« Il est des parcours qui imposent naturellement le respect, parce qu’ils témoignent de fidélité sans faille à une vocation », posait, en début de cérémonie Sophie Joissains, maire d’Aix-en-Provence. Le premier magistrat de la ville remet, ce mardi, la médaille de la Ville pour acte de bravoure au Général Arnaud Browaeys, gendarme célébré pour « une carrière exceptionnelle » et les « valeurs que vous incarnez depuis plus de 35 ans sous l’uniforme de la gendarmerie. » D’ici quelques jours, Arnaud Browaeys quittera le service actif pour rejoindre la deuxième section des officiers généraux, en région parisienne. Le maire, a longuement égrené le parcours du général. Après plusieurs postes de commandement sur le terrain, notamment à Bron, dans le Haut-Rhin, à Aubagne et en Moselle, il s’est imposé comme « un spécialiste de l’organisation et des ressources humaines » au sein de la gendarmerie et du ministère de la Défense. « Depuis février 2021, vous commandez la région de gendarmerie Paca, ainsi que la gendarmerie pour la zone de défense et de sécurité sud, poursuit Sophie Joissains. (Soit) près de 16 000 militaires actifs, des milliers de réservistes et de personnels civils, des enjeux de sécurité parmi lesquels les plus compliqués de notre pays (…) une pression opérationnelle constante. » Le gendarme rappelle avoir « occupé un certain nombre de postes dits satellites », dont trois ans d’ambassade. « Au quotidien, les gendarmes de la compagnie d’Aix, du groupement de la section de recherche ont travaillé au service de la population d’Aix en traquant les délinquants, la criminalité organisée, les différents trafics, a tenu à rappeler Arnaud Browaeys. On est là pour veiller à ce que les phénomènes que je viens de citer ne viennent gangrener les espaces aujourd’hui préservés ».
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Innovation et emploi au menu des rencontres économiques
Sophie Joissains. La maire (UDI) d’Aix a donné le coup d’envoi de la deuxième journée des rencontres, lors du petit-déjeuner du monde économique. L’occasion aussi pour l’édile de donner son traditionnel discours, aux côtés de Jean-Hervé Lorenzi, fondateur des Rencontres économiques. Un discours adressé aux entrepreneurs… et politique. « Ce matin, je voudrais dire ma reconnaissance, ma considération, mon admiration et vous féliciter d’avoir cette flexibilité. Aujourd’hui, vous investissez, vous continuez alors que les cycles économistes raccourcissent, vous recrutez dans un contexte ou les métiers évoluent de manière inédite, vous innovez tandis que les technologies bouleversent tous les modèles établis », pose Sophie Joissains, qui félicite la « capacité d’adaptation » des entrepreneurs et dirigeants d’entreprise face à elle. « Elle mérite d’être accompagnée justement par les territoires. Je suis convaincue qu’une politique locale, économique, réfléchie, ne consiste pas à se substituer à vous ou penser à votre place. Mais qu’elle doit contribuer à créer un environnement favorable pour anticiper dans un monde ou les repères s’effacent et se brouillent, poursuit la maire. C’est cette conviction qui guide notre action à travers une feuille de route économique qui vise à structurer dès aujourd’hui les filières qui feront notre compétitivité de demain. » À Aix, estime la maire, cette position se reflète notamment dans l’essor des Tech et Energy Valley, le développement du Technopôle de l’Arbois et du Pôle d’activité, les partenariats académiques…
