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  • [Travailleur d’aujourd’hui] Paulin, un touche-à-tout féru de création

    [Travailleur d’aujourd’hui] Paulin, un touche-à-tout féru de création

    Mondragon Assembly est un groupe international spécialisé dans le développement de solutions d’automatisation et d’assemblage. En d’autres termes, l’entreprise conçoit des robots destinés à l’assemblage de différentes pièces dans de nombreux secteurs, de l’automobile au médical, en passant par la cosmétique, l’électroménager ou encore l’e-mobilité.

    Fondé au Pays basque espagnol dans les années 1970 sous la forme d’une coopérative, le groupe Mondragon Assembly compte aujourd’hui six usines à travers le monde et emploie plus de 650 personnes. Le site d’Orange est la première filiale étrangère créée par le groupe dans les années 1990. Depuis plus de trente ans, elle perpétue son savoir-faire, avec l’ingénierie comme cœur de métier. L’entreprise a notamment reçu, en 2024, un prix de l’innovation pour avoir mis au point une machine capable de recycler les panneaux solaires.

    La conception de A à Z

    Paulin Toneguzzo, 24 ans, évolue au sein de cette entreprise depuis cinq ans. Après avoir passé un bac sciences et ingénieurie, il a suivi un DUT GMP (génie mécanique et productique) avant d’enchaîner avec une école d’ingénieur en spécialité génie industriel, à Avignon. Il est entré chez Mondragon Assembly en alternance pendant trois ans et est employé en CDI depuis maintenant deux ans.

    « Ce qui m’a plu au sein de Mondragon, c’est qu’on pouvait toucher à tout. Ici, on conçoit des machines de A à Z, contrairement à d’autres entreprises où les machines peuvent être déjà installées et où la fonction première est de faire de la production ou de la maintenance. C’est pour cela que mon choix s’est tourné vers Mondragon Assembly », confie le jeune homme.

    Concrètement, une journée type pour Paulin Toneguzzo consiste à faire principalement de la conception mécanique. C’est-à-dire qu’il dessine des machines en 3D sur un logiciel spécialisé avant de faire des mises en plan de chacune des pièces pour les envoyer à la conception, en usine : « Le reste du temps, j’accompagne les mécaniciens qui sont à l’atelier dans l’objectif de verifier, une fois que l’on réceptionne les pièces usinées, qu’il n’y ait pas de soucis par rapport au plan, les aider sur la mise au point de la machine d’un point de vue mécanique. Si besoin, nous faisons des réajustements et parfois, ça se joue à une dixième de nanomètres. »

    Assimiler des connaissances

    Sur 3 600m² d’atelier, mécaniciens, ingénieurs et autres corps de métiers s’attellent au quotidien pour répondre au mieux au cahier des charges imposés par les clients en fonction de leurs désirs et besoins. Sur site, chaque machine commandée est mise au point en partant « d’une page blanche ». à charge pour les ingénieurs comme Paulin Toneguzzo de créer les robots, les tester, les modifier aussi pour que ceux-ci soient capables de faire une production de masse et de grande qualité. « Parfois nous sommes amenés à ne construire qu’une station, c’est-à-dire une seule partie d’une ligne d’assemblage qui peut-être immense et, parfois, on doit tout construire. Donc je dirais que, de l’entrée du cahier des charges jusqu’à la livraison chez le client, nous avons en moyenne un an et demi de travail devant nous », continue-t-il.

    En effet, une fois qu’une machine est au point, il faut la démonter dans son entièreté puis l’installer chez les clients pour répondre à leurs besoins. « Ce que j’aime le plus dans mon métier, c’est la polyvalence et le côté touche-à-tout. à chaque projet que l’on débute, on part de rien et cela nous oblige à nous renseigner, assimiler des connaissances aussi sur le domaine du produit qu’on va fabriquer et ça, ça me passionne parce que je ne m’ennuie jamais », sourit-il.

  • [On passe à table] Le croque-sardines du Grand Bar des Goudes

    [On passe à table] Le croque-sardines du Grand Bar des Goudes

    Une farce généreuse

    Pour commencer, quelques heures auparavant si possible, faites confire des gousses d’ail en chemise dans de l’huile chaude, avec du romarin, pendant quelques heures à feu doux. Détendez de l’aïoli que vous aurez préparé ou trouvé dans le commerce en le rendant plus liquide pour en faire une sauce et préparez une purée d’ail en mixant des gousses d’ail pelées avec de l’huile d’olive et du sel.

