Tag: sécurité

  • Marc Pena face aux lecteurs à Aix-en-Provence

    Marc Pena face aux lecteurs à Aix-en-Provence

    Le logement

    Denise Tardy : Que comptez-vous faire pour le logement social et comment cela va évoluer dans nos quartiers ?

    Marc Pena : Nous allons commencer par appliquer la loi SRU. Aix est très loin du compte et paie des pénalités car elle ne respecte pas la loi SRU, qui est une boussole. Je mettrais tout en œuvre pour que l’on puisse atteindre les objectifs de celle-ci. Cela signifie construire, qui est un vrai sujet alors que nous avons un foncier très cher, avec des promoteurs qui préfèrent investir dans des résidences secondaires plutôt que dans du logement social.

    Ce n’est pas si facile, mais il y a un chemin. Chaque fois qu’il y a un projet immobilier, la mairie aujourd’hui, à partir de 1 000m2, à l’obligation de mettre proportionnellement le même nombre de logement social. L’obligation était à 2 000m2 au début du mandat de Maryse Joissains. Mais nous étions les premiers dans l’opposition, que nous représentons, à dire que vis-à-vis des autres villes, nous n’étions pas dans la norme. Finalement, la majorité est descendue à 1 000m2. Mais on peut aller plus loin. On pourrait envisager de construire des logements sociaux dès 500m2.

    Se pose ensuite la question d’où et de comment. L’erreur à ne pas faire, est de concentrer les logements sociaux en un seul endroit. Il faut qu’ils puissent être de partout dans la ville, et pas seulement à Encagnane, qui supporte l’essentiel des logements sociaux. Ailleurs, nous n’avons pas assez de logements sociaux. Il y a entre sept et dix ans d’attente à Aix, pour un logement social. On a le temps de changer de vie avant d’en avoir un.

    Je le dis aussi, il y a un clientélisme éhonté, il n’y a aucune transparence en ce qui concerne l’attribution des logements, ce sont des éléments fondamentaux qu’il faut changer. Nous proposons des procédures claires, transparentes, dans ce domaine. Au-delà de la construction, il y a les conditions d’habitat, et le lieu. Ce qui est dramatique à Aix, c’est qu’en plus d’avoir un manque de logement social, celui que nous avons n’est pas un logement pour les plus vulnérables, les plus précaires : ce n’est pas le logement social très social.

    Si Sophie Joissains était reconduite, j’ai peur que ce manque soit encore plus important, puisqu’on a privatisé le parc social de logements qui appartenait à Pays d’Aix Habitat. ça a été donné à Famille & Provence, ce sont plus de 700 millions d’euros de mètres carrés d’immobilier qui a été donné au privé. Ce que je vois, c’est un bailleur qui ne fait pas dans le social : il achète, rénove, revend, et n’est pas dans la philosophie générale de ce que nous proposons. Il y aura aussi à retrouver une organisation des bailleurs sociaux publics, sur lesquels on peut agir.

    Céline Urbaniak : On est en train d’entrer dans le piège du surtourisme en ce qui concerne le logement en centre-ville, essentiel pour les étudiants et les jeunes travailleurs. Comment sortir de ce piège-là ?

    Marc Pena : On entend continuellement la municipalité actuelle se réjouir du développement du tourisme depuis quelques années et se forme une communication autour d’Aix comme étant la ville la plus visitée, la plus belle du monde… Puis on joue de ses atouts, l’été, les festivals de musique, etc. Or, ce surtourisme à des conséquences négatives.

    Sur un plan économique, il y a des retombées qui pourraient apparaître être positives pour les commerces, c’est à discuter. Parce que dans ce surtourisme il arrive des cars entiers de touristes qui viennent, qui prennent un bout de lavande, qui ne savent pas s’ils sont à Rome, Florence, ou Aix à ce moment-là et qui consomment rapidement. Il y a des questions à se poser même pour les gens liés directement au tourisme. Je connais des cafetiers qui dès qu’il y a des événements comme l’Iron Man, ferment, plutôt que d’avoir des problèmes.

    Il y a à s’interroger sur ce qu’on appelle l’attractivité d’Aix et cette politique du surtourisme, qui conduit indirectement ou directement à un fléau, celui des Airbnb. C’est une manière de capter, d’enlever des logements au marché privé classique qui permettrait à des jeunes de se loger. La Ville ne fait rien, rien en termes de Airbnb.

    Pendant le Covid, les étudiants, quand ils le pouvaient, sont partis, le centre-ville était vide : il n’y a pas de familles, peu de gens qui ont une vie banale de tous les jours. Ça pose la question de ce que l’on entend par attractivité. Je ne suis pas contre, mais elle ne se limite pas aux hôtels particuliers ou la Biennale.

    L’attractivité doit concerner tous les habitants de la ville. L’enjeu de refaire venir les familles en centre-ville est difficile, il va avec celui de la commercialité, il faut retrouver des commerces de proximité, lutter contre la spéculation immobilière, arriver à trouver des loyers à des prix où les classes moyennes vont pouvoir vivre en centre-ville toute l’année me semble important. Aussi, j’espère être maire parce que j’espère que la ville ne va pas avoir la main totale sur la rénovation du quartier Faubourg. C’est une opération de spéculation immobilière qui va faire monter les prix sur le cours Sextius quand il sera rénové, provoquer une gentrification et une expulsion des classes moyennes.

    Sécurité

    Denise Tardy : à Encagnane, nous avons eu plusieurs incidents (tirs, attaque sur gendarme en civil, etc.) Comment lutter contre
    les incivilités, que faire pour la tranquillité publique, notamment dans les quartiers populaires
     ?

    Marc Pena : La sécurité est un droit fondamental, il est normal que les habitants des quartiers populaires puissent se sentir délaissés sur ce sujet-là. Je veux redire d’abord que la sécurité et la tranquillité publique sont une problématique de gauche. ça a pu être accaparé, instrumentalisé par la droite et l’extrême droite mais c’est une problématique de gauche : c’est la mère de toute liberté.

    Aujourd’hui, il y a, notamment lié au narcotrafic mais pas que cela, une délinquance qui monte en puissance, alors que faire ? La première chose que l’on veut faire, avant tout, c’est rétablir de l’humain. C’est retrouver, autrement, ce que l’on appelle la police de proximité que Nicolas Sarkozy avait jetée par-dessus bord il y a quelques années tout en disant qu’avec le karcher, il allait résoudre tous les problèmes. La police de proximité, c’est assumer un recrutement en matière de police municipale, un recrutement où la police municipale connaît le quartier dans lequel elle travaille et elle agit, et vice versa. Ce n’est pas un corps étranger qui arrive une fois puis repart. La police est présente, en tenue, et n’est pas seulement là pour faire faire du sport aux enfants. On va par ailleurs recruter à cet effet des animateurs, des moniteurs, des personnes qui vont accompagner les dispositifs qu’on va mettre en place. Encore une fois, en matière de sécurité, la police de proximité est fondamentale.

