Tag: solidarité

  • Solimut ouvre ses portes aux associations de solidarité

    Solimut ouvre ses portes aux associations de solidarité

    « Ce tiers-lieu a rempli sa mission avant même son ouverture », affirme Nadia Nasri, présidente du comité d’animation mutualiste de Solimut Marignane. La mutuelle inaugurait, mardi soir, un nouveau tiers-lieu installé au deuxième étage de l’agence sise place du 11 novembre, à Marignane.

    Le but d’une telle initiative ? « Permettre aux associations et acteurs locaux du domaine social et de la santé de bénéficier d’un espace », selon Nadia Nasri, lors de la visite du lieu. Trois bureaux, une cuisine et une salle de réunion sont ainsi mis à disposition gratuitement par la mutuelle. Et les partenaires de Solimut n’ont pas attendu l’inauguration.

    Le projet a vu le jour il y a 5 ans avec les ateliers créatifs du Secours populaire. « Nous nous réunissons tous les lundis après-midi, entre femmes, à 10 ou 15 personnes à chaque fois », indique Myriam Garrassin, responsable du secteur santé du Secours populaire français des Bouches-du-Rhône. « C’est à la sortie du Covid qu’on voulait travailler la prévention à la santé. On a proposé de façonner des objets créatifs pour faciliter la parole, les personnes étant souvent malades ou seniors », développe la militante.

    « Porter un projet

    de société à plusieurs »

    Le lieu a quelque chose de symbolique. « C’est ici que je venais quand j’étais petite pour me faire charcuter les dents », plaisante Zaira Ghalmi, de l’Association des initiatives renouveau, lors de la visite. « J’étais dans une famille de 11 enfants. On venait ici car ce n’était pas cher contrairement au privé, et ils prenaient la mutuelle de mon papa », raconte-t-elle.

    Le centre dentaire a aujourd’hui laissé place à une autre initiative solidaire. « Chacun peut recevoir ses adhérents et développer des services à la population. La rénovation du local avec l’Addap13 a permis d’ouvrir deux chantiers d’insertion. Cela reflète les valeurs de notre mutuelle », selon Nadia Nasri.

    Des valeurs chevillées au corps. « Nous sommes une mutuelle engagée et solidaire, avant tout actrice de la santé », souligne Hélène Gaufichon, secrétaire générale de Solimut, estimant qu’« ouvrir notre agence sous forme de tiers-lieu permet d’avoir accès aux conseillers et à d’autres services » dans le même temps. « Nous souhaitons l’émancipation individuelle et collective, sans discrimination. Cet espace est une belle illustration de nos actions pour le vivre-ensemble », développe-t-elle.

    C’est aussi un carrefour d’engagement. « Quand on porte un projet de santé et de société, le mieux est de le faire à plusieurs », insiste la militante mutualiste. Plus de dix ans après sa création, l’ambition reste la même d’après Hélène Gaufichon : « Agir pour la transformation de la société avec tous les acteurs du mouvement social », dans la continuité de l’œuvre des mutuelles ouvrières à la racine de Solimut.

  • « Uzès Seul en Scène » mise sur l’émotion et la solidarité

    « Uzès Seul en Scène » mise sur l’émotion et la solidarité

    Quatrième édition, et déjà l’allure d’un rendez-vous bien installé. Du mercredi 6 au samedi 9 mai, le festival Uzès Seul en scène revient dans la cité ducale avec une programmation resserrée, populaire et ambitieuse, portée par son directeur artistique Patrick Timsit. Théâtre, danse, humour, stand-up, musique : l’événement veut faire dialoguer les formes et les publics, sans réserver la scène aux seuls initiés.

    Une nouvelle dimension solidaire

    Les premières têtes d’affiche annoncées sont déjà complets : Alex Lutz ouvrira le bal le 6 mai avec Sexe, grog et rocking chair, finalement présenté à l’Ombrière pour des raisons techniques. Suivront Marie-Claude Pietragalla avec Barbara, Philippe Caverivière avec Tu crois que c’est une bonne idée ?, puis Bernard Lavilliers et Le comptoir des voyageurs.

