Tag: Santé

  • [Entretien] Guillaume Cartron : « 400 patients suivis » à Montpellier à l’aide de Cureety

    [Entretien] Guillaume Cartron : « 400 patients suivis » à Montpellier à l’aide de Cureety

    La Marseillaise : Comment fonctionne concrètement Cureety pour un patient en oncologie ou en hématologie ?

    Guillaume Cartron : Cureety est une application que les patients installent sur leur téléphone. Elle leur permet de signaler leurs sensations et les effets secondaires liés à leurs traitements. Elle leur permet également d’échanger avec les soignants. Par exemple, pour un patient sous chimiothérapie, plusieurs questionnaires sont envoyés à des moments précis du protocole et à intervalles définis. Ces questionnaires structurent le suivi. Les informations saisies sont directement accessibles aux médecins et aux équipes qui assurent leur prise en charge.

    Depuis son déploiement au CHU, observez-vous des résultats tangibles ?

    G.C. : Le dispositif s’inscrit dans une dynamique engagée depuis 2014 à Montpellier. Il a ensuite été expérimenté au niveau national à partir de 2018. Depuis 2022, la télésurveillance est reconnue par la loi et prise en charge par la Sécurité sociale, ce qui permet un déploiement plus large. Les données évoquent une baisse des hospitalisations non programmées, de l’ordre de 3%.

    Où en est aujourd’hui le déploiement du dispositif ?

    G.C. : le dispositif est actuellement en place en oncologie et en hématologie. Environ 400 patients ont accepté d’être suivis via la plateforme. Certains refusent, principalement parce qu’ils ne se sentent pas à l’aise avec l’outil numérique, souvent des patients âgés et d’autres craignent pour leurs données personnelles.

    La télésurveillance est-elle appelée à devenir un standard, ou reste-t-elle un complément ?

    G.C. : Il s’agit d’un complément, un lien supplémentaire. Les patients peuvent toujours appeler, mais l’outil structure le suivi. Le dispositif a vocation à s’étendre à d’autres services. Dans un contexte d’externalisation nécessaire des soins, l’objectif est d’éviter les hospitalisations inutiles, de proposer des traitements en externe lorsque c’est possible, tout en maintenant un lien étroit avec les patients. La télésurveillance contribue à une meilleure organisation des soins et à une prise en charge adaptée hors les murs de l’hôpital.

  • Finances : le rôle important de la Région dans le Gard

    Finances : le rôle important de la Région dans le Gard

    Dix ans après la fusion du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées, la Région Occitanie célèbre un anniversaire politique fondateur. À l’occasion d’une conférence de presse tenue à Nîmes, les élus régionaux gardois ont dressé le bilan de cette décennie d’actions et présenté les grandes orientations des projets à venir, dans un contexte budgétaire contraint mais assumé.

    Pour Fabrice Verdier, conseiller régional, l’enjeu était clair : « La Région a dix ans, il était important de faire un bilan après cette décennie. Ce choix fondateur a été réussi, nous avons fait région, nous sommes ensemble et cela apporte aux concitoyens de véritables réponses. » Malgré les débats initiaux, notamment dans le Gard, l’Occitanie s’est imposée comme un échelon incontournable de l’action publique. Avec un budget 2026 de 3,54 milliards d’euros, dont 1,15 milliard d’investissements, la Région reste la première de France en investissement par habitant. « Chaque euro dépensé est un euro utile », insiste Fabrice Verdier, rappelant la ponction de près de 500 millions d’euros opérée par l’État ces dernières années. Une contrainte forte qui n’empêche pas l’exécutif régional d’afficher ses ambitions.

    Vice-président chargé de l’économie, Jalil Benabdillah souligne une stratégie fondée sur l’anticipation : « L’environnement, la technologie et le social sont nos trois grands secteurs d’action. » Dans le Gard, 325 millions d’euros ont été mobilisés en faveur des entreprises, contribuant à l’implantation d’usines, à la création d’emplois et à l’attractivité d’un territoire qui accueille chaque année de nouveaux habitants. « Nous sommes la Région la plus innovante d’Europe », affirme-t-il.

