Tag: solidarité

  • À Marignane, Place publique soutient l’union de la gauche

    À Marignane, Place publique soutient l’union de la gauche

    L’union de la gauche s’élargit. Place Publique annonce son « soutien plein et entier » à la candidature d’Ariane Lombardi (PCF), tête de liste des forces progressistes et écologistes, aux élections municipales, alors que le centriste Christian Amiraty espérait aussi un ralliement.

    Le mouvement de Raphaël Glucksmann salue « la dynamique collective portée par la liste “Mieux vivre à Marignane” », qui rassemble le PCF, le PS, les Écologistes, Génération.s, Debout et L’Après, « dans un contexte national et local marqué par la progression des idées d’extrême droite ».

    « Ariane Lombardi propose un projet ambitieux pour Marignane, fondé sur la justice sociale, la démocratie locale, la transition écologique et le renouveau démocratique » qui « s’inscrit ainsi pleinement dans le projet métropolitain de Place publique, visant à faire enfin d’Aix-Marseille-Métropole un espace fondé sur la justice territoriale, la solidarité, la transition écologique, l’efficacité des services publics et la participation citoyenne ».

    Se prémunir d’une dispersion des voix

    La tête de liste se réjouit de ce ralliement : « C’est important d’avoir la participation de toute la gauche pour faire face au RN et à la droite libérale, on a absolument besoin d’une union à gauche qui soit forte et constructive pour redynamiser la ville de Marignane, la recoudre face aux divisions. » Un seul parti manque encore à l’appel : la France insoumise. « Unir la gauche c’est se prémunir d’une dispersion des voix qui pourrait nuire aux habitants », affirme Ariane Lombardi. Le message est passé.

  • Une grande collecte pour prôner la solidarité et l’intelligence collective à Martigues

    Une grande collecte pour prôner la solidarité et l’intelligence collective à Martigues

    Les piles de cartons prennent de la hauteur. Dans le hall de la Halle de Martigues, les bénévoles s’affairent pour organiser et répartir les denrées alimentaires et les produits d’hygiène récoltés lors de l’opération Martigues solidaire, qui se poursuit jusqu’au concert de Chimène Badi ce vendredi 6 février.

    « Il y a six palettes, pour les six organisations partenaires », pointe Valérie Fernandez-Campazzo, responsable du service de la vie associative : le Secours populaire, la Croix rouge, les Restos du cœur, les « mastodontes », et les Équipes Saint-Vincent, Partage et le Secours catholique. « Cette action, c’est collecter ensemble, mais c’est aussi fonctionner ensemble, et le challenge de la Ville c’est de coordonner tout ça ! »

    La coopération

    L’agente municipale pense que 2026 ne sera pas l’année de tous les records comme 2025, où sept tonnes de dons avaient bénéficié aux associations. Mais pour elle, ce qui compte, c’est aussi la dynamique que l’événement crée. « C’est un énorme collectif de partenariats polymorphes, avec 39 points de collecte répartis entre les grandes, moyennes et petites surfaces de la commune, les lieux associatifs, les collèges, les lycées, les centres sociaux et espaces publics. » Sans compter les entreprises, qui s’y mettent aussi, à l’instar de Petroineos.

    Colette, dite « Coco », des Équipes Saint-Vincent, affirme : « Non seulement les dons récoltés représentent un mois ou deux de fournitures pour accompagner nos 300 familles bénéficiaires, mais en plus ça stimule notre engagement bénévole, notre implication. » Après huit éditions de Martigues solidaire, des amitiés se sont nouées et des coopérations inter-asso se sont engagées. À la fin de chaque opération, les organisations redistribuent les denrées à la hauteur des besoins et des capacités de stockage de chacune. « C’est de l’intelligence collective », glisse Valérie Fernandez-Campazzo.

    Les échanges se poursuivent ensuite tout au long de l’année. « On essaye de se rencontrer pour trouver un consensus et harmoniser nos pratiques de sorte, notamment, à ce que l’été il n’y ait pas de manque pour aider et que les personnes en difficulté ne se retrouvent pas démunies », confie Colette.

