Tag: Santé

  • [Entretien] Guy Verga : « Le Covid a accéléré le phénomène de pauvreté »

    [Entretien] Guy Verga : « Le Covid a accéléré le phénomène de pauvreté »

    La Marseillaise : Quelle est la vocation de cette soirée que vous organisez ?

    Guy Verda : L’idée est avant tout de passer un moment festif entre anciens bénévoles et l’équipe actuelle, mais aussi les donateurs, des gens qui sont proches du Secours populaire. à Gréasque, nous n’avons pas 80 ans, mais il y a un comité qui existe depuis longtemps. Les donateurs et les bénévoles sont des gens emblématiques du village et qui ont contribué à sa dynamique. On va rendre hommage à toutes ces personnes.

    Vous évoquez des besoins qui ne cessent de croître aujourd’hui. Quelle est la réalité du terrain local ?

    G.V. : Notre noyau d’activité se situe à Gréasque, mais nous sommes sollicités dans les villages environnants. On rencontre essentiellement des personnes seules, surtout des femmes, qui ont soit de petites retraites, ou qui sont des mères isolées. Il y a quelques familles nombreuses, avec quatre ou cinq enfants. La rupture a tout de même été le Covid, qui a accéléré le phénomène de pauvreté. On voit des jeunes qui n’ont jamais mis un pied dans une association d’aide et qui se retrouvent contraints à venir. Vous connaissez les causes du développement de la précarité… L’isolement est aussi une grosse problématique. On se retrouve à livrer des colis à des personnes qui ne peuvent se déplacer, d’autres qui sont malades. On prête évidemment main-forte sur le côté matériel, mais on se rend compte que beaucoup de bénéficiaires ont besoin de compagnie, d’un soutien un peu plus psychologique. Par exemple, chaque mercredi, nous avons une trentaine de personnes qui viennent – ça augmente – et on leur donne des produits frais qui correspondent à des invendus, en faisant la distribution de la façon la plus légère possible : on discute, on prend un café, on essaie d’éviter la tristesse. J’essaie de ne pas employer le mot bénéficiaire, je parle plutôt de personnes accueillies.

    Le comité parvient-il actuellement à répondre à la demande ?

    G.V. : L’équipe de bénévoles se renouvelle chaque année sur Gréasque. Certains viennent, peu arrêtent. Ceux qui le font sont contraints par des raisons de santé. L’équipe reste fidèle, on a aussi quelques étudiants qui viennent nous aider sur les collectes alimentaires, par exemple. C’est bienvenu. Ou d’anciennes personnes accueillies qui veulent rendre ce qui leur a été donné. Ils finissent, pour certains, par prendre des responsabilités, certains sont membres du bureau. On innove, on essaie par exemple de renouveler l’initiative de Copains du monde. On répond le plus largement aux demandes, mais l’idée reste de ne pas remplacer le service public. C’est notre façon de le défendre.

  • Les débuts « timides » des médecins volontaires

    Les débuts « timides » des médecins volontaires

    Ausculter dans un désert médical reste encore une donnée rare en Vaucluse, malgré la mise en place du dispositif « Un médecin près de chez vous » (notre édition du 24-09). Il y a un mois, l’Agence régionale de santé (ARS) instaurait une mission de solidarité en incitant les praticiens libéraux à consulter dans les zones les plus tendues, moyennant une indemnité de 200 euros par jour (ou 100 euros la demi-journée). « Ces créneaux viendront compléter l’offre de soins locale et alléger la pression sur les médecins déjà installés », assure l’ARS dans un communiqué. Cinq territoires ont été retenus dans toute la région, dont trois en Vaucluse.

    Dans la région, « vingt médecins généralistes libéraux se sont d’ores et déjà engagés et des premiers patients ont pu les consulter et bénéficier ainsi du dispositif », indique l’ARS. Mais dans le détail, le Vaucluse est le moins bien loti. Car, sur les trois zones concernées – le plateau de Sault, l’enclave des Papes et Rhône-Lez-Provence (Bollène) -, un seul médecin est venu consulter la semaine dernière à Sault, sur une journée. « Il a reçu une dizaine de patients », précise à La Marseillaise Loïc Souriau, directeur de l’ARS 84. Installé à Pertuis, le médecin est venu sur une journée de repos habituel. « J’ai beaucoup de travail à Pertuis, j’essuie les plâtres, mais ça se passe bien, a confié le Dr François Faure. Les gens sont contents de voir un nouveau médecin. » Mais, à date, aucun nouveau créneau de consultation n’a été ouvert par ses soins ou un autre praticien.