    « Un budget d’action » face aux défis

    La transition écologique occupe une place centrale dans les politiques régionales. Aurélie Genolher, en charge de ces questions, défend « un budget d’action, de résistance et d’espoir qui place l’écologie au cœur de chacune de nos actions ». Gestion de l’eau, biodiversité, zones Natura 2000 ou énergies renouvelables : le Gard bénéficie d’investissements ciblés dans un territoire particulièrement exposé au changement climatique. « Parler de transition, c’est aussi parler de biodiversité », rappelle-t-elle.

    Autre priorité régionale : l’agriculture. Katy Guyot revendique une constance politique depuis dix ans : « Nous sommes attachés à l’agriculture occitane, nourricière. » Le budget agricole a doublé en une décennie et plus de 1 300 aides ont été attribuées dans le Gard. L’objectif est clair : relocaliser la production, garantir la souveraineté alimentaire et préserver les paysages.

    La mobilité reste le premier poste budgétaire de la Région. Jean-Luc Gibelin met en avant les résultats concrets : « Nous avons multiplié par trois la desserte de Beaucaire » et enregistré une hausse de fréquentation de 43% sur la liaison Nîmes-Alès. Réouverture de gares, plan vélo, train à 1 euro : la politique régionale se veut à la fois sociale et écologique.

    Enfin, la santé illustre la volonté régionale d’intervenir là où l’État se désengage. Julie Delalonde évoque « l’action au quotidien pour un meilleur accès aux soins », notamment à travers les centres de santé régionaux. Dans le Gard, plus de 55 000 consultations ont déjà été réalisées. « Le combat continue ! », conclut Fabrice Verdier, résumant l’état d’esprit d’une Région qui entend à la fois protéger les habitants et préparer l’avenir.

  • Cévennes : un front franco-cubain face au désert médical local

    Cévennes : un front franco-cubain face au désert médical local

    Il y a quasiment un an, lorsqu’André Chassaigne était venu à Alès pour présenter la possibilité d’attirer des médecins cubains dans les déserts médicaux français, beaucoup n’y croyaient pas. Mais onze mois plus tard, l’enthousiasme est revenu chez les Cévenols. La preuve, ils étaient une vingtaine de maires, une vingtaine d’autres élus et une soixantaine de citoyens présents à Cendras pour s’informer de l’avancée du projet, lundi 23 février.

    Car depuis, le travail mené par Sylvain André (PCF), maire de Cendras et président des maires ruraux du Gard, ainsi que par le comité de défense et de promotion de l’hôpital et de la santé en Cévennes a porté ses fruits en recevant le soutien de la quasi-totalité des acteurs du bassin alésien. « Nous avons aussi eu des réunions au ministère de la Santé et avec le conseiller santé du Président de la République. Ils sont d’accord avec la venue des médecins cubains, mais il faut pour cela travailler sur une convention », a expliqué André Chassaigne (PCF), qui a rendez-vous le 11 mars avec le ministère des Affaires étrangères pour présenter une première version de cette convention, dont le but est d’encadrer l’arrivée des médecins cubains.

    Dans un premier temps, cette venue devrait être expérimentale et concernerait trois zones en France : les Côtes-d’Armor, les Cévennes et les Alpes-de-Haute-Provence, notamment du côté de Sisteron et de Digne.

    24 000 médecins cubains déployés dans le monde

    Le travail de ces soignants serait payé par les hôpitaux à l’État cubain, qui reverserait une partie du salaire à ses médecins. « Cette situation ne sera que transitoire car ces médecins ne viennent pas pour remplacer, mais pour pallier des trous dans la raquette. Ces médecins seront aussi placés avec un médecin référent et ne seront pas envoyés seuls dans la nature », précise André Chassaigne.