Aurore Bergé sur placeLa journée a ensuite été jalonnée de débats avec les participations du président François Hollande ou de Gabriel Attal, candidat Renaissance à la présidentielle et ex-ministre. Les Rencontres ont aussi accueilli Aurore Bergé parmi le panel de responsables politiques. Dans la continuité du lancement de Talents de France, en janvier dernier, la ministre à l’Égalité des chances, est venue participer à l’atelier Patrons dans ma ville, initié par la Communauté des entreprises qui s’engagent. Habituellement, le format permet aux patrons et dirigeants de rencontrer des jeunes en recherche d’emploi. Ce vendredi, ce sont des jeunes accompagnés par la Région Paca ou élèves de l’École de la deuxième chance. Chacun a pu, face à un parterre de responsables, raconter son parcours, ses particularités, ses réorientations et ses ambitions. Côté dirigeants, l’on retrouve Sylvie Jéhanno, directrice générale de Dalkia ou Thibaut Guilluy, directeur général de France Travail. Talents de France, rappellera la ministre, est né du constat « qu’il y a à la fois un immense gâchis humain, à la fois des femmes et des hommes qui restent à la porte des opportunités professionnelles pour de mauvais critères : leur origine, sociale géographique, ethnique, le fait d’être un homme ou une femme… » Mais aussi celui d’une « aberration économique, parce que les entreprises ne cessent de dire qu’elles cherchent à recruter ». « L’objectif de Talents de France, c’est d’avoir des propositions très concrètes, opérationnelles, et d’engager massivement les entreprises, d’où ma présence aujourd’hui. Ce matin on a franchi le cap de plus de 1 000 entreprises françaises qui ont accepté de signer la charte d’engagement, rappelle Aurore Bergé. Elles s’engagent à avoir 8% de recrutement de personnes issues de QPV et des territoires ruraux, 15% de stagiaires issus de [ces mêmes quartiers] (…) On est sur des objectifs très clairs et très chiffrés qui ont été pris par les entreprises, qui vont du CAC40, des établissements publics jusqu’aux PME (petites et moyennes entreprises) des ETI (entreprises de taille intermédiaire) qui veulent s’engager ici. L’idée, c’est de recruter ici, tout au long du week-end. »
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Les finances de la Métropole s’invitent au conseil municipal d’Aix
C’était un sujet équivalent à l’éléphant dans la pièce. La situation budgétaire de la Métropole est de nouveau intervenue en conseil municipal, tenu ce lundi 29 juin, en salle des États de Provence. La question a été lancée par Marc Pena (PS), à la tête du groupe Aix Avenir. « Autrefois vous dénonciez une monstropole. Aujourd’hui, vous nous dites que vous êtes vice-présidente d’une nécropole », adresse-t-il au maire, Sophie Joissains (UDI), vice-présidente de la Métropole. « La Métropole représente des compétences, importantes, elle est un acteur essentiel de notre territoire. Je vous demanderais ce que vous appelez aujourd’hui une nécropole ? »
Non sans rappeler, les causes et conséquences de ce trou financier « de 123 millions d’euros », voire « selon d’autres calculs » 144 millions d’euros, estime Marc Pena. « Vous êtes dans l’exécutif, je voudrais savoir ce que vous pensez de la situation. Vous pensez que la Métropole telle qu’elle est aujourd’hui ne peut plus fonctionner ? Elle a été mal née, mal construite, ça chacun le sait, et est-ce que donc, les réflexions iraient jusqu’à des changements exceptionnels extrêmement importants sur le territoire ? À ce moment-là, on n’entrerait pas seulement dans une crise, mais une rupture et une révolution par rapport à ce qui existe aujourd’hui. »
À ce stade, deux options. D’un côté, la Chambre régionale des comptes recommande de réduire fortement la dotation de solidarité communautaire (DSC), à hauteur d’environ 53 millions d’euros, ce qui représenterait près de 1,4 million d’euros pour Aix. De l’autre, le préfet privilégie des économies sur les attributions de compensation (AC), également pour un montant d’environ 53 millions, dont l’impact pour Aix est estimé à 5 millions d’euros par la majorité.
