Tag: solidarité

  • Ambroise Croizat, une vie sous l’œil de la caméra

    Ambroise Croizat, une vie sous l’œil de la caméra

    « C’est le monument le plus abouti que l’on ait en France. » Autour de cette stèle dédiée à Ambroise Croizat, père de la Sécurité sociale, des ouvriers du bâtiment s’affairent. Mais un homme, aux traits étrangement semblables au buste qui lui fait face, reste pensif devant cette stèle en hommage à l’ancien ministre du Travail (PCF) et secrétaire général de la Fédération de la métallurgie de la CGT. « Le texte a de la gueule », signifie-t-il, avant de désigner « d’un côté le couple de vieux et de l’autre la famille » gravés sur le monument. « Ça symbolise les deux piliers de la Sécu que sont les retraites et les allocations familiales », explique Pierre Caillaud-Croizat, petit-fils de l’architecte de la Sécurité sociale.

    Ce dernier est accompagné du journaliste Emmanuel Defouloy et d’Aubin Hellot, réalisateur, en pleine production d’un film biographique retraçant la vie d’Ambroise Croizat. Le passage à Port-de-Bouc était obligé : « Il est passé en 1947 pour soutenir la grève. Alors la classe ouvrière a voulu lui rendre hommage en érigeant cette stèle », retrace le maire (PCF), Laurent Belsola, devant la caméra, face au monument, lors d’un échange avec Maixent Bitan de l’Union locale CGT, venant en conclusion du film. « Il y a une grande culture ouvrière à Port-de-Bouc, c’était normal de lui rendre hommage, estime le syndicaliste. La Sécu couvre tous les soucis des travailleurs de la naissance à la mort. Ambroise Croizat a érigé une première pierre du système idéal d’émancipation populaire, grâce à la cotisation sociale et la richesse produite par les travailleurs. »

    C’est à la mort du père de la Sécu, en 1951, que la CGT, le PCF et les ouvriers port-de-boucains ont érigé cette stèle, l’année suivante. « La préfecture avait mis son veto », rappelle Pierre Caillaud-Croizat. « Oui, mais la mairie communiste et la CGT ont fortement insisté et le préfet a cédé », relève dans un sourire Laurent Belsola.

    « Un outil d’éducation populaire »

    « La Sécu vient d’un projet de société basé sur la solidarité et l’émancipation, reprend Pierre Caillaud-Croizat. Les Français sont 86% à manifester leur attachement à la Sécu. Je rêve de remettre les complémentaires dans le giron de la Sécu, car le système assurantiel coûtera toujours plus cher que le solidaire. Il faut faire comprendre aux jeunes que le libéralisme et la loi du plus fort ne servent que quelques-uns. »

    C’est justement l’enjeu de formation syndicale que soulève Maixent Bitan, après la séquence. « Quand on fait une formation à la lecture de fiche de paye pour des minots de 18 ans, ce n’est pas toujours simple. Utiliser des extraits de votre film pourra nous servir en interne », suggère le responsable CGT. C’est l’esprit de l’auteur. « On fait du cinéma d’éducation populaire », assume Emmanuel Defouloy. Aubin Hellot détaille : « On retrace la vie d’Ambroise Croizat à partir de l’ouvrier syndicaliste jusqu’au ministère où il construira le système social français. » Mais aussi « comment s’est construite la victoire à partir de la grande répétition de 1936 et du système social des métallos, qu’il a ensuite étendu à tout le pays », précise-t-il.

    Pierre Caillaud-Croizat va plus loin : « Le film apporte un éclairage à l’histoire officielle, qui laisse penser que la Sécu est née de la bonne volonté d’un gouvernement bourgeois. » Alors que « c’est le résultat de très longues luttes et de la mobilisation du monde du travail. Quand Croizat est arrivé au ministère, il y avait les ordonnances, mais il fallait les concrétiser. Les travailleurs ont rénové les bâtiments des futures caisses puis formé les administrateurs, c’est comme ça que ça a vu le jour, en un an », conclut-il.

    Le tournage se poursuit jusqu’en septembre, avec pour ambition une première diffusion à l’Assemblée nationale, lors de la pose d’une plaque dédiée au député Croizat, à sa place historique.