    Pour confirmer le soutien de son pays à cette initiative, alors que Cuba compte actuellement 24 000 médecins déployés dans près de 50 pays, Justo Rodriguez, numéro deux à l’ambassade, s’est rendu dans le Gard ce 24 février, où il a pu échanger avec les élus et avec le directeur de l’hôpital d’Alès. « L’ambassadeur est favorable à la signature de cette convention. Pour nos médecins, ce sera aussi l’occasion de se former sur des technologies que l’on n’a pas à cause du blocus américain. Nous sommes donc disponibles pour mener cette coopération. Nous avons déjà 300 médecins déployés dans la région italienne de Lombardie », a expliqué le représentant cubain, qui a reçu officiellement le rapport sur les besoins spécifiques du bassin alésien. En Cévennes une centaine de médecins font défaut. Les analyses font apparaître un besoin de 24 praticiens au centre hospitalier d’Alès, des généralistes aux centres Filieris et sur la ville d’Alès et 28 généralistes ainsi que six spécialistes dans les communes environnantes. Après consultations et accord des divers éléments locaux du corps médical et celui des autorités nationales ses besoins pourraient être couverts par les Cubains. Si ce rapport devait être initialement remis en personne à l’ambassadeur, retenu par des affaires plus urgentes liées au contexte international, André Chassaigne estime que les pressions exercées par Donald Trump pour faire tomber le régime cubain ne perturberont pas le processus enclenché : « Le blocus exercé, avec maintenant l’interdiction d’approvisionner Cuba en pétrole, est ignoble. Quand je lui ai parlé des pressions américaines, Emmanuel Macron m’a promis qu’il assumerait. Je crois qu’il a la volonté de mettre de la distance avec les États-Unis pour affirmer son indépendance. » Des propos qui ont poussé le maire de Cendras (PCF), Sylvain André, à conclure avec optimisme : « À l’heure où les bombes pleuvent partout, cette coopération pourrait donner une autre image des relations internationales, qui seraient basées sur la solidarité. »

  • Dentistes et spécialistes de l’hôpital s’installent dans l’ancien centre Oxance à Miramas

    Dentistes et spécialistes de l’hôpital s’installent dans l’ancien centre Oxance à Miramas

    Le bâtiment qui accueillait le centre de soins mutualiste Oxance reprend vie. Depuis quelques semaines, une banderole indique que des travaux sont en cours. « Il s’agit de chirurgiens-dentistes qui vont ouvrir six fauteuils, dont un sur de l’orthodontie, détaille le maire de Miramas Frédéric Vigouroux (DVG). Ils se chargent du chantier, aussi pour accueillir des praticiens de l’hôpital de Salon-de-Provence. » Car d’ici le mois de mai, des consultations avancées de spécialistes seront mises en place dans ce centre de santé qui a désormais le nom de Jean- Mermoz.

    Ce revirement n’était pas gagné d’avance. Il y a un an, Oxance quittait brutalement la commune dans laquelle il était installé depuis 1988 sans annonce officielle, laissant un goût amer à la municipalité qui avait beaucoup lutté pour le maintien de ce centre. En 2011, alors qu’une crise financière due à des directives européennes imposant aux mutuelles de séparer le système assurantiel des œuvres sociales menaçait onze antennes du département, la Ville a participé à la création d’un comité de soutien. L’année suivante, Frédéric Vigouroux était allé chercher une subvention d’investissements pour réaliser des travaux à hauteur de 230 000 euros et avait œuvré pour labelliser ce centre « Maison régionale de santé ».

    Vers une offre complète

    C’est bien « la situation médico-sociale de ce territoire, qui s’est retrouvée carencée en médecins généralistes mais aussi en spécialistes suite à la fermeture du centre Oxance », qui a poussé l’hôpital du Pays Salonais à « offrir une porte d’entrée dans les soins aux concitoyens miramasséens », raconte Ali Mofredj, président de la commission médicale de l’établissement.

    Plus que de réaliser des examens, l’objectif affiché est de pouvoir diriger les patients vers des spécialités « qui ne sont pas déplaçables en raison de matériel ». « Ça permet de faire un premier tri, de donner des avis médicaux pour rentrer plus facilement dans un circuit de soins », affirme le neurologue.

    « On démarre l’expérimentation avec quelques praticiens. Les premiers à partir sont des chirurgiens d’orthopédie, de chirurgie viscérale, on a des consultations de sages-femmes, de gynécologues, de pédiatres… précise-t-il. On va démarrer petit à petit et on va étoffer les soins au fur et à mesure en espérant pouvoir apporter une offre beaucoup plus complète. »

    Si l’hôpital salonais peut se permettre de s’exporter de la sorte, c’est parce qu’il est en phase de « montée en puissance ». « On recrute en prévision de 2029-2030 », explique le président de la commission médicale, date à laquelle l’établissement sera entièrement reconstruit sur un terrain de 6,5 hectares au sud-ouest de la ville, à 10 minutes seulement de Miramas.