Positions réaffirméesS’ajoute à cela « le budget annexe des transports qui raye les finances métropolitaines. (….) Ce budget a une capacité d’investissement importante qui a été abondée du reste par l’État à hauteur de milliards, cela pousse à l’investissement, sauf qu’il n’y a pas de recette en place, analysait de son côté Sophie Joissains. Notre territoire ayant besoin de se moderniser en matière de transport, nous sommes face à un écueil majeur et qui ne pourrait, si l’on reste dans cette disposition, que se creuser dans les années à venir. Aujourd’hui, la prévision pour 2027 serait de 245 millions d’euros de dette. »
De ces débats découlent plusieurs propositions. Du point de vue du maire, adopter un modèle de transports métropolitains à l’image de celui du Grand Paris (syndicat mixte) pourrait être une option. Comme cette piste de partition métropolitaine, que « l’on regarde avec des yeux de Chimère » pour « travailler plus facilement aux intérêts de nos territoires », dressait Sophie Joissains. « Ce sera aux maires de s’exprimer, par rapport aux observations. Mais rien ne pourra se faire sans l’aide de l’état », rappelait le maire.
Côté oppositions, le RN appelle à « regarder très sérieusement quelles économies on pourrait faire », lançait Jean-Louis Geiger. Agnès Daures, pour le groupe Aix Avenir (DVG), appelle à « aller chercher l’argent là où il est », estimant que « personne ne veut parler de taxe foncière sur les résidences secondaires ». « Aujourd’hui, la France entière est appelée à faire des économies », rappelait Sophie Joissains. Mais l’augmentation de l’impôt, « j’y suis fondamentalement opposée. »
EN BREF
Attributions financières aux associations
Au total, 19 000 euros seront répartis entre neuf associations de la Ville d’Aix. Sur cette enveloppe, 7 000 euros seront partagés entre quatre centres sociaux de la ville dans le cadre de l’appel à projets « Ouverture estivale des centres sociaux 2026 ». 5 500 euros sont notamment attribués au fonctionnement de trois autres associations, dont l’Apers, « service d’aide aux victimes et d’activité judiciaire », qui reçoit une subvention de 3 500 euros.
L’affaire des arbres vandalisés suit son cours
Pour Hervé Guerrera (POC) c’est un « commando » qui aurait dégradé les arbres du cours Mirabeau. Fin mai, trois individus ont été filmés par les caméras de la Ville abîmant les arbres longeant cet axe principal. Marc Féraud, conseiller municipal aux espaces verts, précise que « la Ville a déposé plainte et s’est constitué partie civile. Il y en a 12 bien déchiquetés et 17 un peu moins. On a réparé les blessures de façon propre (…), tous les deux jours, c’est surveillé, ça s’est arrêté ». Mireille Lazare, adjointe à la sécurité, réfute le terme de « commando ». « Nous avons identifié trois jeunes, sur le cours Mirabeau, en train de discuter. À un moment, l’un d’entre eux a pelé l’arbre de façon verticale. Ces trois personnes n’ont pas été identifiées pour le moment. L’affaire suit son cours », conclut Mireille Lazare.
Plusieurs mesures pour la canicule
La majorité a détaillé les dispositifs mis en place. Parmi eux, le lancement du « plan canicule pour les personnes sans-abri », ainsi que les maraudes régulières des Restos du Cœur, du Secours populaire, du CCAS et de la Croix-Rouge. La halte de jour de la cité Germain-Nouveau reste ouverte et propose des douches gratuites, comme celles proposées par la Croix-Rouge. La Ville maintient un centre d’appels destiné aux seniors isolés. Détails sur le site de la Ville.
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Aix-en-Provence, une nouvelle plaque en l’hommage de Pascal Fieschi
Rue Pascal Fieschi, conseiller municipal, résistant déporté politique à Dachau, militant de la Paix » : telle est désormais l’inscription figurant sur la plaque de la rue Pascal-Fieschi. Cette nouvelle dénomination rend hommage à cette figure historique du communisme aixois, ancien responsable du PCF à Aix-en-Provence et dans le bassin minier de Gardanne, engagé dans la Résistance dès 1941. La voie, située dans le quartier du Pont-de-l’Arc, avait été inaugurée une première fois en 1989. Mais sans les descriptifs associés à cette figure de la résistance locale et les fonctions qu’il a occupées, au fil des années. Sans qu’elle ne mentionne, non plus, l’arrestation pour ses idées, sa déportation… « Là, elle a du sens cette plaque aujourd’hui (…) Je suis content que la municipalité prenne en compte cette démarche-là. Elle honore un militant, un combattant, mais pas que », souligne Antoine de Genarro, pour le Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943, aux manœuvres pour que cette nouvelle plaque voit le jour. La démarche avait été lancée en 2024 par l’association, auprès de la majorité de Sophie Joissains, maire UDI d’Aix-en-Provence. Ce vendredi, la nouvelle plaque a donc été inaugurée par les militants communistes, l’épouse de Pascal Fieschi, Danielle Bleitrach et par des élus municipaux, dont Éric Chevalier, premier adjoint.