    Trois nouveautés viennent compléter la programmation. Le vendredi 8 mai à 11h, la réalisatrice et scénariste Danièle Thompson donnera une masterclass au cinéma Capitole, animée par Karim Ghiyati, directeur d’Occitanie Films. Le soir même, place au Comedy Club avec Amandine Lourdel, Yacine Belhousse, Adel Fugazi, Ethan Lallouz et Denise.

    Enfin, samedi 9 mai à 21h30, Philippe Corti clôturera le festival avec un DJ set à l’Ombrière. Cette soirée, comme la masterclass, aura aussi une dimension solidaire : les recettes seront reversées à la Banque alimentaire du Gard. « C’est vraiment local et les gens savent où ça va. C’est important de le savoir. C’est concret », insiste Patrick Timsit.

  • Les associations marseillaises s’unissent contre l’embargo sur Cuba

    Les associations marseillaises s’unissent contre l’embargo sur Cuba

    Installés entre les quelques bouquins de la librairie l’île aux mots (2e), les représentants de six associations marseillaises se sont réunis pour présenter leur plan d’action en soutien à Cuba. « Grâce à la mobilisation de médecins et infirmiers des 4e et 5e, nous avons commencé à collecter du matériel médical à envoyer mi-juin en direction de l’île. Il y a aussi des appareils d’échographie, des fauteuils roulants et même des déambulateurs, mais ce n’est pas suffisant. Afin de remplir le container, il nous faut davantage de fonds », insiste Jean-José Mesguen, représentant de l’association France Amérique Latine Marseille.

    Pour financer le projet, les collectifs appellent les citoyens à se mobiliser. à Toulouse, deux containers ont pu être financés dernièrement grâce au soutien des habitants.

    Plusieurs événements organisés

    C’est dans ce cadre qu’ils organisent une soirée le jeudi 28 mai. « Un concert du trio cubain Ahinamo suivi d’un buffet caribéen et d’une tombola », précise Nicole Giraudi, présidente de l’association France Cuba Marseille 13. D’autres événements sont prévus dans le mois de mai pour réunir les fonds nécessaires. Parmi eux, les films d’Alain Sabathier La Camargue et La Cinega de Zapata seront projetés dans une salle du PCF à Marseille, le 15 mai.

    Des actions que Nicole Giraudi estime « essentielles ». Avant de préciser : « Aujourd’hui, se payer une boîte de Doliprane à 10 euros, c’est impossible avec un salaire cubain, cela doit changer », déplore-t-elle. L’envoi de matériel médical n’est pas le seul dispositif mis en place par les organisations. « Nous avons mené une campagne lors du cortège du
    1
    er-Mai pour financer 1 000 panneaux solaires en direction de Cuba », ajoute Mireille Faure, membre du secrétariat du Secours populaire.

    Des installations qui pourraient faciliter l’accès au gaz, mais aussi aux transports et aux hôpitaux. « Lors de la mobilisation du 1er-Mai, nous avons réussi à récolter 1 000 euros. Nous avons l’attention des syndicats et brigades des énergéticiens qui nous aideront dans l’acheminement de ces panneaux photovoltaïques », se réjouit la membre du Secours populaire, qui s’inquiète malgré tout : « Un panneau solaire coûte 8 000 euros. Il faut les trouver… »

    « Le travail collectif

    sans soutien est difficile »

    « Les pouvoirs publics français doivent reconnaître leur dette envers Cuba, à savoir l’envoi de médecins durant la pandémie de Covid et la participation des Cubains durant la Première Guerre mondiale », souligne Jean-José Mesguen, représentant de l’association France Amérique Latine Marseille.

    Entre les entraves financières des États-Unis sur l’acheminement de l’aide humanitaire et l’absence de mobilisation des élus en Europe visés par la pétition portée par France Amérique Latine Marseille, les associations ne se sentent pas entendues par les pouvoirs publics. « Le travail collectif sans soutien est difficile », ajoute Nicole Giraudi, représentante de France Cuba Marseille 13.

    Les associations ont également rapporté les blocages de l’acheminement de l’aide humanitaire depuis le port de Marseille. Par conséquent, le conteneur financé par le Secours populaire devrait prendre le départ, à la mi-juin, depuis un port espagnol et non pas depuis Marseille.