  • Quand les mécènes soutiennent l’action sociale

    Quand les mécènes soutiennent l’action sociale

    Cinq structures sont soutenues financièrement par le Fonds de dotation de Marseille, initié par des entrepreneurs pour mettre en œuvre des actions destinées à réduire la frature sociale sur le territoire. La 3e édition de leur gala « à jamais solidaires ! » se déroule le 30 mars pour récolter des fonds.

    A chacun son domaine pour favoriser l’égalité des chances : la cuisine du bouillon de Noailles, le Rugby club marseillais côté sport, Castelife pour l’entreprenariat, l’accès à la culture par Action Bomaye reliant l’éducation et la réinsertion, deux vecteurs aussi soutenus par Ambition 360.

    Vecteur de cohésion

    Certains représentants d’associations ont été poussés par leur histoire personnelle, à l’image d’Ismaël Cousin, le directeur d’Action Bomaye. Déscolarisé à 17 ans, placé en foyer, il sert aujourd’hui d’exemple aux minots tout en dressant un constat alarmant : « des jeunes de 7 à 10 ans souhaitaient être livreur plus tard », se désole-t-il… Il faut « casser le plafond de verre », lance-t-il, pour favoriser l’égalité des chances et que ces jeunes développent des ambitions.

    Le Fonds de dotation de Marseille, créé en 2019, a déjà soutenu une cinquantaine de projets grâce à plus de 600 000 euros collectés. Ce collectif d’entrepreneurs appelle à les rejoindre, comme l’a fait, fin 2025, Cécilia Barontini, ancienne cadre de l’OM : « j’avais coutume de dire, à tort, que l’OM était le seul vecteur de cohésion sociale », avant de découvrir ce projet. Sa participation présage l’arrivée « d’anciens bleu et blanc », comme celle de l’ancien défenseur de l’OM Eric Di Meco déjà annoncée. Cet invité d’honneur présidera d’ailleurs le Gala 2026.

    Plus de 100 mécènes, 10 000 euros défiscalisables par table, et un menu en 6 actes présenté par les Toques Françaises. Le Gala 2026 s’ouvrira le 30 mars. Avec pour principal enjeu de donner de la visibilité aux cinq associations et de la montée des « enchères » pour les investissements des mécènes et de leurs invités.

  • [Entretien] Jean-Pierre Lacan : « Reconnaître la Méditerranée comme un espace humanitaire »

    [Entretien] Jean-Pierre Lacan : « Reconnaître la Méditerranée comme un espace humanitaire »

    La Marseillaise : Quels seraient vos souhaits pour cette année 2026, vos attentes ?

    Jean-Pierre Lacan : Que cette année soit moins meurtrière, évidemment, en Méditerranée et notamment en Méditerranée centrale, qu’elle ne l’a été en 2025. Aussi, que les actions de sauvetage de la société civile au travers des ONG ne soient plus entravées comme elles le sont aujourd’hui. C’est essentiellement ça que je souhaite pour cette année 2026, qui est, faut-il le rappeler, l’année des 10 ans opérationnels de
    SOS Méditerranée.

    Justement, quel regard porter sur le chemin parcouru en 10 ans ?

    J.-P. L. : C’est un chemin qui n’a pas été pavé de roses. Quand on est né en 2016, 2015 juridiquement, il y a beaucoup de morts en Méditerranée, on parle de 46 000 depuis 2000. On se dit alors qu’il va y avoir une prise de conscience des États. Nous sommes deux ans après le terrible naufrage de Lampedusa en octobre 2013. Quelques semaines après, est lancée l’opération Mare Nostrum par le gouvernement italien mais les États européens ne le soutiennent pas. L’UE explique que ça va créer un appel d’air qui attire l’immigration, que ça coûte très cher et qu’il faut arrêter. Et les choses s’arrêtent. Nous avons donc pris le relais car les naufrages continuent. C’est là que l’Europe va mettre en place cette politique d’externalisation de la frontière. On va confier aux Libyens le soin de verrouiller la frontière maritime de l’Europe et on arrive aujourd’hui à une situation absolument catastrophique, avec ces morts qui s’ajoutent aux morts en Méditerranée, on en dénombre 33 231 depuis 2014. C’est l’axe migratoire le plus mortel du monde, selon l’Organisation internationale pour les migrations. Dix ans après, on n’est pas très optimiste et on souhaite que ça s’arrête, que les choses évoluent dans le bon sens, qu’enfin la Méditerranée soit reconnue comme un espace humanitaire.