    On va recruter, sur la mandature, 80 policiers municipaux. Au début, dans la première année, une vingtaine. Ce sont des choix budgétaires que l’on va faire mais c’est indispensable. Aussi, les policiers sont des ouvriers de la sécurité, ce sont des travailleurs.

    En ce sens je me distingue de la gauche qui dit que la police tue. C’est dangereux d’expliquer que l’on rentre dans une société de conflit ouvert entre les habitants et sa police. On a aussi des dispositifs d’alerte, par exemple des bornes qui permettent d’alerter en direct la police municipale, et selon le type de sujet, travailler avec la police nationale pour une intervention immédiate et efficace dans certains cas.

    J’ai beaucoup insisté sur la sécurité dans mon meeting, où j’ai eu l’honneur de recevoir Amine Kessaci. Je pense qu’à Aix-en-Provence il y a une insuffisance. Je pense surtout que cette question de la sécurité est une question capitale pour les habitants. Il faut qu’on retrouve un sens du collectif, des responsabilités.

    Sarah Trevisiol-Peccini : Quels sont les dispositifs que vous comptez mettre en place pour améliorer la sécurité des femmes dans l’espace public. Il serait envisageable d’ouvrir un centre d’accueil permanent et municipal pour les victimes de violences sexistes et sexuelles (VSS) ?

    Marc Pena : C’est dans le programme. On peut envisager de former des agents municipaux dans ce domaine, puisque l’accueil n’est pas un accueil ordinaire dans ces cas-là. On veut en faire une cellule qui soit celle de l’accueil, de l’humanité, et d’alerte de manière plus générale pour éviter les drames. Pour que ces femmes puissent trouver une réponse première à leur situation, souvent de grande difficulté dans ce cas-là. Je le disais au travers des transports, il y a chez la jeunesse et jeunes femmes, un sentiment d’insécurité. On va prévoir dans les bus un système d’arrêt à la demande, qui n’a l’air de rien mais peut permettre en cas de danger potentiel, de s’extirper rapidement et au chauffeur, d’alerter sur le problème. On va faire une pédagogie autour de ces questions de façon très forte. C’est un sujet global, national, de société et touche toutes les catégories, et Aix-en-Provence doit être exemplaire en la matière.

    Transport

    Lionel Nari : Au sujet de la desserte des Milles et du Pôle d’activités de la Duranne, les élus métropolitains ont voté un nouveau Bus à haut niveau de service (BHNS). Ne serait-il pas mieux d’exploiter la voie ferrée Rognac-Aix ? Pour éviter 5 ans de travaux et coûter moins cher à la collectivité ?

    Marc Pena : Cette municipalité n’a rien compris aux enjeux des transports sur son territoire et de manière générale, n’a rien compris à ce qu’il se passait aux Milles. Elle nous propose une desserte par BHNS au moins pour 2030, plutôt pour 2035 selon moi. Une desserte qui est en fait un vieux projet qui revient. C’est une ligne droite qui va à un endroit et qui en revient, sans desservir l’ensemble du pôle d’activité, ni les autres quartiers. On se demande comment on met tant d’argent pour desservir la Duranne, qui doit l’être, mais c’est tout puisque les salariés qui travaillent sur le Pôle d’activité viennent de partout : et ils sont loin d’être tous aixois.

    Je suis un fervent partisan du ferroviaire, et il y a des années que des associations, des collectifs, parfois des responsables politiques ont montré et démontré que cette ligne ferroviaire desservirait bien mieux l’ensemble du territoire métropolitain et qu’elle était une solution plus accessible que les BHNS. Il faut que cette ligne ferroviaire soit rapidement utilisée car dans quelques années, elle risque d’être réellement détériorée. C’est le moment d’agir dessus. Avec les progrès que nous avons faits, nous pouvons avoir des trains qui ne soient pas trop lourds, ne demandent pas à ce que toute la ligne soit à refaire, et où l’on puisse être opérationnels rapidement. Nous allons évidemment, si nous sommes aux affaires, proposer et essayer d’entraîner un changement dans la politique métropolitaine en la matière, en obtenant que si l’on a des financements, ils doivent d’abord revenir au ferroviaire. Le tracé de la ligne Aix-Rognac permet de desservir très largement toute cette zone autour des Milles et au-delà. Je suis convaincu, avec d’autres communes peut-être, que l’on peut agir si nous la demandons. Le BHNS encore une fois ne dessert qu’une partie des Aixois, est relativement restreint, en plus avec un débit en termes de fréquence et de desserte qui ne serait de toute façon pas satisfaisant. Il faut véritablement changer de politique sur les transports.

    Lionel Nari : Il ne serait pas temps de fusionner la régie des transports métropolitains pour récupérer toutes les activités interurbaines et urbaines afin d’arrêter la casse sociale des salariés des transports qui subissent les logiques des entreprises privées ?

    Marc Pena : Quand on est candidat aux municipales, dans le meilleur des cas, on aborde la question du transport dans sa généralité. On oublie parfois ceux qui travaillent dans ces entreprises, les salariés. Là où je vous rejoins : le bilan de la concurrence (européenne) après 25 ans est très mauvais. Autrefois, il y avait un lien entre les chauffeurs et les usagers. Aujourd’hui, c’est totalement anonyme, c’est une entreprise commerciale, ils vous parleraient en anglais, vous trouveriez ça normal. On a un vrai sujet et surtout, les salaires sont extrêmement faibles. Une municipalité ne peut pas s’occuper de tout, mais ce n’est pas une fatalité de n’avoir que des délégataires de service public. Aussi, ceux que l’on connaît à Marseille au niveau de la RTM, on pourrait le développer beaucoup plus au niveau métropolitain. Si une ville comme Aix dit ses besoins en ce domaine, porte ce type de projet, ça pourrait avoir un écho et un effet pour les autres communes qui joueront le jeu. C’est un enjeu social, sociétal, un enjeu économique en matière de transport, un enjeu de santé publique aussi, puisqu’on se retrouve souvent dans des embouteillages monstres. Il faut changer la donne. Une commune ne va pas transformer la société mais elle peut changer la ville et améliorer largement la qualité de vie des citoyens et de ceux qui ont l’honneur de faire ce métier-là.

    Marc Barrieu : Est-ce que l’on peut avancer vers la gratuité totale des transports ?

    Marc Pena : Oui, dans le programme il y a l’objectif d’avancer, au cours du mandat, vers la gratuité. Le droit de se déplacer est un droit fondamental. Il implique pouvoir aller à son travail, aux enfants d’aller faire des activités sportives et culturelles, aux personnes âgées de trouver des moyens de transport qui leur correspondent… Dans la société d’aujourd’hui, c’est un impératif. Si on doit penser à une gratuité, il faut peut-être aussi la penser à une échelle métropolitaine. C’est difficile, mais c’est un rapport de force politique et c’est là qu’on revient à ces élections. Si dans un rapport de force politique à la Métropole nous avons une majorité, on pourra changer de politique y compris dans ce domaine.

