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  • Gérard Paquet, créateur de Châteauvallon : « C’était l’aventure humaine qui nous intéressait, pas l’art »

    Gérard Paquet, créateur de Châteauvallon : « C’était l’aventure humaine qui nous intéressait, pas l’art »

    La Marseillaise : Comment et pourquoi vous est venue l’idée
    de créer Châteauvallon ?

    Gérard Paquet : Quand j’avais 18 ans, je faisais la cour à une fille qui s’appelait Monique. Pour se débarrasser de moi, elle m’a présenté Komatis [Henri, architecte qui a créé Châteauvallon avec Paquet, Ndlr]. Il est devenu mon meilleur ami, malgré nos 22 ans d’écart. On rêvait et un jour, on s’est dit qu’on allait faire un truc ensemble. On avait décidé de trouver une belle baraque à retaper, avec une idée très vague. Un jour, une amie de ma mère lui a suggéré de me parler de Châteauvallon. Je suis allé le repérer un samedi matin.

    C’était un bel endroit, mais il n’y avait rien et la bastide était en ruines. Le maire d’Ollioules n’avait jamais voulu la louer. Mais comme il avait été réélu grâce à mon père, il nous l’a louée, à hauteur de 10 francs par an pour 33 ans. On a mis 100 balles (sic) chacun, et on s’est mis au boulot. Komatis était doué de ses mains, moi je ne savais rien faire à part commander, sans ne jamais donner d’ordre. Les choses se sont faites naturellement et on en a fait un lieu culturel. J’ai toujours pensé que j’avais un destin. Châteauvallon a été constitué de plein de hasards, qui ont fait le mien.

    Nous étions alors au cœur
    d’un âge d’or de la culture
    en France, avec la présence au gouvernement d’André Malraux. Cela vous a-t-il été favorable ?

    G.P. : Oui, clairement. J’ai même l’outrecuidance de penser qu’on a été les seuls fidèles à ce qu’il souhaitait, c’est-à-dire une vraie ambition liée à la création. Mais on n’a pas été subventionné par le ministère de la Culture tout de suite car on était un lieu d’initiative personnelle. C’est Guy Brajot, ancien administrateur d’outre-mer, qui avait intégré le ministère de la Culture, qui nous a choisis. Mais ce n’est pas vraiment l’art qui nous intéressait, c’était l’aventure humaine. Avec Henri [Komatis], on n’avait pas de discussion à ce sujet. La seule qui en était passionnée c’était Simone, sa femme.

    En 1995, le FN arrive à Toulon. Vous refusez ses subventions
    et, en fin de compte, vous êtes licencié et l’association est dissoute. Comment l’avez-vous vécu ?

    G.P. : Dès le lendemain de l’élection, j’ai déclaré que je ne demanderai plus de subvention à la Ville. On ne demande pas d’argent à quelqu’un du Front national, c’était une question de principe. Personne n’était d’accord avec moi. Les gens se sont dit que j’avais combattu le Front national, mais ils n’ont pas compris que refuser de l’argent dans un monde dominé par l’argent, ça a du sens. C’est fondateur de quelque chose. J’ai ensuite continué à diriger le lieu, avant d’en être viré, mais pas par le Front national. Eux étaient contents d’avoir le théâtre sans avoir à donner de l’argent. C’est à cause de Jean-Charles Marchiani, préfet du Var de l’époque [de 1995 à 1997], qui était un immonde salopard (sic), et un ami de Charles Pasqua. Comme il représentait l’État au sein du conseil d’administration et que j’avais refusé l’argent, il a nommé un administrateur judiciaire, alors que pendant un an, j’avais réussi à faire fonctionner le lieu sans subvention. Il avait tous les pouvoirs et il m’a viré.

    La raison, c’est qu’on publiait un programme tous les deux mois. Dans l’ours [page indiquant les personnes ayant pris part à l’élaboration de la programmation, Ndlr], on n’avait pas mentionné l’administrateur judiciaire, ce qui a été considéré comme une faute grave. Le lendemain, après 33 ans de Châteauvallon, j’ai été viré sans un centime d’indemnité. Mais ça m’a sauvé car je n’aurais jamais pu travailler avec le Front national.

    Comment est-ce que cela vous
    a sauvé ?

    G.P. : Catherine Trautmann, qui était alors ministre de la Culture, m’a récupéré. À Châteauvallon, on était les seuls à joindre l’art et la science. Au ministère, on réfléchissait sur celle-ci, car c’est ce qui a changé le monde du XVIIIe au XXe siècle. Trautmann m’a fait écrire une étude sur le rôle que la science pouvait jouer dans l’univers de la culture. Elle était d’accord, mais son cabinet n’a pas voulu de moi. On m’a viré vers la cité des sciences. De là, j’ai fini à la Maison des Métallos [ancien siège de la CGT converti en lieu culturel par la mairie de Paris, que Paquet a participé à ouvrir, en tant que directeur de 2003 à 2009, Ndlr]. Je l’avais d’ailleurs fait visiter à de vieux militants, qui m’avaient fait le plus beau compliment qu’on pouvait me faire, en me disant « on se sent encore chez nous ».

