Tag: sécurité

  • [Mort au travail] À Toulon, un hommage pour inciter à l’action

    [Mort au travail] À Toulon, un hommage pour inciter à l’action

    « Cette journée est un moment solennel de réflexion et de souvenir, mais aussi un appel à l’action pour prévenir de telles tragédies à l’avenir car aujourd’hui en France, 10 décès chaque jour sont imputables à ce minerai tueur », commence le président de l’Asava, Gérard Lojewski, devant la stèle située derrière la piscine du Port Marchand.

    Et de poursuivre : « Ces victimes ce sont nos collègues, nos amis, nos proches. Leur souffrance nous rappelle notre devoir de vigilance et de solidarité. »

    Le responsable rappelle que chaque année lors de l’assemblée générale, l’Asava annonce aux adhérents le décès le nom de nouveaux camarades décédés d’une pathologie de l’amiante, près de 140 depuis la création de l’association en 2007.

    « Notre département est très durement impacté par ce qu’il convient de qualifier de “crime industriel” dans la mesure où les employeurs savaient, mais n’ont rien fait pour protéger leurs salariés », rappelle Gérard Lojewski. Avec d’un côté de la Rade, le chantier naval de la Seyne et de l’autre, l’Arsenal de Toulon, où sur les deux sites des milliers de travailleurs vont être exposés et mettre leur santé en péril. D’où un sentiment de profonde injustice et d’incompréhension, ajoute le président de l’Asava face à l’absence totale de sanction pénale à l’encontre des patrons. « Comment expliquer que la justice de notre pays et ses plus hautes autorités aient pu décider qu’aucune personne soit responsable de 100 000 décès d’ici 2050 ? », interroge-t-il.

    Et de poursuivre : « Il est de notre devoir de porter le souvenir des disparus mais aussi de protéger les générations futures en faisant notre maximum pour arrêter ce désastre de santé publique. »

    L’occasion de rappeler que malgré l’interdiction de l’amiante en 1997, le danger est toujours d’actualité car sa durée de toxicité est infinie. Et ce d’autant qu’« il subsiste en France 20 millions de tonnes d’amiante floquée et 90% des bâtiments construits avant cette date en contiennent comme les logements sociaux, les hôpitaux ou établissements scolaires ».

    D’où la nécessité de créer, comme le défend l’Asava, un Pôle public d’éradication de l’amiante.

  • [Mort au travail] Venelles : un appel lancé pour réagir

    [Mort au travail] Venelles : un appel lancé pour réagir

    Haut floqué du nom du Collectif familles Stop à la Mort au travail dont il est membre actif, Michel Bianco, rappelle les chiffres glaçants : « 840 000 personnes meurent chaque année de problèmes de santé liés à des risques sur le lieu de travail selon l’Organisation Internationale du Travail (…) il faut réagir : pendant combien de temps notre société acceptera la mort de 424 jeunes depuis 2020 ? » Aussi co-président du Carrefour Citoyen, association solidaire locale et organisatrice de la soirée, Michel Bianco appelle à ce que « la justice soit plus tranchante » sur cette question. Ce mardi soir, le Collectif organise à la médiathèque de l’Etincelle une soirée visant à sensibiliser sur cette question. Le thème choisi pour cette rencontre annuelle est celui des conditions de travail des livreurs de repas. Une exposition, réalisée par le photographe Christian Revest qui a suivi à vélo et sur plusieurs jours ces travailleurs précaires, a été montée pour l’occasion. Le film L’histoire de Souleyman (réalisé par Boris Lojkine) a lui aussi été diffusé, suivi d’un temps de débat.« C’est un thème d’actualité, contextualise Jean-Michel Vayssière, co-président du Carrefour Citoyen. De récents travaux de l’Ances et de Médecins du Monde montrent que les livreurs s’épuisent au boulot. Ils ne sont pas, par exemple, rattachés au Code du travail. Il faut que leur métier soit reconnu. » Avant de rappeler, au public que « derrière chaque repas livré, il y a un visage ».