    Santé

    Marc Barrieu : Si vous êtes élu maire vous siégerez au conseil d’administration de l’hôpital. L’offre de santé, Montperrin incluse, est mise en concurrence avec les cliniques qui se rassemblent dans l’hôpital privé. Quelle sera votre action sur la matière ?

    Marc Pena : L’action de nos communes sur les soucis de santé publique existe, même à une échelle modeste. C’est une politique nationale, d’ensemble de santé publique, qui fait l’état de l’hôpital public aujourd’hui. Il reste à l’hôpital public tout ce qu’il n’est pas rentable mais tout ce qui est essentiel, pourtant. Derrière cette crise-là, ce n’est pas qu’une crise conjoncturelle de concurrence, mais l’idée d’une certaine politique d’affaiblir tellement le service public que finalement la santé ne serait plus publique, mais réservée à la catégorie de citoyens qui peuvent se la payer, et donc on a là un vrai sujet. L’hôpital public d’Aix-en-Provence est aujourd’hui défavorisé par rapport à ce qu’il se passe dans le privé. Axium va s’étendre énormément. Et la commune va siéger dans le conseil stratégique de l’hôpital. C’est là où elle peut faire valoir ses besoins, c’est là où elle peut non pas contrecarrer à elle seule toutes les politiques de santé publique en la matière, mais où elle peut dire ses besoins, être aux côtés des salariés de l’hôpital public et donc, peser sur les décisions prises.

    Je pense qu’à Aix, il est très important de défendre cet hôpital. L’hôpital de Montperrin, est un symbole, un hôpital ouvert sur la cité, ce n’est pas un hôpital de l’enfermement global. Aujourd’hui avec le peu de moyens qui lui reste, toute cette philosophie de prise en compte autrement se perd de plus en plus. Aussi, autour de Montperrin, il y a beaucoup de foncier, qui a déjà été grignoté, et c’est directement visé. Pas pour faire des logements sociaux, je vous assure ! Si on pouvait ou le faire disparaître, ou le restreindre au minimum, on le ferait. Alors qu’il y a une crise de la psychiatrie en France.

    Jeunesse

    Céline Urbaniak : Quel peut-être le rôle d’une équipe municipale dans une ville étudiante pour qu’on lutte mieux contre la précarité étudiante et que ce qui peut être proposé par la ville soit plus lisible, plus accessible, pour que les étudiants puissent étudier, puisqu’ils viennent pour ça.

    Marc Pena : En ce moment, on perd 5 000 étudiants chaque année. Ils choisissent Montpellier, l’académie de Nice, Grenoble ou Lyon, car à Aix, le loyer et la vie quotidienne sont trop chers. Les étudiants qui vont pouvoir être intéressés par des hauts niveaux de formation, de Master, vont faire un arbitrage qui n’est pas en faveur de notre région. Si on continue comme ça, on va continuer à perdre des étudiants. De ce point de vue là, ce devrait être un enjeu fondamental pour les pouvoirs publics, pour ceux qui ont fait l’Université unique qui avait pour but d’attirer le plus d’étudiants et de compétences possibles. Aujourd’hui, dans l’environnement qui est celui d’Aix ce n’est plus le cas.

    Le mot précarité, pour les étudiants, commence à être usé. C’est pire que ça. Aujourd’hui, les étudiants sont pauvres. C’est un sujet encore plus important. Ils pourraient, pour un certain nombre d’entre eux, être classés parmi les 10 millions de pauvres dans notre pays. On est pauvre quand on diffère les soins et la santé : les étudiants ne peuvent même pas avancer l’argent. Ils vont donc ne pas se soigner. Vous savez les problèmes de santé publique que ça va entraîner, globalement, et évidemment sur la santé de notre jeunesse. Au moment de l’âge de la vie où l’on s’émancipe, c’est d’une tristesse infinie de voir cela. On a tout de même réussi à obtenir le repas au Crous à un euro à l’Assemblée, qui était depuis très longtemps une revendication des associations étudiantes et des partis de gauche de manière générale. Il devrait permettre à nos étudiants de ne plus différer leurs repas.

    Sarah Trevisiol-Peccini : Que comptez-vous mettre en place pour faciliter l’accès à la culture pour les jeunes et les enfants, mais aussi aux étudiants et étudiantes, la jeunesse en général ?

    Marc Pena : À ce sujet, il y a beaucoup de choses à dire. Vous avez, par exemple, le Théâtre du Bois de l’Aulne, une programmation remarquable, des spectacles gratuits, possibles, même s’il faut réserver à l’avance. En même temps, s’il y a de quoi se nourrir en termes de culture, les habitants du quartier n’y vont pas. Cela signifie que pour eux, cela reste un corps étranger et qu’une politique de fond n’est pas menée. Je pense que la culture commence très tôt. Par exemple, nous avons de grandes ambitions pour le périscolaire : je l’ai redit en meeting il n’y a pas si longtemps. On a notamment l’éveil à la culture dans ce plan, en lien avec le Conservatoire, pour la maîtrise d’un instrument de musique par exemple. Il y a le besoin très tôt d’installer la culture comme un élément essentiel de développement individuel et collectif, de développement pour l’individu dans son ensemble. Ensuite, il faut qu’il y ait une offre culturelle qui corresponde aux catégories, aux besoins de cette jeunesse-là. Si elle va au festival d’Arts Lyriques immédiatement, c’est très bien. Mais on n’a pas de réseau d’activité culturelle, de spectacle, dans lequel les étudiants se reconnaîtraient et participeraient. Les étudiants, même s’ils ne restent que quelques années à Aix, doivent être associés à la ville. Ça implique de concevoir différemment les étudiants dans la ville. On a un vrai sujet. J’ai un plan jeunesse qui va de la crèche, jusqu’au périscolaire et jusqu’à l’enseignement supérieur, qui fasse en sorte que les étudiants n’aient pas que des nourritures terrestres mais aussi des nourritures spirituelles. Pour cela, il faut s’appuyer sur les organisations étudiantes, parce que la mairie actuelle a créé un conseil étudiant, mais pour 80%, ce sont des clones de la majorité. Ils ne sont pas très reconnaissants, j’en vois beaucoup faire campagne pour Philippe Klein.

    Sarah Trevisiol-Peccini : Comment aider les petits commerces de proximité liés à la culture face aux grandes chaînes de magasin ?