    Votre gestion financière a aussi été remise en cause au moment
    de votre éviction…

    G.P. : J’ai eu à côté de moi une femme qui s’appelait Nicole Jarier [administratrice historique de Châteauvallon, Ndlr]. Elle gérait très bien et elle est arrivée avant que je n’aie le temps de mal gérer. Je me payais très mal, avec Henri, on a eu notre premier salaire de 200 francs en 1971. On a eu un déficit en 1994, qui s’est expliqué par la programmation de West Side Story et Martha Graham, cette même année, durant laquelle le dollar est passé de 4 à 10 francs. On a eu 1 million de francs de déficit, qu’on a remboursé intégralement un an après. Mais il est vrai que je n’aurais jamais été un bon gestionnaire financier. En revanche, j’avais quelqu’un de solide à mes côtés.

    N’avez-vous pas regretté d’avoir été dépossédé de votre œuvre ?

    G.P. : Non, parce que je savais que je ne pouvais pas aller plus loin. J’ai compris une chose assez tard, c’est que qu’on ne peut pas aller au-delà de ce qu’une ville peut porter, peu importe son talent. Et je pense qu’en portant Châteauvallon, on a été à l’extrême limite de ce qu’une ville comme Toulon pouvait faire. En étant parti, j’ai vécu un certain nombre d’aventures, et je ne regrette pas. J’ai pu faire des choses dont je n’ai pas trop à rougir.

    Quel regard portez-vous
    sur l’évolution de la culture
    en France ?

    G.P. : Je ne connais rien à la culture, je n’ai par exemple jamais été au Théâtre Liberté, que j’ai pourtant créé. En revanche, la culture faisait à l’époque partie des deux ou trois préoccupations au cœur de la vie politique française. Ce n’est plus le cas. Ça s’est perdu, on fait beaucoup de choses, il y a des artistes. Mais à l’époque, et c’était sûrement dû à de Gaulle, mais pas que, il y avait une volonté d’État de faire exister la culture dans la vie politique. Je ne sais même pas quoi dire sur son évolution. Ce qui m’intéresse, c’est la vie humaine. Mes livres, ce sont les gens que je rencontre.

    Et sur l’évolution de Châteauvallon ? Est-ce toujours une « utopie réaliste » ?

    G.P. : C’est une chose que j’ai faite par hasard et dont je suis assez fier. Châteauvallon, c’est la culture en rapport avec l’humanité, l’histoire, l’ensemble des choses de la vie, c’est quelque chose de vital. L’art n’est pas suffisant. L’utopie réaliste, c’est un terme que j’avais glissé à Edgar Morin pour les 20 ans de Châteauvallon. Pour moi, le résultat de toutes ces années d’existence reste une utopie réaliste, mais ce que je sais surtout, c’est que j’ai beaucoup d’amitié et de respect pour Charles Berling. Je trouve qu’il travaille trop, mais c’est un homme extrêmement ouvert, honnête, très loyal.

    On va d’ailleurs faire ensemble ma dernière œuvre, intitulée Une pensée pour le Monde. Une réflexion sur la mondialisation, qui existe sans ne jamais avoir été pensée. Elle révèle que les gens se combattent, dans un monde qui est tout sauf une unité. J’aimerais contribuer en développant un narratif sur ce que pourrait être un monde de paix, où les gens se parlent sans s’entretuer. En ce qui me concerne, l’utopie réaliste continue.

    « Avec Berling, on va faire ma dernière œuvre, “Une pensée pour le monde”,
    une réflexion sur
    la mondialisation »

  • RC Toulon : Après neuf mois d’absence, Charles Ollivon va faire son retour face à Pau

    RC Toulon : Après neuf mois d’absence, Charles Ollivon va faire son retour face à Pau

    On aurait parfois presque oublié qu’il faisait encore partie de l’effectif toulonnais, tant sa convalescence a semblé longue. Absent des terrains depuis le 4 janvier et sa rupture du ligament croisé du genou droit contractée face au Racing Metro, à Mayol, le « Grand Charles » voit enfin la lumière au bout du tunnel. Après avoir mangé son pain noir pendant neuf mois – au jour près –, le troisième ligne international aux 46 sélections va retrouver le groupe ce samedi face à Pau. Qui plus est dans un stade qui attend son capitaine (même s’il ne portera pas le brassard) depuis longtemps.

