Tag: Vincent Bouget

  • En Occitanie, la gauche unie peut l’emporter à Nîmes et Toulouse

    En Occitanie, la gauche unie peut l’emporter à Nîmes et Toulouse

    C’est un second tour de dimension nationale qui se déroule dimanche à Nîmes, la capitale du Gard. La dernière grande ville (plus de 150 000 habitants) dirigée par la droite LR depuis 25 ans. Le premier tour a livré un verdict aussi serré que lourd de sens : 163 voix seulement séparent le candidat du Rassemblement national Julien Sanchez (30,39%) du communiste Vincent Bouget (30,05%), à la tête de l’union de la gauche. Derrière, la droite municipale, fracturée et affaiblie, s’effondre : Franck Proust (LR-Horizons) plafonne à 19,55%, Julien Plantier (DVD) à 15,55%. Pascal Dupretz (LFI) est éliminé avec ses 4,46%. Une photographie brutale d’une ville à la croisée des chemins. Les deux listes de droite ont fusionné et c’est une triangulaire qui se tient dans la cité romaine. Pour Vincent Bouget « la possibilité que la gauche l’emporte, et le risque, en face, que l’extrême droite gagne, peuvent et doivent provoquer un sursaut supplémentaire ».

    À Montpellier, le maire Michaël Delafosse (PS) et sa liste d’union de la gauche est arrivé largement en tête avec 33,41%. Il a pour concurrents dimanche la liste LFI de Nathalie Oziol (15,36%) et celle du milliardaire Mohed Altrad (11,31%). La gauche a aussi la possibilité de ravir Toulouse à la droite. Si le maire sortant Jean-Luc Moudenc (DVD) a obtenu 37,23%au premier tour, la fusion des listes de gauche de François Piquemal (LFI, 27,56%) et de François Briançon (24,99%) peuvent le faire perdre. Ce serait un séisme en Occitanie.

  • Municipales à Nîmes : des acteurs du monde taurin soutiennent Vincent Bouget

    Municipales à Nîmes : des acteurs du monde taurin soutiennent Vincent Bouget

    « Pour nous, la tauromachie est un art, une culture populaire et un humanisme dont les valeurs n’ont rien à voir avec celles du Rassemblement National. Nous ne pouvons nous résoudre à voir l’aficion instrumentalisé par une idéologie fasciste ou des contre-vérités déshonorantes. Nîmes en Commun apparaît comme la seule liste en mesure de gagner contre l’extrême droite à Nîmes, et c’est pourquoi nous soutenons Vincent Bouget. » Ces lignes sont signées Frédéric Pascal, Alain Bonijol, Thomas Joubert, Marc Reynaud, Jacques Durand et Jean-Michel Mariou. Ces personnalités du monde taurin, dont trois toreros – Frédéric Pascal, fondateur du syndicat des toreros français, Alain Bonijol et Thomas Joubert – et les écrivains Jacques Durand et Jean-Michel Mariou, ont tenu à rendre cette tribune publique après la prise de position d’une autre personnalité du monde taurin, Simon Casas, en faveur de l’extrême droite.

    « Une imposture historique » dénonce Jean-Paul Boré
  • [Entretien] Vincent Bouget : « Dimanche, il faut un sursaut démocratique »

    [Entretien] Vincent Bouget : « Dimanche, il faut un sursaut démocratique »

    La Marseillaise : Dimanche soir, dans quel état êtes-vous à l’annonce des résultats ?

    Vincent Bouget : On réalise deux choses à la fois. D’abord qu’on fait le score important qu’on espérait : passer la barre des 30%. À Nîmes, au premier tour des municipales, c’est quand même formidable. Et en même temps, on prend en pleine figure la progression de l’extrême droite, accélérée sur la dernière semaine. Symboliquement, les voir passer devant, ça fait mal. Donc oui : une bonne nouvelle… un peu éclipsée par le risque RN. Et on comprend qu’on est entrés dans un moment grave et crucial. Il faut remobiliser, tout de suite, parce que beaucoup de nos électeurs ont eu du mal à avaler le truc.

    Qu’est-ce que ce premier tour dit de Nîmes, selon vous ?

