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  • Une nouvelle rétrospective de Gilbert Ganteaume

    Une nouvelle rétrospective de Gilbert Ganteaume

    Des bateaux, des grues, des falaises… Une trentaine de tableaux de l’artiste ciotaden Gilbert Ganteaume habillent les murs de la Chapelle des pénitents bleus à La Ciotat. L’exposition « Né de l’acier », programmée depuis le 7 août et jusqu’au 5 septembre, a été pensée par l’association Ganteaume, Artiste de la Matière (GAM). Elle raconte l’œuvre du peintre de 94 ans, à travers une rétrospective découpée en quatre volets. Le premier porte sur sa naissance dans les chantiers navals, le second sur son engagement syndical, le troisième sur la singularité de son œuvre artistique et le dernier sur son attachement à La Ciotat. « Il est profondément épris de sa ville. C’est une des sources d’inspiration de ses peintures. Son œuvre est imprégnée de l’histoire de La Ciotat, sous l’angle des luttes sociales des habitants », explique Marc Le Chartier, secrétaire de l’association GAM. Dès le plus jeune âge, l’artiste apprend des techniques de traitement de l’acier sur les chantiers navals. « Il utilise son savoir initial pour le réinjecter dans la production artistique de ses œuvres », poursuit-il.

    Du chantier à la peinture

    Gilbert Ganteaume est né à la cité ouvrière de La Ciotat en 1932. Il entre au chantier naval comme apprenti, à 14 ans, en 1946. « À cette époque, quand l’école était finie, les garçons allaient à l’école des chantiers. Leur chemin était tracé. En trois ans, on essayait de voir leurs capacités et dans quelle section on les mettait », raconte la fille du peintre, Christiane Ganteaume. Il devient traceur, ayant déjà des dispositions pour la géométrie et l’espace. Puis, il se syndicalise. « Les injustices l’ont poussé à devenir syndicaliste pour défendre ses collègues », relate celle qui est aussi la présidente de l’association GAM. La peinture, elle, viendra plus tard, dans les années 60. « Il n’osait pas, il avait peur qu’on se moque de lui, surtout au chantier. Selon la légende, et elle est vraie, ma mère lui a offert deux pinceaux et trois tubes de peinture pour Noël, pour qu’il commence à peindre. Elle ne se doutait pas qu’il ne s’arrêterait plus après », confie Christiane Ganteaume. Fondée il y a deux ans, l’association GAM a pour objectif de promouvoir l’œuvre de Gilbert Ganteaume. « Le but c’est de faire connaître son œuvre et son rôle dans l’histoire de La Ciotat, c’est un travail important », soutient la présidente de l’association.

  • Amélie Lavin : comment traverser le passé et le présent de Marseille ?

    Amélie Lavin : comment traverser le passé et le présent de Marseille ?

    Pour tenter d’éclairer son parcours personnel, Amélie Lavin explique qu’une préoccupation simple et forte l’habite depuis toujours : parmi les flux d’une époque qui recycle, efface et transforme constamment nos représentations du monde, « comment relier ici et maintenant, les textes et les images ? ». Un peu tardivement, la trentaine venue, après être passée par des études d’histoire et de sémiologie, pendant qu’elle entamait un recadrage transdisciplinaire à propos d’un grand primitif de la photographie, Hippolyte Bayard, son directeur de recherche Michel Poivert ainsi qu’Alexia Fabre, rencontrée au Mac Val, l’avaient convaincue : sans être une vocation, le métier de conservatrice de musée pouvait devenir une réponse à ses interrogations.

    Sans contradictions avec sa personnalité foncièrement frondeuse et indépendante, une autre de ses convictions, son souci des exigences du service public lui permet d’appréhender les privilèges et les contraintes d’une institution dont elle fut avec honnêteté et franc-parler, pour le personnel du Mucem, une impeccable représentante syndicale. Sa mère, Marie Lavin est une historienne passionnée par l’histoire de l’art, l’appartement de son enfance en région parisienne était bourré de livres. Pendant ses vacances, ses parents l’emmenaient visiter la Provence et l’Italie. Universitaire à Paris, son frère cadet, Mathieu Lavin est l’auteur de monographies à propos des cinéastes Ozu et Manuel de Oliviera.