  • [Mort au travail] La Mède : à Total, la lutte contre l’amiante et le benzène

    [Mort au travail] La Mède : à Total, la lutte contre l’amiante et le benzène

    « Vous êtes exposés à du benzène rien qu’en étant venu à ce rassemblement », lance Fabien Cros, secrétaire du syndicat CGT de la plateforme Total de La Mède, devant ses auditeurs massés devant l’entrée de l’ancienne raffinerie mardi matin. Le rassemblement organisé par l’union locale CGT, le syndicat de la plateforme et la branche régionale de la fédération des industries chimiques CGT (Fnic) vise à partager les différentes luttes pour la sécurité et la santé au travail en cette journée internationale dédiée. Les syndicats de Kem One Saint-Auban (04), d’Arkema Marseille et de Sanofi Sisteron (04), entre autres, ont répondu présent.

    C’est la présence du benzène, un composé réputé cancérigène, mutagène et reprotoxique (CMR) lié à la production du site qui a conduit le syndicat à attaquer son employeur par deux moyens : au pénal pour mise en danger de la vie d’autrui, et aux Prud’hommes pour le préjudice d’anxiété lié à l’exposition des travailleurs de la plateforme. « La limite à laquelle les travailleurs pouvaient être exposés en 2000 à mon début de carrière était de 1 ppm », resitue Fabien Cros. « Aujourd’hui on est à 0,2 ppm grâce à la pression mise par nos syndicats et nos avocats. Pourtant le benzène n’a pas d’effet de seuil, en respirer une ou 100 fois ne fait pas de différence », dans les risques d’après le syndicaliste. « Cela démontre que ce seuil est politique et non médical (…) Nous voulons que le benzène soit reconnu au même titre que l’amiante », insiste-t-il.

    Son camarade Ludovic Veyret, délégué CGT Sanofi Sisteron, illustre le problème : « On met des casquettes des chaussures de sécurité, mais on nous laisse respirer des trucs et se démerder pour laver nos vêtements. »

    L’avocate du cabinet TTLA Julie Andreu suit ces sujets. « Les expositions perdurent et la prévention n’est pas là : pas de repérage avant travaux ni diagnostics » pour l’amiante. Les procédures judiciaires visent « une juste réparation et reconnaissance des conditions de travail » selon l’avocate. « Les pathologies se déclarant 20 à 40 ans après exposition, l’employeur ne sera peut-être plus là ou pourra dire que c’est faute d’hygiène de vie », relate-t-elle, « c’est pour ça qu’il faut agir avant d’être malade pour prouver qu’il y a eu exposition si demain vous l’êtes ».

    C’est le combat mené avec la CGT dans les industries de la région.

  • [Entretien] Cécile Clamme : « Il faudrait doubler le nombre d’inspecteurs »

    [Entretien] Cécile Clamme : « Il faudrait doubler le nombre d’inspecteurs »

    La Marseillaise : Que représente cette journée mondiale pour les agents de l’inspection du travail ?

    Cécile Clamme : Pour nous, cette journée mondiale est une grosse date. Il faut mettre en avant le fléau social que sont les accidents du travail et les maladies professionnelles. On oublie souvent ce deuxième point alors qu’elles provoquent de gros dégâts : le sujet emblématique est celui de l’amiante, qui est au cœur des préoccupations de l’inspection du travail depuis des années. Pour nous, dédier une journée dans l’année à ces questions, mettre l’accent sur ces questions, c’est majeur. Cela permet de s’interroger collectivement : Pourquoi on est encore là en 2026 ? Pourquoi la France a des chiffres aussi inquiétants ? À l’inspection du travail, on est justement pas trop mal placés pour avoir des indications et des réponses. On est directement concerné. Pour nous, il y a deux éléments de réponse : le manque de moyens, les sanctions en cas de manquements qui ne sont pas assez importantes.

    Quelle est l’ampleur du manque de moyens à l’inspection du travail ? Quel lien avec le nombre d’accidents et de morts au travail en France ?

