Tag: Santé

  • Les défis contraints de l’hôpital de Toulon-La Seyne en 2026

    Les défis contraints de l’hôpital de Toulon-La Seyne en 2026

    Yann Le Bras, directeur du Centre hospitalier intercommunal Toulon-La Seyne (Chits), a ouvert son allocution par une pensée pour le patient décédé à la suite de l’incendie ayant touché les urgences de l’hôpital de Hyères, lundi. Il a salué le professionnalisme et l’engagement de l’ensemble des équipes qui ont été mobilisées.

    L’occasion, pour ces vœux 2026, de mettre ensuite à l’honneur tous les professionnels : les équipes, les services de soins, mais aussi les fonctions support qui s’adaptent sans cesse aux imprévus. Il a rappelé : « C’est la noble mission de l’hôpital public de s’adapter sans cesse, de surpasser toutes les difficultés pour assurer 24 heures sur 24 nos missions, l’accueil et la prise en charge des patients. »

    Le représentant légal de l’établissement exprime néanmoins « le vœu qu’en 2026, l’offre de soins de notre métropole se consolide, que chacun tienne bien sa mission et qu’ainsi, nous n’ayons pas, comme en 2025, trois plans de mobilisation interne qui ont couvert de nombreux mois de l’année ».

    Une responsabilité collective, a-t-il souligné, qui engage l’ensemble des acteurs. Et de poursuivre : « L’action hospitalière au service des patients est un travail d’équipe, de coordination entre le corps médical, paramédical et la direction. »

    En recherche d’économies

    Concernant l’année passée, Yann Le Bras a mis en avant « l’ambition constante d’améliorer la qualité de la prise en charge des patients, renforcer l’accès aux soins et préparer l’hôpital de demain ». Une ambition illustrée, par exemple, par l’ouverture d’une unité de chirurgie ambulatoire et d’un salon d’accueil des patients, ainsi que la restructuration des urgences gynécologiques et obstétricales, afin de répondre à une évolution de l’activité qui est sans cesse dynamique. Mais, aussi, le déploiement de la nouvelle unité d’hospitalisation pour les adolescents, destinée à renforcer la réponse en matière de santé mentale, un domaine malheureusement marqué par des besoins croissants.

    L’occasion enfin d’annoncer, au titre des investissements en cours, le renouvellement d’un troisième scanner à Sainte-Musse et l’installation d’un nouvel équipement sur le site George-Sand, à La Seyne.

    Pour autant, le directeur ne cache pas que cette dynamique s’inscrit aussi dans un contexte budgétaire contraint, qui va imposer de « rehausser le niveau d’exigence collective, avec une mobilisation constante à tous les niveaux de l’institution pour gagner en efficience, maîtriser [les] charges, réaliser des économies qui ont du sens, qui sont utiles et responsables, tout en préservant, bien sûr, la qualité des soins et la dynamique d’activité ». Un sacré défi.

    Le docteur Patricia Carrier, présidente de la commission médicale d’établissement, a déclaré que « malgré les tensions que connaît l’hôpital public, malgré les contraintes », elle se disait « profondément confiante pour l’avenir ». Et de poursuivre : « L’année qui s’ouvre doit être celle de la cohésion, de la confiance retrouvée et de l’ambition partagée. Une année où l’exigence restera notre boussole et l’excellence notre horizon. »

    Avec émotion, elle a conclu à l’attention des personnels : « Je sais les efforts que vous fournissez. Je sais aussi les contraintes, la fatigue, parfois les doutes. Je crois profondément à la rigueur, à la méthode, au travail bien fait, mais je crois tout autant à l’humain, au dialogue et à la solidarité entre professionnels. »

    « Nous sommes collectivement responsables de la santé des habitants de notre territoire », a précisé le docteur Christian Bar, président de la commission médicale d’établissement du groupement hospitalier de territoire (GHT).

