Le Cercle des Boulomanes a reçu ce jeudi soir, près d’une centaine d’invités pour une collecte de fonds, organisée par Cuba Coopération Marseille. Et à son président, Alain Sicre de se féliciter de cette « soirée d’entraide et de solidarité réussie ! », entre concert, buffet caribéen, tombola et un atelier de boissons traditionnelles.
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![[Entretien] Florian Gulli : « Le capitalisme produit une résistance individuelle »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/05/3714de5bd1827e5f37f8d222aa96d64c.webp)
[Entretien] Florian Gulli : « Le capitalisme produit une résistance individuelle »
La Marseillaise : Qu’aborde concrètement le livre « La matrice des classes sociales » de Vivek Chibber, dont vous avez écrit la préface ?
Florian Gulli : Déjà, il faut souligner que, malgré ce que pourrait suggérer le titre, il ne s’agit pas de dire qu’il faut revenir à la façon dont la gauche parlait de classes sociales dans les années 1950. L’ambition est d’intégrer toutes les critiques qui ont été adressées à l’analyse de classe pour proposer une version plus robuste du matérialisme.
Le cœur du livre part d’une question classique du marxisme. Karl Marx défendait que le capitalisme allait forcément s’effondrer sous le poids de ses propres contradictions. L’idée est qu’il fait mécaniquement souffrir de plus en plus de monde et qu’il crée, du même coup, ses propres fossoyeurs. Mille fois, on a annoncé que le capitalisme allait s’effondrer. Ça ne s’est jamais produit. Pour le justifier, des explications ont commencé à émerger à partir de la Seconde Guerre mondiale avec l’idée que le non-avènement de la révolution résulterait de l’émergence de médias manipulateurs. L’aspect matérialiste a été progressivement abandonné, pour laisser place à une gauche plus élitiste, qui perd progressivement le lien avec les classes populaires. Ici, l’auteur tente de donner une explication de classe au non-effondrement du capitalisme.
Quelle explication propose-t-il ?
F.G. : Lui, en suivant le schéma classique du marxisme, dit qu’en effet le capitalisme nous paupérise, nous prolétarise et nous fait souffrir. Une situation qui produit effectivement une résistance, mais individuelle, pas collective. La thèse est que l’erreur de Marx et des marxistes a été de croire que le capitalisme produirait forcément une résistance collective. Les gens souffrent du capitalisme et essaient de s’en sortir, mais en tentant de grimper à l’intérieur de leur entreprise, pour obtenir une meilleure position. Donc, s’ils n’ont pas fait la révolution, ce n’est pas parce qu’ils ont été abrutis par les mass media mais parce qu’ils se sont résignés. Cette perspective est compatible avec une certaine bienveillance à l’égard des classes populaires. C’est un phénomène de résignation générale.
Comment expliquer l’émergence de cette résistance individuelle quand on sait qu’une résistance collective a pu exister ?
F.G. : Il y a eu des transformations des conditions historiques et sociales. Au début du XXe siècle, la grande industrie rassemblait 30 000 ouvriers au même endroit, ce qui facilitait de fait le militantisme. On touche 30 000 personnes avec un tract en une heure, quasiment. Alors que dorénavant, les unités sont beaucoup plus petites, tout est très déconcentré. Donc, forcément, c’est plus difficile. Vivek Chibber parle aussi de l’évolution des villes et de la disparition des quartiers ouvriers, où il pouvait se créer des sentiments de solidarité et de proximité. Tout ça a disparu. L’idée n’est pas de dire que tout est foutu, mais qu’il faut trouver un moyen de briser la résignation.
Et les partis et les syndicats sont dans ce cadre un outil indispensable pour l’auteur…
F.G. : La perte de crédibilité de la gauche auprès des classes populaires vient d’abord de l’abandon de la conception matérialiste, mais aussi de la disparition des partis dans le quotidien des gens, avec des cellules de quartiers, ce genre de choses. Lui suggère d’y revenir. En fait, tant qu’on n’a pas créé une culture de partis, ce n’est pas très rationnel de faire grève. Autant ne pas y aller et laisser les autres s’engager. S’ils gagnent un truc, tant mieux. S’ils perdent, je n’ai rien perdu. Le seul truc qui a permis de mettre un terme à la logique du « passager clandestin », ce sont les partis, qui lient les uns avec les autres par des liens moraux.
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En Vaucluse, la Banque alimentaire croule sous les demandes
Face à l’épuisement des stocks, la banque alimentaire des Bouches-du-Rhône lance, ce vendredi et samedi, une collecte d’urgence (lire ci-dessous). Chez son homologue vauclusienne, la situation n’est pas aussi alarmante, du moins côté denrées. Mais elle organise aussi de son côté, une collecte ciblée de produits d’hygiène. « Ce sera uniquement dans les hypermarchés Leclerc, mais pas ceux d’Avignon et Morières », regrette Pascale Hémard, présidente de la banque alimentaire de Vaucluse (BA 84). Les bénévoles donnent rendez-vous à Carpentras, Bollène et Valréas. « Celui d’Apt était partant, mais nous n’avons pas assez de bénévoles », confie-t-elle, lançant un appel aux bonnes volontés.