    Marc Pena : Aujourd’hui, vous n’avez plus qu’une seule librairie, c’est Goulard. Sur ma liste, il y aura un monsieur qui s’appelle Jean-Michel Durafour. Il vit à Aix et travaille aux presses universitaires d’Aix-Marseille. Il avait créé, avec son épouse, une librairie qui s’appelait le Lagon Noir, avec BD, romans policiers, dans une rue qui n’est pas dans le centre immédiat. Or, elle a dû fermer. Il a plusieurs fois écrit à la mairie pour le minimum de subventions qui l’auraient aidé dans son entreprise, il n’est jamais rentré dans les réseaux de cette mairie et n’a jamais obtenu quoi que ce soit. Il y avait aussi un système d’arrêt ponctuel en voiture, rester un quart d’heure, une demi-heure, pour acheter ses livres, discuter avec le libraire et repartir. Cela, sans explication, a été supprimé par la mairie. Finalement, comme c’est périphérique et qu’on ne peut plus y aller, les gens ont fini par ne plus y aller. Il a dû fermer [en novembre, Ndlr.]. Là-dessus, la mairie peut avoir un droit de préemption commerciale. Sous la pression de l’opposition, la mairie d’Aix l’a mis en place mais n’en fait pas grande chose. Ce droit permet à la commune de décider globalement du type de commerce qu’elle veut dans sa commune, et du type de commerce qui correspond à ses quartiers ou son centre-ville. Ce sont des choix qui peuvent être faits, des accompagnements qui peuvent être donnés… Nous, nous serons une commune à l’écoute de ce type d’initiatives, nous les accompagnerons aussi.

  • À Apt, Céline Celce a inauguré son local

    À Apt, Céline Celce a inauguré son local

    Près de 200 personnes se sont rassemblées au 30, place de la Bouquerie, à l’entrée du centre-ville d’Apt, pour l’inauguration du local de campagne de Céline Celce (Génération. s), jeudi dernier. Dans un contexte local « marqué par la fragilisation des services publics, la dégradation du logement ainsi que par une baisse démographique et un déclin du centre-ville », la candidate d’union de la gauche affiche 4 priorités : la santé (création d’une maison médicale et d’une mutuelle municipale), le logement (permis de louer et guichet unique de l’habitat) le dynamisme du centre-ville (une rue de l’artisanat, boutique éphémère, rénovation des logements) et la sécurité (brigade de tranquillité publique).

    F.C.

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Sophie Joissains

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Sophie Joissains

    Municipales, Aix, logement, sécurité, proximité, programme…

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  • Une micro-crèche privée fermée pour moisissures

    Une micro-crèche privée fermée pour moisissures

    Facture salée et potentielle mise en danger des minots dans la micro-crèche Zola, dans le 9e arrondissement de Marseille, appartenant au groupe privé lucratif bien connu dans la ville, Youbee For Kids.

    L’établissement du quartier de Mazargues, accueillant plus d’une dizaine de bambins, a été fermé, pour une durée de 4 mois, suite à un arrêté pris par le Département des Bouches-du-Rhône, le 10 février. Et les causes de la prise de cet arrêté se passent de commentaires. Il relève « la présence importante de taches d’humidité qui remontent sur les murs dans les pièces de vie des enfants ». Mais aussi « que la peinture s’écaille et les morceaux tombent au sol à portée des enfants » et que « le linoléum au sol est taché de traces de moisissures sur son intégralité ». Cerise sur le gâteau : « La VMC et la climatisation sont encrassées ; la structure manque d’aération. » En bref, pas vraiment un environnement sain pour les minots de cette micro-crèche, puisque l’arrêté conclut qu’il existe une « dégradation importante des conditions d’accueil, depuis le mois de juillet 2025, qui compromettent la santé et la sécurité des enfants ». Et de considérer que « les faits évoqués et l’urgence sont de nature à justifier la fermeture immédiate et provisoire de l’établissement ».

    L’arrêté départemental s’appuie notamment sur deux visites de contrôle. Une première en juillet 2025 à la suite de laquelle « le gestionnaire n’a pas répondu aux demandes de la PMI [Protection maternelle et infantile, service du Département Ndlr]. La seconde visite a été réalisée le 29 janvier, « suite à la transmission d’éléments relevant des événements indésirables graves ».

    Procès avec le propriétaire ?

    Contacté, Pierre Comboroure, co-fondateur de YouBee For Kids, renvoie la responsabilité vers le propriétaire du bâtiment et explique « subir de nombreuses malfaçons » : « Nous sommes en procès avec le propriétaire depuis 2 ans pour qu’il effectue les démarches et les travaux nécessaires pour résoudre ce problème d’humidité constaté peu après l’ouverture. »

    Un problème d’humidité dont il dit ignorer l’origine, mais « vraisemblablement extérieur à notre périmètre ». Pierre Comboroure affirme également avoir joué la transparence avec les familles qui auraient apporté « un soutien unanime » à l’entreprise. « Toutes les familles étaient informées, depuis le début, de cette situation. Notre priorité a été de pouvoir proposer des solutions pour un maximum de familles. Sept d’entre elles ont pu bénéficier d’une place dans d’autres établissements. D’autres nous ont annoncé pouvoir s’organiser grâce à la période de vacances scolaires », développe-t-il. Du reste, l’entreprise assure « utiliser au contraire cette période de fermeture forcée pour réaliser tous les travaux pour leur compte ».

  • À Aubagne, Gérard Gazay fixe ses grandes priorités

    À Aubagne, Gérard Gazay fixe ses grandes priorités

    « Vous pensez que si nous n’avions pas attiré l’hôpital, le commissariat, l’école d’ingénieurs, ils seraient venus ici ? Moi, je ne le pense pas. Cela s’est construit depuis le premier mandat, et voilà les résultats que nous avons », se félicite Gérard Gazay, vendredi, à l’Espace des libertés. Ces trois projets font partie des « projets engagés », qu’il s’engage à livrer s’il est élu. Le 4e est le musée de la céramique, qui s’installera dans la Villa Barthélémy. « Nous signons avec le propriétaire dans quelques jours », annonce-t-il.

    En début de soirée, le candidat de la liste « Passion Aubagne » a expliqué que le programme présenté était le fruit d’ateliers avec la population, menés de septembre à décembre, des 500 contributions reçues sur un site dédié, et celles des élus de son équipe.

    De 200 à 400 caméras

    Les « fondations » du programme s’appuient sur « trois fondamentaux à consolider » Le maire sortant énumère : « Une fiscalité stable avec 0% d’augmentation des taux communaux, le maintien de la gratuité des transports en commun ». Sans surprise, il déclare que « la sécurité est un de nos piliers. En 12 ans, la délinquance de proximité a baissé de 47%. Lorsque nous sommes arrivés [en 2014, Ndlr.], il y avait zéro caméra. Aujourd’hui, il y en a 200 ». Et le candidat veut les porter à 400 « pour annihiler tous les endroits où la délinquance pourrait se développer ». Interrogé à ce sujet, il déclare : « La gauche vote systématiquement contre l’extension du réseau de caméras. »

    C’est bien de ce côté-là de l’échiquier que se trouve son adversaire politique. Gérard Gazay a souvent cité la gauche, ou l’a évoquée en filigrane. Dans son programme, il écrit : « Vous êtes nombreux [les habitants d’Aubagne, Ndlr.] à exprimer vos inquiétudes face à ce que représenterait une autre orientation : retour de la dérive financière, démantèlement de la vidéoprotection, transformation de notre ville en cité. » Une allusion à la demande insistante, à gauche, de loger davantage la population, notamment la plus précaire, tant les besoins sont immenses. En matière d’urbanisme, il fixe le cap : « On construit de petits collectifs, mais pas de grands ensembles. » Il a maintenu l’idée de « créer une pension de famille », où pourraient loger les sans domicile fixe.

