Présente dans les services de l’Institut Paoli-Calmettes depuis plus de 20 ans, Kheira Rerbal a pour objectif, dans sa profession, d’améliorer la continuité, la qualité et l’accessibilité des soins envers les patients atteints de pathologies cancéreuses en urologie.
Elle intervient dans le processus de soins dès l’annonce et jusqu’à ce que l’on appelle l’après-cancer. « Movember est une contraction du mot moustache et du mot novembre. Ce mouvement est aux cancers masculins ce qu’est Octobre Rose au cancer du sein chez la femme, souligne-t-elle. La moustache est un symbole de soutien, mais aussi de sensibilisation à la prévention du cancer de la prostate, mais aussi du testicule. »
Pour autant, les chiffres sont encore très élevés, dus notamment aux tabous qui y sont liés. « En France, on compte 50 000 nouveaux cas de cancers masculins chaque année et pas moins de 8 000 morts liées à ces maladies-là. Le cancer de la prostate, par exemple, touche un homme sur sept, ce qui est énorme ! », ajoute l’infirmière.
Dépister tôt peut sauver des vies
« Il est évident qu’il y a un côté tabou dans tout ça, parce que ça touche à la virilité, à la sexualité aussi des hommes pouvant entraîner, de fait, des problèmes d’ordre urinaires. » La prostate est également un organe assez méconnu et mal compris du grand public, d’où la volonté de sensibiliser, d’informer et de récolter des fonds pour la recherche, avec un mois de novembre qui y est consacré. « Les hommes peuvent se sentir gênés à l’idée d’en parler à leur entourage ou à leur médecin traitant par exemple. Il peut y avoir un sentiment de honte. Mais si un dépistage est fait à temps, alors ça se soigne bien. C’est pour cela que nous essayons de libérer la parole, d’utiliser des mots simples et d’inviter les hommes à se faire dépister à partir de 40 ans auprès de leur médecin », précise la professionnelle de santé. Mais au-delà de la libération de la parole, le dépistage en lui-même du cancer de la prostate peut aussi poser problème. « C’est un bilan sanguin qui s’accompagne d’un toucher rectal. En effet, ce n’est pas agréable, comme un acte gynécologique peut être désagréable pour une femme. Cependant, c’est primordial, parce que ça permet de déceler, le cas échéant, des nodules au niveau de la prostate. Je précise aussi que c’est indolore ! »
Le cancer du testicule, quant à lui, touche des hommes beaucoup plus jeunes, à partir de 20 ans, qui peuvent avoir, entre autres, des prédispositions génétiques, mais pas que. « Il faut être vigilant, si l’on voit qu’il y a une grosseur ou des rougeurs notamment, alors il faut aller consulter, il faut en parler et ne pas avoir honte ! Aujourd’hui, avec la technologie, les avancées et le progrès, il n’y a pas nécessairement d’opération à réaliser et ça peut sauver des vies », conclut-elle.

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