Tag: RN

  • Des soutiens aux dockers face au RN

    Des soutiens aux dockers face au RN

    « Nous apportons notre soutien indéfectible aux camarades mobilisés contre la présence des représentants d’extrême droite sur les quais et dans notre bassin de vie. » Le maire de Port-de-Bouc Laurent Belsola (PCF) a ainsi manifesté son soutien mardi soir aux dockers CGT du Golfe de Fos ayant refusé la présence du député RN Emmanuel Fouquart à l’inauguration d’un hangar de l’entreprise Alteo, sur le port.

    L’édile fustige la « tentative d’inverser le cours de l’histoire » du député d’extrême droite « en taxant le PCF, le syndicat CGT et son secrétaire Christophe Claret, d’antidémocratiques ». « Nous savons très bien qu’au-delà d’être le bras armé du libéralisme et de servir l’intérêt des multimilliardaires, l’extrême droite n’a de cesse d’attiser le mépris de classe, la peur, la violence, le rejet de l’autre et, porte en elle, le fléau de l’abolition des libertés individuelles et collectives », assène l’élu communiste.

    La fédération nationale des ports et docks CGT a aussi apporté son soutien en rappelant que « notre histoire, nos fondamentaux, nos orientations sont et seront toujours viscéralement à l’opposé de ces fossoyeurs de notre modèle social qui servent l’intérêt des plus puissants, d’où la connivence avec le patronat comme aux heures les plus sombres de notre pays ».

    Un combat de classe

    La fédération CGT resitue ce conflit dans un combat de classe, car le RN « rêve de remplacer les ouvriers dockers par les marins avec l’autoassistance, le dumping social, de privatiser totalement les ports, de libéraliser et déréglementer notre secteur et remettre en cause nos conquis sociaux » selon la fédération syndicale.

    Outre le PCF, le NPA-L’anticapitaliste 13 a également apporté son soutien aux dockers qui « renouent avec les meilleures traditions de lutte et antifascistes du mouvement ouvrier », selon le parti.

  • Les droits des femmes virent à l’extrême droite dans les 11e et 12e arrondissements de Marseille

    Les droits des femmes virent à l’extrême droite dans les 11e et 12e arrondissements de Marseille

    C’est au dernier moment que le maire (RN) des 11-12 Olivier Rioult a inscrit à l’ordre du jour du conseil d’arrondissements une convention de partenariat avec l’association éclats de femmes, « qui effectue un travail remarquable pour accompagner les femmes victimes de violences et de harcèlement » défend-il, afin d’accueillir à titre gracieux ses permanences et relayer ses actions. Et pour cause : financée par le milliardaire Pierre- Edouard Stérin, l’association proche du groupuscule identitaire Nemesis a été créée par la vice-présidente de l’UDR ciottiste, Claire Geronimi. « Vous faites de la cause des violences sexistes et sexuelles une récupération honteuse à la seule fin de votre discours anti-migrant », dénonçait dans l’opposition l’adjointe (DVG) Rebecca Bernardi, s’alarmant d’un accompagnement « sans expérience et sans expertise professionnelle ». Une association sans antenne reconnue à Marseille, « dont il est très difficile d’avoir des rapports de gestion », pointe Sylvain Souvestre (LR). Qui interroge : « Pourquoi ne pas travailler avec des associations marseillaises ? » Et de s’étonner de ce soutien quand le maire d’arrondissement reste collaborateur parlementaire d’un député UDR.

  • Face aux dockers CGT, un député RN renonce à se rendre sur le port

    Face aux dockers CGT, un député RN renonce à se rendre sur le port

    Les représentants du Front national ne sont pas les bienvenus sur notre Port. » Le message du syndicat CGT des dockers et portuaires du Golfe de Fos est clair à l’endroit du député RN Emmanuel Fouquart, dans un communiqué paru lundi matin. Le parlementaire d’extrême droite était invité ce lundi, à l’initiative de l’entreprise Alteo, au terminal minéralier de Fos-sur-Mer pour l’inauguration du projet Alufos de l’entreprise spécialisée dans les alumines de spécialité.