    « La CMA CGM a subi des restrictions de la part de Donald Trump. On réalise à quel point les États-Unis contrôlent tout, jusqu’à ce qui part de nos ports, et ce n’est pas normal, il faut se mobiliser », estime Bernard Eynaud de la Ligue des droits de l’homme.

  • Devoir de solidarité

    Devoir de solidarité

    La petite île rebelle tiendra-t-elle bon encore une fois face au géant états-unien ? La question n’a jamais été autant d’actualité. Étranglé par un blocus illégal et condamné par l’ONU depuis plus de 60 ans, le peuple cubain subit des restrictions extrêmes depuis l’entrée en fonction de Donald Trump.

    Après l’enlèvement du président vénézuélien, la guerre avec l’Iran, les menaces adressées au Groenland, le président des États-Unis redouble d’agressivité à l’égard de l’île caribéenne, qui a fait le choix de se soustraire à son emprise impérialiste en 1959.

    Marseille-La Havane

    Face aux déclarations guerrières de l’hôte de la Maison blanche, en violation du Droit international, très peu de réactions parmi les États.

    Pire, alors que le peuple cubain traverse une véritable crise humanitaire infligée par les sanctions états-uniennes, la communauté internationale semble impuissante à venir en aide à la population civile.

    Fort heureusement, la société civile, dans notre région comme ailleurs dans le monde, se mobilise de son côté pour faire parvenir de l’aide matérielle, mais aussi pour faire parler de la situation d’injustice subie par le peuple cubain.

    La solidarité doit également s’exprimer par des coopérations décentralisées. Villes et collectivités ont aussi un devoir de mobilisation.

    Des jumelages se sont noués pour soutenir les peuples ukrainien et palestinien au plus dur des conflits qui les ont frappés. Vivement un jumelage Marseille-La Havane !

  • À Aix, vers un « nouveau cap » pour le centre social de Beisson

    À Aix, vers un « nouveau cap » pour le centre social de Beisson

    « On revient de loin », résume Rachid Sabbouri. Dans son bureau du Centre socio-culturel (CSC) Aix Nord – renommé la Rose des Vents depuis peu – le directeur résume ainsi les dernières années de la structure. À ses côtés, Georges Meunier, récemment nommé à la présidence du CSC, rappelle que ce nouveau nom « annonce aussi une fin de flottement. Cette nouvelle dénomination est une façon d’insuffler un nouveau souffle. C’est aussi un nom moins administratif ». En 2024, face aux dettes, le centre social a dû être placé en redressement judiciaire, dont il sort juste la tête. « On avait un plan de 10 ans, à partir de 2024. On l’a remboursé au bout d’un an et demi », indique Rachid Sabbouri. Cette victoire pour cette structure de proximité nichée dans une partie des anciens locaux de l’École des Lauves, impulse aux équipes un « nouveau cap, une nouvelle dynamique. À travers le changement de nom, une symbolique mais aussi à travers les nouveaux projets que l’on met en œuvre au niveau de la structure, déroule Rachid Sabbouri. L’autre objectif pour nous est aussi de ne pas mettre tous les œufs dans le même panier en termes de financement. Là, on se concentre sur des financements et des projets européens ».

    Inclure les plus jeunes

    Si les projets réguliers, comme les actions citoyennes, les activités sportives et culturelles du centre social se poursuivent, La Rose des Vents place ses pions dans le Fonds Social Européen (FSE), dispositif financier visant à soutenir l’emploi, la formation et l’inclusion sociale dans les États membres, et intégrer ses adhérents au projet Erasmus +, destiné à soutenir l’inclusion professionnelle des jeunes. « Nos partenaires nous ont d’ailleurs appris que nous étions les seuls sur la Région Paca à porter ce projet de A à Z et le seul centre socio-culturel à porter [ce programme] au niveau national », se félicitent Rachid Sabbouri et Georges Meunier. « On porte chez nous ce qu’on appelle le pôle famille qui permet de travailler sur la réussite éducative, avec un accueil de soutien scolaire en partenariat avec l’Éducation Nationale, qui permet de lancer un repérage important de certains [profils de] jeunes, donne, en exemple, Rachid Sabbouri. « Erasmus + permet de donner les clefs de compréhension du système dans lequel on vit. On a tendance à croire que des structures ne sont pas capables, ont du mal, n’ont pas la technicité pour mettre en place des projets comme ça. Mais en se donnant du mal, on y arrive. Il faut en avoir l’envie, nous l’avons. On a une équipe ou il y a une réelle appétence pour aller de l’avant. »

