Tag: Toulon

  • [Grève dans l’éducation nationale] À Toulon, les AESH et enseignants spécialisés sont à bout de souffle

    [Grève dans l’éducation nationale] À Toulon, les AESH et enseignants spécialisés sont à bout de souffle

    L’inconstance : la seule constante de la vie professionnelle de Florence Dho. Cette accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH) – deuxième corps le plus important à l’Éducation nationale après celui des enseignants – est arrivée à l’école primaire Saint-Exupéry de Hyères en mars. Un nouveau changement d’affectation qui nuit autant à son travail qu’aux élèves qu’elle accompagne. « J’en suis à mon 5e emploi du temps depuis septembre, certains sont à huit. Le bien-être des enfants n’est pas respecté. Ils changent d’AESH, les parents n’en sont même pas informés », déplore-t-elle. « Certains se retrouvent même sans accompagnement. On déshabille Pierre pour habiller Paul. »

    Derrière ce constat, une situation qui n’évolue pas, à l’image du vote du Sénat leur refusant le statut de fonctionnaire, en janvier. Avec pour autres conséquences des temps de travail incomplet et un salaire moyen évalué en 1 030 euros pour l’année 2024-2025. « On préfère nous laisser vacataires car ça coûte moins cher », dénonce Véronique Rinaldi, AESH à l’école Excelsior de Hyères.

    La politique d’accompagnement, incarnée par la généralisation des Pôles d’appui à la scolarité (PAS) depuis la rentrée 2025, ne convainc guère non plus. Ces dispositifs étaient censés offrir un suivi personnalisé aux élèves grâce à un travail collaboratif entre enseignants, éducateurs et professionnels de santé. Mais ils peinent à tenir leurs promesses. « Le PAS consiste en un enseignant ou un éducateur qui oriente les familles vers des spécialistes en dehors de l’école, plutôt que de traiter en interne. Cela n’apporte aucun moyen supplémentaire », soutient Élodie Hernandez, professeure spécialisée au collège La Marquisanne de Toulon et secrétaire départementale CGT éduc’action. Elle regrette l’effacement progressif des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased) : « Les Rased impliquaient des instituteurs spécialisés, des psychologues scolaires, qui prenaient en charge les enfants sur le temps d’école. Aujourd’hui, tout est externalisé. L’école ne vient plus en aide à ceux qui en ont besoin. »

    « L’école inclusive est une coquille vide »

    Pour la syndicaliste, la création de 1 200 postes d’AESH, pour la rentrée prochaine, « est un pansement qui ne palliera pas un manque énorme », tant en effectifs qu’en formation, dans le cas de l’enseignement spécialisé : « Le certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive (Cappei) n’est plus spécialisé selon le public. Et, à partir de la rentrée, la moitié des heures de formation se fera sur du temps libre, les mercredis ou pendant les vacances. » Une mesure qui montre, selon elle, que « le gouvernement n’a pas l’intention d’agir sur le fond. L’école inclusive est une coquille vide. »

  • [Grève dans l’éducation nationale] Cédric Turco (FSU-SNUipp 83) : « L’éducation n’est pas un coût, c’est un investissement »

    [Grève dans l’éducation nationale] Cédric Turco (FSU-SNUipp 83) : « L’éducation n’est pas un coût, c’est un investissement »

    La Marseillaise : Dans le Var, les syndicats dénoncent notamment la suppression de cinq postes de professeurs des écoles pour la rentrée 2026, ainsi que six postes dans le secondaire…

    Cédric Turco : C’est catastrophique. Les classes sont surchargées dans le premier degré, encore plus dans le second. On ne peut pas travailler sereinement avec 35 ou 36 élèves par classe au lycée, ou avec 30 par classe dans le premier degré. On a des élèves relevant de l’enseignement spécialisé qui se retrouvent dans le circuit général, faute de place. Nous, généralistes, n’avons pas la formation pour les accueillir correctement.

    Cela se fait au détriment de tous les élèves, tout le monde est perdant et, in fine, la nation l’est aussi. Il y a un manque criant d’enseignants du premier degré. On fait partie des départements moins bien classés au niveau professeurs par classe et élèves par professeurs.

    Pourtant, il y a 86 000 élèves dans le premier degré, dans le Var. Des effectifs assez stables.

    C.T. : On aurait dû se servir de cela pour ouvrir des postes supplémentaires et améliorer les conditions d’apprentissage, pour une école ambitieuse permettant à tous les élèves de réussir. Mercredi a lieu une commission académique pour décider des ouvertures et fermetures de postes. Je vais y siéger. On va tenir notre rôle d’élu avec force et on sera aux côtés des parents de toutes les écoles, pour qu’à la rentrée 2026, les conditions ne soient pas dégradées.

    La manifestation de ce mardi intervient quelques semaines après l’agression au couteau d’une professeure au collège de Sanary. Que dit cet événement du contexte éducatif français ?

    C.T. : La faiblesse des investissements dans l’éducation est dramatique et inexplicable, car l’école forme les citoyens de demain. Ce n’est pas un coût, c’est un investissement dans notre avenir. Et le gouvernement a 0/20 là-dessus. Le sous-investissement dans le personnel, au niveau des AESH, AED, psychologues et autres infirmières mène à des conditions dégradées. Cela engendre un mal-être au travail, pour les enseignants comme pour les élèves. Et ça se concrétise, parfois, par des violences physiques et verbales, ce qu’on a vu à Sanary dépassant les bornes.

    L’école, comme nombre de services publics, souffre également du processus de privatisation latent…

    C.T. : Tout est fait pour casser les services publics. Que ce soit l’hôpital, les collectivités ou les écoles, tout est fait pour orienter vers le privé. Les Français n’ont pas besoin de ça, ils ont besoin de services publics de qualité partout et pour tous. Heureusement que les familles ont encore confiance en l’éducation publique et y scolarisent massivement leurs enfants, c’est pour ça qu’on a besoin de moyens. Le privé fausse l’égalité. On s’oppose à ce principe-là. Les services publics sont faits pour réduire les inégalités. Avec ces politiques, on ne les réduit pas, on les creuse les inégalités et on en crée même de nouvelles, ce qui est inacceptable.

    Doit-on s’attendre à ce que la mobilisation dure ?

    C.T. : L’arc syndical est uni, avec la CGT, FSU, FO, l’Unsa, SNALC, Sud et Solidaires. Nous œuvrons main dans la main pour dénoncer la situation très difficile, dans le Var et partout en France. Très rapidement, après la journée d’action, nous nous réunirons pour échanger sur les modalités de la suite. On est uni, déterminé, on ne lâchera rien, et la mobilisation n’est pas près de s’arrêter.

  • Toulon s’enfonce dans la crise avec un revers à Perpignan

    Toulon s’enfonce dans la crise avec un revers à Perpignan

    Encore une chute pour le RCT. En déplacement à Perpignan samedi après-midi, les Rouges et Noirs ont connu leur dixième défaite de la saison, lors de cette 20e journée de Top 14. La quatrième lors des cinq dernières rencontres en championnat. « Ça va être dur de vous parler comme ça, à chaud… On s’était bien préparés pourtant », a lancé l’ailier toulonnais Mathis Ferté en peinant à trouver ses mots pour exprimer cette situation dramatique. « À la mi-temps, on s’est dit que ce n’était pas possible. On ne s’envoyait pas, on n’avait pas d’énergie. Sans révolutionner le rugby, il fallait au moins mettre du combat », poursuit le jeune homme de 22 ans, titularisé pour la 18e fois de la saison. Le groupe varois a complètement perdu pied depuis quelques semaines et se retrouve aspiré dans une spirale négative infernale. « Oui, l’équipe a perdu confiance, bien sûr », a reconnu le manager Pierre Mignoni, qui n’arrive pas à expliquer comment ses protégés ont pu réaliser une telle prestation après un stage de quatre jours dans le Pays catalan. « C’est une période difficile, tous les clubs en traversent, les joueurs en ont connu tout au long de leur carrière. C’est dans ces moments-là qu’on voit les hommes. On parle beaucoup de talent. Mais il faut avant tout du cœur », a-t-il martelé.

    Le Top 6 s’éloigne

    Si la première mi-temps s’est avérée désastreuse pour les Toulonnais, avec un essai aplati seulement contre trois pour les Perpignanais, la deuxième période a été, en revanche, plus intéressante pour les Rouges et Noirs. Les troisièmes ligne ont parfaitement joué leur rôle : le jeune géorgien Mikheili Shioshvili, puis l’international anglais Lewis Ludlam avaient permis au RCT de revenir à quatre longueurs des locaux à une vingtaine de minutes de la sirène. Mais l’USAP possédait encore l’énergie nécessaire pour mettre un dernier coup d’accélérateur dans les dernières minutes de la partie. « Bizarrement, les choses se sont remises un peu dans l’ordre », a constaté Pierre Mignoni, conscient que le momentum d’une saison peut basculer en un clin d’œil. Pour autant, le top 6 tant convoité afin de disputer les play-offs et espérer retrouver la Champions Cup la saison prochaine s’éloigne de plus en plus. « Au-delà de ça, quel visage on veut montrer pour cette fin de saison ? Est-ce qu’on veut se battre pour aller chercher quelque chose ? », s’est interrogé le manager perdu.

  • Deux championnes de judo en visite au collège Genevoix

    Deux championnes de judo en visite au collège Genevoix

    Elles donnent l’impression de voir double. Loane et Stella Pellegrino, 15 ans, sont sœurs jumelles et dans la vie, elles partagent une grande partie de leur quotidien. De leur apprentissage en pâtisserie, débuté cette année, à leurs quatre à sept entraînements de judo hebdomadaires au sein du Judo Club Gardéen. Avec une spécificité : elles ne combattent pas. Elles pratiquent le judo kata. « Dans le judo il y a deux catégories : les combats et les katas. Les katas servent à démontrer les techniques, et nous sommes notés puis classés selon la qualité », explique Stella.

    Objectif championnats

    du monde

    Leur passion des tatamis a démarré dès l’âge de trois ans et les mène aujourd’hui à parcourir l’Europe, où elles figurent avec brio. Médaillées de bronze pour leurs premiers championnats continentaux en Lettonie l’an dernier, elles ont remporté l’or il y a deux semaines lors d’un tournoi international en Belgique. Un parcours qu’elles sont venues raconter aux élèves de 6e section sportive du collège Genevoix. « C’est intéressant qu’ils rencontrent des sportifs, pour comprendre l’engagement que ça demande », se réjouit Christophe Quesada, leur enseignant d’EPS, qui voit aussi l’intérêt dans « le lien entre efforts sportif et scolaire. Ils ont besoin de voir qu’il faut tout le temps répéter, que le travail paye car ils abandonnent vite. »

    Et l’importance du travail, celles qui s’inspirent de la championne olympique Clarisse Agbegnenou la connaissent, elles qui se lèvent cinq jours par semaine à 5h pour suivre leur apprentissage en pâtisserie. « On sait qu’on ne pourra pas vivre du judo, donc l’école reste le plus important », soutiennent les deux sœurs qui ne bénéficient pas du statut de sportive de haut niveau, le kata n’étant pas une discipline olympique. Les journées se concluent par des entraînements qui se terminent à 20h30. Un rythme effréné, « mais il y a le gendarme à la maison pour veiller à ce qu’elles se couchent à 21h15 », assure Déborah, leur maman.

    Une visite de circonstances, puisque les deux sœurs disputaient ce samedi, chez elles, à La Garde, les championnats de France. Un passage obligatoire pour se qualifier pour les championnats d’Europe à Sarajevo, les 16 et 17 mai. Mission accomplie, puisqu’elles sont devenues championnes de France pour la troisième fois. Nouvel objectif désormais : le podium européen, pour retourner dans la capitale bosnienne les 26 et 27 septembre, et y disputer, cette fois, les championnats du monde. Ajime !

  • Top 14 : face à un RCT en méforme, l’USAP va jouer le coup à fond

    Top 14 : face à un RCT en méforme, l’USAP va jouer le coup à fond

    Avant-dernier du Top 14 avec 19 points, soit 12 de plus que la lanterne rouge montalbanaise, l’Usap devra remporter tous ses matches avec bonus et voir Bayonne ne prendre aucun point pour se sauver sans passer par les barrages. Mission impossible, donc. L’objectif pour les Catalans est désormais, de fait, de prendre un maximum de points pour consolider sa 13e place, et empêcher Montauban de revenir.

    D’autant qu’après leur défaite face au LOU samedi dernier (28-32), les hommes de Laurent Labit ont vu leur objectif de rester invaincus à Aimé-Giral jusqu’en fin de saison s’envoler, eux qui restaient sur trois victoires (dont une face à Toulouse) et un nul en Challenge Cup. « On perd de peu, on se le perd nous-mêmes. L’équipe est très revancharde. On va essayer de faire le meilleur match possible pour gagner », prévient l’ailier Théo Forner, pour qui cette fin de saison doit justement servir à peaufiner « les réglages et arriver à l’access match avec beaucoup de confiance ».

    Dans cette optique, le RCT semble être un adversaire idoine : « S’ils veulent rester dans le top 6, il faut qu’ils aillent chercher des matches à l’extérieur, donc c’est un déplacement qui compte pour eux », déroulait Mathieu Cidre, l’entraîneur des avants perpignanais, sur l’antenne d’Ici Roussillon. « On a travaillé sur cette équipe de Toulon. J’ai présenté le contexte aux joueurs. Une fois qu’on le connaît, il faut mettre l’énergie sur l’équipe pour préparer ce match au mieux, gagner et laver cette défaite contre Lyon. » Le piège est tendu.

  • Top 14 : Toulon au pied du mur sur le terrain de Perpignan

    Top 14 : Toulon au pied du mur sur le terrain de Perpignan

    Voilà maintenant deux mois, et une victoire au forceps (30-27), face à Montpellier, le 25 janvier, à Mayol, que le RC Toulon n’a plus goûté aux joies du succès. Une éternité, pour les joueurs, le staff, et les supporters, malgré les seuls quatre matches qui ont eu lieu depuis, en raison de la période internationale. Quatre matches qui ont cependant changé – négativement – le cours de la saison du club de la Rade. Défaits par trois fois, dont deux de suite à Mayol, ce qui ne leur était pas arrivé depuis près de dix ans, et deux revers contre le Racing en fin de saison 2015-2016, et Brive au début de la suivante, les coéquipiers de David Ribbans, qui n’avaient jamais quitté le top 6 depuis le début de la saison, ont inexorablement glissé de la 4e à la 9e place.

    Relégués à 7 points des places qualificatives pour les phases finales, et à 12 points d’une deuxième place désormais occupée par Montpellier, qui se trouvait pourtant à trois longueurs au soir de sa défaite à Mayol lors de la 15e journée, les Varois ont vu leurs objectifs s’éloigner, au cours d’une période de crise inédite depuis que Pierre Mignoni a repris les rênes de l’équipe première en 2022. À force de tirer sur la corde, entre les professionnels et le pilotage de la stratégie rugby de l’ensemble du club, le manager toulonnais a été contraint de prendre du repos pendant deux semaines, victime d’un burn-out que personne n’avait pourtant vu venir.

    « Continuer à y croire »

    Revenu avec la résolution de davantage se reposer sur son staff, l’ancien demi-de-mêlée n’a pas fait de miracle, dans une équipe qui semble encore bien loin des moyens qu’elle a pu afficher par séquences cette saison. Face au Stade Français samedi dernier, bien qu’en supériorité numérique pendant près de 20 minutes en première période, le RCT a à nouveau sombré. Avec 41 points encaissés, et une incapacité chronique à se montrer dangereux, les Rouge et Noir ont encore fait montre de leurs limites du moment sur le plan collectif et psychologique. Malgré l’envie apparente de bien faire, ils n’ont pas su réagir dès que le doute s’est installé, en fin de première période, et surtout, en début de seconde, quand les Parisiens ont pris le large, multipliant les erreurs défensives et balle en main.

    En stage cette semaine, le groupe a pu prendre l’air avant d’aller affronter Perpignan ce samedi. « On sait ce qu’il nous reste à faire. Il nous reste sept matches à jouer. Tout est encore possible même si forcément beaucoup de monde en doute. Mais il faut continuer à y croire, rester positif, et faire bien mieux les choses », martelait l’entraîneur du RCT en conférence de presse. Sept matches couperets, qui auront tous des airs de finale, pour renverser une situation bien mal embarquée.

    Perpignan – Toulon

    20e journée de Top 14

    Samedi 28 mars, 16h35

    Stade Aimé Giral, Perpignan

    Arbitre : Thomas Charabas

    USAP : Tetrashvili, Ruiz, Ceccarelli ; Yato, Warion ; Hicks, Van Tonder, Oviedo ; Ecochard (c), Urdapileta ; Forner, Mascarenc, Buliruarua, Joseph ; Fahy

    RCT : Priso, Lucchesi, Gigashvili ; Mézou, Alainu’uese ; Ludlam, Coulon, Shioshvili ; White, Albornoz ; Ferté, Frisch, Brex, Tuicuvu ; Jaminet.

    En bref

    Frisch et Halagahu de retour

    Blessé au pied et opéré en octobre, Antoine Frisch est de retour après 5 mois d’absence et sera titulaire au centre. Il en va de même pour Mathias Halagahu, sur la touche depuis 6 mois après avoir été opéré d’un orteil. Nacho Brex et Ben White font aussi leur retour après avoir disputé le tournoi des VI nations.

    Pas de luxation ni de fracture pour Serin

    Nouvelles rassurantes pour Baptiste Serin. Touché à l’épaule face au Stade Français, le demi-de-mêlée ne souffre ni d’une luxation ni d’une fracture, mais passera des examens supplémentaires la semaine prochaine.

  • L’équipe toulonnaise élue pour une ville sûre, solidaire et attractive

    L’équipe toulonnaise élue pour une ville sûre, solidaire et attractive

    Dans son propos introductif la deuxième adjointe Geneviève Lévy a rappelé le résultat du scrutin du dimanche 22 mars où la liste Toulon-Mon parti conduite par Josée Massi (SE) a recueilli 31 593 voix contre 28 753 voix pour la candidate d’extrême droite Laure Lavalette (RN).

    Et de poursuivre : « Vous êtes tous, majorité et opposition, des conseillers municipaux élus de la ville de Toulon. Et à ce titre, chacun apportera sa contribution dans un esprit de respect démocratique. »

    L’occasion de rappeler que « la victoire, il faut l’appréhender avec modestie, car c’est le premier acte tangible de notre engagement au service de tous, quels qu’aient été leurs votes ».

    Et à l’ancienne députée de préciser que ce qui l’anime encore aujourd’hui, après 25 ans d’engagement, c’est l’enthousiasme. En soulignant que le mandat municipal, est pour elle le plus passionnant, « car il permet d’agir au quotidien et en même temps de rendre réel des projets à moyen ou long terme, de nature à améliorer la vie des habitants ».

    Avant de procéder au vote du maire, Geneviève Lévy lui a consacré un petit portrait, en expliquant que si « les Toulonnais connaissaient peu Josée Massi avant cette campagne », c’est parce qu’« elle a toujours privilégié le travail plutôt que la communication ». Et de rappeler son parcours, de professeur de mathématiques, pour commencer, qui « lui a enseigné la rigueur essentielle pour une gestion responsable d’une collectivité ». Puis comme directrice d’un organisme d’insertion professionnelle, ce qui « lui a permis d’aider les hommes et les femmes qui méritaient d’être accompagnées pour trouver leur voie ». « Cette attention aux autres, cette conviction de parcours positifs et de progrès est un marqueur fort de sa personnalité », insiste-t-elle.

    Et de rappeler pour conclure sur le projet municipal, que la sécurité, la proximité, la solidarité sont des priorités.

    La conseillère municipale d’opposition du Rassemblement national Laure Lavalette a assuré pour sa part que son groupe, fort de 14 élus, siégera « sans sectarisme aucun ». Ça, ça serait nouveau. La maire de Toulon Josée Massi fraîchement élue par le conseil municipal a ensuite pris la parole pour dire avec émotion l’honneur qui lui est fait aujourd’hui en lui confiant « une des plus belles responsabilités, mais aussi une des plus exigeantes ».

    Dans la concorde

    Et de poursuivre à l’intention de tous les élus afin de prévenir toute incartade : « Nous ne devrons jamais oublier que nous servons la même ville. Je souhaite que ce conseil municipal soit un lieu de débat, mais un lieu où chacun se respecte. »

    La première magistrate a également insisté sur sa volonté de rassembler : « Je suis la maire de tous les Toulonnais. Je gouvernerai pour tous. Ma seule boussole, c’est l’intérêt général. »

    L’occasion de réaffirmer que « personne ne sera laissé au bord du chemin ». Et de rappeler la devise de la ville qui dit que c’est dans la concorde que se font les grandes choses.

    C’est-à-dire la capacité de construire, malgré les différences, « le refus des fractures inutiles et la volonté de faire prévaloir ce qui unit sur ce qui oppose ».

