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  • [Beau livre] L’OM, ou le mythe en blanc et bleu

    [Beau livre] L’OM, ou le mythe en blanc et bleu

    Quel est le point commun entre deux champions du Monde Brésiliens, un « Jaguar » gardien de but et tireur de penalties ou encore un « Commandante » Argentin ?

    Ces quatre Sud-Américains ont porté une tunique légendaire. Un maillot blanc aux parements bleus (plus ou moins intense en fonction des saisons) qui est bien plus qu’un morceau de tissu. À Marseille, le maillot de l’OM est un symbole. Celui d’une ville métissée et ouverte sur le monde. À l’image d’un stade, le Vélodrome, melting-pot des cultures.

    Ces cultures que l’on retrouve au film des saisons. Au fil de l’évolution du design. Mais dont la blancheur profonde reste le fil rouge. C’est cette histoire qui est déclinée dans l’ouvrage de Thierry Agnello.

    Chemises et zoo de Marseille

    Au fil des pages, ce sont quarante-et-une de ces tuniques qui sont remises en lumière. « Les maillots symbolisent l’histoire du club. Chaque match, chaque victoire, chaque défaite, chaque trophée, chaque titre, chaque saison, chaque moment est incarné par un maillot » détaille Thierry Agnello.

    Chaque paragraphe est aussi l’occasion de rappeler ceux qui ont contribué à faire la renommée de ce maillot. Des Minots avec leur Zoo de Marseille, aux exploits européens sous le signe de Panasonic, ou du tandem Paolo César – Jaïrzinho arborant « Michel Axel » sur leur poitrine. « Qui mieux que ceux qui les ont portés pour en parler ? », justifie l’auteur pour qui « la plupart des maillots sont le choix de chaque témoin. Les complémentaires sont un peu arbitraires, selon ma sensibilité d’auteur et le mérite dans l’histoire de l’OM de chaque maillot », conclut-il.

    L’amour du maillot

    Thierry Agnello, Editions Hugo sport

    260 pages, 24,95 euros

  • [Le coin BD] Le bouleversant destin de Betty, mise en lumière dans la noirceur

    [Le coin BD] Le bouleversant destin de Betty, mise en lumière dans la noirceur

    De son enfance de sixième enfant sur huit métis autochtones jusqu’à son jeune âge adulte, cette BD poignante permet de suivre Betty Carpenter, adorée par son père, dans sa famille aimante et dysfonctionnelle où le poids du passé alimente les drames du présent. Dans cette Amérique rurale de l’immédiate après-guerre, Betty va être confrontée aux difficultés d’être une femme pauvre à la peau sombre, confrontée à la misogynie et au racisme ordinaire. Largement inspirée de la vie de la mère de l’autrice Tiffany McDaniel tout en restant une fiction, cette histoire s’ancre dans les drames transmis de génération en génération, les décès qui se succèdent, la noirceur de l’âme de certains hommes mais offre aussi une rédemption par l’amour et l’écriture.

    Même si elle se situe dans un temps révolu et sur un autre continent, cette BD se confronte de front avec des thèmes malheureusement terriblement actuels : les abus faits à l’enfance, les dangers que rencontre toute femme du fait de sa seule naissance, les forces nocives des préjugés racistes, les ravages de la pauvreté… Mais elle ouvre aussi malgré tout une voie vers le salut et l’émancipation. De ce récit profondément humain, les deux auteurs ont tiré une adaptation graphique parfaitement maîtrisée, fidèle et respectueuse, dont l’émotion se dégage à chaque page. à découvrir absolument que l’on ait lu le roman ou non.

    ET AUSSI

    Décolonisations

    Sous-titrée « L’histoire au présent », cette BD de Stephen Desberg et Guillaume Blanc avec Mirranda Burton au dessin montre à travers le destin de plusieurs personnages l’impact qu’a encore aujourd’hui sur les vies concrètes la colonisation des XIXe et XXe siècles. Érythrée, Vietnam, Rwanda, Inde, Pakistan ou Algérie ont une histoire marquée au fer rouge par cette domination coloniale dont les conséquences sont encore fondamentales. À lire pour mieux comprendre et ne pas se fermer les yeux sur les débats contemporains car nul ne colonise impunément.

