Tag: sécurité

  • Sécurité, logement, ligne THT… Les gros dossiers du préfet

    Sécurité, logement, ligne THT… Les gros dossiers du préfet

    Clairement désigné par Emmanuel Macron pour s’emparer de la question du narcotrafic, le préfet de région, Jacques Witkowski, a tapé fort, la veille de sa rencontre avec la presse, engageant une opération de ciblage de 15 points de deal répartis dans Marseille (notre édition de ce mercredi).

    S’il s’est longuement exprimé sur cette mission première, il a aussi abordé nombre d’enjeux comme le logement ou le développement du port de Marseille-Fos.

    La lutte contre

    le narcotrafic, une priorité

    Si, contrairement aux élus, il n’a « pas de programme » mis à part « celui de la nation », la sécurité et la lutte contre le narcotrafic font clairement partie des « très gros dossiers » du préfet qui va participer, ce jeudi 11 décembre, à une nouvelle réunion sur le sujet organisée à l’Élysée par Emmanuel Macron, avant la venue à Marseille du chef de l’État, la semaine prochaine. Et le préfet veut avoir les mains libres pour remplir sa mission. Entendre avoir à disposition tous les moyens nécessaires. « Je n’aurai jamais accepté ce poste si je n’avais pas eu la manette sécurité », répond Jacques Witkowski, pour qui la suppression d’une préfecture de police de pleine exercice était nécessaire quand « la cohérence publique n’était plus alignée ». Corinne Simon, préfète de police déléguée, restant spécifiquement en charge des questions de sécurité.

    La méthode : d’abord agir sur le logement, l’insertion sociale, l’éducation, même si « c’est difficile » et que « ça prend du temps ». Il entend aussi tenir le terrain avec des forces de police « visibles », de 250 à 350 agents étant mobilisés quotidiennement sur des opérations de pilonnage assure-t-il, et la réalisation d’opérations plus spectaculaires comme celle de ce mardi 10 décembre, avec 4 773 personnes contrôlées, 114 interpellations, 82 garde-à-vue, 7 kg de résine de cannabis et 118 kg de tabac de contrebande saisis. Et, enfin, le volet police judiciaire, histoire d’assurer « le service après vente », ironise-t-il. Il l’assure, les moyens engagés sont « importants » et cette politique porte ses fruits avec des saisies de cocaïne « multipliées par deux » cette année, sans compter le travail de la douane. « Nous sommes têtus, ils le sont en face » martèle le préfet, déplorant « l’hyperviolence  » des réseaux mafieux et dans la société en général. « Il faut une réaction », elle sera « absolument féroce » promet-il.

    Pas d’avis tranché

    sur la halte soins

    Pointant la responsabilité des consommateurs de stupéfiants sans qui, selon lui, le trafic n’existerait pas, le préfet est beaucoup moins tranché sur la question de leur accompagnement. Interrogé sur le véto opposé à l’installation d’une halte soins addiction (HSA) à Marseille par son prédécesseur, Georges-François Leclerc, il prône une « attente pragmatique », l’expérimentation nationale avec de potentielle ouvertures devant se terminer à la fin du mois. « Je ne porterai pas le projet, mais je ne m’y opposerai pas si l’Agence régionale de santé me démontre qu’il y a une utilité sanitaire », précise-t-il, témoignant d’une expérience plutôt réussie à Strasbourg, lieu de son précédent poste tout en prenant prudemment le parti du « ni oui ni non » pour l’instant.

    Le logement, un fort enjeu du territoire

    Force à la loi… Pas question pour Jacques Witkowski de transiger sur l’application de la loi SRU, permettant de sanctionner les maires ne respectant pas leurs obligations de construction de logements sociaux, quand bien même certains en feraient un argument de campagne électorale à l’aube des municipales. Mais, avec 110 000 demandes dans la région pour 8 000 attributions par an, c’est « long, trop long », convient le préfet, « nous avons un problème de qualité et de quantité ». Et de pointer la pénurie, mais aussi la dégradation du bâti existant, d’assurer de la volonté de l’État d’accélérer sur la lutte contre l’habitat indigne. Ses outils : les crédits de la rénovation urbaine, les opérations de requalification des copropriétés dégradées d’intérêt national. « Importante », cette « politique publique reste complexe », nuance le préfet, car l’État n’est pas « faiseur direct », cette mission relevant des bailleurs sociaux.