Car les coups de main, même épisodiques, ne sont jamais de trop pour faire face aux besoins criants de la population. « En 2025, nous avons distribué 1 680 tonnes de denrées, soit l’équivalent de 3 millions de repas à destination de 63 500 bénéficiaires », chiffre Pascale Hémard, alors que l’association tenait mardi son assemblée générale à Cavaillon, au sein du Village, une des 70 associations partenaires. La Banque alimentaire sert de plateforme logistique dans l’aide alimentaire, achetant ou collectant des denrées, distribuées ensuite aux épiceries sociales ou centres communaux d’action sociale. La traduction humaine de ces chiffres, c’est un doublement du nombre de bénéficiaires depuis le Covid. Plus d’un Vauclusien sur dix bénéficie de la Banque alimentaire : « On progresse de 10% chaque année, c’est énorme », s’alarme la présidente.
Bientôt une épicerie mobile pour les étudiantsD’autant que les écueils s’additionnent, entre coût des denrées qui grimpe et baisse des dons des grandes surfaces. « C’est en chute libre, -50% en deux ans, car elles vendent de plus en plus leurs produits en antigaspi », constate Pascale Hémard. Lors de l’AG, un fort accent a été mis sur la nécessité d’avoir un soutien fort et pérenne des collectivités. « On a calculé qu’on reçoit 4 euros par bénéficiaire quand cela va de 10 à 15 euros pour les autres départements de la région », souligne la présidente, qui attend davantage aussi des municipalités comme Avignon (8 000 euros d’aides pour 32 000 habitants aidés) et Carpentras (1 000 euros de subsides pour 6 200 habitants).
« Les pouvoirs publics doivent comprendre que nous apportons une sorte de paix sociale, nous sommes un levier d’inclusion : comment voulez-vous retrouver un travail, réussir à l’école ou ses études, bien vieillir quand la faim vous tenaille », fait valoir la présidente pour (r)éveiller la conscience des décideurs politiques. Le Département octroie 40 000 euros par an, or « il en faudrait le double », estime-t-elle, sachant que le Vaucluse figure parmi les dix départements les plus pauvres de France. Cette année, le Grand Avignon va verser 10 000 euros (somme habituellement consacrée à la cérémonie de vœux que l’agglo n’organise plus). « On est très content mais on ne peut pas se contenter que de one shot, cela n’offre pas de visibilité », poursuit Pascale Hémard.
Parmi les projets en cours, la mise en place d’une épicerie mobile, à la rentrée, à destination des étudiants, cinq soirs par semaine. « En complémentarité d’autres associations, on a ciblé les étudiants de BTS et de soins infirmiers », précise-t-elle. Reste toutefois encore en friche, l’impérieuse quête de nouveaux locaux. À l’étroit, et difficilement accessible pour les poids lourds, dans son hangar agricole de la ceinture verte, la Banque alimentaire espère tripler sa capacité de stockage (notre édition du 29 novembre). Le Conseil départemental a voté une subvention de 20 000 euros spécifique pour ce projet de relocalisation. Des pistes sur l’emprise du Marché d’intérêt national ou au parc des expositions avaient été mises sur la table mais n’ont pu aboutir. « Il faut tout repenser, on attend que M. Galzi [maire DVD] puisse nous recevoir », conclut Pascale Hémard.
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À Montpellier, un club de foot se mobilise pour la libération de Kamal
C’est une histoire qui illustre l’ignominie de la politique migratoire en France. Pour des problèmes administratifs, certains sont jetés en rétention dans des conditions indignes. C’est ce qui est arrivé à Kamal, jeune Algérien de 30 ans membre du club omnisports Athlétique Club (AC) Asteras Montpellier.
Pêcheur de sardines en Algérie, ce dernier ne voit pas d’avenir dans son pays et part en France dans l’espoir de trouver une vie meilleure. Posant ses valises dans la capitale héraultaise, il intègre rapidement le Football du peuple Montpellier avant de rejoindre l’AC Asteras. Ce club omnisports ambitionne de redonner une pratique populaire du sport, portée par des valeurs de solidarité et de justice sociale. « Kamal était très actif pour le club et il joue très bien au foot », fait valoir Mathieu, membre de l’AC Asteras.