    Un logement gratuit proposé

    « On a d’autres médecins volontaires en cours d’inscription [dans le processus, en lien avec l’ordre des médecins et l’assurance maladie], mais ça reste timide », concède Loïc Souriau, qui « espère un engouement un peu plus important pour les semaines à venir ». Les trois cabinets médicaux identifiés sont donc à Sault (quartier Mougne), Lapalud (place Fernand-Morel) et Valréas (cours Tivoli). L’ARS relance « un appel au volontariat auprès des médecins généralistes libéraux de la région pour renforcer cette initiative de solidarité territoriale ».

    Ce démarrage poussif, Loïc Souriau l’explique par « la nouveauté ». « On met tout en œuvre pour vraiment apporter des conditions d’accueil, de confort, il y a tout le matériel nécessaire à disposition dans les cabinets, la commune de Lapalud propose un logement gratuit pour un médecin qui souhaiterait venir plusieurs jours », développe le directeur de l’ARS 84. Bien qu’expérimental, le dispositif n’a pas de durée limitée pour l’heure. En Vaucluse, 44% des médecins devraient être à la retraite dans moins de 4 ans.

  • Le parcours Vita veut conjuguer sport et lien social

    Le parcours Vita veut conjuguer sport et lien social

    Juste derrière le lycée Fourcade, le chemin piétonnier de Vallat Saint-Pierre, qui longe le ruisseau éponyme, est désormais jalonné d’équipements sportifs. Ce « parcours santé » Vita (vie, en latin) est aujourd’hui accessible à tous. Sur plus d’un kilomètre en nature, dix-huit modules sportifs, inaugurés samedi dernier, sont répartis sur trois sections.

    à commencer par « l’initiation à la marche pour personnes sédentaires ou en reprise d’activité », qui s’adresse aux usagers à mobilité dite très réduite, en grandes difficultés pour marcher. « Ces parcours, en accès libre, ça n’existe nulle part ailleurs. C’est un projet innovant, rapporte Jean-François Garcia, adjoint délégué au sport et à la santé de la Ville, médecin de profession, à l’initiative du projet. Ce parcours d’initiation à la marche existe dans les Ehpad ou les IME à destination des personnes qui séjournent dans ces établissements. »

    Trente mètres plus loin, une autre section conçue pour les usagers à mobilité réduite (PMR). Composée de cinq modules, elle permet la pratique d’une activité physique adaptée. L’équipement a été réalisé de façon à travailler le corps dans sa globalité : motricité, coordination, équilibre, tonus et fonctions cognitives. Un QR code, affiché à proximité des installations, toutes sections confondues, permet d’accéder à des vidéos d’exercices, conçues par les équipes de la Ville (service des sports et communication).

    Inclusion par le sport

    En longeant le ruisseau, la dernière section du parcours propose des modules dits de « sport classique », davantage dédiés au travail de l’équilibre et de la souplesse, avec la coordination plutôt que la fitness. « L’objectif de ce parcours reste celui de la santé pour tous, précise Jean-François Garcia. Les modules de fitness, on en voit partout, mais ils ne sont pas accessibles à une certaine partie de la population. Cette aire est conçue pour cela. Sur les 18 modules du parcours, 10 sont accessibles et PMR ou activité physique adaptée (APA). Cela s’adresse aux personnes atteintes d’un handicap moteur, d’un trouble du spectre autistique, souffrant d’obésité ou de diabète. On voit trop de personnes sédentaires, une attitude mauvaise pour la santé. Certains ne peuvent simplement pas pratiquer le sport parce qu’ils n’ont pas de lieu adapté et accessible. »

    Ce projet vise également à favoriser « le brassage entre personnes valides et non valides », en créant un lieu « de vie intergénérationnel et interquartiers », propice au lien social, précise l’adjoint. Son emplacement stratégique, à proximité d’un lycée, du centre-ville, du quartier Notre-Dame (ancien quartier prioritaire, désormais territoire à fort enjeu), d’un parcours de promenade familiale et d’un city-stade, renforce cette ambition.

    Le coût global du projet s’élève à 220 000 euros, dont 33% financés par le Département.

