Tag: Toulon

  • À Toulon, pas de marrons, mais une bonne châtaigne

    À Toulon, pas de marrons, mais une bonne châtaigne

    Une journée placée sous le signe des saveurs locales, de l’artisanat et des animations pour petits et grands.

    Avec au programme, entre autres, des ateliers ludiques sur la place de l’Opéra et des déambulations artistiques.

    Au total, 35 exposants accueilleront toute la journée derrière leurs stands les visiteurs. Avec en prime la réconfortante odeur de la châtaigne grillée qui va s’emparer des rues de la cité. L’occasion d’en déguster quelques-unes en arpentant le pavé, avec au cœur comme un avant-goût d’hivers mais avec presque 20° au thermomètre.

  • À La Seyne, la gauche se mobilise pour défendre le marché de Berthe

    À La Seyne, la gauche se mobilise pour défendre le marché de Berthe

    Venus lundi à nouveau au contact de la population du quartier très paupérisé de Berthe, les élus progressistes de l’ex-Cité des Chantiers ont reçu un accueil chaleureux des habitants, inquiets depuis que la municipalité a annoncé, par courrier, vouloir supprimer le marché du mercredi, pour soi-disant augmenter la fréquentation de celui du centre-ville.

    L’occasion pour la gauche de recueillir la parole des habitants et celle des commerçants afin de nourrir leurs interventions lors du prochain conseil municipal. « C’est une mauvaise solution à un vrai problème », déplore le conseiller municipal Stéphane Sacco. Avec, pour commencer, la remise en cause, à nouveau, d’un service de proximité qui se passe bien, « un lieu de vie qui participe aussi au soutien du commerce local ».

    Le groupe Alternative progressiste ne conteste absolument pas la nécessité de redynamiser le centre-ville, mais « par une politique globale ambitieuse ». « En tout cas, pas par des mesures inefficaces prises au détriment de Berthe », reprend l’élu de gauche. L’occasion de rappeler aussi que le maire d’extrême droite « Dorian Munoz s’était engagé pendant la campagne à conserver le marché dans ce quartier ».

    « Une mauvaise solution

    à un vrai problème »

    En revanche, la nouvelle municipalité RN promettait aussi « un marché provençal dynamique en centre-ville », peste le groupe Alternative progressiste, en pointant « un cuisant échec ».

    Parmi les solutions qui pourraient être prises pour faire revenir les habitants cours Louis-Blanc, Stéphane Sacco met en avant entre autres la création d’un marché de producteurs au moins une fois par semaine et la programmation d’une brocante.

    Pour l’opposition, le maintien du marché de Berthe les lundis et mercredis est essentiel. « Pour une fois qu’ils ont quelque chose chez eux, pas question de leur enlever… De déshabiller Paul pour habiller Jacques. » Dans ce quartier prioritaire politique de la Ville, marqué par d’importants problèmes sociaux, les lieux où l’on se retrouve et où l’on échange sont en effet précieux, maintiennent un lien. Réduire sa présence ou fragiliser son fonctionnement risque d’accentuer les difficultés et renforcer le sentiment d’abandon.

    C’est pour toutes ces raisons qu’Alternative progressiste s’engage à mettre toutes ses forces dans la bataille pour faire entendre raison à la majorité. Une réunion publique devrait être organisée prochainement dans le quartier sur le sujet. Et pourquoi pas une mobilisation devant l’hôtel de ville le jour du conseil municipal.

    À la majorité de revoir sa copie ou de préciser ses intentions pour ne pas pénaliser davantage les quartiers nord, déjà mal en point. À moins que cela soit l’objectif de la mairie d’extrême droite que de plonger encore davantage les habitants de la cité populaire dans la désespérance pour mieux les en blâmer ensuite.

    Impensable !

  • [Unis contre le racisme] Indignation et dignité à Toulon

    [Unis contre le racisme] Indignation et dignité à Toulon

    Nous sommes dans un contexte où les propos mortifères de l’extrême droite se banalisent. C’est pour ça qu’il est important d’être là et de clamer haut et fort nos valeurs », souligne Alain Tournay (FSU). « Une banalisation qui est le fondement du climat de rejet et de haine que subit toute une partie de la population », insiste Zoé Desmoulins (Solidaires). Nombreux étaient les participants présents lundi sur la place du marché du Pont-du-Las pour dénoncer « ce crime raciste qui souligne la dérive de notre pays gangrené par l’extrême droite », après l’attentat raciste de Trappes.