    La maire de Toulon Josée Massi (SE), également présidente du conseil de surveillance du Chits, a tenu à exprimer ses remerciements « à tous ceux qui sont présents malgré leur charge de travail, mais aussi à tous ceux qui sont en ce moment même auprès de leurs patients, à toutes celles et ceux qui sont en repos pour assurer la relève, dans quelques heures, cette nuit... » Et de conclure : « Personne ne prétendra que l’hôpital public est une administration comme une autre. Ici, on prend en charge ce qu’un être humain a de plus précieux : sa santé. »

  • Les lauréats du prix de l’innovation et recherche en santé dans le Var

    Les lauréats du prix de l’innovation et recherche en santé dans le Var

    « Le principe est simple : “Vous avez une idée, on vous aide à la réaliser !” Et ce prix de l’innovation vous inspire », explique la présidente du conseil de surveillance, Josée Massi, en rappelant que 24 projets ont été déposés, cette année, contre 13 l’an dernier.

    Parmi les prix remis, « Gyn&Gen » : une application numérique à destination des patients et des professionnels de santé pour faciliter le parcours de soins des couples concernés par une maladie rare au moment d’un projet parental. Les données recueillies seront traitées et analysées par des algorithmes entraînés par l’intelligence artificielle, dans le cadre d’un programme de recherche et développement.

    Le projet « Fascine » vise à étudier et caractériser l’évolution de la fatigue au cours du traitement de chimio immunothérapie du cancer bronchopulmonaire.

    Pour le suivant, il s’agit d’anticiper la réhabilitation dentaire pour mieux vivre après un cancer des voies aériennes, réduire les complications et accélérer le retour à une vie normale.

    Le projet « Rhinove » a pour but, lui, d’améliorer le traitement de l’obstruction nasale par le recours à la rhinomanométrie et la création d’un algorithme pour garantir à chaque patient le traitement le plus adapté à sa pathologie.

    Autant de raisons pour lesquelles, en matière d’hôpital public, il est plus juste de parler d’investissement que de coût.

  • Vigouroux brigue un 4e mandat à Miramas pour « protéger les habitants »

    Vigouroux brigue un 4e mandat à Miramas pour « protéger les habitants »

    Il a consulté sa famille avant de l’annoncer officiellement. Le maire de Miramas Frédéric Vigouroux (DVG) se lance dans la campagne des élections municipales pour briguer un quatrième mandat. « On ne se rend pas compte de l’investissement que ça représente d’être élu, il faut que je sois tourné vers la ville à 200%, donc il fallait que ce soit un choix collectif avec mes proches », explique-t-il.

    Ce « sacerdoce républicain », l’édile souhaite de nouveau l’endosser pour « protéger les habitants ». « Miramas n’est pas une ville riche, c’est une ville populaire. Elle est plus touchée par les effets du monde, les différentes crises – financières, sanitaires, énergétiques et autres -, donc il faut que sa population soit plus protégée au quotidien par la mairie. » Après avoir réalisé 90% du programme de 2020, malgré deux années compliquées dues au Covid-19, Frédéric Vigouroux a l’ambition « de continuer à transformer cette ville », la « préparer au développement économique, aux effets du changement climatique, préserver son environnement en assurant de l’habitat ».

    Des réunions thématiques

    Certains projets sont déjà dans les tuyaux : le nouveau pôle ferroviaire, la construction d’un hôtel des polices avenue Chalve, la mise en place d’une unité de production culinaire en collaboration avec la Ville de Saint-Chamas pour nourrir les enfants des écoles des deux communes avec des aliments bio et locaux, l’installation d’agriculteurs à Saint-Désiré, mais aussi de commerces à proximité d’Intermarché, de professionnels de santé à la maison pluridisciplinaire du nord de la Ville comme à la Boule Noire, ou encore la réouverture de l’ancien centre mutualiste de santé.

