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  • Les attaques contre les Bourses du travail se multiplient

    Les attaques contre les Bourses du travail se multiplient

    Si pendant la campagne des élections municipales le Rassemblement national ne parle que de sécurité et de nouveaux moyens alloués à la police, ses premières décisions une fois élu pourraient être écrites à l’avance. Le programme est simple : annuler tous les événements culturels qui ne leur conviennent pas, couper les subventions aux associations, notamment celles à vocation sociale, puis déloger les syndicats. La troisième phase est lancée à Bagnols-sur-Cèze. Après avoir annulé une dizaine de spectacles à son arrivée puis supprimé une aide de 190 000 euros à deux centres sociaux, Pascale Bordes (RN) a donc demandé aux associations et aux syndicats de quitter leurs locaux de Mendès-France d’ici le 30 novembre.

    Si cette décision pouvait logiquement être attendue, la demi-douzaine d’associations sur place qui partagent ces locaux avec la CGT, la CFDT, FO et la CFTC a été surprise par cette décision. Pour l’heure, associations et syndicats ont décidé d’écrire à la municipalité pour lui demander des précisions, notamment concernant l’avenir du bâtiment. Ils n’ont reçu aucune réponse. Si la CGT a déjà annoncé qu’elle ne quitterait pas les locaux dans ces conditions et qu’elle était prête à se battre, les autres syndicats et les associations disent encore attendre quinze jours avant de communiquer et d’agir. « Nous n’avons reçu aucune réponse à nos différents courriers, ni aucun retour sur l’engagement de la municipalité à revenir vers les syndicats et les associations pour donner la position de sa majorité sur le décalage de la date d’expulsion », précise Pascal Le Boulch, secrétaire de l’UL CGT de Bagnols, qui souhaite désormais interpeller la communauté d’agglomération et la préfecture.

    Les Bourses du travail transformées en ZAD

    Les syndicats bagnolais s’apprêtent donc à rentrer en résistance, comme le font leurs collègues à Arles et Carcassonne. Dans la préfecture de l’Aude, le nouveau maire Christophe Barthès (RN) a décidé dès le 30 avril, pour son deuxième conseil municipal, de mettre fin à la mise à disposition des locaux municipaux occupés par la CGT, la CFDT, Solidaires et la FSU. Rapidement les quatre syndicats se sont mis d’accord pour s’opposer à cette expulsion. Début juin, un commissaire de justice est venu constater que les syndicats occupaient toujours les locaux et la CGT a alors indiqué vouloir engager une procédure judiciaire. Lors d’une manifestation devant la mairie pour s’opposer à cette décision le 26 juin, le maire n’a pas hésité à sortir un tuyau d’arrosage et à asperger les manifestants depuis sa fenêtre. En attendant une éventuelle décision du tribunal, les syndicats continuent d’occuper leurs locaux.

    Une situation similaire se déroule à Arles. Il y a trois ans, le maire Patrick de Carolis (Horizons) a lui aussi refusé de renouveler la convention permettant à l’UL CGT d’occuper la Bourse du travail, comme c’est le cas depuis 120 ans. Le 9 juillet, le tribunal administratif de Marseille a finalement donné raison au maire et a demandé à la CGT de libérer les locaux occupés. Il prévoit une astreinte de 50 euros par jour si les mesures d’exécution ne sont pas justifiées dans les deux mois suivant la notification du jugement.

    Mais malgré cette décision, la CGT résiste et demande un moratoire sur les expulsions des syndicats de leurs locaux. Le 17 septembre, Sophie Binet, la secrétaire nationale de la CGT, s’est déplacée à Arles pour affirmer que la Bourse du travail était désormais une « zone à défendre » (ZAD).

    Non loin de là, la Maison des syndicats de Tarascon pourrait aussi se transformer en ZAD. Là aussi, le maire RN nouvellement élu, Alexandre Ducouret, a mis fin à la convention d’occupation des locaux par la CGT et FO notamment. Et là aussi, les syndicats ont refusé de partir. Le bras de fer entre les nouveaux maires d’extrême droite et les syndicats est lancé.

  • [Entretien] Myriam Lebkiri, CGT : « Les Bourses du travail sont d’intérêt général »

    [Entretien] Myriam Lebkiri, CGT : « Les Bourses du travail sont d’intérêt général »

    La Marseillaise : Êtes-vous en lien avec l’UL de Bagnols-sur-Cèze depuis l’annonce de la maire RN qui leur demande de quitter les locaux fin novembre ?