    Un « instrument de combat politique » présenté à l’Union locale CGT

    L’auteur et le réalisateur étaient à l’Union locale CGT, jeudi en fin de journée, pour un échange avec des syndicalistes et élus de la Ville. « C’est un documentaire d’une durée de 1h10 sur la vie de Croizat, pas sur la Sécu. C’est le mouvement ouvrier, des millions de personnes en lutte qui ont bâti notre modèle social avec le seul ministre du Travail ouvrier depuis 1906 », explique Emmanuel Defouloy. « Un instrument de combat politique qui sortira début 2027, c’est pas anodin », pour Aubin Hellot. « On s’inscrit dans la tradition d’éducation populaire de la CGT », complète Pierre Caillaud-Croizat.

  • [Entretien] Béatrice Abella, France Cuba Hérault : « On est passé d’une lente asphyxie à l’assassinat du peuple Cubain »

    [Entretien] Béatrice Abella, France Cuba Hérault : « On est passé d’une lente asphyxie à l’assassinat du peuple Cubain »

    La Marseillaise : D’où vient l’idée de cette caravane européenne solidaire avec Cuba ?

    Béatrice Abella : Elle est née de la volonté de parler de ce blocus lors d’une réunion en visio qui réunissait plusieurs associations européennes ( d’Angleterre, d’Espagne, des Pays-Bas, de Belgique, d’Italie, de France…) au cours de laquelle nous nous sommes inquiétés des difficultés de plus en plus grandes à faire parvenir l’aide à Cuba. C’est l’association italienne qui a lancé cette idée de caravane solidaire qu’on a appelé « Let Cuba Breathe ».

    Aujourd’hui, l’aide ne parvient plus à Cuba ?

    B.A. : Non. Jusqu’ici, on arriverait à acheminer la solidarité matérielle. Aujourd’hui avec ce siège imposé par Trump, on ne peut plus. Par exemple dans l’Hérault on parraine trois orphelinats proches de La Havane. On passait nos commandes de lait infantile et de vivres par un magasin espagnol en ligne installé à Cuba mais depuis une dizaine de jours, les cartes Visa et Master Card ne fonctionnent plus dans l’île. Donc les Cubains ne reçoivent plus cette aide et pas non plus celle de leurs familles installées à l’étranger.

    Et l’aide matérielle que vous collectez n’arrive plus non plus ?

    B.A. : Non. Un conteneur devait partir de Midi-Pyrénées, mais on ne trouve pas de bateau. Notre économie est tellement dépendante de celle des États-Unis, que tout le monde baisse la tête aux injonctions de Trump et à ses lois extraterritoriales qui menacent tous ceux qui veulent aider Cuba ou même commercer avec Cuba. Même Air France a arrêté ses liaisons avec Cuba depuis mars. On est passé de l’asphyxie d’un embargo qui dure depuis 64 ans à l’assassinat de tout un peuple. Et les gouvernements européens sont complices par leur silence face à Trump qui bafoue le droit international. Il n’y a qu’une exception celle du gouvernement espagnol courageux malgré les menaces et les sanctions nord-américaines.

    La caravane s’est arrêtée
    le 10
     juin à Strasbourg devant
    le Parlement européen.
    à quelle occasion ?

    B.A. : C’est qu’une résolution du groupe de droite souverainiste qui demande la suspension formelle de l’Accord de dialogue politique et de coopération (ADPC), qui lie l’Union européenne à Cuba depuis plusieurs années doit être soumise au vote des députés le 18 juin. On se rend compte que c’est une bataille idéologique qui n’est pas menée que par Trump mais par tous les députés libéraux qui veulent comme lui faire tomber ce symbole qu’est Cuba dont les dirigeants Che Guevara et Fidel Castro qui continuent, même disparus, à parler au monde entier.

    Le 11 juin, la caravane était à Paris, à l’Assemblée nationale pour soutenir un texte complètement à l’opposé.

    B.A. : Oui une proposition de résolution présentée par Stéphane Peu du groupe GDR, visant à soutenir Cuba face au blocus américain. Le texte qui était prévu en fin de la niche parlementaire de ce groupe n’a pas pu être débattu ni voté mais il était un signal de solidarité internationale à La Havane au moment même où les institutions européennes s’orientent vers un durcissement de leurs relations avec l’île.

    Que se passera-t-il exactement
    le 20
     juin à Béziers ?

    B.A. : à 16h, un grand rassemblement accueillera la caravane au Champ de Mars ? Nous avons invité la population mais aussi les élus. Il sera suivi d’une manifestation en ville, puis une soirée musicale de solidarité* aura lieu à la Bourse du Travail animée par le groupe les Zétourdis.