    Mais, le plus pressé reste le principal intéressé, pour qui les fourmis dans les jambes sont devenues des araignées : « Charles est excité, se réjouit Pierre Mignoni. On lui a laissé le temps de revenir. Je suis heureux pour nous, mais surtout pour lui. Quand tu vois des joueurs se blesser en pleine saison, louper les phases finales… Ça a vraiment été dur pour lui, mentalement ce n’est pas facile quand c’est une blessure que tu as déjà connue. »

    « Jouer avec Charles

    est un honneur »

    Un retour qui a nécessité beaucoup de résilience pour l’ancien capitaine des Bleus et qui pourra lui servir pour la suite selon son coach : « Il a gagné en crédibilité, il a bien travaillé. Je pense qu’il va jouer encore plus longtemps, il est frais, en forme. »

    Ce retour sera une arme importante pour le groupe : « Son retour va avoir de l’impact sur les autres. Mais il faut qu’il pense à lui, qu’il retrouve du plaisir, des sensations. Que les joueurs qui sont sur le terrain l’aident à revenir », insiste Pierre Mignoni. Parmi eux, Dany Priso, heureux de voir revenir un joueur majeur : « Ça fait deux semaines qu’il ronge un peu son frein. Il a discuté avec le staff, il se sent à 100%. On connaît ses qualités de leader. On est content. » « C’est un très grand joueur, qui peut jouer à un très haut niveau. Jouer avec Charles est un honneur. Quand il est là, tu as davantage de confiance », se réjouit aussi Ben White.

    L’occasion effacer la déception du week-end dernier sur le terrain de Bayonne : « Il y a un mot qui me revient, c’est regret. On prend un point, on en voulait trois ou quatre de plus. Sur notre dernière action, qui se retourne contre nous, on était en passe de pouvoir mettre ce 3e essai de plus que l’adversaire. Au final, on perd quatre points », regrette Pierre Mignoni, qui veut quand même capitaliser sur « les choses positives. On n’a pas lâché à la mi-temps. Les joueurs ont mis le bleu de chauffe qu’ils n’avaient pas mis sur la première. Ça, je ne l’accepte pas. » Avec le retour d’un de ses meilleurs guerriers, qui débutera sur le banc, gageons que ce RCT ira au combat pendant 80 minutes.

    Toulon – Pau

    5e journée de Top 14

    Samedi 4 octobre, 16h35.

    Stade Mayol, Toulon.

    Arbitre : M. Blasco Baque.

    TOULON : Domon ; R. Rebbadj, Brex, Frisch, Ferté ; Garbisi, Serin ; Abadie, Ludlam, Quéré-Karaba ; Ribbans (cap.), S. Rebbadj ; Priso, Damond, Gros.

    PAU : Luc ; Arfeuil, Klemenczak, Decron, Manu ; Desperes, Souverbie ; Credoz, Tuipulotu, Zegueur ; Picquette, Jo.Kpoku ; Tokolahi, Rey (cap.), Kaulashvili.

    Lucchesi sur la voie du retour, protocole commotion pour Dréan

    Blessé au genou gauche (rupture du ligament croisé antérieur) en avril dernier face aux Saracens en Coupe d’Europe, le talonneur international italien Gianmarco Lucchesi (25 ans) est sur la voie du retour. « Il est plutôt bien dans sa rééducation. Il est actuellement au CERS, et il est en avance. Il peut avoir le feu vert pour reprendre assez rapidement. On peut espérer l’avoir d’ici cinq à six semaines », se réjouit Pierre Mignoni. Concernant Gaël Dréan, sorti sur civière la semaine dernière face à Bayonne après un violent choc au sol, « il suit le protocole commotion classique. Il devrait revenir d’ici 12 jours », annonce le technicien.

    Mignoni sur les mêlées : « Des intros sont sanctionnées à l’excès »

    Pierre Mignoni a également donné son avis sur la gestion des mêlées depuis le début de saison, pour lesquelles les arbitres ont désormais la consigne d’être intransigeants : « Il ne faut pas tomber dans la loi du millimètre près. J’ai vu des introductions sanctionnées, comme d’habitude, à l’excès. Vraiment, tu ne vois pas la différence entre une bonne et une mauvaise intro. Quand c’est trop en travers, il faut prendre. Quand c’est limite, on joue, sinon on ne jouera jamais une mêlée. En ce qui me concerne, je suis plutôt content de mes numéros 9. Qu’ils continuent. »

  • RC Toulon : La Section Paloise, un dauphin à respecter

    RC Toulon : La Section Paloise, un dauphin à respecter

    Avec trois victoires en quatre rencontres, dont un dernier succès probant face au LOU, samedi dernier (40-15), la Section Paloise réalise un début de saison plus que convaincant. Avec 14 points, il n’est devancé par Toulouse qu’à la différence de points.

