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  • Marc Pena face aux lecteurs à Aix-en-Provence

    Marc Pena face aux lecteurs à Aix-en-Provence

    Le logement

    Denise Tardy : Que comptez-vous faire pour le logement social et comment cela va évoluer dans nos quartiers ?

    Marc Pena : Nous allons commencer par appliquer la loi SRU. Aix est très loin du compte et paie des pénalités car elle ne respecte pas la loi SRU, qui est une boussole. Je mettrais tout en œuvre pour que l’on puisse atteindre les objectifs de celle-ci. Cela signifie construire, qui est un vrai sujet alors que nous avons un foncier très cher, avec des promoteurs qui préfèrent investir dans des résidences secondaires plutôt que dans du logement social.

    Ce n’est pas si facile, mais il y a un chemin. Chaque fois qu’il y a un projet immobilier, la mairie aujourd’hui, à partir de 1 000m2, à l’obligation de mettre proportionnellement le même nombre de logement social. L’obligation était à 2 000m2 au début du mandat de Maryse Joissains. Mais nous étions les premiers dans l’opposition, que nous représentons, à dire que vis-à-vis des autres villes, nous n’étions pas dans la norme. Finalement, la majorité est descendue à 1 000m2. Mais on peut aller plus loin. On pourrait envisager de construire des logements sociaux dès 500m2.

    Se pose ensuite la question d’où et de comment. L’erreur à ne pas faire, est de concentrer les logements sociaux en un seul endroit. Il faut qu’ils puissent être de partout dans la ville, et pas seulement à Encagnane, qui supporte l’essentiel des logements sociaux. Ailleurs, nous n’avons pas assez de logements sociaux. Il y a entre sept et dix ans d’attente à Aix, pour un logement social. On a le temps de changer de vie avant d’en avoir un.

    Je le dis aussi, il y a un clientélisme éhonté, il n’y a aucune transparence en ce qui concerne l’attribution des logements, ce sont des éléments fondamentaux qu’il faut changer. Nous proposons des procédures claires, transparentes, dans ce domaine. Au-delà de la construction, il y a les conditions d’habitat, et le lieu. Ce qui est dramatique à Aix, c’est qu’en plus d’avoir un manque de logement social, celui que nous avons n’est pas un logement pour les plus vulnérables, les plus précaires : ce n’est pas le logement social très social.

    Si Sophie Joissains était reconduite, j’ai peur que ce manque soit encore plus important, puisqu’on a privatisé le parc social de logements qui appartenait à Pays d’Aix Habitat. ça a été donné à Famille & Provence, ce sont plus de 700 millions d’euros de mètres carrés d’immobilier qui a été donné au privé. Ce que je vois, c’est un bailleur qui ne fait pas dans le social : il achète, rénove, revend, et n’est pas dans la philosophie générale de ce que nous proposons. Il y aura aussi à retrouver une organisation des bailleurs sociaux publics, sur lesquels on peut agir.

    Céline Urbaniak : On est en train d’entrer dans le piège du surtourisme en ce qui concerne le logement en centre-ville, essentiel pour les étudiants et les jeunes travailleurs. Comment sortir de ce piège-là ?

    Marc Pena : On entend continuellement la municipalité actuelle se réjouir du développement du tourisme depuis quelques années et se forme une communication autour d’Aix comme étant la ville la plus visitée, la plus belle du monde… Puis on joue de ses atouts, l’été, les festivals de musique, etc. Or, ce surtourisme à des conséquences négatives.

    Sur un plan économique, il y a des retombées qui pourraient apparaître être positives pour les commerces, c’est à discuter. Parce que dans ce surtourisme il arrive des cars entiers de touristes qui viennent, qui prennent un bout de lavande, qui ne savent pas s’ils sont à Rome, Florence, ou Aix à ce moment-là et qui consomment rapidement. Il y a des questions à se poser même pour les gens liés directement au tourisme. Je connais des cafetiers qui dès qu’il y a des événements comme l’Iron Man, ferment, plutôt que d’avoir des problèmes.

    Il y a à s’interroger sur ce qu’on appelle l’attractivité d’Aix et cette politique du surtourisme, qui conduit indirectement ou directement à un fléau, celui des Airbnb. C’est une manière de capter, d’enlever des logements au marché privé classique qui permettrait à des jeunes de se loger. La Ville ne fait rien, rien en termes de Airbnb.

    Pendant le Covid, les étudiants, quand ils le pouvaient, sont partis, le centre-ville était vide : il n’y a pas de familles, peu de gens qui ont une vie banale de tous les jours. Ça pose la question de ce que l’on entend par attractivité. Je ne suis pas contre, mais elle ne se limite pas aux hôtels particuliers ou la Biennale.

    L’attractivité doit concerner tous les habitants de la ville. L’enjeu de refaire venir les familles en centre-ville est difficile, il va avec celui de la commercialité, il faut retrouver des commerces de proximité, lutter contre la spéculation immobilière, arriver à trouver des loyers à des prix où les classes moyennes vont pouvoir vivre en centre-ville toute l’année me semble important. Aussi, j’espère être maire parce que j’espère que la ville ne va pas avoir la main totale sur la rénovation du quartier Faubourg. C’est une opération de spéculation immobilière qui va faire monter les prix sur le cours Sextius quand il sera rénové, provoquer une gentrification et une expulsion des classes moyennes.