    Dargaud/Seuil, 24,50€

    Land

    Quel est le vrai prix de la colonisation de l’espace en cours qui devient de plus en plus une aventure privée, hochet de multimilliardaires à la Elon Musk ? Olivier Dubuquoy et Philippe Squarzoni apportent une réponse glaçante sur le prix écologique et humain payé pour cette folie qui pourrait même hypothéquer notre avenir commun. Heureusement, dans le monde entier, des juristes, des scientifiques et des astronomes tentent d’alerter le grand public sur ces dangers. Ce livre rappelle que plutôt qu’imaginer quitter la Terre, il faut avant tout la défendre !

    Delcourt, 25,50€

    L’incroyable histoire de l’humanité

    La fantastique série d’éducation populaire L’incroyable histoire de, s’enrichit avec cette « géohistoire des humains sur la Terre » signée Catherine Mory et Philippe Bercovici basée sur le travail de Christian Grataloup. Un livre fluide qui raconte une histoire longue et complexe sur les cinq continents, érudit et malin comme d’habitude alors que parait dans la même collection L’incroyable histoire des mathématiques de Quentin Lazzarotto, Avner Bar-Hen et Tristan Garnier. Le savoir à portée de ceux qui veulent savoir.

    Les Arènes BD, 25€

    Le roman de Jésus

    Dans la lignée de La vie de Jésus d’Ernest Renan, Jean-Charles Kraehn livre un magnifique roman graphique de 360 pages sur la vie de l’homme Jésus. Agnostique, il ignore les miracles, remplit les trous biographiques laissés par les textes sacrés et abandonne le mythe pour revisiter l’existence d’un homme qui marqua l’humanité, fondateur sans doute malgré lui de la religion comptant le plus de fidèles dans le monde aujourd’hui. La postface de l’archevêque de Rouen montre également que l’ouvrage n’est pas iconoclaste.

    Glénat, 35€

    La curieuse histoire des mots

    L’étymocurieux Sébastien Grimaud avec Joseph Falzon au dessin plonge le lecteur dans une joyeuse et jamais barbante exploration de l’étymologie avec cette série de textes illustrés et de pages de bande dessinée. Mêlant culture et pédagogie, l’auteur révélé sur Instagram propose une découverte ludique et marrante de l’origine des mots que l’on utilise tous les jours comme des évidences sans jamais chercher à trop savoir d’où ils viennent. Ce livre accessible et captivant est donc l’occasion de le faire.

    Casterman, 19€

    Le démon de la colline aux loups

    Dimitri Rouchon-Borie adapte avec Gaët’s et le dessinateur italien Vincenzo Baldano son terrible roman sur le mal et sa transmission. En prison, aux portes de la mort, Duke décide d’écrire ses confessions d’enfant martyr devenu assassin et sa dernière bataille contre le démon de la colline aux loups qui a précipité sa chute. Une BD à la fois magnifique et très dure tant par le scénario que par le dessin, où la noirceur est sauvée par la poésie et quelques rencontres lumineuses. À lire toutefois le cœur bien accroché comme le rappelle l’incipit.

    Aire Libre Dupuis, 27€

  • [Chronique des invisibles] La lumière au cœur de la crue

    [Chronique des invisibles] La lumière au cœur de la crue

    L’inondation gagne la maison, centimètre par centimètre, envahissant le quotidien. Vous et votre famille luttiez à bras-le-corps contre les éléments déchaînés, impuissants face au niveau qui monte. C’est à ce moment précis qu’il se pointe, arborant un sourire chaleureux, plus large que le cadre de la porte. Sous son bras, il trimbale une pompe de relevage, des tuyaux, des seaux et avec eux, la solution miraculeuse pour éviter que la salle à manger ne se transforme définitivement en bac à poissons.

    Ces derniers jours, comme tant d’autres personnes, j’ai vécu de plein fouet la violence incontrôlable de ces crues. Mais alors que le désastre s’installait, la solidarité a surgi, lumineuse et spontanée. Des scènes d’un héroïsme ordinaire ont éclos à chaque coin de rue : ici, des jeunes ont bravé les courants furieux pour extraire une personne âgée prise au piège dans son véhicule, alors que l’eau dépassait déjà le sommet des roues. Là, des boulangers ont ouvert leurs fournils au milieu de la nuit pour distribuer du pain chaud aux sinistrés trempés.