    Pas une surprise pour Pierre Mignoni : « Pau a un jeu en place depuis des années. C’est une équipe très joueuse, qui aime avoir la possession et joue très bien au rugby. Ils posent énormément de problèmes, car ils dominent les collisions, ils portent beaucoup le ballon. C’est une équipe intelligente. On a prévu des choses, j’espère les voir. » « Ils ont un gros pack, ils ont marqué pas mal d’essais sur ballon porté. Derrière ça court, il y a de la vitesse et beaucoup d’internationaux. C’est une équipe dangereuse partout », prévient Dany Priso

    Privés pour plusieurs mois de leur international français Théo Attissogbe, les Palois pourront compter sur leur meilleur marqueur (3 essais) Reece Hewat… Et sur une vieille connaissance du RCT, Facundo Isa, qui retrouvera Mayol, non sans émotion, quelques mois après l’avoir quitté. « Recroiser Facu, ce sera bizarre. Il est venu nous voir à Bayonne. Ça faisait trois ans que je jouais avec lui. C‘est un ami en dehors, mais pas sur le terrain. On connaît ses qualités, il faudra se mettre en face et bas quand il prendra le ballon, sinon, on risque de se retrouver 15 mètres derrière. On est prêt à l’accueillir comme il faut, le public sera heureux de le revoir aussi », annonce Priso.

  • À Toulon, les profs demandent de meilleures conditions

    À Toulon, les profs demandent de meilleures conditions

    À Toulon, on comptait environ 1 200 personnes jeudi (3 000 selon l’intersyndicale), à 10h30, au départ de la manifestation, devant la Préfecture. Des chiffres en baisse qui ne traduisent pas une diminution de la colère chez les enseignants, malgré, là aussi, une mobilisation moindre (6,42% de grévistes selon le ministère de l’Éducation).

    Pour certains, comme Bernard Conte, militant CGT Éduc’action et enseignant au lycée Janetti, la journée a commencé tôt, avec un mouvement dès 8h devant son établissement à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, suivi par des enseignants, des élèves et l’ensemble du personnel de la vie scolaire, pour « alerter sur nos problématiques locales », explique-t-il. Parmi elles, « le nombre d’élèves par classe, 36 à 37 en Seconde, à cause de l’austérité, qui empêche d’ouvrir des classes et génère des effectifs trop importants ». Et les réponses apportées restent largement insuffisantes : « Ça fait 20 ans que je suis dans le lycée. On touche une prime “effectif pléthorique” seulement depuis l’an dernier. Mais ce n’est pas parce qu’on nous donne trois sous que cela va améliorer la qualité de notre enseignement », fustige-t-il.

    Des retraites et un budget qui font grincer des dents

    Derrière ces demandes insatisfaites, un budget qui ne suit pas : « Tous les problèmes de l’Éducation nationale viennent de Bercy, affirme Dominique Queyroulet, enseignant à Borme-les-Mimosas et secrétaire départemental du Snes-FSU. Entre suppressions de postes et difficultés à recruter, nos conditions se dégradent depuis des années, particulièrement dans l’académie de Nice, une des plus mal classées sur le taux d’encadrement. » Ces problèmes ne concernent d’ailleurs pas que les professeurs, mais « tous les fonctionnaires, qui, dans le budget Bayrou, en grande partie repris par Lecornu, vont payer un lourd tribut en termes de suppression de postes et de protection sociale. Et comme on l’a déjà vu avec le budget 2025, on est largement pénalisé sur les rémunérations lorsqu’on est en arrêt maladie », détaille Bruno Combette, secrétaire départemental adjoint de la Snes-FSU.

    Enfin, la question des retraites ne cesse de crisper : « Un engagement sur une suspension de la réforme est indispensable », martèle Bruno Combette. « J’ai pris deux ans de plus à 55 ans. C’est lourd. Nos parents avaient la retraite à 60 ans. C’est terminé, alors que l’espérance de vie en bonne santé n’est pas bien plus élevée que 64 ans », déplore Bernard Conte.

  • Les syndicats enseignants appellent à l’abandon des sanctions contre les lycéennes de Dumont d’Urville

    Les syndicats enseignants appellent à l’abandon des sanctions contre les lycéennes de Dumont d’Urville

    La manifestation du 18 septembre a réuni plus de 6000 personnes à Toulon. Un mouvement suivi au sein de certains établissements scolaires, comme au Lycée Dumont d’Urville, devant lequel élèves et enseignants se sont retrouvés tôt le matin, « afin d’exiger un autre avenir pour la jeunesse, d’affirmer leur opposition aux idées d’extrême droite et d’appeler à une rupture avec les politiques économiques, sociales et environnementales menées jusqu’ici », souligne l’intersyndicale FNEC-FP-FO – FSU – SUD éducation – CGT Educ’action dans une lettre ouverte.

