Tag: Santé

  • Scalp de fin pour la clinique Urbain V qui vient de fermer

    Scalp de fin pour la clinique Urbain V qui vient de fermer

    Hormis quelques panneaux directionnels dirigeant encore vers la polyclinique Urbain V, presque plus rien sur place ne trahit la présence de l’établissement de santé. Car après 54 ans au Pont-des-deux-Eaux, la clinique a définitivement fermé ses portes, le week-end dernier. Sur place, des plaques en bois ont été apposées sur les entrées et plus aucun panneau ne mentionne le nom de la clinique. « On a déménagé mercredi, jeudi, vendredi, fini les derniers ajustements ce week-end, et, lundi, redémarrage des activités », campe Sofien Khachremi, directeur de la clinique Fontvert à Avignon nord, où a été transférée 95% de l’activité (chirurgie digestive, gynécologie, PMA, ORL…)

    Seul subsiste, jusqu’au 15 décembre, l’activité du caisson hyperbare avant d’être déplacée au sein de l’hôpital d’Avignon. À l’origine de ce regroupement, le groupe privé Elsan, en situation de monopole sur le territoire, qui a également redirigé les douleurs chroniques à Rhône Durance et la chirurgie esthétique à Montagard. Rappelons qu’en décembre dernier déjà, la maternité d’Urbain V avait plié bagages au centre hospitalier d’Avignon.

    L’aboutissement d’une réflexion entamée il y a cinq ans, accélérée avec la fin du bail entre Elsan et le propriétaire foncier, et une volonté du groupe de rationaliser, mais, insiste Sofien Khachremi, « la meilleure des nouvelles est que toutes les activités ont été préservées et ne disparaîtront pas de Vaucluse ». Après les deux premières journées, le directeur assure que « tout se passe bien, je suis au bloc opératoire tous les jours pour prendre la température ». Les 15 salles de bloc, dont quatre sont uniquement dédiées aux praticiens issus d’Urbain V, vont être davantage occupées. « On a réoccupé nos créneaux opératoires matin et après-midi, ce qui nous a permis de dégager de la capacité au niveau du bloc », précise le directeur.

    Du personnel

    dans l’expectative

    Mais la cohabitation est pour l’heure très serrée, étant donné que les 9 000 m² de surface d’Urbain V (moins la maternité) n’ont pas été compensées à Fontvert. Du moins jusqu’en septembre, où sera livrée une double extension (2 500 m²). Si une meilleure desserte en bus a été demandée au Grand Avignon, des travaux sont en cours pour ajouter une trentaine de places de parking supplémentaires.

    Quant au personnel, où une grande divergence de chiffres existait entre la direction et les représentants des salariés, Sofien Khachremi parle « de 55 personnes transférées » et reconnaît « des départs à la retraite non remplacés et des ruptures conventionnelles ». « On retrouve de l’oxygène, parce que les services sont mutualisés », assume le directeur. « On reste encore dans le flou », temporise Michel Pellarin, secrétaire de l’USD CGT Vaucluse, inquiet de « l’opacité sur le maintien des avantages précédents [primes, 13e mois…] ». Dans l’attente « de premières remontées, on reste vigilants », conclut le responsable syndical.

  • De l’amiante dans le sol d’une école maternelle de Cuges-les-Pins

    De l’amiante dans le sol d’une école maternelle de Cuges-les-Pins

    « Le droit de retrait des deux collègues a finalement eu l’effet escompté… » Pour Charlotte Bourgougnon, cosecrétaire départementale de la FSU-SNUipp, la situation de l’école maternelle de Cuges-les-Pins est inquiétante : un rapport réalisé par le groupe Apave en date du 20 juin, mais « transmis seulement » le 2 octobre, pointe la présence d’amiante dans les dalles du sol des classes 2 et 3. Au niveau « AC2 », qui implique « que le matériau ou produit ne soit plus soumis à aucune agression ni dégradation ».

