Tag: Toulon

  • Une journée départementale à Toulon pour relever les défis du bien vieillir

    Une journée départementale à Toulon pour relever les défis du bien vieillir

    En région Sud et dans le Var, une personne sur trois sera âgée de plus de 60 ans d’ici 2030. Un constat qui appelle à une réflexion sur le bien vieillir, enjeu majeur à l’heure où les cas d’isolement et de maltraitance se multiplient, comme l’illustre la fermeture de l’Ehpad de Pélissanne (Bouches-du-Rhône) en janvier.

    C’est dans ce contexte que Place publique 83 (PP) organisait, mercredi, une journée dédiée au bien vieillir, réunissant acteurs institutionnels, médico-sociaux et entrepreneuriaux. Après avoir visité des établissements, ces participants se sont retrouvés salle Franck-Arnal pour une table ronde, avant une conférence publique.

    Celle-ci s’inscrit dans le contexte du vote du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, qui « masque l’importance de ces thématiques. Au Sénat, on a beaucoup discuté des politiques publiques et des questions budgétaires. Mais, avant, il faut savoir où on veut aller », introduisait le sénateur (PP) de Paris Bernard Jomier, vice-président de la commission des Affaires sociales et médecin.

    La prévention, une priorité à développer

    Cette réflexion est d’abord incarnée, au niveau territorial, par la création, en 2019, du Gérontopôle Sud. Piloté par la Région et l’ARS, il travaille sur les thèmes liés à la personne âgée, dans le but d’améliorer ses conditions de vie. Il s’appuie sur un conseil scientifique, une équipe pluridisciplinaire (recherche, silver économie, éthique…) et un conseil d’administration composé de six collèges « représentant tous les acteurs (sociaux, institutionnels, économie…) », détaille son directeur, Frédéric Rodrigues.

    Cette somme de compétences conduit à adopter des méthodes et outils novateurs tels que le programme Icop. Développé au CHU de Toulouse en 2019, il permet, via un questionnaire, de mesurer six facteurs de vieillissement et de construire une prise en charge adaptée. « L’intérêt est de réduire les fragilités, car ça assure une prise en charge en amont de la dégradation de l’état », explique Frédéric Rodrigues.

    La prévention, un sujet « sur lequel presque rien n’est fait et qui se heurte aux intérêts particuliers », dénonce Bernard Jomier. Et qui demeure, pourtant, un élément « essentiel » du bien vieillir : « Plus tôt les personnes consultent, mieux c’est. Quand la pathologie est installée, c’est fini », décrit Fabienne Dana, docteur à l’hôpital de jour Toulon-Hyères, qui estime, justement, que « l’hôpital de jour correspond mieux aux besoins des sujets âgés. Le meilleur endroit pour eux, c’est le domicile. Il faut prendre son temps avec ces personnes, ce que permet l’hôpital de jour ». Un lieu où le patient peut compter sur une équipe complète (diététicienne, kiné, psychologue), et sur une infirmière en pratique avancée, « qui peut réaliser examens et prescriptions. Ce sont des consultations d’une heure, suivies d’évaluations à domicile, ce qui renforce le lien ville-hôpital ».

    Toujours dans l’optique d’éviter l’hospitalisation, la solution des résidences intergénérationnelles est également évoquée par Agnès Filizetti, directrice de Récipro-Cité, entreprise d’ingénierie sociale, qui met en place des habitats de ce type, dont cinq dans le Var : « Pour que ça fonctionne, il faut des logements adaptés, des espaces partagés et une animation de la vie sociale, pour créer du lien avec le voisin et une veille active entre chacun. » Mais pour un modèle pérenne, « il faut définir ces résidences de manière juridique. Et la présence humaine coûte cher : comment la conserver dans le temps ? Il faut cesser de regarder ça comme un coût, mais comme un investissement ».

    Enfin, en cas de prise en charge hors domicile, les outils numériques peuvent également aider. C’est ce que propose la plateforme Zenior & Care Expert, comparateur gratuit de structures d’accueil, qui aide à choisir la plus adaptée grâce à des conseils d’experts : « On est parti des difficultés des familles, alors que le taux d’occupation en Ehpad est historiquement bas. Nous sommes là pour rassurer et conseiller », détaille l’un de ses fondateurs, Antoine Bonin, qui annonce l’implantation en cours de sa plateforme dans le Var.