    Un mouvement achevé en fin de matinée et qui s’est « très bien passé », jusqu’à ce qu’une « étudiante qui préparait sa pancarte [pour la manifestation de l’après-midi] a été interpellée par les forces de l’ordre (en civil et sans brassard) de manière violente, sans explication. […] Refusant cette interpellation arbitraire, elle est traînée au sol et menottée, ainsi que sa camarade qui voulait la protéger, sans savoir qu’il s’agissait des forces de l’ordre », s’indignent les syndicats.

    La première avait été placée en garde à vue pour violences et outrages sur personne dépositaire de l’autorité publique, la seconde pour rébellion. Convoquées début octobre devant le délégué du procureur pour des stages de citoyenneté, ainsi qu’une composition pénale et une obligation d’indemniser un policier pour la première des deux, elles ont reçu le soutien des syndicats qui disent « partager l’indignation face à ces mesures de répression brutale contre des jeunes qui exercent leur liberté d’expression et d’opinion », rappelant « les conditions d’études dégradées » auxquelles sont sujets les élèves du secondaire et du supérieur, dont « plus de 100 000 étaient sans affectation après la première phase d’admission Parcoursup. » Ils fustigent « la volonté de criminaliser les revendications » et exigent « l’abandon de toute répression administrative, judiciaire et d’État ».

    Note

  • Toulon en face d’une muraille avec ce déplacement à Bayonne

    Toulon en face d’une muraille avec ce déplacement à Bayonne

    Deux semaines de repos forcé et une reprise de la compétition, en terres basques. Ce dimanche soir (21h05), le Rugby Club Toulonnais se déplace au stade Jean-Dauger de Bayonne pour la clôture de la 4e journée de Top 14. Quinze jours que les Varois n’ont pas foulé une pelouse du championnat de France. En cause, les intempéries ayant frappé le sud de la France le week-end dernier. Le match OM – PSG a été impacté, celui entre Toulon et La Rochelle aussi. Sergio Parisse, entraîneur de la touche, a dû gérer tant bien que mal cet incident inédit pour lui : « Comme joueur ou comme entraîneur, je n’avais jamais vu ça. On a subi la situation, un peu comme tout le monde. Il y avait beaucoup de confusion. » Si cette rencontre contre les Charentais se déroulera début novembre, celle contre Bayonne arrive vite. Très vite.

    Le revenant Antoine Frisch parle d’un « gros défi » et il a complètement raison. Se déplacer au stade Jean-Dauger est devenu synonyme de défaite à… 100%. En tout cas la saison passée. En effet, l’Aviron est le seul club de Top 14 invaincu dans son antre lors de l’exercice 2024-2025. Le demi-finaliste sortant a construit une forteresse imprenable, devant un public souvent en feu. Une fois la Peña Baiona lancée par le speaker, les locaux n’ont jamais failli. Sergio Parisse listait, ce vendredi, en conférence de presse, les points forts de cette formation. Défense agressive, mêlée, touche, une équipe complète au possible, sans réel défaut. « Mis à part ce match à Castres (17-48), où c’était un peu plus compliqué, ils se sont bien comportés. C’est une équipe et un club bien construits, leur recrutement est très bon. Et puis on connaît l’engouement dans leur stade », raconte l’ex-international italien.

    Ollivon sur le retour

    Côté RCT, ce week-end sans match a permis de garder les hommes au frais. Pour autant, le plan d’entraînement prévu à l’origine n’a pas été bouleversé par les membres du staff. « On a respecté ce qui était prévu et augmenté légèrement la charge de travail, puisque les joueurs avaient plus de fraîcheur », lance Sergio Parisse. Un supplément d’énergie bien venu et peu de changements à prévoir dans le XV de départ des Rouge et Noir. Ils sont cinq à être encore absents pour cette rencontre au Pays basque. Gabin Villière a été touché au doigt et souffre d’une pubalgie. Sa sortie de l’infirmerie n’est pas prévue avant le mois de novembre. La durée d’indisponibilité est nettement plus longue pour le varois Matthias Halagahu. Opéré du pied à la mi-septembre, le deuxième ligne ne reviendra pas avant 2026. Il sera sur la touche entre quatre et six mois.

    Gianmarco Lucchesi et Kyle Sinckler sont, eux, sur le point de reprendre et devraient candidater très rapidement à une place dans le groupe. C’est aussi le cas pour Charles Ollivon. « Il n’est vraiment pas loin de rejouer au rugby » dit simplement Sergio Parisse. Le joueur aux 46 sélections est absent depuis le début d’année à cause d’une rupture des ligaments croisés du genou et est sur le point de retrouver la compétition.