    Myriam Lebkiri : Nous avons des échanges bien sûr, nous les rencontrons prochainement. Malheureusement, ce n’est pas un événement isolé. Depuis quelques années, nous avons un département égalité des droits et des affaires juridiques à la CGT qui permet de centraliser et de recenser ces attaques. Nous ne gérons pas les dossiers en direct, mais nous sommes en soutien aux Unions locales. Au niveau confédéral, nous apportons une analyse pour savoir si c’est une attaque politique, comme le font les mairies du RN ou si c’est un problème de discussion ponctuelle avec une mairie, qu’on pourrait solutionner rapidement. À Arles et Tarascon, il s’agit clairement de menaces sur les libertés syndicales ; le maire d’Arles refuse par exemple la médiation du tribunal. On regarde aussi si c’est une expulsion pure ou si c’est une attaque sur la non prise en charge des fluides, la dégradation des locaux, la non prise en charge de la réfection de locaux complètement vétustes ou l’affectation dans des locaux trop petits en pleine périphérie. On est actuellement en train de faire un baromètre. On estime entre 65 et 80 le nombre d’attaques sur les différentes modalités en France, particulièrement depuis cet été par des mairies du RN.

    Est-ce un point commun des mairies RN de s’en prendre au droit syndical ?

    M.L. : Oui, avec le RN, c’est presque systématique. C’est souvent la première chose qu’ils regardent. Cela accompagne leur discours contre les organisations syndicales. Ils s’en prennent au syndicat mais aussi à l’associatif, notamment l’associatif d’entraide, à la LDH et aux associations de protection des femmes et des LGBT. Mais, de plus en plus, dans des mairies qui ne sont pas RN, on retrouve le même genre de décision. On voit que l’intérêt général du syndicalisme est complètement nié un peu partout.

    Pourquoi ces Bourses du travail sont-elles essentielles ?

    M.L. : D’abord parce qu’on reçoit les salariés qui n’ont pas d’organisation syndicale. Plus de 5 millions de salariés de TPE n’ont pas d’organisation syndicale. On n’est présent que dans 40% des entreprises. Donc on reçoit énormément de salariés qui ne connaissent pas leurs droits et qui n’y ont pas accès. On remplace souvent les services publics, que ce soit sur l’accompagnement des travailleurs sans papier ou sur l’information du droit du travail par exemple. On fait aussi des entretiens dans des dossiers extrêmement compliqués de soutien aux victimes de violences sexistes et sexuelles. On y réalise aussi des formations. Les Bourses du travail sont des locaux du monde du travail qui s’ouvre aussi à l’associatif, avec des expositions, des spectacles ou des conférences. Elles sont également des zones de repli lorsque les travailleurs doivent s’organiser et qu’ils ne peuvent pas le faire dans leur entreprise. C’est pour cela qu’elles sont attaquées. Il y en a certains qui sont contre leur subvention mais beaucoup voient aussi que ce sont des lieux où démarrent les luttes, où démarre la conscience collective. Alors que l’extrême droite se fortifie aux portes du pouvoir, qu’on assiste à un affrontement de classes d’une rare violence, les Bourses du travail sont plus que jamais des lieux de résistance et d’intérêt général.

    Ces attaques contre les Bourses du travail sont-elles révélatrices d’une volonté plus large de réduire le droit syndical ?

    M.L. : Oui. De manière globale, les libertés syndicales et le syndicalisme sont attaqués. Nous avons remarqué une montée crescendo de ces attaques depuis les conflits sur la loi travail de 2016. L’apothéose des répressions, c’est quand même le mouvement de 2023 contre la réforme des retraites, où il y a eu de la répression de masse, notamment contre les salariés de l’énergie. Mais ça se propage au plus haut niveau de la CGT, puisque Sophie Binet a subi deux plaintes, moi j’en ai subi une, Gérard Ré aussi. Ce n’est pas rien comme signal envoyé. Pour le coup, la répression, elle, ruisselle. Ce sont des procédures bâillons pour faire peur aux militants, faire peur aux autres salariés et les dissuader de se syndiquer. Ces procédures nous prennent aussi du temps et de l’argent. Mais ça ne dissuade finalement pas parce que nous augmentons chaque année notre nombre d’adhérents.

    Où en est la proposition de la CGT qui réclame une loi pour sanctuariser ces Bourses du travail ?