    Pour la farce du croque, déposez dans une assiette creuse les sardines à l’huile, une belle pincée de ciboulette, de fleur de sel, de piment d’Espelette et une grosse cuillère à soupe de fromage frais. Râpez le zeste d’un citron jaune sur le tout, ajoutez un filet d’huile d’olive, quelques tours de moulin à poivre, puis une cuillérée de purée d’ail et un peu de jus de citron. Mélangez le tout à la cuillère en écrasant légèrement, mais n’en faites pas une purée, gardez de la mâche.

    De la délicatesse
    et du goût

    Quand c’est prêt, garnissez généreusement chacune des tranches de pain de mie et mettez une poêle à chauffer avec, en fond, un peu d’huile d’ail confit. Faites dorer chacune des faces du pain et retirez du feu. L’idéal pour que le croque-sardines se tienne est de le laisser reposer au frais avant de le couper. Parez les bords du croque avant de le couper en trois.

    Pour le dressage, déposez chaque morceau sur la tranche, ajoutez un peu de sauce aïoli, quelques pétales de poutargue, un peu de fleur de sel, de la poudre de poutargue, quelques gousses d’ail confites et du zeste de citron. Il n’y a plus qu’à déguster. Bon appétit !

    Il vous faudra :

    – 2 tranches de pain de mie

    – Une boîte de sardines à l’huile de qualité et du fromage blanc type Philadelphia

    – Une tête d’ail, de l’huile d’olive, du poivre, de la fleur
    de sel, du piment d’Espelette, de la poutargue en poudre et classique

    – De la ciboulette fraîche ciselée, de l’aïoli

    – De l’huile neutre, du romarin et un citron jaune

  • Ces espèces qui peuplent la rivière des Amoureux à Toulon

    Ces espèces qui peuplent la rivière des Amoureux à Toulon

    Ce samedi à partir de 9h, les bénévoles du groupe local Toulon – La Garde de la Ligue de protection des oiseaux de la région (LPO Paca) vous invitent à observer la biodiversité et les espèces qui peuplent la partie urbaine du fleuve de l’Eygoutier, au cœur de Toulon dans le quartier de La Rode.

    L’Eygoutier suit un espace naturel sensible départemental (ENS). C’est-à-dire qu’il passe par un site naturel remarquable par sa richesse écologique, géologique ou paysagique qui fait l’objet d’une protection et de gestion menée par le conseil départemental. Et ce, du pont de Suze jusqu’à La Palasse avant d’entrer dans la zone urbaine toulonnaise. Bien qu’en grande partie sous-terrain, la coulée verte et la ripisylve qui se développent sur les rives du cours d’eau en ville en font un repère de biodiversité riche, d’où cette sortie d’observation.

    D’ailleurs, vous retrouverez des panneaux et espaces labellisés « Refuge LPO » qui jalonnent les abords du fleuve pour encourager l’accueil de la petite faune sauvage.

    Une histoire militaire

    Ce fleuve est aussi appelé par les locaux « la rivière des amoureux ». Ce surnom plus poétique que l’Eygoutier est dû a une erreur de traduction et à une déformation phonétique du provençal. En effet, ce fleuve était autrefois bordé de nombreux mûriers en aval du pont de Suze il a donc été surnommé en langue provençale « riviero deis amourié », ce qui signifie « la rivière des mûriers ». Mais, avec le temps la ressemblance entre le mot provençal « amourié » et le mot français « amoureux » a modifié la traduction provençale qui a été déformée par l’usage populaire en « rivière des amoureux ».

    Il prend sa source à La Crau et se dirige vers l’ouest en passant par le Plan de La Garde et du Pradet n’a pas toujours eu cette embouchure. Son cours d’eau naturel a été déplacé entre 1679 et 1681 par l’ingénieur militaire Sébastien Le Prestre de Vauban, plus connu sous le nom de Vauban, qui était à l’époque chargé par Louis XIV de transformer le port de Toulon en un port de guerre d’envergure.