    Certains projets d’aménagement sont à définir avec les habitants. « J’habite la ville, mais je n’habite pas partout. Il faut utiliser les instances participatives pour imaginer la commune de demain », affirme Frédéric Vigouroux. Notamment sur la question du logement : « De nombreux jeunes Miramasséens veulent revenir ici bâtir leur famille, preuve que la ville est attractive. Ces gens nous demandent de construire. Donc on a un gros travail à faire sur le thème : comment la ville se réinvente sur elle-même, sans sur bétonner et en préservant la nature, l’environnement et l’agriculture. C’est ça qu’on va écrire avec les habitants dans le nouveau Plan local d’urbanisme intercommunal de 2028. »

    Des réunions thématiques seront organisées dans les semaines à venir pour co-construire le programme. La première aura lieu le 22 janvier. Le projet électoral définitif devrait être annoncé le 19 février. La liste, sans étiquette, est ouverte à tous les partis « sauf un ». Entendre : le RN. « Il y aura des visages connus, avec un rajeunissement mais une ossature importante de personnes expérimentées », affirme le maire candidat. Rendez-vous « dans quelques semaines », pour connaître les noms.

  • [Entretien] Saoussen Boussahel : « Nous soutenons la majorité de Gaby Charroux »

    [Entretien] Saoussen Boussahel : « Nous soutenons la majorité de Gaby Charroux »

    La Marseillaise : Comment le PS se positionne-t-il dans la campagne municipale de Martigues ?

    Saoussen Boussahel : Nos instances nationales et départementales ont acté le soutien des listes de gauche sortantes ainsi que l’union de la gauche là où elle peut gagner les élections. À Martigues, cela nous conduit à soutenir la majorité de Gaby Charroux, on va travailler et constituer notre liste ensemble comme nous le faisons depuis 60 ans.

    Quel est le projet socialiste au sein de cette union de la gauche ?

    S.B. : Nous défendons la justice sociale, pour cela nous voulons perpétuer le modèle martégal. C’est-à-dire des services publics puissants qui répondent aux attentes de tous les Martégaux, peu importe l’âge, le quartier, ou la situation financière. Tout en préservant notre patrimoine historique, environnemental et culturel, c’est important dans la recherche de développement durable. Nous devons aussi veiller à la mixité sociale dans notre ville, pour que personne n’ait peur de l’autre. Nous misons également sur cette jeunesse qui nous dirigera plus tard. Il faut leur construire un avenir avec des perspectives, les accompagner dans leurs études et leur permettre de trouver du boulot après une formation qualitative.

    Quels « défis » dont parle Gaby Charroux vous préoccupent ?

    S.B. : Nous allons entrer dans la phase concrète du contournement autoroutier, attendu depuis 50 ans. C’est un axe important de nouvelles mobilités et un moyen de soutenir l’activité industrielle en pleine décarbonation du golfe de Fos. C’est un enjeu hyper important, avec en perspective de nombreux emplois nouveaux, amenant des familles que nous devrons accompagner et pour lesquelles il faudra adapter l’offre de service public. Cela inclut la modernisation et l’extension de l’hôpital qui est en difficulté. Il y a du travail qui nous attend pour assurer le droit fondamental à la santé pour tous.

    Quelle place à la lutte contre l’extrême droite ?

    S.B. : Une place prioritaire. Les idées fausses de l’extrême droite se basent sur la haine des gens. Le député en place a été élu, ça montre que la bataille est importante pour sauver l’idée républicaine. Ce que j’explique au quotidien, c’est que l’immigration n’est pas là pour nous mettre en difficulté, mais pour en sortir. Je rappelle aussi que les immigrés consomment, travaillent et deviennent des citoyens français. On ne peut pas laisser les racistes et les fascistes lutter contre ce modèle. Il faut le dire aux municipales et aux prochaines échéances.