    V.B. : Ça dit que Nîmes est abîmée. On a fait campagne sur le lien social, sur des gens qui se sentent isolés. Et le vote d’extrême droite, c’est une conséquence de l’affaiblissement du lien social, des difficultés à s’en sortir, des tensions. Et puis Nîmes n’est pas isolée : la montée de l’extrême droite, elle est partout. Enfin, ça dit aussi l’état dans lequel la droite laisse la ville. La droite a joué, même politiquement, comme tremplin à cette ascension.

    Julien Sanchez a mené une campagne peu visible. Comment expliquer qu’il soit en tête ?

    V.B. : Justement : ils n’ont pas besoin. Le vote d’extrême droite, c’est comme la fièvre. Quand un corps est malade, il réagit avec de la fièvre. Ils font deux, trois trucs un peu efficaces et ça suffit. Mais ça révèle surtout le vide : quelqu’un qui ne connaît pas la ville, pas ses habitants, pas son histoire. Et derrière, rien : ni projet, ni programme, ni vision, ni connaissance des dossiers… c’est le néant total.

    Dans les quartiers populaires, vous êtes haut, mais la participation est très faible…

    V.B. : La fracture démocratique qu’on dénonce est réelle, et ce n’est pas une campagne qui la répare. Il faut du temps. Dans ces quartiers, le sentiment que voter ne sert à rien est très fort, et les préoccupations immédiates écrasent le reste. Mais cette semaine, on sent davantage de mobilisation : le choix est plus clair. La possibilité que la gauche l’emporte, et le risque, en face, que l’extrême droite gagne, peuvent et doivent provoquer un sursaut supplémentaire. On va continuer à tout faire pour. Et moi, je pense que ça va pousser fort dimanche. C’est ce que nous renvoie le terrain.

    Quel message envoyez-vous aux électeurs LFI et à ceux qui hésitent ?

    V.B. : D’abord, à gauche, on peut avoir des choix différents, mais on peut se retrouver sur l’essentiel, d’autant que le risque de l’extrême droite est tel qu’il ne faut pas hésiter. Les électeurs LFI se sont mobilisés sur la colère sociale, le pouvoir d’achat, la lutte contre les discriminations : je partage ces combats-là. Et à ceux qui ne veulent ni RN ni gauche, je dis : on vit une inversion des valeurs, une forme de post-vérité. Des mots qui ne veulent plus rien dire, des mensonges. Moi, je m’adresse à l’intelligence et au discernement. Et surtout : ce que porte Julien Sanchez, ce sont des valeurs, des modèles – Jean-Marie Le Pen et Donald Trump – qui n’ont rien à voir avec un projet municipal sérieux pour Nîmes.

  • Rassembler Nîmes pour s’opposer au RN

    Rassembler Nîmes pour s’opposer au RN

    Mardi 18 mars, Nîmes a retenu son souffle. Sur l’Esplanade Charles de Gaulle, plus de 2 000 personnes ont répondu à l’appel de Vincent Bouget et de « Nîmes en Commun », ont fait masse, serrées dans l’émotion, portées par une même urgence : empêcher la ville de basculer. Les discours se sont enchaînés, les visages de la gauche locale -Françoise Laurent-Perrigot, Patrick Malavieille, Alain Clary- sont venus donner chair à ce moment, avant que, le lendemain matin, le soutien de Carole Delga ne vienne enfoncer le clou. À quatre jours du second tour, la gauche n’a pas seulement tenu meeting : elle a posé une scène, celle d’une ville qui se relève et refuse la résignation.

    Car l’addition est brutale : il a suffi de 163 voix pour que Nîmes se retrouve, au soir du 15 mars, au bord d’un précipice politique. Il aura fallu attendre les derniers bulletins pour mesurer l’ampleur du choc. Le premier tour des municipales a livré un verdict aussi serré que lourd de sens : 163 voix seulement séparent le candidat du Rassemblement national Julien Sanchez (30,39%) de Vincent Bouget (30,05%), à la tête de l’union de la gauche. Derrière, la droite municipale, fracturée et affaiblie, s’effondre : Franck Proust (LR-Horizons) plafonne à 19,55%, Julien Plantier (DVD) à 15,55%. Pascal Dupretz (LFI) est éliminé avec ses 4,46%. Une photographie brutale d’une ville à la croisée des chemins.

    Le soir même, au bar du Prolé, Vincent Bouget n’a pas joué les commentateurs : devant ses soutiens rassemblés en nombre, il a appelé à la bataille, à la mobilisation totale, en martelant que « pas une voix ne doit manquer ». Un appel adressé aux électeurs de gauche, évidemment, mais surtout à toutes celles et ceux qui refusent de livrer la ville à un projet de tri social et de discriminations.