    Ce communiqué des dockers et portuaires CGT intervient après un premier communiqué du député, publié dimanche. L’élu indique avoir été « alerté par Patrick Schneider, directeur d’Alteo Gardanne, de menaces téléphoniques directes » en opposition à sa venue, citant nommément le secrétaire général du syndicat, Christophe Claret, comme initiateur. « Ces intimidations visaient d’abord à faire obstruction à ma venue. En cas de maintien de ma participation, des menaces de blocage des déchargements destinés à Alteo ont été proférées », affirme le député, s’inquiétant d’un « péril » pour l’activité de l’entreprise. C’est pourquoi l’élu RN a décidé « à regret » de ne pas participer à l’inauguration.

    « Ce député a voté contre l’augmentation du Smic »

    La sollicitude à l’égard de « l’outil de travail des salariés » invoquée par Emmanuel Fouquart pour justifier ce renoncement se heurte aux rappels du syndicat CGT.

    « Les représentants du Front national ne sont pas les bienvenus, ceux qui surfent sur le désespoir de la classe ouvrière, dont les masques tombent pas à pas », indique le syndicat. « Ce même député qui vote contre l’augmentation du Smic, contre l’indexation des salaires sur l’inflation, qui abandonne la lutte contre la réforme des retraites, qui divise sur les thèmes identitaires raciaux, faisant le jeu du grand capital », assène la CGT des dockers et portuaires en référence à plusieurs votes du parlementaire à l’Assemblée nationale.

    De son côté, le député dénonce dans son communiqué « le chantage et les menaces sur la direction d’Alteo ». « Ces méthodes ne relèvent pas de l’action syndicale, mais de l’intimidation orchestrée par une antenne politique liée à un PCF à la dérive totalitaire », ose le député, dans un discours antisyndical et anticommuniste traditionnel de l’extrême droite française. « Ces agissements prouvent que ces structures ne défendent ni les ouvriers, ni le travail. Ils doivent nous alerter sur le danger que la CGT et le PCF représentent aujourd’hui pour notre démocratie et notre économie », conclut Emmanuel Fouquart.

    Des attaques provoquant logiquement l’ire des syndicalistes CGT, rappelant que « nous n’avons pas de leçons à recevoir de ce député RN sur la démocratie », prenant pour exemple « le maire RN de Carcassonne, fraîchement élu, qui a commencé par exclure la CGT de ses locaux ». « Pour rappel, notre organisation syndicale est représentative à 100% sur le port de Fos, avec l’ensemble des salariés syndiqués à la CGT, n’en déplaise à certains : 126 ans d’existence au service des travailleurs du port, de l’emploi et du développement de nos activités », développe le syndicat.

    « Il a tourné le dos aux salariés d’ArcelorMittal »

    Le sénateur communiste Jérémy Bacchi, tout juste réélu secrétaire départemental du PCF après le congrès du parti ce week-end, a également réagi en « apportant un soutien indéfectible » au syndicat CGT des dockers et portuaires du golfe de Fos. « Ce député cherche à se refaire une virginité politique sur le dos des salariés, mais l’hypocrisie a ses limites », tance le sénateur, rappelant aussi que « lorsqu’il a eu l’occasion historique et concrète de défendre l’industrie locale et ses salariés, il leur a tourné le dos en s’abstenant sur la nationalisation d’ArcelorMittal ». « Dès qu’il s’agit de s’attaquer aux intérêts du grand capital pour protéger les emplois, le pouvoir d’achat et défendre réellement les travailleurs, il n’y a plus personne », insiste Jérémy Bacchi.

    Le syndicat rappelle enfin que « leur courant politique a voté les pleins pouvoirs à Pétain en bafouant la démocratie, a censuré la presse, dissout les syndicats et partis politiques », durant l’Occupation.

    Sollicitée, l’entreprise Alteo n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • Sénatoriales : le PS avance encore divisé

    Sénatoriales : le PS avance encore divisé

    Le mélodrame de 2020 va-t-il se reproduire ? Il y a six ans, la division à gauche avait coûté le troisième siège sénatorial. En effet, à l’époque, Denis Bouad (PS) avait terminé à 9 voix de la liste de droite alors qu’Alexandre Pissas, le maire de Tresques près de Bagnols-sur-Cèze, avait rassemblé 118 voix. Une division qui avait donc coûté un siège dans la chambre haute mais avait aussi laissé des divisions tenaces au sein de Parti socialiste gardois.