    « Depuis des mois, la parole raciste se libère, les actes racistes se multiplient », constate Pascal Brun pour l’association Vigilance et initiatives syndicales antifascistes (Visa), pour qui « les dernières victoires électorales du Rassemblement national augmentent le sentiment d’impunité qui pousse à ces actes ».

    « Toute indulgence, toute ambiguïté, toute alliance, toute complaisance avec les forces, les partis et les idées d’extrême droite est une compromission inacceptable », renchérit plus loin le président de la Ligue des droits de l’homme, Roland Biache. Pour le militant des droits humains, « notre force sera l’unité de toutes et tous, autour de la défense des valeurs d’égalité, de liberté et de fraternité ».

    « à force d’attiser la haine sur les plateaux télé en particulier, voilà où ils en sont arrivés », condamne Manon Magagnosc pour la CGT. « On ne doit pas laisser le racisme gagner notre pays », a enjoint la secrétaire de la fédération communiste ; Sylvie Vinceneux.

    « Ce n’est pas normal d’avoir peur parce qu’on est ce que l’on est. Nous sommes là pour dénoncer un racisme systémique décomplexé », a conclu la présidente de SOS Racisme, Nazhia Boulassel, en pointant la responsabilité de l’extrême droite, mais aussi de la droite extrême.

  • Le Toulon du futur se construit avec le BHNS

    Le Toulon du futur se construit avec le BHNS

    Place à l’opérationnel », résume la présidente de la Métropole, Josée Massi, lundi après-midi, à hauteur de la Porte d’Italie, sous laquelle le futur BHNS va passer en site propre en 2029. Présenté comme le plus important chantier métropolitain depuis celui de l’A57, le TCSP doit transformer en profondeur les déplacements et redessiner plusieurs secteurs urbains. Pour mener à bien ces travaux, la collectivité souhaite s’appuyer sur l’expérience acquise lors de ceux, titanesques ceux-là, réalisés pour l’élargissement de l’autoroute en minimisant les nuisances et en maintenant le dialogue ouvert avec les riverains, les commerçants et les usagers. Avec un référent spécialement chargé de superviser le travail de médiation qui a déjà débuté.

    Un trajet plus rapide

    et plus fiable

    Dans le secteur du Champ de Mars et du rond-point Bir-Hakeim, le projet prévoit une reconfiguration importante de l’espace public, avec notamment le square Kennedy qui va être totalement repensé et renaturé, avec pour objectif d’en faire un espace accueillant pour les étudiants et les familles. Il en sera de même sur l’espace aujourd’hui complètement découvert qui fait face à la Porte d’Italie, où vont être plantés 40% d’arbres supplémentaires.

    Et sous la porte elle-même, une voie de circulation automobile va être supprimée afin de donner davantage de place aux transports collectifs, aux piétons et aux vélos.

    Une projection dans un Toulon du futur qui promet des transports publics plus performants mais aussi un cadre de vie amélioré, insiste Josée Massi. Même si pour y parvenir « cela ne va pas se faire sans gêne ».

    Parmi les aménagements connexes qui vont profiter à la population, la construction de la passerelle piétonne pour accéder en sécurité à l’école maternelle Basse-Convention, à l’Escaillon. « C’était très attendu par les parents », ajoute la présidente de TPM.

    Ce premier tronçon Ollioules à Bir-Hakeim long de 8 km attendu pour fin 2029 va desservir 15 stations et fonctionner sur 80% du parcours en site propre. Avec un gain de temps de parcours estimé à 10 minutes, mais surtout une régularité beaucoup fiable des déplacements attendue et un passage cadencé toutes les 7 minutes. Sans compter une amplitude horaire allant de 5h à 23h en semaine et élargie le week-end. Des quais plus grands et mieux abrités sont également annoncés pour améliorer le confort des voyageurs.