    Des fragments de récits et les témoignages de proches amis achèveront ce rapide portrait. Loin des assignations et de l’entre-soi parisiens, dix années libres et inventives à la tête d’un musée de sous-préfecture (en Franche-Comté, Dole compte 27 000 habitants) lui auront permis d’élaborer sa méthode de travail, ses règles de conduite. Elle se souvient avoir rencontré Henri Cueco, atteint par Elzheimer, communiquant avec elle, avec des dessins qu’il griffonnait sur une petite toile. Au téléphone, le peintre-photographe Jean-Marc Cerino qu’elle avait exposé en 2014 et dont elle aime les multiples « entrées en résistance » parle d’elle comme si elle « n’était pas du sérail » : chaque fois qu’il la rencontre de nouveau, il affectionne son allant et son intégrité qu’il trouve proches de la « petite espérance » que Walter Benjamin préconisait farouchement. Sincèrement élogieux, Vincent Giovannoni qui fut pendant presque trois ans son voisin de bureau au Mucem tandis qu’elle orchestrait le succès public de « Paradis naturistes », une exposition souhaitée par Jean-François Chougnet, estime que sa maturité émotionnelle et son respect vis-à-vis des personnes avec qui elle travaille, lui ont souvent rappelé la vision lucide de Jean Genet qui affirmait qu’« on n’est pas artiste sans qu’un grand malheur s’en soit mêlé ».

    Cantini, un « matrimoine »

    qu’il faut réinventer

    Elle avait quitté Dole en 2022 pour venir travailler à Marseille, entre autres raisons parce qu’elle pensait que les deux adolescents qui sont ses enfants avaient besoin d’une grande ville. La donne de Marseille, les vives complicités et les remises en question qu’elle perçoit quotidiennement en compagnie de l’autre conservatrice de Cantini, Louise Madinier ou bien avec Stéphanie Airaud qui pilote le Mac ainsi qu’avec le directeur des musées de Marseille Nicolas Misery, son écoute d’un territoire complexe où les amnésies et les renaissances sont multiples, lui donnent la joie et les stimulations d’un travail collectif. Titré « Une langue échappée », coréalisé avec Louise Madinier, le récent accrochage des collections du musée qui fait la part belle à des artistes provisoirement marginalisés, souvent des femmes qui œuvrèrent sur la scène méditerranéenne ainsi que son projet d’exposition « Juste au-dessus du silence », donnent une idée de l’inflexion qu’elle veut donner à son musée. À partir de la donation et de la restauration d’un « grand tableau antifasciste et collectif » initié par Jean-Jacques Lebel, il s’agira de réévaluer le rôle des femmes et des artistes algériennes engagées depuis les années 1950 contre les violences, les censures et les tortures.

    En face de l’audace de ce projet on comprendra que sa programmation se situe dans le droit fil de la meilleure tradition de Cantini dont les responsables furent presque exclusivement des femmes : entre autres, Marielle Latour qui réalisa à Marseille en 1982 avec la première rétrospective consacrée à Baya et Danièle Giraudy qui exposa Jean de Maisonseul à Antibes, autrice de l’autre côté de la Méditerranée, en 1987, d’un hommage à Picasso et aux Femmes d’Alger.

  • [Week-end] L’esprit de 1936 : Dans le Var, la singulière dynamique du Front populaire

    [Week-end] L’esprit de 1936 : Dans le Var, la singulière dynamique du Front populaire

    Jacques Girault, ancien professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris 13, a publié des « Réflexions sur la victoire du Front populaire dans le Var » dans le numéro 5 de la revue de l’association Promémo. Il pointe « plusieurs particularités dans le Var ».

    « Première particularité, la situation économique n’explique pas mécaniquement la réaction politique. Alors que la France connaît une crise économique qui frappe avant tout la production industrielle, dans le Var, la crise est surtout agricole. Le revenu des agriculteurs se dégrade fortement. Par exemple, les marchés extérieurs se ferment et les cultures fruitières et horticoles en souffrent. La crise viticole se traduit par une brusque dégradation des cours du vin. L’industrie, le plus souvent dépendante de l’État, souffre moins mais les dépenses diminuant, la politique de défense nationale en subit les conséquences. Le chômage menace et Le Petit Var, dès le 2 juin 1934, lance un cri d’alarme, « les chantiers de La Seyne faute de commandes sont sur le point de licencier ». Pour le moment, les étrangers, comme d’habitude, seront sans doute sacrifiés ! À partir du milieu de l’année 1934, en région toulonnaise, la protestation s’organise, d’autant que la diminution des dépenses, des salaires, des pensions civiles et militaires frappe directement les milieux populaires et les couches moyennes », explique-t-il.