    Le RN Julien Sanchez admirateur de Trump

    Le danger est d’autant plus grand qu’il avance masqué. Julien Sanchez, figure RN du Gard, a été parachuté par le parti en janvier pour tenter le « coup » dans la préfecture : présence minimale sur le terrain, campagne atone, et programme lacunaire. Beaucoup de slogans, peu de réponses concrètes aux urgences du quotidien. Cette stratégie est connue : nationaliser le scrutin, surfer sur les peurs, faire croire qu’un bulletin RN serait un « coup de balai », alors qu’il prépare surtout une mairie au service d’une idéologie d’exclusion.

    Le RN veut faire de Nîmes un trophée. Une ville vitrine. Une ville test. Et, dans cette dernière semaine, Sanchez tentera de siphonner l’électorat de droite en jouant la comédie du vote utile, tout en insultant au passage ceux qu’il courtise. Sa sortie au lendemain du scrutin sur « l’orchestre du Titanic qui empêche les électeurs de voir l’iceberg communiste » visant le tandem Proust-Plantier n’est pas une blague : c’est une stratégie froide, tuer la droite pour régner sur ses décombres. Quitte à assumer, au passage, une boussole politique très claire : l’homme qui veut diriger Nîmes a une nouvelle fois revendiqué son admiration pour Donald Trump, son « action », ses décisions à coups d’arrêtés, et lâche sans détour au micro de Midi Libre : « Si j’étais Américain, je voterais pour Donald Trump, c’est sûr ! » Sa présence a Washington lors de l’investiture de l’autocrate le confirme. Voilà leur modèle : la brutalité érigée en efficacité, le mépris en méthode, l’autoritarisme en promesse, la ségrégation et la guerre en prime.

    À droite, le prix des ego

    En même temps, il est difficile de ne pas commenter le spectacle politique offert par le duo de la droite sortante. Pendant des mois, Franck Proust et Julien Plantier, héritiers proclamés de Jean-Paul Fournier, ont joué les frères ennemis. Guerre d’ambitions, guerre de places, guerre de succession, avec, au final, une droite coupée en deux, incapable d’assumer un bilan de 25 ans autrement que par des postures et du lavage de linge sale en public. Résultat : l’électorat se disperse, la majorité sortante s’effondre, et le RN se faufile.

    Et voilà qu’au lendemain de la claque, la droite découvre soudain les vertus du rassemblement. Fusion express, tractations nocturnes, et une nouvelle liste : « Nîmes par-dessus tout ». Une union née non pas d’un projet clair, mais de la peur de perdre le pouvoir. Le manège a assez duré : quand on n’a pas réussi à se parler pendant des mois, on ne fabrique pas une dynamique en 48 heures à coups de calculs d’appareil.

    Nîmes n’est pas seulement une « dernière grande ville LR ». C’est une ville travaillée par les fractures sociales, par l’abandon de quartiers entiers, par la crise du logement, par la santé qui recule, par les services publics qui s’étiolent : une ville où l’on demande aux habitants de tenir bon pendant qu’en haut on s’organise la succession. Une ville marquée par une droite qui préfère gérer la commune comme un patrimoine et une vitrine, multiplier les opérations de communication et les grands projets, plutôt que réparer le quotidien, et qui, dans la bataille d’héritage, s’est surtout donnée en spectacle. Et c’est précisément là que prospère l’extrême droite : sur les colères réelles, qu’elle détourne vers les boucs émissaires, la stigmatisation, la division.

    La gauche rassemblée

    en dynamique

    Du côté des listes de gauche, le cadre légal est clair : pas de fusion possible entre la liste LFI, restée sous la barre des 5%, avec celle de la gauche unie « Nîmes en commun ». Mais la réalité politique l’est tout autant : chaque voix comptera, l’enjeu dépasse les logos, et Pascal Dupretz a officiellement appelé à battre « l’extrême droite et la droite extrême ». La semaine qui s’ouvre n’est pas celle des susceptibilités : c’est celle de la responsabilité. D’autant que la participation n’a été que de 51,05% : l’autre réservoir, immense, côté chiffres, c’est l’abstention. Dans plusieurs quartiers populaires, la gauche est nettement devant… mais sur une participation très basse. Exemple parlant : le bureau 405 (école Henri-Wallon) situé dans le quartier Saint-Césaire. La participation y est seulement de 22,05%. Bouget monte à 46,36%, Sanchez à 4,60%, et le score LFI est particulièrement élevé avec 11,88% : un électorat social et contestataire existe, mais il faut le faire sortir.