    Sécurité

    Denise Tardy : à Encagnane, nous avons eu plusieurs incidents (tirs, attaque sur gendarme en civil, etc.) Comment lutter contre
    les incivilités, que faire pour la tranquillité publique, notamment dans les quartiers populaires
     ?

    Marc Pena : La sécurité est un droit fondamental, il est normal que les habitants des quartiers populaires puissent se sentir délaissés sur ce sujet-là. Je veux redire d’abord que la sécurité et la tranquillité publique sont une problématique de gauche. ça a pu être accaparé, instrumentalisé par la droite et l’extrême droite mais c’est une problématique de gauche : c’est la mère de toute liberté.

    Aujourd’hui, il y a, notamment lié au narcotrafic mais pas que cela, une délinquance qui monte en puissance, alors que faire ? La première chose que l’on veut faire, avant tout, c’est rétablir de l’humain. C’est retrouver, autrement, ce que l’on appelle la police de proximité que Nicolas Sarkozy avait jetée par-dessus bord il y a quelques années tout en disant qu’avec le karcher, il allait résoudre tous les problèmes. La police de proximité, c’est assumer un recrutement en matière de police municipale, un recrutement où la police municipale connaît le quartier dans lequel elle travaille et elle agit, et vice versa. Ce n’est pas un corps étranger qui arrive une fois puis repart. La police est présente, en tenue, et n’est pas seulement là pour faire faire du sport aux enfants. On va par ailleurs recruter à cet effet des animateurs, des moniteurs, des personnes qui vont accompagner les dispositifs qu’on va mettre en place. Encore une fois, en matière de sécurité, la police de proximité est fondamentale.

    On va recruter, sur la mandature, 80 policiers municipaux. Au début, dans la première année, une vingtaine. Ce sont des choix budgétaires que l’on va faire mais c’est indispensable. Aussi, les policiers sont des ouvriers de la sécurité, ce sont des travailleurs.

    En ce sens je me distingue de la gauche qui dit que la police tue. C’est dangereux d’expliquer que l’on rentre dans une société de conflit ouvert entre les habitants et sa police. On a aussi des dispositifs d’alerte, par exemple des bornes qui permettent d’alerter en direct la police municipale, et selon le type de sujet, travailler avec la police nationale pour une intervention immédiate et efficace dans certains cas.

    J’ai beaucoup insisté sur la sécurité dans mon meeting, où j’ai eu l’honneur de recevoir Amine Kessaci. Je pense qu’à Aix-en-Provence il y a une insuffisance. Je pense surtout que cette question de la sécurité est une question capitale pour les habitants. Il faut qu’on retrouve un sens du collectif, des responsabilités.

    Sarah Trevisiol-Peccini : Quels sont les dispositifs que vous comptez mettre en place pour améliorer la sécurité des femmes dans l’espace public. Il serait envisageable d’ouvrir un centre d’accueil permanent et municipal pour les victimes de violences sexistes et sexuelles (VSS) ?

    Marc Pena : C’est dans le programme. On peut envisager de former des agents municipaux dans ce domaine, puisque l’accueil n’est pas un accueil ordinaire dans ces cas-là. On veut en faire une cellule qui soit celle de l’accueil, de l’humanité, et d’alerte de manière plus générale pour éviter les drames. Pour que ces femmes puissent trouver une réponse première à leur situation, souvent de grande difficulté dans ce cas-là. Je le disais au travers des transports, il y a chez la jeunesse et jeunes femmes, un sentiment d’insécurité. On va prévoir dans les bus un système d’arrêt à la demande, qui n’a l’air de rien mais peut permettre en cas de danger potentiel, de s’extirper rapidement et au chauffeur, d’alerter sur le problème. On va faire une pédagogie autour de ces questions de façon très forte. C’est un sujet global, national, de société et touche toutes les catégories, et Aix-en-Provence doit être exemplaire en la matière.

    Transport

    Lionel Nari : Au sujet de la desserte des Milles et du Pôle d’activités de la Duranne, les élus métropolitains ont voté un nouveau Bus à haut niveau de service (BHNS). Ne serait-il pas mieux d’exploiter la voie ferrée Rognac-Aix ? Pour éviter 5 ans de travaux et coûter moins cher à la collectivité ?

    Marc Pena : Cette municipalité n’a rien compris aux enjeux des transports sur son territoire et de manière générale, n’a rien compris à ce qu’il se passait aux Milles. Elle nous propose une desserte par BHNS au moins pour 2030, plutôt pour 2035 selon moi. Une desserte qui est en fait un vieux projet qui revient. C’est une ligne droite qui va à un endroit et qui en revient, sans desservir l’ensemble du pôle d’activité, ni les autres quartiers. On se demande comment on met tant d’argent pour desservir la Duranne, qui doit l’être, mais c’est tout puisque les salariés qui travaillent sur le Pôle d’activité viennent de partout : et ils sont loin d’être tous aixois.