    Selon lui, la deuxième particularité, dans le monde ouvrier, est la mémoire de l’échec et de la répression consécutive aux grandes grèves de 1919 (Forges et chantiers de la Méditerranée à La Seyne) et de 1920 (Arsenal maritime et chemins de fer) qui explique le retard de l’entrée en grève des ouvriers varois. « À la différence du reste du pays où les grèves générales avec occupation des lieux de travail imposent les négociations de Matignon, il faut attendre la signature des accords Matignon, dans la nuit du 7 au 8 juin 1936, pour que les ouvriers des chantiers de La Seyne entrent en grève », note Jacques Girault.

    Troisième particularité, la menace du fascisme se présente dans le département de façon indirecte. En France, les ligues d’extrême droite s’activent. Dans le Var, elles jouent un rôle plus effacé. Mais la présence de l’armée, les nombreuses manifestations lors des réunions assurées par les dirigeants activistes (Henriot ou Ybarnegaray) inquiètent d’autant plus que depuis longtemps, notamment par l’intermédiaire des immigrés italiens, le fascisme et l’antifascisme entrent dans le quotidien populaire. Le Var apparaît comme un laboratoire.

    Quatrième particularité pour l’historien : « Le pays, en 1932 donne une majorité de gauche à la Chambre des députés, mais la rue, après le 6 février 1934, impose le retour de la droite. Le Var a élu cinq députés de gauche en 1932, dont quatre membres du Parti socialiste SFIO. Or depuis 1933, ces quatre dirigeants dont Pierre Renaudel, exclus du Parti, s’engagent dans un nouveau Parti socialiste de France qu’il faut construire. La même nécessité s’impose pour ceux qui restent au Parti socialiste SFIO dont ils entreprennent la renaissance. Or ces militants actifs, autour du secrétaire fédéral Jacques Toesca, se réclament de la tendance de gauche du parti. Dans le même temps, les communistes s’efforcent de sortir d’une longue période de repli sectaire et utilisent les ressources de leurs militants souvent en rapport avec les syndicats, dont l’ouvrier de l’Arsenal maritime de Toulon, Jean Bartolini. »

  • [Week-end] Au camping Arc-en-ciel à Aix, le pari de la simplicité

    [Week-end] Au camping Arc-en-ciel à Aix, le pari de la simplicité

    Dans un monde de camping ou chalets, mobile homes et gestionnaires, dessinent peu à peu le paysage des vacances en plein air ici, on arrive en plantant les piquets de sa tente dans les sols, ou sa caravane, devant laquelle on détend les stores banne, au-dessus d’une table en plastique posée pour le mois. Au Camping Arc-en-ciel, « ce qu’on a gardé, c’est l’authenticité du camping, comme il a commencé dans les années 1950 », résume Cécile. Ici, cinquante-cinq terrains nus composent ce lieu de vacances familial, dont la gérance est passée de génération en génération. Avant elle, sa mère, Corinne, toujours occupée à la maintenance dans les allées du camping, en était à la tête.

    Pour Cécile : « On résiste, en quelque sorte. » Notamment aux spéculations de promoteurs, gourmands d’un terrain situé aux portes de la ville : le centre, est accessible à pied. Derrière le bureau de l’accueil, l’actuelle gérante des lieux jongle entre accueil, administration, réservations par téléphone. « Je travaille encore un peu à l’ancienne, je n’ai pas de centrale de réservation, j’ai mon site internet et les gens me font leur demande par mail. Obligé. J’ai un camping atypique, avec des coins des recoins, des emplacements qui ne sont pas de la même superficie… »

    « On se charge de tout »

    La saison a démarré dès la mi-mai. Au mois de juillet, les journées battent déjà leur plein, démarrées à sept heures, pour Cécile, et sans horaire de fin. Il faut répondre aux diverses demandes, accueillir, gérer les « imprévus ». « Qui ne sont pas toujours mauvais ! Comme on est un camping familial, on est donc régulièrement invités à manger, boire l’apéro… C’est du relationnel, ça fait partie du travail », précise-t-elle.