    On vous sent particulièrement révoltée par ce qui est imposé
    au peuple cubain
     ?

    B.A. : Oui car pendant que d’autres pays exportent des armes ou font la guerre, Cuba envoie des brigades médicales dans le monde entier. Elles ont combattu le choléra en Haïti, Ebola en Afrique, le Covid dans une vingtaine de pays du monde… Cuba mérite le soutien solidaire du monde entier.

    * Avec restauration sur place

  • À Marseille, une soupe fraternelle pour l’urgence alimentaire

    À Marseille, une soupe fraternelle pour l’urgence alimentaire

    Un appel lancé alors qu’une centaine de responsables des Banques alimentaires d’Europe se réunissent à Paris pour faire face à la crise.

    à Marseille, « nous avons franchi, en 2025, le cap des 30 000 rencontres. C’est 15% de plus que l’année précédente et 50% de plus qu’il y a dix ans », explique Baptiste Jeansoulin, animateur des équipes de tournées de nuit, qui ajoute : « Des gens ont faim. Il y a une nécessité d’ouvrir un, voire plusieurs lieux pour qu’ils puissent se restaurer dignement. » Car pour répondre à ces besoins alimentaires exponentiels, l’équipe mobile du Secours catholique a, pour la première fois depuis 30 ans, suspendu pendant deux semaines ses maraudes auprès des plus isolés.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les combattants précaires aidés

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les combattants précaires aidés

    « Mieux repérer et accompagner les anciens combattants en situation de grande précarité » : tel est l’objectif de la convention signée, mardi, entre la préfète, l’Office national des combattants et des victimes de guerre (ONaCVG) et la Protection civile. Cette convention crée un dispositif de détection et d’orientation pour repérer les situations de précarité et de détresse chez les anciens combattants. C’est « une première nationale », selon la préfecture.

    « Les bénévoles de la Protection civile, présents sur le terrain lors des maraudes, pourront repérer et signaler à l’ONaCVG toute personne susceptible d’être ressortissante de l’Office afin qu’elle soit identifiée, contactée et accompagnée dans ses démarches », explique la préfecture. De son côté, l’ONaCVG pourra alerter la Protection civile de la situation d’un ressortissant sans abri afin qu’une maraude soit organisée.

    « Ce que le service public doit être »

    « En associant l’ONaCVG et la Protection civile autour des anciens combattants les plus précaires, nous créons une chaîne de vigilance. La reconnaissance de la Nation se voit traduite en actes, en présence et en humanité concrète. C’est ce que le service public doit toujours être : discret, patient, obstinément tourné vers les autres », avance la préfecture.

    Le département compte près de 5 000 ressortissants de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre : combattants de toutes générations du feu, blessés, invalides, harkis, veuves, orphelins ou encore victimes d’actes de terrorisme. « Derrière chaque dossier, il y a une vie, derrière chaque demande, il y a une dignité à préserver », souligne la préfecture.

    La préfète Isabelle Tomatis, la directrice générale de l’ONaCVG Marie-Christine Verdier-Jouclas et le président de la Protection civile 04 Samuel Juestz d’Ynglemare ont signé la convention à l’occasion du conseil départemental des anciens combattants, mardi.

  • Une intersyndicale bien décidée à résister aux politiques antisociales

    Une intersyndicale bien décidée à résister aux politiques antisociales

    « On a décidé, avec les organisations syndicales progressistes, celles qui ont conscience du moment dans lequel on se trouve, de nous mobiliser aujourd’hui devant l’UPV », commence le secrétaire général de la CGT, Richard Roméo-Giberti. Et de poursuivre : « On a des adversaires de classe aussi bien dans la classe politique que dans le patronat visiblement, puisqu’ils s’acoquinent les uns avec les autres. »

    D’où la nécessité de se rassembler et de construire un rapport de force pour refuser cette connivence antisociale et leurs offensives. « La majorité gouvernementale, bien aidée par l’extrême droite, veut voler le 1er Mai aux salariés qui sont en première ligne, c’est-à-dire les salariés du commerce », reprend le patron de la CGT dans le Var.

    Une nouvelle tentative d’enfoncer aujourd’hui un coin dans les acquis sociaux, après deux premières charges infructueuses en janvier et en avril, avec le passage au Sénat « d’une proposition de loi qui ouvre en grand les possibilités de déroger au 1er Mai avec le travail des boulangeries et des fleuristes ».

