Tag: Var

  • Dans le Var, la CGT Propreté dénonce la répression syndicale

    Dans le Var, la CGT Propreté dénonce la répression syndicale

    Depuis mars, quatre militantes CGT du secteur de la propreté ont été convoquées par les forces de l’ordre. La première, déléguée syndicale de l’entreprise Atalian, qui avait déposé une plainte contre une cheffe d’équipe, a été visée par une accusation de « harcèlement » envers l’encadrement de son entreprise. « La plainte a été classée sans suite, confirmant son caractère infondé », pointe la CGT de la propreté et des services associés du Var.

    « Criminaliser l’action syndicale »

    Les trois autres, salariées de la société Sud Service, ont été convoquées les 24, 25 et 31 mars, suite au dépôt de plainte de leur cheffe d’équipe. Elles avaient obtenu le retrait de cette dernière du site de la CAF, où elles travaillent, suite à des accusations de harcèlement. En ce qui les concerne, « le commissariat n’avait jamais voulu prendre leur plainte », dénonce Sébastien Bois, secrétaire général de la CGT Propreté Var, qui voit en « ces procédures, [qui] devraient aussi être classées sans suite », « une façon de criminaliser l’action syndicale. Le patronat cherche à masquer ses pratiques : management toxique, dégradation des conditions de travail… ». Lui aussi est engagé dans une procédure contre son employeur, GSF Jupiter, pour harcèlement en raison, selon lui, de ses activités syndicales.

    « On fait un métier très compliqué, avec de mauvais horaires de travail et du temps partiel subi », appuie Sébastien Bois, qui rappelle « le racisme systémique subi par les 80% de femmes issues de l’immigration que représente notre corps de métier. On ne se laissera pas faire ». Les dossiers sont entre les mains de l’avocat du syndicat, et une action de terrain pourrait également voir le jour.

  • Dans les yeux des minots du Secours populaire

    Dans les yeux des minots du Secours populaire

    Dans le cadre du Printemps des solidarités, la fédération varoise du Secours populaire avait invité mercredi après-midi les enfants dans le Parc des oiseaux, au Pont du Las à Toulon, pour une très motivante chasse aux œufs. « Cette période est importante pour rappeler que, pour nous, la solidarité n’a pas de frontières », commence Olivier Masini, le secrétaire départemental.

    Et d’expliquer les multiples projets montés, notamment « pour répondre aux nombreuses urgences dans plus de 60 pays, avec des partenaires locaux ». Olivier Masini insiste sur le fait que le Secours populaire n’exporte pas la solidarité mais s’appuie sur place sur un maillage associatif déjà existant et avec lequel il travaille parfois depuis 30 ou 40 ans, selon les pays. « On a à peu près 200 partenaires et 250 projets qui sont suivis », ajoute-t-il.

    Et de poursuivre : « Aujourd’hui, on veut mettre l’accent sur la situation que nous connaissons, avec des enjeux majeurs, comme la question des urgences climatiques, environnementales, qui se multiplient, quels que soient les continents, et en France aussi, on l’a bien vu, avec l’augmentation des phénomènes d’inondations, parfois meurtrières, d’ailleurs. » Mais aussi pour faire face aux conséquences des conflits armés qui se multiplient à travers le monde. Et qui s’intensifient.

    Le responsable associatif rappelle l’implication du SPF il y a trois ans, avec l’Ukraine, pour aider sur place, à la frontière, les personnes qui quittaient leur pays. Mais aussi, après, dans l’accueil des familles : « Dans le Var, en 2024, on suivait à peu près 400 familles ukrainiennes, ce qui est énorme. » Et aujourd’hui, avec la situation au Proche-Orient catastrophique, notamment au Liban, pas question de baisser les bras.