    Parmi ses cinq nouveaux projets, il cite « l’extension du tramway vers Marseille » qu’il avait combattu sous la gauche, « l’enfouissement des réseaux, une nouvelle maison de quartier à La Tourtelle, la création d’un itinéraire urbain reliant les trois autoroutes, et un 2e bus à haut niveau de service qui desservira le futur hôpital ».

  • [Entretien] Paul Planque : « Une bataille pour la santé et pour l’emploi industriel »

    [Entretien] Paul Planque : « Une bataille pour la santé et pour l’emploi industriel »

    La Marseillaise : Comment se déroule la campagne ?

    Paul Planque : Cela fait un an maintenant que l’on va à la rencontre des Alésiens pour entendre quelles sont leurs attentes pour la ville. Il nous semblait indispensable d’aller dans une démarche citoyenne à la rencontre de ceux qui vivent la ville au quotidien. Nous avons donc accumulé un ensemble de demandes concernant cette ville que nous avons tenté de réintroduire dans ce que l’on appellera non pas un programme, mais un projet pour la ville car cette démarche, nous souhaitons la poursuivre, y compris dans la gestion à venir de la ville.

    Quels sont les thèmes que vous portez dans cette campagne ?

    P.P. : Il y a d’abord la santé car 7 000 Alésiens sont sans médecin traitant. Ensuite, il y a la question de la jeunesse et de la réussite éducative. C’est un domaine dont la municipalité actuelle s’est totalement désengagée puisqu’elle privilégie une population âgée. C’est légitime de s’occuper des personnes âgées mais ça ne peut pas se faire au détriment de l’avenir d’Alès qui est sa jeunesse. Aujourd’hui, il n’y a plus de maisons de quartier, il y a une maison de la jeunesse qui est très mal placée par rapport aux besoins réels de la jeunesse. Nous avons aussi travaillé sur l’emploi pour que cette jeunesse reste travailler à Alès après ses études. Le nombre d’emplois industriels a été divisé par dix et il y a une bataille à mener pour recréer de l’emploi industriel. Notre préoccupation est aussi de redynamiser le centre-ville, ce qui passe par la revalorisation du pouvoir d’achat des Alésiens.

    Alès est aussi une ville fracturée. Comment comptez-vous reconnecter tous les quartiers de la ville ?

    P.P. : Il y a un problème de communication entre le centre-ville et certains quartiers comme ceux du Prés-Saint-Jean, de Clavières ou des Cévennes. Mais il y a aussi un problème de communication des quartiers entre eux. Quand j’habite la Prairie, pourquoi je ne peux pas aller directement à Tamaris ? Aujourd’hui, il y a des navettes qui tournent comme des guêpes autour du centre-ville et dont la population regrette qu’elles ne viennent pas dans leur quartier.

    Pourquoi l’union avec Basile Imbert (PS) n’a pas été possible ?

    P.P. : J’ai encore relancé nos camarades du PS et des Écologistes la semaine dernière mais j’ai reçu une fin de non-recevoir de la part de Basile Imbert. Nous avons aussi appris que l’ancien secrétaire de la section alésienne du PS, Christophe Clauzel, était sur la liste de Rivenq. Est-ce inéluctable sur Alès que le PS finisse toujours à droite ? C’était le cas avec Christian Chambon, maintenant avec Clauzel, qu’adviendra-t-il de Christiane Thomas ? Aujourd’hui j’ai plus envie de m’adresser aux électeurs socialistes qu’à leurs dirigeants. Le 15 mars, le vote utile, c’est nous. Mais je ne doute pas qu’on retrouve avec les socialistes au second tour.

  • Gaby Charroux face à la presse

    Gaby Charroux face à la presse

    La candidaturE

    Norhène Ouerfelli : C’est une liste citoyenne, avec 50% de renouvellement, que vous proposez ?

    Gaby Charroux : La liste est diverse, citoyenne, comme elle l’a toujours été. C’est drôle d’entendre le contraire, alors Paul Lombard avait décidé, en 1989, que la majorité communiste et socialiste allait s’ouvrir aux citoyens, dont je faisais partie par mes engagements professionnels et associatifs sportifs. C’est une liste citoyenne avec des gens du PCF, du PS, de Génération écologie et de Place publique, et des gens sans engagement politique. Ils sont à mon image : ils n’ont pas de dogme et prennent des décisions dans l’intérêt des Martégaux. Par exemple, je défends dans le même temps la clinique privée et l’hôpital, car on a besoin de ces médecins et chirurgiens dans ces deux pôles, avec les deux maisons de santé.

    Norhène Ouerfelli : Vous parlez souvent du bouclier martégal. De quoi s’agit-il concrètement ?

    G.C. : Ce sont toutes les actions sociales portées par la municipalité, comme le maintien à domicile avec portage de repas, ou le développement des foyers avec un cinquième ouvert au début du mandat, par exemple. Ce sont toutes les crèches municipales. C’est les gratuités, le prix du repas à la cantine de 2,30 euros, les colonies de vacances… Nous avons calculé une moyenne 400 euros de dépenses en moins par mois et par famille. Les centres d’initiation sportive, gratuits, permettent aux plus jeunes de découvrir le sport, dès 2 ans avec des activités adaptées, sans oublier l’inclusion des enfants handicapés. L’accès à la culture aussi, au conservatoire Picasso, où l’on peut apprendre un instrument jusqu’à 12 ans gratuitement.

    Philippe Boccara : Quelle est votre stratégie de succession ?

    G.C. : Ma seule stratégie est d’être au service de l’intérêt général des habitants de ma ville. Vous me voyez me présenter aux électeurs pour passer la main dans six mois, un an ? Les accidents de la vie, Il y en a pour tout le monde, tout peut arriver. Moi, j’ai la forme et la santé. On verra la suite en avançant. Ça fait 10 ans que je regarde autour de moi pour savoir qui pourra être là 24h sur 24, comme moi, et j’ai des idées. Des échéances électorales vont venir, comme les législatives au moins dans 2 ans, Pierre [Dharréville] sera notre candidat sans aucun doute et j’espère qu’on regagnera cette circonscription.

    La Sémivim

    Philippe Boccara : L’affaire de la Sémivim (Société d’économie mixte immobilière de la Ville de Martigues) a empoisonné votre mandat. Aujourd’hui, vous êtes encore mis en examen ?