    Pour clore la polémique sur laquelle on s’est écharpé pendant des années entre partisans du rail et ceux du pneu, Josée Massi consent : « Peut-être que le tramway aurait pu être fait en 2001, 2002, 2003… mais maintenant, au bout de 25 ans, les Toulonnais ont droit à un BHNS. »

  • Face à la Section Paloise, le RC Toulon s’est offert « un match référence »

    Face à la Section Paloise, le RC Toulon s’est offert « un match référence »

    C’est le meilleur match depuis le début de saison. » Au sortir d’un succès bonifié d’ampleur face à une Section Paloise 2e du Top 14, et qui ne s’était inclinée qu’une fois, Maxime Petitjean, l’entraîneur du jeu au pied toulonnais, savourait la prestation aboutie de ses joueurs, qui ont « respecté ce qu’on voulait faire ». Avec, en particulier, « un grand coup chapeau aux avants qui ont dominé la rencontre. C’est plus facile de jouer quand ils sont dominants comme ça ».

    Ceux-ci ont souvent permis de mettre le RCT dans l’avancée. Mais aussi de défendre farouchement la ligne d’en-but en première période, lors d’une longue séquence paloise qui aurait pu changer le cours du match si elle avait été au bout. « On a mis beaucoup d’énergie en défense, on crée du turnuvoer, on joue plutôt bien, même si tout n’est pas parfait », résume Maxime Petitjean. Une qualité de jeu qui s’est traduite au tableau d’affichage. Les Rouge et Noir ont offert un festival offensif à leur public pendant 50 minutes, durant lesquelles ils ont parfois semblé irrésistibles, chaque attaque ou presque se concluant par un essai.

    « Faire preuve d’humilité »

    Une affaire de confiance ? « Oui, ça en fait partie. On ose tenter des coups, on ne les réussit pas tous mais on est moins frileux qu’il y a un mois », constate l’entraîneur adjoint toulonnais, qui ose parler de « match référence », et avoue que « si on nous avait dit en début de semaine qu’on prendrait 5 points, je ne sais pas si on y aurait cru ». « La confiance vient avec les victoires », appuie Zach Mercer, qui semble revigoré, alors que le meilleur joueur du Top 14 2022 peine à convaincre depuis son arrivée dans la Rade.

    Il n’est pas la seule satisfaction de la soirée. Huw Jones, arrivé cet été dans un secteur du centre plus que jamais fourni, a inscrit son premier essai en rouge et noir. « Il faut lui laisser le temps de s’adapter, mais aujourd’hui, on a vu le vrai Huw Jones », salue Maxime Petitjean. Mais l’homme du match se nomme Melvyn Jaminet. Déjà étincelant à Édimbourg la semaine passée, l’arrière toulonnais a signé le premier triplé de sa carrière, et confirmé son retour en forme après un début de saison raté ponctué d’une mise à l’écart face au Racing. Ce qui lui donne droit aux hommages de son entraîneur du jeu au pied : « Ça montre que c’est un grand compétiteur, il a été piqué d’être sorti du groupe. On le retrouve à son niveau, plein d’envie et d’énergie ».

    L’envie, un dénominateur commun à tout le groupe selon Teddy Baubigny : « On avait la rage. Pau venait avec sa meilleure équipe et beaucoup d’ambition. Après le bordel (sic) qu’on a vécu, on a mis beaucoup de caractère, on avait vraiment envie de gagner ». Mais cette victoire n’est pas une fin en soi, même si le talonneur avoue que « que ces dernières semaines sont différentes. On prend du plaisir, mais il faut faire preuve d’humilité ». Et « garder les pieds sur terre. On sait où on était il y a trois semaines », rappelle Maxime Petitjean, avant un déplacement périlleux à Perpignan. Et malgré un petit bond qui lui permet d’entrevoir le top 6, « le classement reste très serré, un faux pas et on peut se retrouver dans les dernières places ». Alors, à Toulon, une fois n’est pas coutume, « on ne s’enflamme pas ».