    D’autant que la situation empire avec cette attaque des garde-côtes libyens qui criminalisent encore plus les actions des ONG…

    J.-P. L. : Oui, le 24 août 2025, notre navire – battant le pavillon norvégien – était sur une opération de sauvetage et s’est fait tirer dessus par des garde-côtes libyens, une centaine d’impacts ont été relevés sur le navire sans que ça provoque la moindre émotion. L’attitude libyenne est probablement expliquée par le fait que les Libyens appliquent de manière zélée les termes de l’accord d’externalisation de la frontière avec l’UE. C’est-à-dire que l’objectif est chiffré, on empêche les gens de passer, de franchir la Méditerranée par tous les moyens, y compris en allant jusqu’à tirer. Il faut impérativement, pour les Libyens, rendre étanche la frontière. Ils n’y sont pas parvenus, ils n’y parviendront jamais. C’est ça le drame dans cette affaire.

    Pourtant il est impossible d’empêcher ces exilés de venir…

    J.-P. L. : Bien évidemment, malgré les efforts que déploient les garde-côtes libyens, les gens continuent à franchir la Méditerranée. Les arrivées en Europe ont un peu baissé par rapport à 2024, en Italie très précisément. Mais de peu. Cette année, à peu près 66 000 personnes sont arrivées en Italie par les voies maritimes. En 2024, on était à 66 600… La différence n’est pas significative, tout ça est très conjoncturel, ça dépend des périodes, des moments. On connaissait les départs depuis la Tunisie et la Libye vers l’Italie. Mais il faut ajouter une autre route qui a émergé ces derniers temps. C’est une route au départ de l’Est libyen, de la région de Tobrouk vers la Crète. En 2025, on était à un peu plus de 18 000 arrivées en Crète.

    Pour pallier l’absence de réaction des pouvoirs publics, il y a tout le travail des bénévoles. Quelque chose à encourager ?

    J.-P. L. : Oui, la mobilisation citoyenne, c’est quelque chose de majeur à SOS Méditerranée. Aujourd’hui, on est à plus de 900 bénévoles partout en France, dans une trentaine d’antennes. L’antenne Hérault-Gard est l’une des plus importantes et des plus actives, étant présente dans de nombreux événements pour porter l’image et le plaidoyer de SOS Méditerranée. On fait également beaucoup d’interventions auprès des écoles, des lycées, des collèges pour porter cette parole, qui est le fruit de notre expertise en matière de témoignages à bord des navires. Cette réalité est bien souvent ignorée de bon nombre de gens. Et donc ça, c’est notre boulot de bénévoles. Alors, oui, c’est terriblement important. On fête cette année nos 10 ans d’opérations en mer, on n’aurait jamais pu continuer à vivre, à franchir cette décennie s’il n’y avait pas eu derrière une forte mobilisation citoyenne. L’essentiel de notre budget est apporté par la mobilisation citoyenne.

    * À l’occasion des 10 ans de SOS Méditerranée, un ciné-débat autour du film de Jean-Paul Marie, « Les migrants ne savent pas nager », est organisé le 29 janvier, à Castelnau-le-Lez avec l’association Les Amis de la Vie.

  • Bisbille entre associations à la cité la Paternelle

    Bisbille entre associations à la cité la Paternelle

    « La lumière, vous inquiétez pas, ça vient du cœur. » La soixantaine de convives attendus ce mardi 27 janvier pour le repas des ateliers cuisine, dans le local de l’association Jeunes Renaissance, à la Paternelle (14e), font contre mauvaise fortune bon cœur. Faute de pouvoir accéder au compteur, ils vont manger dans le noir. Fadela, présidente de l’association, ne cache pas sa colère. Lorsqu’elle a pris la suite de son frère, décédé en 2020, « on nous avait promis un bail », assure-t-elle. Elle occupe le bâtiment, propriété du bailleur social de la Ville, Marseille Habitat, dans le cadre d’une convention avec l’association Schebba, elle officiellement locataire des lieux. « On a ensuite appris qu’ils devaient partir le 31 décembre, mais l’état des lieux, prévu le 5 janvier, n’a pu se faire », raconte Fadela. Problème : la cuisine et le compteur, situés dans la partie occupée par Schebba, ne sont pas accessibles.