    Je suis un fervent partisan du ferroviaire, et il y a des années que des associations, des collectifs, parfois des responsables politiques ont montré et démontré que cette ligne ferroviaire desservirait bien mieux l’ensemble du territoire métropolitain et qu’elle était une solution plus accessible que les BHNS. Il faut que cette ligne ferroviaire soit rapidement utilisée car dans quelques années, elle risque d’être réellement détériorée. C’est le moment d’agir dessus. Avec les progrès que nous avons faits, nous pouvons avoir des trains qui ne soient pas trop lourds, ne demandent pas à ce que toute la ligne soit à refaire, et où l’on puisse être opérationnels rapidement. Nous allons évidemment, si nous sommes aux affaires, proposer et essayer d’entraîner un changement dans la politique métropolitaine en la matière, en obtenant que si l’on a des financements, ils doivent d’abord revenir au ferroviaire. Le tracé de la ligne Aix-Rognac permet de desservir très largement toute cette zone autour des Milles et au-delà. Je suis convaincu, avec d’autres communes peut-être, que l’on peut agir si nous la demandons. Le BHNS encore une fois ne dessert qu’une partie des Aixois, est relativement restreint, en plus avec un débit en termes de fréquence et de desserte qui ne serait de toute façon pas satisfaisant. Il faut véritablement changer de politique sur les transports.

    Lionel Nari : Il ne serait pas temps de fusionner la régie des transports métropolitains pour récupérer toutes les activités interurbaines et urbaines afin d’arrêter la casse sociale des salariés des transports qui subissent les logiques des entreprises privées ?

    Marc Pena : Quand on est candidat aux municipales, dans le meilleur des cas, on aborde la question du transport dans sa généralité. On oublie parfois ceux qui travaillent dans ces entreprises, les salariés. Là où je vous rejoins : le bilan de la concurrence (européenne) après 25 ans est très mauvais. Autrefois, il y avait un lien entre les chauffeurs et les usagers. Aujourd’hui, c’est totalement anonyme, c’est une entreprise commerciale, ils vous parleraient en anglais, vous trouveriez ça normal. On a un vrai sujet et surtout, les salaires sont extrêmement faibles. Une municipalité ne peut pas s’occuper de tout, mais ce n’est pas une fatalité de n’avoir que des délégataires de service public. Aussi, ceux que l’on connaît à Marseille au niveau de la RTM, on pourrait le développer beaucoup plus au niveau métropolitain. Si une ville comme Aix dit ses besoins en ce domaine, porte ce type de projet, ça pourrait avoir un écho et un effet pour les autres communes qui joueront le jeu. C’est un enjeu social, sociétal, un enjeu économique en matière de transport, un enjeu de santé publique aussi, puisqu’on se retrouve souvent dans des embouteillages monstres. Il faut changer la donne. Une commune ne va pas transformer la société mais elle peut changer la ville et améliorer largement la qualité de vie des citoyens et de ceux qui ont l’honneur de faire ce métier-là.

    Marc Barrieu : Est-ce que l’on peut avancer vers la gratuité totale des transports ?

    Marc Pena : Oui, dans le programme il y a l’objectif d’avancer, au cours du mandat, vers la gratuité. Le droit de se déplacer est un droit fondamental. Il implique pouvoir aller à son travail, aux enfants d’aller faire des activités sportives et culturelles, aux personnes âgées de trouver des moyens de transport qui leur correspondent… Dans la société d’aujourd’hui, c’est un impératif. Si on doit penser à une gratuité, il faut peut-être aussi la penser à une échelle métropolitaine. C’est difficile, mais c’est un rapport de force politique et c’est là qu’on revient à ces élections. Si dans un rapport de force politique à la Métropole nous avons une majorité, on pourra changer de politique y compris dans ce domaine.

    Santé

    Marc Barrieu : Si vous êtes élu maire vous siégerez au conseil d’administration de l’hôpital. L’offre de santé, Montperrin incluse, est mise en concurrence avec les cliniques qui se rassemblent dans l’hôpital privé. Quelle sera votre action sur la matière ?

    Marc Pena : L’action de nos communes sur les soucis de santé publique existe, même à une échelle modeste. C’est une politique nationale, d’ensemble de santé publique, qui fait l’état de l’hôpital public aujourd’hui. Il reste à l’hôpital public tout ce qu’il n’est pas rentable mais tout ce qui est essentiel, pourtant. Derrière cette crise-là, ce n’est pas qu’une crise conjoncturelle de concurrence, mais l’idée d’une certaine politique d’affaiblir tellement le service public que finalement la santé ne serait plus publique, mais réservée à la catégorie de citoyens qui peuvent se la payer, et donc on a là un vrai sujet. L’hôpital public d’Aix-en-Provence est aujourd’hui défavorisé par rapport à ce qu’il se passe dans le privé. Axium va s’étendre énormément. Et la commune va siéger dans le conseil stratégique de l’hôpital. C’est là où elle peut faire valoir ses besoins, c’est là où elle peut non pas contrecarrer à elle seule toutes les politiques de santé publique en la matière, mais où elle peut dire ses besoins, être aux côtés des salariés de l’hôpital public et donc, peser sur les décisions prises.

    Je pense qu’à Aix, il est très important de défendre cet hôpital. L’hôpital de Montperrin, est un symbole, un hôpital ouvert sur la cité, ce n’est pas un hôpital de l’enfermement global. Aujourd’hui avec le peu de moyens qui lui reste, toute cette philosophie de prise en compte autrement se perd de plus en plus. Aussi, autour de Montperrin, il y a beaucoup de foncier, qui a déjà été grignoté, et c’est directement visé. Pas pour faire des logements sociaux, je vous assure ! Si on pouvait ou le faire disparaître, ou le restreindre au minimum, on le ferait. Alors qu’il y a une crise de la psychiatrie en France.