    Ligne THT, l’État rend son avis cette semaine

    Sur le projet de ligne à 400 000 volts très attendu par les industriels pour permettre l’implantation d’usines décarbonées dans le golfe de Fos, l’État doit rendre son avis au plus tard le 13 décembre sur les conclusions du débat public. Le préfet se dit prêt à statuer ce vendredi, à la fois conscient que la zone représente « 25% des émissions industrielles françaises », mais aussi « 42 000 emplois avec des perspectives de développement ». RTE pourrait être amené à revoir sa copie si l’État le jugeait nécessaire. Quant à la déclaration d’utilité publique, elle serait peu probable avant les élections municipales.

    No comment sur le plan « Marseille en grand »

    Le préfet Witkowski a préféré laisser au président de la République la primeur des déclarations sur le plan « Marseille en grand » lors de sa visite à Marseille mardi prochain.

    Un effort « maintenu » auprès du secteur social

    Quand on évoque des acteurs de terrain à bout de souffle dans les quartiers, qui dénoncent le manque de soutien et de moyens, le préfet botte en touche. « Cela relève des collectivités. Nous leur apportons des moyens financiers à l’accompagnement social », précise-t-il. Reste que « nous sommes pro-actifs dans les 41 quartiers prioritaires de la politique de la ville », assure-t-il. Les 20 millions d’euros budgétés sur ce créneau en 2025 ont été dépensés, affirme à ses côtés Isabelle Epaillard, préfète à l’égalité des chances, rappelant que les financements s’élevaient l’année précédente à 19 millions. Revenant sur les inquiétudes des associations et entreprises d’insertion qui ont alerté au niveau national sur une baisse de 14% des moyens alloués, soit 200 millions d’euros, dans le cadre du projet de budget 2026 discuté au Sénat, sur notre territoire, « les financements n’ont pas baissés, bien au contraire », affirme la préfète.

    Dans le cadre des contrats de ville, elle assure également les associations en difficulté d’un soutien sans faille de l’État. « C’est le cas notamment de Schebba à la Busserine  », ajoute-t-elle. Pour ce qui est des Maisons France service, lâchées par la Métropole, au nombre de 5 sur les 13 que compte Marseille, « nous allons trouver une solution », s’engage Isabelle Epaillard, en revoyant notamment le montage financier.

  • Un bilan « exceptionnel » revendiqué sur la baisse de la délinquance à Gardanne

    Un bilan « exceptionnel » revendiqué sur la baisse de la délinquance à Gardanne

    « Si vous me demandez quels sont les résultats [en matière de baisse de délinquance Ndlr], venant de la bouche de la gendarmerie, ils sont exceptionnels », se félicite Hervé Granier, maire (LR) sortant, lors du conseil municipal de Gardanne, tenu ce lundi. Interrogé par Samia Gamèche, élue d’opposition au sein du groupe de Claude Jorda (PCF), au sujet d’une demande de subvention pour le déploiement de la vidéosurveillance – dont les sept dernières caméras, sur un total de 108, devraient être installées dans la vieille ville – Hervé Granier a tiré le bilan sécurité de la Ville.

    « Les faits de résolution de délinquance générale en France sont à hauteur de 39%. Ils sont de 45% sur Gardanne. C’est-à-dire qu’un fait sur deux est résolu : les auteurs sont retrouvés et déférés sur les parquets. Cela montre l’efficacité de la vidéoprotection (…) qui déplace la délinquance sur d’autres villes. Les résultats le montrent de manière objective, on a des faits de délinquance qui ont baissé de 5% pendant que, dans d’autres villes, ils augmentent », poursuit le maire.

    « C’est bien beau d’avoir des caméras pour mettre des amendes parce qu’on est mal garés ou que l’on grille un stop, mais ce qui m’inquiète, en ce moment, c’est ce qu’il se passe aux abords des écoles, surtout », tranche Samia Gamèche, qui prêche pour davantage de « prévention ». « On a des effectifs de médiation sur le terrain, un CLSP (Conseil local de sécurité et de prévention) où on fait le point sur toutes les situations, on essaie de trouver des solutions. L’entièreté des chiffres 2025 sera donnée en janvier », précise le maire. La même réponse a été donnée à Jean-Marc La Piana, candidat aux municipales à la tête d’une union de gauche, qui interrogeait sur la diminution des délits.