    M.L. : Il y a une mission ministérielle qui doit rendre son rapport en décembre. Nous demandons que les Bourses du travail soient sanctuarisées pour que ce ne soit pas le fait du prince. Aujourd’hui, tout dépend de qui est à la tête de la collectivité. Et dépendre de la volonté d’une collectivité quelconque, ça ne fonctionne pas parce que c’est extrêmement précaire. Un accueil syndical, ça ne se fait pas au troquet du coin ou chez l’élu syndical. Il nous faut donc des locaux.

  • La gauche reste mobilisée pour la Poste à la Rouvière

    La gauche reste mobilisée pour la Poste à la Rouvière

    Deux jours après la forte mobilisation des usagers du bureau de la Rouvière (notre édition du 28/09), les responsables de la Poste ont été reçus, ce lundi, en maire de secteur. De quoi permettre à la maire RN des 9-10, Éléonore Bez, de crier victoire à travers un communiqué : « La Poste m’assure vouloir garder une présence à la Rouvière. » Mais elle confirme qu’il y a bien un projet de « transformation » et indique qu’elle organisera une réunion de concertation avec « l’ensemble des acteurs concernés », « afin de trouver une solution satisfaisante pour les habitants », avec des modalités discutées avec le syndic.

    Si le conseiller départemental (DVD) Sylvain di Giovanni crie lui aussi victoire, le syndicat Sud PTT alerte sur un « double discours inquiétant » et une transformation en point relais de ce bureau, avec la disparition des activités bancaires, de conseil et de certaines opérations postales : « La mairie connaissait pertinemment le projet funeste de la Poste et au terme d’une parfaite inertie, prise dans ses contradictions, voilà qu’elle tente de redorer son blason. »

    « La réponse ne peut pas être de remplacer progressivement un service complet par une offre minimale », dénonce la conseillère municipale (DVG) déléguée à l’accès aux services publics, Katia Yakoubi, qui cible un « communiqué de presse mensonger » d’Eléonore Bez. En demandant qu’habitants, représentants syndicaux, associations soient pleinement associés aux discussions.

    La section PCF du 9e pointe de son côté une « trahison » de la maire RN de secteur, qui « ne nous surprend pas », et promet de rester mobilisée pour que le bureau ne se transforme pas en simple point relais. « Ce n’est que pure spéculation », se contente de répondre l’intéressée. La Poste, sollicitée, n’a pas donné suite.

  • Le PCF appelle à se rassembler à Vauvert le 3 octobre

    Le PCF appelle à se rassembler à Vauvert le 3 octobre

    Le Parti communiste veut aller ferrailler avec l’extrême droite sur ses terres. « L’enjeu, c’est de pousser l’extrême droite dans ses retranchements. Le but, c’est d’interpeller l’extrême droite, d’aller sur son terrain et de lui demander  : qu’est-ce que vous en dites du droit à l’avortement ? », explique Saliha Boussedra, qui gère l’organisation de l’événement avec l’Assemblée des femmes du PCF du Gard.

    Car la philosophe, spécialiste de Marx et du féminisme, rappelle que l’extrême droite au pouvoir s’attaque systématiquement aux droits des femmes. Les exemples internationaux avec Donald Trump aux États-Unis, Javier Milei en Argentine ou même Giorgia Meloni en Italie continuent de le prouver. « En France, on voit qu’il y a eu la suppression des subventions au Planning familial de Carpentras dès que le RN a été élu. S’il y a bien un mot que l’extrême droite déteste, c’est celui d’égalité. On va donc à Vauvert pour rappeler la lutte pour les droits fondamentaux à laquelle l’extrême droite est toujours la première à s’attaquer, par principe. Elle ne parle jamais de développement des maternités de proximité ou d’ouverture de centres de santé sexuelle. Et elle est contre l’éducation à la vie affective et sexuelle, la fameuse Evars », énumère Saliha Boussedra. C’est donc pour toutes ces raisons que le PCF appelle à manifester samedi 3 octobre (11h) place de la Contamine. Toutes les organisations de gauche, progressistes et républicaines, sont invitées à participer.