    Jeunesse

    Céline Urbaniak : Quel peut-être le rôle d’une équipe municipale dans une ville étudiante pour qu’on lutte mieux contre la précarité étudiante et que ce qui peut être proposé par la ville soit plus lisible, plus accessible, pour que les étudiants puissent étudier, puisqu’ils viennent pour ça.

    Marc Pena : En ce moment, on perd 5 000 étudiants chaque année. Ils choisissent Montpellier, l’académie de Nice, Grenoble ou Lyon, car à Aix, le loyer et la vie quotidienne sont trop chers. Les étudiants qui vont pouvoir être intéressés par des hauts niveaux de formation, de Master, vont faire un arbitrage qui n’est pas en faveur de notre région. Si on continue comme ça, on va continuer à perdre des étudiants. De ce point de vue là, ce devrait être un enjeu fondamental pour les pouvoirs publics, pour ceux qui ont fait l’Université unique qui avait pour but d’attirer le plus d’étudiants et de compétences possibles. Aujourd’hui, dans l’environnement qui est celui d’Aix ce n’est plus le cas.

    Le mot précarité, pour les étudiants, commence à être usé. C’est pire que ça. Aujourd’hui, les étudiants sont pauvres. C’est un sujet encore plus important. Ils pourraient, pour un certain nombre d’entre eux, être classés parmi les 10 millions de pauvres dans notre pays. On est pauvre quand on diffère les soins et la santé : les étudiants ne peuvent même pas avancer l’argent. Ils vont donc ne pas se soigner. Vous savez les problèmes de santé publique que ça va entraîner, globalement, et évidemment sur la santé de notre jeunesse. Au moment de l’âge de la vie où l’on s’émancipe, c’est d’une tristesse infinie de voir cela. On a tout de même réussi à obtenir le repas au Crous à un euro à l’Assemblée, qui était depuis très longtemps une revendication des associations étudiantes et des partis de gauche de manière générale. Il devrait permettre à nos étudiants de ne plus différer leurs repas.

    Sarah Trevisiol-Peccini : Que comptez-vous mettre en place pour faciliter l’accès à la culture pour les jeunes et les enfants, mais aussi aux étudiants et étudiantes, la jeunesse en général ?

    Marc Pena : À ce sujet, il y a beaucoup de choses à dire. Vous avez, par exemple, le Théâtre du Bois de l’Aulne, une programmation remarquable, des spectacles gratuits, possibles, même s’il faut réserver à l’avance. En même temps, s’il y a de quoi se nourrir en termes de culture, les habitants du quartier n’y vont pas. Cela signifie que pour eux, cela reste un corps étranger et qu’une politique de fond n’est pas menée. Je pense que la culture commence très tôt. Par exemple, nous avons de grandes ambitions pour le périscolaire : je l’ai redit en meeting il n’y a pas si longtemps. On a notamment l’éveil à la culture dans ce plan, en lien avec le Conservatoire, pour la maîtrise d’un instrument de musique par exemple. Il y a le besoin très tôt d’installer la culture comme un élément essentiel de développement individuel et collectif, de développement pour l’individu dans son ensemble. Ensuite, il faut qu’il y ait une offre culturelle qui corresponde aux catégories, aux besoins de cette jeunesse-là. Si elle va au festival d’Arts Lyriques immédiatement, c’est très bien. Mais on n’a pas de réseau d’activité culturelle, de spectacle, dans lequel les étudiants se reconnaîtraient et participeraient. Les étudiants, même s’ils ne restent que quelques années à Aix, doivent être associés à la ville. Ça implique de concevoir différemment les étudiants dans la ville. On a un vrai sujet. J’ai un plan jeunesse qui va de la crèche, jusqu’au périscolaire et jusqu’à l’enseignement supérieur, qui fasse en sorte que les étudiants n’aient pas que des nourritures terrestres mais aussi des nourritures spirituelles. Pour cela, il faut s’appuyer sur les organisations étudiantes, parce que la mairie actuelle a créé un conseil étudiant, mais pour 80%, ce sont des clones de la majorité. Ils ne sont pas très reconnaissants, j’en vois beaucoup faire campagne pour Philippe Klein.

    Sarah Trevisiol-Peccini : Comment aider les petits commerces de proximité liés à la culture face aux grandes chaînes de magasin ?