    Une enquête sanitaire ouverte

    L’amiante a été repéré « dès 2019, mais la mairie n’a rien fait », s’indigne la responsable syndicale, malgré les alertes répétées des enseignantes en conseil d’école, assure-t-elle. Après une nouvelle demande d’information de la commune, sans succès, ces dernières se sont repliées dans les autres salles, ce mardi 7 octobre. On ne sait pas ce qu’il en est « dans le reste de l’école et dans les autres bâtiments de la commune », ajoute Charlotte Bourgougnon se félicitant, néanmoins, que l’Éducation nationale ait pris le problème à bras-le-corps.

    Une enquête F3FCT (Formation spécialisée en matière de Santé, de Sécurité et de Conditions de Travail), dont la syndicaliste est membre, a été ouverte avec une visite dans l’après-midi.

    De son côté, la Ville s’adresse aux habitants et aux parents sur les réseaux sociaux. « Oui certaines dalles de sol de l’école contiennent de l’amiante, comme cela avait été identifié dès le diagnostic réalisé en 2019. Ces deux matériaux avaient été placés en évaluation périodique, c’est-à-dire qu’ils étaient en bon état de conservation et ne présentaient aucun risque immédiat, tant qu’ils n’étaient ni dégradés ni altérés », affirme-t-elle. Précisant que « le nouveau rapport recommande une action corrective de niveau 2, ce qui implique la réalisation de mesures d’empoussièrement afin de vérifier la qualité de l’air », elle promet que « ces mesures seront effectuées dans les plus brefs délais par un laboratoire agréé ».

  • À Apt, le transfert du service chirurgie mobilise toujours

    À Apt, le transfert du service chirurgie mobilise toujours

    Une nouvelle manifestation est prévue jeudi 9 octobre à 10h30 au départ du centre hospitalier d’Apt, en direction de la sous-préfecture, contre le transfert du service de chirurgie d’ici au 1er janvier 2026, à Cavaillon.

    « La situation est toujours la même », souffle Catherine Larsson, secrétaire de l’Union départementale CGT Santé du Vaucluse. Elle déplore « une direction qui agit sans avoir de décision officielle, avec cette fermeture qui n’est pas légitime ».

    Une action en justice est également en cours. En effet, trois requêtes ont été déposées, auprès du tribunal administratif de Marseille, par les avocats de la mairie d’Apt, par le comité des usagers du centre hospitalier et une dernière par le syndicat. Et au vu des délais qui peuvent dépasser la date de mise en œuvre du plan de déménagement du service, des référés de suspension vont être déposés dans les prochains jours « pour stopper le processus », précise Catherine Larsson.

    Retarder le départ

    « La situation devient intenable. Une aberration totale, alors que les besoins de santé de la population sont énormes », dénonce le syndicat dans un flyer posté sur les réseaux sociaux. Une assemblée générale avec le personnel va également se tenir, ce mercredi. « On va dire qu’ils ne doivent pas avoir peur et, pour l’instant, rester à Apt. C’est-à-dire ne pas répondre aux demandes de Cavaillon. Car s’il n’y a plus personne, le service va forcément fermer », poursuit la responsable syndicale.

    Pour l’heure, aucune mutation n’aurait été acceptée, d’après la CGT. Une pétition contre la fermeture du service, qui a récolté plus de 10 000 signatures, va être présentée au directeur de l’Agence régionale de santé, Loïc Souriau.

    Le collectif citoyen Apt.es à faire bloc a également organisé un rassemblement, samedi 4 octobre, tandis qu’une manifestation est prévue le 6 novembre, à 15h, devant l’ARS Paca, à Avignon.

  • Une application pour dépister les fragilités du vieillissement

    Une application pour dépister les fragilités du vieillissement

    Beaucoup de monde a répondu, ce mardi, à l’invitation lancée par le centre communal d’action sociale de Toulon pour assister à la présentation de l’application gratuite Icope* (Integrated Care for Older People). Elle permet de prévenir la dépendance grâce à un dépistage précoce des vulnérabilités au niveau de la mobilité, de la nutrition, de la cognition, de la vision et de l’audition. Mais, aussi, concernant l’état psychologique. L’objectif étant d’éviter le plus longtemps possible une perte d’autonomie qui fait peur à tout le monde. Et pas uniquement aux aînés, qui représentent l’essentiel de l’auditoire ce matin-là, les professionnels étant attendus dans l’après-midi.