  • Ils veulent retrouver un grand Sporting à Toulon

    Ils veulent retrouver un grand Sporting à Toulon

    Aujourd’hui doté d’une réputation de ville de rugby, Toulon a longtemps existé sur la carte du football français. Avec 48 saisons professionnelles (36 en deuxième division, 12 en première), le Sporting Club de Toulon, fondé en 1945, revendique une riche histoire, l’ayant mené jusqu’à la 5e place de D1 en 1988. De grands noms tels que Rolland Courbis ou David Ginola faisaient alors sa renommée. Mais, 37 ans plus tard, alors que le club fête ses 80 ans, le contexte est tout autre. Du record d’affluence de 1985 – 18 000 spectateurs à Mayol pour un Sporting-Monaco –, aux quelques centaines de courageux présents dans les travées clairsemées de Bon Rencontre chaque semaine, ces dernières années, l’eau semble avoir trop rapidement coulé sous les ponts.

    L’apogée de son club, « Djezo », comme on le surnomme au stade, ne l’a pas connue. Ce supporter de 35 ans, président du groupe « Du passé je suis amoureux », est un fidèle de Bon Rencontre depuis 2006. Du Régional 1 (6e échelon français), au National 2 (4e division, niveau actuel du club), en passant par de courts retours en National (3e division, entre 2005 et 2007, puis en 2019/2020), et une relégation administrative en 2011 (la troisième de l’histoire du club), Djezo n’a jamais lâché, malgré un constat implacable : « Toulon est la seule des 20 plus grandes métropoles françaises à ne pas avoir de club dans les deux premières divisions », pointe-t-il, non sans amertume.

    Un propriétaire inflexible

    Ce ras-le-bol est partagé par l’ensemble des supporters du club de la Rascasse et s’exprime depuis trois ans à travers le mouvement « Toulon mérite un grand Sporting », slogan créé il y a 10 ans. « On ne voulait pas que ça reste autour de notre groupe, mais que ça concerne tous les supporters. Lors d’une énième défaite en janvier 2023, dans un stade vide, on était allé à la rencontre du président et des joueurs. On était entré dans le vestiaire, sans violence car ça n’a jamais été notre but, mais ça avait fait impression. Ça a été le point de départ », détaille Djezo.

    Des tracts sont alors distribués, notamment auprès de 350 commerçants « à qui on doit en grande partie le retentissement populaire », salue Djezo, à travers des affiches et une photo collective. « On a eu le soutien de groupes de supporters, comme le CUP, à Paris, des supporters du Celtic Glasgow, de clubs italiens, d’anciens sportifs pros (Sébastien Squillaci, Mathieu Bastareaud, David Girard…), d’un hôtel new-yorkais, dont le patron est Toulonnais, et du chef du Jules-Verne à Paris », détaille-t-il. Preuve que ce combat n’est pas qu’une affaire locale.

    Catalyseur de la colère : la direction, en place depuis 2011, sous la houlette de son actionnaire majoritaire Claude Joye, sans avoir réussi à faire progresser le club. « Il a effacé une dette de près d’un million d’euros, nous ne l’oublions pas », reconnaît Djezo. « Quand il arrive, le projet, c’est la Ligue 2 en 5 ans. » 14 ans après, le Sporting végète au 4e échelon national, « et on regarde plus derrière que devant », s’inquiète-t-il. Les contacts avec la direction sont rompus. Et en dépit de cette stagnation, Claude Joye (qui n’a pas souhaité répondre à nos questions) se refuse à céder le club, malgré plusieurs offres : « Un investisseur toulonnais a fait une offre de 2 M d’euros et promettait d’en investir 18 dans le projet sportif. Il a refusé et fixé un prix exorbitant, 6 M. Ça a mis un terme aux négociations. On a le sentiment qu’il a mis un prix pour dégoûter tout le monde », se désole Djezo. D’après lui, d’autres négociations seraient en cours avec de potentiels repreneurs. « On veut juste un club qui nous fasse rêver, voir du football sans avoir à aller à Marseille ou Nice », milite Djezo, qui « ne veut plus entendre parler de la direction actuelle. En 15 ans, il y a eu assez de temps pour présenter un bilan ».

  • Boris Touaty, un jeune entrepreneur toulonnais très engagé

    Boris Touaty, un jeune entrepreneur toulonnais très engagé

    Il a l’humilité des grands, le sourire de celui qui sait respecter l’autre quel qu’il soit, et le talent d’un grand communicant. Boris Touaty n’est de toute évidence pas seulement le grand entrepreneur qui a su redonner vie à une marque des Cafés Maurice, qui a fêté cette année ses 150 ans d’existence, et donc à tout un pan du patrimoine toulonnais. Il est aussi quelqu’un qui sait se mettre au service du collectif et qui ne transige pas avec ses valeurs pour faire des affaires et diriger ses équipes. Autant d’atouts qui nous ont poussés à essayer de dresser le portrait de ce jeune acteur de l’économie locale aux multiples casquettes et à l’avenir prometteur.