    « Ces dernières semaines sont différentes,
    on prend
    du plaisir »

  • Frédéric Remy succède à Charles Berling à la tête de Châteauvallon-Liberté

    Frédéric Remy succède à Charles Berling à la tête de Châteauvallon-Liberté

    Depuis décembre dernier et l’annonce du départ de Charles Berling – devenu effectif au 31 août –, après 15 années de bons et loyaux services, le nom de son remplaçant à la direction de la scène nationale Châteauvallon-Liberté était attendu avec impatience. Alors que les spéculations allaient bon train ces dernières semaines, il est désormais connu. C’est Frédéric Rémy qui a été choisi pour remplir cette lourde tâche par la ministre de la Culture Catherine Pégard, en concertation avec un jury composé d’élus locaux (parmi lesquels les maires de Toulon et d’Ollioules, Josée Massi et Robert Beneventi, ou encore le président du département Jean-Louis Masson), et du comité directeur de l’institution.

    Directeur général et artistique d’Éclat, Centre national des arts de la rue et de l’espace public et festival d’Aurillac depuis 2019, l’heureux élu n’arrive pas en terre inconnue puisqu’il a déjà travaillé dans le département, en tant que directeur de production au Théâtre Europe et du festival Janvier dans les étoiles à La Seyne-sur-Mer, de 2002 à 2014. Il a également dirigé le festival Scènes de rue à Mulhouse de 2007 à 2019, et travaillé pour plusieurs institutions comme le Panorama des chantiers de la Fai-ar (2007 à 2009) et le Centre national de création des arts de la rue à Marseille (1994 à 1999), ainsi que l’Avant-scène, Scène conventionnée à Cognac (2002 à 2008).

    Créer du lien entre le Liberté et Châteauvallon

    C’est son projet « Ce qui nous lie » qui a donc convaincu le jury : celui de faire de la scène nationale « une maison ouverte et un bien commun », capable de relier plus étroitement les deux lieux que sont Châteauvallon et le théâtre Liberté, d’Ollioules à Toulon, à travers les artistes, les publics et les œuvres, mais également de les rapprocher de leur territoire, à l’échelle des communes comme des quartiers. À ce titre, chacun des quatre cycles pluridisciplinaires qui rythmeront la saison culturelle sera inauguré par un temps fort fondateur dans l’espace public ou dans un lieu singulier. Ils seront articulés autour d’une programmation en salle et dans le mythique amphithéâtre de Châteauvallon pour l’accueil des grandes formes chorégraphiques, des rendez-vous conviviaux et inédits, afin de découvrir autrement le territoire et des résidences ouvertes.

    En termes de soutien à la création est prévu le lancement d’une plateforme pour la jeune création, en lien avec les écoles supérieures de la région, un pôle de production et de diffusion au service des compagnies du territoire et un laboratoire des écritures du paysage basé à Châteauvallon, qui intégrera les enjeux d’adaptation au changement climatique. Le projet sera soutenu par les metteuses en scène Julie Deliquet et Jeanne Desoubeaux, le chorégraphe Alessandro Sciarroni et la compagnie Munstrum Théâtre.

    Enfin, Frédéric Rémy souhaite aussi renforcer les liens avec la jeunesse, à travers la mise en place de « Classes ouvertes » conçues avec l’Éducation nationale, tout comme la présence régulière dans les quartiers prioritaires de Toulon et d’Ollioules.

  • 1200 personnes ont manifesté à Toulon samedi en dépit de l’autorisation tardive d’un tracé

    1200 personnes ont manifesté à Toulon samedi en dépit de l’autorisation tardive d’un tracé

    Samedi matin, s’il demeurait certain qu’en dépit des nombreux arrêtés émis par le préfet du Var, de nombreux Toulonnais bâteraient une nouvelle fois le pavé dans l’après-midi, les modalités, elles, l’étaient beaucoup moins. Et elles sont restées floues jusqu’à 13h45, soit un petit quart d’heure avant l’heure de rendez-vous donnée pour le départ de la manifestation. En cause : l’attente de la décision du tribunal administratif concernant le référé liberté déposé vendredi par l’Union syndicale Solidaires du Var et l’association Résistance Handi Droits, au sujet de l’interdiction de manifester. Si celle-ci a été maintenue dans le périmètre du centre-ville, en vertu des arrêtés préfectoraux, un tracé alternatif a été autorisé, sur une distance d’à peine 1,5 km, dans le quartier du Pont-du-Las, avec un aller-retour de la place Martin Bidoure au rond-point de Bon Rencontre.