    « Je suis kiné en retraite et je m’occupais justement de personnes âgées en fin de vie, à domicile. Alors, je connais bien le sujet, j’y ai été confrontée pendant des années avec tous les patients », confie avant le début de la conférence Monique Menu, bien décidée à essayer d’appréhender au mieux ce nouvel outil qu’on vient lui présenter, pour elle-même ce coup-ci.

    Prévenir la perte d’autonomie

    « On est tous là pour la même raison, je crois : c’est continuer à vivre en ayant un peu la patate, quand c’est possible », explique plus loin Cathy, une jeune infirmière retraitée. Et d’ajouter : « Comme je vois tout le monde s’écrouler autour de moi, je suis curieuse de tout ce qui peut éviter de prendre le même chemin. Vous savez, La moyenne de vie dans les Ehpad c’est entre 6 mois et 2 ans. »

    Samia, une retraitée de l’hôpital public, le dit avec d’autres mots : « J’ai une voisine qui a perdu du jour au lendemain son autonomie. Alors, on se dit qu’on sera peut-être les prochains… »

    « Le but de cette journée est d’informer la population et les professionnels de santé sur ce nouvel outil, qui permet aux seniors de pouvoir se tester eux-mêmes et être acteurs de leur vieillissement », explique la vice-présidente du CCAS de Toulon, Dominique Andreotti. Et d’insister sur l’importance, là encore, d’un diagnostic précoce.

    C’est un outil disponible sur les smartphones qui permet de s’autodépister afin d’accélérer le cas échéant la mise d’un plan de soins et de prise en charge du sujet âgé à partir de 60 ans, précise Frédéric Rodrigues, le directeur du Gérontopôle du Sud.

    Une autoévaluation déjà expérimentée dans la région de Toulouse, qui est aujourd’hui appelée à se développer sur tout le territoire, « afin d’accompagner au mieux cet axe de prévention nécessaire pour permettre le bon vieillissement de notre population ».

  • L’ARS sévit contre un centre dentaire d’Avignon

    L’ARS sévit contre un centre dentaire d’Avignon

    À la suite d’une inspection menée le 23 septembre par des agents de l’Agence régionale de santé (ARS), l’activité du centre dentaire Santéa d’Avignon a été suspendue de manière « immédiate et totale » à compter du jeudi 30 septembre, comme le stipule un arrêté publié le 1er octobre.

    L’inspection a en effet révélé une « absence de respect des règles de bonnes pratiques de stérilisation des dispositifs médicaux critiques et semi-critiques », ainsi qu’une « absence de respect des règles d’hygiène élémentaires lors des soins dentaires », d’après l’organisme de santé. Parmi les éléments incriminés : des porte-instruments rotatifs « susceptibles d’engendrer des contaminations croisées entre deux patients », l’absence « de preuve de maintenance interne et externe des équipements de la salle de stérilisation » et une « salle de stérilisation inadaptée à l’activité de préparation des dispositifs stériles du fait de sa configuration et de ses équipements ». Mais aussi des manquements aux règles de fonctionnement des centres de santé, comme par exemple « la non-protection d’ordonnances sécurisées vierges, des prescriptions de médicaments hors cadre de l’art dentaire, du matériel d’urgence incomplet et contenant des produits périmés ».

    Des constatations qui, toujours selon l’ARS, exposent « les patients de ce professionnel de santé à un risque de contamination bactérienne et virale (VHC, VHB, HIV) » et donc « caractérisent une situation d’urgence mettant en péril la sécurité des soins prodigués au sein du centre de santé dentaire ».