    Le RCT va donc devoir créer l’exploit pour s’imposer à Bayonne, dimanche soir. Devant des spectateurs acquis à la cause des joueurs de l’Aviron.

    4e journée de Top 14

    Dimanche à 21h05 au stade Jean-Dauger

    Arbitre : Kevin Dralley

    Bayonne : Tiberghien – T. Spring, Maqala, Tuilagi, Erbinartegaray – (o) Segonds, (m) Jantjies – Capilla, Bruni, Fischer – Moon, Iturria (c) – Setiano, Martin, Bordelai.

    RC Toulon : Abadie, Alainu’uese, Baubigny, Brennan, Damond, Gigashvili, Gros, Ivaldi, Ludlam, Mercer, Mézou, Narmania, Ollivon, Priso, Quere-Karaba, Rebbadj, Ribbans – Drex, Domon, Dréan, Ferté, Frisch, Garbisi, Hervé, Jaminet, Le Bail, Nonu, Serin, Tuicuvu, White

  • Bâtir « une ville plus sûre » face au changement climatique

    Bâtir « une ville plus sûre » face au changement climatique

    La maire de Toulon Josée Massi (SE) a ouvert la séance publique en remerciant les services municipaux et métropolitains, les secours et bien sûr les bénévoles pour leur mobilisation exemplaire lors des inondations de dimanche dernier. Et de lancer : « Notre responsabilité est claire et nous devons renforcer nos protections pour l’avenir et transformer cette épreuve pour bâtir une vie plus sûre face aux défis climatiques qui ne manqueront pas d’advenir. Face à l’épreuve, c’est l’unité et la solidarité qui nous rendront plus fort. »

    Une orientation concrétisée lors du vote de la délibération portant sur les engagements de la ville concernant la transition écologique, par la ratification d’accords conformes à ceux énoncés lors de la deuxième édition de la COP régionale 2024.

    « Toulon s’inscrit depuis plusieurs années dans une démarche globale de développement durable qui vise à inscrire l’exigence environnementale dans l’ensemble de ses politiques publiques tant en fonctionnement qu’en investissement », a rappelé en préambule l’adjoint à l’écologie urbaine Mohamed Mahali.

    « C’est le premier étage de la fusée », indique l’élu, en précisant qu’il ne s’agit pas là d’une déclaration d’intention puisque les parties sont tenues d’adresser au secrétariat de la COP leurs contributions budgétées ainsi que les objectifs poursuivis.

    Il n’en a pas fallu davantage à l’extrême droite pour exprimer à nouveau son climatoscepticisme. Même si on n’a pas très bien compris la démonstration à laquelle s’est essayé Amaury Navaranne (RN) avant la charge, en parlant « d’auto-labélisation », « de changement de paradigme » ou encore de « reconnaissance des erreurs passées qui est une vertu ».

    Pour l’élu du Rassemblement national, « il faut cesser de s’auto-culpabiliser ». Et de poursuivre sur un air de « c’est la faute à personne » : « Quand je lis que l’augmentation de la température a été de 2,1 degrés par rapport à l’ère pré-industrielle, c’est quand même pas de notre faute. C’est la planète. » Pour l’extrême droite ce n’est qu’un cycle « de notre univers, de notre monde » avec « des ères qui augmentent en chaleur et des ères qui diminuent en chaleur ».

    « C’est justement parce qu’il y a des chartes et parce qu’il y a des démarches de ce type qu’on fait évoluer les choses et qu’on vient se mettre à la hauteur des enjeux pour justement faire en sorte que ces intempéries soient moins violentes ou que les épisodes caniculaires soient moins meurtriers », lui répond Magali Brunel (PS) pour Toulon en Commun. La professeure poursuit avec pédagogie à l’attention de l’élève borné : « On est à l’ère de l’anthropocène. Ça signifie que c’est l’homme qui est acteur du changement du climat. C’est prouvé dans toutes les conclusions scientifiques. » Même détermination affichée par l’élue d’opposition Cécile Muschotti (Union des centristes écologistes) : « Je trouve ça gravissime de remettre en cause la science, les sciences dures en l’occurrence et un certain nombre de productions faites par le Giec et d’autres », condamne-t-elle. Une posture du Rassemblement national, poursuit l’élue, qui « joue sur cette pente glissante du populisme en disant ce n’est pas de votre faute, ne soyons pas dans l’anxiété ».

    Et de conclure : « Il faut regarder les choses avec réalisme et ne pas mentir aux gens. »

    Ça, c’est beaucoup leur demander.