  • Contre la misère, le SPF entend « mondialiser la solidarité »

    Contre la misère, le SPF entend « mondialiser la solidarité »

    La scène internationale est marquée par de fortes turbulences ces dernières années, en témoignent les discours bellicistes qui fleurissent à tout bout de champ. À cela s’ajoutent les catastrophes naturelles, amplifiées par le dérèglement climatique – cyclone Gezani à Madagascar en février 2026, ouragan Melissa aux Caraïbes fin 2025 – plongeant une partie non négligeable de la population dans la précarité. Alors, comme chaque année, le Secours populaire français (SPF) lance sa grande campagne du Printemps de la solidarité mondiale. L’occasion de communiquer sur les différentes actions que l’association mène à l’international, une facette à laquelle le grand public est encore peu habitué. « Le SPF consacre chaque année 10 millions d’euros pour l’international. Nous sommes capables de déclencher une aide sur trois jours pour répondre à l’urgence. On envoie de l’argent au national et des équipes sur le terrain font des constats pour que la redistribution aille à l’essentiel », détaille Gilles Loison, secrétaire fédéral, chargé de la solidarité mondiale au SPF.

    Le SPF met également en avant ses projets d’aide au développement durable, réalisés avec 200 partenaires dans 60 pays. La fédération héraultaise apporte elle aussi sa pierre à l’édifice : en 2025, cette dernière s’est engagée avec l’association togolaise Métis-France-Togo. « L’objectif est de favoriser la formation professionnelle des femmes en situation de précarité à la couture », poursuit Gilles Loison. Le SPF34 financera jusqu’en 2027 la création d’un atelier d’apprentissage à hauteur de 10 000 euros par an.

    Panneaux solaires à Cuba

    Des projets concrets pour sortir des personnes de la misère. Cette année, le SPF a voulu mettre en lumière deux actions prioritaires à destination de pays présents sur le devant de la scène internationale mais pour de mauvaises raisons : le Liban – dont la population civile est bombardée par le gouvernement israélien – et Cuba, sous embargo total des USA. Dans le pays du Cèdre, le SPF a noué un partenariat avec l’association Offre Joie. « L’objectif principal de l’association est la collecte de fonds et de l’envoyer sur le terrain. Nous avons par exemple construit un centre à Beyrouth en 2024 capable d’accueillir 1 000 personnes et de leur offrir trois repas par jour », présente Amin Faraj, représentant d’Offre Joie France. Cet avocat s’est par ailleurs rendu à Beyrouth et a été témoin de la situation dramatique dans laquelle se retrouvent des familles de civils. « Aujourd’hui, plus d’un quart de la population libanaise est sans logement. Certains dorment dans des voitures, des tentes, sur la plage », poursuit Amin Faraj, montrant l’urgence de la situation. Des graines de Cèdre sont mises en vente par le SPF afin de financer des projets avec Offre Joie.

    Les Libanais ne sont pas le seul peuple à souffrir des velléités expansionnistes de petits dirigeants autoritaires obsédés par leur nombril. De l’autre côté de l’Atlantique, ce sont les Cubains qui sont les victimes collatérales d’un blocus décrété par les États-Unis et amplifié par Donald Trump depuis janvier. « Je suis allé à Cuba en novembre. On voit les effets de 60 ans de blocus : les maisons tombent en ruine, le réseau d’eau potable est lamentable, ce qui fait qu’il est très rare de pouvoir boire du café le matin. Il y a des pannes de courant de façon aléatoire, les poubelles traînent car les camions n’ont pas assez d’essence pour les ramasser », décrit Jacques Linares, de l’association Cuba-France-Cuba, louant « la résilience des Cubains qui se débrouillent seuls ». Notamment face aux pénuries d’énergie, qui sont foison dans le pays. Le SPF lance donc une campagne afin de financer 1 000 panneaux solaires, installés dans des structures de soins collectives ou des écoles.