    Répondre aux besoins

    D’ici là, Ali Mofredj souhaite, au fond, ne pas avoir « à garder ces consultations avancées encore longtemps, car ça voudrait dire que le territoire est encore carencé ». « Nous resterons le temps nécessaire mais on espère bien que ce territoire aura une offre de soins complète dans quelques années et que nous, nous nous recentrerons sur notre mission d’hôpital public. »

    La Ville de Miramas s’y attelle. Plusieurs projets sont dans les tuyaux. À Mirasud, la Maison de santé pluriprofessionnelle a récemment complété son offre de soins avec l’arrivée d’un laboratoire d’analyses médicales. À Miranord, une deuxième maison de santé est construite par la ville. Les travaux « démarrent au mois d’avril avec des spécialistes qui vont arriver », pour une ouverture en mai 2027. « Bien sûr nous, en tant que commune, on ne pourra jamais remplacer les médecins manquants, reconnaît Frédéric Vigouroux. Mais le fait de construire des locaux neufs et de faciliter le travail pluridisciplinaire et collectif, ça aide ! »

  • À Marignane, la gauche détaille son programme santé

    À Marignane, la gauche détaille son programme santé

    « Prévenir, c’est déjà soigner », affirme Gaëtan Maziani. Ce jeudi soir, la liste d’union de la gauche, emmenée par Ariane Lombardi (PCF), a présenté plusieurs propositions sur les thèmes de la santé et de l’environnement pour mieux vivre à Marignane.

    L’équipe souhaite mettre en place une Maison de santé communale. « Le lien entre le médical et le social n’est pas assez fait dans les communes », commence le colistier, ancien infirmier. Bien que la santé relève d’une compétence d’État, pour Gaëtan Maziani, le rôle de la commune est de développer la prévention, de « garantir l’égal accès aux soins » et de coordonner les acteurs. Pour la liste, cette Maison de santé communale devra être un lieu d’orientation, où « l’on repère les fragilités avant qu’elles deviennent une urgence », où « les professionnels travaillent avec les associations et les habitants », où on étudie les « déterminants de santé ». Elle y envisage d’y organiser des ateliers et des accompagnements spécifiques pour les personnes isolées, à l’instar des seniors ou des aidants.

    L’équipe d’Ariane Lombardi souhaite aussi mettre en place une mutuelle municipale « juste, solidaire et avec un haut niveau de protection » pour lutter contre le renoncement aux soins.

    Pour Gispy Voisin, le bien-être passe aussi par la santé environnementale. Le groupe prévoit de planter 3 000 arbres sur le mandat, en cas d’élection. « Un arbre de 30 ans produit une fraîcheur équivalente à une clim individuelle », affirme la colistière, qui veut développer les mobilités douces pour lutter contre la pollution atmosphérique, largement imputable au trafic routier. « Il nous faut un parcours de pistes cyclables continu et sécurisé », assène Ariane Lombardi.

  • Le projet inédit d’une Maison des étoiles dédiée au cancer du cerveau à Montpellier

    Le projet inédit d’une Maison des étoiles dédiée au cancer du cerveau à Montpellier

    « Le glioblastome est un cancer du cerveau sous sa forme la plus grave. Il touche 3 500 personnes par an en France. La médiane de survie est de 18 mois, et à ce jour il n’y a pas de traitement curatif », expose Laetitia Levère, cadre Ibode (infirmière de bloc opératoire) au CHU de Montpellier et fondatrice de l’association Des Étoiles dans la mer, devenue une référence nationale en matière de lutte contre le cancer du cerveau.

    Confrontée personnellement, il y a quelques années, à cette maladie qui a emporté son mari, Laetitia Levère a décidé de sortir ce cancer de l’épais silence qui l’enveloppe encore, en agissant, grâce à son association, sur le financement de la recherche (un million d’euros reversé depuis 2019), l’accompagnement des familles, et la sensibilisation du grand public. « Le cancer du cerveau bouleverse des vies entières. Il est temps que la société lui accorde la place, les moyens et l’attention qu’il mérite », estime la fondatrice de Des Étoiles dans la mer. Car ce cancer, l’un des plus agressifs et au plus mauvais pronostic, a un impact humain considérable sur les patients comme sur leurs proches. « Tous les jours on reçoit des appels de personnes désemparées, qui cherchent de l’aide ou des informations. »

    Le glioblastome se caractérise en effet par une évolution extrêmement rapide et des handicaps lourds (troubles moteurs, troubles de l’équilibre) dès les premiers symptômes, ainsi que par un déclin cognitif (troubles du langage, de la mémoire, de l’attention…).

