[Entretien] « Les personnes âgées sportives sont des modèles de bien vieillir »

La Marseillaise : Vous montrez qu’avec l’âge, le muscle respiratoire fatigue plus vite, limitant la tolérance à l’effort. Y a-t-il un risque pour les personnes âgées qui continuent une pratique sportive régulière ?

Grégory Blain : Pas du tout. Ils fatiguent juste plus vite et leurs jambes disent « stop » plus tôt. Le muscle respiratoire ne sera jamais fatigué au point de ne plus pouvoir se contracter. Éventuellement, les personnes qui font de l’hyper-tension doivent être attentives : la contraction des vaisseaux sanguins dans les muscles locomoteurs pour privilégier l’afflux de sang vers le muscle respiratoire augmente la tension artérielle. Concernant les os et les articulations, la littérature montre que l’exercice physique – sans excès – a plutôt des effets bénéfiques. Les personnes âgées sportives sont pour nous des modèles de « bien vieillir ».

C’est-à-dire ?

G.B. : Elles nous permettent d’étudier les effets de l’âge avec moins de biais. Car souvent, les personnes âgées sont plus sédentaires. Cela brouille les pistes quand nous observons la diminution d’une fonction : est-ce l’effet de l’âge ou de la sédentarité ? L’avantage du « master athlète » est qu’il ne se déconditionne pas par manque de pratique physique. Il entretient ses fonctions via la pratique régulière d’exercice.

Votre étude a été menée chez des hommes. Les résultats auraient-ils été similaires chez des femmes ?

G.B. : C’est probable. Ils seraient même sûrement plus marqués chez les femmes car leurs poumons sont plus petits, donc les contraintes sont plus importantes.

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