    « On n’oublie pas bien entendu la Palestine, parce que là, maintenant, on a l’impression que c’est réglé et qu’on peut passer à autre chose alors que la situation est dramatique pour les populations », insiste-t-il. Ni, bien sûr, « les amis de Cuba qui subissent un blocus qui ne date pas d’hier mais qui s’intensifie là aussi ». Pour faire face aux problématiques d’énergie, explique-t-il, le Secours populaire a lancé une opération visant à acheter 1 000 kits de panneaux solaires afin d’aider les familles sur place.

    La solidarité en partage

    Pendant la conférence de presse les minots des familles accueillies apprennent avec les autres à se connaître pour mener ensemble leur quête de l’après-midi.

    En les regardant passer devant le stand, Olivier reprend : « Ce qui est important, dans le climat dans lequel nous vivons aujourd’hui, c’est de montrer que la différence de culture est une véritable richesse. C’est important dans un monde où on voit, malheureusement, les situations de racisme, d’antisémitisme, de xénophobie monter en flèche. »

    Et de poursuivre : « On est là pour construire des ponts, pour communiquer. » Une culture à l’opposé, cela dit en passant, des valeurs portées par l’extrême droite qui propose, au contraire, de bâtir des murs et le repli sur soi.

    Au sujet des programmes de développement suivis par la fédération varoise, le secrétaire départemental met également en avant la construction d’une maison des femmes, au Népal, pour la défense de leurs droits. Mais aussi des forages de puits, dans le sud de Madagascar pour faire face aux sécheresses de plus en plus graves chaque année.

    Un Secours populaire on le voit sur tous les fronts pour faire vire la solidarité ici, où la pauvreté continue de gagner du terrain, comme à l’international où la guerre et les catastrophes font des ravages, parce « le combat est le même », insiste Olivier Masini.

    Et pour pouvoir continuer de construire et d’élargir cette solidarité sans frontière, le Secours populaire a bien conscience que le meilleur vecteur c’est les enfants. « Ils sont les citoyens de demain », réaffirme le militant. D’où le travail réalisé sur l’accès aux droits pour que tous puissent exprimer demain leur pleine citoyenneté.

    Pour l’heure tout le monde goûte le plaisir d’être ensemble, dans le partage.

  • L’œnotourisme, une priorité pour les Vignerons Indépendants

    L’œnotourisme, une priorité pour les Vignerons Indépendants

    Pour son assemblée générale, la Fédération des Vignerons indépendants Var Alpes Corse avait l’embarras du choix parmi les sublimes domaines viticoles qui jalonnent ses départements d’appartenance (Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes, Corse-du-Sud, Haute-Corse et Var). Elle a choisi celui de Bunan, jonché dans les premières pentes de la Sainte-Baume, à la Cadière-d’Azur.

    Créée en 1979 au niveau national, la Fédération accompagne au quotidien ses 7 000 vignerons-adhérents dans la défense de leur métier, en tant qu’organisation syndicale, s’appuyant à cet égard sur 33 fédérations départementales, et fait remonter leurs demandes au niveau national. Elle contribue à améliorer les compétences des vignerons dans tous les aspects de leur activité à travers de nombreux services : conseils, notamment juridiques, conditions d’achats privilégiées, formations, informations… Elle constitue un relais entre l’adhérent et la Confédération nationale, les douanes, les fraudes, la Chambre d’Agriculture, l’interprofession, les Organismes de défense et de gestion (ODG), et de manière générale tous les organismes professionnels agricoles et institutions publiques.

    À l’heure de dresser le bilan 2025, un petit contraste apparaît de prime abord : malgré un chiffre d’affaires en hausse (+8,3%, de 625 000 à 677 000 euros), la Fédération des Vignerons indépendants Var Alpes Corse enregistre un déficit de 73 000 euros. « Il était budgété », rassure son trésorier Pierre Boyer, qui avance une trésorerie de plus de 400 000 euros et des capitaux dépassant les 1,1 million d’euros.