    « Un refuge ouvert »

    C’est pour répondre à ce « besoin criant identifié sur le terrain : celui de l’après diagnostic, du quotidien bouleversé, de l’isolement des familles et de la fatigue physique et psychologique des aidants » que Des Étoiles dans la mer souhaite créer à Montpellier cette première maison d’accompagnement dédiée au cancer du cerveau. Un lieu destiné à la fois aux patients et à leurs proches, avec une double vocation. D’abord de répit et de bien-être. « On veut que cette maison soit un refuge ouvert, un temps pour soi dans un parcours de soins souvent brutal. Si les personnes veulent y séjourner 3 jours ou une semaine, elles le pourront, sans condition de ressource car ça ne sera pas lucratif. On souhaite l’ouvrir aussi aux aidants, pour qu’ils puissent souffler, rencontrer des personnes qui vivent les mêmes choses, partager leur vécu. Car c’est très difficile également pour les gens qui accompagnent. Ils minimisent leur atteinte mentale dans ce parcours », témoigne Laetitia Levère. De nombreuses activités tenant compte des handicaps visibles et invisibles y seront proposées : activité physique adaptée ; ateliers mémoire et attention, écriture, musique, arts, jardinage ; séances avec des esthéticiennes spécialisées en cancérologie, échanges avec des spécialistes d’onco-sexologie…

    La seconde vocation de la Maison des étoiles consistera à accompagner la fin de vie, dans une alternative à l’hôpital – « où on manque cruellement de lits de soins palliatifs – et à l’hospitalisation à domicile. « Une fin de vie avec ce cancer là à domicile, c’est très compliqué, ça peut être long et c’est forcément complexe parce que ça touche le cerveau, donc les fonctions cognitives. Le proche devient alors le soignant, sauf qu’on ne peut pas demander ça à quelqu’un. C’est trop lourd. Les familles ont besoin d’être entourées, soutenues dans leur parcours mais aussi sur cette fin de vie assez violente. »

    Quatre millions d’euros sont nécessaires pour que ce projet, « urgent car le besoin est réel », voie le jour. L’association lance donc un appel aux collectivités, aux mécènes et entreprises du territoire ainsi qu’au grand public, qui peut participer via un formulaire de don en ligne*. « Chacun peut apporter sa brique à la construction de cette maison, qui constituera un site pilote. Avec l’ambition, à terme, d’ouvrir d’autres Maisons des étoiles.»

  • [Entretien] Hélène Donnadieu : Face à la cocaïne, développer « une démarche innovante »

    [Entretien] Hélène Donnadieu : Face à la cocaïne, développer « une démarche innovante »

    La Marseillaise : Pouvez-vous nous rappeler dans quel cadre s’inscrit cette expertise ?

    Hélène Donnadieu : Il s’agissait d’une commande de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) et du ministère de la Santé, face à un constat global de signaux évoquant une évolution de la consommation de cocaïne et des dommages liés. Le système de santé étant confronté à une augmentation, il y avait un contexte d’urgence. Donc nous nous sommes réunis à Paris une fois par mois pendant 18 mois, pour auditionner différents acteurs.

    Vos conclusions semblent alarmantes. La consommation est passée de 1,8% à 9,4% en 23 ans. Comment l’expliquez-vous ?

    H. D. : Sur le plan sociologique, ce phénomène est lié à une société de plus en plus addictogène. Mais il est aussi lié à une augmentation de l’offre. Via internet, par livraison pour les populations cachées, en petites quantités, par tranches de 10 ou 20 euros plutôt qu’au gramme… Les mécanismes de distribution se sont multipliés, ce qui a permis une plus large diffusion.