    Un parcours pourtant refusé la veille par l’Union syndicale Solidaires du Var, qui avait déposé une demande de manifestation en préfecture, au cours des négociations avec cette dernière. Mais qu’elle s’est résolue, faute de mieux, à accepter. « Ce n’est pas une vraie victoire car on voulait manifester en centre-ville », avouait Olivier Rosay, secrétaire Solidaires du Var, le verre à moitié vide avant le départ du cortège : « Il y a du monde, mais le déferlement médiatique a été dissuasif. Le gouvernement a réussi son coup en montrant en boucle des images de violence ».

    Mais c’est aussi cette organisation incertaine jusqu’à la dernière minute – bien indépendante de la volonté des organisateurs, qui avaient proposé de se retrouver à la Bourse du travail avant le départ, sans que cela ne parvienne aux oreilles de tout le monde –, et des informations contradictoires sur le lieu de rendez-vous (la gare était annoncée depuis le début de semaine), qui n’ont pas facilité l’acheminement des manifestants vers un lieu qui plus est peu identifiable. « Ça a été super compliqué de trouver le rassemblement », affirme Camille, qui s’est d’abord rendue porte d’Italie, à la gare, et place d’Armes, et avoue qu’elle et ses amies sont « tombées sur les manifestants par hasard ».

    20 gardes à vue, la police réprime des soignants

    Le cortège a donc grossi à vue d’œil au cours du kilomètre qui sépare la Bourse du travail de la place Martin Bidoure, où des manifestants sont ensuite arrivés par petits groupes, tandis que d’autres se sont joints à la foule une fois celle-ci engagée dans les rues du Pont du Las. 1 200 personnes ont alors défilé dans le calme, mais non sans revendications. Guélaud et Isabelle, qui n’avaient « même pas entendu parler des arrêtés », comptaient « être là quoi qu’il en soit ». Sur leur pancarte, on lit « Si nous ne sommes rien pour eux, soyons tout face à eux ». Une manière de dire que « nous sommes 80 millions. Qu’est-ce que vous allez faire si on se révolte vraiment ? », demandent-ils. Pour ces Varois, il est d’autant plus « important de manifester dans une région très à droite. La ville n’est pas dotée d’une grande force en termes de population comme de conviction, mais il est important que des voix s’élèvent partout, pas qu’à Paris ».

    « On continue notre mobilisation, et on appellera à l’amplifier car il y a une profonde colère sociale dans le pays », promet Olivier Rosay, qui donne déjà rendez-vous « pour la grève du 5 novembre, car ce sont les travailleurs qui font tourner l’économie. Les salariés, les couches populaires, n’arrivent pas à joindre les deux bouts ».

    Mais une fois le cortège revenu à son point de départ, l’après-midi a pris une autre tournure. Un groupe d’environ 150 personnes, pour la plupart d’un âge peu avancé, a pris la direction du centre-ville. Il a été stoppé à hauteur du lycée Bonaparte, sur le boulevard de Strasbourg, par des tirs de grenades lacrymogènes des forces de l’ordre. La tension est montée et a définitivement franchi un cap après des lancés de feux d’artifice de manifestants dans leur direction. Sous les coups des charges policières couplées à l’usage des grenades lacrymogènes et de quelques tirs de flash-ball répondant aux jets de pierre, le groupe de manifestants restant, qui s’est étiolé au fur et à mesure, au contraire du dispositif policier, a reculé jusqu’au Pont du Las, dans un tango où chaque pas en avant en précédait deux en arrière. Encerclé sur l’avenue du XVe Corps, jonchée de feux de poubelle, il a fini par se disperser aux alentours de 19h.

    Aucune casse majeure n’est à déplorer. 64 personnes ont été interpellées, dont 20 placées en garde à vue. La préfecture dénombre deux blessés parmi les manifestants, autant chez les policiers. Un bilan heureusement modéré, ces derniers ayant « enlevé le matériel médical de certains collègues », relate Jody, une soignante bénévole. Cela, avant le début de la manifestation, au prétendu motif qu’elle n’était alors pas encore autorisée. Pas de quoi freiner la motivation de la jeune aide-soignante et militante, qui s’est mobilisée, comme d’autres, après avoir vu « les images des blessés et de soignants ciblés la semaine dernière ». Mais il faut croire que les pansements et le désinfectant peuvent troubler l’ordre public.