    Entre communication

    et simplification

    En cause : l’augmentation du budget communication (+78 000 euros). « La communication devient importante par la force des choses. Exister ne suffit pas, il faut le faire savoir », martèle Ludovic Walbaum, secrétaire général de la Fédération des Vignerons indépendants de France, qui avait fait le déplacement. Cela passe par le développement des packagings, mais surtout, de l’œnotourisme, « un aspect économique important », alors qu’il « paraissait inconcevable de faire payer les visites de nos exploitations il y a quelques années », soutient Ludovic Walbaum. Dans cette optique, la Fédération locale a lancé la plateforme « Passez au domaine », une sorte d’appli de rencontres avec les domaines viticoles, basé sur un faux questionnaire de personnalité, qui fonctionne en réalité par géolocalisation pour drainer de potentiels clients chez le vigneron le plus proche d’eux. Celle-ci recense plus de 3 000 visites depuis son lancement l’été dernier.

    Autre cheval de bataille pour l’œnotourisme : la simplification. « Nous vivons une crise profonde marquée par des charges toujours plus lourdes », déplore Nathalie Roubaud, présidente des Vignerons indépendants Var Alpes Corse. « Et il n’y a toujours pas d’assouplissement des règles, ni de clarification fiscale. » Un certain nombre de freins sont relevés : règles d’urbanisme inadaptées, cadre fiscal, délais de traitement… Des obstacles que la mission interministérielle sur l’agritourisme, à laquelle a participé la Fédération, et dont le rapport a été déposé fin mars, doit participer à assouplir, bien qu’aucune mesure n’ait encore vu le jour. « Mais désormais, les mondes de l’agriculture et du tourisme se parlent », positive Ludovic Walbaum. Toujours dans une visée de simplification, ce dernier milite pour la création d’un guichet unique européen des droits d’accises (impôts indirects frappant certains produits, dont le vin), pour faciliter la vente aux particuliers européens, qui demeure bien souvent un casse-tête fiscal.

  • Des régates sous le signe de la Marine nationale

    Des régates sous le signe de la Marine nationale

    Un quadruple centenaire, quatre jours de découvertes et des compétitions de haut niveau : c’est ce que promet la 3e édition des Toulon Provence Regatta, qui se tiendront du 7 au 10 mai dans la Rade de Toulon. Un événement labellisé « 400 ans de la Marine nationale », au cours duquel « La Royale » sera largement célébrée à travers une programmation mêlant compétition, innovation et tradition. « Ce n’est pas un hasard que la Marine soit partenaire », justifie l’amiral Christophe Lucas, préfet maritime de la Méditerranée. « Nous avons un ADN commun : la mer, Toulon et sa rade magnifique, et l’esprit d’équipage. Ces 400 ans sont l’occasion de rencontrer les Français, et de rappeler que depuis 400 ans, la Marine nous protège. »

    Pour l’occasion, le patrimoine maritime mondial sera mis à l’honneur avec la présence de navires qui ont fait et font l’histoire de l’institution, et de la navigation en général : des bateaux de travail, dont certains dits « Bateaux d’intérêt patrimonial » (BIP), comme les pointus (qui défileront du Mourillon au Port le 9 mai) seront présentés. La Marine sera également présente avec une Vedette de soutien plongée (VSP). Une exposition lui sera dédiée du 30 avril au 27 mai sur le carré du port, et une soirée de gala se tiendra au Musée de la Marine le 7 mai.

    Niveau compétition, plusieurs régates et circuits côtiers sont au programme du 8 au 10 mai, dans la Rade des Vignettes : voiliers classiques, tels que le Phœnix, le Baruna of 1938 ou le JLd’A ; voiliers de classe 8 mJI, mais aussi 12 mJI, utilisés dans les plus hauts niveaux de compétition internationale, des Jeux Olympiques (1908-1920) à la Coupe de l’America (1958-1987), et des voiliers 2.4 mR.

    La « Destinus AI Regatta », première mondiale

    Il sera par ailleurs possible de visiter chacun des bateaux (gratuitement, sur réservation en ligne), chaque jour entre 17h30 et 18h30. « Nous sommes les seuls au monde à proposer cela pendant les régates », se félicite Xavier Caux, président de Twelve Med Events, structure qui organise les Toulon Provence Regatta en collaboration avec le Club de la Marine de Toulon.