  • L’État montre les muscles face aux narcotrafiquants

    L’État montre les muscles face aux narcotrafiquants

    Pas moins de 15 points de deal ciblés simultanément, 1 500 agents supplémentaires déployés tous services de police confondus, 7 équipes cynophiles, des drones… L’opération chapeautée ce mardi 9 décembre par le préfet de région, Jacques Witkowski, n’avait pas franchement de nom, mais une certitude : elle est de « grande ampleur », a expliqué le représentant de l’État devant une foule de caméras, au pied d’un bâtiment des Oliviers A (13e). Une opération de « visibilité, judiciaire, de voie publique, de police administrative » avec la fermeture d’un certain nombre de commerces « pour suivre les directives du ministre de l’Intérieur qui m’a demandé d’insister et d’accélérer sur la lutte contre les narcotrafics », poursuit le préfet.

    Une demi-heure avant de convoquer la presse, l’« assaut » a été donné pour dégager un point de deal avec chicane tenu par des charbonneurs. Consommateurs, nourrices étaient également dans le collimateur. « Des perquisitions sont en cours », a indiqué Jacques Witkowski, ajoutant que « toute la circonscription de Marseille » était concernée par ces descentes de police et ce « jusqu’au bout de la nuit ». Avec « une pointe d’effort sur le 3e arrondissement, qui a été ces derniers temps le théâtre d’actions criminelles que nous condamnons », précise-t-il.

    En début d’après-midi, plus d’une vingtaine d’interpellations et quelques saisies de stupéfiants avaient déjà été réalisées, un commerce fermé.

    « Nous ne souhaitons pas laisser les narcotrafiquants tenir le terrain, la République ne leur passera rien », martèle le préfet, promettant que « ces opérations d’ampleur seront réitérées en fonction des moyens ».

    Il enchaîne sur une saisie qui en dit long sur le sens du commerce des réseaux… Une affichette truffée de fautes, trouvée quelques instants plus tôt dans un hall : « Les Oliviers A fête Noël, du 25 au 31 décembre, appéritif (sic), chips, boisson, bonbon, ect… Pochons beuh ou shit cadeau, venez comme vous êtes », remerciant les acheteurs de leur passage, « à la prochaine ! ».

    Des habitants apeurés ou complètement désabusés

    À l’avant-veille d’une nouvelle réunion sur le narcotrafic à l’Élysée, à laquelle le préfet va participer, et à quelques jours de la venue de son locataire le 16 décembre dans la cité phocéenne, pas question pour autant d’y voir une simple opération de com’, assure Jacques Witkowski. Même si le plan « Marseille en grand », c’est la « reprise de la sécurité, la première de nos libertés » convient le préfet, il rappelle aussi qu’il est question du « développement du logement, de l’éducation ». Et de marteler qu’au-delà de ce moment « spectaculaire », les forces de police resteront mobilisées quotidiennement.

    Aux balcons des bâtiments délabrés, on reste sceptique… « Ils sont pas souvent là », nous assure une dame désabusée. Alors qu’un habitant se fait fouiller, un petit groupe de jeunes dénonce l’inutilité de l’action policière. « Regardez les façades, ça tombe en ruine, Macron, il est déjà venu ici ça n’a rien changé, ils préfèrent mettre les sous là-dedans », s’indigne l’un d’entre eux, pointant du doigt un camion de gendarmerie stationné devant les murs lézardés ou qui perdent des morceaux de béton, entre deux barres métalliques rouillées.

    D’autres habitants refusent de témoigner, parce qu’« on a peur », reconnaît une dame, quand cet homme est en colère : « Même pas on va se fatiguer à vous répondre, pour vous dire quoi ? Ça sert à rien, on est abandonnés et ça dure depuis des années. En quoi elle compte notre parole ? »

    Alors que les patrouilles de police se poursuivent, les caméras lèvent le camp au bout de quelques heures. « Revenez nous voir quand ils seront partis, vous verrez, ici ils se passent aussi des choses bien », nous assure un gamin, le col remonté jusqu’aux yeux.

  • Jour d’hommage et de fête pour les sapeurs-pompiers

    Jour d’hommage et de fête pour les sapeurs-pompiers

    Un instant « solennel » pour « honorer le souvenir » des disparus mais aussi un « moment de reconnaissance en cette année intense, sans aucun répit ni sur le front du secours ni sur celui des feux », a introduit ce samedi 6 décembre, Richard Maillé, président du Sdis (Service départemental d’Incendie et de Secours) 13 à l’occasion de la cérémonie de la Sainte-Barbe, protectrice de ceux qui affrontent le feu et le danger.