    « Menace d’accès au droit »

    La militante communiste souhaite aussi insister sur la menace qui pèse sur l’accès à l’avortement à cause des budgets contraints, car partout où le RN passe, les budgets des associations sont sabrés : « Au vu du contexte actuel et des coupes dans les budgets, l’extrême droite n’a même plus besoin de dire qu’elle est contre l’avortement. Elle a juste à couper des subventions. C’est comme cela qu’elle empêche une association qui œuvre auprès des femmes pour l’accès au droit. L’extrême droite a plein de leviers pour s’opposer à l’IVG. Elle peut aussi financer des campagnes de désinformation et de culpabilisation. La question de l’IVG nécessite des moyens, des lieux où le pratiquer, des centres de santé sexuelle, de l’éducation et de l’information ».

    Après les élections municipales et les victoires de plusieurs candidats du Rassemblement national dans le Gard (Beaucaire, Vauvert, Bagnols-sur-Cèze), la commission féministe du PCF a décidé de maintenir une veille sur les décisions de ces nouveaux élus. L’objectif sera d’immédiatement alerter la population si des reculs contre le droit des femmes sont décidés.

  • Dans le Sud, le troupeau des « brebis galeuses » du RN

    Dans le Sud, le troupeau des « brebis galeuses » du RN

    Les « brebis galeuses », le terme est surexploité par le Rassemblement national dès qu’il est question de justifier les prises de paroles, écrits de ses partisans et cadres à caractère raciste, antisémite, de haine envers les musulmans, la communauté LGBT+, l’IVG… et la liste est longue. Dans ce domaine, la Provence se distingue par son lot de personnages particulièrement haineux qui pourraient former à eux seuls un troupeau.

    Ainsi, Frédéric Boccaletti, pourrait en faire partie. Ancien membre d’Égalité et Réconciliation, mouvement d’Alain Soral, proche de Jean-Marie Le Pen, admirateur de Charles Maurras le désormais maire de Six-Fours a tenu dans les années 90 une librairie nommée Anthinéa à Toulon, ville voisine. Commerce dans lequel l’élu d’extrême droite vendait des ouvrages négationnistes et antisémites. Dans sa course victorieuse à la mairie, il a emporté Alain Trillat, compagnon de longue date. Désormais conseiller municipal, délégué aux cérémonies patriotiques, aux anciens combattants et correspondant défense, ce dernier avait été épinglé par Libération pour avoir republié sur Facebook des contenus à la gloire du maréchal Pétain.

    En mars dernier, La Marseillaise révélait que Lucas Conill, l’un des colistiers du candidat RN déchu à la mairie de Gardanne Bruno Priouret, s’affichait bras suffisamment tendu pour que l’on détecte un salut fasciste sur une photo publiée sur son propre compte Facebook. À Gap, la parole se joint aux gestes lorsque Yannick Magnier, candidat sur la liste lepéniste portée par Raphaël Leroux chante, dans une vidéo exhumée par Le Media et l’association Rec (Résistons ensemble contre la cyber-haine) : « la balade des sales rebeus », « les chambres à gaz c’était le bon temps » mais surtout « je suis un nazi », « heil Hitler ». Le parquet de Gap a ouvert une enquête à son encontre pour « provocation à la haine raciale », « injure publique en raison de l’origine » et « apologie de crime contre l’Humanité ».

    Que dire de l’élue d’opposition RN à la mairie d’Avignon Anne-Sophie Rigault, épinglée par le collectif No Pasaran pour avoir mené campagne avec des proches du groupuscule antisémite Amitié et Action française, scission du mouvement royaliste.

  • Affaire Bardella : la Macronie découvre que le RN n’a pas changé

    Affaire Bardella : la Macronie découvre que le RN n’a pas changé

    Depuis Madrid, lors d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez, le chef de l’État a dénoncé des propos « rapportés évidemment gravissimes et inacceptables ». Il a intimé aux « responsables politiques » du RN de « clarifier la ligne, les mots et les gens qui, dans leur parti, peuvent prononcer de telles choses ». Immédiatement, l’intéressé a répliqué. « Après le 7 octobre 2023, j’ai marché dans les rues de Paris, et me suis rendu en Israël. Pas lui », a cinglé Jordan Bardella sur X.

    Emmanuel Macron s’était rendu à Jérusalem et en Cisjordanie le 24 octobre 2023, 17 jours après les attaques du Hamas contre Israël qui ont fait 1 221 morts. Il n’avait, en revanche, pas pris part à la marche contre l’antisémitisme organisée le 12 novembre 2023 à Paris par les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, arguant que son « rôle » était « de continuer à préserver dans cette période l’unité du pays et de ne jamais renvoyer dos à dos les uns et les autres ». Jordan Bardella s’est de son côté rendu en Israël en mars 2025, à l’invitation du gouvernement d’extrême droite israélien, pour participer à une conférence contre l’antisémitisme.