Dépasser les idéesEn 1942, dans une France gangrenée par le nazisme, Fieschi est arrêté pour ses idées avec d’autres militants après la chute d’une partie de la direction du PCF, à Marseille. Il est ensuite condamné, en juillet 1943, à cinq de prison, puis incarcéré pour une partie de sa peine à la centrale d’Eysses, ou il mena le bataillon résistant de la prison, pour laquelle il fut condamné à mort. Peine à laquelle il échappe, étant envoyé à Dachau. Libéré en 1945, Fieschi revient à Aix après la Libération. « Il reprit aussitôt ses activités syndicales et surtout politiques au PCF dont il devint, pendant de longues années, le leader local incontesté », rappelait Antoine de Genarro. Fieschi avait aussi tissé une alliance avec « les gaullistes », en temps de montée du fascisme. « Aujourd’hui, on a des fascistes qui sont aux portes du pouvoir. Une des raisons qui constitue cette menace est la porosité évidente entre une partie de la droite qui s’extrémise et les fascistes à proprement dit. Dans ce contexte, qu’une municipalité de droite accepte et coorganise un hommage à celui qui fut un résistant communiste, c’est la victoire de ceux qui (…) s’accordent pour penser que la République n’est pas discutable », estime David Tessier, conseiller municipal PCF. « Monsieur l’adjoint, vous avez su, par cette célébration, montrer votre haute conception de la politique loin des petitesses partisanes quand il s’agit d’honorer ceux qui servent la France mais aussi celle de votre ville, celle de Pascal Fieschi », estimait de son côté Danielle Bleitrach, qui a tenu un long hommage sur le parcours militant et résistant de son époux, des dangers du fascisme et de la méfiance envers le politique qui réémergent aujourd’hui. Eric Chevalier, qui espère qu’ « avoir une plaque qui donne la signification de ce qu’était cette personne pourra amener les écoles à conduire une recherche sur ce qu’est un militant syndicaliste, politique, un élu ». Et de rappeler que « ne pas partager les mêmes idées c’est une chose, mais l’important est d’avoir une rigueur dans les idées que l’on défend ».
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Les maires appellent à déconstruire la Métropole d’Aix-Marseille
Après trois heures d’échanges, la maire (UDI) d’Aix-en-Provence, Sophie Joissains, résumait dans un sourire : « De la Monstropole, nous sommes passés à la nécropole. » Ce lundi après-midi, quatre jours après l’avis budgétaire de la chambre régionale des comptes qui préconisait 118 millions d’euros de coupes dans le budget métropolitain, le président (LR) de l’intercommunalité avait convié les maires du territoire, afin de parler d’une seule voix auprès du préfet de région. Lequel doit désormais arrêter le budget de l’institution après le refus des élus de le voter.
« Unanimement, l’ensemble des maires de notre Métropole considèrent que le temps est surtout venu que l’État, avec notre soutien, repense le financement des compétences et le périmètre de notre institution », lâche le communiqué final adopté par la conférence métropolitaine des maires, que le président devait adresser au préfet dans la soirée. Dans un œcuménisme résistant aux embardées d’une mise sous tutelle, ceux-ci appellent ainsi à déconstruire l’établissement public né aux forceps, il y a dix ans. De quoi comprendre la satisfaction exprimée à la sortie de l’hémicycle, malgré les 53 millions de dotation de solidarité communautaire (DSC) que la chambre régionale des comptes préconise de retirer aux communes.