    L’arrière-arrière-petit-fils de Marc Maurice Lévy, le créateur la maison familiale fondée en 1875 à Toulon, est fier aujourd’hui des multiples récompenses qui viennent couronner son travail éthique et solidaire. Avec pour commencer le Trophée Inclusion handicaps Var 2025 obtenu dans la catégorie « Coup de cœur du jury », qui valorise « un engagement humain et durable » en faveur de l’inclusion et son action exemplaire. Une distinction décernée par Ladapt, l’association nationale qui œuvre pour l’insertion sociale, pour son partenariat depuis 5 ans avec l’Établissement et service d’accompagnement par le travail (Esat) de Six-Fours, l’Avath, et la valorisation du travail protégé ainsi réalisée.

    « C’est un très beau prix », confie Boris Touaty modestement en mettant en avant « une collaboration humaine, efficace et parfaitement intégrée au fonctionnement de l’entreprise ».

    Le camion de l’Avath est d’ailleurs en train de récupérer le café torréfié dans le magasin-atelier de la place Camille-Ledeau pendant cet entretien. « Tous nos paquets, c’est-à-dire 80 000 par an, sont tous ensachés à la main par les équipes de l’Esat que je tiens à remercier d’ailleurs », précise-t-il.

    Un engagement social

    La deuxième actualité de Boris Touaty, c’est le couronnement d’une mention honorable au Global Coffee Awards des Cafés Maurice. « On a été à la lisière du troisième prix, c’est-à-dire de la médaille de bronze de ce concours international dans lequel 1 500 cafés ont concouru », lâche-t-il fièrement, surpris par ce succès qu’au fond il espérait mais auquel, dit-il, il ne s’attendait vraiment pas.

    Et de poursuivre : « Ils ont retenu la qualité exceptionnelle de notre café et de notre torréfaction. C’est la reconnaissance d’un travail de longue haleine, de mes équipes aussi, surtout. Et en particulier de Julien, mon torréfacteur qui est là depuis 7h du matin, un passionné qui fait un travail remarquable. »

    Il relève au passage que le café qui vient d’être récompensé est celui qu’il vend le plus. Des clients donc qui, les premiers, ont consacré cette création Maison Maurice recette numéro 1, qui est en fait le premier assemblage créé il y a 5 ans.

    Sur son implantation au cœur de Toulon, l’entrepreneur se dit ravi de l’aubaine, en rappelant, qu’il y a quelques semaines, le gouvernement a salué la dynamisation incroyable de ce centre-ville. Le résultat, rappelle-t-il, d’un travail mené depuis 20 ans, avec la réhabilitation de la place de l’Équerre, de la rue des Arts, la rue Pierre-Semard, la rue d’Astour, les Halles… À la question de savoir comment on peut rester fidèle à ses valeurs tout en développant son affaire, autant dans le choix de ses fournisseurs que dans le pilotage de sa boîte, il répond simplement : « Quand on peut le faire, faisons-le, un maximum ! »

    Il compte à son actif des initiatives menées avec des producteurs, notamment sur l’éducation des enfants en Colombie, et la collaboration avec des coopératives entièrement gérées par des femmes. « C’est un gros combat aussi dans certains de ces pays », souligne-t-il. Le président de l’association des commerçants du centre-ville, l’Office du commerce et de l’artisanat de Toulon dit également porter une grande attention sur ce qui est fait ou transformer localement. Mais ne cache pas que tout cela a un coût parfois difficile à assumer dans un contexte de pouvoir d’achat contraint et des cours du café qui grimpent. En revanche, Boris s’insurge contre la culpabilisation des consommateurs concernant leurs achats plus ou moins éthiques : « C’est trop facile de faire des reproches. Tout le monde n’a pas les mêmes moyens ! »

    D’autant que l’entrepreneur est lui aussi tiraillé par les mêmes contradictions. C’est-à-dire l’envie de vendre au meilleur prix tout en proposant des choses qui soient bien socialement et environnementalement. « Alors nous, on essaye de faire un mix un petit peu entre les deux. C’est-à-dire qu’on n’a pas forcément que des cafés qui portent tous des labels mais on sait qu’ils sont produits dans de bonnes conditions. Parce que, je vais sur place. Et je me rends compte de la réalité des choses, sur ce qui se passe vraiment au niveau des conditions de travail et les salaires. »

    « Les valeurs humaines »

    Des inflexions humanistes qui amènent forcément La Marseillaise à transposer ce type d’exigences professionnelles à un environnement plus directement politique. La manœuvre manque peut-être un peu de subtilité mais l’enjeu des prochaines échéances électorales à Toulon en vaut la peine. D’autant qu’il s’agit moins de savoir pour qui iront ses préférences que de nous éclairer, au regard du citoyen et entrepreneur responsable, le profil idéal pour le job. « Ce que je mets au premier plan ? Les valeurs humaines, sans hésiter. C’est très important, je crois. »

    Ses craintes ? C’est que les Toulonnais se déterminent un peu trop comme ils le feraient dans une élection nationale en oubliant les enjeux locaux.