  • [1er-Mai] À Martigues, les regards tournés vers la pétrochimie en lutte pour sa survie

    [1er-Mai] À Martigues, les regards tournés vers la pétrochimie en lutte pour sa survie

    Martigues est une ville ouvrière, populaire, profondément attachée à la solidarité et à la défense de l’industrie, de l’emploi et des services publics », lance Gaby Charroux, maire (PCF) de Martigues, au moment d’entamer la manifestation du 1er-Mai organisée par l’Union locale CGT de Martigues sur l’esplanade Félix-Ziem.

    La journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs prend une dimension particulière sur ce territoire industriel. Si les industries martégales et du bassin d’emplois sont citées par le maire, c’est qu’elles arrivent à un tournant. Le secrétaire du syndicat CGT Kem One Lavéra Geoffrey Del Baldo, dans le cortège, l’illustre. « Il faut maintenir cette date de lutte, particulièrement quand on voit l’industrie qui s’appauvrit de plus en plus. Chez nous, les fonds de pension qui ne mettent pas d’argent dans nos outils les transforment en mini-bombes ! », ose le syndicaliste, en référence aux propriétaires de Kem One, 1er producteur français de PVC. Il précise son propos : « La moindre fuite chez nous aura un impact sur les salariés, mais aussi sur la population. On parle de composés volatils cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques CMR. » Alors pour Geoffrey Del Baldo, « la première priorité est de maintenir et pérenniser les outils, donc les emplois et la richesse de la région », à l’heure des grandes annonces de nouveaux projets industriels et de décarbonation.

    « Lavéra a été payé par les impôts des Français »

    Le secrétaire général de l’UL CGT Daniel Bretonès, originaire du syndicat de Naphtachimie, abonde en ce sens. « Toutes les industries du bassin sont vieillissantes. Il faut qu’elles transitionnent car on ne peut plus polluer et consommer autant qu’avant. On jette de l’énergie, cramée à la torche alors que des idées de recyclage ont été abandonnées faute d’investissements », explique-t-il. Avant de parler décarbonation, le syndicaliste est catégorique : « La première condition est que l’outil soit fiable et sécurisé face aux risques de feu, d’explosion ou autres. »

    Daniel Bretonès rappelle que « Lavéra a été payé par les impôts des Français, mais depuis que le privé a racheté, il encaisse les ronds mais n’investit pas dans l’outil vieillissant, datant des années 1960-1970 », déplore-t-il. Pire, « ces fonds de pension qui rachètent tout sont des vampires : ils font des montages financiers pour racheter une boîte sans investir, les mettent en déficit et l’État ne fait rien », en référence à la situation de Kem One. Ce n’est pas un hasard : « Kem One est le premier client de Naphtachimie et LyondellBasell. S’ils ferment, c’est toute la chimie locale et les 20 000 emplois induits qui tombent avec », avertit le responsable.

    ArcelorMittal est aussi source d’inquiétudes. Jean-Luc Ruffin, secrétaire CGT du comité d’entreprise européen présent dans le cortège, affirme que « le redémarrage du 2e haut-fourneau est court-termiste. On sera le 11 juin devant l’Assemblée pour défendre la niche parlementaire du PCF sur la nationalisation d’ArcelorMittal » proposée par la CGT. Martigues donne sa raison d’être à la journée de lutte des travailleurs.

    « Si Kem One tombe, toute la chimie locale tombe avec les 20 000 emplois concernés »

  • [1er-Mai] À Toulon, tous ensemble aussi contre les idées d’extrême droite

    [1er-Mai] À Toulon, tous ensemble aussi contre les idées d’extrême droite

    C’est devant le temple du syndicalisme que les Toulonnais ont commencé à se rassembler un peu avant 10h. Contents d’être à nouveau là, ensemble et debout contre l’adversité, pour la paix et les droits des travailleurs. Mais aussi pour s’opposer à tous ceux qui s’emploient à torpiller les conquis sociaux, comme en témoigne cette offensive des forces de la réaction contre cette journée de lutte et de revendication.