  • Des PFAS présents dans l’air dans toute la région Occitanie

    Des PFAS présents dans l’air dans toute la région Occitanie

    Gendarme de la pollution
    atmosphérique, l’Atmo Occitanie analyse régulièrement la qualité de l’air dans la région. Un enjeu de santé majeur, la pollution de l’air étant responsable de 40 000 décès chaque année, d’après Santé publique France. « Le coût pour la Sécurité sociale est évalué à plus de 100 milliards d’euros. Donc il y a un certain nombre d’actions qui peuvent être mises en œuvre avec les données que nous produisons », souligne Émilie Dalix, présidente d’Atmo Occitanie.

    Si l’observatoire mesurait jusque-là la présence de pesticides, cette année -c’est la nouveauté- l’étude prend également en compte la détection des perturbateurs endocriniens (PE) et des Pfas, polluants éternels. « Les perturbateurs endocriniens sont issus de la combustion, de la dégradation de matières comme les plastiques ou encore les répulsifs anti-moustiques. Nous avons voulu suivre les Pfas dans les retombées de poussière et de pluie puisque des réglementations sont en train de se déployer. Nous souhaitons faire des premières évaluations pour avoir des éléments d’échange sur ce que l’on peut respirer », détaille Dominique Tilak, directrice d’Atmo Occitanie. Pas moins de 192 molécules (88 pesticides, 56 PE et 50 Pfas, deux molécules étant recherchées dans les pesticides et les PE) ont été analysées sur dix sites de la région.

    Des Pfas sur tous les sites

    Ainsi, ce ne sont pas moins de 105 molécules qui ont été retrouvées dans l’air occitan (47 pesticides, 50 PE et 10 Pfas). « Au niveau des pesticides, on retrouve depuis plusieurs années fréquemment le prosulfocarbe, le Folpel, fongicide utilisé sur les vignes et le pendimethaline, un désherbant que l’on retrouve dans les grandes cultures », poursuit Dominique Tilak. Une tendance à la baisse est observée sur la plupart des sites, sauf le Gard viticole « mais la concentration cumulée est basse ». Les zones urbaines ne sont pas épargnées par les pesticides puisque dix ont été retrouvés à Montpellier -50 PE et 10 Pfas – et 14 à Toulouse – 56 PE et 6 Pfas. Les polluants éternels sont donc présents sur l’ensemble des sites (10 ont été enregistrés sur le site gardois urbain -mais le TFA, produit à Solvay n’était pas recherché). « C’est une première en France. Quel que soit l’endroit ou le moment, nous respirons des PE et des Pfas dans les environnements suivis. Nous sommes au début d’une étude qui durera au moins trois ans. On espère pour pouvoir continuer et voir les évolutions. »

  • En Occitanie, des PFAS présents dans l’air

    En Occitanie, des PFAS présents dans l’air

    Gendarme de la pollution
    atmosphérique, l’Atmo Occitanie analyse régulièrement la qualité de l’air dans la région. Un enjeu de santé majeur, la pollution de l’air étant responsable de 40 000 décès chaque année, d’après Santé publique France. « Le coût pour la Sécurité sociale est évalué à plus de 100 milliards d’euros. Donc il y a un certain nombre d’actions qui peuvent être mises en œuvre avec les données que nous produisons », souligne Émilie Dalix, présidente d’Atmo Occitanie.

    Si l’observatoire mesurait jusque-là la présence de pesticides, cette année -c’est la nouveauté- l’étude prend également en compte la détection des perturbateurs endocriniens (PE) et des Pfas, polluants éternels. « Les perturbateurs endocriniens sont issus de la combustion, de la dégradation de matières comme les plastiques ou encore les répulsifs anti-moustiques. Nous avons voulu suivre les Pfas dans les retombées de poussière et de pluie puisque des réglementations sont en train de se déployer. Nous souhaitons faire des premières évaluations pour avoir des éléments d’échange sur ce que l’on peut respirer », détaille Dominique Tilak, directrice d’Atmo Occitanie. Pas moins de 192 molécules (88 pesticides, 56 PE et 50 Pfas, deux molécules étant recherchées dans les pesticides et les PE) ont été analysées sur dix sites de la région.