    « Pour moi, les élections municipales, ce sont les élections les plus importantes, avec la présidentielle. Parce que le maire, c’est vraiment la personne qui est au quotidien avec toi. Il ne va pas intervenir sur des problématiques internationales ou sur des politiques d’immigration ou d’ultra-sécurité. Ce n’est pas vrai ! C’est à ça qu’il faut penser en décidant à donner les clés de la ville. » Sur le bilan, l’artisan insiste sur « le travail remarquable fait par Hubert Falco pendant 20 ans ». Et de poursuivre : « Aujourd’hui, on a un maire, Josée Massi qui est dans la continuité des grands projets. La ville tourne bien. » Pour en savoir davantage, il va falloir attendre un petit peu. Mais on peut compter sur le personnage pour poursuivre ses engagements.

  • À Édimbourg, le RC Toulon repart à la conquête de l’Europe

    À Édimbourg, le RC Toulon repart à la conquête de l’Europe

    C’est une parenthèse qui suscite forcément une excitation particulière. La Champion’s Cup reprend ses droits ce week-end, et les prolonge jusqu’au suivant. « On change de compétition, de format, d’arbitrage, d’intensité, et on s’entraîne dur pour ça depuis 15 jours. C’est notre rythme, notre obligation, donc c’est un changement d’état d’esprit », affirme Pierre Mignoni. Et c’est en Écosse, à Édimbourg, que le RCT débute son aventure européenne. Actuellement dans le ventre mou du United Rugby Championship (10e), le Édimbourg Rugby n’est, sur le papier, pas l’adversaire le plus impressionnant. L’historique parle cependant pour les Écossais, qui avaient battu les Varois lors de leurs deux confrontations dans cette compétition, en 2018/2019 (40-14 à Édimbourg, 17-28 à Mayol).

    Six ans plus tard, les deux effectifs ont changé, et du côté de la Rade, on avoue connaître assez peu cette équipe. Mais le staff toulonnais a de la ressource : « Je me sers d’Andrea Masi [entraîneur des trois quarts du RCT, Ndlr] car il a joué dans ce championnat avec Trévise, et à travers la vidéo. On a préparé notre game plan pour que les joueurs soient à 100%. Ce n’est pas une préparation d’une semaine, mais de toute une saison. Sur ce qu’on a vu, Édimbourg est une équipe qui joue très vite, fort, sur une surface synthétique très rapide. Ils mettent beaucoup de pression sur l’adversaire, ne te laissent pas beaucoup d’oxygène pour faire ton jeu. On se sait attendu, ce sera un gros défi pour nous », détaille Pierre Mignoni.

    Autre atout : la présence de Ben White, qui connaît bien ses futurs adversaires, qu’il côtoie, pour certains, en sélection : « Je connais beaucoup de joueurs, c’est un match cool à jouer contre mes amis. Pour préparer le match, j’ai présenté l’état d’esprit de l’équipe, parlé des joueurs, du stade, les petites choses comme ça. On est prêt pour tout, on n’a pas d’excuses », certifie l’international écossais, qui définit ce premier adversaire européen comme « une équipe costaude, qui aime le combat. Ils jouent beaucoup au pied, il faudra contrôler les 9 et 10 pour avoir nos momentums ».

    « L’an dernier, on a montré qu’on avait progressé »

    Il faudra aussi tenir compte des règles propres à la Champion’s cup (bonus d’un point pour toute équipe inscrivant quatre essais, et pour les équipes perdant avec moins de 7 points d’écart), et un arbitrage différent de celui du Top 14 : « Il faut habituer les joueurs à l’arbitrage sur les mauls, le jeu au sol, les mêlées… Il ne faudra pas être surpris, on a travaillé avec ça, il n’y aura pas de tolérance à ce sujet », prévient l’entraîneur toulonnais.