  • Une année pivot pour l’industrie et les transports : découvrez ce qui vous attend en 2026 dans les Bouches-du Rhône

    Une année pivot pour l’industrie et les transports : découvrez ce qui vous attend en 2026 dans les Bouches-du Rhône

    Industrie

    Une année cruciale pour la réindustrialisation du golfe de Fos. Nécessaire pour la décarbonation de la zone, la ligne très haute tension doit obtenir le feu vert de l’état, après les municipales de mars, le temps de réaliser de dernières études. En attendant, les projets commencent à se concrétiser. à Fos-sur-Mer, le site de production de panneaux photovoltaïques Carbon, désormais allié au leader chinois du secteur Longi, doit faire ses premières livraisons avant la fin de l’année. La construction d’une aciérie électrique par l’Italien Marcegaglia, un investissement à un milliard d’euros, doit démarrer au 3e trimestre, tandis que le lancement du projet d’acier décarboné Gravithy est attendu pour la fin de l’année, si l’investissement est définitivement confirmé. Le Grand port maritime de Marseille-Fos, de son côté, fêtera ses 60 ans en lançant les travaux de son nouveau siège social au J0, en plus de poursuivre le branchement à quai pour trois navires de croisière.

    Transports

    Enfin : le métro à Marseille va de nouveau rouler après 21h30, avec la mise en service progressive des nouvelles rames « Neomma » au premier semestre. De quoi tourner enfin la page des difficultés techniques rencontrées sur ce chantier XXL du plan Marseille en grand, qui doit encore se poursuivre avec l’installation de portes palières sur les quais pour permettre l’automatisation complète du métro. Avant cela, l’année commence par l’inauguration de l’extension du tramway jusqu’à Capitaine-Gèze au nord le 7 janvier, jusqu’à la Gaye au sud le 10 janvier, ainsi que celle du bus à haut niveau service entre les Pennes-Mirabeau et Marignane ce lundi. à Aubagne, le Val’tram permettra, à compter de cet été, de rallier la Bouilladisse en tramway.

    Reste à préparer l’avenir : une enquête publique doit se tenir, cette année, pour prolonger le tramway à Marseille jusqu’à la Castellane (16e arrdt.), une autre dès la mi-janvier sur les parcelles concernées par la Ligne nouvelle Provence-Côte d’Azur, alors que le chantier de la nouvelle gare Saint-Charles est officiellement lancé. Les marchés publics sont également lancés pour les premiers travaux préparatoires du tramway des Catalans. Enfin, l’aménagement cette année du rond-point de la Gaye (9e arrdt.) ouvre la voie à la relance du boulevard urbain sud.

    À Marseille

    à Marseille, l’année s’ouvre sur le rachat attendu par la municipalité du foncier des Galeries Lafayette au centre Bourse, qui doit s’accompagner d’un appel à manifestation d’intérêts pour une transition de trois ans. D’autres projets doivent se concrétiser : c’est le cas de la médiathèque Loubon, à la Belle de mai, dont la livraison est attendue à la fin de l’année. Le plan écoles continue aussi à se dérouler : tandis que le maire (DVG) Benoît Payan annonçait, lors de la dernière rentrée, six nouveaux établissements livrés d’ici au mois de mars 2026, les chantiers devraient être lancés dans quinze groupes scolaires au moins, dont celui, emblématique, de Saint-André – la Castellane, la justice ayant désormais validé la rupture du contrat initial après les carences du groupe Impresa Percassi. Les aménagements des parcs se poursuivent eux aussi, à l’image de la création du nouveau parc de l’Annonciade, sur deux hectares au pied du massif de l’Étoile. Côté santé, tandis que les premiers coups de pioche ont été donnés pour le bâtiment parents-enfants de la Timone, le nouveau Samu doit ouvrir ses portes au mois d’avril, sur 4 500 m2 face à des besoins toujours plus importants. Les premiers travaux préparatoires du nouvel hôpital d’instruction des armées doivent aussi commencer sur le camp de Sainte-Marthe, pour une livraison en 2031.

    Côte grands événements, le parc Chanot (8e arrdt.) poursuit sa grande transformation : le bitume du grand parking doit être retiré pour accueillir, sur plus de 13 000 m², une esplanade de loisirs, ne laissant plus sa place aux voitures que lors de grandes manifestations.