    Pour preuve, à l’accueil, des photos de vacanciers fidèles
     « on n’a quasiment que ça » – trônent de partout. Certaines, abîmées par le temps, capturent les années 1960, 1970. Idem, dans la salle des fêtes ouverte aux jeunes « pour qu’ils puissent faire la fête », indique Corinne qui, entre deux tâches, désignera plusieurs tuiles accrochées au mur, peintes par des habitués. Parmi les centaines d’anecdotes que racontent mère et fille – sur chacun des vacanciers croisés, sur les lieux – il y a ce pont des Trois Sautets, qui enjambe le fleuve de l’Arc et fait le lien entre les communes de Meyreuil et d’Aix. « Quand mon père a racheté dans les années 1950, il a eu l’honneur de recevoir Churchill, qui était un peintre magnifique. Il venait là, il mettait sa voiture à gauche… », pointe Corinne. « À la fin de sa vie, il avait suivi les pas de Cézanne. Il est venu deux années de suite ici », complète Cécile. Le temps d’un tour du camping, on prend des nouvelles de l’un, on s’arrête boire un verre chez cette famille… Ce qu’elles préfèrent dans cette vie-là ? « Le contact avec les gens », répond, sans hésiter, Corinne. « Sinon, on prendrait du personnel ! C’est un challenge avec chaque client », poursuit Cécile. Qui, malgré, l’aspect bon enfant des vacances, rappelle : c’est « du travail toute l’année », pointe la gérante, qui ouvre les portes d’un atelier dont les murs sont emplis d’outils de jardinage, de mécanique… Les mois de fermeture sont, entre autres, rythmés de journées entières dédiées à l’administratif, toujours plus exigeant. Un salarié à l’année les aide. « Autrement, on se charge de tout. »

  • Un nouveau regard sur l’évolution humaine grâce à un travail de fourmis

    Un nouveau regard sur l’évolution humaine grâce à un travail de fourmis

    C’était peu après sa thèse. « À la fin du XXe siècle », sourit François Marchal. Le chercheur, aujourd’hui paléoanthropologue pour le CNRS au laboratoire Anthropologie bio-culturelle, droit et éthique et santé (ADES) à Marseille, a besoin de connaître le nombre de fossiles d’hominines – le groupe de primates auquel nous appartenons – dont dispose la communauté. « Je n’ai pas trouvé », se souvient-il. Seules des listes partielles existaient. Il se lance alors dans un travail de fourmis qui va durer des décennies : recenser tous les fossiles qu’il croise, au fil de ses lectures, au détour d’un article, ou sur le terrain, en Afrique. Année après année, le tableau s’étoffe. Jusqu’à ce que sa collègue Sandrine Prat, paléoanthropologue CNRS au Musée de l’Homme, émette l’idée de le diffuser.

    Des années plus tard, naît la première base de données de tous les fossiles connus autour du lac Turkana, entre l’Éthiopie et le Kenya : 1 231 spécimens, surtout des dents, mais aussi des os, des crânes, des mandibules… qui retracent l’évolution des hominines entre -7 millions d’années (Ma) et -780 000 ans dans cette région d’Afrique. « Nous avons commencé par là car nous y travaillons avec Sandrine Prat, explique François Marchal, auteur de deux articles parus dans Journal of Human Evolution. C’est aussi une des trois régions d’Afrique les plus riches en fossiles et elle est explorée depuis longtemps. » Des recherches sur le terrain importantes y ont commencé dès les années 1960.

    La règle et l’exception

    Ces données rassemblées parlent déjà. « Nous confirmons principalement des choses connues, admet François Marchal. Mais nous les précisons et les quantifions de manière fiable pour la première fois. » Par exemple le fait que les fossiles sont très abondants pour certaines périodes et beaucoup moins pour d’autres. Et chaque période d’abondance est associée à une région : d’abord à l’Ouest du lac pour les fossiles les plus anciens, puis au Nord et enfin à l’Est. Rien à voir avec une quelconque migration des hominines, précise François Marchal : « C’est probablement lié à la sédimentation qui conserve les fossiles. »

    Concernant nos ancêtres
    – le genre Homo, apparu il y a 2,8 Ma – ils occupent la région en même temps qu’un autre genre – les paranthropes. Mais on retrouve deux fois plus de fossiles de ces derniers. Étaient-ils vraiment deux fois plus nombreux ? Est-ce dû à un biais de conservation ? « Le mystère est entier », admet François Marchal. Tout comme la raison pour laquelle cette proportion est vraie partout sauf à Koobi Fora, à l’Est du lac, entre -2 Ma et -1,8 Ma, où elle s’inverse. Cette même région et cette même période où les fossiles de crânes, mandibules et autres éléments de squelette sont bien plus abondants que les dents. C’est probablement un apport important de cette base de données : soulever de nouvelles questions.