  • Stéphane Sacco officiellement candidat à la Seyne-sur-Mer

    Stéphane Sacco officiellement candidat à la Seyne-sur-Mer

    Fort de l’appui d’une partie des forces de Gauche progressistes et de l’Association « La Seyne à Venir » je serai candidat à l’élection municipale 2026 » : au lendemain du soutien affiché par la fédération varoise du PCF, Stéphane Sacco a officialisé vendredi sa candidature aux prochaines municipales par voie de communiqué.

    Mettant en avant les atouts de la cité et saluant « son passé industriel et maritime sans qui elle n’existerait pas » – Stéphane Sacco avance un programme « élaboré avec les autres forces de gauche » basé sur le développement des services publics, une « réelle démarche écologique », un nouveau cap économique basé « sur le tourisme mais aussi sur l’industrie » et un « nouvel élan commercial » sans oublier des projets tels que la Corniche Tamaris, le NPNRU de notre centre-ville, la traversée du port, la piscine, le cinéma… qu’il veut voir aboutir.

    Rappelant que « Gauche républicaine et socialiste a toujours eu vocation à être le trait d’union des forces de gauches écologistes et citoyennes », Stéphane Sacco plaide pour le rassemblement de ces forces de gauche alors que la tentative de briser cette unité dans l’ex-cité des chantiers navals s’est heurtée à une opposition de terrain (lire ci-dessus). « C’est cette liste d’union des forces de nos sensibilités – la plus large possible – que je souhaite conduire. À l’image du Nouveau front populaire devise fondatrice de mon parti GRS », ajoute-t-il. Une union travaillée sur le terrain depuis près d’un an.

    Un rassemblement essentiel pour « présenter face à la droite une alternative crédible et réaliste », droite qui a vu sa maire LR, Nathalie Bicais, condamnée à cinq ans d’inéligibilité immédiate pour prise illégale d’intérêts en mai dernier. Un rassemblement fondamental pour contrer « les projets funestes du Rassemblement national » qui « ne feront que tirer vers le bas notre commune en accentuant les clivages et en dressant nos concitoyens les uns contre les autres ».

  • Toulon en Commun, l’unité face aux droites… dure ou extrême

    Toulon en Commun, l’unité face aux droites… dure ou extrême

    Dans le paysage politique qui s’est largement reconfiguré ces derniers temps dans le Port du Levant, Toulon en Commun (TEC) a souhaité rappeler hier matin dans son nouveau local de campagne son positionnement, et faire « l’état des lieux des camps qui se dessinent ». Avec « plusieurs listes qui se composent du côté de la droite dure », commence la tête de liste de TEC Magali Brunel (PS). Dont Michel Bonnus, le sénateur candidat LR qui a voté, insiste-t-elle, les restrictions financières qui étranglent les collectivités.

    Concernant Pierre-Jacques Depallens, elle pointe que « le Modem c’est Bayrou, celui qui veut supprimer deux jours de repos, augmenter les franchises sur les médicaments, durcir les conditions du chômage ».

    Quant à la candidate d’extrême droite Laure Lavalette, Magali Brunel rappelle qu’elle est bien la porte-parole du Rassemblement national même si elle tente de se faire extrêmement discrète sur son appartenance politique.

    Un côté de l’échiquier politique où les valeurs sont très marquées du côté du conservatisme avec la volonté d’abîmer le pacte social, décrypte-t-elle.

    Face à cela « Toulon en Commun devient la force politique de rempart » pour s’opposer aux discours d’exclusion et aux manœuvres politiques. Et d’insister : « Nous incarnons ce rassemblement républicain, humaniste, progressiste et la véritable alternative sociale pour Toulon. » Avec une liste qui veut « changer la vie des Toulonnais au quotidien » et « proposer un grand projet d’avenir pour la ville ».

    Dans la clarté et l’unité

    « On est clairement une liste de gauche ouverte à toutes les bonnes volontés, nous pensons qu’il y a beaucoup de Toulonnais qui n’ont pas forcément voté à gauche à d’autres élections et qui peuvent s’intéresser à une équipe dynamique, compétente et honnête », insiste André de Ubeda (PCF).

    Une volonté de rassemblement « dans une France en très grande souffrance et divisée » qui se passe plutôt bien à Toulon. « Mieux en tout cas que dans d’autres villes », ajoute-t-il.

    L’élu d’opposition poursuit l’analyse en constatant « le tournant à droite » de l’ancien maire de Toulon Hubert Falco (DVD) : « Il soutient de nouveau les Républicains qui dans le Var font des accords avec le RN. »

    En ce qui concerne le projet, Toulon en Commun est revenu sur le dossier mobilités, notamment le transport collectif. « Nous sommes les seuls à soutenir le tram », souligne André De Ubeda. « Les conclusions de l’enquête publique sur le BHNS montrent que le Bus à haut niveau de service n’est pas une solution qui prend en compte les enjeux pour l’avenir », intervient Magali Brunel (lire page 15).