    Dans le hall cathédrale de l’Hôtel du Département, des hommes et femmes casqués plutôt habitués au terrain, à raison d’une intervention toutes les 3 minutes. Le Sdis 13 étant l’un des plus importants de France avec 1 250 sapeurs-pompiers professionnels et 4 700 volontaires. La collectivité poursuivant une « politique volontariste du recrutement malgré la pression financière », s’est félicité Richard Maillé, ils seront 75 à venir compléter les rangs annonce-t-il. Soit une augmentation de plus de 23% en dix ans, ajoute-t-il.

    « Depuis 2015, nous mettons en avant la protection des biens et des personnes », a martelé Martine Vassal, présidente DVD du Département qui en a profité pour adresser un message au préfet Jacques Witkowski.

    Un « modèle atypique »

    « J’espère que vous resterez un long moment dans nos murs, je suis persuadée que vous allez être l’homme de la situation », a-t-elle lancée, rappelant que « nous sommes dans un département particulier où vous avez tous les risques sauf celui des avalanches ». Pour les pompiers, « pas d’économie, que des dépenses pour du matériel et des casernes du XXIe siècle », poursuit l’élue qui prévient : « Les recettes ne sont pas extensibles. » Pour elle, « les départements sont en danger », estimant que « sans eux c’est une régression de la démocratie ». Elle insiste : « Il va falloir qu’au plus haut niveau de l’État, on travaille sur l’équation des recettes et des dépenses, Monsieur le préfet. »

    Le représentant de l’État se bornera à la lecture du message de Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur, défendant un « modèle atypique fondé sur le volontariat qui nous oblige ». Les sapeurs pompiers vont également pourvoir bénéficier de trimestres supplémentaires pour la retraite « dans un décret pris dans les prochains jours », a promis le ministre.

    Cette cérémonie a également été l’occasion de remise de médailles de la sécurité intérieure, échelon bronze argent ou or, et de casques pour la 55e promotion de professionnels, baptisée du nom d’Emma Bouquet, tragiquement décédée à 21 ans en février et, volontaire au centre d’incendie et de secours d’Eyguières depuis 2 ans.

  • Premier samedi de campagne pour l’équipe de Gaby Charroux à Martigues

    Premier samedi de campagne pour l’équipe de Gaby Charroux à Martigues

    Le lieu est symbolique. Quatre membres de l’équipe de Gaby Charroux ont choisi la Poste de Ferrières, pour ce premier samedi de campagne après la déclaration de candidature du maire communiste de Martigues, jeudi soir. Symbolique par l’énergie dépensée par le maire et son équipe, en lien le comité de vigilance postale de Martigues, durant plus d’un an et demi, pour le maintien du bureau de Ferrières, menacé de fermeture au prétexte de la baisse de fréquentation.

    Cet usager s’en souvient. « Il y a eu pas mal de manifestations pour que le bureau ne ferme pas. Il est très utile pour beaucoup de personnes âgées qui doivent utiliser leur voiture et pour lesquelles se garer à Jonquières est un enfer », resitue Fatih Resaigui, qui vit et travaille à Martigues. « Je sais comment le maire a poussé pour maintenir le bureau de Poste », affirme-t-il, de même qu’il renouvelle sa « confiance pour défendre la Poste, mais aussi tous les services publics ».

    Confiance mais exigence

    Cette confiance de Fatih Resaigui s’accompagne, comme pour plusieurs autres Martégaux rencontrés, d’une exigence. « Il ne faut pas négliger le volet sécurité, nous avons besoin d’une police de proximité qui réinstaure le dialogue avec les gens » recommande-t-il, en précisant que « ça va de pair avec l’activité des centres sociaux ». Même son de cloche pour ce néo martégal arrivé de Pau depuis un an, qui « ne connaît pas la politique locale ».