    C.C. : Une des dimensions majeures de notre travail est d’enquêter lorsque l’accident du travail survient, mais c’est aussi de contrôler, en amont, pour que l’accident de travail ne survienne pas. Or, dans l’état actuel de nos effectifs, nous ne pouvons pas toujours assurer cet aspect de prévention. Quand on est pris par l’actualité, par les dossiers qui s’accumulent, on ne peut pas faire d’actions de prévention. Avec des effectifs en berne comme ils le sont actuellement, on a moins le temps pour faire ce travail-là. Sur les 15 dernières années, on estime à entre 20% et 25% de baisse du nombre d’agents. On a une énorme baisse des effectifs pour les agents d’assistance, ceux qui font le travail administratif. Pareil pour les agents en charge des renseignements, qui sont pourtant les premiers interlocuteurs des salariés en difficulté. À l’heure actuelle, notre direction considère qu’une charge de travail « normale » pour un agent de contrôle, c’est 1 pour 10 000 salariés. Mais, sur le papier, on est moins de 2 000 alors qu’il y a entre 21 et 22 millions de salariés : on est environ 1 800 avec 10% de postes vacants. Il y a peu, on était 1 600. Entre-temps, il y a eu trois ans où les recrutements étaient plus importants, avec des grosses campagnes de communication. Mais malheureusement, tout a été stoppé l’année dernière. On aura donc la dernière grosse promotion pour cet été 2026.

    Quelle estimation des besoins ?

    C.C. : Il aurait fallu continuer encore 3 ans de plus pour atteindre les 2 000… Pour toute la France, il y a eu 45 inspecteurs du travail recrutés l’année dernière, cette année ce seront 60 recrutements. Alors qu’il y a 200 postes vacants et, qu’au bas mot, 100 collègues partent pour différentes raisons chaque année. Très rapidement, on va encore être dépassée par les départs en retraite et les promotions. Quoi qu’il arrive, il y a un problème. D’autant qu’on ne s’occupe pas uniquement des travailleurs salariés. Par exemple, la direction a engagé, il y a 6 mois, une action sur les faux travailleurs indépendants. Cela se fait en plus du travail sur les salariés, puisque par définition ils ne sont pas comptés dans les 21-22 millions de salariés. On est aussi compétent pour la santé et sécurité de la fonction publique hospitalière. Si, sur un secteur, il y a un gros CHU, cela va alourdir la charge de travail sans que ça ne soit compté officiellement… À la CGT TEFP, on revendique 1 agent pour 5 000. Ça n’aurait rien de délirant si l’on compare à d’autres missions de service public. Surtout quand on voit les statistiques de la France en matière d’accidents du travail : 2 morts par jour. Il faudrait donc plus que doubler les effectifs, 3 000 inspecteurs de plus.

    Comment expliquez-vous ces statistiques ?

    C.C. : Notre mot d’ordre est simple : des moyens pour la prévention, des sanctions pour les patrons. Quand il y a un manquement, les sanctions ne sont pas assez dissuasives ! Quand un employeur est condamné, on est en général sur des peines qui sont de l’ordre de l’amende. Lesquelles sont d’un montant qui sera ridicule pour un grand groupe mais important pour une petite entreprise. Par exemple : pour une condamnation faisant suite à un accident mortel, il y a souvent une condamnation, de la personne morale donc pas du dirigeant directement, a une amende, parfois partiellement assorti du sursis… C’est aberrant. Et c’est sans compter toutes les fois où les procédures n’aboutissent pas : classées sans suite pour telle ou telle raison, quand l’entreprise a un avocat meilleur que celui de la victime… La CGT a fait des estimations sur certains départements sur plusieurs années : en moyenne, moins de 20% des procédures vont au bout, y compris pour des accidents graves ou mortels.

  • Le 5, rue des frères Perez à Marseille, un ex « hôtel social » à vau-l’eau

    Le 5, rue des frères Perez à Marseille, un ex « hôtel social » à vau-l’eau

    Depuis quatre mois, une famille vit dans une chambre d’hôtel relogée en urgence à la suite de menaces. Le couple dénonce depuis plusieurs années l’indignité de leur logement suite à des fuites actives d’eaux qui ont entrainé des interventions des marins-pompiers, des fissurations des murs, des infestations de souris et de punaises, des courts-circuits et des surtensions qui détruisent l’électroménager, une ventilation insuffisante, un manque d’entretien générale des parties communes, une dégradation importante de la cage d’escaliers.

    La veille, le 5 février 2026, trois inconnus s’étaient présentés à leur domicile pour une expulsion sauvage. « Tu as jusqu’à lundi pour quitter les lieux sinon on met le feu à ton appartement et on te tue avec ta famille » consigne le dépôt de plainte. Le matin même, une audience s’était tenue devant le tribunal de proximité avec leur bailleur pour dénoncer l’indignité du logement.