    Deux mois de travaux

    En ce début de semaine suivant la suspension, on ne peut que constater la fermeture de l’établissement. La porte coulissante automatique ne s’ouvre pas lorsque l’on s’en approche. Derrière les baies vitrées, entre les rideaux à moitié tirés, on peut apercevoir des employés en train de s’affairer sur du matériel médical. Et lorsqu’un patient se présente, il est accueilli par une personne en blouse blanche lui confirmant que « les rendez-vous sont déplacés à une date ultérieure. On vous recontactera », tout en assurant qu’il « aurait dû recevoir un SMS ». « Je trouve cela vraiment disproportionné », glisse une autre employée du site, interrogée par nos soins, tout en renvoyant vers sa direction au sujet des questions plus techniques. Celle-ci, contactée par La Marseillaise, n’a pas répondu à nos sollicitations.

    Un recours peut faire l’objet d’un contentieux devant le tribunal administratif. Le centre a deux mois à compter de la notification de la décision pour se mettre en règle, ce qui sera contrôlé à l’aide d’une visite de conformité. « Dans le cas contraire, le gestionnaire du centre s’expose au maintien de la suspension de son activité jusqu’à l’achèvement des mesures correctrices et, à défaut, à la fermeture du centre de santé », précise l’ARS.

    Une situation qui ressemble à celle d’un centre dentaire de la Cité des Papes, Allodent, en octobre 2024. Celui-ci avait rouvert quelques semaines plus tard, après s’être remis aux normes.

  • [Entretien] Carole Rovère : « L’alimentation demeure la cause principale de l’obésité »

    [Entretien] Carole Rovère : « L’alimentation demeure la cause principale de l’obésité »

    Ses recherches portent sur les mécanismes cérébraux qui régulent les comportements alimentaires et particulièrement l’obésité.

    La Marseillaise : Parle-t-on d’intelligence ou de régulation ?

    Carole Rovère : J’essaie de comprendre comment notre cerveau arrive à contrôler les dérégulations du comportement. L’hypothalamus est la partie du cerveau qui contrôle cet équilibre physiologique. On peut parler d’intelligence alimentaire ou nutritionnelle. C’est essayer de manger le meilleur pour notre corps, tout en gardant le plaisir des saveurs.

    Vous insistez sur la prévention ?

    C.R. : Car revenir en arrière est très compliqué lorsque le cerveau est dérégulé. Si les causes de l’obésité sont multiples, soit génétiques (5%) ou hormonales ( 5%), l’alimentation demeure la cause principale avec 90% des cas. Les régimes hyper lipidiques sont dangereux, mais c’est le sucre le plus mauvais, car beaucoup plus addictif.

    Comment se rend-on compte que l’hypothalamus est déréglé ?

    C.R. : Les neurones qui le composent expriment des peptides (soit des neuro hormones), qui sont normalement à l’équilibre. Si elles sont anorexigènes, elles coupent l’appétit et on maigrit. Si elles sont orexigènes, c’est la prise de poids.

    Peut-on les réguler ?

    C.R. : Ces hormones ont d’autres fonctions physiologiques. Elles sont impliquées dans le sommeil ou l’humeur. Les modifier peut faire intervenir des signes d’anxiété ou de dépressions. C’est l’exemple du médicament Médiator, qui à l’origine était prévu pour réguler le diabète et a été détourné pour la perte de poids. N’étant ni étudié, ni quantifié pour agir sur l’obésité, toute une série de problèmes sont apparus.

    Comment agir autrement ?

    C.R. : Au laboratoire, nous travaillons plus sur des approches nutritionnelles. On a enrichi les croquettes des souris en huile de colza, de tournesol ou de soja-maïs, en jouant sur les rapports Oméga 6-Oméga 3 du régime alimentaire. L’OMS préconise un résultat autour de 5. Si le taux est très inférieur, c’est très bénéfique. C’est par exemple le résultat avec de l’huile de colza, riche en Omega 3. En revanche, à l’inverse, avec trop d’huile de tournesol, le taux peut approcher les 17. Une IRM révèle que le cerveau est alors inflammé au bout de 4 mois de ce régime, il y a une prise de poids, des troubles anxieux et de mémoires, selon notre étude publiée en 2024.