    Autre exclusivité mondiale : l’organisation des régates « Destinus AI Regatta », qui mettront aux prises, le 9 mai, une vingtaine de voiliers autonomes entièrement contrôlés par intelligence artificielle, développés par des étudiants d’écoles d’ingénieurs. « Ce sera un show d’1h30 retransmis sur internet », détaille Xavier Caux. « L’objectif sera aussi d’attirer des étrangers pour l’année prochaine et que ça prenne de l’ampleur. » Cela, « sous le patronage de la DGA, qui est aussi preneuse d’innovation ».

    Programme sur toulonprovenceregatta.fr

  • Le Toulon Futsal Métropole à la rencontre des jeunes des quartiers

    Le Toulon Futsal Métropole à la rencontre des jeunes des quartiers

    Des terrains de foot au Palais des sports. Mardi, une quarantaine de jeunes footballeurs ont participé à une initiation au futsal, initiative conjointe du Département, du Toulon Métropole Futsal (TFM, D1 Futsal) et de l’AS la Beaucaire dans le cadre d’une mission d’intérêt général. Une occasion pour eux de (re)découvrir ce proche parent du football aux côtés de joueurs de haut niveau, dans la prestigieuse enceinte qu’ils partagent avec le Hyères Toulon Var Basket.

    Pour le TFM, c’est aussi une opportunité de « promouvoir le futsal et le club », explique son chargé de développement Kaïs Dridi. « L’intérêt est de faire découvrir les valeurs du sport, s’intéresser à d’autres disciplines, et développer la cohésion d’équipe, la confiance et de nouvelles compétences. »

    Romain Bouvier, président de l’AS la Beaucaire, y voit aussi « l’occasion de les faire sortir du quartier. Une dizaine d’enfants ne connaissaient pas le TMF. Quand on parle de Toulon on parle rugby. On a une équipe pro en futsal, autant en profiter. Ils découvrent une autre discipline, une autre manière de travailler, avec des joueurs plus expérimentés que nous. »

  • Une orientation budgétaire très politique et contestée à La Seyne

    Une orientation budgétaire très politique et contestée à La Seyne

    Le débat d’orientation budgétaire à l’ordre du jour de cette séance publique a permis un décryptage politique en règle par la gauche du cap pris par la nouvelle majorité RN. Et ce même si l’adjointe aux finances, Isabelle Delyon, a tenu en préambule à désamorcer les critiques, en avouant que c’était davantage « un budget de transition » que « de rupture » construit dans l’urgence et dans un grand climat d’incertitude. Mais qu’on pouvait y lire néanmoins « les premières inflexions ». Et d’insister sur l’environnement géopolitique international particulièrement tendu, l’augmentation du prix des matières premières, l’inflation… Bref, c’est pas terrible mais ce n’est pas de notre faute.

    La conseillère municipale d’opposition du groupe Alternative progressiste, Brigitte Cheinet (PCF) a qualifié ce qui se dessine de politique « d’austérité, sécuritaire plus que de véritable projet pour la ville ».

    Et de pointer clairement les responsabilités. Gouvernemen-tales pour commencer, avec des dotations de l’État en baisse continuelle. L’occasion de rappeler la complicité du RN à l’Assemblée nationale sur ce sujet avec « l’ensemble de l’hémicycle de la droite au RN validant une perte de 5 milliards pour les collectivités [en janvier] ». Et de poursuivre : « Aujourd’hui, à la réponse au besoin de la population, vous proposez moins de services publics en parlant de rationalisation de la masse salariale et en ne remplaçant pas les départs à la retraite des titulaires. »

    Pour Brigitte Cheinet ce budget reflète « une vision à court terme » qui fait l’impasse sur des projets structurants comme celui de la piscine, équipement dont la 2e ville du Var ne dispose pas, ou la construction du tant attendu groupe scolaire Verne-Mabily.