    Marc Pena : Aujourd’hui, vous n’avez plus qu’une seule librairie, c’est Goulard. Sur ma liste, il y aura un monsieur qui s’appelle Jean-Michel Durafour. Il vit à Aix et travaille aux presses universitaires d’Aix-Marseille. Il avait créé, avec son épouse, une librairie qui s’appelait le Lagon Noir, avec BD, romans policiers, dans une rue qui n’est pas dans le centre immédiat. Or, elle a dû fermer. Il a plusieurs fois écrit à la mairie pour le minimum de subventions qui l’auraient aidé dans son entreprise, il n’est jamais rentré dans les réseaux de cette mairie et n’a jamais obtenu quoi que ce soit. Il y avait aussi un système d’arrêt ponctuel en voiture, rester un quart d’heure, une demi-heure, pour acheter ses livres, discuter avec le libraire et repartir. Cela, sans explication, a été supprimé par la mairie. Finalement, comme c’est périphérique et qu’on ne peut plus y aller, les gens ont fini par ne plus y aller. Il a dû fermer [en novembre, Ndlr.]. Là-dessus, la mairie peut avoir un droit de préemption commerciale. Sous la pression de l’opposition, la mairie d’Aix l’a mis en place mais n’en fait pas grande chose. Ce droit permet à la commune de décider globalement du type de commerce qu’elle veut dans sa commune, et du type de commerce qui correspond à ses quartiers ou son centre-ville. Ce sont des choix qui peuvent être faits, des accompagnements qui peuvent être donnés… Nous, nous serons une commune à l’écoute de ce type d’initiatives, nous les accompagnerons aussi.

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Sophie Joissains

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Sophie Joissains

    Municipales, Aix, logement, sécurité, proximité, programme…

    À vous la parole ⬇️

  • À Aix, Sophie Joissains inaugure son local de campagne sur le Cours

    À Aix, Sophie Joissains inaugure son local de campagne sur le Cours

    Au bas du Cours Mirabeau, face à la permanence électorale de Sophie Joissains, l’équipe de campagne comptait « 600 personnes », agglutinées. Après avoir confirmé sa candidature à sa réélection par voie de presse, puis une séquence de tractages sur les marchés ce week-end, la maire sortante (UDI), s’est adressée pour la première fois à la foule aixoise, à l’occasion de l’inauguration de son local. Parmi la foule, les soutiens de Grégory Allione, député européen (Renew) ou Brigitte Devesa, sénatrice (UDI). Pas de nom de liste, mais un bilan de mandat et des esquisses de programme. À commencer par une promesse : pas d’augmentation de la fiscalité communale. « Demain, je m’engage à poursuivre cet engagement. Ne pas augmenter les impôts ce n’est pas un slogan c’est un choix politique fort. C’est défendre le pouvoir d’achat des familles, des agriculteurs, des jeunes actifs, des retraités… » Second « pilier » défendu par la candidate : la tranquillité publique. « De nombreux prétendants à l’Hôtel de Ville se sont emparés de cette sémantique que j’ai de mon côté longtemps intégrée à ma réflexion, et surtout à mon action. Elle me sert de boussole au quotidien, quand d’autres préfèrent attiser les peurs », lance Sophie Joissains. « Demain, pour recevoir les nouveaux effectifs de police et ceux à venir, parce que je continuerais à en recruter 10 par an, un nouveau commissariat verra le jour. Deux bases de proximité seront établies au nord et au sud de la ville », poursuit la candidate. Entre autres premières promesses…

  • À Aix, la maire Sophie Joissains officialise sa candidature

    À Aix, la maire Sophie Joissains officialise sa candidature

    Sophie Joissains entre en campagne. Elle avait déjà annoncé, en 2023, sa volonté de se présenter, mais a attendu 38 jours avant le premier tour du scrutin pour l’officialiser. « J’ai décidé de partir après les vœux. Mes opposants auraient pu se lancer bien avant, ce qu’ils n’ont pas fait. Sur le plan national (…), il y avait beaucoup de facteurs anxiogènes (…). Les habitants n’étaient pas dans l’axe des élections municipales. Ils le sont beaucoup plus aujourd’hui », justifie Sophie Joissains.

    Après avoir succédé à sa mère, Maryse Joissains, la maire sortante assure qu’après avoir « protégé, préservé, guidé » la ville, « nous allons maintenir le cap et faire en sorte d’avoir un rayonnement local ». Il faudra encore attendre pour la présentation de son programme et des noms de ses colistiers. « Il y aura plusieurs partis de la droite et du centre, mais je ne veux surtout pas que cette liste soit un catalogue de partis politiques. Je pense que les habitants ont surtout besoin de projets qui les concernent », laisse entendre Sophie Joissains.

    Côté projets, le bilan de mandat laisse entrevoir les priorités de la campagne. « Ce n’est pas un projet, mais ce n’est pas neutre », estime Sophie Joissains. Si elle est réélue, la candidate indique qu’il n’y aura pas d’augmentation d’impôts : « C’était une promesse qui a été tenue durant cinq mandats et c’est une promesse que je fais à mon tour. Ils n’augmenteront pas demain. C’est le résultat d’une bonne gestion qui nous permet d’avoir à la fois des investissements importants, des services rendus aux Aixois et, dans le même temps, de tenir correctement nos finances. »

    Les priorités de campagne, pour la candidate, s’appuient donc « sur le modèle » du bilan de mandat. Elle liste : « La tenue de la ville, sa végétalisation, la transition énergétique et écologique, avec les réseaux de chaleur, la géothermie, la recherche d’eau thermale (…), une ouverture sur la culture et sur le sport. »

    Ne pas « ignorer les défis »

    Sur ces cinq dernières années, Sophie Joissains met en avant un bilan centré notamment sur la sécurité, avec des agents de police supplémentaires et des recrutements en cours : « Ce qui est important pour nous est de poursuivre la croissance de ces effectifs. On ne peut pas ignorer les défis générés par la ville elle-même et l’évolution d’un narcotrafic qui se passe sur Aix par la narcolivraison. »

    Autre enjeu pour la maire sortante, un « changement de gouvernance à la Métropole. Il faut qu’on revienne à une gouvernance qui permette d’être tenue au niveau des bassins de vie ».