    Y a-t-il des aliments qui rendent intelligents ?

    C.R. : (Rires) Sur le Vieux-Port, il y a les poissons bleus, qui sont riches en Omega 3, bénéfiques pour développer la mémoire, un des critères de l’intelligence. Il faut essayer de manger des aliments sains, non transformés, bon pour notre cerveau tout en gardant le plaisir de manger.

  • Le Centre Ressource sera au château de la Saurine

    Le Centre Ressource sera au château de la Saurine

    Depuis plus de vingt ans, dans ses locaux des Milles, le Centre Ressource accompagne des patients atteints de cancers, quels qu’ils soient, et propose une variété de soutiens, du « psychologue à l’esthéticienne ». « On a des ateliers collectifs et individuels, c’est un lieu non médicalisé, non stérile, l’idée est que ce soit convivial et chaleureux, afin que les patients ne se sentent pas dans un milieu anxiogène comme à l’hôpital », résume Cécile Bonin, responsable du développement. Dans cette ambition, celle de s’éloigner du milieu aseptisé de certains lieux de soin, le Centre Ressource franchit une nouvelle étape. D’ici décembre, l’association signera l’acquisition du château de la Saurine, à Meyreuil, où le dispositif d’appui, d’ailleurs reconnu d’intérêt public, poursuivra son action dans un lieu « proche de la nature », selon Stéphane Salord, président du conseil d’administration du Centre Ressource aixois. « Ce qui, idéalement, permettrait une installation en 2027 », espère le docteur Jean-Loup Mouysset, cancérologue, fondateur de l’association Centre Ressource.

    « Cela fait deux ans que toute l’équipe travaille sur le projet, poursuit Cécile Bonin. On est dans un changement d’échelle du Centre Ressource. »

    Accompagner encore plus

    L’installation à venir dans le château a pu être réalisée par le biais d’un financement bancaire, le soutien d’investisseurs particuliers et une opération de financement participatif permettant de récolter plus de 368 000 euros, selon les chiffres de la semaine dernière. L’équipe du Centre n’a pas communiqué la valeur du bien à ce stade, respectant le souhait du propriétaire. Au château de la Saurine, l’équipe du Centre prévoit de développer ses activités, les programmes courts comme de six mois, accompagner encore plus de bénéficiaires mais aussi travailler sur l’accompagnement des aidants et proches de malades, le tout dans une bâtisse qui deviendra un « centre de santé intégrative ». « Nous ne sommes pas une clinique, ce ne sont pas des soins médicaux mais des programmes complémentaires », rappelle Jean-Loup Mouysset. « Ce projet, on l’imagine comme un écosystème : on a ce bâtiment sur 10 hectares de terrain et l’idée est de concentrer sur ce lieu un lieu de vie, axé sur la formation et la prévention », souligne Emmanuel Guyot, responsable des politiques environnementales du projet. « Sur douze hectares, vous avez six hectares agricoles, classés boisés », précise Stéphane Salord. Un espace complémentaire pour les personnes diagnostiquées. « Elles sont 1 300 personnes à apprendre qu’elles ont un cancer chaque jour en France, selon les chiffres de l’OMS », rappelle Jean-Loup Mouysset.

  • Alès. Une justice fiscale pour sauver les services publics

    Alès. Une justice fiscale pour sauver les services publics

    Dans la capitale des Cévennes comme ailleurs dans la ruralité, les services publics se font de plus en plus rares. Malgré une mobilisation, la Poste de Tamaris a par exemple fermé. Le nombre de médecins diminue. L’attente aux urgences reste insupportable. Les écoles manquent toujours cruellement d’Accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH). Les fonctionnaires continuent donc de dénoncer une baisse des moyens. Ils étaient d’ailleurs nombreux à descendre dans la rue ce 2 octobre pour crier leur ras-le-bol et s’opposer aux premières lignes du budget annoncées.