    Christian Deprez, élu de la majorité, répond qu’« il y aura toujours à améliorer », tandis que sa collègue Marceline Zéphir (PCF) développe : « Nous voulons aussi la police dans tous les quartiers avec un rôle qui ne soit pas que répressif. »

    Grégoire Benoît, néo martégal depuis un an et demi et travaillant dans une ville voisine, pense que « c’est partout pareil, il faut se battre contre la délinquance ». Mais avant tout, le quadragénaire souligne que « Martigues est une ville chaleureuse. Mes enfants sont heureux, mon fils fait du judo et, cet été, je suis beaucoup allé à la plage de Ferrières avec mes enfants. C’est super, elle a été refaite et c’est agréable l’été avec les paillotes. »

    Face aux nouveaux arrivants, Marceline Zéphir rappelle que « cette ville est dirigée par une majorité de gauche depuis 60 ans. Ça veut dire médiathèques et crèches municipales gratuites, ou cantines peu chères, par exemple ». Christian Deprez renchérit : « Le centre d’initiation sportive permet aux enfants de découvrir tous les sports gratuitement. »

    Un bilan qui appelle d’autres propositions lors du premier atelier citoyen, prévu le 6 décembre à 10h, salle Dufy.

  • La police municipale s’installe sur l’avenue de Saint-Jérôme

    La police municipale s’installe sur l’avenue de Saint-Jérôme

    C’est une ancienne boucherie qu’une dizaine d’agents de la police municipale a officiellement investie ce vendredi 28 novembre, avenue de Saint-Jérôme (13e). Un effectif qui devrait doubler d’ici quelques mois. Après le 42, la Canebière, et avant que n’ouvre « très bientôt » la rue Loubon (3e), cette nouvelle antenne de proximité devrait permettre de mieux répondre aux demandes des habitants, a estimé le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG) venu dévoiler la plaque d’entrée.

    L’idée : que la police municipale investisse tous les quartiers, « d’ici 5 à 6 ans ». « Une police qui connaît la topographie des lieux est essentielle dans le continuum de sécurité », déclare-t-il, fier de cette police « la mieux armée de France dans tous les sens du terme ». Elle « a été déterminante, essentielle, dans les enquêtes en cours », assure Benoît Payan. Un rôle accru que le maire de Marseille assume sans ambages, déplorant le manque d’effectif de la police nationale.

    « On est une grande ville, cinq fois Lyon et deux fois et demie Paris, est-ce que vous savez combien de policiers nationaux tournaient cette nuit ? 35 », affirme-t-il pour qui « ce n’est pas sur la sécurité que nous devons faire des économies » pas plus que sur « tout ce qui représente la République ». Entendre la police, la gendarmerie, les hôpitaux, la Poste, les associations, bref « celles et ceux qui font qu’on est debout ». Marseille a besoin « d’une police nationale qui soit calibrée », insiste Benoît Payan, s’indignant que l’année dernière, « le ministre de l’Intérieur ait décidé de supprimer une préfecture de police de plein exercice ». Intolérable pour l’élu dans une ville confrontée de plein fouet au narcotrafic…

  • Aix-Luynes : le quartier des radicalisés n’a jamais fait le plein

    Aix-Luynes : le quartier des radicalisés n’a jamais fait le plein

    Reflet de la suroccupation carcérale, le contentieux de la détention est important au tribunal administratif de Marseille qui statue régulièrement sur les refus de permis de visite, de transfèrement, de permis de sortie ou de parloir, de contestation de fouilles à nu répétées, de placement en quartier disciplinaire ou pour l’anecdote de refus de location de téléviseur à un détenu.

    Le tribunal vient de trancher -trois ans après son dépôt- sur la requête portée par un détenu radicalisé qui conteste le renouvellement pour 6 mois de son placement au quartier de prise en charge de la radicalisation (QPR) du centre de détention d’Aix-Luynes. Ce QPR étanche de 19 places, conçu dans une aile séparée de la détention ordinaire, a été ouvert en 2019. Il accueille après leur évaluation, des détenus majeurs radicalisés pouvant se désengager de leur idéologie après une prise en charge adaptée. Les plus dangereux, les plus prosélytes partent en quartier d’isolement pour prévenir les passages à l’acte violent.

    L’homme dont on ne sait ni l’identité ni l’âge a vu sa requête rejetée. Il est incarcéré depuis 2021, d’abord en quartier d’évaluation de la radicalisation (QER) dans le Val-d’Oise puis a été affecté en 2023 au QPR d’Aix-Luynes. Le jugement rappelle qu’il a été condamné à 15 ans de réclusion pour meurtre précédé d’un autre crime et un an pour dégradation d’un bien. Il a en outre menacé depuis de mort et d’agression le personnel pénitentiaire de Bourg-en-Bresse et par écrit la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Lyon.