    La situation semble avoir peu évolué six ans plus tard. Le Parti à la rose avait pourtant annoncé la couleur : les sortants qui le souhaitent seraient réinvestis pour les élections de septembre. Sauf que Denis Bouad a tergiversé et annoncé qu’il n’y retournerait pas, soutenant même la conseillère régionale Katy Guyot pour le remplacer. Mais les appétits se sont réveillés au PS et pas moins de cinq noms ont été évoqués pour mener la liste : Alexandre Pissas, Juan Martinez (maire de Bellegarde), Fabrice Verdier (président du Pays d’Uzès), Joseph Pronesti (président de la Banque alimentaire 30) et Carole Bergeri (conseillère départementale).

    Les militants socialistes votent Pissas

    En annonçant finalement sa candidature, Denis Bouad espérait mettre tout le monde d’accord. Les fidèles Fabrice Verdier et Juan Martinez se sont ainsi effacés. Le PS fédéral a alors organisé un vote des militants le 10 juin. Fort de son assise sur la section bagnolaise, où 90 voix lui ont été accordées, Alexandre Pissas l’a remporté avec 127 votes, contre 106 pour Denis Bouad et 48 pour Joseph Pronesti. Un vote qui plonge le PS dans la crise. « J’attends la décision du national », a simplement expliqué Pierre Jaumain, le premier secrétaire du PS gardois.

    Sauf qu’en coulisse, cette division laisse des traces. Notamment du côté des communistes. Renforcé par les élections municipales, le PCF avait sécurisé la deuxième place sur la liste Bouad et pouvait espérer gagner un siège au Sénat. « Il ne faudrait pas qu’on apporte les voix et que la division du PS nous coûte un siège », souffle un communiste historique qui se dit « inquiet » de la situation. Sylvain André, le maire de Cendras, est même allé plus loin, annonçant publiquement qu’en cas de liste dissidente au PS, il était « favorable à ce que les communistes prennent leurs responsabilités avec les autres partenaires pour porter une liste de rassemblement ».

    Quatre listes à gauche ?

    Sauf que la désunion semble déjà l’avoir emporté. Car même si l’affrontement Pissas-Bouad se règle sans trop de dégâts, Carole Bergeri n’est pas passée par le vote des militants PS et semble aujourd’hui résolue à porter une candidature indépendante. Deuxième sur la liste de Bouad en 2020, la conseillère départementale sur le canton de Pont-Saint-Esprit pourrait ainsi rassembler les déçus de l’affrontement des deux éléphants socialistes.

    D’autant que les insoumis ont aussi l’intention de monter une liste qui s’appuierait sur Charles Ménard. Des discussions ont même eu lieu avec les Unitaires Gard (Debout !, L’Après, Génération.S) pour partir ensemble. Finalement, LFI devrait s’élancer seule et même si elle compte peu d’élus dans le département, ses voix pourraient jouer dans la balance. Une situation qui pourrait ainsi profiter à la droite et l’extrême droite. Le sénateur sortant Laurent Burgoa (LR) reste très apprécié des élus du territoire et a entamé sa deuxième tournée de tous les maires du Gard. Renforcé par les élections à Vauvert et Bagnols, le RN rêve aussi de décrocher un siège, même si le parti n’a pas encore trouvé de tête de liste. Éviter la désunion fatale est donc devenu la priorité du PS gardois.

  • Gauche et syndicalistes rassemblés contre le RN

    Gauche et syndicalistes rassemblés contre le RN

    Être présents ce soir, c’est refuser le silence et l’habitude, et que la présence du RN devienne une normalité. » Le conseiller municipal Nicolas Féraud (PCF) donne le ton du rassemblement de vendredi soir, sur le parking de la Maison de la mer de Fos, à l’initiative de l’opposition de gauche au conseil municipal.

    L’élu communiste, portant la parole du groupe Notre Fos, a dénoncé le prêt de la salle communale par le maire d’extrême droite Philippe Maurizot à trois députés RN pour leur réunion publique. « Le nouveau maire de Fos n’assume pas ce qu’il est, ses choix politiques, mais fait de Fos la vitrine de l’extrême droite », affirme Nicolas Féraud. « On tente de nous opposer les uns les autres, un jour les immigrés, l’autre les retraités, demain les jeunes. Halte à la division, aux cases qui nous isolent », conclut-il.

    Les participants sont de cet avis. « La CGT a toujours été contre le RN qui agit contre les travailleurs et les syndicalistes » tance Frédéric Bruno, de la CGT Marcegaglia. « Ils font semblant de servir nos intérêts de classe mais c’est que du fake, car ils refusent de voter l’augmentation des salaires et veulent en terminer avec nos cotisations sociales, qui font la Sécu et les retraites, pour aller vers un système à l’américaine », observe le syndicaliste.