    Pour cette première mission européenne de la saison, ce dernier pourra compter sur le retour d’une grande partie de ses internationaux, qui doivent, selon lui, reprendre le train en marche : « On verra après le match si on y est parvenu. Il faudra voir comment ils s’intègrent dans l’équipe, comment sont-ils en termes de fraîcheur. Tous les internationaux doivent amener un plus, car ils ont l’habitude de ces matches au niveau international. » Seul Charles Ollivon manquera finalement à l’appel, ce qui ne manque pas d’agacer Pierre Mignoni : « Le RCT a pour priorité la santé des joueurs. Après sa commotion, on a pris le relais de l’Équipe de France, et Charles était considéré apte. Mais une commission externe doit donner son aval, et elle nous a dit non mercredi. La commotion est un aspect important, on ne fait pas de politique là-dessus. Mais quand on suit un protocole classique, que le joueur s’entraîne à 100%, il est apte à jouer. Je ne ferai jamais jouer un joueur qui n’est pas à 100%. Donc là, on [cette commission, Ndlr] est dans la politique, on se couvre. Nous, on n’est pas là pour se couvrir, mais pour protéger les joueurs et pour performer. »

    Si les supporters se rêvent déjà à une quatrième étoile, l’objectif sera avant tout de montrer que le club franchit des paliers, après une aventure européenne cruellement stoppée en quart de finale par Toulouse l’an dernier : « Ce match nous avait fait vraiment très mal. C’était pour moi un bon match pour retrouver le très haut niveau, le genre par lequel le groupe a besoin de passer. Mais ça avait mis le moral de certains joueurs à zéro. L’objectif, c’est de faire du mieux possible. L’an dernier on a montré qu’on avait progressé, j’espère qu’on va encore le montrer cette année. »

    Champion’s cup, 1ère journée

    18h30, Hive Stadium, Édimbourg

    Arbitre : M. Carley (ANG)

    RCT : Gros, Baubigny, Sinckler ; Ribbans (C), Alainu’uese ; Ludlam, Abadie, Mercer ; White, Garbisi ; Ferté, Sinzelle, Brex, Dréan ; Jaminet.

  • Magali Brunel, tête de liste Toulon en Commun : « C’est par nos propositions et le collectif que nous convaincrons »

    Magali Brunel, tête de liste Toulon en Commun : « C’est par nos propositions et le collectif que nous convaincrons »

    La Marseillaise : Vous inaugurez ce jour votre nouveau local de campagne. Que va-t-il vous apporter ?

    Magali Brunel : On veut ce local ouvert à tous, qu’il soit un point de rencontre et de départ, car il ne s’agit pas de s’ancrer dans le centre-ville mais de s’ouvrir vers les différents quartiers et l’ensemble des habitants. Il est en plus situé rue Jean Jaurès, un heureux hasard car le quartier de l’opéra est le cœur battant de Toulon. Et aussi car Jean Jaurès est celui qui croyait à l’éducation et aux luttes sociales, qui s’est battu contre la corruption et la peur de l’étranger. Ça correspond à notre vision de l’avenir.

    Votre début de campagne est mouvementé, avec des attaques envers la gauche dans le département, qui vous ont touché personnellement avec l’arrachage du panneau de la rue d’Oradour-sur-Glane déposé devant chez vous. Comment vivez-vous cela ?

    M.B. : Il y a de la tension, de l’inquiétude. On m’a cisaillé mes pneus récemment. Ça renforce ma détermination. Je suis résolue et je me dis que quand cette agitation se manifeste, c’est un signe de fébrilité et que notre message porte. Ça traduit la dynamique d’un projet dont la maturité est perçue par tous.

    LFI a aussi décidé de mener
    sa propre liste, en vous mettant en cause, en tant que socialiste. Que pensez vous de ce choix
     ?

    M.B. : Je suis tête de liste de Toulon en commun avant tout et c’est bien à Toulon en commun que LFI a tourné le dos, pas au PS. On regrette ce retrait, et que les militants LFI aient cédé aux directives nationales. Dans leurs rangs, certains sympathisants s’interrogent. Nous les accueillons à bras ouverts s’ils se retrouvent dans notre projet.

    Peut on encore imaginer une candidature unique à gauche ?

    M.B. : Nous l’espérons. Nous appelons à l’union la plus large possible. Le rassemblement doit se faire autour de valeurs et d’orientations. Il s’adresse à tous les progressistes, les humanistes, les encartés ou pas, parfois sensibles aux idées du centre, qui refusent les petits arrangements, ne veulent pas céder aux sirènes de la xénophobie, et veulent ouvrir une nouvelle page de l’avenir, plus sociale et plus écologique, à Toulon.