    Dans ce paysage dévasté par le dérèglement climatique, il faut aussi rendre justice aux héros du quotidien que l’on oublie trop souvent dans le fracas du cataclysme. Les pompiers, bien sûr, épuisés mais intraitables face au danger. Mais aussi les agents municipaux de la voirie, les bras enfoncés jusqu’aux coudes dans la boue pour déboucher les canalisations sous des pluies battantes, et ces employés administratifs de l’ombre, restés éveillés toute la nuit en mairie pour organiser l’accueil d’urgence, orienter les familles et recenser les détresses. L’entraide, l’altruisme et la fraternité, ces valeurs fondamentales qu’on croyait parfois éteintes, sont réapparus comme par enchantement au moment le plus sombre.

    Dans une époque troublée où la société bascule trop facilement dans le repli, l’agressivité et jusqu’à la haine de sa propre jeunesse, ces élans du cœur ont fait flotter la raison au-dessus des flots. Constater que la bonté collective survit à la tempête est une immense promesse d’avenir. Et cela, au fond, est tout aussi réconfortant que d’en être sorti vivant.

    Né en 1973, Sébastien Gehan est écrivain, auteur de polars, contes et nouvelles plusieurs fois primées. Deux fois papa, il vit à Istres. Douanier, ancien responsable syndical, il dédie cette chronique à celles et ceux qui font le monde du travail d’aujourd’hui.

  • [Travailleur d’aujourd’hui] Bafodé, l’avenir au bout de la bobine

    [Travailleur d’aujourd’hui] Bafodé, l’avenir au bout de la bobine

    Autour de Bafodé Doumbouya, bobinier à Avignon pour l’entreprise EDF Business Services, ex-Dalkia Electrotechnics IG, des moteurs, alternateurs et de grandes machines de toutes formes sont dispersés à travers l’atelier. « Ça vient de toute la France et c’est nous qui devons les réparer », lance fièrement le Guinéen de 20 ans, qui est actuellement en CDD au sein de l’entreprise.

    Un métier unique et particulier, d’autant plus qu’il n’existe plus aucun parcours de formation de bobinier en France, depuis plusieurs années. Il consiste exactement à fabriquer ou réparer les bobines électriques qui se trouvent dans les moteurs, alternateurs ou générateurs de tous types et de toutes tailles. Précisément, l’entreprise assure « la maintenance corrective et préventive, l’entretien, la réparation, l’exploitation de tous équipements et matériels électriques courants forts et faibles », précise-t-elle.

    « Parfois, on va sur des chantiers chez les clients. Hier, par exemple, on est allés sur un barrage pour vérifier si tout était OK. Sinon, en atelier, on répare », précise-t-il. Avec des tâches parfois répétitives, illustre-t-il en montrant le travail du cuivre avec une pâte d’étain liquide. « C’est pour connecter un alternateur au réseau. En tout, on en a pour cinq jours de travail », précise son supérieur, avec autour de lui des dizaines de plaques et vis en tout genre.

    Un métier qu’il apprend donc sur le tas, mais qu’il « apprécie beaucoup ». Bafodé Doumbouya était initialement magasinier dans la même entreprise. Après deux années passées à ce poste, un échec dans ses études et l’approche de la fin de son contrat, il s’est vu proposer une période d’essai pour devenir bobinier. « C’est parce que je me suis bien intégré. Je suis ravi, car c’est un très bon métier. L’électricité, ça ne m’a jamais fait peur, au contraire », s’exclame le Guinéen. Certains processus semblaient peu clairs vus de loin, « mais en une semaine, on comprend déjà pas mal de choses », assure-t-il, le tournevis à la main.

    Cette formation sur le terrain pourrait déboucher sur un contrat plus pérenne. Mais le chemin de Bafodé Doumbouya reste compliqué par sa situation administrative. « Dès que j’ai une validation, je dois faire un renouvellement et il arrive souvent que cela arrive trop tard. Cette année, j’ai encore eu une semaine où je ne pouvais rien faire car pas dans les règles avant de, finalement, pouvoir à nouveau travailler. Alors que la seule chose que je veux faire, c’est travailler plutôt que rester dans la rue », confie-t-il. Pour l’heure, son contrat avec EDF Business Services court jusqu’à la mi-novembre, notamment en raison de l’échéance de son titre de séjour, qui arrive à cette période.