    La littérature montre aussi que ce phénomène est étroitement lié aux problématiques de santé mentale…

    H. D. : Avoir une problématique en santé mentale augmente le risque de consommation de substances psychoactives en général. On estime que 30 à 40% des gens qui ont une addiction ont aussi un problème de santé mentale : c’est ce qu’on appelle une pathologie duelle. Et puis en parallèle, nous constatons aussi que la cocaïne est pourvoyeuse d’aggravation de trouble, ou de création de trouble induit. Il peut s’agir d’un trouble dépressif, d’idéation suicidaire, de symptôme psychotique ou de trouble du comportement.

    Il y a aussi une augmentation du nombre de consommateurs de cocaïne basée (aussi nommée crack). Quel est l’impact de cette substance ?

    H. D. : Le pouvoir d’accroche de la cocaïne basée est beaucoup plus fort. Le risque de développer un trouble de l’usage, c’est-à-dire une addiction, est beaucoup plus important. Tout comme l’ensemble des complications associées, en terme de santé mentale, cardiovasculaire, neurologique, pulmonaire ou rénale… On s’en est aperçu dans les demandes de soin…

    Les études montrent que le crack n’est plus réservé aux plus précaires. Quel est le profil des consommateurs de cocaïne en général ?

    H. D. : Actuellement, dans les consultations des personnes concernées par un usage de cocaïne, il y a une diversité majeure. Il y a des personnes socialement insérées, qui travaillent, qui peuvent avoir une utilisation à visée de dopage ou récréative. Certains évoquent aussi le poids du stress… Mais nous avons également des personnes dans une situation de grande précarité, et ça vient soulager quelque chose. Tout le monde a une bonne raison de consommer.

    Mais en parcourant toute la littérature, nous avons aussi fait le constat du manque de données robustes en terme de typologie. Il faudrait se pencher sur la façon dont les jeunes sont amenés à cette consommation excessive, et travailler sur la notion de genre… Il faudrait des données épidémiologiques plus précises pour apporter une réponse sanitaire et médico-sociale appropriée.

    Pour conclure, quelles sont vos recommandations principales ?

    H. D. : Nous estimons qu’il faut favoriser la prévention, l’acquisition des compétences psychosociales, et aussi l’accès aux soins dans une démarche globale et coordonnée, à la fois médicale, psychologique et sociale. Nous avançons aussi l’idée d’accompagnements innovants, comme avec les travailleurs pairs, ou le « housing first  » pour favoriser une situation un peu plus digne aux sans-abri et leur permettre d’accéder aux soins.

    Toutes ces pistes d’amélioration pourraient permettre de prendre un individu dans sa globalité et de l’accompagner à son rythme.

  • Alerte aux pollens dans la région Sud

    Alerte aux pollens dans la région Sud

    Retour des beaux jours, températures douces… Et c’est le début de la torture pour les allergiques aux pollens. Le risque « est actuellement élevé voire très élevé en Provence-Alpes-Côte d’Azur et devrait se maintenir plusieurs jours encore, en particulier pour les pollens de cyprès et d’aulne », indique l’Association de surveillance de qualité de l’air, AtmoSud, qui traque officiellement depuis 2025 ces minuscules grains végétaux.

    « On participait déjà au réseau national de surveillance aérobiologique », précise Damien Piga, directeur innovation chez AtmoSud. La méthode : piéger les pollens dans l’air qui circule au moyen d’une bande encollée explique-t-il. « Ces grains sont très caractéristiques, des personnes sont formées à les reconnaître à l’œil nu », précise-t-il. À terme, des caméras doublées d’algorithmes devraient se charger du travail.

    Un site pour anticiper

    Mais surtout il y a la partie prévision. « Nous avons des modèles numériques qui permettent d’anticiper les conditions météo et la floraison des plantes, et tout un réseau d’acteurs sur le terrain dont des médecins sentinelles », détaille Damien Piga. Une certitude : avec le changement climatique, les périodes polliniques s’allongent et de nouvelles espèces peuvent s’implanter. Comme l’ambroisie, hautement allergisante, repérée dans les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse. « Une mauvaise qualité de l’air extérieur et intérieur », aggravant le phénomène, ajoute-t-il.

    À noter que le pollen de cyprès, particulièrement présent en milieu urbain et périurbain, constitue la première cause d’allergie dans notre région, à l’origine de près de 75% des cas. À la clé : rhinite, conjonctivite, difficultés respiratoires, asthme et jusqu’à des réactions cutanées de type eczéma ou urticaire. Sur son site internet, AtmoSud fait un point quotidien, commune par commune et devrait donner vendredi la tendance du week-end et de la semaine suivante.