    Projections de films, cours du code de la route, de mathématiques, soutien scolaire… « On fait comme on peut » malgré « le froid et les infiltrations d’eau », résume Fadela. Les murs lépreux confirmant ses dires.

    Un bailleur médiateur

    À ses côtés, Yahya insiste sur son rôle crucial pour la communauté kurde « très représentée ici ». Jeunes Renaissance, « c’est de l’or, les mamans issues de la première génération ne peuvent pas aider leurs enfants aux devoirs », témoigne-t-il. Avec 200 familles adhérentes, des habitants des alentours sont là.

    Dans une réponse en date de ce mercredi, la direction de Marseille Habitat précise que le local est mis à disposition depuis 2004 par Schebba, qui souhaitait résilier le bail avant de finalement vouloir poursuivre ses cours de FLE (Français langue étrangère). Une discussion ayant été initiée avec le bailleur, les clés n’ont pas été rendues. Pour les travaux de remise en état, ils ne seraient pas « opportuns » dans la mesure où vont être entamés en mai prochain les travaux de rénovation de la Paternelle, 17 millions d’euros investis, avec une livraison prévue un an et demi plus tard. Et d’inviter les deux associations à s’entendre.

    « Nous sommes convaincus de l’utilité de leurs actions, il n’y a pas de sujet là-dessus », tempère Audrey Gatian, présidente de Marseille Habitat et adjointe (PS) aux mobilités et à l’éducation populaire, consciente qu’il faut revoir un accord qui « ne tient plus », dans un climat de tension entre les deux associations. « On va trouver une solution », espère-t-elle, confiante, rappelant que « sur la Paternelle, on a vécu des moments tellement compliqués ». Une référence au calme revenu après le démantèlement en 2024 d’un point de deal qui rapportait jusqu’à 200 000 euros par jour. Pour ce qui est de l’état du local, « si on avait pu résilier le bail avant, on aurait fait le nécessaire mais nous intervenons dès qu’il y a un problème », affirme l’élue.

  • À Châteauneuf-les-Martigues, la gauche veut protéger et réparer

    À Châteauneuf-les-Martigues, la gauche veut protéger et réparer

    Châteauneuf-les-Martigues n’avait pas vu une telle union de la gauche depuis « au moins deux mandatures », estime Laurence Jouanaud (PCF). Alors, au moment d’inaugurer le local de campagne ce vendredi 23 janvier, la tête de liste et ses colistiers, représentants des diverses composantes partisanes et citoyennes d’« un Élan pour l’avenir », ont partagé la parole.

    Parmi les priorités du groupe : un nouveau mode de gouvernance « plus à l’écoute de la population afin de développer une intelligence et une solidarité collectives », explique Marie-Thérèse Rochedix, des écologistes. Élodie Thiebaut, représentante d’un mouvement citoyen du centre et conseillère municipale d’opposition, dénonce le « comportement autoritaire et antidémocratique » de l’actuelle majorité. Les forces de gauche entendent donc mettre en place des consultations participatives pour les grands projets, qu’elles souhaitent orienter vers le social.

    Elles proposent notamment de rétablir une maison de la solidarité, de rouvrir un foyer pour seniors à la Mède ou encore de mettre en place un bus administratif afin que les services publics de proximité puissent aller au-devant des publics précaires.

    Sécurité et centres-villes

    Un sujet tient particulièrement à cœur à Élodie Thiebaud, infirmière de profession : la santé. « Les communes peuvent être actrices dans ce domaine », maintient-elle. La liste compte mettre à disposition des locaux et instaurer des aides au financement d’équipements, des bourses et des aides aux internes pour attirer les jeunes soignants.