    Logement

    Avec l’année 2026 s’ouvre une nouvelle période triennale pour la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain) : de nouveaux arrêtés de carence, avec des amendes à la clé, doivent être pris pour les communes n’atteignant pas 25% de logements sociaux. à Marseille, la société publique locale d’aménagement d’intérêt national, chargée de la réhabilitation du centre-ville, livrera ses premiers logements rénovés à l’automne. De manière symbolique, alors que commencent au printemps les premiers travaux dans les immeubles du haut de la rue d’Aubagne, le lieu ressource installé dans la « dent creuse » des effondrements doit ouvrir au début de l’année.

  • Les médecins libéraux en grève dès le 5 janvier dans l’Hérault et le Gard

    Les médecins libéraux en grève dès le 5 janvier dans l’Hérault et le Gard

    Que l’on habite dans les Cévennes gardoises ou dans la plaine héraultaise, on sait combien il est long d’obtenir un rendez-vous chez un spécialiste. Dans les hauts cantons et de plus en plus en ville, il est parfois impossible d’obtenir un rendez-vous en moins d’une semaine chez son médecin généraliste.

    Du 5 au 15 janvier, cela risque d’être encore plus compliqué. Les six syndicats de médecins libéraux et internes appellent généralistes et spécialistes à reporter leurs rendez-vous et à fermer leurs cabinets. Un mouvement radical que certains prédisent « historique » destiné à protester contre la politique gouvernementale qui selon les syndicats met à mal la profession.

    Au-delà du grand rassemblement prévu le 10 janvier à Paris, des manifestations pourraient voir le jour dans le Gard et l’Hérault. Pour l’heure, on connaît la liste des griefs relatifs au budget de la Sécurité sociale adopté définitivement le 16 décembre 2025. Le dossier médical partagé (DMP) explique une partie du courroux des médecins libéraux. Ils s’insurgent contre la possibilité d’être sanctionnés par des amendes (en théorie jusqu’à 25 000 euros par médecin ou 100 000 euros par établissement) en cas de non alimentation ou de non consultation des fichiers jugés « trop complexes à utiliser et inefficaces ».

    Les syndicats dénoncent aussi la possibilité pour l’Assurance maladie de baisser de « manière unilatérale et autoritaire » les tarifs des consultations et actes en cas de rentabilité jugée « excessive ». Un point qui va à l’encontre de la négociation conventionnelle instaurée depuis 1971. Par ailleurs seraient supprimés les remboursements de l’Assurance maladie pour les ordonnances rédigées par les médecins non conventionnés pour les soins prescrits par ces médecins à titre gracieux pour eux ou leurs proches.

    Autre motif de colère, la possible mise sous objectifs de médecins qui prescrivent plus d’arrêts de travail que leurs confrères. Le but étant de les inciter à réduire leurs arrêts maladie ou dans le cas contraire à les pénaliser financièrement.

    Enfin, les six organisations syndicales réitèrent leur opposition frontale aux propositions des lois Garot et Mouillé. Toujours examinées aux Parlement, elles visent à lutter contre les déserts médicaux à réduisant le principe de totale liberté d’installation des médecins. En avril 2025, cette mesure qui semble de bon sens compte tenu de la pénurie de médecins, avait déjà suscité une levée de boucliers.

  • « Il faut recommencer à se protéger du virus du Sida »

    « Il faut recommencer à se protéger du virus du Sida »

    À l’issue de la semaine d’action hors les murs du Centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd), organisée début décembre dans le cadre du Sidaction, le Dr Erika Kurzawa revient sur les enjeux de la prévention et du dépistage en matière de santé sexuelle.

    La Marseillaise : Quelles ont été les actions du Cegidd, début décembre, à l’occasion du Sidaction ?

    Dr Erika Kurzawa : Sur l’espace d’une semaine, nous avons proposé des consultations au sein du Cegidd sur plusieurs jours, mais aussi auprès des étudiants de l’Institut de formation en soins infirmiers (Ifsi), ainsi qu’auprès du Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa) de Martigues. Nous sommes aussi allés en intervention aux lycées Brise-Lames de Martigues et Mongrand de Port-de-Bouc, jusqu’au CFAI et à l’Espace pluriel Jeunes d’Istres.