    Parcours du combattant

    D’autant que le parcours pour arriver en France a été long. Parti de Guinée-Conakry en 2022, il est passé par plusieurs pays du nord de l’Afrique avant de tenter la traversée de la Méditerranée sur un bateau de fortune. Après trois jours en mer, alors que l’embarcation était percée et sans moteur fonctionnel, la marine italienne est arrivée et a conduit Bafodé Doumbouya et ses camarades de fortune à Lampedusa. Avant de choisir de partir en direction de la France et de poser ses valises à Avignon. Il y croise un membre de l’association Un par un, dans le quartier de Saint-Chamand. Ce dernier l’oriente alors, à l’aide de sa structure, auprès de Dalkia, qui l’accueille en apprentissage.

    « C’était souvent difficile pour moi, notamment avec la langue française, qui n’est pas ma langue de naissance. Je n’ai pas de parents pour m’aider, m’orienter », glisse Bafodé. Il n’est pas un cas isolé chez EDF Business Services. Car l’association a également orienté trois autres jeunes étrangers arrivés mineurs en France vers l’entreprise. Et les supérieurs l’assurent, tous sont exemplaires et « font du très bon boulot ».

  • [Grand entretien] Samuel Bambi : « Certains essaient de déconstruire la France »

    [Grand entretien] Samuel Bambi : « Certains essaient de déconstruire la France »

    La Marseillaise : Pour les personnes qui ne vous connaissent pas encore, qui êtes-vous Samuel Bambi ?

    Samuel Bambi : Je suis comédien, humoriste, j’ai commencé ce métier à l’âge de 17 ans dans le Jamel Comedy Club avec mon ami Younes Depardieu on formait le duo « Younes et Bambi ». Je me suis ensuite lancé dans une carrière solo, j’ai participé à l’émission Clique de Mouloud Achour j’ai lancé mon spectacle Machine ! et en 2026 j’ai gagné la dernière saison de Danse avec les Stars. Je suis donc actuellement le plus grand danseur de 202- (rires).

    Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir humoriste ?

    S.B. : Je ne sais pas ça a toujours été en moi, je crois que c’est parce que j’ai toujours été entouré d’une famille hilarante. J’ai toujours côtoyé des gens drôles que ce soit les amis de mes parents ou mes amis. J’ai été baigné très tôt dans des sketches on avait des DVD ou des cassettes à la maison d’Eli Kakou, Gad el Maleh ou encore Les Inconnus par exemple. Dans ma classe j’étais le petit mec qui faisait rire tout le monde. Finalement, ce n’est qu’une continuité des choses.

    Quels sont les sujets abordés dans votre spectacle « Machine ! »

    S.B. : Machine c’est mon premier spectacle solo. Il faut savoir qu’un premier spectacle c’est toujours une carte de visite de l’artiste, on découvre qui il est, sa façon d’écrire, d’être, ses mimiques et sa façon de penser. J’ai décidé de partir sur un spectacle qui porte ce nom pour parler d’un garçon qui pense pouvoir tout faire et tout réaliser dans la vie mais petit à petit il se rend compte que pas du tout et il se prend un mur en pleine face. Le tout agrémenté de nombreux sujets d’observations, c’est aussi l’occasion pour moi de me raconter, de parler de mon rapport avec ma mère, la technologie et autre. Au début du spectacle par exemple je suis sur mon canapé en train se scroller sur Instagram et je vois la story d’une mannequin qui demande « qui est à Hambourg ? », je décide de lui répondre parce qu’un peu comme tout le monde sur les réseaux sociaux on se sent pousser des ailes. Derrière notre téléphone on commente tout, on parle de tout alors que dans la vraie vie ce n’est pas la même chose ! Moi je peux insulter UBER sur Twitter parce qu’ils m’ont facturé 2 euros de trop mais en vrai je n’ose même pas demander au chauffeur de tourner à gauche (rires)… Donc voilà je vais dire à cette mannequin que j’arrive jusqu’à ce que bien évidemment je me retrouve devant elle. Et pour la suite, il faut venir au spectacle pour savoir ce qu’il se passe.

    Est-ce que vous vous inspirez de la vie, de ce que vous voyez et vivez au quotidien pour écrire ?