    Marc Lopez, conseiller municipal d’opposition et colistier PS, insiste quant à lui sur la sécurité, ne voulant pas laisser ce sujet au maire sortant (DVD), Roland Mouren, et au candidat RN, Alain Vaccaluzzo : « Il faudra qu’on embauche rapidement des fonctionnaires municipaux et qu’on renforce les actions de proximité et de prévention, avec des médiateurs devant les écoles. (…) En 1970, il y avait un bureau de police nationale à Châteauneuf. Aujourd’hui, on est trois fois plus et on n’a rien du tout. On mettra tous les moyens nécessaires pour faire revenir les corps d’État. »

    La liste veut aussi redynamiser les centres-villes de la commune de 18 000 habitants « laissés à l’abandon pendant douze ans », selon Marc Lopez. La tête de liste Laurence Jouanaud (PCF) explique : « Tout le monde doit pouvoir s’épanouir dans une ville facile et apaisée, agréable à vivre autour de centres-villes qui proposent des lieux d’échanges et de rencontres. On a l’idée de mettre en place un cyber café municipal. Il faut aussi soutenir l’attractivité pour avoir des commerces attrayants dans des quartiers où les problèmes de circulation seront réglés, avec la mise en commun de transports par exemple. » Tout un programme, qui sera dévoilé dans son entier mi-février.

  • Une épicerie solidaire ouvre ses portes pour les étudiants à Aix-en-Provence

    Une épicerie solidaire ouvre ses portes pour les étudiants à Aix-en-Provence

    L’espace est habituellement dédié à la réception d’événements. Mais derrière les vitres du Cube, s’étalent sur 130 m2 du lieu de hauts étalages, garnis de produits d’hygiène, d’entretien de maison, d’aliments secs, de conserves, de couverts, de papeterie, d’objets aussi. À l’initiative de l’association Solid’Am, en charge de distributions alimentaires pour les étudiants, l’une des plus importantes épiceries solidaires de France s’apprête à ouvrir sur le Campus Schuman de l’Université d’Aix-Marseille. Ici, les denrées alimentaires sont gratuites, dans la limite de dix produits par étudiant, tandis que les produits d’hygiène sont vendus à au moins 80% en dessous des prix du marché. Les produits, pour la majorité, proviennent de dons solidaires, d’entreprises et de la Banque Alimentaire. « L’idée est vraiment que l’étudiant puisse venir ici, faire ses courses à petit prix voire gratuitement, sans avoir l’impression de faire la queue dans une distribution alimentaire. Cela fait moins ration de survie post Seconde guerre mondiale. C’est moins stigmatisant », conclut Lyes Belhadj, président de l’association. Solid’Am.

    Un « cadre intimiste »

    L’association, historiquement créée au début des années 2000, a connu un véritable « branle-bas de combat » pendant le confinement, rapporte son président, en enchaînant les distributions sur différents campus universitaires du coin. Avant que le dispositif ne se pérennise pour répondre à la précarité étudiante croissante post-Covid. « On est sur un campus ou l’on avait entre 300 et 500 bénéficiaires, poursuit Lyes Blhadj. On organisait les distributions entre midi et 14h. Forcément, les gens pressés repartaient en cours, on ne pouvait pas manger, et surtout, chacun voyait l’autre faire la queue. Contrairement à la distribution, ce lieu permet d’abord de choisir, mais aussi de le faire discrètement. L’épicerie a l’avantage d’être ouverte trois jours par semaine sur des plages horaires d’au moins deux heures, jusqu’à six heures par jour en fonction des besoins. Le tout, proposé dans un cadre intimiste. » Le projet est né après la publication, par l’Université, d’un appel à projet. L’association le remporte en juillet 2025, récupère les clefs en septembre, et ouvrira officiellement ce mercredi 28 janvier. Au-délà d’être un lieu de nécessité, l’endroit est imaginé comme un« tiers lieu étudiant ». Animations, rencontres, devraient être organisées sur place, une fois le projet installé. « On réceptionnera, dans le futur, également deux postes d’ordinateurs pour aider les étudiants dans leurs démarches administratives, leurs recherches de logement… », ajoute Said Azizi, vice-président de l’association. Le mot d’ordre : « Ouvert à tous, précise Lyes Belhadj. Ce n’est pas l’épicerie des étudiants pauvres, c’est l’épicerie des étudiants tout court ». Y compris pour les étudiants hors Université d’Aix-Marseille.

  • Des vœux revendicatifs pour les portuaires CGT

    Des vœux revendicatifs pour les portuaires CGT

    Des portuaires de Marseille mais aussi de Fos-sur-Mer ont assisté nombreux ce jeudi 22 janvier aux vœux de la CGT. L’occasion pour leur secrétaire général, Pascal Galéoté, de contextualiser ce traditionnel exercice. D’abord, la situation internationale qui concerne au premier chef un port ouvert sur le monde.