    À l’aube du premier tour, un sondage Ifop-Fiducial pour La Gazette testait plusieurs scénarios. Dans celui de la triangulaire qui attend les électeurs ce dimanche (Bouget-Proust-Sanchez), l’étude donnait Bouget à 41%, Proust à 31 % et Sanchez à 28%. Ces chiffres ne votent pas à la place des Nîmois. Mais ils disent une chose : la victoire est possible, à condition de construire un barrage populaire, pas un barrage de salon. Un barrage fait de porte-à-porte, de discussions, d’écoute, d’un discours clair : Nîmes n’a pas besoin de peur, elle a besoin de dignité. Vincent Bouget, en clôture de la réunion publique du 18 mars, a résumé l’enjeu : « Ce n’est pas le projet d’un clan, ce n’est pas un projet de division, c’est un projet pour tous les Nîmoises et les Nîmois, résolument tourné vers l’avenir. C’est cette nouvelle page que je vous propose d’ouvrir ensemble dès dimanche soir. » Dimanche 22 mars, Nîmes choisira.

  • [Tribune] « Nîmes en commun apparaît aujourd’hui comme étant la seule liste en situation de gagner face à l’extrême droite »

    [Tribune] « Nîmes en commun apparaît aujourd’hui comme étant la seule liste en situation de gagner face à l’extrême droite »

    Une victoire du rassemblement national à Nîmes serait en rupture avec les valeurs portées par notre ville et par les femmes et les hommes qui l’ont construite au fil des siècles.

    Nîmes en commun apparaît aujourd’hui comme étant la seule liste en situation de gagner face à l’extrême-droite.

    L’humanisme, la bienveillance, l’entraide, la solidarité doivent l’emporter sur la haine et la peur. Pour rassembler la ville, changer la vie et construire un avenir meilleur pour nos enfants et nos petits enfants nous nous engageons aujourd’hui. »

    Les signataires

    Lydie Salvayre, écrivaine, Prix Goncourt 2014, Prix Marguerite Yourcenar 2025

    Christian Polge, président d’associations

    Antoine Penchinat, rhumatologue

    Robert Finielz, premier avocat général auprès de la cour de cassation et administrateur de la maison de santé protestante

    François Mirabel, Professeur des universités en économie

    Mohamed Kani, Boxeur Professionnel, Triple Champion de France, Double Champion d’Europe, Pompier professionnel

    Alexis Vandeventer, médecin

    Karine Weiss, professeur en psychologie à l’université de Nîmes

    Mounir Benslima, chef du service de Médecine légale du CHU de Nîmes et expert judiciaire

    Francine Cabane, professeur d’histoire-géographie

    Jean-Paul Boré, président Les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (AFMD)

    Philippe Corcuff, universitaire

    Remi Penchinat, médecin généraliste

    Marion Mazauric, éditrice

    Christian Dupuy-Girard, responsable association philosophique et humaniste

    Bruno Mangin, président
    d’association

    Pierre Costa, professeur de médecine

  • A Nîmes, Proust, Plantier et Rouverand forcent l’union de la droite

    A Nîmes, Proust, Plantier et Rouverand forcent l’union de la droite

    Au lendemain du premier tour des élections municipales, la droite nîmoise a choisi de mettre ses rancœurs de côté et de serrer les rangs. Franck Proust et Julien Plantier ont officialisé ce lundi 16 mars la fusion de leurs listes, désormais réunies sous une même bannière pour le second tour du dimanche 22 mars. Baptisée « Nîmes par-dessus tout », la nouvelle liste rassemble les équipes de « Tout Nîmes », conduite par Franck Proust (LR, soutenu par Horizons), et celle de « L’Avenir nîmois », menée par Julien Plantier et Valérie Rouverand (Renaissance). L’accord prévoit que Franck Proust reste tête de liste et devienne maire en cas de victoire, tandis que Julien Plantier serait candidat à la présidence de Nîmes Métropole.