  • Les escapades personnelles d’un philosophe espagnol

    Les escapades personnelles d’un philosophe espagnol

    Ne vous attendez pas à ce que nous entrions dans la tête d’un philosophe, qui plus est dans celle de l’un des plus grands penseurs du XXe siècle… nous en serions incapable. Ne vous en faites pas, le préfacier de Tableaux des petites et grandes choses de l’existence (traduit par Valeria Dos Santos) est là pour y entrer à notre place. Normal, lorsqu’on s’appelle Frédéric Schiffter, que l’on dénonce « le blabla et le chichi » de ses confrères philosophes, et que l’on s’intéresse autant à Schopenhauer qu’à Cioran. C’est d’ailleurs sous sa plume que vous saurez que les dix-sept textes d’Ortega Y Gasset vous invitent à voyager avec ce dernier en Espagne, en France, à vous arrêter devant un paysage, à visiter une grotte préhistorique, à contempler rêveusement des toiles orgiaques, à songer au visage émerveillé des femmes, et autres occupations qui vous délasseront le corps et l’esprit.

    Voir, vivre, apprendre

    Un admirable choix du détail. Un surprenant don d’évocation. Comme les tableaux des grands peintres, ces textes n’ont pas pris une ride. Si certains lecteurs le pensent, alors il leur faudra avouer qu’ils ont vieilli magnifiquement. En conclusion, chez Ortega, l’homme qui a vu, vécu, et appris, et l’écrivain qui sait déshabiller ses phrases de tout lyrisme et les saupoudrer parfois d’une pointe d’humour sont d’accord. Si nous devions ne retenir qu’un seul passage, ce serait : « On attendait tout de la raison. Or, aujourd’hui, nous commençons à constater que cela est faux, que dans un sens concret et rigoureux, les choses cérébrales ont leurs racines dans le cœur. »… À vous de choisir le vôtre. Il y a de quoi établir un répertoire de citations. Après avoir lu ce livre, il est fort à parier que vous ouvrirez la porte d’une librairie pour acheter ses œuvres. Si c’est le cas, nous vous conseillons : Méditations sur Don Quichotte, et La révolte des masses.

    Séguier,
    21,50 euros

  • Le punch intact de Yuris Ventura à Gordes

    Le punch intact de Yuris Ventura à Gordes

    Jeudi 6 Août 2026, le festival de Gordes accueillait : Yuri Buenaventura et sa formation musicale pour une soirée exceptionnelle de rythmes et bonne humeur. Entouré de six musiciens : saxos, pianiste, percussions, batterie, basse et contrebasse, ce fut un moment musical d’une rare beauté. Quant à Yuri il a donné toute la dimension de son talent. Il dansait, et « vivait ses chansons à fond ». C’était sa deuxième prestation au festival de Gordes. Le public n’en a pas raté une miette allant même jusqu’à danser la salsa. Un véritable moment de bonheur.

    Il a débuté son tour de chant par « Amame » et poursuit avec « Mi Rico Son » puis les titres se sont enchaînés. Il y a eu aussi plusieurs solos musicaux, un pianiste qui a été remarquable, avec les belles sonorités de son instrument, puis de la contrebasse, et de batterie ; Rappelons qu’en 2001 il a composé la bande originale du film Ma femme s’appelle Maurice de Jean-Marie Poiré. Yuri s’est senti bien sur la scène de Gordes, il a salué Bénabar président du festival, il a remercié le public de son accueil et de sa bienveillance. Il faut rappeler aussi que Yuri vient de la ville portuaire où il est né, sur la côte pacifique de Colombie. Il est notamment connu pour son interprétation de Ne me quitte pas chantée par Jacques Brel et écrite par le pianiste de celui-ci, Gérard Jouqnnest. D’ailleurs il la chantera à la fin du spectacle. À un moment du spectacle il lancera aux spectateurs : « Nous avons des combats à mener. » Une soirée qui restera dans le souvenir des participants n’en doutons pas. Il terminera en rappel par la chanson « salsa » la bien nommée, qui emballa le public déjà tout acquis.