  • Municipales à Aix-en-Provence : Jean-Marc Perrin ne sera cette fois pas candidat

    Municipales à Aix-en-Provence : Jean-Marc Perrin ne sera cette fois pas candidat

    Candidat dissident de la droite en 2020 à Aix-en-Provence, où il avait obtenu 9% des voix au premier tour, Jean-Marc Perrin (DVD) ne se lancera cette fois pas dans la bataille pour les prochaines municipales, annonce-t-il ce lundi. «Je ne serai pas candidat tête de liste, encore moins candidat sur une autre liste», assume-t-il dans une publication sur les réseaux sociaux, suite à une rencontre avec la maire sortante (UDI) Sophie Joissains à l’issue de laquelle il estime que «les conditions n’étaient pas réunies» pour une alliance.

    Malgré cela, celui qui se déclarait partisan d’une alliance avec l’extrême droite à l’échelon national maintient sa position «de donner la priorité à l’union autour de la majorité municipale pour éviter que ma ville soit conquise par la gauche et l’extrême gauche». Ce qui n’empêche pas la droite de rester divisée à Aix-en-Provence entre Philippe Klein (Hor.) et la maire sortante, qui ne s’est pas encore déclarée.

    Quant à Jean-Marc Perrin, il annonce préférer se concentrer sur le «challenge» du redressement du bailleur social du conseil départemental 13 Habitat, qu’il préside depuis le début de l’été.

  • Des constats, des appels mais pas de bilan pour les vœux de la maire d’Aix-en-Provence

    Des constats, des appels mais pas de bilan pour les vœux de la maire d’Aix-en-Provence

    Un discours long d’une trentaine de minutes, amputé de tout bilan, toute perspective. La faute, de nouveau, aux temps préélectoraux qui empêchent Sophie Joissains, maire sortante (UDI), de présenter les projets aixois passés et à venir.

    L’officialisation de son entrée en campagne n’est donc pas pour tout de suite : les vœux protocolaires, tenus ce mardi au Grand Théâtre comme le veut la tradition ne sont pas, en ce début 2026, le lieu pour aborder l’échéance. « Aujourd’hui, la loi, en cette période préélectorale ne permet pas de faire le bilan, c’est un peu controversé par la jurisprudence mais aucun risque ne peut être pris. Elle interdit aussi de faire des prospectives. Cela fera partie d’un temps différent », précise derrière son pupitre Sophie Joissains.

    Néanmoins, face à la salle comble, composée des maires du Pays d’Aix, des conseillers départementaux et régionaux, des personnalités de la justice, des forces de l’ordre, de secours et autres, quelques messages ont pu être glissés entre les lignes d’une description lisse de la Capitale de Provence et le constat d’une « année ou l’histoire semble frapper à notre porte, où le monde nous interpelle ».

    Sur le thème de la sécurité, un acquis aura été souligné par Sophie Joissains : « Des difficultés, il y en a de nombreuses, (…) la première étant l’impérieuse nécessité d’assurer la tranquillité et la sécurité de tous nos concitoyens, poursuit la première magistrate. Nous avons eu la joie de voir arriver 12 agents [policiers nationaux, Ndlr] de plus à la CSP d’Aix. Merci Monsieur Bruno Retailleau, qui l’a décidé à l’époque. »

    Sécurité, santé, agriculture

    Autre appel martelé par la maire, quelques jours seulement après la mobilisation des agriculteurs contre l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur : « Il nous faut aussi accompagner nos agriculteurs à qui l’on impose des normes toujours plus strictes en même temps que des accords de libre-échange inacceptables, en les empêchant ainsi de travailler efficacement et de gagner leur vie décemment. Je rappelle ici qu’ils sont les garants de notre souveraineté alimentaire. Notre agriculture ne peut être une variable d’ajustement. Les agriculteurs, qui travaillent sept jours sur sept, doivent pouvoir vivre de leur travail. » Après ces mots en direction des agriculteurs, sans mention d’une rencontre entre l’édile et les figures de la contestation agricole lors de leur mobilisation sur Aix, c’est un constat sur le système de santé que la maire tire. « Les médecins et infirmiers libéraux, à qui l’on demande toujours plus, ne parviennent plus à maintenir à flot un système de soins qui fait notre fierté dans le monde entier. Il n’y a pas si longtemps, nous étions confinés et faisions claquer nos poêles et casseroles chaque soir à nos fenêtres pour saluer notre personnel soignant (….) ils font partie des trésors de la France », poursuit Sophie Joissains.

    Puis, citant ces mots : « On était un pays de producteurs, d’ingénieurs, de médecins, on est devenus un pays d’inspecteurs et de contrôleurs », prononcés par Jean-Louis Borloo, cofondateur de l’Union des démocrates et indépendants (UDI). Sophie Joissains enchaîne sur le constat d’un « pays où un porteur de projet se trouve face à une demande d’autorisation et vient souvent passer dans des commissions de contrôle toutes indépendantes des unes des autres, ce qui, sur le plan intellectuel, peut être satisfaisant, mais ce qui, sur le plan pratique, fait en sorte que ce porteur de projet, s’il a le malheur d’avoir un avis défavorable d’une de ces instances, se retrouve à attendre des mois (…) Ça ne peut plus durer. » Alors « face aux fractures, face aux ruptures, aux violences nouvelles, le narcotrafic n’est pas des moindres, la commune doit être un refuge (…) j’ai dit ce que j’avais à dire sur beaucoup de choses, je continuerais ailleurs, ce débat ».