    L’extrême droite est donnée favorite sans avoir officialisé
    sa candidature, quelles sont vos armes pour remporter l’élection
     ?

    M.B. : C’est le projet. Nous y travaillons depuis des mois avec 400 personnes qui nous accompagnent dans nos actions. On développe un projet solide pour changer le quotidien des Toulonnais, et qui correspond à leur identité. On travaille sur le fond, et c’est à la fois par notre méthode, collective et participative, et par les propositions émanant du collectif, que nous convaincrons, et pas à coups de selfie. Le RN ne propose rien, madame Lavalette s’agite dans les médias nationaux, mais je ne la vois pas parler d’idées pour Toulon. Pour convaincre les gens de voter pour nous, on leur parle des réalités du quotidien. On s’attaque aux problèmes, on ne rejette pas la faute sur le national. Les problèmes de logement, d’éducation, de transport, de sécurité, c’est cela le quotidien. Des leviers existent et nous allons les activer.

    Votre liste est-elle prête ?

    M.B. : C’est l’étape suivante. Lors de la dernière assemblée nous avons établi des critères. L’idée n’est pas que chacun sauve sa place, mais de faire gagner l’équipe. La prochaine assemblée aura pour but de constituer une première équipe, avec un bouquet de compétences pour m’encadrer. Dans un dernier temps, on fera la liste complète. Chacun pourra y prétendre. Notre appel à l’ouverture n’est pas qu’un mot, Toulon en commun est un collectif de citoyens où on retrouve des personnes du monde associatif, encartées ou non, des syndicalistes. C’est cette diversité que nous représentons.

    « Nous appelons à l’union la plus large possible »

  • Première pierre posée pour le BHNS de la Métropole de Toulon

    Première pierre posée pour le BHNS de la Métropole de Toulon

    Financé pour plus de 500 millions d’euros par les entreprises de la Métropole TPM, via une taxe transports, depuis 2002, le projet de tramway dans l’aire toulonnaise est désormais enterré. Jugé trop cher et plus d’actualité par la majorité au conseil métropolitain, qui justifie cette position par l’augmentation des coûts entre le projet initial et ce qu’il serait nécessaire d’investir aujourd’hui, il a été remplacé par un bus à haut de niveau de service (BHNS), déclaré d’utilité publique par le préfet en octobre.

    Un projet à 395 millions d’euros, financé pour 40 millions d’euros par l’État, 10 millions par la Région Sud, et donc 345 par la Métropole. Soit, au bas mot, plus de 150 millions d’euros de moins que la somme récoltée depuis 2002 par la Métropole, dont « il conviendra de savoir comment elle a été utilisée », botte en touche son président Jean-Pierre Giran (LR). La première pierre a été posée mercredi 3 décembre, à Ollioules, pour un tronçon de 7 km (ligne 1a) qui reliera le Technopôle de la Mer à Bir-Hakeim, à Toulon. Il desservira les secteurs Geffrier, Escaillon, Herriot, XVe corps, Villevieille et les Grands Boulevards.

    Livraison prévue en 2037

    Ces premiers travaux consistent en la réalisation d’un mur de soutènement à hauteur de Geffrier, livré en juin 2026. L’ensemble du tronçon, lui, sera opérationnel d’ici 2029. Deux autres sont prévus dans le projet global, qui compte 28 km d’infrastructures : le plus long entre l’Espace Marine, à La Seyne-sur-Mer, et la gare de la Pauline-Hyères (ligne 1), et un autre entre le campus universitaire de la Garde et la gare La Garde-Centre (ligne 1b). 44 véhicules électriques y circuleront. Ils desserviront 65 stations dans cinq communes (Toulon, La Garde, Ollioules, La Seyne et La Valette), pour un trajet à 70% en site propre. Loin des 100% prévus par le tramway, ce qui implique une vitesse et une efficience moindres, comme le pointe l’opposition. Enfin, quatre parkings relais en silo (Porte d’Ollioules et de Toulon, Sainte-Musse, gare la Pauline-Hyères et Espace Marine à La Seyne) verront le jour d’ici 2037, date prévue pour la finalisation du projet.

  • Les retraités mobilisés à Toulon pour transformer la colère en action

    Les retraités mobilisés à Toulon pour transformer la colère en action

    « L’objectif de notre conférence de presse c’est de continuer l’action qu’on a enclenchée depuis un certain temps, notamment le 6 novembre », commence Gilberte Mandon (FSU). Elle annonce d’ailleurs la reprise vendredi matin en bas du marché, à Toulon, de la distribution de tracts. Il s’agit, poursuit-elle, d’informer la population sur les conséquences pour les retraités de ce qui est en train de se décider au Parlement, que ce soit « la suppression de l’abattement de 10%, le gel de l’Allocation de solidarité aux personnes âgées versée aux plus modestes ou encore le doublement des franchises médicales ».