    Le jugement souligne que lors de son évaluation, il a tenu « des propos inquiétants sur l’État islamique », légitimant le recours à la violence et les attentats perpétrés en France, évoquant sans complexe du djihad. « Son positionnement idéologique oscille entre le salafisme quiétiste et politique. » S’il donne « la sensation d’être une personne ingénue et crédule », le rapport d’évaluation retient sa « pratique religieuse intensifiée », sa volonté de convertir ses parents, sa barbe « plus longue et taillée ». Il fait preuve d’un repli sur soi et refuse les entretiens proposés.

    « Ce QPR n’a jamais été occupé entièrement. Il y a 10 détenus en ce moment pour 19 places et on tourne en moyenne autour de la douzaine. Par définition, on ne peut pas y transférer des détenus ordinaires alors que le taux d’occupation au CP de Luynes est de 172% », explique Olivier Caquineau, secrétaire départemental du Snepap-FSU. Le QPR dispose de deux cours de promenades avec vue limitée vers le ciel, deux petites salles de sport et une bibliothèque. Un « médiateur du fait religieux » y intervient ainsi que deux mi-temps de conseiller d’insertion et de probation alors qu’en détention ordinaire, c’est 1 CPIP pour 130 détenus. « Depuis la fin du mois de mai 2024, les détenus boycottent les activités et le suivi du Spip. Ils expriment leur mécontentement en raison de l’évolution des règles de sécurité qui, si elles sont plus individualisées, leur donnent un sentiment d’injustice. En outre, ils estiment que leurs efforts pour évoluer sont mal récompensés », notait en juin 2024 un rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté.

    Cette situation de sous-occupation interroge l’administration pénitentiaire qui envisage de réduire la capacité du QPR alors qu’un Quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de 30 places doit voir le jour au premier trimestre 2026.

  • La préfète de police dément toute rixe devant Orange

    La préfète de police dément toute rixe devant Orange

    Pas d’appel au 17 et surtout aucune preuve vidéo d’une quelconque bagarre… La préfète de police déléguée, Corinne Simon, a tenu ce vendredi 28 novembre à faire une mise au point après la décision du géant des télécommunications de fermer son site de Saint-Mauront (3e) jeudi, pour une période de 15 jours. Cette dernière préférant attendre « le retour à une situation apaisée » dans le quartier, des droits d’alerte ayant été déposés par la CGT puis la CFE-CGC. « Ce que je peux dire, c’est que depuis le début de la semaine, nous n’avons eu aucun appel 17 de la société Orange », assure la préfète. Le seul reçu a été celui d’un commerçant « parce que quelqu’un est rentré en disant qu’il aurait entendu des coups de feu ». Après intervention de la police toute proche, en 3 minutes, aucune rixe n’a été constatée, « pas de personnes blessées, pas de douille, pas de calibre, pas de trace de sang », affirme-t-elle. Pire, « nous n’avons aucune image nous permettant de montrer qu’il y a eu des rixes durant ces derniers jours », poursuit-elle, si ce n’est un vol de trottinettes mercredi.

    Emballement national

    Pour autant, elle « ne minimise pas la situation. » « Nous sommes à Félix-Pyat, un secteur compliqué, nous avons des points de deal, beaucoup de trafic de stupéfiants, du trafic de cigarettes. Donc oui, il y a parfois des rixes et c’est pour ça que la police intervient à longueur de temps », nuance-t-elle. Les patrouilles ont été renforcées, « on va prendre contact avec l’entreprise pour travailler en collaboration », ajoute-t-elle.

    De son côté, Laurent, délégué CFE-CGCsur le site, trouve « surréaliste que [la] direction n’ait pas appelé la police ». Et de certifier qu’un collègue l’a fait et que d’autres ont entendu des échanges de tirs. À la CGT, on assure aussi avoir entendu les coups de feu mais « on veut retrouver du lien social, les habitants, eux, vivent là », insiste Guillaume Lamourette, secrétaire départemental de la Fapt- Telecoms 13. Hors de question pour le syndicat de quitter le site. « On a fait une demande pour rencontrer la direction le plus vite possible. » La CFDT évoquait, elle, des salariés en « état de siège ».