    Cette alliance intervient après un premier tour qui a profondément rebattu les cartes. Julien Sanchez, candidat du Rassemblement national et de l’UDR, est arrivé en tête avec 30,39 % des voix, suivi de Vincent Bouget, chef de file de l’union de la gauche, avec 30,05 %. Derrière, Franck Proust a recueilli 19,55 %, tandis que Julien Plantier a obtenu 15,55 %. Dans ces conditions, la division de la droite apparaissait comme un risque majeur pour la majorité municipale sortante, qui dirige la ville depuis un quart de siècle autour de Jean-Paul Fournier. Dès le soir du scrutin, ce dernier avait d’ailleurs appelé publiquement au rassemblement dans un communiqué, appelant ses héritiers proclamés à « la raison » afin de bâtir une liste d’union.

    « Notre famille était divisée. Nous avons cru, peut-être à tort, que nous pouvions porter nos programmes séparément », a reconnu Franck Proust lors de la conférence de presse organisée à la Grande Bourse. Une manière d’admettre que la stratégie du premier tour s’est retournée contre la droite nîmoise. Julien Plantier, lui, a justifié ce rapprochement par la nécessité de « mettre de côté les intérêts personnels » afin de créer une dynamique capable de peser au second tour. Dans le détail, la liste commune comptera 59 colistiers, avec une répartition annoncée de 60 % issus de la liste de Franck Proust et 40 % de celle de Julien Plantier. Valérie Rouverand occupera la deuxième position, devant Julien Plantier, puis Valentine Wolber et Thierry Procida.

    Des reports de voix loin d’être acquis

    Mais au-delà de la mécanique des places, l’enjeu est d’abord électoral. En additionnant leurs scores du premier tour, Proust et Plantier totalisent un peu plus de 35 % des suffrages, un niveau théoriquement supérieur à celui du RN ou de la gauche. Reste à savoir si les électeurs suivront cette recomposition politique de l’entre-deux-tours. Car les reports de voix sont loin d’être automatiques, notamment après des mois de rivalités entre les deux camps. Plusieurs observateurs soulignent aussi qu’une partie de l’électorat pourrait choisir l’abstention ou se tourner vers d’autres listes. En politique 1+1 ne fait jamais 2.

    Les sondages publiés avant le premier tour suggéraient d’ailleurs une autre dynamique. Une étude publiée le 13 mars et réalisée par l’Ifop-Fiducial pour La Gazette de Nîmes et Sud Radio, auprès de 503 électeurs nîmois, donnait Vincent Bouget en tête au second tour, avec 41 % des intentions de vote dans l’hypothèse d’une triangulaire, contre 31 % pour Franck Proust et 28 % pour Julien Sanchez. Autant dire que l’issue du scrutin reste incertaine.

    La campagne du second tour s’annonce donc intense. Face à une droite désormais réunie, la gauche espère transformer l’essai après son score élevé du premier tour, tandis que le Rassemblement national, arrivé en tête dimanche soir et qui constitue une grande menace, entend capitaliser sur sa maigre avance. À moins d’une semaine du vote, une chose est certaine : la fusion Proust-Plantier ouvre une nouvelle phase de la bataille municipale nîmoise, où chaque voix comptera.

  • L’Appel de Vincent Bouget aux Nîmois…

    L’Appel de Vincent Bouget aux Nîmois…

    La Halle des sports n’a pas seulement fait le plein dimanche 8 mars. Elle a aussi donné à voir autre chose : la montée d’une colère populaire contre vingt-cinq ans de pouvoir verrouillé à droite à Nîmes. Plus de 1 200 personnes se sont rassemblées autour de Vincent Bouget et de la liste Nîmes en commun pour porter une ambition claire : arracher la ville à un système usé, clanique, incapable de répondre à l’urgence sociale, démocratique et écologique.

    Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Après un quart de siècle de règne de Jean-Paul Fournier et de ses héritiers, Nîmes paie le prix d’une gestion de notables : une ville fracturée, abandonnée par endroits, inégalitaire partout, où l’affichage et la communication ont trop souvent tenu lieu de projet collectif. Derrière les rivalités entre Franck Proust et Julien Plantier, c’est la même droite qui se déchire pour l’héritage d’un système à bout de souffle. Une droite qui a isolé les quartiers populaires, laissé prospérer les trafics, méprisé le tissu associatif et tourné le dos à trop d’habitants ; qui a privilégié l’entre-soi au destin de milliers de Nîmois.