    G.C. : Je rappelle qu’il s’agit d’une mise en examen seulement au motif de favoritisme. La corruption, l’enrichissement ou tout autre sujet ont été éliminés. Je remarque aussi qu’on parle de l’affaire Sémivim, alors que la victime, c’est la Sémivim ! Car des personnes ont considéré qu’elles pouvaient détourner de l’argent par le lien établi entre des agents et des entreprises, auxquelles elles ont fait croire que, pour bénéficier de marchés, il fallait les intéresser. La mise en examen repose essentiellement sur les fonctions occupées alors par quelques élus, membres de la CAO [commission d’appel d’offres], et moi en tant que président directeur général, à ce moment-là. Et aucun élu, ni moi, sommes concernés par la corruption ou la prise illégale d’intérêts. Nous sommes aujourd’hui partie civile. Nous avons été reconnus comme victime, également la Ville et la Sémivim.

    Léo Purguette : Est-ce que cela a abîmé le lien de confiance avec la population ?

    G.C. : J’ai chaque jour des preuves de la confiance que m’accorde la population. Elle a compris la réalité de cette affaire. Les entreprises ont reconnu leurs fautes et ont versé des indemnités à la Sémivim et la Ville. Le procès traitera de la corruption et je n’ai aucun lien avec ça. Sur la question qui me concerne, oui, j’étais PDG de la société, mais complètement étranger à ces agissements et je n’ai rien à me reprocher.

    La Santé

    Norhène Ouerfelli : Il est parfois difficile de trouver un médecin spécialiste aujourd’hui. Quelles mesures pour y arriver ?

    G.C. : L’accès à la santé n’est pas égalitaire pour tous aujourd’hui. J’ai l’exemple de quelqu’un qui s’est fait opérer de la cataracte par un ophtalmo à Châteauneuf, il a payé 400 euros de dépassement d’honoraires. Il peut payer, il le fait. Mais combien d’autres renoncent aux soins ? Mon obsession, c’est l’accès au droit à la santé égal pour tous.

    Thierry Bezer : Martigues est parfois vue comme un désert médical…

    G.C. : Au contraire ! Quand je vois des villes comme la nôtre et non loin sans les mêmes moyens… On a une perspective, pour l’hôpital, de mettre à disposition le foyer de l’Adret. La Chrysalide va déménager et les internes seront à 100 mètres de l’hôpital. Nous avons une politique d’acquisition de locaux commerçants pour les mettre à disposition des cabinets à loyer très bas, pas comme le privé. Il y a deux cas : un en centre-ville avec des médecins généralistes, l’autre à Croix-Sainte avec le cabinet dentaire.

    La sécurité

    Philippe Boccara : Vous proposez une brigade de police de centre-ville dans votre programme. Dans quel but ?

    G.C. : La brigade de centre-ville a pour but de remplacer la police de proximité. Les gens sont contents, même dans les quartiers, car ça vient contrecarrer les dealers. On a perdu 50 policiers nationaux depuis 15 ans. Je l’ai dit au ministre de l’Intérieur Laurent Nunez : je veux plus de police. L’Assemblée nationale travaille un projet de loi qui donnera plus de compétences à la police municipale. Ça veut dire plus de moyens humains à la charge des communes et moins pour la police nationale ? Ça donne une sécurité à deux vitesses : les villes qui peuvent donner des moyens et celles qui ne peuvent pas.

    Philippe Boccara : Et les caméras, elles fonctionnent toutes ?

    G.C. : On a 180 caméras de surveillance et 18 lectures automatiques de plaques d’immatriculation, qui ont permis de résoudre beaucoup d’affaires, et elles marchent toutes. On a des agents au central devant les caméras de 6h à 1h du matin. On est aussi exemplaires sur la prévention que sur la répression.

    Le Logement

    Norhène Ouerfelli : Martigues est au-delà du seuil légal de logements sociaux. Est-ce qu’il faut arrêter d’en construire ?

    G.C. : Nous avons 28% de logements sociaux, soit 6 000 sur les 25 000 de Martigues. Il y a 12 000 demandes, car 72% des Français sont éligibles au logement social. Sur les 12 000 demandes, 5 000 concernent des Martégaux. Faut-il arrêter de construire ? Au domaine de Manon, il y 250 logements sociaux, mélangés avec de l’accession à la propriété, du locatif à coût maîtrisé, et vous ne faites pas la différence quand vous passez devant. C’est fini les cités de 745 logements comme avant.

    Philippe Boccara : Est-ce que ça marche, les contrôles sur les ventes pour garantir que ce sont des martégaux qui achètent ?

    G.C. : Oui ça marche, on contrôle, les promoteurs doivent nous dire à qui ils vont vendre et on vérifie que ce soient des Martégaux. C’est un accord avec le promoteur. Cette préférence n’est pas contre ceux qui viennent d’ailleurs, mais contre les autres maires qui ne construisent pas les logements ! Ça explique aussi les 12 000 demandes, car les gens savent où chercher. Pas comme sur le reste la Côte bleue…

    L’industrie

    Léo Purguette : Martigues est un territoire industriel historique concerné par les projets de décarbonation. Comment faire pour accueillir les 10 000 nouveaux travailleurs qu’on nous promet ?

    G.C. : Depuis 100 ans, Martigues a une zone industrielle pétrochimique à Lavéra. Nous en sommes fiers et nous voulons préserver ce qui existe. Soit des milliers d’emplois, avec de bons salaires car les syndicats luttent. On y est attaché. La décarbonation pourra peut-être enfin réconcilier l’industrie et l’environnement. J’ai proposé une organisation de la gouvernance au Président de la République, à territoire d’exception, loi d’exception. Il l’avait acté. Même si la gouvernance n’est pas encore mise en place.

    Léo Purguette : Pour décarboner, il faut de l’électricité. Pour ou contre la ligne à très haute tension ?

    G.C. : Je suis pour, y compris pour préserver l’environnement. On peut enterrer tout ou partie, c’est toujours une question d’argent. Il faut préserver la Camargue, mais aussi la richesse du territoire.

    Léo Purguette : Martigues est aussi une terre de cinéma…

    G.C. : Le cinéma offre une opportunité extraordinaire, avec les studios d’Olivier Marchetti. Il y a un projet d’hôtel 4 étoiles de 80 chambres en cours, sur le boulevard maritime, au bord du canal, c’est acté. Accor est dessus, mais je voudrais mieux, on discute pour augmenter d’un cran.

    La Métropole

    Norhène Ouerfelli : Jusqu’où êtes-vous prêt à aller dans le bras de fer que vous avez engagé avec la Métropole ?

    G.C. : Le sujet qui fâche, c’est les ordures ménagères : c’est catastrophique. Quand on était en responsabilité, on gérait Port-de-Bouc, Saint-Mitre et Martigues, ça marchait parfaitement. Avec la Métropole, on éloigne les décideurs de la population et ça produit le résultat qu’on avait prédit. À l’automne, sur 24 bennes dédiées aux trois communes, 20 avaient besoin de réparations et ne sont pas envoyées au garage. J’en veux aux services de Martine Vassal qui ne nous entendent pas quand ça va mal. On a dû suppléer et engager de nouvelles équipes à la propreté urbaine de Martigues. C’est la multi-peine ! J’ai demandé qu’on nous rende la compétence, les trois communes sont d’accord. La réponse, c’est « on peut pas c’est la loi ». Il y a une autre solution, nous rendre seulement l’organisation locale. Peut-être peut-on arriver à faire changer la loi avec la grande ville centrale, Marseille.