    Pour quelle raison est-ce important d’aller au contact
    du public pour votre service
     ?

    Dr. E.K. : Car la région Paca est la deuxième région de France métropolitaine la plus touchée par le Virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Sur le territoire, à l’ouest des Bouches-du-Rhône, cela pose particulièrement problème par rapport à la désertification médicale, notamment à cause des départs de médecins traitants non-remplacés. Le territoire est d’ailleurs peu fourni en matière de services comme ceux du Cegidd, en dehors du nôtre, à Martigues. Il existe certes une consultation avancée à Port-Saint-Louis-du-Rhône, ainsi qu’une vacation à Arles et une autre à Salon-de-Provence, dépendantes du Conseil départemental.

    Qui peut venir vous consulter ?

    Dr. E.K. : Nous sommes un Cegidd généraliste, ouvert à toutes et tous, que l’on soit mineur ou plus âgé. Chez nous, il n’y aura jamais de problème de genre, de papiers, ni jamais de jugement et tout se fait dans le secret absolu. On aimerait que consulter soit une routine de la même manière que pour se brosser les dents.

    Quels sont les principales problématiques auxquelles vous êtes confrontée ?

    Dr. E.K. : Nous observons des contaminations autochtones au VIH, surtout par voie sexuelle et notamment chez les jeunes, mais aussi chez des plus de 50 ans qui refont leur vie, mais qui ont oublié le préservatif. Il existe aussi un tout petit rebond causé par l’usage de drogues, mais qui reste minime. C’est souvent causé par le manque de matériel stérile dans des soirées un peu sauvages. Mais, surtout, j’insiste sur le fait qu’il faut continuer à se protéger, recommencer même. On observe beaucoup moins de protection par préservatif chez les moins de 26 ans. Il y a un manque criant d’éducation à la vie affective et sexuelle, mais l’accès à ces populations dans les établissements scolaires est difficile. Conséquence de l’absence d’éducation : les jeunes apprennent avec le porno et les messages de prévention en santé sexuelle se sont pas relayés.

    Quel message, par exemple ?

    Dr. E.K. : J’aimerais que chacun se sente légitime à avoir sa vie sexuelle, sans aucune honte dans ses pratiques ou non-pratiques. Si on est a l’aise de pas avoir de sexe, par exemple, on n’a pas à se justifier. Le Cegidd est aussi là pour proposer une écoute bienveillante si on se pose des questions. Qu’on sorte des discriminations et des jugements.

    Vous semblez presque offensive dans votre discours…

    Dr. E.K. : Oui, car les discours masculinistes ont pris des proportions dramatiques, notamment sur les réseaux sociaux. Certains affirment que si on met un préservatif, on est pas un vrai homme, et les associations de lutte contre le VIH nous remontent beaucoup ce message. Moi je crois au contraire qu’être un vrai homme, c’est prendre soin des autres et c’est pour cette raison que l’éducation à la santé sexuelle et affective doit être menée. Car, sinon, on se prend de fausses informations alors qu’il suffisait de nous ouvrir la porte des collèges.

    Y a-t-il des conséquences concrètes de ces dérives ?

    Dr. E.K. : L’injonction à la performance chez les hommes est catastrophique. Des hommes de 25 ans viennent me réclamer du Sildénafil [Viagra, Ndlr], car ils ne « tiennent pas assez longtemps ». Des femmes nous demandent le blanchiment de l’anus, des épilations intégrales ou de la chirurgie des petites lèvres pour correspondre aux standards du porno. Ça va très loin. Il faut parler de l’estime de soi, du respect de l’autre et réaffirmer qu’il n’y a pas besoin de répondre à des injonctions esthétiques pour être respecté. Ces valeurs ne sont plus à la mode et elle doivent le redevenir.