    Un attrape-nigaud, prévient-il, puisque derrière la rhétorique de défense du petit commerce, c’est encore au profit des grands groupes, comme Interflora et Carrefour, que la majorité veut légiférer. « Et si on laisse passer ça, on s’expose à d’autres coups bas, met en garde Richard Roméo-Giberti. On voit très bien que leur intention, c’est de s’attaquer in fine, notamment à la cinquième semaine de congés payés ». Et de poursuivre : « Le 1er Mai, on n’y touche pas. C’est le seul jour chômé pour tout le monde et c’est le fruit de décennies et de décennies de luttes sociales. »

    Pas de justice sociale

    sans solidarité

    Pas question en tout cas, « après s’être fait voler deux ans de vie avec la retraite à 64 ans », d’accepter de laisser banaliser le travail le 1er mai, « au nom du profit et des lobbies économiques ».

    « Nous refusons cette attaque symbolique et sociale ! Le 1er Mai est un jour de solidarité, de lutte et de conquêtes sociales. Il appartient au monde du travail, pas aux actionnaires », affirme avec force Zoé Desmoulins (Solidaires), lors de la prise de parole de l’intersyndicale.

    Géraldine Compain (Unsa) met en évidence, elle, que « faire travailler davantage celles et ceux qui peinent déjà à boucler les fins de mois ne répond en rien à l’explosion des prix de l’alimentation, à l’augmentation des loyers et des factures d’énergie, aux salaires qui stagnent et à la précarité qui gagne du terrain ». D’autant plus une aberration, dénoncent les syndicats, que pendant que « la vie chère étouffe la population, les grandes entreprises accumulent les profits ».

    L’intersyndicale exige donc l’augmentation immédiate des salaires, pensions et minima sociaux ; l’indexation des salaires sur les prix ; ainsi que le blocage des prix des produits de première nécessité et de l’énergie.

    Julie Birebent (FSU) a rappelé comment, pendant ce temps, comme toujours, « l’extrême droite tente de détourner la colère sociale en désignant des boucs émissaires et en essayant de se mettre dans la poche du patronat ». Et vote, impunément pour l’instant, contre les intérêts des salariés, contre les droits syndicaux et contre les solidarités.

    « Le progrès social se construit par l’unité des travailleurs, pas par la division », a martelé Anaïs Pascual (CGT). De l’unité, il va en effet en falloir pour défendre efficacement les droits et les libertés menacés. « Il n’y a pas de justice sociale sans démocratie et sans solidarité », insiste-t-elle. Et de poursuivre : « Nous exigeons des salaires pour vivre, pas survivre ! »

    Une aspiration largement partagée qui devra se traduire par de grandes mobilisations politiques et sociales pour aboutir.

  • À Toulon, une mobilisation le 16 juin pour que le 1er mai reste sanctuarisé

    À Toulon, une mobilisation le 16 juin pour que le 1er mai reste sanctuarisé

    Voilà 137 ans que la IIe internationale socialiste, réunie à Paris le 20 juillet 1889, a décidé de faire du 1er mai une journée de manifestation dédiée aux droits des travailleurs. Sanctuarisée au fil du temps, elle devint un jour férié et chômé en France en 1946, et est célébrée dans le monde entier en tant que Journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et travailleurs.

    Une loi « au nom du profit »

    Sauf que cet acquis est aujourd’hui remis en cause. Il l’a d’abord été de manière diffuse par François Bayrou, qui, alors Premier ministre, proposait en juillet 2025 de supprimer deux jours fériés, sans les cibler précisément, pour générer des recettes supplémentaires dans le cadre du projet de budget 2026. En avril, son successeur, Sébastien Lecornu, a remis l’idée sur la table en autorisant « les boulangers indépendants artisans, les fleuristes indépendants artisans (à) ouvrir ce 1er-Mai ». De quoi ouvrir une brèche, après avoir repoussé, sous la pression syndicale, un projet de loi. C’est une proposition de loi qui sera examinée par le Sénat ce 16 juin examinera. Si elle se limite aux boulangers et fleuristes, le danger de la généralisation est réel.

    De quoi susciter la colère de l’intersyndicale Unsa-CGT-Solidaires-FSU dans le Var. « Après les retraites, les droits sociaux et les services publics, le gouvernement veut banaliser le travail le 1er-Mai au nom du profit et des lobbies économiques », dénonce-t-elle, appelant à se mobiliser ce même jour, à 12h, devant les locaux de l’Union patronale du Var.