    Mediapart a publié lundi des messages antisémites datant de 2013 qu’il attribue à Jordan Bardella, alors jeune militant du parti. « Les banques sont toutes détenues par des Juifs » ; « Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur », aurait notamment écrit le futur président du RN qui conteste « formellement » en être l’auteur. Emmanuel Macron a également déploré « la violence langagière » de la candidate d’extrême droite Marine Le Pen à l’encontre de Mediapart. Une telle violence « conduit toujours après à une escalade et, même quand c’est métaphorique, ce qui doit accompagner un débat démocratique, c’est le respect », a réagi Emmanuel Macron. La veille Marine Le Pen a conseillé au site d’investigation de revêtir son « costard en Kevlar », la matière utilisée pour les gilets pare-balles. Une référence d’une « violence sidérante », a dénoncé Mediapart.

    Mais la macronie depuis son accession au pouvoir a contribué à l’intensification de ces attaques envers les médias. N’est-ce pas Emmanuel Macron lui-même qui en 2018, après les révélations autour de l’affaire Benalla, chargeait « une presse qui ne cherche plus la vérité ». Des médias qui, selon le chef de l’État chercheraient à se substituer au « pouvoir judiciaire » ? Une rhétorique reprise par la droite en la personne de Nicolas Sarkozy – pour ne citer que lui – à l’extrême droite.

    Philippe et Braun-Pivet

    se réveillent

    Il s’agit d’une crise de campagne majeure pour la candidate qui survole les sondages, dans laquelle d’autres candidats se sont également engouffrés mercredi. « Le RN prétend avoir changé mais, à intervalles réguliers, ses candidats et ses cadres expriment des opinions scandaleuses », a jugé Édouard Philippe (Horizons) dans le Parisien, en référence aux « brebis galeuses » que le RN se félicite d’exclure au premier signalement, lors de chaque séquence électorale (lire ci-dessous). Chez Les Républicains en revanche, le candidat à la présidentielle Bruno Retailleau a refusé à ce stade de réagir.

    Autre figure à s’insurger, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance) qui a assuré mercredi n’avoir « jamais cru » que le RN soit devenu, comme il s’en enorgueillit, « le bouclier de la communauté juive ». Rappelant que le Front national a été fondé par Jean-Marie Le Pen, multicondamné pour négationnisme, elle a évoqué « les accointances de ce parti pendant des années avec toute la sphère antisémite et complotiste ».

    Et pourtant, c’est bien à l’issue d’un arrangement tacite avec le RN que le bloc central a pu faire réélire Yaël Braun-Pivet à la tête de l’hémicycle. En échange, les élus d’extrême droite ont obtenu des postes clés au palais Bourbon, dont deux vice-présidences. Réagissant à l’affaire, le sénateur communiste Ian Brossat insiste sur X : « tous les imbéciles qui ont donné des brevets de respectabilité au RN devraient mourir de honte ». Ils sont nombreux.

  • Indélébile

    Indélébile

    20 000 Marseillais raflés, 1 600 déportés dont 804 juifs, tout un quartier annihilé. La barbarie mise en œuvre par les nazis et leurs complices de Vichy en janvier 1943 est désormais officiellement reconnue par la République française comme crime contre l’Humanité.

    C’est une grande victoire. D’abord pour les survivants et les descendants des victimes qui ont beaucoup lutté pour que ce moment de l’histoire de Marseille soit reconnu pour ce qu’il est.

    Ensuite, pour toutes celles et tous ceux ayant à cœur de caractériser les crimes qui, par leur atrocité, blessent notre Humanité tout entière.

    Enfin, c’est une victoire contre l’oubli alors que la dernière génération porteuse de la mémoire de la Seconde Guerre Mondiale est en train de s’éteindre.

    Notre pays en a bien besoin. Alors que l’extrême droite, qui n’a pas dirigé la France depuis la Libération, est prise dans une polémique sur des propos antisémites attribués au président du RN par Mediapart, on peut mesurer l’ampleur du brouillage des repères.

    Les héritiers de « tonton Dolfy »

    Des commentateurs et des citoyens semblent sincèrement tomber de la chaise, alors qu’il s’agit du chef d’un parti fondé par Waffen SS dont la figure tutélaire, Jean-Marie Le Pen, a été condamnée pour contestation de crime contre l’humanité et surnommait d’après la propre mère de Marine Le Pen, Adolf Hitler « tonton Dolfy ».