    Léo Purguette : Vous avez été candidat à la présidence de la Métropole. Le serez-vous encore ?

    G.C. : Je ne crois pas que je serai candidat. On n’en est pas là, on prépare des municipales, on verra ce qui en ressort, car la seule Ville de Marseille n’a pas la majorité à la Métropole. C’est un enjeu très important sur l’eau et l’assainissement, aujourd’hui, on voit l’alignement du prix alors qu’on avait les plus bas du département et tout le bénéfice était réinvesti. Les partages de subventions devraient être équitables pour tous. Ça n’est pas le cas.

    L’étang de Berre

    Antonin Maja : Vous avez soutenu le classement de l’étang de Berre à l’Unesco. Quelle est la suite ?

    Gaby Charroux : L’étang de Berre est le cœur de notre métropole et de notre département. La candidature à l’Unesco a réveillé tout le monde. On n’a pas réussi, mais l’essentiel est de sauver l’étang et poursuivre sa réhabilitation, pour la pêche ou le tourisme. On a besoin de rouvrir le tunnel du Rove, mais surtout de la dérivation de l’eau de la Durance, qui ne va pas coûter 16 millions, mais 2 milliards d’euros. Il faut que la Région aide quand elle aura fini de financer les JO. Je suis pour, en tant que passionné de sport.

    La presse

    Léo Purguette, président et directeur éditorial – La Marseillaise

    Norhène Ouerfelli, journaliste – Maritima

    Philippe Boccara, grand reporter – Ici Provence

    Thierry Bezer, journaliste – France 3

    Antonin Maja, journaliste – La Marseillaise

  • Le pilonnage des points de deal se poursuit à Marseille

    Le pilonnage des points de deal se poursuit à Marseille

    Les narcotrafiquants ne tiendront pas les cités marseillaises. » Le message envoyé par le préfet de département, Jacques Witkowski, et la préfète de police déléguée, Corinne Simon, se veut limpide. Après une première frappe anti-narco simultanée le 9 décembre, une nouvelle opération de pilonnage a été organisée, ce mardi 11 février, sur dix points de deal de la ville.

    Pas moins de 250 policiers locaux et 10 compagnies républicaines de sécurité octroyées par le ministre de l’Intérieur, soit plus de 1 000 policiers au total, ont été mobilisés. Leur mission : surveiller, donner l’assaut, occuper le terrain, interpeller les trafiquants et verbaliser les consommateurs.

    Ce dispositif a permis d’interpeller 76 personnes, indique la préfecture dans son bilan, ce mercredi 11 février. Et 95 autres ont fait l’objet d’une amende forfaitaire délictuelle (AFD) pour consommation de stupéfiants. À noter que cette verbalisation, d’un montant de 200 euros, a été présentée par le président de la République comme une des solutions de lutte contre le narcotrafic. Il souhaite d’ailleurs la porter à 500 euros, alors même que la Défenseure des droits avait constaté dès 2023 que l’AFD portait atteinte aux droits de la défense et à l’accès à un juge.

    Des saisies ont également été réalisées : près de 56 000 euros, dont une partie en lien avec une affaire judiciaire, 31 kg de cannabis, 1,4 kg de cocaïne, une arme de poing, quatre armes blanches et trois véhicules. Dans une cité, la présence des CRS a également permis d’interpeller l’auteur d’un coup de couteau, précise-t-elle. Préfet de département et préfète de police déléguée se sont par ailleurs rendus, mardi, dans deux des dix cités ciblées, Kallisté (15e) et La Castellane (15e).

    Un outil supplémentaire

    « Renouvelées régulièrement, ces opérations sont un outil supplémentaire au travail quotidien réalisé par les effectifs locaux », estiment-ils. Cette stratégie de pilonnage ayant été mise en place par la préfecture de police des Bouches-du-Rhône d’alors, en janvier 2021. La lutte contre le narcotrafic se déploie « à tous les étages » rappellent-ils avec, outre ce genre d’opération, le travail de voie publique, le judiciaire et l’application de la loi narcotrafic.

    Pour mémoire, la précédente opération, qui avait engagé le 9 décembre quelque 1 500 agents, tous services de police confondus, sur quinze points de deal, avait permis de saisir 7 kg de résine de cannabis pour 114 personnes interpellées et 82 garde à vue, de dresser 61 AFD pour consommation de stupéfiants et de prononcer 33 interdictions administratives de paraître. Lors de contrôle dans les commerces, 118 kg de tabac de contrebande avaient été découverts, une arme de poing neutralisée et 10 infractions relevées.

    « Partout où les trafiquants tentent de s’approprier le territoire, ils trouveront une farouche et indéfectible présence de l’État », a prévenu le préfet. Lors d’un bilan des actions de l’État pour l’année 2025, le 4 février, aux côtés du procureur, de responsables de la police, de la gendarmerie et de la douane, il avait tenu à afficher un front commun face au narcotrafic, se félicitant d’avoir obtenu des résultats en jouant collectif, chacun faisant jouer ses compétences. Il rappelait que le nombre de personnes interpellées, à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône, avait augmenté par rapport à l’an dernier, respectivement de 14,2% et 11%, les points de deal avaient eux diminué de moitié : de 181 en 2021 à 89 à Marseille, et de 222 à 114 dans le département.

    Au-delà de ce vaste volet répressif, la préfète de police déléguée a également lancé, vendredi, des assises de la prévention pour éviter que les jeunes ne tombent dans les réseaux.

  • Rémi Esnault présente liste et programme à Fos-sur-Mer

    Rémi Esnault présente liste et programme à Fos-sur-Mer

    C’est faire d’une pierre deux coups. Mardi soir, le théâtre Jean-Hetsch de Fos-sur-Mer s’est rempli pour l’annonce du programme et de la liste de Rémi Esnault (DVG), candidat présenté comme le successeur du maire René Raimondi. Près de 80 mesures en 12 points sont avancées par le chef de file de la liste « Notre Fos », accompagné de 34 colistiers, avec un fort renouvellement par rapport à 2020.

    De nouveaux visages à l’image de Romain Trolliet, connu pour son engagement à la CGT sur le golfe de Fos. « Le renouveau de l’équipe donne un nouvel élan, avec des jeunes comme moi au sens politique », estime le candidat, soulignant tout de même qu’« on ne pourrait pas avancer sans le socle solide laissé par les élus d’avant, qui savent comment gérer la ville et honorer nos engagements ».

    Les engagements seront nombreux. Les trois priorités de Rémi Esnault sont la sécurité, la santé et le pouvoir d’achat. « Nous avons un policier pour 380 habitants, mais il nous faut une police municipale plus forte. Nous créerons un nouveau central de police municipale et un poste mobile sur les événements et les plages pour assurer la sécurité au plus près », annonce le candidat.