    « Faire travailler davantage celles et ceux qui peinent à boucler les fins de mois ne répond en rien à l’explosion des prix [..], aux salaires qui stagnent et à la précarité qui gagne du terrain », pointent les syndicats, qui dénoncent également les manœuvres de « l’extrême droite, [qui] tente de détourner la colère sociale en désignant des boucs émissaires et en essayant de se mettre dans la poche du patronat. Elle vote contre les intérêts des salariés, les droits syndicaux, les solidarités ». Avant de conclure : « Le progrès social se construit par l’unité des travailleurs, pas par la division ! »

  • La collecte de sang soutenue par Anthony Gonçalves

    La collecte de sang soutenue par Anthony Gonçalves

    Plus qu’un symbole : l’espace Bargemon, à deux pas de l’hôtel de ville de Marseille, où se déroulent habituellement les conseils municipaux, s’est transformé, ce samedi, en centre de collecte de sang géant le temps d’une journée.

    En son sein : une équipe de l’Établissement français du sang (EFS) reconnaissable avec leurs blouses blanches et tout le matériel nécessaire pour collecter le précieux produit. « C’est grâce à la Ville de Marseille qu’on peut réaliser une collecte dans cet espace. Ce dimanche c’est d’ailleurs la journée mondiale des donneurs de sang, pendant 15 jours on multiplie les actions dans la région pour des collectes », campe Virginie Ferrera-Tourenc, directrice de l’EFS Paca-Corse.

    Des besoins croissants

    Pour l’occasion, l’EFS reçoit un donneur de sang bien particulier : Anthony Gonçalves (PCF), adjoint au maire de Marseille en charge de la santé. « On réalise cette action dans le cadre du partenariat que nous avons avec l’Établissement français du sang. Concrètement, la Ville favorise la collecte de sang, de plasma, de plaquettes… », développe celui qui est également oncologue médical à l’Institut Paoli-Calmettes. Il insiste sur l’importance de l’action du jour : « C’est un acte extrêmement important dans notre société : c’est une action de solidarité réelle. Comme oncologue médical, je passe mon temps à prescrire des traitements qui nécessitent qu’on ait ce soutien en globules rouges ou en plaquettes. » La directrice de l’EFS ne dit pas le contraire : « L’été est une période fragile en termes de dons. Les gens donnent un petit moins et les stocks en France sont en diminution, entre les ponts de mai et la canicule. » Elle insiste sur le fait que les besoins de l’établissement ne portent pas que sur le sang : « On a aussi besoin de dons en plasma, l’eau dans laquelle circulent les cellules. C’est très riche en protéines, avec lesquelles on peut faire des médicaments qui aident des patients au quotidien. »

    En clair, donner son sang, mais pas que, est plus que jamais nécessaire : « Les besoins en médicaments dérivés du plasma sont en augmentation partout en France. Il faut continuer à donner. La demande est toujours importante : urgences vitales, accidents de la route, traitements de cancers et greffes… Sans sang, on ne peut pas traiter les patients. » Des paroles aux actes, Anthony Gonçalves a donné son sang, souhaitant « montrer l’exemple ». Le geste n’a rien d’insurmontable : le parcours du donneur prend 45 minutes pour le sang, avec un accompagnement aux petits oignons de l’équipe de l’EFS qui met à disposition boissons et nourriture. L’élu à la santé note aussi l’aspect « non-marchand et altruiste » du don du sang à l’heure où certains pays, comme les États-Unis, rémunèrent les donneurs : « Les principes de don de sang en France sont clairs : volontariat, bénévolat, gratuité. C’est l’assurance de concrètement sauver des vies. »

  • La CGT veut sauver le centre de santé Joliot-Curie à Port-Saint-Louis

    La CGT veut sauver le centre de santé Joliot-Curie à Port-Saint-Louis

    La nouvelle direction de l’Union locale CGT de Port-Saint-Louis-du-Rhône a été élue jeudi, dans le cadre du congrès de l’organisation syndicale.

    Un moment incontournable de la démocratie ouvrière qui dresse le bilan et ouvre la voie de l’activité durant les trois prochaines années. Mais l’urgence du moment, pour le responsable réélu, reste la santé. « Notre centre de santé est désertifié et l’épée de Damoclès reste au-dessus tant que nous ne saurons pas ce que devient Oxance, en plan de sauvegarde » resitue le secrétaire général à propos du centre de santé Joliot-Curie créé par la CGT après trois ans de lutte en 1961.