« Il y a une unité qui mérite d’être saluée », appuie Nicolas Isnard à la fin de la conférence des maires. Celui-ci estime toujours avoir choisi le bon chemin : « Sauf si le préfet venait à changer ce qui a été décidé par les magistrats, il n’y aura pas d’augmentation d’impôts pour les contribuables métropolitains. » Mais, surtout, après le constat réitéré par la chambre régionale des comptes d’un développement des transports non financé à terme, il lance : « La Métropole telle qu’elle est aujourd’hui n’est plus viable, nous n’avons pas assez de recettes pour couvrir ses dépenses. » Un diagnostic partagé par la maire d’Aix, qui glisse qu’« au plus haut sommet de l’État, on le dit encore sous le manteau, mais on le dit ».
Une RTM façon RATP« Cette Métropole est malade de sa réalité financière, de sa réalité structurelle, elle est malade de naissance », affirme aussi le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, bien décidé à revoir les flux financiers entre la Métropole et les communes, dans lesquels sa ville reste sous-dotée. « La solidarité entre les communes doit prendre en compte l’histoire et la solidarité, y compris pour la Ville de Marseille », le soutient le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, qui rappelle que la Métropole pourra amender le budget arrêté par le préfet. « Ne nous privons pas de ça », sourit-il, satisfait d’un redécoupage annoncé des compétences qu’il réclamait. Les maires de Marseille et d’Aix, ainsi que le président (DVC) des maires des Bouches-du-Rhône, Georges Cristiani, sont chargés de défendre cette réforme structurelle « au plus haut niveau de l’État », confirme Nicolas Isnard.
Surtout, les maires affichent aussi un front uni sur le financement des transports. « L’ensemble des élus demandent le déplafonnement du Versement Mobilité à l’instar du Grand Paris », écrit le communiqué final, alors que les entreprises contribuent déjà au maximum légal pour financer les transports sur le territoire. Parmi les pistes évoquées qui nécessitent l’aval du Parlement, un versement différencié en fonction des territoires, « pour payer les transports là où ils sont mis en place et pas de manière uniforme », défend Nicolas Isnard. À la fin de la conférence, Sophie Joissains plaidait aussi pour que les transports soient confiés à un établissement public indépendant de la Métropole, sur un périmètre plus large. « Cela marche à Paris, cela pourrait avoir du sens », défend-elle. Avec, en plus, un retard historique à rattraper.
Le patronat inquiet pour l’industrie
Dans une note publiée ce vendredi, l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) Alpes-Méditerranée appelle à « une sortie immédiate du blocage » face à la mise sous tutelle de la Métropole. Le puissant syndicat patronal demande à respecter la feuille de route signée pour la réindustrialisation du golfe de Fos et de sanctuariser les projets industriels face aux coupes annoncées. D’autant plus face à un retard « plus acceptable » pour « une armature de transport qui reste sous dimensionnée ». Et de tacler : « La responsabilité politique consiste à décider dans la difficulté, pas à transférer la difficulté à une procédure. » Y.S.
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Un « grand plan » pour protéger les soignants des agressions
À l’échelle du territoire national, ce sont 21 000 incidents recensés à l’encontre de soignants en 2024, rappelait mardi le préfet, Jacques Witkowski. Et 130 « plaintes ont été recueillies, contre 120 l’année précédente » dans le département. « Pour une plainte déposée, on peut supposer que nombre de faits restent en dessous de la ligne de flottaison », poursuit le préfet, qui insiste : « J’engage les professionnels de santé à faire savoir lorsqu’ils sont agressés. »
Au pied de la Maison de santé du quartier d’Encagnane, les représentants de l’État, la Région, de l’Agence régionale de santé (ARS) et la maire (UDI), Sophie Joissains, ont présenté, face aux soignants, leur Pacte régional pour la sécurité des soignants, conjointement signé. Une association « inédite ». Dans un contexte de hausse de violences à l’égard des professionnels de santé, cette stratégie vise à renforcer les dispositifs de sécurité sur les lieux de santé et protéger l’intégrité physique des médecins sur place, ou libéraux.