    Le fleuve côtier formait alors un delta marécageux au niveau de l’actuel port marchand et pouvait participer à l’ensablement du port, ce qui empêchait les grands navires de guerre d’y naviguer. C’est pourquoi son tracé a été déplacé vers le Mourillon. Du canard colvert aux papillons en passant par le lézard des murailles et oiseaux divers, c’est tout un monde qui s’offre à vous. Sans compter que la Ville agit également en faveur de la protection et de la préservation des martinets noirs et des chauves-souris.

    Samedi de 9h à 12h.
    Point de rendez-vous au
    160, rue Amiral Nomy
    83000 Toulon

  • Le littoral phocéen à la fête ce dimanche

    Le littoral phocéen à la fête ce dimanche

    Redécouvrir le patrimoine, l’histoire et les sports nautiques qui jalonnent le littoral marseillais, mais aussi sensibiliser le public à la préservation d’une mer Méditerranée aussi fragile qu’exceptionnelle : tel est l’objectif de cette journée populaire et familiale, ouverte à tous et organisée par la municipalité.

    La Fête de la mer donne rendez-vous au public ce dimanche à partir de 10h, avec de nombreuses activités et découvertes proposées sur l’ensemble du littoral, entre la base nautique de Corbières et la Pointe-Rouge. Le programme est réparti sur huit escales.

    Se réapproprier la mer

    Associations, clubs de voile, scientifiques et passionnés proposeront plus de quarante rendez-vous gratuits pour tous les âges. Du côté de la Corniche, des animations musicales, un carrousel marin, mais aussi des récits et podcasts à écouter paisiblement dans un transat face à la mer attendent les visiteurs. Sans oublier une balade à Malmousque proposée par l’Office de tourisme.

    À quelques mètres de là, la plage du Prophète accueillera le Village de la mer, en accès libre jusqu’à 19h. Au programme : jeux, ateliers scientifiques et animations autour du recyclage, accompagnés d’une découverte des gestes de secours et de sauvetage en mer, ainsi que d’initiations au kayak dès 8 ans.

    À la Pointe-Rouge, les activités seront principalement consacrées aux sports nautiques, avec des ateliers de découverte du milieu marin et une chasse au trésor destinée aux enfants.

    Balades, initiations
    et ateliers

    Aux Catalans, une initiation au sauvetage sportif sera proposée, ainsi qu’une promenade au départ du jardin du Pharo, commentée par un anthropologue.

    Un peu plus au nord, l’Estaque et la base nautique de Corbières participeront également à la fête. Dans le premier secteur, les visiteurs seront invités à découvrir les bateaux traditionnels et la voile latine. À Corbières, des démonstrations de sauvetage en mer par des chiens terre-neuve seront proposées au public.

  • [Travailleur d’aujourd’hui] Loïc, jeune pousse et grand talent

    [Travailleur d’aujourd’hui] Loïc, jeune pousse et grand talent

    Un parcours sans faute guidé par la quête de l’excellence, que le jeune homme explique simplement par le fait de « ne pas avoir peur de l’inconnu ». Pour la 25e édition du concours Talents des Cités, et après seulement sept mois d’existence de sa société, Maison Berthaz, il est devenu lauréat régional dans la catégorie « Jeune pousse », destinée aux entrepreneurs dont l’entreprise est immatriculée depuis moins d’un an. Dans le cadre du programme Entrepreneuriat Quartiers 2030, financé par l’État et la Banque des Territoires, ce concours est piloté par Bpifrance. Il récompense des créateurs d’entreprise ayant implanté ou souhaitant déployer leur activité dans les Quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). Loïc Sailler-Berthaz recevra son prix le 14 octobre à l’Épopée (14e), à Marseille, premier village de l’innovation éducative en France.