    Après l’assassinat de Mehdi Kessaci qui a mis Marseille dans l’œil du cyclone médiatique, et sur fond de campagne municipale, le retentissement de l’affaire a été national. « Orange prend les bonnes décisions », a estimé Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, sur RTL, ajoutant que « la lutte contre le narcotrafic est la priorité du gouvernement ». « Après le départ de l’Open 13, des Galeries Lafayette, maintenant le site d’Orange… Marseille ne peut plus perdre un acteur de plus. Ça suffit ! Il faut stopper l’hémorragie ! Je vais prendre rendez-vous avec la direction d’Orange », s’est emballée sur les réseaux sociaux Martine Vassal, présidente DVD de la Métropole, du Département et candidate à la mairie de Marseille. Ce qui n’a pas manqué d’agacer Benoît Payan, maire DVG de Marseille.

    « Je ne sais pas d’où sort cette information », a-t-il réagi, reconnaissant « un problème de sécurité avec des salariés qui veulent être rassurés ». Plus tard dans la soirée, l’élu a indiqué avoir échangé avec la PDG d’Orange, Christel Heydemann, qui lui a assuré que le site ne fermera pas.

  • Des personnels pénitentiaires inquiets ont prêté serment

    Des personnels pénitentiaires inquiets ont prêté serment

    Un rassemblement d’une cinquantaine de conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation, de personnels de direction, de personnels administratifs, de personnels de surveillance, personnels socio-éducatifs, psychologues venus prêter serment comme un décret le leur impose désormais, s’est tenu jeudi à 12h45 devant le tribunal judiciaire d’Aix-en-Provence, boulevard Carnot, pour dénoncer les « pressions et intimidations » dont ils sont l’objet en haut lieu.

    La CGT insertion probation et le Snepap-FSU, avec le soutien du Syndicat des avocats de France (section de Marseille) et du Syndicat de la magistrature (section régionale Aix-en-Provence) ont voulu ainsi dénoncer les « attaques et dénigrements » dont ces agents sont l’objet. Depuis le début de l’année, « Gérald Darmanin a multiplié les interventions et instructions dénigrant et fragilisant le travail des personnels chargés de l’application des peines, qu’il s’agisse des personnels de surveillance, des services d’insertion et de probation ou des juridictions de l’application des peines », dénoncent-ils dans un communiqué commun.

    « Des attaques

    sans précédent »

    « À Aix ou à Marseille, un conseiller de probation suit 130 personnes. Est-ce que le garde des Sceaux qui parle de sécurité à tout va devant les caméras de télévision va parler de ça alors que 200 détenus à Luynes dorment sur un matelas au sol ? », déclare Olivier Caquineau, secrétaire départemental du Snepap-FSU. « Des collègues sont KO quand ils entendent les déclarations de leur ministre de tutelle dénonçant des “activités ludiques et provocantes”. Ils ont le sentiment d’être insultés, eux qui travaillent depuis des semaines en amont. Des permis de sortir sont annulés au dernier moment que personne ne comprend. »

    Sentiment partagé par Élodie Bartolini de la CGT Insertion Probation selon laquelle « le moral des agents est très très bas car ils se sentent dans le viseur. Il faut sortir des réactions à chaud et retrouver un cadre de travail serein. Pour cela, il faut faire confiance aux professionnels. Notre métier, c’est d’accompagner les gens, de travailler sur le passage à l’acte, la gestion des émotions pour les réintégrer, pour qu’ils redeviennent des citoyens. On ne peut pas continuer à mettre au ban de la société des gens, les entasser en détention. Trois personnes dans une cellule de 9 m², c’est indigne. »

    Marie-Blanche Régnier, co-déléguée de la section régionale du Syndicat de la magistrature, les comprend. « On est là pour soutenir les agents face aux attaques sans précédent sur les permissions de sortir sous couvert dans la communication politique d’être des narcotrafiquants, alors qu’en fait les personnes en détention sous main de justice ne sont pas majoritairement de ce profil. » Ces attaques qui ont débuté en février se sont accentuées ces dernières semaines. Le garde des Sceaux critique les activités socio-éducatives culturelles en détention qui sont freinées voire ont disparu. « La hiérarchie pénitentiaire ajoute des critères pour contrecarrer des permissions de sortie accordées par les juges d’application des peines. Les détenus étrangers en situation irrégulière sont particulièrement visés même lorsqu’ils ne font même pas encore l’objet d’une obligation de quitter le territoire français », observe-t-elle.