  • [Entretien] Élie Cordier : « Associer les acteurs dans les projets à Gap »

    [Entretien] Élie Cordier : « Associer les acteurs dans les projets à Gap »

    Élie Cordier est à la tête de « L’union pour Gap », en lice pour les élections municipales. Pour rappel, la liste rassemble des membres issus de partis de gauche et écologistes, avec le soutien du PS, du PCF, des écologistes, de Génération.s et de Place publique. Ils se rassembleront ce jeudi, à l’occasion d’une réunion publique, à partir de 18h30 au Quattro, 56 avenue Emile-Didier.

    La Marseillaise : Comment va se dérouler ce meeting ?

    Élie Cordier : Nous présenterons la liste et le programme que nous portons aux élections municipales. De courtes vidéos seront projetées pour illustrer les différentes mesures. Ensuite, un temps de discussion avec les colistiers sera proposé.

    Quels axes allez-vous développer lors de ce rendez-vous ?

    E.C. : Mes colistiers et moi présenterons des mesures au sujet de la mobilité et du déplacement à l’échelle de l’agglomération. On parlera d’accès au soin. Nous aborderons le sujet de la petite enfance et son accompagnement. Nous échangerons à propos de l’action sociale au niveau de la ville en essayant de voir comment nous pouvons créer du lien. Nous aurons également l’occasion de nous exprimer sur la transition écologique, la végétalisation de notre centre-ville, l’éducation, la culture ou encore le sport.

    Pouvez-vous présenter trois projets forts qui marquent votre programme ?

    E.C. : Le premier projet que nous allons présenter est celui de la création d’un centre municipal de santé. L’idée est d’attirer des professionnels afin de solutionner les difficultés que les habitants et habitantes rencontrent pour se faire soigner. Nous savons qu’il manque des spécialistes, notamment dans le secteur du dentaire, de la dermatologie et de la cardiologie.

    Le second projet est celui de la ferme communale. Nous imaginons une infrastructure habitée par des agriculteurs locaux. De nouvelles personnes qui souhaiteraient s’implanter ou des exploitants déjà installés et qui sont à la recherche de foncier. La production au sein de cette infrastructure pourrait bénéficier à la cantine municipale, qui sert les scolaires et les Ehpad. La ferme se situerait dans le quartier des Eyssagnières. Pour la dimension, nous laissons une latitude dans la construction de nos projets pour y associer les acteurs.

    Le dernier projet concerne le stationnement. Comme de nombreuses communes, Gap est confrontée à une baisse de fréquentation. « L’union pour Gap » voudrait développer un système qui vise à étendre le stationnement gratuit en ville en cas de consommation dans le centre.

    Inscription par mail à programmeupg@gmail.com, par téléphone au 07 66 43 89 55 ou sur le site internet unionpourgap.fr

  • [Quoi de neuf] Camille, Liès et Sophie Nigon : « Le soin psy doit être fait par et avec les personnes »

    [Quoi de neuf] Camille, Liès et Sophie Nigon : « Le soin psy doit être fait par et avec les personnes »

    Le système psychiatrique, outre son manque de moyens humains et matériels structurel dans le secteur public, est source de violences pour de nombreuses personnes, notamment les plus vulnérables et marginalisées dans notre société. Quelle place pour les citoyens qui ont besoin de soins et d’accompagnement ? Qu’en est-il de la reconnaissance véritable, c’est-à-dire citoyenne, de leur parole et de leur vécu ? Alors que le gouvernement avait fait de la santé mentale une « grande cause nationale » en 2025, les attentes ne sont pas honorées. Rencontre avec Camille et Liès, bénévoles de l’association Democrapsy à Montpellier, qui œuvrent pour un changement total de paradigme, et la psychanalyse montpelliéraine, Sophie Nigon.

    Françoise Verna : Qu’est-ce qui a motivé votre choix d’être bénévole au sein de l’association Democrapsy à Montpellier ?

    Liès : Parce que libérer la parole des personnes concernées, cela ne suffit pas. Nous, on milite pour que cette parole soit prise en compte. Quand nous parlons de personnes concernées, ce sont les premiers et premières opprimés. Les prendre en compte c’est demander que les pouvoirs publics soutiennent des créations d’espaces pour ces personnes et que ces espaces soient gérés par ces personnes.