    Ces battus de 1944, ces revanchards antirépublicains, ces dissimulateurs, doivent à nouveau mordre la poussière.

    Non, les rafles, la déportation, les chambres à gaz, ne sont pas un détail de l’Histoire. Elles laissent une marque indélébile. Non, l’antisémitisme n’est pas résiduel en France et ne se cantonne pas aux milieux d’extrême droite. Ce poison comme le racisme et toutes les formes de haine doivent être combattus avec la dernière énergie.

    Héritière de l’esprit de Résistance, La Marseillaise, y mettra toutes ses forces.

  • Les syndicats bientôt à la rue à Bagnols-sur-Cèze ?

    Les syndicats bientôt à la rue à Bagnols-sur-Cèze ?

    Pour l’heure, la CGT a décidé qu’elle ne quitterait pas ses locaux à Bagnols-sur-Cèze. Cet été, la municipalité gérée depuis mars par Pascale Bordes (RN) a en effet annoncé aux quatre organisations syndicales (CGT, FO, CFTC, CFDT) et aux six associations concernées qu’elles devaient quitter les locaux Mendès-France qu’elles occupent. Après les attaques contre la culture (plusieurs spectacles annulés), contre les associations (baisse des subventions) et les centres sociaux (190 000 euros de subventions supprimées pour Mosaïque en Cèze), la municipalité d’extrême droite s’en prend désormais aux syndicats.

    « Contrairement aux associations concernées, on n’a pas été surpris », reconnaît Pascal Le Boulch, le secrétaire de l’Union locale CGT du Gard rhodanien. « J’espère qu’il va y avoir une prise de conscience générale sur la volonté de la maire de détruire le tissu associatif, culturel et sportif actuel, pour reconstruire ensuite quelque chose à son image. »

    Face à cette situation, l’Union locale CGT a tenu une assemblée générale le 10 septembre dernier où l’ensemble des présents a refusé de quitter les locaux. « Nous avons écrit à la maire et nous attendons désormais sa réponse. Nous ne demandons pas un délai, on veut juste qu’elle nous présente un vrai projet », explique Pascal Le Boulch. Le cégétiste ne comprend en effet pas pourquoi la date du 30 novembre a été fixée par la municipalité puisque celle-ci n’a présenté aucun projet sur l’utilisation de ces locaux par la suite.

    « Aujourd’hui, c’est hors de question qu’elle nous fasse quitter les lieux parce qu’elle a une idée et que peut-être, un jour, elle va la réaliser. L’assemblée générale a été claire, on ne bouge pas. Donc on restera dans nos locaux et on va continuer la lutte », prévient Pascal Le Boulch. En attendant une réponse de la mairie, et l’envoi de nombreux documents réclamés sur le statut de mise à disposition du bâtiment, le syndicat a en effet prévu de se mobiliser et d’aller à la rencontre de la population pour l’alerter sur les décisions prises par la maire.

    « Quand on parle de cette décision qui concerne aussi les associations, les gens ne trouvent pas ça normal et certains ne s’attendaient pas à ça. Je pense que la prise de conscience va arriver petit à petit », conclut le secrétaire de l’UL CGT du Gard rhodanien.

  • Bardella choisit de nier, Le Pen menace la presse

    Bardella choisit de nier, Le Pen menace la presse

    Le président d’un parti (RN ex-FN) fondé par des antisémites notoires, au sein duquel plusieurs membres ont été condamnés pour des propos à caractère antisémite, serait donc, lui aussi, antisémite ? L’entreprise de dédiabolisation opérée par Marine Le Pen depuis quinze ans s’est effondrée en un instant. Face à ce constat, celle-ci éructe et donne un inaperçu de ce que signifierait son accession au pouvoir pour la presse libre : « C’est à Mediapart, je crois, qu’il va falloir dire d’enfiler son costard en Kevlar, parce qu’il y aura évidemment une réponse à la manière dont ils se comportent ». Depuis l’Assemblée nationale, la patronne de l’extrême droite française menace directement le journal d’information numérique qui a publié, la veille, une enquête accusant le président de son parti d’avoir tenu des propos antisémites.