    Des réunions publiques

    en septembre

    « La CGT est historiquement attachée au centre et on ne le laissera pas à l’abandon. Nous allons mener le combat pour sa sauvegarde avec la population, des réunions publiques sont prévues en septembre », prévient-il.

    Les autres préoccupations de l’Union locale sont dirigées vers les travailleurs de la logistique, « corvéables à souhait, à la polyvalence non rémunérée », où « la pénibilité des tâches a de grosses conséquences sur leur état de santé » selon le document du congrès proposé aux syndiqués. Le congrès a également adopté une motion pour dénoncer la répression syndicale. « Nous réaffirmons notre entière solidarité avec nos camarades Sophie Binet, secrétaire générale confédérale, Pascal Galéoté et Bernard Cristalli du GPMM ainsi que tous les militants poursuivis pour leur engagement syndical. » Mais aussi, « nous nous opposons à l’expulsion de ses murs historiques de la Bourse du travail d’Arles ». L’adversité forge la camaraderie.

  • L’agriculture durable à l’honneur à Marseille

    L’agriculture durable à l’honneur à Marseille

    Promouvoir une agriculture durable et ouverte à tous, telle est la mission que se sont donnés les Paniers marseillais, il y a déjà 19 ans. Née de l’idée de faire des consommateurs des « consomm’acteurs », l’association permet à chacun de s’approvisionner auprès de producteurs locaux et bios et ainsi de faire vivre l’économie du territoire.

    Pour ce nouvel anniversaire, elle investit le parc du 26e centenaire, dimanche, de 9h à 17h, avec « une programmation gourmande et participative », indique l’association. Un marché bio de 20 producteurs proposera des produits frais et locaux, ainsi que des dégustations. Tout au long de la journée, des initiatives de consommation alternative seront présentées au village associatif, comme le supermarché collaboratif Super Cafoutch.

    Sensibiliser les jeunes

    Pendant une journée, les Paniers marseillais laissent entrevoir une nouvelle manière de cohabiter avec la nature et de la respecter. Il sera ainsi possible d’apprendre à fabriquer son levain, de participer à un atelier sur les plantes sauvages ou encore à une découverte du métier de potière.

    Des ateliers sont également prévus pour les enfants, afin de sensibiliser la jeune génération aux enjeux agricoles. Après quelques saynètes théâtrales participatives, la journée s’achèvera avec l’assemblée générale annuelle de l’association, pour faire le point sur ses activités.

    Accès libre, de 9h à 17h.

  • Les valeurs de la francophonie célébrées à Marseille

    Les valeurs de la francophonie célébrées à Marseille

    Dans le cadre de la Journée internationale de la francophonie, ce vendredi, la Maison de la francophonie de Marseille a organisé diverses animations à l’hôtel de Région. Une date consacrée à la promotion de la langue française et des valeurs qu’elle véhicule. Soutenue par la Région Sud, l’événement a réuni le public autour d’ateliers, d’une dictée, d’expositions, d’une table ronde et de plusieurs remises de prix.

    Plus qu’une langue

    En ouverture, Aurore Bruna, conseillère régionale, a rappelé l’engagement de la Région Sud en faveur de la francophonie. La collectivité prévoit d’accorder « une subvention de 5 000 euros à l’événement, sous réserve du vote de la séance plénière du 26 juin prochain ». L’élue a ajouté : « La francophonie est et restera une priorité politique de notre collectivité régionale. » Avant de souligner le rôle du français dans l’éducation, la culture et le rapprochement entre les peuples.

    Le président de la Maison de la francophonie, Jean-Pierre Chiaverini, a pour sa part insisté sur la définition de la francophonie : « Un espace de coopération multilatérale et de solidarité fondé sur des valeurs de paix, de démocratie et d’égalité. » Il a également rappelé le dynamisme de cet espace qui rassemble aujourd’hui près de 400 millions de locuteurs dans le monde et 90 États au sein de l’Organisation internationale de la francophonie.

    Parmi les moments clés de la journée figuraient la remise des prix du concours photo « Dix mots, dix clichés d’un monde à venir », la remise du prix littéraire francophone à l’écrivaine Maria Larrea, ainsi qu’une table ronde consacrée à la contribution de la jeunesse à la « construction d’un monde plus apaisé ». Une manière de rappeler que la francophonie ne se limite pas à une langue, mais constitue aussi un outil de dialogue et de compréhension entre les cultures.