  • Avec le bonus, le RC Toulon domine la Section Paloise et se replace aux portes du top 6

    Avec le bonus, le RC Toulon domine la Section Paloise et se replace aux portes du top 6

    Face à la Section Paloise, dauphin du Stade Toulousain, le RC Toulon avait droit à un défi de taille pour tenter d’enchaîner un troisième succès de rang toutes compétitions confondues ce samedi soir à Mayol.

    Alors que les visiteurs s’étaient créé deux occasions d’ouvrir la marque, par Marta sur un petit par dessus, puis par Desperes, qui manquait une pénalité, ce sont les Toulonnais qui ouvraient les hostilités. Après un turnover en leur faveur, Jaminet était trouvé en bout de ligne et aplatissait en coin (5-0, 9e).

    Si les joueurs de la Section prenaient les points par deux fois pour passer devant grâce à Desperes (12e, 17e), le RCT, lui, choisissait la touche. Et avec succès, puisque cela permettait à Jaminet, trouvé par Albornoz après un groupé-pénétrant, d’aller inscrire un doublé (12-6, 23e).

    Solide défensivement, à l’image d’une longue séquence durant laquelle les Palois ont pilonné la ligne d’en-but sans parvenir à scorer, les hommes de Franck Azéma pouvaient aussi compter sur leurs avants pour les mettre dans l’avancée. Et au bout du compte, Jaminet, visiblement revigoré par sa performance XXL à Édimbourg la semaine dernière, y allait de son triplé, à nouveau trouvé en bout de ligne (17-6, 33e).

    Et le festival toulonnais ne s’arrêtait pas là. Après un par dessus d’Albornoz mal négocié par une défense béarnaise sonnée par la furia varoise, le ballon transitait jusqu’à Jones qui, en force, aplatissait son premier essai toulonnais entre les perches (24-6, 38e), pour rentrer aux vestiaires avec une marge confortable.

    Près de 20 minutes d’infériorité, mais le RCT tient son bonus

    À la reprise, les coéquipiers de Lewis Ludlam ne relâchaient pas l’étreinte. Après une nouvelle série d’assauts sur l’arrière garde paloise, Brex trouvait Cowie d’une passe sautée, qui leur permettait de prendre le large (31-6, 46e). Les entrants ne se privaient pas de participer à la fête. En sortie de ruck, Serin (qui n’aura passé que 2 minutes sur le terrain avant de sortir sur protocole commotion) servait Gigashvili, qui prenait de vitesse (!) une défense béarnaises aux étonnantes largesses sur un rush de 20 mètres (38-6, 52e).

    En infériorité numérique suite au carton jaune d’Ametlla, les Rouge et Noir allaient souffrir pendant dix minutes, durant lesquelles Tokolahi (38-11, 61e), puis Grondona (38-20, 70e), allégeaient un peu le score. Et alors que le pilier varois venait tout juste de revenir sur la pelouse, c’était fois Tuicuvu qui laissait ses coéquipiers finir la rencontre à 14, sur un carton jaune un brin sévère pour une épaule qui remontait légèrement sur un plaquage (73e).

    Mais cette fois-ci, Pau, visiblement émoussé, n’en profitait pas. C’était même Jaminet qui mettait un point final à la rencontre, sur une ultime pénalité après la sirène, permettant au RCT de passer la barre des 40 points. Et de s’offrir un troisième succès de rang, qui plus est bonifié, qui le replace en huitième position, provisoirement à deux points du 3e, Bordeaux, qui affronte La Rochelle ce dimanche.