  • [Memoire ouvrière] Lucien Molino. Le mouvement de grève s’élargit

    [Memoire ouvrière] Lucien Molino. Le mouvement de grève s’élargit

    Le moment était venu de passer à une action d’envergure et demandait que tous les travailleurs soient consultés sur cette action. Cette question souleva une déclaration solennelle de Léon Jouhaux : « Ce n’est pas sur le débat lui-même que je veux parler, déclara-t-il, je veux simplement souligner une déclaration consécutive à la décision que vous avez prise hier. » Il ajouta, soucieux de ne pas diviser le CCN : « Je refuse de souscrire à une décision qui en faisant dépendre l’activité syndicale d’autres assemblées que les assemblées régulières risque de briser l’unité ouvrière. »

    Benoît Frachon lui répondit que : « Dans la résolution et le manifeste votés, il a été indiqué que les ouvriers seraient appelés à connaître les propositions que nous faisons pour eux, qu’ils seraient appelés à donner leur avis sur ces propositions et que le prochain comité confédéral du 19 décembre, organisme régulier des organisations syndicales, prendraient des décisions ; par conséquent, je préférerais que Jouhaux me dise au lieu de parler de décision anti-statutaire : nous ne voulons pas que l’on occulte les ouvriers, cela serait plus clair et plus net. »

    Défendre l’unité

    Tout au long de ces débats, on sentait les efforts des scissionnistes pour préparer la scission en se servant du plan Marshall dans un objectif anticommuniste et anti-soviétique. À Marseille, Le Provençal n’était pas en reste. Dans son numéro du 14 novembre, un placard non signé proclamait « Travailleurs, prenez garde ! Attention aux grèves politiques ; avant toute décision, exigez : 1° le vote à bulletin secret / 2° le dépouillement et l’affichage du résultat. » Les socialistes marseillais affirmaient ainsi leur opposition au développement des grèves et aux revendications ouvrières. Pourtant, le 14 novembre, la grève s’élargissait après consultation des travailleurs.

    Ainsi, l’assemblée générale des marins qui avait décidé la reprise du travail reconsidérait sa décision et se joignait à la grève.

    Il est vrai que le syndicat des officiers observait à l’égard des marins en grève une neutralité bienveillante afin de ne pas porter préjudice à leurs actions. Cette prise de position leur valut une violente « Lettre ouverte » de Jean Fraissinet dans Le Méridional qui déclara : « En décidant d’adopter à l’égard d’un tel mouvement une “attitude bienveillante” les dirigeants des syndicats d’officiers, qu’il nous soit permis de l’observer, ne peut faire preuve que d’hypocrisie, de lâcheté et de candeur. » La continuation de la grève des marins paralysa totalement le trafic du port. Le conseil syndical des dockers élargi au comité de grève décida à bulletin secret, 64 voix contre une : qu’aucun débarquement de marchandises n’aurait lieu. La fédération algérienne des commerçants, alarmée par la prise de position des dockers, demanda par télégramme au préfet d’intervenir.

    à suivre la semaine prochaine…

  • Nuits magiques à Fontaine-de-Vaucluse

    Nuits magiques à Fontaine-de-Vaucluse

    C’est sur l’un de ses sites emblématiques et plus précisément sur celui qui a donné son nom au département que le Département de Vaucluse vous propose de découvrir un spectacle son et lumière unique pour vivre une expérience nocturne comme vous n’en avez jamais vu.

    Célébrer les mythes et légendes

    Dès ce samedi et jusqu’au 16 août les bords de la Sorgue qui traversent la commune de Fontaine-de-Vaucluse deviennent le décor d’un show unique à la croisée des chemins entre l’art numérique, la nature et l’émotion avec « Fontaine-de-Vaucluse, source de légendes ».

    Ce temps fort proposé durant la première quinzaine d’août raconte les mystères du gouffre d’où jaillit la rivière si célèbre et les mythes qui entourent ce site fascinant, à l’image de la nymphe gardienne des eaux ou du combat mémorable entre la terrible coulobre et saint Véran. L’occasion également de vivre de belles échappées à travers le département, en évoquant plusieurs sites emblématiques allant du Ventoux à la cité des papes en passant par les ocres du Luberon.

    Et pour ce vidéo-mapping, ni écran de projection ni façade n’ont été installés car il a été conçu par l’artiste Marie Jumelin et la société et la société de production vauclusienne Artcom diffusion installée à Pernes-les-Fontaines, dont la particularité est d’utiliser les frondaisons comme écran de projection. Ainsi, les images seront projetées directement sur la végétation, transformant les arbres du vallon de la Sorgue en support pour cette découverte visuelle qui respecte le site classé.

    Pour le son, la magie sera tout autant au rendez-vous puisque les visiteurs auront la chance de profiter d’une création spécialement pensée pour le site. Cette dernière dialoguera avec les bruits naturels de la Sorgue afin de plonger les spectateurs dans une expérience sensorielle et visuelle totale.

    Première projection à 21h30 puis trois autres par soirée. Accès libre et gratuit.