    Après avoir déjà connu la difficile copropriété du Gyptis, la famille emménage en février 2014 dans un studio au 4e étage du 5 rue des frères Perez (3e) un immeuble ancien et dégradé en contrebas de la tour Bel Horizon, cette copropriété privée de grande hauteur dont un réseau de drogue a investi des parties communes. Le 5, rue Pérez compte 24 studios issus de division d’appartements sur 5 étages dont une grande partie sont à présent squattés. A noter que depuis janvier 2025, le « permis de louer » s’applique dans le secteur Hoche-Versailles.

    « Depuis trois ans, les problèmes se sont aggravés. J’avais monté un dossier à l’ADIL et porté plainte contre l’ancien propriétaire qui a fait ensuite des travaux mais de camouflage » raconte Djamila, la mère. « Le 6 février au soir, deux types armés et un troisième qui se tenait en bas sont venus frapper à la porte. Je vais te butter, je sais où ta fille va à l’école. Je leur ai répondu que je n’avais pas peur. Les policiers qui sont venus m’ont répondu « on n’est pas payé pour vous protéger ». La mère qui milite à la France insoumise, obtient l’intervention des députés LFI Sébastien Delogu et Manuel Bompard. La préfecture le trouve un refuge d’urgence. « On était en danger. C’est trop de peur. J’avais préparé de quoi partir rapidement. Mais même à l’hôtel, on n’est pas tranquille. Un gars en trottinette est venu il y a trois semaines à la laverie me menacer. On n’est pas en Colombie pourtant… »

    Leur immeuble appartenait jusqu’en juillet dernier à Louis Dalbert, 89 ans, qui l’a revendu à la société I.A 2022 dirigée par le marchand de biens Chouki Hedhiri pour la somme de 326 000 euros. Les baux et quittance de loyer étaient tamponnés par une obscure association dénommée « Un abri pour tous » que gérait l’octogénaire. Un montage singulier qui explique que huit locataires soient titulaires de baux de sous-location de six mois à un an pour un loyer mensuel, charges comprises, de 450 euros, que trois studios sans loués sans bail, le restant étant squatté.

    Suite à cette vente, la SPLA-IN a visité l’immeuble et repéré des « désordres extrêmement importants » dans cet immeuble aux « logements très dégradés » et procédé à un signalement immédiat à la Ville, laquelle a déclenché des visites les 10, 15 octobre et 20 novembre et engagé une procédure contradictoire avant mise en sécurité, faute de travaux. Le document a été un temps affiché à la porte de l’immeuble.

    La semaine dernière, la situation s’est accélérée. Dans la nuit de jeudi à vendredi, un commando d’une quinzaine d’individus cagoulés aurait fait irruption à 1h50 du matin dans l’immeuble, terrorisant les occupants, brisant les serrures pour les pousser au départ. « Ils étaient très nombreux. Ils ont cassé les serrures des logements. Mon appart est squatté alors qu’on a encore le bail. Ils ont frappé une personne » raconte Djamila sur la foi de contact gardé sur place. Une patrouille de policiers aurait alors interpellé 4 individus dont un jeune de 18 ans, les autres prenant la fuite vers la tour Bel Horizon Trois interventions policières ont eu lieu dans l’immeuble vendredi et dimanche pour des tentatives de squat. Contactés, ni le propriétaire, ni le syndic D’Agostino n’ont donné suite à nos requêtes.

    David Coquille

  • Hérault : l’État muscle son dispositif estival

    Hérault : l’État muscle son dispositif estival

    À l’approche de l’été, l’État prépare le terrain dans l’Hérault. Réunie à Gignac avec les maires du département, la préfète Chantal Mauchet a présenté le dispositif estival de protection des populations pour 2026. Dans un département où la population peut atteindre 1,2 million de personnes durant la saison, l’objectif est de répondre à l’afflux touristique, au risque incendie, aux noyades et aux événements festifs.

    L’État annonce un dispositif du même niveau que l’an dernier. 162 gendarmes supplémentaires viendront renforcer chaque jour les effectifs départementaux, sur le littoral, dans l’arrière-pays et les hauts cantons. La police nationale bénéficiera aussi de renforts extérieurs, notamment à Agde et Sète.

    Des renforts sur tous les fronts

    La sécurité civile sera elle aussi fortement mobilisée. Le Sdis 34 prévoit un socle quotidien de 500 sapeurs-pompiers pour les interventions courantes. En cas de risque incendie élevé, ce volume pourra être renforcé de 50 à 400 pompiers supplémentaires. Sur le littoral et autour des plans d’eau, 250 sapeurs-pompiers volontaires saisonniers assureront la surveillance des baignades dans 50 postes de secours.