    Santé, paix, solidarité, « ces mots peuvent paraître simples mais ils prennent aujourd’hui une résonance toute particulière dans un monde traversé par l’instabilité, les conflits et les dérives autoritaires » pose-t-il. Et de revenir sur un « Donald Trump qui se pose en arbitre du monde et en tuteur autoproclamé des nations ». Il rappelle à quel point le « discours politique s’est décomplexé, glissant sans retenue d’une droite conservatrice vers une extrême droite agressive, autoritaire et prédatrice ». Déplorant la multiplication des interventions militaires, en dehors « du droit international, du rôle de l’ONU et de la souveraineté des peuples », le syndicaliste souligne le cas du Venezuela, revient sur les velléités de Trump de capter les ressources fossiles du Groenland.

    La domination par la force. Une logique « que nous retrouvons en France » décline Pascal Galéoté déplorant « la concentration des pouvoirs, l’arrogance et l’autoritarisme » qui entraîne le pays vers « l’impasse démocratique ». Jusqu’à user du 49-3 faute de pouvoir voter un budget, après avoir « refusé de nommer un Premier ministre issu du Nouveau front populaire pourtant arrivé en tête aux dernières législatives ».

    Remise en cause du 1er mai

    Et de dénoncer le creusement des inégalités, les aides aux entreprises qui atteignent des sommets « sans aucune contrepartie sociale, salariale, environnementale ou industrielle ». Il enchaîne sur la remise en cause des « repères sociaux, des droits collectifs et de nos symboles ». Il entend par là le détricotage du 1er mai avec une proposition de loi LR, soutenue par les macronistes et le RN, pour autoriser ce jour-là le travail de certains secteurs, restaurants, fleuristes ou culture, en débat ce jeudi à l’Assemblée nationale. Pas question pour lui de « s’attaquer aux droits sociaux et à l’histoire ouvrière ».

    En matière de dérive, il revient aussi sur cette Une du journal La Provence le 14 janvier, sur les « grands procès de 2026 », le mettant au même niveau notamment que le chef du clan Yoda. Si depuis, le directeur de la rédaction, Olivier Biscaye, s’est fendu d’une adresse aux lecteurs, réfutant « l’idée d’avoir voulu porter atteinte à l’honneur » du responsable CGT, une rencontre a eu lieu ce jeudi matin indique Pascal Galéoté, entre « notre fédération, l’Union départementale » et « la numéro 2 de CMA et le directeur du pôle média ». « Profondément attaché à la liberté de la presse », il estime qu’elle « implique des responsabilités ».

    Fort de 42 500 emplois portuaires pour 54 métiers, soit « des dizaines de milliers de familles », il s’inquiète aussi de l’avenir, alors que la campagne des municipales bat son plein. « L’espace portuaire n’est pas un espace de loisirs », assène-t-il. Sans industrie, le port deviendrait « une coquille logistique fragile, soumise à la volatilité des trafics et à une concurrence internationale féroce », prévient-il, « la transition écologique ne peut se résumer à une opposition simpliste entre la fin du monde et la fin du mois ». Malgré un chiffre d’affaires en hausse de 245 millions d’euros, le bilan d’activité reste contrasté analyse-t-il, « le port doit beaucoup à ses activités passagers, à la réparation navale et à la fourniture de ses services essentiels comme l’eau et l’électricité ».

    « Une conjoncture instable », qui ne doit pas faire oublier que ce résultat est celui d’une « capacité collective à produire de la richesse » martèle Pascal Galéoté, fier de revendications qui ont permis la création de 37 emplois supplémentaires en 2025, « dont 4 négociés hier soir pour l’activité voyageurs », de « 87 nouvelles adhésions en 2025 pour atteindre les 867 syndiqués ».

    « L’espace portuaire n’est pas un espace de loisirs »

  • Nuit de la solidarité : un couteau suisse pour répondre à tous les besoins

    Nuit de la solidarité : un couteau suisse pour répondre à tous les besoins

    « Petite structure, mixité, c’est très symbolique de ce que l’on veut développer ! », s’enthousiasme Audrey Garino devant l’entrée d’un immeuble en copropriété à la Capelette. Dans le cadre d’un partenariat de la Ville avec l’État, en rez-de-chaussée et au 1er étage, le centre de vacances du boulevard Saint-Jean a cédé la place à une unité d’hébergement. La Digue, gérée par Saralogisol, accueille 46 personnes, en famille, depuis 2021.