    Un parcours d’excellence

    Le parcours de Loïc Sailler-Berthaz est marqué par des rencontres, mais aussi par des odeurs pâtissières qui l’ont peu à peu construit et lui ont permis de réaliser un sans-faute. À 17 ans, son bac pro cuisine en poche, il enchaîne les stages. Il s’arrête sur celui en pâtisserie, chez Bricoleurs de douceur, à Marseille : « Je garde le souvenir d’une petite équipe chez Clément Higgins, le boss, au tout début de leur existence. Nous foncions les fonds de tarte un à un à la main, avec lui, avant de les cuire ». Il s’envole ensuite pour l’école Ferrandi, à Paris, qui forme l’élite de la gastronomie et du management, afin de préparer son CAP de pâtissier. Son alternance se déroule chez L’Éclair de Génie, célèbre enseigne française de pâtisserie et de chocolaterie haut de gamme fondée par le chef Christophe Adam. « Là-bas, c’est le souvenir olfactif de la pâte à choux qui reste gravé en moi. » À 18 ans, il change d’établissement et intègre l’École de boulangerie et de pâtisserie de Paris (EBP Paris). « Même réputation, encore plus sélectif, mais il se prépare à la mention complémentaire et au Brevet technique des métiers (BTM) ». Direction l’Atelier des gourmands, toujours à Paris, pour « se faire la main ».

    À 19 ans, Loïc Sailler-Berthaz se lance dans le BTM et entre en formation chez Ladurée pour réaliser des gâteaux. Il avoue : « On mangeait aussi des macarons ». Une expérience unique dans un grand atelier, avec de nombreux salariés, mais des méthodes de production restées artisanales. « On travaillait de nuit de 21h à 6h du matin. Il y avait beaucoup de jeunes. La cheffe qui occupait ce poste était très exigeante, mais il y avait une super ambiance. » Autre avantage de ce poste : le temps libre en journée lui permet de préparer des concours et de passer son permis de conduire. S’enchaînent alors le Festival national du croquembouche et la Coupe de France des écoles.

    Puis survient le Covid. Retour à Marseille pour la deuxième année de BTM au CFA du Beausset (Var), avec une alternance chez Torres (8e arrondissement de Marseille). Après un passage chez Lac, à Nice, il revient chez Torres. Loïc a 23 ans et son BM en poche : « Après 20h d’épreuves, je l’ai eu, mention Très bien, à 23 ans ». Une nouvelle expérience à Brignoles, chez Lafiteau, lui permet ensuite de progresser sur les exigences de qualité. Quelques années plus tard, le voilà installé au Carburateur, dans les quartiers nord de Marseille, où il développe aujourd’hui son activité de chocolatier.

    Maison Sailler-Berthaz.
    211 Chem. de la Madrague-Ville, 13015
    maisonsailler-berthaz.com

  • [Chroniques Méditerranéennes] Les mots de la Méditerranée dans le contre-dictionnaire des migrants

    [Chroniques Méditerranéennes] Les mots de la Méditerranée dans le contre-dictionnaire des migrants

    Réduit à un chiffre ou à une marchandise anonyme à répartir, le migrant, perçu comme un « envahisseur », n’a ni âme ni identité. Pourtant, il possède une arme : la parole.

    Un moyen sûr au milieu de la dérive de voyages qui n’ont qu’un seul but : exister dans ce monde. Si le sabir était la lingua franca de la Méditerranée, forgée dès le Moyen Âge pour communiquer dans les ports, une nouvelle langue est née aujourd’hui pour se défendre, pour partager les chances de survie, pour raconter le voyage, sa géographie, le rapport au pouvoir, l’urgence et la solidarité.

    Une langue sans nom, mais que l’équipage du Tanimar – un collectif de chercheurs des universités de Gênes et de Parme utilisant la navigation comme méthode ethnographique pour étudier les déplacements des migrants – a réussi à identifier. C’est ainsi qu’est né le Contro Dizionario del Confine (Éd. Tangerin), un ouvrage qui consacre une explication détaillée à chaque mot employé par cette humanité invisible.

    « Parce que chaque mot a une histoire – expliquent les auteurs –, ce dictionnaire en rassemble et en analyse quarante-deux, classés par ordre alphabétique et correspondant à des termes significatifs pour ceux qui tentent de franchir la frontière italo-tunisienne. Pour ceux qui cherchent à braver le régime frontalier européen, de plus en plus violent, et qui, pour cette raison, sont entravés, agressés et criminalisés. »

    Beaucoup de ces mots sont issus du français. En voici quelques exemples. Arnaqueur : désigne celui qui tente une escroquerie, comme l’organisation de faux voyages vers l’Europe, la vente de visas contrefaits ou l’utilisation d’embarcations dépourvues de moteur adéquat. Dans ces cas-là, un avis de recherche est lancé – une chaîne d’information sur les réseaux sociaux permettant d’identifier l’escroc ; outre le fait de le discréditer, cela peut déclencher le fakop, une amende infligée pour non-respect des règles dans une situation de fuite.