    Et ce que rencontrent sur le terrain les militants, ajoute la syndicaliste, c’est « une vraie colère ». À ses côtés Brigitte Cheinet (CGT) prend le relais : « Le problème c’est que pour l’instant cette colère ne se traduit pas aujourd’hui suffisamment en acte, trop peu participent aux manifestations alors qu’il faudrait qu’on soit en masse dans la rue. » Les militants syndicaux et associatifs du groupe des 9 vont donc à leur rencontre pour leur expliquer « qu’il y a d’autres manières de trouver l’argent, entre autres en récupérant les 211 milliards versés aux grandes entreprises sans contrepartie ».

    « Ce n’est plus possible ! »

    « Aujourd’hui, on est sur une situation de lutte des classes », reprend Brigitte Cheinet (CGT), avec « d’un côté, ceux qui gouvernent avec ceux qui détiennent l’argent, et de l’autre, le reste de la population ».

    Et de poursuivre : « Quand tu as quelqu’un qui a une toute petite retraite, qui t’explique qu’il a 100 euros de dépassement pour les médicaments, et qu’il fait un choix entre se soigner et manger. Un mois, il prend les médicaments, et le mois d’après, il achète à manger. Ce n’est plus possible ! » Christian Godmet (Solidaires) est revenu, lui, sur le financement de la Sécurité sociale : « On demande qu’il soit assuré par les seules cotisations afin d’éviter le hold-up d’un pouvoir aux abois », lance-t-il.

    Françoise Denis (FGR) a également mis en avant la déclaration liminaire du groupe devant le conseil départemental de la citoyenneté et de l’autonomie (CDCA) qui s’est réuni la semaine dernière.

    L’occasion de mettre en garde, là encore, sur « les conséquences que risquent de faire peser certaines annonces sur la situation des retraités ». Mais aussi plus largement sur les finances des collectivités et dans les domaines de la protection sociale et de la santé. La mobilisation va donc continuer.

    * Le groupe des 9 regroupe lq CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FCR, LSR, et Ensemble & Solidaires-UNRPA

  • Le quartier de l’Escaillon, à Toulon, retrouve sa boîte aux lettres de relevage

    Le quartier de l’Escaillon, à Toulon, retrouve sa boîte aux lettres de relevage

    « Après 16 mois de mobilisation collective, la boîte aux lettres de relevage a retrouvé sa place à l’angle du boulevard de la Convention et de l’avenue Édouard-Herriot, face à la pharmacie », annonce avec satisfaction Claude Franchitto, le président du comité d’intérêt local (CIL) des quartiers du Pont Neuf et de l’Escaillon.

    Pour mémoire, depuis son retrait par la Poste en juillet 2024, suite à un problème de fixation ayant entraîné sa chute, le CIL se bat pour que les habitants de ce quartier continuent de bénéficier de ce qu’il considère comme « un service public essentiel », en dénonçant une décision unilatérale, et donc jugée parfaitement arbitraire.

    Une mobilisation, ici, exemplaire qui a été menée conjointement par le comité d’intérêt local et la municipalité toulonnaise, insiste le président de l’association. Avec des courriers, pétitions et conférences de presse qui se sont succédé pour alerter la population sur la politique de la Poste visant à toujours plus restreindre les services non rentables. Et ce faisant mettre la pression sur la direction de cette entreprise publique. Et ça a marché.

    « Nous avons obtenu le rétablissement de cet équipement indispensable », se félicite le CIL. Pour Claude Franchitto « cette réinstallation constitue une victoire importante pour la population » et témoigne une fois encore « de l’efficacité de la mobilisation citoyenne dans la défense du service public de proximité ».

  • [Théâtre] « Phèdre », aux racines de la scansion à Toulon

    [Théâtre] « Phèdre », aux racines de la scansion à Toulon

    « Cette pièce raconte un empêchement. Le personnage, Phèdre, souffre de ne pouvoir dire, de ne pouvoir jouir de son désir. Oenone souffre de ne pouvoir garder Phèdre. Hyppolite souffre de ne pouvoir être libre et Thésée souffrira d’avoir perdu son fils par sa faute. Chacun est en prison de lui-même », résume Muriel Mayette-Holtz au sujet de Phèdre. Jusqu’ici, rien de nouveau pour ce classique écrit en 1677 par Racine. Sauf que cette metteur en scène mêle les alexandrins du grand tragédien au slam pour cette pièce qui se joue au Théâtre Liberté du jeudi 4 au samedi 6 décembre.