    « Il est toujours prévu une baisse des financements à hauteur de 5 milliards d’euros pour l’ensemble du système de santé, dont 850 millions d’euros rien que pour l’hôpital public. L’absentéisme commence à remonter parce que les gens n’en peuvent plus et ne sont pas remplacés. C’est dans ce contexte qu’on nous annonce une nouvelle coupe. C’est insensé », s’agace Romain Sabran, de la CGT de l’hôpital d’Alès, qui réclame « l’embauche massive de soignants avec la fin de la taxe sur les salaires  », « l’ouverture de maisons de santé publique » et « l’augmentation des salaires ».

    Reçue en début de matinée par le sous-préfet d’Alès, Martine Sagit, la secrétaire CGT de la section locale, a également fait remonter un certain nombre de revendications au représentant de l’État : « Nous demandons que la sécurité sociale soit à 100% et d’arrêter avec toutes ces mutuelles. L’éducation manque de professeurs, tout comme il manque du monde chez les territoriaux. Il faut aussi arrêter les cadeaux fiscaux au grand patronat. » En effet, dans le cortège alésien, de nombreuses pancartes fustigent les 211 milliards d’aide aux entreprises sans contrepartie. La taxe Zucman ou la taxation des plus hauts revenus sont également souvent évoquées.

    « L’école publique est particulièrement malmenée depuis Blanquer », ajoute Myriam Vermale de la FSU. « Un tas de propositions ministérielles sont complètement à côté du terrain. Il y a un parlementaire qui a enquêté sur les financements de l’Éducation nationale et en réalité, il y a énormément d’argent reversé aux écoles privées. »

    Dans la sous-préfecture gardoise, de nombreux retraités sont également venus battre le pavé. S’ils ont des revendications propres, ils se mobilisent aussi pour le service public et notamment celui de la santé. « Nous demandons une revalorisation immédiate de 300 euros pour les petites pensions et de 10% en général. Sauf que là, nous sommes très inquiets parce qu’ils annoncent dans le prochain budget un gel des pensions. Nous défendons aussi le service public, qui est très attaqué. Je suis ancien postier et je vois que la privatisation arrive au bout. En ce moment, nous faisons signer une pétition pour protéger la sécurité sociale », explique Gilbert Pucheral, de la CGT des retraités.

    Qu’ils soient fonctionnaires ou non, les manifestants alésiens placent la défense du service public au centre de leurs revendications.

  • Un centre de santé, premier pas du programme de Joël Peyre

    Un centre de santé, premier pas du programme de Joël Peyre

    Il n’y a qu’un seul médecin dans ce quartier et il a mon âge, donc il ne va pas exercer encore 20 ans. C’est pour cela qu’il faudrait un centre de santé municipal ici, et c’est la première chose que je porterais », lance Joël Peyre, candidat (PRG) aux élections municipales d’Avignon, ce 1er octobre dans le quartier de Saint-Chamand, quartier populaire d’Avignon.

    Une présentation d’une des premières mesures que l’actuel conseiller municipal délégué aux finances mettrait en place, en cas d’élection. Une idée qu’il a exposée également aux quelques habitants qu’il a pu croiser lors d’une déambulation dans certains lieux du quartier. À commencer par les membres de l’Association pour la culture et l’éducation des Comoriens d’Avignon (APCECA), qui a prêté ses locaux pour les premières esquisses. « Je suis né à Avignon et j’ai exercé en tant que médecin pendant 40 ans. Il faudrait normalement un médecin pour 1 000 personnes, et dans cette zone d’environ 6 000 personnes, dont 4 000 en QPV, il n’y en a qu’un. De plus en plus de personnes renoncent aux soins et une offre adéquate est indispensable », assure l’ancien médecin, à la retraite depuis fin 2024 et qui n’a pour l’heure pas prévu de renfiler la blouse.