    « Cette année, le 1er-Mai a une saveur particulière, grâce à la mobilisation, nous avons fait reculer ceux qui voulaient nous voler cette journée », lance le secrétaire départemental de la FSU Alain Tournay. Une première victoire, poursuit le responsable syndical, « contre le patronat et les grands groupes soutenus par Gabriel Attal, la droite et l’extrême droite ». Mais pour autant, rien n’est joué, prévient-il. D’autres assauts vont devoir être repoussés.

    Le secrétaire de l’Union départementale CGT, Richard Roméo-Giberti, précise : « C’est aussi une journée de mobilisation et de lutte contre l’extrême droite qui progresse et qui prend des municipalités. Pour dire que non, ce n’est pas banal. On le voit d’ailleurs avec toutes les décisions qu’ils prennent, souvent contre la CGT d’ailleurs, comme à Carcassonne ou à Liévin. »

    « Une extrême droite qui cherche à diviser les travailleurs et les travailleuses », ajoute Pascal Brun (CGT), contrairement au « syndicalisme, lui internationaliste, qui prône la solidarité et lutte contre le racisme et la xénophobie ».

    « Notre 1er-Mai porte évidemment, en effet, toutes les valeurs antifascistes du mouvement ouvrier », confirme Olivier Rosay (Sud). « Et dans un contexte de racisme débridé porté par une partie, hélas, du patronat et de la classe politique qui se traduit par des agressions de militants et des dégradations de locaux syndicaux ou de partis politiques de gauche, il y a vraiment de quoi se mobiliser », ajoute-t-il.

    Plus loin dans le cortège, l’ancien conseiller municipal communiste de Toulon en Commun André de Ubeda, en appelle à un sursaut républicain : « Le symbole du 1er-Mai est particulièrement important cette année puisque l’oligarchie veut, tout aussi symboliquement, l’attaquer puis, comme toujours, le supprimer. Il est important aussi pour la bataille des idées contre les injustices sociales, et face au danger d’une extrême droite qui rêve d’Ancien Régime sous toutes ses formes, y compris les privilèges de la noblesse fût-elle des deux Siciles. »

    Dans sa prise de parole, l’intersyndicale rappelle que « le 1er-Mai, ce n’est pas juste une tradition mais une journée de lutte qui vient de loin, des combats du mouvement ouvrier, des conquêtes arrachées par la mobilisation, comme celle du Front populaire ». Et de poursuivre : « Nous affirmons une fois de plus notre volonté de ne pas laisser les puissants dicter notre avenir. Nous refusons d’être pris pour des sous-citoyens, nous refusons de laisser les riches se gaver sur notre dos pendant que les plus précaires souffrent. L’heure est à la mobilisation et à la lutte collective face à l’extrême droite qui se nourrit des crises. »

    Dans le cortège arrivé à présent à hauteur de la place de la Liberté Stéphane Sacco (GRS), élu à La Seyne, insiste : « La bataille politique doit se jouer d’abord sur le terrain des valeurs, celles du progrès et de la justice sociale, et cette journée est un repère, tout à la fois un héritage et un cap pour les combats à mener. »

    L’élu d’opposition « Alternative progressiste » dit la responsabilité de son groupe face à la majorité d’extrême droite, d’incarner une opposition lucide, déterminée, utile et vigilante face aux dérives, et toujours au service de l’intérêt général.

    Et de conclure : « Leur projet repose sur des réponses simplistes, nourries par les peurs et le repli sur soi, alors que nous, à l’inverse, nous portons une véritable ambition. »

    De quoi donner envie de se retrouver ensemble plus souvent sur le pavé du Port du Levant, plus nombreux, plus fort. Dans la cité « résistante » qui a à nouveau dit non au parti à la flamme.

    « Le syndicalisme, prône
    la solidarité et la lutte contre le racisme et la xénophobie »

  • Table Ouverte : 40 ans de solidarité face à la précarité

    Table Ouverte : 40 ans de solidarité face à la précarité

    Quarante ans d’engagement et une même ligne directrice : « ne laisser personne seul face aux difficultés de la vie ». À Nîmes, l’assemblée générale de Table Ouverte, organisée à l’Espace Esperanza le 17 avril, a réuni plus de 80 participants, entre bénévoles, partenaires et élus venus saluer une action devenue indispensable.