    S.B. : Je m’inspire de choses qui me sont arrivées, qu’on me raconte ou que je vois. Je suis accompagné d’un super collègue qui s’appelle Jonathan de Mayo pour écrire et souvent quand on se voit on ne se dit pas « Bon allez on va écrire des blagues » mais on discute beaucoup, on raconte ce qui nous offusque,pas seulement ce qui nous fait rire, ce qui nous fait pleurer aussi et cela peut nous emmener à des situations drôles.

    Au-delà du spectacle, vous incarnez sur les réseaux sociaux des personnages, un peu comme des caricatures ça cartonne d’ailleurs. D’où vous vient cette inspiration-là ?

    S.B. : Je suis très observateur de ce qu’il se passe sur les réseaux et par exemple quand je vois que les gens se sont bien imprégnés d’une tendance je me dis ok maintenant tout le monde l’a en tête donc je peux le faire à ma sauce. Par exemple j’en ai fait une sur un restaurant un peu conceptuel où on ne comprend pas ce qu’on mange et ça nous est déjà arrivé à tous d’aller dans un restaurant où le serveur t’explique pendant une heure ce que tu vas manger alors qu’en vrai on s’en fout ! Je crée aussi des personnages qui n’existent pas comme l’agent de star dans le métro parisien qui a bien marché aussi.

    Vous en parliez plus tôt, vous avez remporté la dernière saison de Danse avec les stars, que vous a apporté cette expérience ?

    S.B. : Danse avec les stars a été la plus grande expérience de ma vie. J’ai beaucoup hésité à le faire parce que je ne savais pas si j’aillais être ridicule ou si c’était ma place en tant qu’humoriste. Comme je vous l’ai dit, mon métier c’est de faire un pas de côté par rapport à ce qu’il se passe dans la société pour en faire des parodies et là, on me demandait d’être premier degré, d’être moi, de montrer mes émotions etc. Et au final j’ai appris plein de choses comme la rigueur, l’abnégation, ne jamais rien lâcher grâce à ma coéquipière Anna Riera. Même si c’était très difficile je suis très heureux d’être allé au bout, d’avoir réussi aussi grâce au dépassement de soi. J’ai eu une formation du métier d’artiste dans sa globalité avec ces danseurs qui se dévouent à leur corps, à leur métier et c’est incroyable. Cette émission m’a aussi permis de réaliser mon rêve d’enfant parce que la danse m’a toujours animée étant un grand fan de Michaël Jackson.

    Votre métier, c’est de faire un pas de côté dans la société. Justement, quel regard portez-vous sur la situation actuelle en France ?

    S.B. : Il est évident que le monde n’est pas simple mais il me semble qu’il ne l’a jamais été quelles que soient les générations. Malheureusement les guerres, la pauvreté… ont toujours existé, aujourd’hui il y a des gens qui essaient de déconstruire la France ou de nous dire tous les jours que ça ne va pas mais je crois qu’on doit essayer de rester optimistes parce que nous avons de la chance de vivre ici.

  • L’art contemporain, l’hôte du week-end à Avignon

    L’art contemporain, l’hôte du week-end à Avignon

    Deuxième festival culturel après Le Festival d’Avignon, celui qu’on surnomme « l’énorme petit festival » arrive au terme de sa programmation ce week-end. Présent dans différents lieux emblématiques de la ville, le Parcours de l’Art, imagine de nouvelles façons d’habiter le monde et composer des sociétés basées sur des valeurs de partage, d’ouverture et de sensibilité. À travers leurs œuvres, leurs performances ou leur parole, les artistes veulent créer un espace de partage et de réflexion sur des enjeux contemporains. Entièrement gratuit, cet événement automnal se veut inclusif et engagé, où chacun pourra venir y confronter sa pensée.

    Samedi de 11h30 à 17h

    Dimanche de 10h30 à 17h30

    Détails du programme : www.parcoursdelart.com

  • Le grand week-end à la Friche Belle-de-Mai

    Le grand week-end à la Friche Belle-de-Mai

    Direction par exemple, le 4e étage de la tour pour découvrir « Désobéir à l’ère numérique », exposition où algorithmes, intelligences artificielles, plateformes sociales ou dispositifs de surveillance deviennent ici des matériaux à détourner, perturber ou infiltrer.