    Ainsi, ce ne sont pas moins de 105 molécules qui ont été retrouvées dans l’air occitan (47 pesticides, 50 PE et 10 Pfas). « Au niveau des pesticides, on retrouve depuis plusieurs années fréquemment le prosulfocarbe, le Folpel, fongicide utilisé sur les vignes et le pendimethaline, un désherbant que l’on retrouve dans les grandes cultures », poursuit Dominique Tilak. Une tendance à la baisse est observée sur la plupart des sites, sauf le Gard viticole « mais la concentration cumulée est basse ». Les zones urbaines ne sont pas épargnées par les pesticides puisque dix ont été retrouvés à Montpellier -50 PE et 10 Pfas – et 14 à Toulouse – 56 PE et 6 Pfas. Les polluants éternels sont donc présents sur l’ensemble des sites (10 ont été enregistrés sur le site gardois urbain -mais le TFA, produit à Solvay n’était pas recherché). « C’est une première en France. Quel que soit l’endroit ou le moment, nous respirons des PE et des Pfas dans les environnements suivis. Nous sommes au début d’une étude qui durera au moins trois ans. On espère pour pouvoir continuer et voir les évolutions. »

  • La justice rejette deux recours contre la fermeture du bloc

    La justice rejette deux recours contre la fermeture du bloc

    « Ce n’est pas perdu, mais ce n’est pas gagné », résume, déçu, mais pas résigné, le collectif Apt à faire bloc à la lecture de la décision de justice rendue le 14 octobre par le tribunal administratif de Marseille. La justice vient de rejeter deux recours qui visaient à suspendre la décision, prise en juin, par l’Agence régionale de santé (ARS) de fermer le service de chirurgie et endoscopie du centre hospitalier d’Apt. Un choix contre lequel est vent debout l’ensemble de la population, élus de tous bords et personnels médical ou non de l’hôpital.

    Les deux recours sont des référés suspensions, qui se prononcent sur l’urgence de la situation et permettent d’avoir une première décision rapide, quand le recours sur le fond n’est étudié que dans de lointains délais, incompatibles ici avec la décision de l’ARS prenant effet au 31 décembre. La municipalité d’Apt, ainsi que le comité des usagers pour le soutien et la défense de l’hôpital, avaient donc saisi la justice au début du mois. En vain, pour le moment. Dans l’ordonnance concernant le référé du comité des usagers, consultée par La Marseillaise, la juge motive sa décision en estimant que le requérant « n’apporte aucun élément permettant d’établir que les risques [pour la santé des patients, Ndlr] seraient avérés et que les autres établissements autorisés à exercer la chirurgie ne seraient pas en capacité de prendre en charge l’ensemble des patients ».

    En outre, la justice, conteste « la notion d’urgence caractérisée » en se fondant sur des données (activité, part d’Aptésiens se faisant déjà opérer ailleurs…) issues d’un communiqué de presse de l’ARS de juin dernier… « Des chiffres erronés », soupire Dominique Thévenieau, président du comité des usagers, conforté par l’équipe médicale du centre hospitalier qui, tableaux de rapports d’activité de l’hôpital, dément les calculs de l’ARS.

    Une action devant l’ARS le 6 novembre

    Pas question de se laisser abattre, le président réfléchissait à déposer un nouveau recours et fonde des espoirs sur un second référé de la Ville, déposé cette fois à Nîmes, portant « sur la rupture du groupement de coopération sanitaire qui est en cours ». Côté syndicat aussi, un recours en urgence est à l’étude. « Rien n’est encore ficelé, mais on étudie un autre angle d’attaque [que ceux rejetés] », confie Cathy Larsson, secrétaire de l’union santé CGT de Vaucluse, qui porte aussi un recours sur le fond « sur la mise en danger de la population avec 15 témoignages qui disent que sans ce service, ils seraient morts ou gravement handicapés ».

    En attendant, la mobilisation se poursuit. Après une manifestation le 9 octobre dernier à Apt, cette fois, une grande action aura lieu le 6 novembre (15h30) à Avignon, devant le siège de l’ARS.

  • Apt : la justice rejette deux recours contre la fermeture du bloc

    Apt : la justice rejette deux recours contre la fermeture du bloc

    « Ce n’est pas perdu, mais ce n’est pas gagné », résume, déçu, mais pas résigné, le collectif Apt à faire bloc à la lecture de la décision de justice rendue le 14 octobre par le tribunal administratif de Marseille. La justice vient de rejeter deux recours qui visaient à suspendre la décision, prise en juin, par l’Agence régionale de santé (ARS) de fermer le service de chirurgie et endoscopie du centre hospitalier d’Apt. Un choix contre lequel est vent debout l’ensemble de la population, élus de tous bords et personnels médical ou non de l’hôpital.