    « Un chant du cœur »

    Après Andromaque, puis plus récemment Bérénice, Muriel Mayette-Holtz aime décidément se frotter au répertoire racinien. Dans Phèdre, elle dote son spectacle d’une distribution reluisante : Eve Pereur dans le rôle-titre, Nicolas Maury qui prête ses traits à Oenone et Charles Berling incarne le sanguin Thésée. « Rouge sang », comme le thème des décors et costumes de la pièce, symbole de « l’étouffement » qui enserre tous les personnages, animés tour à tour par le désir, la folie et la perfidie. Sans oublier le rôle pivot de Théramène, interprété par le slameur Jacky Ido, qui « casse d’emblée le quatrième mur en s’adressant directement au public », pose la metteur en scène. « L’alexandrin est un chant tout comme le slam, un chant du cœur. »

    Les 4 et 5 décembre à 10h.
    Le 6
     décembre à 18h. Entre 5 et 30 euros. www.chateauvallon-liberte.fr

  • Dans la rue à Toulon pour répondre aux besoins sociaux

    Dans la rue à Toulon pour répondre aux besoins sociaux

    Arrivés une demi-heure avant le rendez-vous, Marie-Christine, Jamal et Isabelle, de l’hôpital de Brignoles, veulent témoigner d’un service public mal en point qui ne supporterait pas une nouvelle politique austéritaire. Avec déjà « un manque de personnel et de moyens qui influe sur la qualité des soins et les conditions de travail ». « L’épuisement des équipes est flagrant », martèle cette aide-soignante. Et d’ajouter : « Je crois qu’on fait déjà le maximum. »

    « Écouter le peuple »

    « On est ici aujourd’hui pour demander une meilleure répartition des richesses pour qu’il y ait beaucoup moins d’injustices dans le pays » explique plus loin Pascal Brun (CGT Educ’action), en précisant c’est aussi un des meilleurs moyens de faire barrage aux idées de l’extrême droite.

    Il y a à présent du monde sur la place de la Liberté.

    « Ce qu’on veut, c’est un budget qui réponde aux besoins sociaux », tempête le secrétaire de la CGT Richard Roméo Giberti. Et pour cela, poursuit-il, « il faut cesser de donner de l’argent public aux grandes entreprises qui ne créent pas d’emplois et qui, au contraire, poussent l’exécutif à toujours plus de violence sociale ». Et au responsable syndical de rappeler « le concept de lutte des classes ». Il interpelle les députés : « Vous n’êtes qu’élus par la représentation du peuple, donc vous devez écouter le monde du travail et écouter la démocratie sociale. » Et de poursuivre : « La Sécurité sociale, c’est nous qui l’avons créée. Il est temps d’arrêter de faire croire que c’est un fardeau, alors que c’est une richesse qui ne manque que de recettes. Et ça, ce sont des choix politiques, uniquement. »

    Le secrétaire général de la FSU Alain Tournay met en garde lui aussi sur la casse des services publics. L’enseignant rappelle que celui de l’Éducation nationale est censé « construire la société de demain avec un budget qui n’a aucun sens ». Un choix politique délétère pour l’égalité des chances. Et de conclure : « Nous, on veut de l’argent pour les services publics et pas pour la guerre. »

    La lutte continue

    Le cortège vient de se mettre en branle sur le boulevard de Strasbourg. « On nous demande de faire 30 milliards d’euros d’économies sur le dos des salariés, des retraités, des malades. Stop, ça suffit ! », lâche Ola Hawryluk (Solidaires).

    Non loin de là, Madeleine Brun analyse : « À tout âge, et j’ai un âge certain, il faut lutter contre les mauvais coups qui sont en train de lapider tous nos acquis sociaux. » Pour l’ancienne conseillère municipale communiste de Toulon, le combat politique passe plus que jamais par la mobilisation dans la rue.

    Même son de cloche pour André De Ubeda (PCF) qui occupe aujourd’hui les mêmes fonctions dans l’opposition : « On veut faire pression sur les députés et les sénateurs pour un budget qui réponde aux besoins de la population. Ce n’est pas gagné, mais c’est dans notre ADN de se battre pour une vie meilleure. » « Il nous faut faire renaître l’espoir », précise à ses côtés son frère Jean José.

    Pour Brigitte Cheinet (CGT), la meilleure façon de sortir de la désespérance qui fait parfois chavirer les consciences, c’est par la lutte.

    Elle va donc continuer. C’est annoncé.