    Autre option, l’installation ThunderGolf de Kaïs Dhifi. À la croisée de la sculpture, de la réalité virtuelle et du son, elle active en temps réel une odyssée post-apocalyptique portée par le public. Au cœur du dispositif, une Volkswagen Golf Mk2 modifiée pour des territoires hostiles devient un véhicule mobile interactif. En salle Seita, une programmation rythmée attend les spectateurs avec 12 films en provenance d’Allemagne, Canada, Danemark, France, Italie, Suisse, qui seront suivi de l’inauguration d’une exposition collective méditerranéenne. Sans oublier les petit et grand plateau pour la soirée de samedi avec des propositions du GMEM, un concert de Khalil Epi, un Dj set de Deena Abdelwahed…

    Samedi de 14h à 2h. Dimanche de 14h à 19h, expositions gratuites, concerts de 10 à 15 euros.

  • [Week-end] À Hyères, la santé au soutien de la nature

    [Week-end] À Hyères, la santé au soutien de la nature

    Existe-t-il, en France, un hôpital doté d’un plus beau cadre que l’hôpital Renée-Sabran de Hyères ? Situé sur la presqu’île de Giens, au cœur d’un domaine de 30 hectares en bord de Méditerranée, encerclé par les pins, les plages et les espaces marins, l’établissement, consacré, en majeure partie, à la réadaptation physique, psychologique, se revendique « héritier de la tradition de la cure marine », et fait « la nature un outil thérapeutique. [Cela] nous confère une responsabilité particulière en termes de réservation et de restauration de cet environnement d’exception et de notre territoire », affirme Karine Hamela, directrice de l’Hôpital Renée Sabran.

    L’hôpital s’y engage depuis plusieurs années à travers son plan stratégique 2035, qui porte un axe lié à la préservation de la biodiversité. C’est à ce titre qu’il est engagé, depuis 2022, dans le programme « Refuges LPO » de la Ligue pour la Protection des Oiseaux. Cette collaboration, basée sur des inventaires réguliers et sur la sensibilisation des soignants et des patients, permet de mieux connaître la faune et la flore du site et d’adapter la gestion en conséquence. Son impact est non-négligeable, puisqu’en quatre ans, le nombre d’espèces recensées est passé de 77 à 127.

    Projet CARET : protéger la tortue caouanne

    Dans la même optique, l’hôpital Renée-Sabran est également lié au Parc National de Port-Cros, puisqu’il fait partie du territoire. Déjà effective depuis plusieurs années à travers des prospections floristiques sur le domaine, cette collaboration vient d’être appuyée par la signature d’une convention entre les deux entités, jeudi.

    Le principe directeur : une approche dite « one health » qui regroupe santés humaine, environnementale et animale. « Toutes sont étroitement liées », appuie Karine Hamela, pour qui « on ne peut penser la santé humaine sans les autres. Cette alliance permet de combiner et d’associer les expertises et les compétences ». Celle-ci implique quatre axes de travail, dont le plus important est le projet Caret (Conservation et actions de restauration des écosystèmes de la tortue caouanne). Porté par le Parc national avec le soutien de l’Office français de la biodiversité, il vise à restaurer et protéger les littoraux sableux des cinq communes adhérentes du Parc (La Garde, Le Pradet, Hyères, La Croix-Valmer et Ramatuelle), où de nouveaux sites de ponte de tortue caouanne sont apparus. Sur la plage de la Vignette, qui borde l’hôpital, seront menés un chantier de restauration de l’arrière-plage, la sensibilisation du personnel et des patients à la protection des pontes, ainsi que des actions de suivi.

    L’expertise floristique sera aussi poursuivie, grâce au Conservatoire botanique national méditerranéen, avec lequel le Parc national poursuivra l’inventaire et le suivi de la flore, en particulier du genêt à feuilles de lin et du Sérapia d’Hyères. L’aspect pédagogique sera renforcé, avec des interventions de l’institution dans les événements de l’hôpital. Enfin, ce dernier participera à la concertation sur le milieu marin, afin de transformer les sentiers sous-marins de l’Aire marine adjacente du Parc national en Zones de protection forte, statut juridique qui permet de supprimer ou limiter les pressions des activités humaines d’un espace naturel pour en préserver les enjeux écologiques.