    Les deux recours sont des référés suspensions, qui se prononcent sur l’urgence de la situation et permettent d’avoir une première décision rapide, quand le recours sur le fond n’est étudié que dans de lointains délais, incompatibles ici avec la décision de l’ARS prenant effet au 31 décembre. La municipalité d’Apt, ainsi que le comité des usagers pour le soutien et la défense de l’hôpital, avaient donc saisi la justice au début du mois. En vain, pour le moment. Dans l’ordonnance concernant le référé du comité des usagers, consultée par La Marseillaise, la juge motive sa décision en estimant que le requérant « n’apporte aucun élément permettant d’établir que les risques [pour la santé des patients, Ndlr] seraient avérés et que les autres établissements autorisés à exercer la chirurgie ne seraient pas en capacité de prendre en charge l’ensemble des patients ».

    En outre, la justice, conteste « la notion d’urgence caractérisée » en se fondant sur des données (activité, part d’Aptésiens se faisant déjà opérer ailleurs…) issues d’un communiqué de presse de l’ARS de juin dernier… « Des chiffres erronés », soupire Dominique Thévenieau, président du comité des usagers, conforté par l’équipe médicale du centre hospitalier qui, tableaux de rapports d’activité de l’hôpital, dément les calculs de l’ARS.

    Une action devant l’ARS le 6 novembre

    Pas question de se laisser abattre, le président réfléchissait à déposer un nouveau recours et fonde des espoirs sur un second référé de la Ville, déposé cette fois à Nîmes, portant « sur la rupture du groupement de coopération sanitaire qui est en cours ». Côté syndicat aussi, un recours en urgence est à l’étude. « Rien n’est encore ficelé, mais on étudie un autre angle d’attaque [que ceux rejetés] », confie Cathy Larsson, secrétaire de l’union santé CGT de Vaucluse, qui porte aussi un recours sur le fond « sur la mise en danger de la population avec 15 témoignages qui disent que sans ce service, ils seraient morts ou gravement handicapés ».

    En attendant, la mobilisation se poursuit. Après une manifestation le 9 octobre dernier à Apt, cette fois, une grande action aura lieu le 6 novembre (15h30) à Avignon, devant le siège de l’ARS.

  • Le dépistage du cancer du sein de retour à Cavaillon

    Le dépistage du cancer du sein de retour à Cavaillon

    Les chiffres sont assez éloquents : avec plus de 15% en Vaucluse, le taux de mortalité lié au cancer du sein est le plus important de la région. Chaque année, près de 500 nouveaux cas sont déclarés dans le département. Ceci expliquant peut-être cela, le Vaucluse fait partie des dix départements français participant le moins (39%) à la campagne annuelle de prévention. Faute notamment de structures permettant de réaliser les dépistages. Pendant 4 ans, cela a été le cas à Cavaillon, pourtant 4e commune la plus peuplée du département. Depuis 2021, les femmes devaient se faire dépister dans d’autres villes « avec des délais qui pouvaient être très longs », reconnaît l’hôpital.

    Une anomalie réparée depuis ce lundi. Le centre hospitalier vient d’ouvrir les consultations au sein d’un nouveau centre de mammographie. « Le dispositif va progressivement monter en charge pour atteindre 8 demi-journées hebdomadaires courant 2026, l’organisation est calibrée pour faire face rapidement à un besoin de 3 500 dépistages par an, indique l’hôpital. C’est statistiquement 25 cancers du sein qui pourront être précocement diagnostiqués annuellement. » Plus de 70 femmes par semaine pourront ainsi être dépistées. « Grâce au partenariat avec l’assurance maladie de Vaucluse, les examens seront réalisés sans avance de frais », assure l’hôpital, qui a recruté quatre personnes dans le service d’imagerie.

    Un projet qui a nécessité un investissement de 345 000 euros (290 000 euros de matériel et 55 000 euros de travaux) financé par la Région (150 000 euros), la Ville (90 000 euros), l’ARS (55 000 euros) et l’hôpital (50 000 euros).

  • Dans le budget, plus d’armes, moins de Sécu

    Dans le budget, plus d’armes, moins de Sécu

    Tout faire pour satisfaire les marchés financiers. Ce lundi, en commission des finances, le budget présenté aux députés n’a qu’une seule ligne, réduire les déficits en préservant les cadeaux au patronat et la sacro-sainte politique de l’offre d’Emmanuel Macron. Un effort austéritaire de 30 milliards d’euros, avec 14 milliards de hausses d’impôts, essentiellement portées par le monde du travail dénonçait la CGT il y a une semaine, et 17 milliards de coupes budgétaires. De quoi préparer le terrain pour le projet de loi de finances de la Sécurité sociale, présenté jeudi en commission des affaires sociales, avec 7,1 milliards d’euros d’économies.