Sécuriser, accompagnerIl s’agit aussi de garantir un meilleur accompagnement des médecins victimes d’agressions. « Nous avons des difficultés à recruter des confrères qui préfèrent s’installer dans des quartiers considérés comme plus faciles », témoigne le docteur Charlotte Lévêque. « C’est d’autant plus d’actualité qu’hier [lundi] au CHU de Nice, il y a eu une agression de deux soignants et deux pompiers », alerte Yann Bubien, le directeur général de l’ARS, avant de détailler longuement ce plan.
Celui-ci se décline en six volets avec notamment un axe « zéro impunité », incluant un numéro dédié aux professionnels de santé et un référent chez les forces de l’ordre. Second axe, un volet « sécurisation des établissements de santé. Chez l’ARS, on finance ce plan de sécurisation en fonction des établissements », précise Yann Bubien. Il permet aux établissements de santé de demander des interphones, visiophones, vitrages pour les guichets d’accueil, des systèmes d’alarmes dans les cabinets, boutons d’alerte… « Pour l’année 2026, à partir de maintenant et pour les six mois qui viennent, ce sont 3 millions d’euros de sécurisation pour les établissements de santé, 500 000 euros pour les Maisons de santé, 500 000 euros pour les professionnels à domicile », précise Yann Bubien. Soit « 4 millions d’euros rien que cette année ».
Côté Région « on a fait un plan global qui s’appelle une “Région Sud, une région sûre”. On est passé sur une autre logique dans ce budget global ou l’on paie à 80% les demandes validées par l’ARS et le service hospitalier, précise Renaud Muselier, le président (Ren.) de l’institution régionale. En fonction des moyens et des plans qui sont conjoints avec l’État et donc l’ARS, les mairies, nous ont fait l’effort de moyens financiers et techniques. Sur l’ensemble de la Région, on est pratiquement à 20 millions d’euros », précise-t-il.
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Les festivals phares de la région attendent le coup de feu
La Région Sud est le point culminant français en matière culturelle et artistique. Nous ne voyons pas la culture comme une dépense mais comme une identité, notre force », amorce Sophie Joissains. « Du festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence à Marsatac, en passant par le Festival d’Avignon ou les Chorégies d’Orange », « la culture est un ferment d’espoir et un lien entre tous », estime la vice-présidente de la Région en charge de la culture lors d’une conférence de presse organisée vendredi 29 mai. En dépit d’une baisse de 4% de son budget alloué à la culture, 52,5 millions en 2026, et à l’approche de la saison des grandes manifestations de l’été, l’occasion est donnée de faire un point sur les gros festivals que la collectivité territoriale soutient.
Primeur de la parole à Richard Galy, président de la Société publique locale (SPL) des Chorégies d’Orange, qui note d’emblée la « nécessité de passer à un autre statut plus adapté, l’Établissement public de coopération culturelle (EPCC), déjà voté par la Région, le Département et la Ville. Nous attendons l’arrêté qui nous permettra d’y associer l’État ». Directeur démissionnaire de la manifestation, Jean-Louis Grinda annonçait il y a quelques mois une « saison 2026 light », divaguant du 19 juin au 18 juillet de La Traviata de Verdi avec Jessica Pratt dans le rôle-titre, à un concert symphonique de Philippe Katerine. « Un nouveau directeur artistique des Chorégies sera nommé la semaine prochaine. Avec l’objectif de proposer ce qui fait l’ADN des Chorégies, le lyrique et la mise en scène », annonce avec soulagement Richard Galy.