    Dans cette campagne, le meeting du 8 mars a donc pris des allures de démonstration politique. Sur scène, Amal Couvreur, Pierre Jaumain, Julien Pacioni et Soukaïna Benjaafar ont martelé le même cap : défendre les droits des femmes, soutenir les quartiers populaires, retisser les solidarités, faire reculer les inégalités et tenir tête à l’extrême droite, qui prospère toujours sur les abandons de la puissance publique.

    En finir avec le clanisme

    En clôture, Vincent Bouget a assumé la charge contre le vieux logiciel de la droite nîmoise. Il a dénoncé une ville « abîmée », victime « du clanisme et de l’isolement » imposés par les équipes qui la dirigent depuis vingt-cinq ans. Il a opposé à cette logique de confiscation du pouvoir un projet bâti dans l’écoute des habitants, au fil de réunions, de porte-à-porte et d’échanges dans tous les quartiers. Son discours a dessiné une ligne nette : réunir une ville coupée en deux, investir dans la jeunesse, rendre enfin le pouvoir aux habitants. La gauche veut démontrer qu’il existe une alternative concrète à la fois au pourrissement libéral de la droite locale et au poison identitaire du RN.

    À une semaine du premier tour, ce meeting aura confirmé une chose : à Nîmes, l’alternance n’est plus une hypothèse lointaine. Elle devient une possibilité historique. Reste à transformer l’espoir en votes. Car face à une droite en décomposition et à une extrême droite qui guette la moindre faillite politique pour avancer ses pions, rien ne sera donné. Tout devra être arraché.

  • Vincent Bouget, enfant de Nîmes

    Vincent Bouget, enfant de Nîmes

    Vincent Bouget aime rappeler qu’il est un « pur produit nîmois ». Dans sa famille, la politique n’est pas une carrière mais une tradition. Ses parents, Nathalie et Michel, militants communistes, se rencontrent au Prolé, lieu emblématique de la gauche nîmoise. L’engagement fait partie du décor. L’histoire familiale remonte même plus loin. Sa grand-mère Betty participe à la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale en faisant passer des messages entre militants. Son grand-père, lui, porte les couleurs du Nîmes Olympique. Deux héritages qui marquent durablement le futur candidat.

    Dans cette famille où l’on parle politique, solidarité et sport populaire, Vincent Bouget grandit au rythme des matchs de football, des corridas et des discussions militantes. Le football occupe très tôt une place particulière dans sa vie. Il joue au ballon au sein du Sporting Club de Castanet pendant des années, du primaire jusqu’au lycée. Mais surtout, il grandit dans l’ambiance du stade. « Le Nîmes Olympique, c’est beaucoup de souvenirs. Des moments qu’on attend en famille, entre amis, depuis tout petit », raconte-t-il. Il se souvient des matchs aux Costières avec son père, des soirées passées à écouter les rencontres à la radio ou à suivre les Crocos même lorsqu’il vivait en région parisienne. Pour lui, le club dépasse largement le simple cadre sportif. « C’est un symbole fort de la vie nîmoise. Dans les tribunes, c’est l’un des rares endroits où des gens qui ne se croisent jamais se retrouvent. »

    L’engagement comme fil conducteur

    Élève studieux passé par la prépa littéraire du lycée Daudet de Nîmes, passionné d’histoire, Vincent Bouget se destine un temps au journalisme sportif avant de devenir enseignant. Il commence sa carrière en région parisienne avant de revenir à Nîmes, sa ville.

    C’est à ce moment qu’il s’engage pleinement au PCF, jusqu’à en devenir le secrétaire départemental. Pour lui, être communiste aujourd’hui signifie « suivre un chemin vers l’émancipation des individus, indissociable de l’égalité et de la liberté ». Au conseil municipal puis au Département, il se forge une image d’élu calme et méthodique, davantage porté sur la discussion que sur l’affrontement.

    Au-delà de la campagne électorale, Vincent Bouget parle souvent de Nîmes comme d’un projet collectif. Une ville populaire, traversée d’inégalités mais riche de cultures et de solidarités. Entre les souvenirs des Jardins de la Fontaine, les matchs des Crocos ou les discussions au Prolé, son histoire personnelle se confond largement avec celle de la ville. C’est sans doute ce mélange de racines familiales, de passion de l’échange et de convictions politiques qui explique sa trajectoire : celle d’un Nîmois convaincu que la politique locale peut encore changer la vie quotidienne.