    Pour faire passer la potion amère et éviter la censure, le Premier ministre a concédé une suspension temporaire de la réforme des retraites. Surtout, il a annoncé qu’il n’userait pas du 49.3 pour faire passer le texte en force. « C’est la garantie pour l’Assemblée nationale que le débat, notamment budgétaire, (…) vivra, ira jusqu’au bout, jusqu’au vote », annonçait-il dans son discours de politique générale, mardi dernier. Pourvu que le déficit ne dépasse pas les 5%.

     Moins d’efforts du patronat

    Les 400 plus grandes entreprises, qui réalisent un chiffre d’affaires d’au moins 1 milliard d’euros en France, avaient été mises à contribution lors du précédent budget avec une surtaxe exceptionnelle de 8 milliards d’euros. Cette fois, l’effort est divisé par deux. Le gouvernement y ajoute une contribution sur les hauts revenus (1,5 milliard) et une taxation du patrimoine dissimulé dans les holdings familiales (1 milliard). Mais, en même temps, avance sur la suppression de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), retirant 1,3 milliard d’impôts sur les entreprises. Quant aux 211 milliards d’aides accordées aux entreprises, elles ne sont qu’à peine remises en question, avec 1,5 milliard d’exonérations de cotisations sociales supprimées… et une attaque sur les finances de l’audiovisuel public.

     Le monde du travail doit payer

    Aux salariés d’assumer les hausses d’impôts, à travers un gel des barèmes de l’impôt sur le revenu et de la contribution sociale généralisée qui doivent apporter 2,2 milliards d’euros. Comme un symbole, c’est le ministère du Travail qui devrait être parmi les plus touchés, notamment en réduisant les aides et exonérations de cotisations pour l’apprentissage (2 milliards d’euros), jusqu’à supprimer le coup de pouce de 500 euros pour passer son permis. 200 millions sont rabotés aussi sur l’insertion par l’activité économique : de quoi mettre en danger 20 000 postes, alerte le secteur. Et les prestations sociales, elles aussi, sont gelées.

     Les retraités attaqués

    Si le gouvernement suspend temporairement la réforme des retraites, il gèle aussi les pensions. Celles-ci ne seront pas revalorisées l’année prochaine, puis seront sous indexées les années suivantes de 0,4 point en deçà de l’inflation, jusqu’en 2030. L’abattement de 10% pour les retraités est quant à lui remplacé par un abattement forfaitaire de 2 000 euros.

     Coupes dans la fonction publique

    La ministre chargée des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a salué « l’effort » des fonctionnaires : une nouvelle fois, leur point d’indice sera gelé. Les crédits pour l’amélioration de leurs conditions de travail sont taillés de 190 millions, ceux de l’action sociale de 22 millions. Et s’ajoute surtout la suppression de 3 119 postes, pour moitié dans les opérateurs et agences de l’État. L’Éducation nationale en perd plus de 4 000, le ministère du Travail, plus d’un millier, dont la moitié à France travail (ex-Pôle emploi), où l’IA est censé suppléer aux absents… Les finances, de leur côté, perdent 565 agents. Seuls l’Intérieur et la Justice (1 450 agents en plus) ainsi que les Armées (+830) en gagnent. Dans cette lignée, il n’y a que le ministère de la Défense qui voit ses crédits significativement augmentés, avec 6,7 milliards en plus.

     Le logement menacé

    Comme les autres droits sociaux, les aides personnalisées au logement (APL) sont gelées… et même supprimées pour les étudiants extra-européens. L’union sociale pour l’habitat s’alarme d’un effort supplémentaire pour les bailleurs sociaux de 750 millions d’euros face au désengagement de l’État, tandis que la cohésion des territoires, qui porte la politique du logement, voit ses crédits amputés de 900 millions, en particulier pour la rénovation des bâtiments.