    Le mot « migrant » est remplacé par aventurier, pour évoquer l’idée d’un voyage, d’une fuite loin de la misère. « C’est un état d’esprit plus qu’un itinéraire, confie l’une des personnes interrogées ; cela implique aussi une mentalité de soldat, car le chemin, on le sait, est ardu. Un voyage a un but, alors que l’aventure n’a pas de destination. C’est la capacité à affronter l’inconnu. »

    Un mot identique pour les hommes et les femmes. « Une femme court plus de risques qu’un homme – raconte une témoin – ; j’ai moi-même été victime de violences sexuelles. Si elle n’est pas soutenue, la femme a recours à la prostitution pour avancer sur son chemin. »

    Le terme le plus courant pour désigner le fait d’avoir réussi est « Boza ». « Mais ce n’est pas facile. Cela signifie avoir gagné, avoir réussi. »

    La conscience d’être voué à l’exploitation et de constituer une ressource s’exprime par l’expression « or noir ». La référence renvoie à la couleur de la peau, à des corps contraints à un travail mal payé et dépourvu de droits. « Il n’est pas facile de trouver une mine d’or, mais il est facile de trouver des migrants. C’est la traite. Quand on a un Noir, en Tunisie ou en Libye, c’est comme avoir du bétail. Les Libyens vous achètent aux soldats tunisiens pour quelques euros, puis réclament une rançon à votre famille. C’est un vaste marché. La vente de migrants que nous sommes est plus lucrative que le trafic de drogue. » Derrière chaque mot se cache un monde. Ce monde-là.

    Journaliste et romancière, Stefania Nardini vit entre Naples et Rome.

  • La Fiesta du dimanche va ambiancer le J4

    La Fiesta du dimanche va ambiancer le J4

    De beaux moments festifs

    Entre spectacles, initiations, concerts ou encore moments de découvertes, cette journée promet d’être riche en émotions pour tous les âges. « Parmi les temps forts ce dimanche il y aura un spectacle comédie musicale qui s’appelle 1936 : Les jours heureux ! et qui a été rendu possible grâce à notre partenariat avec la mutuelle Solimut. Cette comédie musicale retrace l’histoire du Front populaire, des congés payés et des acquis sociaux à l’occasion de ce 90e anniversaire. Il est également question de tous les acquis sociaux », continue-t-elle. « C’est véritablement un événement dans l’événement et il nous tient tout particulièrement à cœur surtout dans cette période. »

    Autre moment à ne pas manquer, le grand couscous solidaire qui lui sera accessible dès l’ouverture des portes et qui sera là aussi gratuit et accessible au plus grand nombre « dans le but de favoriser et de promouvoir l’insertion et la valorisation des femmes dans les quartiers Nord de la ville ». Sans oublier aussi de nombreux ateliers, animations participatives, un jeu de l’oie géant ou encore des ateliers culinaires pour apprendre par exemple à manger mieux aux côtés notamment du collectif Baga, une association qui propose de l’upcycling de bâches d’événements pour une mode engagée et durable.

    Un événement mené
    aux côtés d’associations

    Ce qu’il faut également retenir de cette journée, c’est qu’elle est organisée en collaboration avec les structures associatives, culturelles et institutionnelles du territoire, dont la Cité de la musique et les élèves de la récente classe de rap et beatbox qui monteront sur scène pour partager leur énergie au cours des battles hip-hop Flashlight des Ben Brothers. « C’est l’un des moments incontournables de cette Fiesta puisque les jeunes proposeront un showcase et il ne faut pas oublier que notre ADN depuis 4 ans c’est aussi de révéler de jeunes talents, là c’est une occasion parfaite ! », sourit Marion Bergé-Lefranc. « Nous accueillerons aussi pour la quatrième année consécutive la Cité des minots. La grande scène sera à eux pour rendre compte d’une rencontre avec des artistes donnant naissance à une création émouvante et foisonnante avec plus de 250 enfants sur scène. »