  • Les pompiers et le Samu réveillonnent sur le qui-vive

    Les pompiers et le Samu réveillonnent sur le qui-vive

    Samu bonjour. » Une réponse au bout du fil entendue au moins une dizaine de fois, mercredi après-midi, en à peine un quart d’heure, au centre d’appels du Samu à Avignon, au sein des locaux du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) de Vaucluse. C’est là que le préfet, entouré du premier adjoint d’Avignon ou du président du Grand Avignon, entamait sa tournée des services de santé et de sécurité mobilisés en cette Saint-Sylvestre.

    « C’est un moment traditionnel qui permet de jeter un regard sur l’année passée et avoir des projections pour celle à venir », brosse Thierry Suquet au moment de remercier les quelque 310 pompiers en poste ce jour-là, comme une journée classique. Un service pour qui, le 31 décembre, ne rime pas « avec jour de fête », constate-t-il. « On reçoit un peu plus de 400 appels ce jour-là, un quart de plus que d’habitude », chiffre le colonel Christophe Paichoux, directeur du Sdis. En effet, cette nuit du Nouvel an a été chargée pour les pompiers de Vaucluse, avec 14 feux de poubelles, 15 de voitures et des incendies d’habitations. 17 sapeurs-pompiers sont intervenus dans le quartier Monfavet, à Avignon, pour un incendie de toiture dans une maison inhabitée. Un entrepôt de stockage de 500 m² a aussi pris feu à L’Isle-sur-la-Sorgue, mobilisant 22 soldats du feu.

    Côté Samu aussi, les appels sont en « accroissement en raison d’une activité de médecine de ville en retrait ». Le préfet s’est ensuite rendu à l’hôpital d’Avignon, mais aussi en gendarmerie et dans les polices nationale et municipale d’Avignon.

  • A Marseille, Martigues, Toulon ou La Seyne-sur-Mer, le premier bain de l’année se fête

    A Marseille, Martigues, Toulon ou La Seyne-sur-Mer, le premier bain de l’année se fête

    Marseille : jeudi 1er janvier 2026 à 12h. Plage Prado-Nord, lieu dit plage du Petit-Roucas blanc (13008).

    Organisée par les Libres nageurs et les Nageurs du Prado, un bain populaire, gratuit et festif, accessible à tous, attend les plus courageux pour sa 2eme édition.

    Bain de pieds, trempette ou petite baignade, rien de tel pour « réveiller les sens et la santé, et se serrer les coudes pour l’an qui vient », annonce l’association, sur le ton joyeux qui les caractérise.
    Un détail ? C’est « esprit carnaval » ! Les bonnets de bain de « Papa Noël » ou chapeaux pointus, langues de belles mères sont les bienvenus. Plumes et paillettes aussi !

    Un pique-nique sur les estrades en haut de la plage après le bain clôture l’initiative. A chacun d’amener des victuailles.

    Attention, aucun encadrement n’est prévu dans l’eau, aucune nage loin du rivage n’est autorisée.

    Marseille: jeudi 1er janvier à 12h. Plage des Catalans (13007)

    Comme chaque année, les Fronts runners Marseille (FRM) association sportive LGBT+ se réunissent à la plage des Catalans pour le premier bain de l’année !

    Pour commencer cette nouvelle année sous le signe du partage, un apéro festif est prévu sur la plage.
    Boissons chaudes et variées. De quoi grignoter aussi pour tous les goûts.

    Marseille : samedi 3 janvier 2026 à 12h. Cercle des nageurs. 140-150 Bd Charles Livon (13007).

    Le bain du 1er samedi de l’année au CNM est un des plus anciens, et des plus renommés de la ville. Il est suivi d’un verre de vin chaud bien mérité.
    Attention seul les membres du cercle sont invités pour ce bain un brin select.

    Martigues : dimanche 11 janvier 2026 à 11h – Plage de la Couronne.

    Soupe, et échauffement en musique, pour une ambiance festive.

    Toulon : 1er janvier à 10h30. Anse des Pins, plages du Mourillon. Séance d’échauffement et top départ du Grand bain.

    Venez- vous jeter à l’eau dans la joli anse des Pins et profiter des bienfaits de la mer poussé par l’élan collectif. Un diplôme attestant de la participation sera remis à tous, avant de partager un chocolat chaud, un café et une petite collation pour se réchauffer.