    TOULON 41 – 20 PAU (MT : 24-6)

    7e journée de Top 14

    Samedi 24 octobre, 21h

    Stade Félix-Mayol, Toulon

    Arbitre : M. Rousselet

    Points Toulon : 6E Jaminet (9e, 23e, 33e), Jones (38e), Cowie (46e), Gigashvili (52e) ; 4T Jaminet (23e, 38e, 46e, 52e) : 1P Jaminet (80e)

    Points Pau : 2E Tokolahi (61e), Grondona (70e) ; 2T Despres (61e, 70e) ; 2P Desperes (12e, 17e)

    Cartons jaunes : Ametlla (59e), Tuicuvu (73e) pour Toulon

    Toulon : Gros (Ametlla, 51e), Baubigny (Damond, 51e), Sinckler (Gigashvili, 51e) ; Rebbadj, Ribbans (Kpoku, 68e) ; Mercer, Ollivon (Abadie, 51e), Ludlam (Cap.) ; White (Serin, 51e ; White 53e), Albornoz ; Tuicuvu (Gros, 67e ; Tuicuvu, 70e), Brex (Frish, 53e), Jones, Cowie, Jaminet.

    Pau : Kaulashvili (Parrou, 55e), Montoya (Delhomel, 55e), Laclayat (Tokolahi, 55e ; Laclayat, 65e) ; Auradou, Pesenti (Maximin, 41e) ; Grondona, Zegueur (Isa, 51e), Gorgadze (Cap.) ; Garcia (Souverbie, 51e), Desperes ; Grandidier-Nakanang, Brau-Boirie (Mondinat, 59e), Gailleton, Marta ; Atissogbe.

  • [RCT] Jean-Baptiste Gros, discret dans le vestiaire, leader sur le terrain

    [RCT] Jean-Baptiste Gros, discret dans le vestiaire, leader sur le terrain

    Ne lui demandez pas de gérer les causeries d’avant-match. S’il se considère davantage « comme un soldat que comme un leader », Jean-Baptiste Gros reste un homme fort du vestiaire toulonnais. « Je ne vais pas me forcer à prendre la parole à partir du moment où d’autres le font très bien », assume l’intéressé. « Quand tu es international, que tu fais ton boulot, tu n’as pas besoin de beaucoup parler », complète son entraîneur. « Le groupe le connaît par cœur. Il est là depuis un moment. S’il a besoin de parler, il en est capable, en tête à tête. »

    Son tempérament le pilier de droit de 27 ans, devenu une référence à son poste, sans jamais feindre l’humilité, l’affiche par le geste plus que par la voix. « Pour lui, c’est match tous les jours », rigole Setariki Tuicuvu. « Il chope les mecs, il leur rentre dedans. Il est toujours à 100%. » « S’il est exigeant envers lui-même, ça impose un standard pour les autres », ajoute Franck Azéma.

    Après une préparation tronquée par une blessure, le natif d’Arles enchaîne depuis son retour. « Il a eu des séances différentes pour revenir. C’est bon de pouvoir compter sur sa forme du moment », se réjouit l’entraîneur toulonnais, qui ne tarit pas d’éloges sur un joueur qui l’avait impressionné lors de son premier passage dans la rade, en 2021 : « Dès qu’un trois quart “brêchait”, il était le premier à hauteur. Je me demandais d’où il sortait. Je n’avais jamais vu un pilier se déplacer comme ça. » Un minot qui « avait déjà ces standards », qu’il assortit désormais à « cinq ans d’expérience en plus et au statut international ».

  • Toulon : l’imposture de l’extrême droite se confirme en conseil municipal

    Toulon : l’imposture de l’extrême droite se confirme en conseil municipal

    Le parfois sinistre comique-troupier de l’extrême droite toulonnaise s’est une nouvelle fois mis en scène sur les « planches » du conseil municipal, alternant gravité feinte et blagues de sale gosse provocateur qu’il revendique. Convoquant ses talents d’acteur de studio, Amaury Navarranne a lancé sa première charge contre la gauche qui, selon lui, n’aurait pas suffisamment condamné les violences survenues en marge de la manifestation du 17 octobre. Des propos outranciers et mensongers qui méritent réponse, même si le camp progressiste n’est hélas plus représenté dans cette assemblée.