    Autre point de vigilance : les férias, fêtes votives, festivals et feux d’artifice qui jalonnent l’été héraultais. La préfecture insiste sur l’anticipation, avec des réunions préparatoires en amont et un guide remis aux maires pour mieux encadrer les festivités. Enfin, la préfète annonce une évolution prochaine des règles de fermeture des massifs forestiers, pour simplifier et renforcer la prévention.

  • Le Toulon Defense Event pour aligner la Défense et le marché du travail

    Le Toulon Defense Event pour aligner la Défense et le marché du travail

    Le Palais des Sports accueillait jeudi la 3e édition du Toulon defense event, un événement porté par France Travail et le Centre d’information et de recrutement des forces armées (Cirfa). Objectif : présenter les métiers de la défense à plusieurs milliers de visiteurs. « C’est une initiative qui remonte à quelques années et correspond aux besoins du Var sur les métiers de la défense », explique Pascal Blain, directeur régional de France Travail et référent national Défense. Parmi les plus de 5 000 offres d’emploi à pourvoir, des domaines variés, du civil au militaire. Certains « particulièrement importants pour nous, comme la cybersécurité, mais aussi d’autres auxquels on pense moins comme la restauration-hôtellerie-loisir », précise le général Pierre-Olivier Marchand pour illustrer « les centaines de métiers possibles dans les armées ».

    Un outil de souveraineté

    Comme prévu, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a fait le déplacement. Après un bain de foule pour visiter les différents stands, l’ancien patron de la SNCF a à nouveau annoncé le chiffre de 10 000 créations d’emplois dans le domaine de la défense, d’ici trois ans, dans un contexte où « les enjeux militaires sont entrés dans le quotidien. Les métiers militaires, civils, d’industrie, de sécurité intérieure sont essentiels et ce salon est là pour dire qu’ils recrutent ». Un message particulièrement adressé « aux jeunes, parfois un peu perdus. Voilà des métiers passionnants et très divers ».

    Encore faut-il, pour les attirer, créer « des ponts entre le monde de la défense et le marché du travail ». C’est pourquoi le ministre du Travail a nommé la générale Dominique Vitte pour diriger le nouveau pôle de recrutement de France Travail dédié à l’industrie de défense. Une organisation qu’il souhaite reproduire dans le domaine des énergies, dans une optique de souveraineté, dont « l’exemple de la guerre en Iran » démontre la nécessité. C’est sur cette notion que Jean-Pierre Farandou a conclu son discours, appelant à « résister » face à « deux superpuissances qui nous compriment, ne nous veulent pas du bien, les États-Unis et la Chine. Si on les laisse faire, ils vont détruire nos entreprises, nos emplois et saccager notre modèle social ».

  • Des rames du tramway vont partir en révision à Albi

    Des rames du tramway vont partir en révision à Albi

    Une première est partie par camion la semaine dernière de son entrepôt, direction Albi… Selon un planning bien défini pour ne pas impacter le service, les 32 rames Bombardier « Flexity » du tramway marseillais vont être révisées de fond en comble pour une opération de révision à « mi vie » indique la RTM. Une maintenance prévue dans le cadre réglementaire de leur cycle de circulation mais qui « va bien au-delà » précise la régie.

    Ce contrôle poussé doit intervenir tous les 900 000 kilomètres parcourus. La première rame jouera « un rôle de prototype » explique-t-on, avec une durée d’immobilisation estimée à 9,7 mois et un retour attendu en début d’année prochaine. De quoi réduire les délais progressivement pour les rames suivantes « avec 5,6 mois pour la deuxième, 4 mois pour la troisième, puis 3 mois pour la quatrième ». Une fois le processus industrialisé, « le rythme se stabilisera autour de 2,5 mois par rame ».

    Le but : offrir aux usagers « un réseau plus fiable, plus confortable et plus moderne », avec « moins de pannes et plus de régularité » et harmoniser avec les rames du constructeur espagnol CAF qui circulent depuis janvier sur la ligne T3 étendue jusqu’à La Gaye.