    Peu d’ambition

    Le maire RN Dorian Munoz a nié en bloc accusant même la gauche de mentir, en revendiquant une augmentation du budget consacré à l’école pour la rénovation des établissements dont certains sont dans un piteux état. Et de poursuivre : « Ce n’est pas totalement notre budget […] Un budget en 15 jours c’est impossible […] J’hérite d’une situation. »

    Le premier magistrat dira plus tard partager les constats de l’opposition sur la situation. Et de lâcher : « Depuis que je suis élu j’en découvre des choses ! Sauf de l’argent ! »

    Le chef de file de l’opposition de gauche Stéphane Sacco (GRS), évoque « un budget de repli, davantage guidé par la rigueur comptable que par une véritable ambition pour la ville et pour ses habitants ».

    Pour l’élu le contexte contraint ne suffit pas à expliquer « les choix peu ambitieux » opérés.

    Sur « la rationalisation des subventions » évoquée par la majorité d’extrême droite, Stéphane Sacco met en garde sur les conséquences concrètes sur le tissu associatif et sur « l’affaiblissement de la richesse humaine et sociale de notre territoire ».

    Le conseiller municipal conclut : « Ce budget est insuffisamment tourné vers l’avenir. Il gère plus qu’il ne transforme. Il organise la contrainte plus qu’il ne prépare le développement de demain. » La gauche s’est donc abstenue.

    Le maire a pour sa part affirmé ne pas réduire les subventions aux associations.

    Dont acte.

  • Une orientation budgétaire très politique et contestée à La Seyne

    Une orientation budgétaire très politique et contestée à La Seyne

    Le débat d’orientation budgétaire à l’ordre du jour de cette séance publique a permis un décryptage politique en règle par la gauche du cap pris par la nouvelle majorité RN. Et ce même si l’adjointe aux finances, Isabelle Delyon, a tenu en préambule à désamorcer les critiques, en avouant que c’était davantage « un budget de transition » que « de rupture » construit dans l’urgence et dans un grand climat d’incertitude. Mais qu’on pouvait y lire néanmoins « les premières inflexions ». Et d’insister sur l’environnement géopolitique international particulièrement tendu, l’augmentation du prix des matières premières, l’inflation… Bref, c’est pas terrible mais ce n’est pas de notre faute.

    La conseillère municipale d’opposition du groupe Alternative progressiste, Brigitte Cheinet (PCF) a qualifié ce qui se dessine de politique « d’austérité, sécuritaire plus que de véritable projet pour la ville ».

    Et de pointer clairement les responsabilités. Gouvernemen-tales pour commencer, avec des dotations de l’État en baisse continuelle. L’occasion de rappeler la complicité du RN à l’Assemblée nationale sur ce sujet avec « l’ensemble de l’hémicycle de la droite au RN validant une perte de 5 milliards pour les collectivités [en janvier] ». Et de poursuivre : « Aujourd’hui, à la réponse au besoin de la population, vous proposez moins de services publics en parlant de rationalisation de la masse salariale et en ne remplaçant pas les départs à la retraite des titulaires. »

    Pour Brigitte Cheinet ce budget reflète « une vision à court terme » qui fait l’impasse sur des projets structurants comme celui de la piscine, équipement dont la 2e ville du Var ne dispose pas, ou la construction du tant attendu groupe scolaire Verne-Mabily.

    Peu d’ambition

    Le maire RN Dorian Munoz a nié en bloc accusant même la gauche de mentir, en revendiquant une augmentation du budget consacré à l’école pour la rénovation des établissements dont certains sont dans un piteux état. Et de poursuivre : « Ce n’est pas totalement notre budget […] Un budget en 15 jours c’est impossible […] J’hérite d’une situation. »

    Le premier magistrat dira plus tard partager les constats de l’opposition sur la situation. Et de lâcher : « Depuis que je suis élu j’en découvre des choses ! Sauf de l’argent ! »

    Le chef de file de l’opposition de gauche Stéphane Sacco (GRS), évoque « un budget de repli, davantage guidé par la rigueur comptable que par une véritable ambition pour la ville et pour ses habitants ».

