Toulon : l’orientation budgétaire 2026 en débat au conseil métropolitain

« C’est la quadrature du cercle. Jamais un rapport d’orientation budgétaire n’a été présenté dans un tel climat d’incertitude, sans savoir très clairement à quelle sauce les collectivités seront mangées », commence le président de Toulon Provence Méditerranée Jean-Pierre Giran (LR). Mais de rassurer aussitôt en posant que, malgré cela, les priorités seraient maintenues. Avec, pour commencer, la stabilité fiscale à laquelle la majorité se dit très attachée, étant bien entendu qu’il serait « vraiment inopportun d’augmenter les impôts dans la période à venir ». Mais également l’intention de maintenir un niveau d’investissement ambitieux de l’ordre 220 millions d’euros, notamment, a-t-il été rappelé, dans les domaines structurants tels que la mobilité, l’aménagement urbain, la transition écologique et la modernisation des équipements publics.

« Les autorisations de programme témoignent de la volonté de préparer l’avenir tout en respectant les équilibres financiers », insiste Jean-Pierre Giran. Un cap inchangé qui, dans un contexte de diminution des ressources, va se traduire par une réduction de l’épargne brute assortie d’une augmentation de l’endettement.

Le vice-président Ange Musso a insisté lui aussi sur la « visibilité réduite » dans laquelle ont été réalisées ces projections. « Ce qui est fort probable, ajoute-t-il, c’est qu’on demandera un effort complémentaire aux collectivités locales. Il a été de plus de 2 milliards en 2025, et ça pourrait se rapprocher de 5 ou 5,5 milliards en 2026. »

Ce qui va concrètement se traduire par des prélèvements sur les recettes de la Métropole ou une baisse des concours de l’État.

Asphyxie des collectivités

Plus que curieusement conciliant, Amaury Navarranne, pour le Rassemblement national, a déclaré : « Nous partageons le doute qui est le vôtre. Nous savons que vous mettez beaucoup d’ardeur à essayer de maintenir l’équilibre, mais on voit que la trajectoire dévisse. » Et de poursuivre : « C’est avec une part de bienveillance que nous regarderons le budget qui nous sera présenté. » L’extrême droite laissant entendre que peut-être que, pour une fois, elle ne demanderait pas « l’acte symbolique de baisse des taux d’imposition ». Est-ce à dire qu’elle votera le budget ?

Le conseiller métropolitain Philippe Leroy (Toulon en Commun) a été, lui, beaucoup plus offensif en essayant de pousser le droite dans ses retranchements. Et de lancer : « Comme vous l’écrivez, c’est un PLF [Projet de loi de finances, Ndlr.] ravageur pour les collectivités. Et la métropole TPM se retrouve, elle aussi, dans une situation de plus en plus dégradée. »

Et de pointer lui aussi la chute de l’épargne et l’augmentation de la dette, et il est beaucoup plus inquiet sur la trajectoire. Et d’interroger donc sur la responsabilité de la famille politique de la majorité : « Mais que font vos députés et sénateurs ? Pourquoi votent-ils pour la diminution des dotations aux collectivités locales ? Pourquoi cautionnent-ils l’idée que le rétablissement des comptes publics passe par l’asphyxie des collectivités locales ? Pourquoi refusent-ils de voter des recettes supplémentaires comme la taxe Zucman ? »

De réponses, bien entendu, il n’y en a pas eues.

Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *