Tag: Théâtre

  • [Théâtre jeunesse] « Cyrano » pointe le bout de son nez au Badaboum

    [Théâtre jeunesse] « Cyrano » pointe le bout de son nez au Badaboum

    Attirée par des « personnages qui ne sont pas tout à fait adaptés au monde qui les entoure », Anne-Claude Goustiaux s’empare de la figure de Cyrano de Bergerac. « Si l’on dresse son portrait, on peut dire qu’il est agile et élégant, manie l’épée comme personne. Poète, il n’a pas son égal pour faire jouer les mots. Il est aussi honnête, courageux, sensible, malin, drôle, pudique. Mais en vérité, c’est de son nez que l’on parlera en premier », rappelle dans sa note d’intention celle qui le met en scène à partir du mardi 24 février au Badaboum Théâtre. Un « pic », un « cap » et même une « péninsule », moteur comique, qui plus est pour le jeune public, au cours d’un spectacle d’une cinquantaine de minutes accessible dès l’âge de 5 ans.

    Triangle sentimental

    Les thèmes de la beauté intellectuelle et morale ainsi que de l’injustice sont ainsi abordés dans cette pièce, fidèle au triangle sentimental et au point de départ écrit en 1897 par Edmond Rostand : Cyrano, incarné par Frédéric Schulz-Richard, a rendez-vous avec Roxanne (Anne Naudon) dont il est secrètement épris. Prêt à lui déclarer sa flamme, il déchante en apprenant que sa dulcinée a jeté son dévolu sur Christian (Fabien Hintenoch), « un beau cadet qui va entrer dans le régiment de Cyrano et lui demande de le protéger ».

    Les 24, 25, 26, 27 février, 3, 4 et 7 mars à 14h30. Le 3 et le 6 mars à 10h. Entre 5 et 9 euros

  • [Entretien] Macha Makeïeff : « Le théâtre persiste dans les consciences, dans la rêverie »

    [Entretien] Macha Makeïeff : « Le théâtre persiste dans les consciences, dans la rêverie »

    Macha Makeïeff est metteuse en scène, autrice, cinéaste. Femme de théâtre, elle a notamment dirigé pendant 11 ans le théâtre de la Criée à Marseille, sa ville de naissance. Dans cette exposition, elle propose de mettre à l’honneur des reliques de pièces de théâtre, d’opéras, de ballets.

    La Marseillaise : Vous créez une exposition, « Inventaire onirique ». Pouvez-vous nous parler du projet ?

    Macha Makeïeff : L’exposition est une mise en scène. Je ne vais pas mettre des œuvres comme dans une galerie. C’est vraiment un spectacle immobile que je propose. C’est à la fois excitant et un vrai tourment, parce que c’est un lieu très grand et il faut quand même que le récit se développe. Et ce récit sera plutôt un cadavre exquis qu’une histoire, car on va de lieu en lieu, avec trois séquences. On n’est pas assujettis à aller à un endroit, au contraire, chacun a sa trajectoire, a un point de vue différent. Ça me plaît beaucoup l’idée que personne ne voit la même chose en même temps.

    Pourquoi avoir voulu exposer des décors, des peintures de théâtre ?

    M.M. : Je fais du théâtre depuis si longtemps que je voulais l’évoquer par sa part plastique, mais aussi par ce qui me hante, c’est-à-dire « que deviennent les spectacles une fois qu’ils sont défaits ? ». Quand les pièces sont finies, il y a quelque chose qui vous serre le cœur : ces caisses dans lesquelles on emporte tout, le plateau vide. J’ai voulu ressortir ça et aller chercher des choses qui ne sont jamais plus revues. Je garde toujours les choses un peu comme des reliques. Donc quand on me propose le Palais des Papes, pour mettre ces choses, pour les célébrer, je trouve ça magnifique. Les faire venir, les revoir alors que tout ça était invisible, c’est quelque chose de fou. Ça ne sera pas « Ma vie mes œuvres », je ne vais pas raconter ma carrière. Je veux vraiment honorer ces objets.

    Pourquoi traiter ce sujet par les thèmes de l’onirique, de la fantaisie ?

    M.M. : D’abord, quand on parle de la perte, ici d’un spectacle, l’humour n’est jamais loin, parce que sinon c’est désespérant. Au théâtre, il y a quelque chose de l’ordre de la rédemption par le rire, le sourire et la fantaisie. Sinon c’est invivable. Dans ce monde sens dessus dessous, délité, où nos valeurs sont complètement inversées, je pense que c’est important de célébrer ce qui est fragile, dire que le théâtre malgré tout persiste dans les consciences, dans la rêverie, même quand il est mis en pièces.

    Vous êtes née à Marseille et avez été directrice de la Criée pendant 11 ans. Quel est votre lien à la région et comment se lit-il dans cette exposition ?

    M.M. : Pour les œuvres, je suis restée beaucoup dans le Sud, je ne suis pas allée chercher les grandes collections parisiennes. Je suis allée au Museon Arlaten, à Arles, au Cirva à Marseille. Je suis allée fouiller dans les stocks de l’opéra d’Avignon, de la maison Jean Vilar. Ce sont des artistes et des collections qui me sont familiers, que j’aime beaucoup. J’aime bien réaliser ça dans une proximité, ça me touche. Il y a un attachement à ce territoire, cette Provence. Il y a une familiarité. Je sais aussi qu’il y a des trésors. Je suis née à Marseille, mais en plus, pendant 11 ans, quotidiennement, j’ai dirigé la Criée où il y avait tout le temps des expositions. J’aimais bien cette idée de circulaire, qui n’aille pas chercher très loin.

  • Carole Bouquet sur la scène du Kiasma dans « Le Professeur »

    Carole Bouquet sur la scène du Kiasma dans « Le Professeur »

    Unanimement saluée par la critique à la Scala de Paris et lors de ses dates en tournée, cette œuvre forte remonte le fil des dix jours ayant précédé l’assassinat de Samuel Paty. « Dans cette rétrospective, chacun révèle ce qu’il n’a pas fait, ce qu’il aurait pu ou dû faire. Nul n’est meurtrier, et pourtant c’est bien la somme des lâchetés qui a conduit à l’inéluctable », explique la metteuse en scène Muriel Mayette-Holtz.

    L’autrice Émilie Frèche a choisi de montrer la mécanique du drame, les silences, les renoncements. Et Carole Bouquet porte seule cette polyphonie, donnant corps à toutes ces personnes qui n’ont pas su agir. Le théâtre permet ici la mise à distance nécessaire pour affronter ce qui bouleverse. En reconstituant ces dix journées, le spectacle interroge nos responsabilités individuelles et collectives, nos manques de moyens, nos défaillances.

    Dimanche 15 février à 18h au Kiasma, Castelnau-le-Lez.

  • [Scène] « Une fille de l’industrie » remonte le fil de son histoire

    [Scène] « Une fille de l’industrie » remonte le fil de son histoire

    Depuis toute petite, la vie de Carole Thibaut a battu au rythme de la fonte du fer et de l’acier. Native en 1969 de Longwy et son bassin historique de la sidérurgie, son « père travaillait dans la vallée de la Chiers, à l’usine Aciéries. Là où déjà, mon grand-père et mon arrière grand-père travaillaient. Durant un siècle, les fils marchèrent sur les traces des pères. D’ouvriers à ingénieurs. La lente ascension sociale dans la gueule de l’enfer des Hauts fourneaux », retrace celle qui met en scène et incarne cette histoire familiale dans Longwy-Texas, seul en scène intime et politique à voir aux Salins vendredi. « Puis, l’usine ferma et fut démolie. Et avec elle, Longwy et toute la vallée qui ne vivaient que par elle », rembobine celle qui « marche sur les ruines de [ses] pères et de l’industrie ».

    Multiples cicatrices

    « Le spectacle traverse les ruines de l’industrie pour faire émerger une voix féminine longtemps restée en marge : celle d’une fille de l’industrie, témoin des espoirs, des combats et silences », résume le programme des Salins. Retissant le fil de ces luttes, mais aussi de ses désillusions, Carole Thibaut raconte les souvenirs de lutte de ses aïeux ayant imprégné l’histoire familiale, tout comme les soutiens dont les travailleurs de la sidérurgie lorraine furent témoins.

    « Le jour où on a abattu le premier Haut-fourneau, j’ai vu mon père pleurer », rappelle celle qui fut d’autant plus meurtrie, lorsque son paternel lui confia, « bien des années plus tard, la part active qu’il avait pris à la fermeture de l’usine, au démantèlement et aux licenciements ».

  • À Marseille, la France remue le bassin méditerranéen

    À Marseille, la France remue le bassin méditerranéen

    De passage à Marseille en juin 2023, Emmanuel Macron appelait de ses vœux une « Saison Méditerranée 2026 ». Trois ans plus tard, voilà cette saison culturelle, destinée à célébrer « l’identité profondément méditerranéenne de la France », écrit le président de la République, qui pointe le bout de son nez avec son ouverture prévue dans la cité phocéenne entre le 15 et le 24 mai, avant de se déployer dans l’Hexagone jusqu’au 31 octobre. « C’est un pari fou que celui de rassembler à l’heure où tout semble fait pour nous diviser, politiquement et médiatiquement », déclare avec aplomb, mercredi 11 février au Mucem, Nadia Hai, déléguée interministérielle à la Méditerranée d’un gouvernement qui ne cesse pourtant de souffler sur des braises extrême droitières. Selon elle, « un temps fort de diplomatie culturelle » qui laisse d’autant plus pantois quand on observe par exemple la crise diplomatique franco-algérienne, la plus aiguë depuis 1962. Le programme trouvera par ailleurs des échos en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Égypte et au Liban. Un contingent plutôt maigre, alors que la Méditerranée est bordée par une vingtaine de pays et trois continents.

    « Arriver, partir, revenir »

    Mais qu’à cela ne tienne : la « Saison Méditerranée 2026 », qui entend « mettre en lumière les jeunesses méditerranéennes des diasporas de France », dixit Eva Nguyen Binh, présidente de l’Institut français, se traduira par « une programmation polyphonique » pour « illustrer la pluralité de ses voix », estime Julie Kretzschmar, commissaire générale de l’événement. Intitulée « Arriver, partir, revenir », son ouverture marseillaise s’étendra « du Palais du Pharo au Fort Saint-Jean, puis au Mucem, au Panier, à la Joliette, à la Friche Belle de Mai, jusqu’au Grand port maritime de Marseille pour un final exceptionnel ». De nombreuses propositions artistiques seront lancées entre les 15 et 24 mai. Un parcours d’expositions investira la ville, parmi lesquelles « Résistances & Désobéissances » à la Citadelle, autour « du passé colonial de la France en Tunisie et l’emprisonnement d’Habib Bourguiba en ces mêmes lieux entre 1939 et 42 », indique Julie Kretzschmar, ou encore « Mon plus beau plan fixe », travail du cinéaste et plasticien franco-algérien Hassen Ferhani sur « les notions d’isolement et d’horizon ». La mémoire, l’histoire et la poésie en temps de guerre des Gazaouis trouveront, elles, une résonance au Centre photographique Marseille et aux ateliers Jeanne Barret. Au Musée d’art contemporain (MAC), Louisa Babari, « artiste franco-algérienne née à Moscou », campe Nicolas Misery, directeur des Musées de la Ville de Marseille, illustrera « sa réflexion sur les imaginaires de l’Algérie antique précoloniale ». Les musiques actuelles ne seront pas non plus en reste avec nombre de concerts et Dj’s sets à la Vieille Charité, la Friche Belle de Mai, ou encore au Grand port maritime. C’est sur ce site qu’une « immense fanfare » de musiciens amateurs et professionnels offrira un « condensé de Méditerranée : de la Sicile aux Balkans, de la Kabylie à l’Andalousie, de la Turquie à la Camargue, en passant par l’Atlas et les îles grecques ». Les créations théâtrales prévues pour l’ouverture ne seront pas non plus en reste, avec Mères Méditerranées de Mohamed El Khatib au Mucem, et Algérie, mon Amour qui prendra ses quartiers sur la Digue du large. Une performance conçue par Sébastien Kheroufi, d’après les récits de « quatre auteurs franco-algériens » portés par des habitants de Marseille, qui « racontent l’histoire de leurs parents. Une tentative pour comprendre ce qui se joue entre deux rives, ce temps suspendu du voyage, ces 24h de traversée en bateau entre Alger et Marseille ».

    Marseille, le point de départ d’une traversée culturelle qui fera escale dans 60 villes françaises pendant six mois, avec une cinquantaine d’événements labellisés « Saison Méditerranée 2026 » en Provence.

  • Dans la cité de Molière, à Pézenas, la gauche en chef d’orchestre

    Dans la cité de Molière, à Pézenas, la gauche en chef d’orchestre

    Des cinq listes qui briguaient la mairie de Pézenas en 2020, il ne devrait en rester que deux, le 15 mars. Celle du maire PS sortant, Armand Rivière, qui a sonné il y a 6 ans le glas de l’hégémonie de la droite d’Alain Vogel-Singer. Condamné pour « prise illégale d’intérêt » en 2017, l’ancien maire de droite a finalement eu gain de cause en 2021 en cassation pour un vice de procédure. Si un retour n’est pas à exclure, il a depuis perdu en influence.

    La seconde liste connue à ce jour est celle du macroniste Philippe Huppé. L’ancien député (2017-2022) LREM puis Agir Ensemble est vu par la majorité de gauche comme un « parachuté ». La 5e circonscription de l’ancien maire d’Adissan n’étant pas celle de Pézenas (4e). Pour le reste, pas de liste LFI ni de RN à l’horizon.

    Formations diversifiées

    et création d’emplois

    Est-ce à dire que le maire sortant a convaincu en 6 ans ? « Compte tenu de la situation de la Ville à notre arrivée, du Covid et de la guerre en Ukraine, le bilan nous satisfait, même si on peut toujours faire mieux », positive Armand Rivière. La « cantine dès 1 euro avec tarifs progressifs » est une fierté. De même que la réfection de l’avenue de Verdun (11 ME), la remise en culture de la ferme de L’Auribelle sur 14ha ou encore la belle dynamique culturelle (400 ans de Molière, festival Boby Lapointe…).

    Sans être le fruit d’un accord de partis, sa liste ouverte à la société civile, qui compte des socialistes, écologistes ou communistes, défend des « valeurs de gauche ». Dans le bassin de vie d’Agde parmi les plus sinistrés de France, A. Rivière veut « redonner de la dignité ». Bonne nouvelle : le décret du ministère est imminent pour acter le dispositif « Territoire zéro chômeur » à Pézenas. Des embauches en CDI sont donc attendues dans « des secteurs non concurrentiels où des besoins sont non couverts » (utilité sociale, conciergerie de quartier, accompagnement à la mobilité…). A. Rivière veut coupler cet outil au développement de la formation, en lien avec les activités locales comme la « filière viande » (abattoirs) ou les « métiers d’art » (chanson, théâtre). Côté constructions, le quartier Saint-Christol (24ha) offrira 584 logements, dont certains aidés. Le centre aquatique et la piste d’athlétisme seront « rénovés ». Un « plan fraîcheur » va être engagé dans les écoles et dans la ville avec « un square ou un jardin rénové chaque année ». Le tout via des ateliers participatifs. « Je n’ai pas la science infuse, je suis à l’écoute », insiste le maire PS.

  • « La famille », toute une affaire au théâtre de l’Odéon

    « La famille », toute une affaire au théâtre de l’Odéon

    Deux frères, incarnés par François-Xavier Demaison et Patrick Timsit, se vouent une rancune tenace. Ils se détestent, ne se voient jamais mais vont être réunis chez leurs parents, arrangeants comme ils peuvent à l’occasion d’un repas. Au sein de la fratrie, celui qui a « réussi », venu aux côtés de sa femme, va devoir demander un sacré service à l’autre, le « glandeur » de La Famille. Le point de départ de cette pièce aux thèmes universels écrite et mise en scène par Samuel Benchetrit. Une comédie qui prend ses quartiers du mardi 10 au samedi 14 février au théâtre de l’Odéon, dans le cadre de la saison hors les murs du Gymnase, fermé depuis plus de quatre ans. Le chantier de rénovation de ce dernier a été lancé en novembre et doit rouvrir ses portes à la rentrée 2027.

    « Émotion universelle »

    « Il y a une unité de lieu. Ça se passe le temps d’un apéritif, en direct, et le public assiste à cette rencontre familiale », a pu décrire Patrick Timsit sur France 5.

    « Je ne sais pas si c’est une famille dysfonctionnelle, mais elle me fait penser à beaucoup de familles. On rit beaucoup au début de la pièce, puis on est saisi par cette justesse, cette émotion universelle qui nous relie à nos frères, à nos sœurs », ajoute François-Xavier Demaison au sujet de cette « soirée qui promet bien des surprises, entre incompréhension, rire et amour ».

    Les 10, 12, 13 et 14 février à 20h. Le 11 février à 19h. Entre 10 et 47 euros. www.lestheatres.net

  • Le Triptyk Théâtre, à Nîmes, met l’enfance à l’honneur

    Le Triptyk Théâtre, à Nîmes, met l’enfance à l’honneur

    « Dans notre monde techno-libéral qui veut exploiter chaque séquence de nos vies, la littérature apporte le souffle intact de nos espérances », écrit Denis Lanoy en préambule du programme de la 23e saison du Triptyk Théâtre, Maison théâtre des littératures à voix haute à Nîmes. En ce début d’année, le directeur a convié de nombreux auteurs de renom et promet de belles rencontres.

    Dédicacée à Victor Hugo, cette nouvelle saison démarrera par une soirée lecture autour des textes de l’auteur des Contemplations (le 5 février). Les 12 et 19 février, le Triptyk Théâtre accueillera aussi l’autrice Gabriella Zalapi, et la grande poétesse Albane Gellée « dont on voulait faire découvrir le travail », ajoute Denis Lanoy. Le 12 mars, l’écrivain et journaliste Nicolas Martin, ex-animateur de La Méthode scientifique sur France culture, prendra le relais autour de son premier roman Fragile/s.

    Parmi les temps forts de la saison, la désormais traditionnelle séquence de « poésie(s) en l’état », qui invite à l’échange entre lecteurs et auteurs et permet surtout d’interroger la place de la poésie dans le monde, se déroulera du 16 au 20 mars. Cette année, elle planchera plus précisément sur l’impact de la poésie chez l’enfant, grâce aux lumières des poètes Philippe Berthaut et Sylvie Durbec. « Lors du colloque, un psychiatre va nous accompagner pour savoir si c’est seulement un outil pédagogique destiné à développer la mémoire ou au contraire si la poésie participe à la sensibilisation de l’être », argumente le directeur.

    Denis Infante, Laure Adler, Nicolas Rey…

    Dans la foulée, le public ira aussi à la rencontre du prodigieux Denis Infante, le 26 mars, dont le fameux Rousse (son premier roman paru en 2024) a été couronné de succès. Suivra aussi la grande Laure Adler le 2 avril pour une soirée « Liberté », puis Nicolas Rey le 9 avril. L’autrice féministe Rebecca West sera également à l’honneur le 16 avril lors d’une soirée où son travail sera présenté par sa traductrice Sarah Idrissi.

    « On essaie toujours d’avoir quelques locomotives une ou deux fois par an, mais on ne veut pas faire de hiérarchisation. Les écrivains sont d’une richesse étonnante. Ils savent ce que veut dire écrire et ils sont très respectueux du travail de leurs pairs », souligne encore Denis Lanoy. Du 18 mai au 2 juillet, le Triptyk Théâtre expérimente aussi des séances en plein air. Au fil de plusieurs rencontres, il proposera des lectures de Marc Bernard, Françoise Sagan, Georges Perec (dans la cour du Cercle de l’avenir) ou encore Frédéric Mistral (à la maison diocésaine). « Cette partie-là est nouvelle. Généralement, à partir du mois de mai, on ne programme plus rien parce qu’on n’est pas climatisé et qu’il fait beaucoup trop chaud. Mais nous cherchons toujours des solutions pour continuer à être actifs », sourit Denis Lanoy, qui tient aussi à saluer le soutien ancien du Département du Gard et de la Ville de Nîmes. « Il est quasi-miraculeux que l’on puisse continuer malgré l’incertitude qui pèse sur le milieu de l’art et de la culture », remarque le directeur.

    Rendez-vous à 19h, au Triptyk Théâtre, 26, rue de la République, à Nîmes.

    Tarifs : 6 à 10 euros. Pour les lectures en plein air dans la cour du Cercle de l’avenir : 2 euros. La lecture autour de
    Frédéric Mistral (le 2
     juillet)
    est en accès libre. Mail
     : reservation.fantaisie.
    litteraire@gmail.com

    Tel. : 06.17.53.02.60.

  • Des récits de femmes se mêlent à Carmen sur les planches du forum de Berre-l’Étang

    Des récits de femmes se mêlent à Carmen sur les planches du forum de Berre-l’Étang

    « Faire cette pièce, c’est une manière de reconnaître ce qui est arrivé à ces femmes. » Ce vendredi, sur les planches du forum de Berre, l’histoire de Carmen résonne avec les histoires d’autres femmes victimes de violences conjugales dans la pièce de théâtre Prends garde à toi.

    Une création artistique qui voit le jour avec la rencontre de Jeanne Béziers, metteuse en scène et comédienne, et des femmes du Relais des possibles, un hébergement d’urgence aixois. « La porte d’entrée a été l’opéra de Carmen, explique la dramaturge. Au fur et à mesure, ce personnage est devenu une voisine à qui ces femmes racontaient des parties de leur vie très difficiles. » De ces échanges est donc née cette pièce de théâtre, où deux voisines racontent l’histoire de Carmen, tout en dévoilant les violences conjugales qu’elles ont subies.

    Le spectacle raconte également la résilience de ces femmes. « Car elles s’en sortent, explique la metteuse en scène. Elles ne veulent pas être définies comme des victimes. […] La pièce ne s’arrête donc pas sur le féminicide de Carmen. » Une façon pour le directeur de la salle, Mickhaël Piconne de « délier les langues grâce à la culture ».

    Une représentation qui donne donc la parole à ces femmes, en dialogue et en chanson, pour retracer des parcours de vie parfois difficiles à raconter. « Une manière d’inviter les gens à penser par un geste artistique », précise Jeanne Béziers.

  • [Théâtre] « Un barrage contre le Pacifique » se dresse à Arles

    [Théâtre] « Un barrage contre le Pacifique » se dresse à Arles

    En 1950, lorsque Marguerite Duras écrit Un barrage contre le Pacifique, la guerre d’Indochine atteint son climax. À cette époque, une colonie française où elle est née 36 ans plus tôt et a passé une partie de sa jeunesse. Inspiré de ses turpitudes adolescentes, un roman qu’Anne Consigny met en scène au Théâtre d’Arles vendredi 6 et samedi 7 février. L’histoire de Suzanne et Joseph qui ressassent la vie de leur mère ayant vu le jour sur les rives du Mékong, aux prises avec la froide et corrompue administration coloniale. Car la concession pour laquelle elle a économisé pendant 15 ans se révèle incultivable, la poussant au bord du précipice et de la folie.

    « Acte politique »

    « Aujourd’hui, alors que la condition féminine est arrivée au premier plan des préoccupations de notre société », expose Anne Consigny, « donner à entendre le destin de cette mère me semble essentiel ». Selon elle, « faire entendre Un barrage contre le Pacifique » de nos jours se rapproche d’un « acte politique. Comment faire pour que ces femmes-là existent, qu’elles soient entendues, respectées, qu’elles ne soient ni violées ni battues ni vendues, qu’elles ne meurent pas ? », s’interroge avec conviction celle qui porte également le récit sur scène et ses seules épaules. Le combat d’une femme qu’Anne Consigny retrace « dans l’intimité secrète de leur âme ».

    Entre 4 et 18 euros