    Pour l’élu le contexte contraint ne suffit pas à expliquer « les choix peu ambitieux » opérés.

    Sur « la rationalisation des subventions » évoquée par la majorité d’extrême droite, Stéphane Sacco met en garde sur les conséquences concrètes sur le tissu associatif et sur « l’affaiblissement de la richesse humaine et sociale de notre territoire ».

    Le conseiller municipal conclut : « Ce budget est insuffisamment tourné vers l’avenir. Il gère plus qu’il ne transforme. Il organise la contrainte plus qu’il ne prépare le développement de demain. » La gauche s’est donc abstenue.

    Le maire a pour sa part affirmé ne pas réduire les subventions aux associations.

    Dont acte.

  • L’amande comme futur modèle du « made in France »

    L’amande comme futur modèle du « made in France »

    On la consomme bien souvent espagnole ou californienne. L’amande, fleuron provençal jusqu’au sortir de la Seconde Guerre mondiale (12 000 hectares), est désormais bien loin de son lustre d’antan. Avec seulement 2 200 hectares cultivés sur l’ensemble du territoire français, la production nationale, qui ne représente qu’environ 2% des amandes consommées en France, atteint péniblement les 600 tonnes.

    Un constat qui a mené à l’émergence de la Compagnie des amandes. Créée en 2018, elle s’est rapidement imposée comme le leader de la production française. Derrière la société, une figure du « made in France », en la personne d’Arnaud Montebourg. L’ancien ministre de l’Économie et du Redressement productif (2012-2014) en est l’un des cofondateurs, et était présent lundi, à Brignoles, pour l’inauguration de la Casserie d’amandes. En marche depuis l’automne dernier dans un hangar de plus de 1 800 m² dans la zone industrielle de Nicopolis, elle permet, à l’heure actuelle, de produire 1,25 tonne d’amandes par jour. Un rendement qui sera doublé cet été grâce à une deuxième ligne de production.

    Un outil nécessaire à la viabilité de la « relocalisation » souhaitée par Arnaud Montebourg, qui assure aussi la commercialisation des produits. La compagnie travaille ainsi avec huit producteurs associés (sur 230 hectares) sur sa propre production, mais aussi avec des producteurs indépendants (notamment dans le Vaucluse, l’Ardèche, la Drôme et les Bouches-du-Rhône), dont la production représente 65% des amandes cassées à Brignoles depuis l’automne, pour un chiffre d’affaires prévisionnel de 3 millions d’euros. Ce qui fait dire à l’ancien ministre que « cet outil n’est pas uniquement le nôtre, c’est celui de la filière ». Il n’y a toutefois aucun producteur varois, où la culture reste très marginale. « On aimerait aborder ce sujet avec la compagnie, en vertu de notre plan de diversification des cultures méditerranéennes, mais ça n’a pas encore été fait », déplore Sylvain Audemard, président de la Chambre d’agriculture du Var.

    La Chambre d’agriculture veut des prix justes

    L’usine, qui représente 2,5 millions d’euros d’investissement, vise donc à fédérer la production à une échelle supérieure à celles déjà existantes en France, à travers « une stratégie collective qui consiste à investir et promouvoir des services et outils, pour développer l’ensemble d’une filière », explique Arnaud Montebourg. Et celle-ci porte ses fruits, puisque la production d’amandes françaises est passée de 650 tonnes à 1 800 aujourd’hui, avec l’objectif d’arriver à 3 500 d’ici 5 ans (sur les 51 000 consommées chaque année dans l’Hexagone).

