, fallait-il comprendre.

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