    « On nous avait annoncé qu’en copropriété ce serait complexe », se souvient l’élue. Pari gagné. Le bail de 7 ans vient d’être renouvelé. « Il y a eu quelques ajustements à faire, sur le bruit, car il y a une cour intérieure et on a 20 enfants de moins de 6 ans. Mais on est dans une relation de voisinage apaisé », témoigne Julie Jaffro, directrice du pôle social. Si l’accueil est inconditionnel, « il y a une vigilance sur la question de la parentalité ou sur le cadre à respecter dans le contrat de séjour », précise Aurélien Sibba, chef de service. Dans la grande cuisine, la vie des 14 familles, dont dix monoparentales, orientées sur La Digue par le 115, tourne autour d’un rythme collectif. Les repas du midi et du soir sont portés par l’Armée du Salut. « On y fait aussi des ateliers cuisine, les anniversaires, Noël… », ajoute Marie, éducatrice spécialisée.

    De quoi créer du lien entre des personnes venues d’horizons différents. On y partage les fêtes et les corvées. Dans le couloir, un planning affiche les tours de ménage pour les communs. Avec dix nationalités différentes, le français est la langue partagée. « Pour l’apprentissage, on oriente sur les associations. Il y a aussi une formation FLE via France Travail, mais avec de moins en moins de financement », regrette Marie. Sonia bénéficie de l’accompagnement social de Sarlogisol depuis 5 ans. « J’étais à l’hôtel, mais on ne peut rien faire. Ici c’est comme une petite maison, avec une grande famille », explique la jeune mère Albanaise en ouvrant la porte de la chambre familiale dont un pan de mur a été tapissé de photos de Jul par sa fille de 13 ans et son fils de 4 ans, tous les deux scolarisés dans le quartier. Réorganiser sa vie pour Sonia, passe par la commission Dalo. Elle avoue : « J’ai hâte d’avoir mon propre logement, de trouver un travail. » Chacune des familles restera à La Digue le temps nécessaire. « On a déjà quatre sorties positives, une sur du privé, les autres dans des logements sociaux », peut s’enorgueillir l’association, qui ne connaît aucune vacance sur cette structure tant la demande est forte.

    Décloisonner

    La Nuit de la Solidarité a fait apparaître d’autres besoins que le logement. Rue Saint-Basile, La Bonne adresse s’évertue à y répondre. Dans ce deuxième lieu appuyé par la Ville, sur 200m2, une équipe de 6 salariés propose aux sans-abri et aux personnes hébergées en hôtel, en plus de l’accès aux droits, un service courrier pour 585 domiciliations, une bagagerie de 23 grands casiers, une laverie, deux douches, une cuisine partagée, des colis alimentaires et des produits d’hygiène, un vestiaire et du soutien scolaire. « C’est l’originalité de ce tiers lieu, lance dans un large sourire Mourad Fennas, directeur de l’Arme du Salut. C’est la ligne qu’on s’est donné, de décloisonner les activités. »

    Derrière l’ordinateur, à l’accueil, Shaïma, 24 ans, hébergée en hôtel avec sa fille de deux ans, est « usagère et bénévole ». Elle indique la prise électrique à Salem, 47 ans, les cheveux encore humides après sa douche et lui propose un café en attendant que son téléphone portable soit rechargé. « Je suis dehors depuis trois mois. Quand il a fait très froid je suis resté une semaine au stade Vallier. On m’a fait une proposition d’hébergement, à Arles. J’ai refusé. Je suis inscrit à France Travail et j’ai mes rendez-vous à l’hôpital ici », justifie-t-il.