    Josée Massi s’est engagée à continuer de gouverner « avec proximité, humanité et pragmatisme » afin de « répondre aux urgences du quotidien tout en préparant l’avenir ».

    Elle veut, ajoute-t-elle, une mandature utile aux familles, à ceux qui travaillent, comme à ceux qui cherchent encore leur place. Et de préciser : « J’irai voir, j’irai écouter. J’irai décider, mais je prendrai d’abord le temps d’entendre. (…) Sans jamais oublier que le mandat que je reçois aujourd’hui n’appartient pas à un camp, mais à une ville. »

    Un discours d’apaisement qui tend la main à toutes bonnes volontés qui souhaitent œuvrer pour le bien commun, comme celle de la gauche qui ne siège plus au conseil municipal mais qui veut continuer à participer au débat et être force de proposition pour faire avancer la ville.

    Une concorde pour l’intérêt général, comme énoncé.

    Les adjoints :

    1 – Julien Orlandini

    2 – Geneviève Lévy

    3 -Thomas Iison

    

    4 – Valérie Marcel Arniaud

    5 – Laurent Isnard

    6 – Margaux Lombard

    7 – Jean-Michel Permingeat

    8 – Laurence Masson-Dubroc

    9 – M. Patrice Cazaux

    10 – Lauren Boulay

    11 – Albert Tanguy

    12 – Hélène Audibert

    13 – Jean-Charles Brochot

    14 – Brigitte Genetelli

    15 – Boris Touaty

    16 – Martine Berard

    17 – Pierre Bonnefoy

    18 – Corinne Jouve

    19 – Ali Khalfaoui

    20 – Pascale Robert

    21 – Serge Lhotellier

    22 – Camille Sztejnhor

  • La gauche veut peser dans le débat à Toulon

    La gauche veut peser dans le débat à Toulon

    Après l’immense satisfaction d’avoir échappé à la prise de la ville par l’extrême droite, reste aujourd’hui à la gauche à continuer à peser dans les débats comme elle le fait depuis plus de quatre décennies dans les rangs de l’opposition du conseil municipal, tout en n’ayant plus la possibilité d’y siéger.

    L’occasion de revenir sur ses combats et la manière dont elle est parvenue à vivifier le débat démocratique et à insuffler une gestion plus sociale de la ville.

    C’est en 1983, après un règne sans partage de la droite depuis plus de 20 ans après la fin de la mandature Le Bellégou (SFIO) – grâce à la réforme électorale octroyant une partie des sièges à l’opposition –, que la gauche fait son retour dans le conseil municipal de Toulon. Forte alors de 10 élus (4 communistes et 6 socialistes) elle est accueillie avec beaucoup d’hostilité, voire de violence. Danielle De March (ancienne vice-présidente PCF du Parlement européen) se souvient alors d’« une première séance houleuse » où elle devait prendre la parole « sous les cris » d’une droite pas très républicaine et revancharde, ne supportant pas qu’on vienne mettre le nez dans les affaires de la cité. Le patron du Port du Levant, et du Var tout entier, Maurice Arreckx (UDF), qui finira sa carrière aux Baumettes, dirige alors la ville dans la plus grande opacité depuis son élection en 1959.

    « C’était terrible, la haine dont on était la cible. On nous criait “Communistes à Moscou !”, je retrouvais mon courrier déchiré dans la boîte aux lettres », précise Madeleine Brun (ex-PCF).

    Mais l’opposition parvient à s’imposer et même à déjouer quelques mauvais tours pour la ville en alertant la population, comme le projet de construction d’un aquarium géant sur les plages du Mourillon, ajoute-t-elle.

    Et de poursuivre : « Et juste après la victoire d’Hubert Falco (DVD), sur notre proposition, a été votée la gratuité du parking de ces plages du Mourillon que le FN avait rendu payants. »

    Robert Alfonsi (ex-PS) met en avant le poids qu’avait alors la gauche aux manettes à la Région, forte de plusieurs parlementaires varois et gérant les villes entourant Toulon comme La Seyne, La Garde et Le Pradet, alors qu’elle est aujourd’hui encerclée par l’extrême droite.