  • Le Gard, un scrutin scruté au national

    Le Gard, un scrutin scruté au national

    C’est un grand mouvement de bascule que pourrait opérer le Gard avec ces élections municipales des 15 et 22 mars. D’abord parce que la capitale du département pourrait revenir à gauche. C’est en tout cas la tendance confirmée par tous les sondages. La personnalité de Vincent Bouget (PCF), sa démarche d’écoute de la population et les nombreux soutiens de poids reçus lui ont permis d’engranger une réelle dynamique. « L’élection à Nîmes est scrutée au niveau national », annonçait la députée européenne socialiste Chloé Ridel il y a quelques semaines. Effectivement, le basculement de Nîmes serait un petit séisme. D’abord parce que la ville, gérée depuis plus de vingt ans par Jean-Paul Fournier, est la dernière cité de plus de 150 000 habitants dirigée par Les Républicains en France. Ensuite, parce que Vincent Bouget pourrait à l’inverse permettre au PCF de conquérir à nouveau une ville de cette ampleur. il pourrait aussi l’emporter au Havre, ville de 166 000 habitants où le député Jean-Paul Lecoq est donné au coude à coude avec Édouard Philippe, le maire sortant.

    Rivenq impopulaire à Alès

    À Alès, la donne semble plus difficile pour la gauche. D’abord parce que la droite municipale reste unie après que Max Roustan a laissé le fauteuil de maire à Christophe Rivenq il y a un peu plus d’un an. La gauche avance aussi divisée avec une liste PCF-LFI et une liste PS-Écologistes, qui ne permet pas d’avoir la même dynamique qu’à Nîmes. Mais l’impopularité de Christophe Rivenq et l’envie de renouvellement rendent le suffrage incertain, là où Max Roustan a été réélu dès le premier tour lors des quatre derniers scrutins…

    Sauf union des droites, une victoire de l’extrême droite dans les deux principales villes du département semble impossible (à Alès, le candidat est quasiment invisible). En réalité, en dehors du bastion Beaucaire et des villes ciblées par les députés (lire page 12), l’extrême droite, qui avait pourtant raflé les six circonscriptions lors des dernières législatives en juin 2024, peine à confirmer son ancrage local. Le parti lepéniste illustre ainsi ses difficultés à monter des listes et à s’appuyer sur des candidats « crédibles ». Face à ce constat, le RN a gangréné de nombreuses listes de droite sans mentionner d’étiquette politique pour entretenir le flou. Une union des droites devenue en somme de moins en moins tabou à l’échelon local, qui prolifère tant en Camargue gardoise que dans le Gard rhodanien.

    Outre les grandes villes, les Cévennes, qui avaient comme le reste du département voté majoritairement à l’extrême droite aux dernières législatives, font tout de même de la résistance pour ces élections municipales. Ainsi, le Parti communiste est seul en lice à La Grand-Combe, Cendras, Domessargues, Le Martinet et conservera donc plusieurs communes. Emmanuel Grieu (Debout!) et l’ancien député Michel Sala (L’Après) resteront aussi aux commandes de leurs petites communes rurales cévenoles. À Anduze, au Vigan, à Barjac ou encore à Saint-Martin-de-Valgalgues, les maires sortants de gauche ont de la concurrence mais ils s’appuient sur un solide bilan avant le scrutin. Partout des listes citoyennes, sans bannière politique mais prônant des valeurs progressistes, ont aussi été montées et se mobilisent contre l’extrême droite.

    À la veille du premier tour, ce dimanche 15 mars, les élections municipales dans le Gard, symbole de la tripartition de la vie politique française, n’ont ainsi jamais été aussi incertaines.

  • Plus de 1200 personnes au meeting de Vincent Bouget et de Nîmes en commun

    Plus de 1200 personnes au meeting de Vincent Bouget et de Nîmes en commun

    Un meeting historique : plus de 1200 personnes étaient présentes, dimanche 8 mars, à la Halle des Sports, pour le grand meeting de campagne de Nîmes en commun et de sa tête de liste Vincent Bouget (PCF).