    « La Provence, nous on l’aime, mais pas eux » rebondit Jean-Philippe Murru, communiste fosséen. « La Provence est cosmopolite, elle s’est faite avec les Italiens, puis avec d’autres immigrés. Les RN vivent dans le fantasme ! Celui d’une race donnée pour un territoire donné », développe-t-il.

    « Une première étape »

    Cette histoire, Anne-Charlotte Cipreo, 16 ans, la connaît. « Ma meilleure amie est réfugiée, et y’a des gens qui auraient aimé qu’elle meure dans son bateau. Mon combat part de là », lâche-t-elle.

    Olivier Bonnet, insoumis de Fos, regrette l’utilisation de la Maison de la mer, « lieu de convivialité par excellence où les associations font leurs fêtes de fin d’année, le Téléthon ou les oursinades ». « Que ce lieu serve à distiller un discours de haine et de racisme nous est insupportable », dénonce le militant.

    Un rassemblement « bon enfant » en somme, comme l’assure Nicolas Féraud, conclu par un « siamo tutti antifascisti » collectif. « Notre message vise à s’organiser collectivement contre le RN, pas contre les urnes. Il y aura d’autres combats à mener, c’est une première étape », promet l’élu.

  • Les croix de la discorde à Comps

    Les croix de la discorde à Comps

    Sommes-nous revenus au XIXe siècle, époque durant laquelle l’Église catholique avait entrepris une reconquête symbolique de l’espace public en installant des croix au sommet des montagnes en opposition à la déchristianisation de la fin du XVIIIe siècle et à la Révolution française ? Dans le Gard, certains doivent le penser, puisqu’ils ont accroché deux croix catholiques sur les hauteurs de Comps, près de Beaucaire.

    Tout commence en 2025. Une première croix en bois est installée sans autorisation et y restera plus d’un an, jusqu’à ce qu’un inconnu la démonte. Mais en mai dernier, une nouvelle croix, cette fois en métal, est solidement accrochée à la roche au même endroit. L’association Action citoyenne anti-raciste et antifasciste à Beaucaire (ACAAB) alerte alors la Ligue des droits de l’Homme et la Libre pensée du Gard pour que cette croix illégale soit démontée, en respect de la loi de 1905.

    La polémique devient alors particulièrement violente. Laure Cordelet, présidente de l’association ACAAB, reçoit plusieurs menaces. Dans le même temps, de très nombreux habitants se mobilisent pour sauver cette croix symbole, selon eux, du patrimoine et de la culture française… Une pétition est même lancée en ligne pour rassembler les soutiens à la présence du symbole religieux dans l’espace public (348 personnes l’ont déjà signée).

    « Sur des parcelles qui appartiennent à une collectivité publique, c’est interdit d’apposer des symboles religieux quels qu’ils soient en vertu de l’article 28 de la loi de 1905. Sur une parcelle privée, chacun fait ce qu’il veut, même si elle est visible de l’extérieur. Toutes les croix installées avant 1905 peuvent être restaurées sans problème parce qu’elles sont devenues patrimoniales et qu’elles datent d’avant la séparation historique de l’Église et de l’État », recadre Nicolas Cadène, ancien rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité.

    Une deuxième croix apparaît

    Pendant que la polémique enfle et s’accompagne de tags de soutien, une nouvelle croix, celle-ci en bois, apparaît, toujours sur les hauteurs de Comps. Après vérification, il s’avère que ces croix ont été apposées sur des terrains appartenant à la mairie de Beaucaire pour la première, et au Département du Gard pour la seconde. Le maire de Comps, Alain Laget, a ainsi contacté les deux collectivités pour leur demander d’appliquer la loi. Le Département a rapidement réagi en signifiant que la croix en bois serait retirée. Pour l’heure, la municipalité de Beaucaire n’a pris aucune décision et son maire RN Nelson Chaudon, qui avait été condamné à 103 000 euros pour avoir laissé une crèche dans la mairie, ne semble pas opposé à la présence de la croix.