    Le projet, qu’il aimerait voir se déployer ensuite dans d’autres quartiers de la ville, serait que des médecins généralistes salariés s’installent en permanence dans des locaux pour l’heure pas encore définis. Et ce, dans des conditions « adaptées à ce que recherchent les médecins qui sortent d’études. Ce sont en majorité des femmes qui ne veulent pas travailler seules, mais plutôt entourées, et en étant déchargées des démarches administratives, par exemple. Cela se fait notamment beaucoup en région parisienne et ça marche », expose ensuite Bernard Autheman, soutien de Joël Peyre, également conseiller municipal délégué aux bibliothèques, aux musées et à la culture provençale, ainsi que médecin psychiatre. L’établissement accueillerait également des kinés, des infirmiers, un orthophoniste ou encore des médecins spécialistes de façon alternée.

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    Une mesure qui semble enchanter la dizaine d’habitants croisés au cours de la matinée dans les quelques commerces ouverts. « Ces difficultés, on les voit au quartier. Le médecin d’ici n’ouvre parfois que de 8 heures à 11 heures. Cela pourrait être très efficace », confie dans ses locaux Ahamada Athoumani, président de l’APCECA et habitant du quartier. « Cela serait très bien. J’ai trouvé un médecin, mais il part également bientôt. Il me trouve mes autres rendez-vous car je n’arrive pas à le faire seule », confie Mireille Guyer, cliente de la pharmacie Filio Pierre, en plein cœur des tours. « Je vais souvent du côté de l’hôpital, mais je dois prendre le bus et le tram, car ce n’est pas à côté. Un seul docteur pour le quartier, ce n’est vraiment pas assez », ajoute Annick, habitante croisée dans la boulangerie.

    Un premier rendez-vous d’annonces qui en appelle d’autres. En effet, Joël Peyre assure que sa campagne sera ponctuée de « points mensuels sur des sujets comme la sécurité, le logement ou encore l’économie ». Une première réunion publique est organisée le lundi 13 octobre à 18h30 en mairie Nord d’Avignon.

  • Une salle pour les parents d’enfants malades

    Une salle pour les parents d’enfants malades

    C’est avec une grande émotion qu’a été inaugurée, ce jeudi 24 septembre à l’hôpital Arnaud de Villeneuve à Montpellier, une salle de repos entièrement rénovée pour accueillir les parents des enfants hospitalisés au sein du service de cardio-pédiatrie. L’association Astrid-MRCPI, (pour Maladies Rares Cardio-Pulmonaires Infantiles) est à l’origine du projet, qu’elle a financé à hauteur de 26 000 euros.

    « Ce projet est né de l’amour et de la mémoire », souffle Xavier Giner, ému aux larmes, dans son discours d’introduction. Il est le président-fondateur de l’association, nommée en souvenir de sa fille Astrid, disparue en 2010 des suites d’une maladie cardio-pulmonaire rare à l’âge de 3 ans et 7 mois.

    Aux côtés de Xavier Giner, nombreux sont ceux qui sont venus réaffirmer leur soutien à l’association. Notamment Colette Jamma, adjointe au maire de Sète et qui a connu Astrid en tant qu’infirmière, ou encore Mikel Séblin, adjoint au maire de Montpellier. « L’objectif de ce lieu est d’offrir une parenthèse de répit aux parents dans les moments difficiles qu’ils traversent aux côtés de leurs enfants », continue Xavier Giner. S’adressant à trois infirmières venues assister à l‘inauguration, il ajoute : « La salle porte le nom de ma fille, Astrid. Cependant, j’aimerais aussi la dédier au personnel soignant. Votre dévouement au quotidien force le respect. »

    Au sein de l’hôpital, l’association a déjà permis d’installer quatre aquariums et organise régulièrement des sorties pour les parents et les enfants, ou encore des repas pour les soignants. Dans la salle, une plaque à la mémoire d’Astrid est accrochée au mur, aux côtés de quelques témoignages d’autres parents d’enfants hospitalisés. Sur l’un d’eux, on peut lire : « L’espace Astrid est un lieu très réconfortant de rencontres entre les parents. Il permet d’échanger sur nos vécus et de s’entraider. »