    Amal Couvreur, Pierre Jaumain, Julien Pacioni et Soukaïna Benjaffar ont précédé Vincent Bouget sur scène, pour défendre le droit des femmes, soutenir les associations, les habitants des quartiers populaires, s’engager pour la création d’emploi, l’accès aux soins, promouvoir l’action environnementale, «mais une écologie humaine qui ne laisse personne au bord du chemin». Enfin, la lutte contre la montée de l’extrême droite a traversé toutes les prises de parole, dénonçant «leur stratégie de des boucs émissaires sans jamais apporter de solutions concrètes».

    Le public a fait une ovation lorsque Amal Couvreur a rendu hommage aux Nîmoises. « Parce que je crois profondément à l’écoute, parce que je pense que l’engagement politique commence d’abord par l’attention que l’on porte aux autres, par la capacité à entendre les attentes, les inquiétudes, les espoirs. Mais il est des moments où il faut aussi prendre la parole. Des moments où il faut dire ce que l’on croit juste. Des moments où il faut affirmer une vision pour notre ville. Et des moments où il faut se lever pour défendre ce qui nous rassemble. Et aujourd’hui, nous sommes le 8 mars, et soyons claires, nous sommes féministes. Nous le sommes parce que nous refusons les inégalités, nous refusons les violences, nous refusons l’assignation à résidence. Je voudrais rendre hommage à nos mères, nos grands-mères, nos filles et nos petites-filles. A celles que l’on voit et celles que l’on ne voit pas. »

    En conclusion du meeting, Vincent Bouget a rappelé le chemin parcouru depuis 18 mois, avec l’équipe de Nîmes en commun : « nous sommes allés à la rencontre des Nîmoises et Nîmois : nous avons écouté et nous avons beaucoup travaillé à partir de ce que vous nous avez dit. Je crois que nous vous avons entendu…Partout vous nous avez dit la même chose : Oui, les Nîmoises et les Nîmois aiment leur ville, profondément. Mais oui aussi, ils veulent que les choses changent. Et bien je vous le dis : les choses vont changer ! Ensemble nous allons réunir notre ville. Ensemble, nous allons investir pour la rafraîchir. Nous allons faire revivre son esprit solidaire, festif et populaire, nous allons la rendre plus sûre, plus dynamique… Ensemble, ces prochaines années, nous allons redonner aux Nîmoises et aux Nîmois des raisons d’être encore plus fiers de notre ville. ».

    Soulignant la richesse intellectuelle et historique de Nîmes, Vincent Bouget a évoqué une période particulièrement marquante du récit récent de Nîmes : la solidarité qui s’est fortement exprimée pendant les inondations de 2008 : « Cette solidarité est toujours là. Dans nos quartiers, dans nos associations, cans nos familles, et dans cette salle ce soir. »

    Enfin, avant un appel à la mobilisation générale jusqu’au 15 et 22 mars, Vincent Bouget s’est attaché à décliner son programme, en 3 axes . Premier engagement : « réunir la ville et mettre fin à la ville à deux vitesses. En redonnant du pouvoir d’achat par la gratuité des transports des jeunes, la mutuelle municipale et l’ouverture d’épiceries solidaires notamment. En nous tenant aux côtés des entreprises pour développer l’emploi. Et aux côtés de ceux qui en sont le plus éloignés pour lever les freins à l’embauche. En ayant la même exigence de propreté, de services publics, d’espaces publics dans tous les quartiers.»

    Deuxième engagement : « accompagner chaque jeune, pas un jeune sans écoute, pas un jeune sans solution. En investissant dans les écoles, pour des conditions d’enseignement optimales, même au début de l’été. En faisant de Nîmes une vraie ville étudiante. En facilitant financièrement l’accès au sport, à la culture, aux transports, véritables leviers d’émancipation. En créant un réseau de réussite pour accompagner les jeunes dans leurs premiers pas vers l’emploi : des stages jusqu’à l’entrée dans leurs premiers jobs.»

    Troisième engagement : «rendre le pouvoir aux habitants, fini la gestion clanique ! Nous changerons profondément la méthode, comme nous le faisons depuis 18 mois ; nous redonnerons le pouvoir aux Nîmoises et aux Nîmois. Nous les associerons aux choix qui les concernent. Les comités de quartier seront soutenus, par une écoute active, et une association pleine et entière aux projets de chaque quartier de la ville. Nous mettrons en place des budgets participatifs pour que la voix des Nîmois, leurs aspirations, se concrétisent en réalisations.»