    Et de poursuivre : « Cette autre facette de la Fiesta nous permet aussi de faire venir un public qui n’oserait pas en temps normal, le tout dans la bienveillance. »

    Pour réserver : fiestadessuds.com

  • [Science] Des arbres témoignent d’une éruption solaire hors-norme… il y a 14 300 ans

    [Science] Des arbres témoignent d’une éruption solaire hors-norme… il y a 14 300 ans

    Des morceaux de troncs d’arbres ont enregistré, il y a 14 300 ans, des éléments chimiques issus de cette éruption solaire hors-norme. Celle-ci a provoqué une arrivée massive de particules dans l’atmosphère, générant différents éléments. Notamment du carbone-14 qui a fini dans du dioxyde de carbone, lui-même absorbé par les arbres lors de la photosynthèse. L’accélérateur de particule AixMicadas du Cerege a observé un pic particulièrement élevé de carbone-14, daté d’il y a 14 300 ans. « Le signe d’une éruption deux fois plus importante que la plus grosse connue jusqu’alors », précise Edouard Bard. Celle-ci s’était produite en l’an 774 de notre ère et avait été observée dans des cèdres du Japon, en 2012.

    Bascule

    Cette découverte de 2012 a rebattu les cartes. « Jusque-là, nous pensions que le carbone-14 était produit uniquement par des protons issus du rayonnement cosmique galactique », explique Edouard Bard. Les scientifiques expliquaient les variations de la teneur en carbone-14 dans l’atmosphère par les fluctuations du champ magnétique solaire qui dévie plus ou moins les protons venus de la galaxie. Mais ces fluctuations sont lentes. La variation de l’an 774 est trop brutale. Il faut trouver une autre origine : « L’éruption solaire est la piste privilégiée », souligne le chercheur.

    Depuis, d’autres anomalies majeures en carbone-14 ont été identifiées et associées à des éruptions solaires exceptionnelles : en 660, 5259 et 7176 avant notre ère, par exemple. Mais celle d’il y a 14 300 ans est particulièrement intense. Elle s’est produite par le passé et pourrait donc se reproduire à nouveau. Cela serait problématique quand on sait les dégâts que peuvent provoquer les éruptions solaires sur les réseaux de télécommunications et les satellites. « D’où l’importance de mieux comprendre ces éruptions géantes, ce qui les provoque et leur fréquence », conclut Edouard Bard.

  • [Recette] Le tataki de thon et sa sauce leche de tigre

    [Recette] Le tataki de thon et sa sauce leche de tigre

    Il vous faudra :

    – Un pavé de thon

    – Une brique de lait de coco

    – De la coriandre, de la ciboulette et une échalote émincées

    – Le jus d’un demi-citron, du paprika en poudre

    – Des verts de poireaux, de l’huile neutre

    – Du vinaigre, du sucre en poudre, un oignon rouge

    – Un radis, de la fleur de sel

    De belles saveurs et de belles couleurs vous attendent dans l’assiette pour profiter encore un peu de la saison estivale.

    Pour commencer, émincez l’oignon rouge et réservez. Pendant ce temps faites bouillir trois volumes d’eau dans lesquels vous ajoutez deux volumes de vinaigre et un volume de sucre. Renversez le liquide sur les oignons et laissez reposer une bonne dizaine de minutes.

    Préparez maintenant l’huile de poireaux. Faites réchauffer de l’huile neutre à 70°, ajoutez les verts coupés très finement. Mixez, passez au chinois et laissez reposer.

    Enfin, coupez un radis en fines lamelles et plongez-les dans l’eau. Réservez.

    Un thon nacré et des condiments savoureux

    Pour la recette en elle-même, versez dans un cul-de-poule ou un bol votre brique de lait de coco. Ajoutez une belle pincée de coriandre ciselée, puis la même quantité d’échalote ciselée et le jus du citron jaune. Enfin un peu de paprika en poudre pour la couleur. Laissez la sauce de côté.

    Faites chauffer une poêle avec de l’huile neutre. Une fois qu’elle est chaude déposez le pavé de thon et snackez toutes les faces du poisson en laissant environ 45 secondes de chaque côté.