  • Narcotrafic : les salariés d’Orange pris en étau

    Narcotrafic : les salariés d’Orange pris en étau

    « Ici, c’est pire que la Banque de France. » Sur le parking d’Orange, à Saint-Mauront (3e), les trois gardiens qui assurent la sécurité ne sont pas tranquilles. Leur responsable a pris la décision, ce mardi 25 novembre à midi, de confiner durant une demi-heure tous les salariés, potentiellement 1 200, dans les faits de 400 à 450 en présentiel chaque jour, pour éviter les « dommages collatéraux ».

    Selon lui, une bagarre entre dealers au moyen d’un club de golf qui aurait pu dégénérer : « Une kalach, c’était pareil. » Il a préféré fermer le site « le temps que ça se calme ». Depuis une semaine, toujours selon lui, la venue des ministres de l’Intérieur et de la Justice, suite à l’assassinat de Mehdi Kessaci par un commando à moto, a « mis de l’huile sur le feu ». « C’est un quartier défavorisé, on n’a pas tous les tenants et les aboutissants, mais on pourrait aussi choisir d’éteindre l’incendie », estime-t-il.

    Concrètement, de nouvelles inscriptions sont apparues sur le mur de la sortie du métro National, indiquant que le point de deal voisin, au cœur de la cité de Félix-Pyat, était ouvert H24. Sur les grilles du siège d’Orange, ou sur les immeubles en face, il suffit de suivre les flèches blanches ou rouges pour y arriver. On arrive au pied des barres, avec un petit comité d’accueil où des minots encagoulés essaient de se réchauffer au soleil. Même si dans le quartier, entre mamans qui discutent, minots qui sortent du bus et ouvriers qui rentrent après une journée de travail, la vie s’écoule… paisiblement.

    Laurent, délégué syndical CFE-CGC d’Orange, raconte, lui, les emballages de médicaments jetés par-dessus la clôture, direct dans la pelouse. « On a aussi retrouvé des douilles suite à une fusillade au bar d’en face », ajoute le syndicaliste. Résultat, « les salariés ont peur, ils ont développé des stratégies pour ne pas venir, en recourant au télétravail, en multipliant les missions de terrain ». Il poursuit : « En tant que salarié d’Orange, on n’est pas là pour vivre ça. » Nexity, qui avait son siège juste en face, a aussi « déménagé parce qu’il y avait trop de problèmes », témoigne-t-il, « ils ont vendu ça avec l’espoir de la revitalisation, mais c’est trop tôt, on est un peu des spécimens d’expérience avec eux, ce n’est pas encore un quartier de droit. On vit dans une citadelle assiégée. »

    Une direction

    qui se dit mobilisée

    Il dénonce également le manque de sérieux de sa direction. Pour badger, il faut rentrer dans un sas « un peu sombre », qui « doit faire 30 m2 et dont la porte reste ouverte ». C’est « Riri, Fifi et Loulou qui gèrent la sécurité », ironise-t-il.

    Si un cap a été franchi, le phénomène n’est pas nouveau. « On ne voulait pas venir là et, d’ailleurs, on devait intégrer les bâtiments de Nédélec, à côté de la gare, mais Orange a préféré vendre, en partie à l’Agence régionale de santé », croit savoir le responsable syndical, « et nous rapatrier tous ici il y a deux ans ». CGT, FO, SUD et CFE-CGC s’étaient mobilisés en 2022 contre la fusion et le transfert des salariés de Nédélec, Réattu et la tour La Marseillaise, bref tous les sites marseillais, sur la rue Félix-Pyat. La sécurité du site n’est pas le seul point noir. « On a aussi eu des punaises de lit, avec des fermetures de plateaux entiers pour la fumigation », indique-t-il.

    La direction arguait, elle, de sa volonté de mettre en place un campus à Saint-Mauront pour « maîtriser [son] empreinte immobilière par la restitution d’immeubles à Marseille ». Sur « l’incident » survenu ce mardi, elle indique avoir « constaté un attroupement inhabituel d’une vingtaine d’individus proche de la sortie du métro National, à l’extérieur de l’entrée du site Massalia ». Afin de « préserver la sécurité des salariés et du site, Orange [leur] a demandé de ne pas quitter le site pendant 30 minutes, le temps que cet attroupement extérieur se disperse ». Et la direction d’assurer qu’elle est « en lien avec les forces de l’ordre pour toutes les questions liées à la sécurité de [ses] sites », que « la sécurité de [ses] salariés est une priorité ».

    Côté CFE-CGC, un courrier devait partir, ce mercredi, pour réclamer des mesures et des explications sur les raisons du déménagement à Saint-Mauront.