  • [Week-end] Le Bazar festival célèbre la diversité culturelle à Marseille

    [Week-end] Le Bazar festival célèbre la diversité culturelle à Marseille

    À l’heure où les discours identitaires et xénophobes pullulent en France, Singa veut « construire des ponts entre les gens et célébrer la richesse de l’immigration à Marseille », insiste Arnaud Mispolet, codirecteur de l’antenne marseillaise. De 14h à 23h ce samedi 24 octobre, l’association organise un festival gratuit au centre socioculturel de la Cômerie, dans le 6e arrondissement. L’occasion de célébrer les talents et initiatives des personnes réfugiées et migrantes que l’association accompagne au quotidien.

    Une journée basée sur la rencontre et l’ouverture

    Au programme : découverte du Dabke, une danse traditionnelle syrienne, un marché de créateurs accompagné par l’association de 14h à 18h, un atelier d’écriture de textes de rap avec un artiste de Singa, un cours de Hatha Yoga (sur réservation) et une performance théâtrale réalisée par écrivivre, un collectif littéraire fondé par des mineurs non accompagnés.

    L’événement se veut également familial avec des activités pour les plus jeunes. De 15h à 16h, un atelier créatif visant à sensibiliser à la protection de la mer (sur réservation à 5 euros) sera proposé. En parallèle, un stand de maquillage et un photobooth seront en libre accès pour graver la journée dans les mémoires.

    Un épisode du podcast « Oh ! la dinguerie », qui riposte au discours anti-immigration, sera enregistré de 15h à 17h, avec la participation de Benoît Hamon, directeur général de Singa France, Anaïs Bernard de SOS Méditerranée et d’autres acteurs associatifs proches de Singa.

    Le programme nocturne n’est pas en reste. De 19h30 à 20h30, des humoristes s’essaieront pour la première fois au stand-up, sur réservation et rémunération au chapeau. La soirée se prolongera avec des festivités dont un spectacle de danse à 20h40, puis une programmation musicale composée d’une scène de rap et d’un DJ set brésilien.

    Au vu de l’application du couvre-feu ce samedi soir, dont le périmètre n’inclut pas la Cômerie, l’événement a été raboté d’une heure pour qu’il puisse se conclure à 23h. Des dispositions ont ainsi été prises pour « que chacun et chacune puisse rentrer sereinement chez soi ».

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  • Jeunesse étouffée, avenir assassiné

    Jeunesse étouffée, avenir assassiné

    Aujourd’hui, la France se fracture jusque dans le regard qu’elle porte sur sa jeunesse. Lorsqu’ils se mobilisent, les lycéens ne trouvent aucune grâce aux yeux d’aînés prompts à balayer leurs inquiétudes. Leur mécontentement est réduit à un caprice d’enfants gâtés, quand on ne les accuse pas d’être les marionnettes d’organisations politiques.

    Pourtant, cette génération n’est pas en perte de repères par confort : elle l’est par abandon. Son entrée dans la vie publique a été marquée par la rupture sociale et l’isolement lié au COVID, puis par le retour tragique de la guerre aux portes de l’Europe (Ukraine). À cela s’ajoute l’angoisse existentielle du dérèglement climatique, héritage amer laissé par des générations ayant consommé sans compter. Pour toute perspective, on répète à ces jeunes qu’ils doivent résigneusement accepter leur sort de variable d’ajustement économique au sein d’un système à bout de souffle.

    Face à ce désarroi, la société refuse le dialogue. Au mépris d’une partie de la population, qui aura pleinement profité d’un modèle et d’acquis sociaux aujourd’hui en voie de disparition, s’ajoute une réponse institutionnelle brutale. À la demande de justice, d’équité, d’écoute, le pouvoir en place répond par la doctrine du maintien de l’ordre : CRS et forces mobiles sont envoyés pour faire taire la contestation.

    Les violences subies dans la rue comme au sein des établissements soulignent une dérive sécuritaire dramatique, plaçant la police française parmi les plus répressives d’Europe.

    Cette jeunesse ne descend pas dans la rue par désordre ou indiscipline. Elle cherche désespérément un cap dans un monde cynique qui tente de lui vendre la résignation comme une vertu. Dès lors, quand elle se soulève, ce n’est pas un trouble à la paix publique qu’il faut mater : c’est un cri de survie qu’il faut entendre. À force de vouloir leur enseigner l’aveugle obéissance, les donneurs de leçons de tous bords oublient la règle cardinale de l’Histoire : une société qui étouffe la révolte de ses enfants est une société qui assassine son propre lendemain.