    La Seyne-sur-Mer: samedi 3 janvier 2026à 10h – Esplanade Boeuf – les Sablettes.

    Vin chaud et récompenses à la clé.

  • À l’hôpital d’Apt, amère fin d’année pour le bloc opératoire

    À l’hôpital d’Apt, amère fin d’année pour le bloc opératoire

    Stupeur, colère, espoir, dépit. En six mois, les habitants d’Apt et de son bassin de vie sont passés par tous les états, rarement satisfaisants, au sujet de l’hôpital. Car en juin, profitant de la fin d’autorisation d’activité chirurgicale au 31 décembre, l’Agence régionale de santé (ARS) a décidé de fermer le bloc opératoire et de le transférer vers l’hôpital de Cavaillon.

    Dans le langage très ouaté de l’ARS, cela donne « un ambitieux projet territorial de renforcement de la chirurgie publique sur le Sud Vaucluse, sans dépassement d’honoraires ». Et d’insister sur « l’impact local limité dans la mesure ou la chirurgie pratiquée à Apt est très faible ». Mais, un large front commun inédit a une toute autre lecture de la situation. « C’est une décision de tableau Excel, pas de terrain, qui donne l’impression qu’Apt et le Luberon ne servent qu’à accueillir les Parisiens en vacances, mais pour se faire soigner, allez ailleurs », recampe Dominique Thévenieau. Pendant six mois, le président du comité des usagers de l’hôpital, aux côtés de plusieurs divers collectifs, du syndicat CGT mais aussi des élus du Pays d’Apt, comme la maire LR Véronique Arnaud-Deloy ou la présidente LR du Département, Dominique Santoni, s’est battu contre le départ du bloc à coup de plusieurs manifestations, d’une pétition signée par plus de 16 000 personnes et de quatre recours suspensifs en justice. En vain.

    La population « n’hésitera pas à porter plainte »

    Si les consultations d’avant et d’après opérations seront maintenues à Apt, « les opérations d’activité programmée sont arrêtées depuis le 18 décembre, celle non programmées depuis le 25 pour éviter d’avoir à transférer des patients début janvier », indique Loïc Souriau, directeur de l’ARS 84, pour qui « les choses sont en train de s’organiser de façon sécurisée, garantie et globalement de façon apaisée ». Notamment sur la question du transfert des chirurgiens ou des agents de bloc. « Tout a été fait en comité restreint juste avant Noël sans réel suivi pour les agents », dément Cathy Larsson, secrétaire de l’union santé CGT Vaucluse. Dans un communiqué, il y a dix jours, le syndicat, tout en ironie adressait de nombreux remerciements, aux « décideurs éloignés de la réalité ». « On était face à un rouleau compresseur, peu importe les dégâts qu’ils peuvent faire, ils se moquent des agents et de la population, c’est le chiffre qui compte, pas l’humain », complète Cathy Larsson.

    « On n’a pas pris cette décision à la légère », défend Loïc Souriau, concédant « une décision peut-être mal comprise » quand on l’interroge sur l’ampleur de la mobilisation qui aurait été de nature à infléchir la fermeture. « Hors particularités de grand éloignement, il n’y a aucun hôpital en France de cette taille qui réalise encore des opérations chirurgicales », assure le directeur de l’ARS 84. Le comité de défense des usagers a toujours contesté « les chiffres biaisés » de l’ARS sur le nombre d’interventions chirurgicales et redoute, en cascade, « la fin du service des urgences la nuit car 40% de son activité, c’est la chirurgie ».

    L’ARS a promis, notamment, une IRM ou un mammographe à l’hôpital. La CGT, tout comme les usagers seront vigilants. « Si des habitants venaient à avoir un souci de santé majeur, ils n’hésiteront pas à porter plainte contre l’ARS et les directions des hôpitaux d’Apt et d’Avignon-Cavaillon », prévient déjà Dominique Thévenieau.