Successions et bougiesNommé à la suite de Pierre Audi, décédé il y a un peu plus d’un an, Ted Huffman, nouveau directeur du Festival d’Aix-en-Provence qui se tiendra du 2 au 22 juillet, réaffirme quant à lui que « l’opéra doit demeurer un art vivant. Il faut sortir de l’idée selon laquelle l’art lyrique est un musée. C’est le moment d’aller vers des choses inattendues », souligne le metteur en scène américain. Parmi les « 250 festivals et manifestations » soutenus par la Région sur le millier existant, certains sont présents comme Marsatac, dont la date du 13 juin réunissant Théodora et Disiz est « bientôt sold out », annonce sa directrice Béatrice Desgranges, Tiago Rodrigues, directeur du Festival d’Avignon dont la 80e édition s’élance le 4 juillet, ou encore Michaël Dian, directeur artistique du Festival de Chaillol qui souffle ses 30 bougies dans les Hautes-Alpes dès le 17 juillet. Sans oublier la présence d’Hugo Lucchino, nommé l’été dernier à la tête de la Villa Noailles, à la suite de la mise à pied de Jean-Pierre Blanc par le ministère de la Culture. Avec une programmation articulée autour du festival international de la mode, de la photographie et d’accessoires d’Hyères ainsi que du festival Design Parade à Toulon et dans la région. Aurélie de Lanlay, directrice adjointe des Rencontres d’Arles, tenues du 6 juillet au 4 octobre, met l’accent, elle, sur les différents dispositifs dispensés aux élèves de tous âges autour de l’initiation à la lecture de l’image. « Pour donner des clefs pour permettre aux jeunes de décrypter les images qui les entourent. »
Le 15e vice-président de la Région en charge de la jeunesse, des sports et de la vie étudiante, Ludovic Perney enchaîne et se félicite pour sa part des « 4 800 élèves » qui ont pu bénéficier de ces ateliers de « lecture de l’image à Arles », mais aussi des parcours initiés au Festival d’Aix ainsi que du nombre de « lycéens accompagnés au Festival d’Avignon ».
« Mode de vie occidental »Si « l’État baisse non seulement ses budgets mais demande aussi aux collectivités un effort pour rembourser la dette nationale », rappelle Sophie Joissains, « il faut faire en sorte que les structures et festivals passent ce mauvais cap ». De son côté, Ludovic Perney voit aussi la culture comme un moyen de s’opposer « aux attaques contre le mode de vie occidental ». Une formule qui laisse pantois, mais que ce candidat à la présidence de la fédération LR des Bouches-du-Rhône « assume », avant de se vautrer dans des explications alambiquées pour tenter de déminer la polémique. « Quand on était à l’école, l’Occident était au milieu de la carte du monde avec l’Europe, et nous, au milieu. Et bien, aujourd’hui, l’axe du monde a changé. Il faut préserver ces valeurs qui sont fondamentales pour conserver la maîtrise de notre destin », dit celui qui aime à citer le moraliste nationaliste et controversé Ernest Renan. Avec tous ces festivals, l’été sera chaud. Mais gare aux coups de soleil idéologiques sur la nuque.
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Six associations pointent les zones de flou du projet de la Tech Valley
Elles sont six associations, à contester le projet Tech Valley. Il y a près d’un mois, la Ville d’Aix-en-Provence, l’association des entreprises du pôle des Milles et la maire, Sophie Joissains, annonçaient officiellement le lancement du projet : un pôle technologique de quinze hectares, entièrement dédié à l’innovation en matière d’aéronautique, au spatial et à la défense. Le projet, n’a pas manqué de faire réagir. Six associations s’interrogent d’un même ton sur le projet. Sur son aspect économique, pratique… L’Adava, Association pour le développement des alternatives à la voiture à Aix, le Cercle Mirabeau, le Comité d’intérêt de quartier Millois, mais aussi l’association Devenir, la Fédération nationale des usagers de transports (FNAUT) et France nature environnement (FNE13) signent un courrier commun. « Celui-ci nous interroge quant à sa finalité et à l’absence de desserte en transports dignes de ce nom (…) et quant à l’insuffisance de l’offre de logements pour héberger les futurs employés et contribuer ainsi à réduire les mouvements pendulaires », pointent, dans un premier temps, les signataires.