    Un design et une technologie harmonisés

    Concrètement, le système d’aide à l’exploitation sera aligné. Le système ECB (Équipement concentrateur bus), qui permet au tramway de communiquer avec le centre de contrôle et de garantir le bon fonctionnement des équipements embarqués, la supervision et la sécurité du service, sera remplacé par un modèle de génération plus récente. Les systèmes d’information voyageurs, la sonorisation et les « girouettes », entendre les panneaux qui affichent la destination de la rame à l’extérieur, seront aussi modernisés.

    À l’intérieur des rames, le design et les équipements vont être repris avec le remplacement des revêtements de sol et l’adaptation des mains courantes. Un éclairage LED « plus agréable » sera installé.

    Le chantier va être finalisé pour les 26 rames de première génération, mises en service en 2007, d’ici décembre 2028. L’ensemble des 32 rames devrait être traité à l’horizon juillet 2029, prenant en compte les 6 rames de deuxième génération, mises en service en 2011. Le marché d’un montant de 25 millions d’euros sur une durée de six ans, a été remporté en décembre 2025 par ACC-M, entreprise clermontoise spécialisée dans la restauration ferroviaire, qui a ouvert un site de plus de 2 000 mètres carrés à Albi l’an dernier.

    Côté projet, une deuxième phase d’extension de la ligne T3 est prévue pour la prolonger au nord vers Saint-Louis et le lycée Saint-Exupéry, une ligne de la rue de Rome à la place du 4-Septembre évoquée avant les élections municipales de mars. Mais avec les difficultés financières de la métropole Aix-Marseille-Provence, autorité organisatrice des transports, la donne pourrait changer. Le président de la collectivité alertait ce mercredi 15 avril sur un budget non finançable et appelait le gouvernement à débloquer le taux du versement mobilité.

  • Une des sept arches enfin restituée sur SeaOne

    Une des sept arches enfin restituée sur SeaOne

    Huit ans après la destruction scandaleuse des sept arches encastrées dans un mur de l’ancienne usine Giraudon que le promoteur Sud Rea s’était engagé à démonter soigneusement « pierre par pierre » pour les restituer en façade de l’immeuble de standing SesAone dessiné par Ricciotti, une arche vient enfin d’être remontée cette semaine.

    Suivant les injonctions de l’Architecte des bâtiments de France dans le 5e modificatif du permis de construire, l’arche a été remontée à partir de blocs de pierre retaillée que le promoteur stockait depuis des années sur le parking de sa société près d’Aubagne. Les recherches historiques menées sur le site du second lazaret de Marseille ont déconstruit la légende qu’il s’agissait des arcades des écuries de l’Impératrice Eugénie. Selon l’archéologue anthropologue Nathalie Cazals, ce sont les vestiges du projet lancé en 1858 du premier complexe balnéaire dessiné par Henry-Jacques Espérandieu et avorté en 1870 avec la chute de l’Empire, comme l’a dévoilé un dessin de l’architecte retrouvé aux archives.

    Cette restitution a minima d’une arche était un des points traités par le protocole transactionnel signé le 3 juin 2024 entre la Ville et le promoteur Hubert Attali au terme d’une médiation après le constat d’infractions à l’urbanisme et de différends sur l’interface avec la plage. L’arche se fond dans l’ensemble, les pierres ont été retaillées après avoir été abîmées lors de la démolition brutale du 7 novembre 2018. La pierre a depuis séché et ne devrait pas produire ce calcin qui colore la surface.

    Cachées par des barrières métalliques séparant la plage de l’immeuble, d’autres arcades ont été mises en sécurité. Il s’agit de celles sur laquelle reposait la grande dalle de béton de 1 370m2 qui a été déconstruite et qui correspondait à l’ancien établissement « Le Réal Club » rasé en 2015. Cette arcature de 1860 doit être également préservée ou au moins restituée suivant l’état de certaines arcades dans le cadre du « projet de valorisation globale de l’anse des Catalans » lancé sous Jean-Claude Gaudin et repris par Benoît Payan. « On conserve les arches parce qu’elles dessinent la plage et qu’elles sont la mémoire historique des lieux. C’est une attente forte des architectes des bâtiments de France et nous y tenons » déclarait en février 2021 Hervé Menchon, l’adjoint au littoral.