    Le référent de la commission éducation à Toulon commun, Christophe Ruiz (citoyen non encarté) annonce la poursuite des conférences-débats. Avec, après les transports, le logement et la culture, un prochain rendez-vous le 3 octobre à 18h (salle Méditerranée) tourné tout entier sur l’éducation. Un temps d’échange qui permettra de voir ce qui se fait ailleurs, avec les témoignages des élus de Lyon, de Marseille et de Gentilly.

  • Le bus à haut niveau de service sur la voie de l’utilité publique

    Le bus à haut niveau de service sur la voie de l’utilité publique

    C’était la délibération la plus attendue, bien que son issue ne fît guère de doute. La déclaration de projet et la réitération de la demande de déclaration d’utilité publique du bus à haut niveau de service (BHNS) étaient à l’ordre du jour mercredi. Ce projet prévoit la création d’une ligne de transport en commun en site propre (TCSP) de 28km entre La Seyne-sur-Mer à l’ouest (Bois-Sacré) et La Garde à l’est (gares de La Garde et de La Pauline-Hyères), en passant par Ollioules, Toulon et la Valette-du-Var. Les travaux doivent démarrer fin 2025 pour la première phase (Technopôle de la Mer – Bir Hakeim), qui devrait être mise en service début 2029. L’ensemble du projet doit être livré fin 2037.

    L’enquête publique qui a précédé cette demande de déclaration soulignait quelques points positifs : meilleure attractivité économique, augmentation de l’utilisation des transports en commun, tracé sans conséquence écologique qui dessert les quartiers prioritaires…). Pour autant, la gauche et Toulon en commun n’ont pas manqué de critiquer cette mouture qui « n’est pas à la hauteur des défis attendus ». En tentant de remettre sur les tapis le tramway plutôt que le bus. Et de pointer au fil des échanges : « des travaux très longs » (13 ans), et un projet qui pose question puisque seulement « 70% du trajet sera en site propre, ce qui réduit la vitesse de trajet à 17km/h [quand un haut niveau de service implique 20km/h] ». Lors de son intervention, le représentant du RN a souligné que le service allait passer « de 80 000 utilisateurs par jour avec le tramway à 35 000, avec une enveloppe doublée, de 400 à 800 millions d’euros ».

    « Le BHNS est sur les rails »

    Doublé, car la Métropole a prélevé 400 millions d’euros aux entreprises pour la création d’un TCSP depuis 2005, et annonce en même temps que le projet de BHNS coûtera 395 millions d’euros, financés à hauteur de 40 millions d’euros par l’État, 10 millions par la Région, et le reste par la Métropole. « Il conviendra de savoir comment a été utilisée cette somme », botte en touche le président Jean-Pierre Giran (LR), qui ajoute, non sans ironie, qu’« aujourd’hui, le BHNS est sur les rails, on a les investissements. 60% des électeurs toulonnais n’ont pas trouvé à redire en votant Hubert Falco. Peut-être faut-il réfléchir aux améliorations, mais il faut aller au bout. » Avant un vote largement favorable à la délibération. La demande de déclaration d’utilité publique sera ainsi bientôt transmise au Préfet.

    Pour rappel, le projet d’un transport en commun en site propre sur ce tracé date de 2002. Des expropriations et certains ouvrages d’art avaient alors été réalisés. Mis sur pause pendant 15 ans lors de la réalisation du tunnel de Toulon, le projet a été relancé en 2016 sous la forme d’un BHNS puis mis en sommeil jusqu’en juillet 2020 pour des contraintes réglementaires mises en exergue par le Conseil d’État. Relancé en 2021, il a ensuite fait l’objet de deux phases de concertation réglementaires, d’études d’impact environnemental et d’une enquête publique menée du 26 mai au 25 juin dernier…

    Grand prix et littoral

    Autre sujet : celui du versement d’une avance d’1,23 millions d’euros au Grand Prix de France – qui a eu lieu au Castellet de 2018 à 2022 – afin de contribuer au remboursement de sa dette. De quoi échauder certains membres de l’assemblée qui pointent la gouvernance défaillante de Renaud Muselier et de Christian Estrosi. Enfin, une délibération a été votée concernant l’autorisation d’un plan de constatation de la limite du domaine public maritime naturel, et d’une demande de déclassement de certaines emprises appartenant à ce dernier, dans le cadre du projet Mayol à Pipady, qui prévoit l’aménagement d’une partie du littoral pour relier Mayol au Mourillon.