Un « moratoire » demandéIls s’interrogent aussi de l’arrivée d’un tel projet, au vu de la situation financière de la Métropole. Celle-ci, présente un déficit de 123 millions d’euros et est « particulièrement préoccupante, au regard des moyens nécessaires pour pallier ces carences et attirer ainsi ces nouvelles entreprises (…) Les investissements requis pour pallier les retards pris en matière de transport : 150 millions d’euros HT pour un hypothétique BHNS, par ailleurs véritable tortillard, mettant le centre d’Aix à 45 minutes du pôle d’activités, sachant qu’un projet de création d’une 3evoie sur la RD9 aurait pu, à moindre coût, contribuer à largement désengorger ces accès ». Pour rappel, fin 2025, la Métropole annonçait pour la fin 2030, une nouvelle ligne BHNS, notamment pour faciliter la desserte au pôle d’activité. De façon générale, les associations appellent à une « approche globale » et demandent un « moratoire, dans ces aménagements », pour être entendues et concertées, Lors de la présentation du projet, Sophie Joissains, maire d’Aix, avait rassuré sur le point des financements. « Sachez que les collectivités qui voient les prélèvements de l’état se poursuivre d’année en année, sont évidemment très inquiètes. Nous avons d’autant plus besoin d’avancer, et de faire en sorte que notre économie soit florissante et apparaisse comme une économie d’avenir », rappelait-elle.
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Un centre de recherches « Cezanne » au Jas de Bouffan
« Cela fait 25 ans que l’on en rêve, qu’on travaille pour ça, et voilà, ça arrive », résume avec émotion Denis Coutagne. En petit comité, dans une ambiance solennelle, le cofondateur et président de la Société Paul Cezanne s’est vu remettre les clés de la ferme du Jas de Bouffan, qui jouxte la Bastide, maison familiale de Paul Cezanne. Entre ces quatre murs ou seront abritées une bibliothèque de « plus de 5 000 livres » et des archives autour du peintre aixois, un petit comité de spécialistes du maître aixois œuvrera à faire de ce lieu un centre de recherche et de documentation.
C’est ici, à Aix, que sera conservé, travaillé et pérennisé le catalogue raisonné de Cezanne, sorte de répertoire répondant à une logique scientifique, qui permet de retracer le parcours artistique du peintre. De repérer, authentifier puis collectionner les œuvres qu’il a laissées, et retrouvées au gré des siècles.
Pérenniser le travailDans ce catalogue se trouvent notamment les fresques du jeune Cezanne peintes à même les murs du salon de la Bastide du Jas, alors en réhabilitation en vue de l’année 2025, dédiée au peintre. Ce lieu deviendra un espace dans « lequel on va installer un centre de recherche et de documentation international sur Cezanne ». Un projet imaginé dès 1979 par Denis Coutagne, alors tout juste arrivé sur Aix. « C’est la volonté que nous avons à Aix de rapatrier Cezanne à Aix et de le faire rayonner d’ici. Maintenant qu’on est dans la ferme, on va commencer à créer intellectuellement, scientifiquement cette dimension », précise Denis Coutagne. Pour retracer brièvement l’histoire de ce catalogue raisonné, la première des encyclopédies le composant fut publiée en 1936, par Venturi. Suivi de trois autres éditions, en 1973, puis en 1984 et en 1996. Jusqu’en 2011, année de publication du catalogue raisonné de Cezanne en ligne, sous la responsabilité de David Nash, Walter Feichenfeldt et Jane Warman, présente pour la cérémonie de ce jour. Pour son travail, le clou « Cezanne » de la Ville, lui a été offert. Désormais, la tâche est entre les mains de la Société Paul Cezanne, composée d’une petite centaine de spécialistes, mais dont un comité restreint sera attaché au travail dans la ferme du Jas de Bouffan. Le lieu, sera à terme ouvert au public. « Aujourd’hui, le monde entier sait que Cezanne est à Aix, que Cezanne est chez lui, comme nous l’avons tant répété au cours de cette année Cezanne 2025 », conclut le maire (UDI), Sophie Joissains.