    Autour du président Pietro Truddaiu, l’émotion était palpable, notamment en présence de la fille d’Odile Assmann, fondatrice de l’association disparue en 2014. « Cette idée simple est devenue une réalité vivante », a-t-il rappelé, évoquant « des mains tendues et des liens recréés ». Aujourd’hui, Table ouverte s’appuie sur 105 bénévoles mobilisés au quotidien et aide plus de 300 familles.

    Le combat continue

    Derrière cet anniversaire, le constat est clair : la pauvreté progresse. En 2025, l’association a fortement développé ses actions, doublant presque son budget. Cette dynamique s’incarne notamment dans le projet Esperanza, boulevard Talabot, où d’anciennes arches SNCF ont été transformées en véritable tiers-lieu solidaire. Épicerie sociale, friperie, salle d’exposition, mais aussi ressourcerie, atelier vélo ou futur jardin partagé : un « laboratoire social » qui illustre l’évolution de Table Ouverte.

    Pour 2026, le rapport d’activité et le bilan financier ont été adoptés à l’unanimité. Mais pour Pietro Truddaiu, l’enjeu dépasse les chiffres : « Il faut réunir partenaires et moyens pour faire reculer la pauvreté. » Dans un contexte où les besoins explosent, l’association appelle à renforcer les coopérations. L’exposition retraçant ces 40 ans a permis de mesurer le chemin parcouru. Mais pour Table Ouverte, l’essentiel reste à venir. « Nous avons 40 ans d’avenir », a conclu le président, fidèle à une conviction intacte : la solidarité est un combat collectif.

  • Les élèves du lycée Bonaparte de Toulon vont courir contre la faim

    Les élèves du lycée Bonaparte de Toulon vont courir contre la faim

    Courir pour lutter contre la faim dans le monde : tel est le sens du projet mené par une classe de terminale ST2S du lycée Bonaparte, à Toulon. Mercredi, grâce à leur engagement, quelque 150 élèves et professeurs de l’établissement enfileront leurs baskets pour participer à une course caritative en faveur de l’ONG Action contre la Faim, afin de soutenir la lutte contre la sous-nutrition en République centrafricaine.

    Chaque participant courra en échange d’une promesse de dons, selon un système de parrainage assuré par des proches, des commerçants ou des acteurs locaux. C’est le principe des « Courses contre la faim » proposées par l’ONG, auxquelles participent chaque année plus de 248 000 élèves issus de 1 200 établissements. En 2025, ces courses ont permis de collecter près de 2,642 millions d’euros.

    Un projet construit dans

    le cadre scolaire

    À l’origine de l’initiative, Chahde. À 18 ans, cette future étudiante en santé découvre Action contre la Faim lors d’un forum associatif. L’idée lui vient alors de mener une action « qui compte peu à notre échelle, mais qui a un impact sur le monde », décrit-elle. D’autant plus que celle-ci s’inscrit dans le cadre d’un projet scolaire, partie intégrante du programme. « En terminale, ils apprennent à mener un projet de A à Z : respecter les étapes, faire un diagnostic du besoin, définir des objectifs, mettre en œuvre une action, puis l’évaluer à la fin, explique Jean-Marie Lebert, professeur de sciences et techniques médico-sociales. Ce projet donne un sens à l’approche théorique ».

    Aucune obligation n’est toutefois faite aux élèves de construire un projet caritatif. « Ce sont les élèves qui ont choisi », poursuit Jean-Marie Lebert. Et cela a du sens, car « ils sont destinés à travailler dans des structures sanitaires et sociales, où leur mission essentielle sera de mener ce type de projet pour leur structure. Je suis impressionné, car ce sont en plus des jeunes de milieux populaires, qui mènent des actions à destination d’autres personnes en difficulté ».

    Dans les faits, Chahde et ses camarades ont mené un véritable travail de terrain, particulièrement formateur pour leurs futures carrières. « Nous avons réalisé des sondages pour trouver des personnes intéressées, sensibilisé les élèves, démarché les commerçants pour trouver des sponsors et contacté les médias », détaille-t-elle. « Une vraie expérience de travail en équipe », dont la jeune femme, qui a décidé de s’engager au-delà du projet en devenant bénévole au sein de la délégation varoise d’Action contre la Faim, espère mesurer les retombées le jour J, même si aucun objectif de collecte chiffré n’a été fixé.