    Votre thon est ainsi cuit à l’extérieur et encore cru à l’intérieur avec de beaux reflets nacrés. Coupez le pavé en tranches assez épaisses pour avoir de la mâche en bouche. Déposez-les dans votre assiette pour le dressage. Recouvrez le tout de sauce leche de tigre au lait de coco, soyez généreux sans noyer le poisson. Saupoudrez la fleur de sel sur le tout pour le croquant de la recette. Ajoutez ensuite vos pickles d’oignon maison, les lamelles de radis dont l’amertume aura été atténuée par l’eau, une pincée de ciboulette ciselée et un beau filet d’huile de poireaux.

    Vous pouvez déguster. Bon appétit !

  • [Grand entretien] Elias et Mayya Sanbar : « On veut montrer l’universalité de l’œuvre de Mahmoud Darwich »

    [Grand entretien] Elias et Mayya Sanbar : « On veut montrer l’universalité de l’œuvre de Mahmoud Darwich »

    Mayya Sanbar : Non, mais c’est peut-être ce qu’il en ressort, car ses poèmes racontent son histoire et sa situation politique et, malheureusement, ils sont encore d’actualité. L’idée de départ était de raconter nos liens à la Palestine à travers ses poèmes.

    Elias Sanbar : Nous voulons avant tout introduire un univers poétique, son monde. Ce qu’on montre au public, c’est l’universalité de l’œuvre. Souvent, on présente Mahmoud Darwich comme un poète palestinien. Mais ce n’est pas un poète palestinien. C’est un poète de Palestine. Car la nationalité poétique se rapporte à la langue et non au passeport. Prenez l’exemple d’Apollinaire, qui est présenté comme un grand poète français, ce qu’il est, mais il est Polonais. Mahmoud Darwich est donc un poète arabe de Palestine.

    Dans son poème « Je dis tant de choses », qui donne son nom à votre lecture, Darwich interroge : « Mesdames et messieurs aux cœurs bons, la terre des hommes est-elle, comme vous l’affirmez, à tous les hommes ? ». À l’heure de l’occupation et du génocide d’Israël dans le silence de la communauté internationale, qu’est-ce que leur lecture provoque chez vous aujourd’hui ?

    M.S. : Ce poème fait écho pour moi à l’hypocrisie du monde. Étant moi-même Palestinienne de France, j’ai l’impression que c’est une question qui se pose à nous depuis toujours. Et j’ai grandi dans une société où cette question se pose d’autant plus.

    E.S. : Cela pose la question de la revendication de reconnaissance. Une reconnaissance qui n’arrive pas, non pas depuis Gaza, mais depuis des décennies. Le poème Je dis tant de choses baigne dans une ironie triste. Il dit également à quel point ce conflit est interminable. La date de son démarrage n’a jamais cessé de reculer. Pendant longtemps, on nous a dit que c’était en 1967. Suite à des travaux d’historiens, on nous a dit après que cela avait commencé en 1948. Maintenant, avec le film Palestine 1936, on se rend compte qu’il y a eu, à l’époque, d’énormes maquis et luttes armées contre les Britanniques qui étaient alors la puissance coloniale. Et je pense même qu’on va bientôt faire remonter le début du conflit à 1917 avec la Déclaration Balfour. Et si on continue, on va arriver à 1897, l’année de la tenue du Congrès à Bâle, à la sortie duquel Herzl a dit « j’ai créé l’État juif ». Pendant ces 130 années, il n’y a pas eu une année calme.

    S’il est un poète de l’exil
    et de la lutte, Mahmoud Darwich est aussi celui
    de l’amour et de l’espoir. Dans «
     Un autre jour viendra », il finit sur une image de « colombes [qui] font la sieste dans un char abandonné »…

    M.S. : Cet espoir est dans l’ADN palestinien. On se le transmet dans la famille ou entre amis. C’est aussi un rappel constant dans les moments de doutes ou de désespoir. J’ai l’impression qu’il y a toujours quelqu’un ou quelque chose qui vient nous rappeler qu’un jour, on sera libre de toute occupation. Dans les poèmes d’amour de Mahmoud Darwich, il n’est jamais question d’amour sans entraves. L’occupation est toujours présente quelque part, mais l’espoir aussi.