    S’il paraît illusoire d’éliminer les imports, l’amande incarne un exemple dans la poursuite des objectifs de souveraineté alimentaire du ministère de l’Agriculture à l’horizon 2036, élevée au rang d’intérêt général majeur. La Compagnie des Amandes a ainsi été sollicitée pour exporter ses méthodes à d’autres filières, Arnaud Montebourg, chargé d’écrire une partie des plans de souveraineté des productions végétales spécialisées, en tête. Il rend visite, à ce titre, à des horticulteurs hyérois ce mardi.

    Une usine de transformation de pistaches verra aussi le jour à Brignoles d’ici la fin de l’année. Et pour parvenir à faire rayonner ces filières de relocalisation, le nerf de la guerre demeure le prix. L’ancien député socialiste promet « des prix espagnols », et met en avant les nombreux accords ficelés avec la grande distribution. Mais dans les faits, la réalité est quelque peu différente : « Peut-être que la grande distribution joue le jeu car elle se trouve face à un ancien ministre, mais les relations avec les producteurs ne se passent pas très bien en général », contraste Sylvain Audemard, qui espère « qu’avec la loi d’urgence pour le monde agricole, la loi Egalim soit un peu réformée, pour une contractualisation à long terme avec la grande distribution et des prix en phase. »

  • Un fort vent réactionnaire souffle sur la métropole

    Un fort vent réactionnaire souffle sur la métropole

    Une petite musique inquiétante se fait entendre depuis quelques semaines dans la métropole toulonnaise faite de renoncements et de déprogrammations de pièces de théâtre, d’expositions ou simplement d’initiatives visant à lutter contre toutes les discriminations. La première est venue de La Seyne mais n’est même pas du fait de la nouvelle majorité RN de la ville. Pas directement, du moins. Ici, c’est une soirée citoyenne qui devait se dérouler le 26 mars au centre social et culturel Mandela qui a tout bonnement été annulée. La représentation d’une œuvre du Théâtre de l’Utopie, D’où tu viens toi ?, démontant les stéréotypes et les discours racistes décomplexés du quotidien devait y être jouée. Une initiative portée par les militants varois du mouvement altermondialiste Attac. Rien de bien subversif donc. La décision a été prise par la structure associative craignant de s’attirer les foudres de la nouvelle équipe de la municipalité d’extrême droite – comme cela est déjà arrivé ailleurs, à Fréjus par exemple avec le retrait de subventions au centre social les Tournesols, en 2014, avec une régulation culturelle opérée par l’asphyxie. Une première autocensure dans l’ex-Cité des Chantiers qui depuis s’en est suivie de deux autres. La dernière décision concernant un événement portant sur la lutte contre l’homophobie. Avec, là encore, des intervenants qui devaient se produire à Mandela prévenus que la rencontre n’aurait finalement pas lieu. « Il n’y a pas de pression établie, mais plutôt un climat politique incitant à la prudence avant même que ne tombe une interdiction formelle », souligne Guy Calmès du mouvement l’Après.

    Toulon sauve l’honneur

    Plus étonnant encore, l’annulation d’une expo photos à La Garde cette fois, où là le RN n’est pas parvenu à prendre la ville, mais peut-être déjà un peu les esprits. L’artiste montpelliérain Romain Berger devait présenter son travail à la fin du mois à la Galerie G. Trop queer ? Trop osé ? La Ville explique cette déprogrammation par le fait que ça ne correspondrait pas au public familial du lieu…

    Pas du tout convaincu par cet argument, le Collectif Fiertés Toulon (CFT) déplore de son côté « une multiplication inquiétante d’annulations et d’interdictions d’événements LGBTQIA+ dans plusieurs communes du Var, dirigées par des courants conservateurs ou voulant en préserver l’électorat, comme à La Garde ».

    Pas question en tout cas de laisser bafouer ou même réduire « la liberté de création et d’expression qui ne peut être conditionnée à des choix politiques locaux ni à des considérations idéologiques ».