    D’autres militants d’extrême droite ont même tenté un parallèle hasardeux entre la présence de la croix dans l’espace public et le port du voile islamique. « Ça n’a rien à voir. Est-ce que les croix sont interdites sur les gens ? Grâce à la laïcité, les gens ont le droit à la liberté de conscience et de conviction. Il y a d’un côté l’administration qui doit être neutre pour traiter tout le monde à égalité. De l’autre, les citoyens qui ne sont pas neutres, sinon on est dans un régime autoritaire où plus personne ne peut avoir des idées. Porter un voile n’est pas du prosélytisme. Le prosélytisme, ce sont des prises de parole, des écrits, des slogans, ça n’a rien à voir », rappelle Nicolas Cadène. Reste que la croix, à l’instar de la crèche, pourrait bien devenir la nouvelle marotte du maire RN de Beaucaire.

  • Meizonnet relance la corrida à Vauvert

    Meizonnet relance la corrida à Vauvert

    Nicolas Meizonnet continue-t-il son instrumentalisation des traditions taurines ? Pour l’opposition, l’annonce effectuée par le nouveau maire de Vauvert le 2 juin d’un retour de la corrida dans les arènes Jean Brunel en est un nouvel exemple. Elle sera organisée le dimanche 9 août en début de fête votive, après neuf ans d’absence.

    Rapidement, les militants opposés à la corrida comme l’Alliance Anticorrida ont fait part de leur consternation et y ont vu un « coup de communication » du nouveau maire. Mais aucune action en justice n’est prévue. En effet, pour que le retour de la corrida soit contesté, il faut une rupture de la tradition tauromachique locale durant plusieurs années. Ce fut par exemple le cas à Pérols qui avait été interdit de spectacle taurin avec mise à mort. Mais à Vauvert, la tradition a perduré durant les mandats de Jean Denat (PS), puisque des novilladas ont continué d’être organisées. Or entre une novillada et une corrida, seul l’âge du taureau diffère.

    Si certains élus d’opposition sont fondamentalement opposés à la mise à mort du taureau, c’est surtout sur l’aspect financier qu’insistent aujourd’hui les opposants à Nicolas Meizonnet. « Le contrat présenté en conseil municipal court sur deux ans et ne concerne que la communication et le conseil d’Hadrien Poujol. C’est tout de même 24 000 euros par an. Pour une mairie qui n’a pas beaucoup de moyens, ça commence à faire cher les festivités. Pour l’instant, on ne connaît même pas le prix de la corrida », fustige Magali Nissard, élue d’opposition.

    Moins de culture,

    plus de corridas

    De plus en plus onéreuses, les corridas représentent en effet un poste budgétaire important dans l’organisation des fêtes votives. Des villes comme Alès ont d’ailleurs réduit la voilure dans ce domaine lors de la feria 2026. Vendredi 5 juin, le maire d’extrême droite a également présenté en conseil municipal la grille tarifaire pour les 4 000 places que comptent les arènes vauverdoises, qui s’étend de 10 à 85 euros.

    « L’argent qui est économisé en annulant Jazz à Vauvert sert en réalité à organiser une corrida. Le maire a coupé dans les subventions aux associations à hauteur de 88 000 euros. Il dit que c’est -30% pour tout le monde mais en réalité, certaines associations ont gardé la même subvention quand d’autres ont eu des baisses. Ils ont aussi augmenté les tarifs du centre de loisirs. Ils détricotent tout ce qu’on avait fait pour atteindre un objectif de mixité sociale », ajoute Magali Nissard, qui craint que cette corrida ne dénature la fête votive vauverdoise.

    « Est-ce que les habitants attendent ça ? Je ne suis pas sûre que ceux qui sont attachés aux traditions et à la fête votive à Vauvert soient très intéressés par une manifestation de tauromachie espagnole. Même des personnes de l’électorat de Meizonnet le disent. En plus, la fête commence le samedi soir et le dimanche, c’est la première vraie journée où il y a habituellement le déjeuner au pré, la course camarguaise l’après-midi et de nuit dans les arènes. Comme c’est le week-end, c’est vraiment attendu. Ces animations qui marchaient bien seront placées le lendemain », regrette l’élue d’opposition.

  • Une Marche des fiertés à Toulon pour dire non aux discriminations

    Une Marche des fiertés à Toulon pour dire non aux discriminations

    C’est demain sur le pavé toulonnais que la nouvelle édition de la Marche des fiertés est attendue. Le principe est simple : rendre visibles celles et ceux qui ont longtemps été contraints au silence à cause de leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, victimes de rejets et de violences ou de stigmatisations sociales.

    Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il reste encore du boulot, d’autant plus dans la Var, où l’extrême droite exerce de plus en plus son emprise sur les consciences. Rappelons que la députée RN Laure Lavalette avait dénoncé la programmation du Théâtre Liberté sur la thématique du genre avec ce type de propos : « Non, nous ne sommes pas tous concernés par ces théories nauséabondes… propagande LGBTQI avec l’argent du contribuable. »

    Raison de plus pour venir se mobiliser dans l’espace public et dire non à toutes les discriminations qui demeurent encore hélas une réalité dans de nombreux domaines.

    Festive et revendicative

    Et toutes les avancées obtenues ont été arrachées comme toujours par la lutte et la mobilisation. La Marche des fiertés s’inscrit dans cette tradition de lutte collective.

    L’occasion aussi d’alerter sur les violences homophobes et transphobes qui continuent.

    Une Marche des fiertés revendicative donc qui n’en oublie pas pour autant la dimension festive. La joie, la créativité et l’expression collective devenant alors aussi des moyens de résistance aux passions tristes exacerbées par les réactionnaires de tout crin.

    Rendez-vous donc ce samedi 13 juin dès 13h sur la place d’Armes.

    Pour ce qui est du programme, la journée sera marquée par plusieurs temps forts politiques et associatifs. Ainsi de 14h45 à 15h15, les associations prendront la parole afin de rappeler les réalités vécues par les personnes LGBTQIA+, les combats encore nécessaires et l’importance d’une mobilisation collective face aux discriminations.

    À noter également parmi les prises de paroles annoncées, la présence du premier adjoint à la mairie de Toulon, Julien Orlandini, ainsi que de Patrice Cazaux, adjoint à la Citoyenneté. Un signe fort envoyé par la municipalité à toutes les minorités.

    Vers 17h15, le cortège aura rejoint l’avenue de la République où un discours militant sera prononcé par le Collectif Fiertés Toulon et l’association Trans-mission Var. Afin de rappeler que « la République doit protéger tous ses enfants, quelles que soient leur orientation sexuelle, leur identité de genre ou leur expression de genre ».

    Chacun devant prendre sa part dans la construction d’une société réellement égalitaire.

    La journée se terminera par la fête de 19h30 à 00h avec DJ Set sur la place de l’Equerre.

  • À Nîmes, la gauche imprime ses premiers choix

    À Nîmes, la gauche imprime ses premiers choix

     Grands électeurs

    et nouvelle adjointe

    Premier temps fort, très procédural mais politiquement décisif : la désignation des délégués appelés à voter aux sénatoriales. À l’issue du scrutin, la majorité Nîmes en commun obtient 109 délégués supplémentaires, auxquels s’ajoutent les 42 élus municipaux. Le groupe RN-UDR décroche 28 délégués, tandis que les deux groupes de droite, partis cette fois sur une liste commune, en obtiennent 15.

    Dans la foulée, le conseil a élu Agnès Charaix-Py comme adjointe au maire, en remplacement de Sibylle Jannekeyn, contrainte par les statuts des Écologistes de choisir entre son poste municipal et sa vice-présidence à Nîmes Métropole. L’élue conserve l’Agglo, sa camarade hérite de la délégation à la végétalisation et à la renaturation. Un symbole dans une ville minérale, où l’adaptation au réchauffement climatique ne pourra plus rester un supplément d’âme.

     La tribune vide du RN

    Le débat s’est vite crispé autour du nouveau règlement intérieur. En cause : la répartition des tribunes politiques dans Vivre Nîmes, avec 400 signes garantis à chaque groupe, puis une part proportionnelle au nombre d’élus. En l’absence de Julien Sanchez, pourtant prompt à dénoncer la moindre « confiscation démocratique » depuis ses réseaux sociaux, c’est Sylvie Josserand qui est montée au créneau pour le groupe RN-UDR. Elle dénonce « l’indécence démocratique » ainsi qu’un cadeau à la droite minoritaire. Julien Plantier lui a répliqué que le RN n’avait même pas utilisé sa tribune dans le dernier numéro : « Utilisez votre espace avant de donner des leçons. » L’image clôt le débat.