    Camille : L’idée serait d’élaborer un soin qui parte de la base, de la parole des personnes les plus violentées et marginalisées, pour avoir un soin collectif qui ne soit pas défini par l’altérité, la marge. Et par cette idée qui consiste à dire : « Vous êtes dehors, on va vous guérir et vous rencontre productif. »

    Olivier Nottale : Qui sont « ces personnes concernées », notamment dans l’association Democrapsy ?

    Liès : On réunit des personnes concernées par la psychiatrisation et/ou la vulnérabilité psychique sans forcément passer par un parcours de psychiatrisation. Nous, nous sommes concernés. Nous sommes une association de soins communautaire. On travaille en commun avec des personnes concernées, par exemple, par un trouble du spectre autistique, la psychiatrisation sous contrainte, y compris avec le fait d’être amenée par la police. On a réuni une communauté depuis un an et demi autour de plusieurs d’événements.

    Camille : L’idée c’est de montrer que la problématique de santé est aussi sociale. Traversée par des enjeux de féminisme, de racialisation, de colonialisme. Il faut prendre en compte toutes les formes d’oppressions, tout le système.

    Françoise Verna : Est-ce que cela vous parle que des jeunes gens, comme Liès et Camille, veuillent être les acteurs de leur bien-être et de ne pas être mis dans des cases ?

    Sophie Nigon : Cela me parle tout à fait. Dans l’approche lacanienne, qui est la mienne, ce qui compte effectivement c’est la question de l’individu, du sujet, de la spécificité. C’est-à-dire ne pas mettre les personnes dans des petites cases. Cocher des cases sur tel symptôme ou tel comportement, etc. Il s’agit de prendre en compte ce qui est la dimension du sujet, ce qui est sa subjectivité. Et ça, cela demande du temps et de l’écoute.

    Olivier Nottale : Or nous sommes dans un système de soins et une société où des personnes en besoin de soins vont buter contre ce système ?

    Camille : Je pense que la psychiatrie est un système fou, un pompier pyromane. Si la psychiatrie m’a sauvé la vie, elle m’a aussi rendue malade, handicapée. Je suis très critique de la psychiatrie comme institution mais au regard de l’urgence actuelle, c’est une des seules ressources que l’on a pour sauver les personnes parce qu’on n’a pas une remise en question totale de nos approches du soin et des problématiques sociales qui engendrent la folie. Les violences psychiatriques forcent les gens à rentrer dans la norme.

    Françoise Verna : Vous êtes psychanalyste et vous intervenez aussi auprès de professionnels. Vous avez donc cette double expérience, côté patient et côté soignant ?

    Sophie Nigon : Je suis psychanalyste en libéral où j’accueille des personnes et j’interviens aussi, toujours en tant que psychanalyste, dans différents services hospitaliers, institutions, associations qui ont tous en commun d’accueillir des personnes en souffrance : des enfants, des personnes handicapées, à la rue, en souffrance psychique, psychiatriques. J’accompagne aussi une équipe qui va dans des prisons. Du côté des professionnels il y a aussi de la souffrance parce qu’ils sont contraints par des injonctions, des règles, un manque de moyens et de temps. Pour un rendez-vous dans un centre médico-psychologique, un CMP, il faut six, huit voire plus d’un an. Et s’agissant d’enfants, pour un premier rendez-vous, c’est un an à dix-huit mois d’attente !

    Camille : J’aurai des recommandations : une réattribution des budgets répressifs pour faire de la prévention et de l’accompagnement aux soins. Et bien sûr des actions conjointes avec les premiers concernés pour élaborer une méthodologie de soins qui soit inclusive pour les soignants et les patients. Et avoir accès à des formations spécifiques sur le racisme, les violences sexuelles, l’inceste etc. Pour que l’on puisse nous accompagner au mieux.

    Retrouvez l’émission en cliquant sur le lien.

    * Democrapsy sur instagram @democrapsy_mtp34

    Samedi 21 mars scène ouverte au Quartier Généreux, 18h30.

    Mardi 24 mars à La Base, 19h :

    cercle en non-mixité HP-police.

    * *acfvoiedomitienne.fr

    sophienigon_psy-montpellier.com