    Ce sera par un hommage à sa prédécesseure Maryse Joissains, « un maire bâtisseur », absente ce soir-là pour raison de santé, que Sophie Joissains a conclu son discours.

  • Des vœux de quartier sans bilan, en temps de campagne à Aix-en-Provence

    Des vœux de quartier sans bilan, en temps de campagne à Aix-en-Provence

    Il y aura bien eu une cérémonie de vœux : mais sans bilan, ni communication sur les projets passés ou à venir. « Je suis très heureuse d’être avec vous, mais aussi extrêmement frustrée. Pourquoi ? Parce que nous sommes dans une période préélectorale et que la loi nous empêche de faire état d’un bilan, où de prospectives quelconques », excusait Sophie Joissains, maire sortante (UDI) de la ville. Ce lundi 5 janvier, l’équipe municipale sortante a entamé la tournée des vœux à la population. C’est dans le quartier du Pont de l’Arc que s’est déroulée la cérémonie, première d’une série, qui durera jusqu’au 20 janvier, date des vœux protocolaires du maire, programmée au Grand Théâtre de Provence. Pour rappel, Sophie Joissains, qui a annoncé dès 2023 se représenter aux élections municipales 2026, n’a pas, pour le moment, officialisé son entrée en campagne. Pour l’instant face à elle, Marc Pena (PS) à la tête d’une union à gauche, Philippe Klein (Horizons), Julie Boronad (LFI) et Jean-Louis Geiger (RN), ont déjà annoncé leur candidature. Ce lundi soir, il faudra donc se contenter de quelques mots flatteurs pour la ville et ses quartiers et de dédicaces aux différents acteurs du quartier. « Je ne me suis pas prise ce soir pour un guide de l’office du tourisme, mais dans la mesure où il y a beaucoup de choses que je ne peux pas vous dire, j’essaie de faire en sorte de nous accompagner dans cette histoire bien aixoise, et cette histoire du Pont de l’Arc ce soir », ajoute Sophie Joissains, qui appelle les habitants à se « ranger collectivement derrière un étendard protecteur et éclatant, constitué par la ville d’Aix-en-Provence ». Seul Éric Chevalier, premier adjoint au maire, aura pu présenter un rapide bilan de quartier, en saluant le travail de commerçants et associations, où encore l’arrivée d’un nouveau directeur au Creps. Prochaine date le mercredi 7 janvier, dans le quartier Célony.

  • Le projet de la Chevalière à Aix-en-Provence devrait être révisé à la baisse

    Le projet de la Chevalière à Aix-en-Provence devrait être révisé à la baisse

    Le chantier était à l’arrêt depuis le mois d’octobre. Depuis l’annonce d’une importante construction au sein de leur résidence de la Chevalière, les 61 familles de ces habitations HLM, proche du centre de secours et en partie occupée par des familles de pompiers, étaient montées au créneau. Début 2025, les habitants découvraient qu’un projet de trois bâtiments sur trois étages, soit 87 logements supplémentaires, était lancé dans cette résidence sous le giron de Pays d’Aix Habitat depuis les années 2000 et de Famille et Provence depuis la fusion entre les deux bailleurs sociaux. Le projet prévoyait 36 logements dans un bâtiment de la Chevalière « haute », 12 dans un bloc central (dont les habitants exigeaient la suppression), 40 logements dans un bâtiment de la Chevalière « basse ». Coût total estimé du projet : 18 millions d’euros. Le maire sortant, Sophie Joissains (UDI) avait bien tendu une oreille aux réclamations des habitants, qui demandaient la révision du projet. En avril, elle avait rencontré et d’entendre les récriminations des habitants avant de réajuster le plan. Après des mois de rencontres puis d’attente, le verdict est tombé : la construction du bâtiment central sera définitivement supprimée des plans. Ne reste plus que le bâtiment de la Chevalière haute et de la Chevalière basse, qui sera, elle, classée R+1 et à 26 logements. Au total, 26 logements ont été supprimés du projet. Ces informations, ce sont les habitants de la Chevalière qui les rapportent, à la suite d’une ultime réunion avec le maire et les représentants de Famille et Provence. Ils précisent : le permis modificatif n’a pas encore été acté. « Comparé à ce que l’on devait avoir, c’est très beau, ce que l’on nous propose. On est contents », rapporte Mélissande, l’une des habitantes et épouse de pompier de la Chevalière. Affaire à suivre. E.B.-G.

  • Vif débat autour de la sécurité et du narcotrafic au conseil municipal d’Aix-en-Provence

    Vif débat autour de la sécurité et du narcotrafic au conseil municipal d’Aix-en-Provence

    Une bonne heure de lecture du rapport du Conseil consultatif civil et citoyen a donné lieu à de vifs échanges sur la sécurité lors du dernier conseil municipal.