    Des rires parviennent du centre névralgique de la structure. Quatre femmes sont aux fourneaux. Taguée sur le mur au-dessus d’elles, la formule « des choses magiques se produisent dans cette cuisine », annonce la couleur. « Je viens chaque mardi, explique Ibitissam, et je repars en chantant. Mon linge est propre, mon mari et ma fille sont contents de me voir rentrer à l’hôtel avec des plats cuisinés pour la semaine. Et ils sont tellement gentils ici ! » Faïza, tout aussi radieuse, remonte de la buanderie par l’escalier décoré d’une guirlande de photos, scènes joyeuses de la vie du site. « On a aussi accès à des produits d’hygiène. Il y a un gros congélateur pour tuer les punaises de lit dans les textiles. C’est une vraie bonne adresse ! » Elle participe à l’animation du lieu, « avec les enfants », indique-t-elle en passant devant la salle de jeu.

    Là encore, le planning cuisine affiche complet. « On est à 40 places, avec une liste d’attente de 2 mois », regrette Anaïs Beringer, coordinatrice. Pour ceux qui ont la possibilité de cuisiner, « le vendredi matin est consacré à la distribution de denrées alimentaires pour une trentaine de familles ». Le soir de la Nuit de la Solidarité, « on sera ouvert, avec une grande soupe à partager », annonce Mourad Fennas.

    La préfecture récupère mille logements

    Pour Léopold Carbonnel, directeur adjoint de la DDETS (direction départementale de l’Emploi, du Travail et des Solidarités), « un tiers des personnes en centre d’hébergement sont en attente d’un logement. Les bailleurs sociaux ont des obligations réglementaires pour attribuer 25% des logements aux ménages qui ont les plus bas revenus. Et 30% au contingent préfectoral. En 2024-2025, on a demandé à 20 d’entre eux de rendre des logements parce qu’ils n’avaient pas respecté ces critères. On a récupéré presque mille logements ».

  • Ariane Lombardi veut un centre social pour Marignane

    Ariane Lombardi veut un centre social pour Marignane

    « On va se battre pour monter un centre social, indispensable pour recoudre la ville », lance Ariane Lombardi mercredi soir. La tête de liste communiste de l’union de la gauche pour les municipales marignanaise a développé cette idée à l’occasion d’une réunion publique au local de campagne du parc Camoin, centrée sur la jeunesse, le lien social et la solidarité.

    Le constat de départ est simple. « Chaque âge de la vie est traité indépendamment par la Ville, mais il y a un grand vide notamment pour la jeunesse des 14 à 25 ans », estime la candidate. « Il faut un lieu de rencontre et d’échanges municipal pour eux, mais aussi pour recréer un lien intergénérationnel. Pour organiser le temps commun et combattre l’isolement de la jeunesse comme des seniors », souhaite la communiste.

    Un lieu de rencontre, et de médiation sociale. « Les jeunes doivent y trouver des facilités pour chercher des stages, des formations, ou un 1er emploi » poursuit Ariane Lombardi, « il faut doter ce centre social d’éducateurs, de médiateurs professionnels de l’orientation qui peuvent aiguiller nos jeunes, en bonne intelligence avec le tissu associatif et économique », argumente la candidate.

    « On peut le budgétiser »

    Ce projet de centre social n’est pas un vœu pieux. « Nous sommes en capacité de le budgétiser », considère Ariane Lombardi, qui estime « entre 600 000 et 700 000 euros le budget de fonctionnement annuel d’un centre social pour une ville de 35 000 habitants ». Au niveau immobilier, « nous avons des bâtiments publics disponibles : l’ancienne école Parc Méditerranée vient d’être mise en vente et nous pourrions la récupérer, comme l’ancien musée Raimu », remarque la candidate, qui estime le budget d’investissement « entre 1,2 et 2 millions d’euros pour la réhabilitation et l’accessibilité. C’est peanuts pour une mairie comme la nôtre », juge-t-elle.

    Un participant réagit. « On va nous dire qu’il existe déjà des choses. Mais il faut sortir de l’événement ! Toute action doit être suivie », estime Michel, retraité, rappelant que « beaucoup de jeunes vivent chez leurs parents ». Dans la même veine, une participante souligne le rôle d’un conseil municipal des jeunes, « un moyen de faire échanger et participer les jeunes dans une démarche citoyenne ». « C’est à la Ville de fournir ces moyens à la jeunesse », insiste Ariane Lombardi, en approuvant la proposition.

    Le prochain rendez-vous de la candidate est le 10 février à 19h avec le maire PCF du Rove Paul Sabatino pour aborder le communisme municipal au local de campagne.