     Les comptes de l’ère Fournier

    Le rapport de la Chambre régionale des comptes, portant sur la gestion 2019-2024 de la Ville et de Nîmes Métropole, n’a pas provoqué le grand déballage. Le maire a reconnu qu’il ne contenait pas de révélation « sensationnelle », tout en relevant les alertes sur le recours accru aux contractuels et vacataires. La majorité promet une démarche de « déprécarisation ». Sur les finances, Gilles Guillaud a pointé une épargne nette en recul, de 22 millions d’euros en 2024 à 16,8 millions en 2025, malgré un niveau d’investissement élevé. La droite, elle, revendique l’héritage Fournier : dette maîtrisée, équipements soutenus, finances solides. Le vrai test, lui, est déjà renvoyé au budget 2027.

     Laïcité, fiertés et lignes rouges

    La fin de séance a pris une couleur plus idéologique. Le RN s’est abstenu sur une subvention de 500 euros à l’association organisatrice de la Marche des fiertés, destinée à financer des ateliers de lecture théâtralisés pour le jeune public. Marianne Bernède, adjointe à la lutte contre les discriminations, a rappelé l’urgence d’éduquer contre les haines, après la mort récente d’un jeune homme de 19 ans à Metz à la suite d’une agression homophobe.

     L’apéritif de la discorde

    Le moment le plus chaud de la journée est venu en toute fin de séance. L’élu RN Titouan Thomas s’étonne de l’absence, cette année, de l’apéritif de convivialité offert depuis vingt-cinq ans par la ville à l’issue de la messe folklorique de Pentecôte pendant la feria : une tradition qui avait traversé toutes les alternances, y compris celle du communiste Alain Clary. Nicolas Cadène, élu de la majorité et ancien rapporteur de l’Observatoire national de la laïcité, est précis : une dépense publique directement attachée à une cérémonie religieuse contrevient à la loi de 1905. Même raisonnement pour la cérémonie de Jeanne d’Arc.

    Franck Proust a dénoncé une « laïcité négative qui divise ». Avant de conclure, Cadène glisse un rappel à l’attention du RN, qui partageait pour l’occasion les mêmes indignations que la droite : le groupe accumule les condamnations pour violation de cette même loi de 1905 qu’il prétend défendre. À Nîmes, la nouvelle majorité veut marquer sa différence : respecter les traditions, oui, mais sans confondre patrimoine, culte et argent public. Un équilibre délicat, qui dit déjà beaucoup du mandat qui s’ouvre.

  • À Fos, la CGT dénonce la venue de députés RN

    À Fos, la CGT dénonce la venue de députés RN

    Après le groupe municipal d’opposition « Notre Fos », la CGT dénonce à son tour la venue des députés d’extrême droite à Fos-sur-Mer. Car c’est au sein d’une salle municipale, la Maison de la mer et du sport, qu’Emmanuel Taché, Franck Allisio et Emmanuel Fouquart ont annoncé la tenue d’une réunion publique la semaine prochaine.

    L’Union locale prévient : « Le discours sera rodé : “On défend les travailleurs”, “on protège le pouvoir d’achat”, “on est le parti du peuple”. Les actes, eux, ne mentent pas. À l’Assemblée nationale, le RN vote contre l’augmentation du Smic à 1 500 euros net mensuel, contre l’indexation des salaires sur l’inflation, contre le gel des loyers, pour le durcissement des droits à l’assurance chômage, contre le rétablissement de l’ISF, contre la revalorisation des petites retraites ; et propose régulièrement de nouvelles exonérations de cotisations sociales au bénéfice du grand patronat, au détriment de la sécurité sociale. » Sur un sujet plus local, le secrétaire général Fabien Marzat rappelle qu’Emmanuel Fouquart, comme son groupe, s’est abstenu lors du vote concernant la nationalisation d’ArcelorMittal (lire page 18). « Derrière les discours de façade, les actes parlementaires du RN ne sont pas en faveur du monde du travail », affirme-t-il.

    Les Unions locales voisines soutiennent la position de la CGT Fos. Nicolas Stamatiou, secrétaire général du syndicat de Port-Saint-Louis-du-Rhône, appuie : « Ils ont raison de refuser ces accointances-là. On sait que Philippe Maurizot a été soutenu par le RN pendant la campagne [via le label « La Provence qu’on aime », Ndlr.]. Il devait soi-disant s’en détacher, mais chasse le naturel il revient au galop : il lui ouvre rapidement les portes d’une salle municipale. Le danger, c’est pas tant que ces gens-là se réunissent, ils l’ont toujours fait dans les lieux privés, mais c’est que des élus locaux valident l’extrême droite et ses idées dans l’arc républicain. Les digues tombent. »