    Un rapport « précieux et utile », souligne Marc Pena, candidat PS aux élections municipales, à la tête d’une union à gauche. Et certains points « méritent une réflexion un peu plus approfondie », estime l’élu d’opposition. Et d’appeler l’assemblée à ne pas adopter « une politique de l’autruche » sur la question du narcotrafic qui, selon lui, « se développe à une vitesse vertigineuse dans notre société. Les points de deal deviennent importants, durs, à Aix-en-Provence, qui ne peut pas y échapper, même si c’est en partie importé (…) C’est une dizaine de points de deal que nous avons à Aix ».

    « Hors sol ! », rétorque Fathi Benjilali, élu de la majorité. « Il n’y a pas de point de deal à Aix », lance-t-il. Sophie Joissains, maire sortante (UDI) tient à l’occasion de ce débat à défendre son bilan : « Au niveau du narcotrafic, j’avais été heurtée d’entendre que la DZ Mafia puisse être sur Aix. J’ai demandé des explications, il se trouve que non », pose la première magistrate. Et de lister les différentes initiatives : un recrutement continu de policiers municipaux, du lien « accru entre la police nationale et la police municipale », auxquelles s’ajoutent les douze agents de la police nationale récemment positionnés par l’ex-ministre de l’Intérieur. « Aujourd’hui, la délinquance, ce que l’on peut voir dans d’autres communes n’existe pas à Aix », assure-t-elle. « Je ne dis pas qu’il n’y a pas des actes isolés, mais nous avons la chance d’être dans une ville préservée, ici il n’y a pas la DZ mafia, poursuit le maire. Il n’y a pas de gros point de deal à ce jour sur Aix. Il y a en revanche des transports de drogue par livraison. » À ce jour, d’après la majorité, Aix-en-Provence compte 1 policier municipal pour 1 000 habitants, soit 10 pour 10 000.

  • Le bus à haut niveau de service jusqu’à la Duranne en débat

    Le bus à haut niveau de service jusqu’à la Duranne en débat

    Le dossier était attendu de pied ferme, mais ses modalités restaient des nébuleuses. Après une approbation en conseil métropolitain le 15 décembre dernier, c’est au tour du conseil municipal aixois d’approuver, ce vendredi 19 décembre un programme de travaux qui permettrait, à terme, d’installer une ligne de bus haut niveau de service (BHNS) depuis la gare routière de la capitale de Provence placée en centre-ville, vers le pôle d’activités économiques (PAAP) de la Duranne. La ligne permettra également de desservir le quartier des Milles et la zone de la Pioline, de la Constance (sud), en longeant le Pôle d’échanges multimodal et le Plan d’Aillane. Il aura néanmoins fallu patienter près de deux décennies pour que les premières signatures autour du projet ne soient couchées sur le papier : en juillet, Martine Vassal, présidente (DVD) de la Métropole et François Rebsamen, ministre de l’Aménagement du territoire, signaient enfin cette mise en service. « Il y a ceux qui parlent, et ceux qui font. Le maire d’Aix en Provence fait », félicitait, en amont des présentations, Eric Chevalier, premier adjoint de Sophie Joissains, maire UDI de la commune.

    Les travaux s’annoncent d’ampleur sur cette ligne dont une longue présentation, en amont des débats, en a décrit la disposition : 18 kilomètres de distance au total, 28 stations desservies pour un fonctionnement continu du lundi au samedi. Coût total du programme : 153 millions d’euros hors taxe. « L’insistance que nous avons mise sur ce dossier depuis plusieurs années vous pousse à trouver des solutions très électorales », ironisait de son côté Cyril Di Méo, élu d’opposition dans le groupe mené à gauche par Marc Pena (PS), candidat au fauteuil de maire.

    « Le projet est perfectible »

    « La physionomie du projet a massivement changé. Les scénarios évoqués, il y a un an et demi deux ans, étaient sur des budgets au maximum de 80 millions d’euros. Là, on est passés à des travaux à bientôt 200 millions. Les tracés aussi sont complètement modifiés », poursuit l’élu, qui estime que le tracé desservira mal le cœur de la Constance. Même remarque chez Anne-Laurence Petel (Aix-au-Coeur) qui rappelle : « L’exigence pour valider le dossier de la Constance était d’avoir un réseau de transport pertinent. Le BHNS ne passe plus par la Constance ! » « J’ai soutenu et lundi dernier voté très favorablement pour ce projet, qui a des conséquences écologiques (…) j’espère que sa mise en place soit facile, j’ai peur que 2030 soit une date un peu trop optimiste », pointait de son côté Philippe Klein, chef de file du groupe d’opposition Aix Autrement. Marc Pena lui, ajoute une couche sur le sujet : « Quelle que soit la municipalité qui viendra au printemps prochain, elle aura pour objectif de travailler encore plus le projet avec la Métropole et faire en sorte que ce projet soit un projet qui réponde aux besoins. Là, pour l’instant, on est à mi-chemin. Je suis inquiet des sommes envisagées. Et il se dit partout que la mise en service effective sera 2035. » « La commune est allée chercher la solution financière auprès de l’Europe. C’est pour ça que ce projet s’est débloqué, et ça va aller très vite », rétorque Jean-François Dubost, adjoint à l’économie. « Le projet sera perfectible, et développé », tranche Christophe Chenaud, directeur général adjoint urbanisme.