    « Rien ne justifie d’imposer des formes de pression, de censure ou de restriction qui ne correspondent ni à la réalité vécue, ni aux attentes de la population », martèle Elsa Nardini pour le collectif. Le CFT propose à tous ces artistes et militants éconduits par la petitesse d’esprit des élus de les recevoir à Toulon, où on garde l’esprit ouvert, pendant la Quinzaine des Fiertés créée justement pour lutter contre l’invisibilisation et soutenir la diversité des expressions culturelles et offrir des espaces où la création peut exister librement. « Nous sommes actuellement en discussion avec Romain Berger afin d’accueillir son exposition et ne pas laisser l’obscurantisme s’installer dans notre département », conclut Elsa Nardini.

  • Des espèces exotiques sous haute surveillance

    Des espèces exotiques sous haute surveillance

    Frelon asiatique à pattes jaunes, fourmi électrique, crabe bleu et cochenille tortue du pin. Réuni pour une deuxième session la semaine dernière, le comité départemental consacré à la lutte contre les espèces exotiques envahissantes a fait le point sur le suivi de développement de ces quatre bestioles qui prolifèrent dans le Var et font donc l’objet d’une attention particulière.

    Après une première réunion en février pour évaluer l’étendue des dégâts pour élaborer un premier diagnostic et présenter les dispositifs mis en place, il s’agit cette fois-ci de voir leur efficacité, d’identifier de nouvelles actions à mener dans les prochaines semaines mais surtout d’informer le public sur les gestes réflexes à adopter si jamais il était confronté à ces espèces. De véritables fléaux quand elles sont identifiées parmi les cinq causes majeures de l’érosion de la biodiversité sur un territoire qui concentre 50% des espèces de métropole dont 61% végétales et 83% des oiseaux nicheurs.

    Concrètement, une série de fiches a été établie à l’attention des habitants, des professionnels et des touristes dans le cadre d’une action de communication qui a démarré dès le début de ce printemps. Où l’on apprend que les stratégies de lutte sont très diverses, entre éradication et contention quand l’espèce est déjà trop installée.

    Un frelon bien installé

    Sur la fourmi électrique, arrivée d’Amérique du Sud et repérée pour la première fois dans le Var en 2022 à Toulon, des foyers se sont développés sur un peu plus de 7 hectares. Sa piqûre très douloureuse peut entraîner des inflammations sévères voire la cécité chez les animaux domestiques. Seule solution trouvée, l’insecticide même si des produits alternatifs sont à l’étude.

    La cochenille tortue du pin, originaire d’Amérique et introduite par l’homme en Italie, a elle infesté les pins parasols et maritimes du golfe de Saint-Tropez après être passée par Naples et Rome. Tel un vampire, elle suce la sève des arbres jusqu’à les tuer. Pour éviter sa propagation, les pépiniéristes, paysagistes et jardineries ont été sensibilisés, les arbres contaminés dans la nature sont élagués dans un périmètre contraint. Aucun traitement efficace n’a encore été trouvé.

    Plus connu, le frelon asiatique à pattes jaunes, qui a déboulé en France voilà plus de 25 ans est largement installé. Il faut donc vivre avec. Près de 85% de son alimentation étant composée de guêpes, de mouches et d’abeilles dont environ 40% domestiques, « il exerce une pression directe » sur les ruches note le comité départemental, en capturant les ouvrières à l’entrée. Il attaque aussi pour défendre son nid si un humain est à proximité, provoquant des piqûres multiples et des envenimations graves. Pas question de tenter de le détruire par ses propres moyens, prévient le comité, la chose devant être confiée à un professionnel.

    Dans l’eau saumâtre ou salée, on trouve enfin le crabe bleu, omnivore, dont la femelle est capable de pondre jusqu’à 2 millions d’œufs d’un coup. Tout ce petit monde pouvant parcourir jusqu’à 15 km, les équilibres écologiques locaux sont perturbés, le crabe entrant en concurrence avec les espèces autochtones. Outre sa surveillance étroite avec l’implication des pêcheurs et des scientifiques, le comité constate également que le crustacé est savoureux

    Infos sur fredon.fr/paca