    Un complexe médical

    « Il n’y a pas une ville où on n’en parle pas, mais nous, on peut le faire », assure Rémi Esnault au sujet de son projet de complexe médial pluridisciplinaire aux Vallins. Le projet serait même « déjà entamé ». Dans la même thématique, Monique Potin, cheffe d’entreprise, défend la création d’une plateforme de répit pour les aidants : « Pour les patients d’Alzheimer ou de maladies chroniques qui veulent rester chez eux, la plateforme permet de donner du répit à l’aidant. On prend en charge le malade la journée pour que l’aidant puissent avoir des loisirs. »

    Concernant le pouvoir d’achat, le candidat Cédric Carian, commerçant, revient sur les chèques proposés par la Ville : « Pour aider le porte-monnaie des familles et dynamiser le commerce local, on veut aller plus loin avec deux nouveaux chèques de 100 euros, un pour le sport car les clubs coûtent vite cher, et un pour la culture, le cinéma ou le théâtre. » Rémi Esnault complète ce volet en mentionnant une autre mesure phare : « Notre cantine de qualité, déjà accompagnée par le pass restauration, passera à 0,50 euro pour tous les enfants, quels que soient les revenus des parents, et le prix du temps périscolaire sera réduit de moitié. »

    Sur le terrain social, Rachel Tarantino annonce l’implantation d’une ressourcerie à la Mériquette. « Un lieu de rencontre et d’échanges qui permet de donner », afin de favoriser « une économie circulaire et la réinsertion de personnes éloignées de l’emploi depuis longtemps », complète-t-elle.

    Parmi les autres annonces figurent un complexe aqualudique, un lycée industriel, trois nouvelles plages, un festival de musique et de nouveaux loisirs à Parsemain. Un programme « budgétisé et planifié », affirme le candidat au fauteuil de maire.

  • Élections municipales : une jeunesse à rebours des idées reçues

    Élections municipales : une jeunesse à rebours des idées reçues

    Des jeunes avec des idées, prêts à aller aux urnes pour peu qu’on s’intéresse à eux. Selon les conclusions de l’enquête lancée par Aix-Marseille Université (AMU) avec le concours de la Fondation Jean-Jaurès et de l’Ifop, présentées mardi 10 février, 67% des étudiants se déclarent engagés, mais seulement 44% ont l’intention d’aller voter pour les élections municipales.

    Menée du 24 novembre au 22 décembre par le biais d’un questionnaire envoyé par courriel ou un QR code mis à disposition, sur un échantillon de 5 190 étudiants répartis sur dix villes, cette étude, « issue d’une démarche scientifique », insiste Éric Berton, président d’AMU, s’est intéressée à « la manière dont ils vivent leur vie d’étudiants et leur état d’esprit actuel ». « On considère qu’il y a une sorte d’invisibilité de la jeunesse, étudiante en particulier, et on voulait qu’elle soit vue et entendue, en particulier dans le cadre des élections municipales, car il nous semble qu’elles sont à une échelle concrète, qu’elles ont une réelle incidence sur la vie des étudiants dans la ville », explique-t-il.

    Le président d’AMU assumant dans nos colonnes, le 3 février, que le rôle de l’université était de « redonner le goût du vote ». En ressort le portrait d’une jeunesse « dynamique, mais aussi en colère », qui a « du mal à aller voter, mais s’il y a une offre politique correspondant à ses aspirations, elle n’est pas loin » de retourner aux urnes, résume Éric Berton. Une génération « confinée » qui a
    vécu « une succession de crises majeures », ajoute Gilles Finchelstein, secrétaire général de la Fondation Jean-Jaurès.

    Un fort sentiment de solitude

    Un jeune de 22 ans aujourd’hui a connu la crise de l’euro à 8 ans, celle des attentats à 11 ans, le Covid à 16 ans, la guerre en Ukraine à 18 ans, détaille-t-il. De quoi expliquer la priorité donnée à la santé quand 85% des étudiants jugent la thématique prioritaire pour les politiques publiques. Il y a aussi « le sentiment de solitude » : 66% de l’échantillon disant l’éprouver, « soit 20 points de plus que l’ensemble de la population », note Gilles Finchelstein, ainsi qu’un écart marqué entre « bonheur personnel et pessimisme collectif ». Pas moins de 79% des jeunes se disent heureux, 86% sont optimistes pour eux-mêmes, mais seulement 21% le sont pour l’avenir de la France, 18% pour celui du monde. Où une vie réussie, selon eux, c’est d’abord « avoir une famille heureuse » pour 58% des sondés, à égalité avec « avoir du temps libre pour profiter de la vie » suivi par « avoir de vrais amis » (51%).

    Les étudiants n’en n’oublient pas pour autant les autres : 79% d’entre eux ont apporté une aide financière directe à une personne dans le besoin, 61% ont fait un don à une association ou une fondation, 57% ont fait du bénévolat, 50% ont déjà créé ou rejoint une association. Leurs préoccupations sont diverses : droits des femmes et lutte contre le sexisme (97%), droits de l’homme (96%), environnement (95%), ou encore lutte contre le racisme (94%).

    Intéressés par l’élection présidentielle

    S’ils se sentent concernés par la chose politique, c’est au niveau national, 84% se disant intéressés par l’élection présidentielle contre 46% par les municipales. Seulement 40% des participants à l’enquête savent qu’il faut se rendre aux urnes en mars, 25% disent ne pas être inscrits sur les listes municipales, 28% envisagent l’abstention. Ce qui pourrait motiver les troupes : « Une offre politique qui correspond à [leurs] attentes » pour plus de 70% des étudiants. Au-delà de la santé qui arrive en première position, les thématiques de politiques publiques devraient porter sur la sécurité (69%), à égalité avec la lutte contre la pollution. La lutte contre le dérèglement climatique arrive en troisième position.

    Le timing pourrait aussi jouer. L’enquête ayant été réalisée en novembre et décembre dernier, « au fur et à mesure que les semaines vont passer, que la campagne va se lancer, ils vont s’y intégrer », estime Gilles Finchelstein. « Ce n’est pas une jeunesse perdue pour le vote », veut croire Éric Berton : « Aux politiques de prendre la responsabilité de faire des propositions. »

    Après cette enquête, un débat est organisé avec des représentants des candidats marseillais, mercredi 11 février, en présence d’une centaine d’étudiants.

    En chiffres

    67%

    des jeunes ayant répondu à l’enquête lancée par AMU se déclarent engagés pour une cause. Un chiffre qui monte à 70% chez les 22-24 ans, 72 chez les plus de 25 ans. Les causes défendues : l’urgence climatique, la lutte contre le sexisme ou la défense des droits humains.

    73%

    des abstentionnistes du panel de l’enquête menée par AMU déclarent qu’une offre politique correspondant à leurs attentes pourrait les faire changer d’avis.

    87%

    des étudiants de l’enquête se disent prêts à renoncer à la livraison de fast-fashion au nom d’une « conscience écologique », transformant la consommation « en levier d’action civique », estime AMU dans son analyse.