    L’ancien élu d’opposition continue : « On est arrivés également pendant le premier mandat de Falco à faire comprendre que la problématique du logement social était importante. Et il avait accepté une de nos propositions, qui était pour chaque création de programme de construction, d’obliger à un nombre de logements sociaux… »

    Pas question donc de laisser la seule place à l’extrême droite dans le débat concernant les affaires de la ville.

    « Nous allons continuer à être présents aux séances du conseil municipal et travailler les dossiers », assure André De Ubeda (PCF), conseiller municipal sortant de Toulon en Commun. Une opposition constructive donc qui va être « très attentive à ce que va dire et faire Josée Massi ».

    Et de conclure : « Elle peut reprendre des propositions en disant ou pas que ça vient de la gauche. Tout ce qui fera avancer le bien-être et la vie quotidienne de tout le monde, on saluera l’effort. »

  • [Théâtre] Satire judiciaire entre violence et humour à Toulon

    [Théâtre] Satire judiciaire entre violence et humour à Toulon

    Après La vie est une fête, qui immergeait le public dans un service d’urgences psychiatriques, la compagnie Les chiens de Navarre s’attaque cette fois à la machine judiciaire avec I will survive. Des magistrats aux victimes, en passant par les accusés, avocats et autres témoins, une création qui exprime tout son caractère satirique du vendredi 27 mars au mercredi 1er avril au Théâtre Liberté.

    Sa trame s’enlace autour de deux procès qui se croisent et font grand bruit : d’un côté, celui d’une femme qui a tué son mari après avoir été victime, des décennies durant, d’agressions physiques et sexuelles de sa part ; de l’autre, celui d’un chroniqueur radio qui s’est fait remarquer par une blague fort douteuse sur les violences faites aux femmes.

    Le rire pour pas dépérir

    Dans I will survive, scènes de la vie quotidienne et judiciaire s’enchaînent comme le flot d’horreurs inondant nos écrans. Les deux affaires judiciaires, indirectement liées, « enflamment tout un pays. Ce qui est légal est-il toujours juste ? », s’interroge dans sa note d’intention son metteur en scène Jean-Christophe Meurisse, servi par sept interprètes qui nous embarquent alternativement dans la descente aux enfers d’un humoriste et le calvaire d’une femme victime des pires atrocités.

    Un spectacle où le rire permet de flotter au milieu du pire. Comme le chantait Gloria Gaynor, I will survive.

    Entre 5 et 30 euros

  • Le danger RN écarté de la Métropole toulonnaise

    Le danger RN écarté de la Métropole toulonnaise

    C’est un des effets des victoires du RN dans trois villes de la Métropole Toulon-Provence-Méditerranée (LSeyne-sur-Mer, Six-Fours, La Valette-du-Var) : de trois postes sous la précédente mandature, le RN va passer à 29 au conseil métropolitain. Mais la victoire de Josée Massi à Toulon, ville dotée du plus grand nombre de conseillers (35, contre 24, au total, sur les trois villes précédemment citées), va considérablement limiter son influence et son accès aux postes à responsabilité, déterminé par le vote d’un conseil métropolitain au sein duquel il n’est pas majoritaire.

    Il est ainsi très peu probable de le voir accéder à la présidence, qui devrait être cédée par Jean-Pierre Giran (LR) après sa défaite à Hyères, et à laquelle Josée Massi s’est déjà portée candidate. Il devrait en être de même pour les postes de vice-présidents (au nombre de 15 dans le précédent mandat, qui peut monter à 20).

    Sacco seul représentant de la gauche

    Il ne devrait donc pas y avoir d’élu RN au sein du bureau métropolitain (composé du président et des vice-présidents), organe chargé du pilotage des dossiers, ni aucun à la tête d’une commission (dirigées par les vice-présidents). Si elle pourra toutefois peser sur la construction des politiques, l’extrême droite n’aura donc pas les clés du processus décisionnel, au sein d’une assemblée dont les compétences (énergies, transports, déchets, logement…) sont importantes dans de nombreux domaines.

    Un conseil métropolitain au sein duquel Stéphane Sacco (GRS), tête de liste d’Uni.e.s à gauche pour La Seyne aux élections, sera le seul représentant de la gauche, alors qu’ils étaient trois entre 2020 et 2026. Une position difficile à tenir, qu’il devra toutefois usiter tant que faire se peut pour porter les voix progressistes de l’ensemble de la métropole.