    Sans prévention

    Un camp, ajoute-t-il, « toujours à même de donner de grandes leçons et parfois même à se retirer aux élections pour faire barrage », en parlant de « grande abjection »… Il interpelle ensuite directement la maire de Toulon, Josée Massi : « Il est une honte de continuer à faire semblant que le soutien de ces formations politiques, qui a été bénéfique pour vous… ». Puis : « Je crois qu’aujourd’hui, il serait important de clarifier les positions, on ne peut pas se satisfaire du soutien de gens qui n’ont de mots suffisamment forts pour dénoncer l’inacceptable. »

    Dénoncer l’inacceptable ? Comme lorsque ce même élu, qui s’élève au rang de défenseur de l’ordre et la sécurité, paradait aux côtés d’Yvan Benedetti lors de l’hommage rendu, le 28 août dernier à Toulon, au général félon et séditieux Raoul Salan, ancien chef de l’OAS, l’organisation clandestine qui tenta d’assassiner le général de Gaulle ? Pour mémoire, l’infréquentable Benedetti se déclarait, en 2011, « antisioniste, antisémite, anti-juif ».

    Même si, comme lui a répondu la première magistrate, « le conseil municipal n’est pas une tribune politique », il est toujours bon de rappeler d’où on parle.

    À l’occasion d’une délibération portant sur la demande de soutien financier au Département, au titre du Fonds d’initiative cantonale, d’un montant de 560 000 euros pour deux opérations de désimperméabilisation et de végétalisation des cours des groupes scolaires Brusquet et Jean-Aicard, le conseiller municipal frontiste a redemandé la parole, pour ne rien dire. Si ce n’est affirmer que « le conseil départemental n’est pas un tiroir-caisse ». Mais aussi pour tenter de jeter quelque peu la suspicion en pointant que les établissements concernés, cette année, sont dans le canton de Josée Massi. L’occasion pour cette dernière d’énumérer les écoles ayant déjà bénéficié de ces investissements publics dans les autres cantons.

    Lors du vote sur l’attribution de subventions à des associations intervenant dans le domaine, hautement stratégique, de la prévention de la délinquance, le RN s’est encore distingué en s’abstenant. Au prétexte dixit Amaury Navarranne que « [son] unité de mesure, c’est le nerf optique ».

    De bien curieux stratèges qui prônent la sécurité tout en refusant d’agir en amont, avant même que l’ordre public ne soit troublé. À moins que ce ne soit finalement le chaos qu’ils recherchent.

    ET AUSSI

    Un Ravi de la crèche multirécidiviste

    Le conseiller municipal d’opposition RN, Amaury Navarranne, est revenu comme chaque année, au mépris de la laïcité, demander l’installation d’une crèche dans le hall de la mairie. Il en a profité pour traiter l’ancien conseiller municipal communiste André De Ubeda, qui n’est plus dans l’assemblée pour lui répondre vertement lorsqu’il dérapait, d’« yatollah de la laïcardisation ». « Jésus l’aimait aussi, lui », ajoute-t-il pour faire rire l’auditoire.

    Et la maire de lui répondre : « Comme chaque année, je vais vous dire qu’on sera toujours pour le respect de la laïcité. »

    Logements sociaux

    Le conseil municipal a approuvé une participation financière de la Ville de Toulon pour un montant de 165 000 euros à la société d’HLM 1 001 vies, qui réalise pour une opération de production de 11 logements sociaux au 90 boulevard Tessé en mode acquisition-réhabilitation.

    « Dans l’attente de la signature du Contrat de Mixité Sociale 2026-2028, la Commune poursuit sa politique de soutien à la production de logements sociaux afin de répondre aux besoins du territoire en accompagnant financièrement les bailleurs sociaux porteurs de projets », a expliqué l’adjoint Serge Lhôtellier. Et de poursuivre : « Tous ces financements nous rapprochent chaque fois un peu plus de la sortie de la carence. »

    Une leçon sur Napoléon

    Quand on ne joue pas les pompiers pyromanes, les pitres de services ou les climatosceptiques, aux côtés des conseillers municipaux RN, on essaie coûte que coûte d’occuper le terrain de la prise de parole. Robin Cloedt s’est donc cru obligé de donner à l’auditoire un peu gêné un long cours sur Napoléon Bonaparte à l’occasion d’une prochaine exposition au Musée d’art de Toulon dédiée aux dessins réalisés pendant la campagne d’Égypte. Et d’appeler « à l’exaltation du génie français ».

    Consternant, non ?