    E.S. : Cela dit aussi que personne n’arrivera à nous sortir du paysage. C’est l’enjeu depuis 130 ans. Nous acceptons de devenir des absents absolus. Une absence imposée par des exils forcés, des expulsions et surtout l’effacement de notre nom. N’oublions pas que pendant des décennies, il y a eu cette phrase terrifiante : « Ils n’existent pas ». Lors des négociations de paix auxquelles j’ai participé pendant des années, les négociateurs israéliens étaient dans l’incapacité quasi-physique de prononcer le mot « Palestinien ». Pendant des décennies, ils nous ont appelés « réfugiés arabes de Cisjordanie, arabes de l’intérieur »… Et nous voilà aujourd’hui à lire Un autre jour viendra, alors que nous avons 40 000 enfants assassinés. Je ne sais pas si les gens réalisent. 40 000 cercueils de gosses. Cette semaine a eu lieu la commémoration du 7 Octobre 2023. Les jours d’après, j’avais écrit un article pour dire que c’était un crime de guerre. Mais je n’ai pas entendu un mot de compassion, sauf dans de petits cercles, pour les 40 000 enfants tués. Le gros problème, c’est que la reprise du dialogue va devenir terriblement compliquée. Moi, je continue à parler avec des gens de l’autre bord. Mais beaucoup me demandent : « Comment peux-tu leur parler encore ? » Netanyahou a réussi à créer un gouffre entre les deux peuples.

    Mahmoud Darwich exprime aussi son espoir vers quelque chose de « féminin ». Il a fait des émules chez les Palestiniens, notamment les femmes, avec de jeunes poétesses, comme Nour Elassy ou Asmaa Azaizeh. C’est aussi ça l’une de ses forces ?

    E.S. : Cette place des femmes, c’est surtout une force des Palestiniens. Nous n’avons jamais reçu autant de poèmes de poétesses. C’est extraordinaire.

    Allez-vous les lire à Marseille ?

    M.S. : On a choisi quatre poèmes de Gaza qu’on lit presque en ouverture de notre lecture. Avec le Théâtre Joliette, j’ai aussi enregistré, avec d’autres comédiennes palestiniennes qui vivent à Marseille, des poèmes écrits pendant le génocide à Gaza.

    E.S. : Ce qui est aussi intéressant, c’est que Darwich était à la fois un laïc très clair et porteur de cette terre particulière commune au judaïsme, au christianisme et l’islam. Il y a un personnage féminin qui traverse son œuvre : Marie. Et aussi un homme, le Christ. La société palestinienne est plurielle et unique au monde. On a presque un rapport de propriété avec les religions. Nous avons toujours fonctionné à partir du fait que tout ce qu’il s’y est passé nous appartient. Chez nous, la religion est par rapport à un lieu et pas à un dogme. Dans le bureau d’Arafat, il y avait une majorité de chrétiens palestiniens alors que cela ne représentait pas la démographie. Il y avait aussi des juifs, dont mon ami, le regretté Ilan Halevi, qui était notre représentant à l’Internationale socialiste. Les gens ne le réalisent pas, mais nous portons les trois religions car nous sommes les trois. La poésie de Darwich reflète très bien cela.

    Et quid du Darwich communiste ?

    E.S. : Jusque durant la période où il réside encore à Haïfa, jusqu’à son départ à Moscou où il rejoindra la résistance palestinienne au début des années 1970, le seul espace dans lequel les Palestiniens qui n’ont pas été expulsés en 1948 arrivent à s’exprimer, c’est celui des partis communistes qui étaient mixtes. Un parti où vous avez des juifs israéliens et des Palestiniens. Mais ce qui est intéressant, c’est de voir comment il va, en partant toujours du particulier et de la quintessence palestinienne dans son œuvre, porter son peuple vers l’universel.

    Face à l’inertie des Nations, une des clefs de la résolution de cette guerre ?

    E.S. : Nous sommes à la croisée des chemins. Ou la barbarie absolue en train de se dessiner à l’échelle planétaire impose l’abandon du droit, ou bien l’obsession de justice et d’égalité va nous permettre une sortie par le haut et non par la folie. C’est pour cela qu’il faut continuer à chanter.