Sauf que fin avril, Kamal est interpellé à la gare de Montpellier à la suite d’un « contrôle au faciès », selon ses proches. « Ils l’ont amené au commissariat et le lendemain, ils l’ont conduit au CRA (Centre de rétention administrative, Ndlr) de Sète. Mais Kamal ne savait pas ce qui se passait. Il n’a pas demandé d’avocat. Ils lui ont fait signer une feuille, il pensait qu’il allait être relâché », raconte Nicole, une amie du jeune homme. Sous le coup d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) car sans-papiers, Kamal est donc enfermé au CRA depuis le 25 avril. Ses proches et membres du club se sont rassemblés le 20 mai devant les grilles de la préfecture héraultaise pour exprimer leur soutien.
La rétention prolongée ?Sauf que le juge pourrait bien ordonner une prolongation de 30 jours, pouvant être reconduite une nouvelle fois, soit 90 jours au total. Pour l’instant, Kamal trinque. « Les conditions sont insalubres. Quand ils jouent au baby-foot, des rats passent. Il mange peu car rien n’est halal. Ils sont tous mis ensemble avec les gens dangereux et des personnes malades – qui ne sont pas soignées et à qui on donne du Doliprane. Mais cela se passe bien avec les gens et les gardiens », soutient Nicole.
Mais le joueur de l’AC Asteras ne semble pas baisser les bras. « On lui rend visite souvent. Il sourit, il nous fait des blagues, il est sympa. Il est soutenu, il a un vrai réseau autour de lui », reprend Mathieu. Bénévole à Saint-Vincent-de-Paul, Kamal a pris des cours de français avant de passer une formation dans l’espoir de trouver un travail et construire sa vie en France. « Il pourrait passer le Bafa, je le verrais bien animateur », avance Nicole. Auparavant, Kamal avait travaillé trois ans dans une pizzeria. « Mais ils lui faisaient miroiter des papiers, ça n’arrivait pas et je lui ai dit d’arrêter », poursuit Nicole.
Si ses proches se mobilisent aujourd’hui, c’est également pour dénoncer la politique déshumanisante que mène la France. « On dénonce les conditions du CRA et on aimerait mobiliser sur la situation des étrangers en France », fait valoir Nicole. Ses proches entendent aussi venir le soutenir le jour de l’audience, fin mai, à la fois à Montpellier et à Sète, où Kamal assistera à son audience en visioconférence. Dans l’espoir d’obtenir sa libération.
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À Marseille, une journée entre femmes pour reprendre de l’élan
Burnout, divorce, sexisme… Les raisons qui poussent une femme à tout reconstruire sont multiples, mais le chemin, lui, est souvent solitaire. C’est pour briser cet isolement que deux associations marseillaises, ForceFemmes et L’Éveil des mots, ont décidé de collaborer le temps d’une journée, baptisée « Reprendre son élan ». Au programme, des ateliers pour retrouver de la confiance, gérer son stress et trouver l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle. L’entrée était entièrement gratuite.
Autour des tables, les parcours se ressemblent sans se confondre. Aïcha, 51 ans, était professeure de technologie. Elle suit aujourd’hui un CAP boulangerie. Marine, 40 ans, a traversé un burn-out, changé de travail et de conjoint. « Je suis les ateliers Motivées pour créer, depuis mars, et c’est vrai qu’ils m’aident au niveau de la concrétisation de mes projets et de mon épanouissement personnelle », explique-t-elle. « Je n’étais plus alignée dans mes valeurs, donc j’acceptais tout », confie-t-elle. Cathy, 56 ans, cherche un poste dans la communication et suit trois ateliers par semaine qui la « boostent » afin de ne jamais laisser tomber son objectif. « On s’enrichit de nos expériences et de cette force féminine pour se remettre plus rapidement en course », assure-t-elle.
Trois associations, un but communCréée en 2005, ForceFemmes accompagne les femmes de plus de 45 ans dans leur retour à l’emploi ou leur projet de création d’activité. « Ce sont des femmes de plus de 45 ans, donc elles subissent une double discrimination à l’embauche », explique Caroline Galland, responsable du développement en région Paca. L’association suit entre 150 et 180 femmes par an sur toute la région, avec un accompagnement mensuel personnalisé par un bénévole, avec des travaux de création de CV, de préparation aux entretiens… « Notre plus grand succès, c’est quand elles sont à nouveau autonomes et qu’elles ont retrouvé leur dynamisme », affirme-t-elle. La moitié des femmes accompagnées s’en sortent positivement.
De son côté, L’Éveil des mots est né en 2022 d’une expérience personnelle. Laetitia Oudinot, sa co-fondatrice, a traversé un burn-out doublé d’une hyperthyroïdie dans un environnement professionnel qu’elle décrit comme toxique. « J’ai voulu transmettre les outils qui m’ont aidée à me reconstruire », raconte-t-elle. Son approche encourage les femmes à « Oser être, oser faire et oser dire ». L’association accompagne aujourd’hui 90 femmes, de 18 à 86 ans. Parfois même des demandeuses d’asile ou des mères célibataires. « On essaye de les sécuriser, administrativement aussi », précise Laetitia Oudinot qui profite de l’occasion pour lancer un appel au bénévolat.