     La Santé à l’os

    Malgré les besoins croissants, la Sécurité sociale reste mise au pain sec et à l’eau, alors que les caisses perdront un millier de salariés. La hausse des dépenses de l’assurance-maladie reste limitée à 1,6%, soit 7,1 milliards d’économie, des restrictions beaucoup plus importantes que les années précédentes. Les arrêts maladie doivent être plafonnés à un mois, voire 15 jours pour ceux prescrits par la médecine de ville. Les franchises pour les consultations et les médicaments doivent être doublées à travers un décret pour apporter 2,3 milliards d’euros.

    Reste à savoir s’il y aura une majorité pour voter ces budgets.

    L’intersyndicale interpelle les députés

    Dans un communiqué, l’intersyndicale CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, Solidaires et FSU qualifie de « premier pas », l’annonce par le Premier ministre de la suspension de la réforme des retraites, qui serait « un préalable à l’abandon de la réforme in fine ». Vent debout contre le budget porté par le gouvernement, les syndicats demandent aux députés « de supprimer les mesures d’austérité annoncées » et plaident pour l’élaboration d’« un budget de justice sociale et fiscale garantissant un haut niveau de protection sociale, des services publics renforcés et des investissements vers une transition écologique et industrielle juste et de haut niveau ». L.Pi.

    CHRONOLOGIE

    Projet de loi de finances (PLF)

    Après le passage en commission des Finances, les députés poursuivent vendredi l’examen du volet recette du budget 2026 au sein de l’hémicycle. Des séances sont prévues samedi 25, puis du lundi 27 au mercredi 29. La journée du jeudi 30 octobre sera consacrée à la niche parlementaire du RN. L’examen du projet de loi de finances (PLF) prendra fin le 3 novembre, le vote solennel est prévu le lendemain à 15h. La même journée, c’est le volet dépenses du projet de loi de finances qui débutera en commission, jusqu’au 10 novembre. La fin des débats est prévue en séance à l’Assemblée nationale le dimanche 23. Le Sénat examinera le budget du 24 novembre au 10 décembre. Le budget doit être promulgué avant le 31 décembre, après son passage devant le Conseil constitutionnel.

    Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS)

    Les ministres concernés par le budget de la Sécurité sociale sont auditionnés ce mardi, avant un examen en commission des Affaires sociales qui commence jeudi. Les débats en séance sont prévus à partir du 4 novembre, dans la soirée, après le vote du PLF. Les discussions promettent d’être houleuses et très suivies, c’est à ce moment-là que doit être voté l’amendement qui acte la suspension de la réforme des retraites, annoncée par le Premier ministre lui-même. Après cela, c’est au tour des sénateurs de se pencher sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), du 17 au 24 novembre.

  • Indecosa CGT 83 invite à protéger les consommateurs

    Indecosa CGT 83 invite à protéger les consommateurs

    Face aux coupes budgétaires du futur budget de l’État, l’Indecosa CGT 83 (Information défense des consommateurs salariés) tire la sonnette d’alarme. Une situation qui s’inscrit dans la lignée de la politique macroniste : « Depuis 2017, des centaines de milliards d’euros d’argent public ont été distribuées (…) aux “clientèles” privilégiées par la droite : les entreprises et les grandes fortunes, aux frais de la population ».

    Parmi les coupes suggérées, la fermeture de plusieurs établissements publics, ou leur mise au régime sec : l’Agence du bio, ciblée par LR, victime d’une baisse drastique de son budget (15 M d’euros). L’Office français de la biodiversité est également la « cible de la FNSEA et de la très droitière Coordination rurale ». Dans la même optique, l’Agence de la transition écologique (Ademe) est aussi dans le viseur du RN et LR.

    Mais ce qui alerte le plus l’Indecosa, c’est la possible disparition de l’Institut national de la consommation (INC). Cet « organisme indépendant des pouvoirs économiques » revendique « la revue “60 millions de consommateurs”, référence des tests comparatifs et alertes santé et des émissions d’info suivies chaque semaine par plus de 3 millions de téléspectateurs ». Il faut aussi mentionner la baisse des moyens des Centres techniques régionaux de la consommation (CTRC), alors que « la défense des consommateurs s’appuie sur l’INC, qui assure l’expertise, les associations qui accompagnent les familles, et les CTRC, chargés de la formation des bénévoles associatifs », détaille l’Indecosa. « Tous les débats sur la malbouffe, le nutri-score, le bio seraient clos ? », interroge l’association, qui a également lancé une pétition auprès du Sénat pour maintenir une TVA à 5,5% sur le gaz et l’électricité, que le gouvernement veut faire passer à 20%.