  • Une tour à sécuriser et le projet de l’anse des Catalans à relancer

    Une tour à sécuriser et le projet de l’anse des Catalans à relancer

    Après des décennies d’abandon, la Tour Saint-Paul des Catalans subit des travaux en vue d’une sécurisation durable, préalable à sa restauration. Ce qui explique le report des fouilles archéologiques et son inscription attendue au titre des monuments historiques. La tour en lambeaux est le dernier témoin historique du second lazaret de Marseille qui s’installe en 1558.

    On sait désormais que l’édifice a été construit postérieurement, entre 1654 et 1664, par la ville sur des terrains de l’abbaye Saint-Victor. C’est le seul bâtiment subsistant de l’enceinte de ce lazaret dédié à l’accueil des équipages de navires de commerce entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Le premier lazaret se trouvait au Moyen Âge près de l’anse de l’Ours, après le Mucem. Par la suite, les « Vieilles Infirmeries » ont été déplacées en 1663 vers Arenc quand les capacités d’accueil des marins n’ont plus suffi. Une colonie de pêcheurs catalans a alors investi le site.

    Des chaînages par tirants

    La tour dont la base est semi-enterrée est affectée de désordres structurels : fissures, chutes de pierres, éclatements de pierre, érosion, corrosion des éléments métalliques, effondrement des planchers. Les récentes déposes d’enduits épais en ciment l’ont fragilisée. « La stabilisation provisoire de la tour en amont des travaux de restauration est prévue pour une durée de 5 ans » écrit la Ville dans sa déclaration préalable du 17 octobre dernier, la maîtrise d’œuvre étant confiée aux architectes Yvann Pluskwa et Sébastien Cord. Le confortement structurel des maçonneries à hauteur de 190 000 euros a démarré et doit s’achever en mai. Suite à une alerte sur une fissure, un périmètre de sécurité étendu avec pose de barriérage a été ordonné le 4 mars.

    Pour renforcer l’ouvrage, des chaînages par tirants ont été posés : deux câbles métalliques dit « de frettage » enserrent le premier niveau de la tour, le plus ancien, au droit des deux niveaux de plancher. Deux autres câbles doivent tenir la partie haute sous la corniche à consoles. La première phase de sécurisation doit consister à injecter du mortier de chaux, à mettre en place des étrésillons en bois dans les baies existantes, à déposer la sculpture d’angle dégradée, à reprendre et rejointer des maçonneries, etc.

    La seconde phase projette la sécurisation des planchers en bois pour assurer une intervention en toute sécurité des archéologues à l’intérieur de la tour. La couverture amiantée sera remplacée par une tôle en acier. Les reprises de maçonneries se feront en fonction des découvertes de l’Inrap. Un suivi des désordres par instrumentation laser est prévu. « Les travaux de sécurisation se poursuivent », confirme la Ville. « L’emprise de sécurité actuellement mise en place sera réduite dans les semaines à venir. Par la suite, des travaux à l’intérieur de la tour et sur sa façade seront finalisés en fin d’année, notamment les diagnostics archéologiques. »

    « La sécurisation a commencé. Elle ne menaçait pas de tomber, mais il faudra sans doute encore des expertises structurelles avant de pouvoir intervenir à l’intérieur » explique l’archéologue de l’INRAP, Benjamin Michaudel, responsable scientifique de la fouille interrompue. « Le socle est en place. C’est la partie la plus ancienne de la tour. La moitié supérieure de la tour, c’est du remontage du XIXe siècle. Il nous manque les observations de l’intérieur pour savoir s’il y avait des canonnières, des stands de tir pour caractériser les fonctions de cette tour, si elle était défensive ou une simple vigie. »

    À l’horizon 2028 ?

    À l’intersection d’enjeux publics et privés, de défis paysagers, patrimoniaux et financiers, le projet d’aménagement retenu en 2020 est en pause. Il a été soumis à l’été 2022 à la concertation des Marseillais. Des 12 millions d’euros initiaux, le projet global est déjà impacté par l’inflation du coût des matériaux. Le chantier pourrait débuter en 2028. « Nous finalisons actuellement le programme définitif des travaux, prenant en compte notamment les nouvelles contraintes opérationnelles et calendaires du chantier de la tour du Lazaret » répond la Ville. « Le programme intègre également les contraintes de sécurité et de stabilité des arcades, ainsi que les démarches environnementales. » Un planning sera « prochainement » dévoilé. Il précisera « les dates de démarrage des travaux et les arrêts du chantier en période estivale ».