    Et ils font froid dans le dos. « Les banques sont toutes détenues par des Juifs » ; « Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur », aurait-il écrit en 2013, alors jeune adhérent au Front national. L’intéressé dément catégoriquement et annonce porter plainte. « Nous sentons les prémices d’une guerre totale, de tentative de déstabilisation de la campagne présidentielle », fait-il valoir, face à la centaine de parlementaires lepénistes présents : « Il va falloir sortir les casques lourds (…). Nous allons être attaqués pas seulement par nos opposants, mais parce que le mouvement que nous représentons dérange. »

    L’article de Mediapart pointe la fascination du président du Rassemblement national pour Alain Soral, antisémite multicondamné. Ce qu’il nie, évidemment. Il y a deux ans, l’émission Complément d’Enquête (France 2) avait déterré un faux compte twitter qui aurait appartenu à Jordan Bardella, où il publiait de nombreuses « blagues » racistes et rendait hommage à l’idéologue qu’il qualifiait de « grand sociologue ». « Il avait annoncé déposer une plainte. Deux ans plus tard, celle-ci n’a toujours pas été reçue », note sur X le journaliste de l’émission, Tristan Waleckx.

    Les faits sont têtus : François Paradol, le directeur de cabinet du champion du RN, n’est autre qu’un ancien membre du mouvement Égalité et Réconciliation, fondé par l’essayiste antisémite, comme l’a révélé Mediapart en décembre 2025. « L’objectif, c’est de tuer ma carrière politique », pousse Jordan Bardella. Alors, le jeune ambitieux, celui qui était censé incarner une image plus lisse de la formation à la flamme, cheveux plaqués en arrière, costume cravate en toutes circonstances, adorateur des grands patrons et de la noblesse, tente le tout pour le tout : il ne peut pas être antisémite puisqu’il s’est rendu en Israël ! « Moi, j’ai été reçu par le gouvernement israélien en 2025, j’ai été l’intervenant d’une conférence internationale de lutte contre l’antisémitisme », insiste-t-il. Un argument frisant le ridicule : le gouvernement de Benyamin Netanyahou tisse des liens avec l’extrême droite européenne dans son intégralité, pourtant historiquement antisémite, tandis qu’en retour, celle-ci l’assure de son soutien dans la colonisation des terres palestiniennes et du massacre de son peuple.

    Encore une fois, c’est bien lui qui avait refusé de qualifier Jean-Marie Le Pen d’antisémite alors que le patriarche de l’extrême a été condamné à six reprises pour cela. Selon le député RN Jean-Philippe Tanguy, c’est « la racaille antisémite purgée par Marine Le Pen » qui serait à l’origine de ces révélations, tout en niant leur véracité. Soit. Le timing est mauvais pour Jordan Bardella car les adhérents du RN sont appelés à le réélire à sa tête, les 24 et 25 octobre prochains à Orléans. Le lieu choisit pour lancer la campagne présidentielle de la « favorite » des sondages. Reste à savoir si elle se délestera de cet élément encombrant dans sa quête de « normalisation ».

  • [Sénatoriales] Dans les Bouches-du-Rhône, Muselier cède la Région avec un goût amer

    [Sénatoriales] Dans les Bouches-du-Rhône, Muselier cède la Région avec un goût amer

    Dimanche à 20h, dans la foulée de la validation du résultat de l’élection sénatoriale, Renaud Muselier a signé sa lettre de démission de la présidence de Région qu’il occupe depuis 2016. C’est Christian Estrosi qui assure l’intérim jusqu’à la plénière convoquée le 12 octobre pour élire le nouveau président et son exécutif.

    Son choix pour lui succéder est connu. Le désormais ex-président espère « donner les clés de cette honorable maison » à François De Canson « un maire respecté et un élu local reconnu qui sera un président compétent ». Lui, reste conseiller régional spécial avec des prérogatives sur les fonds européens, les JO d’hiver 2030 et le département des Bouches-du-Rhône.

    Mais Renaud Muselier a beau avoir le cuir politique cabossé par les campagnes électorales, « cette victoire » lui laisse « un goût amer dans la bouche ». Il s’en est fallu d’une trentaine de voix, celles qui ont manqué à la réélection du sénateur d’extrême droite, Stéphane Ravier, pour que le président de la Région passe à côté du Sénat.

    Si « la gauche et les écologistes sont redevenus la première force politique » en nombre de voix comme le rappelle la sénatrice sortante (PS) Marie-Arlette Carlotti réélue avec Jérémy Bacchi (PCF) et Guy Benarroche (EELV), le siège de Jean-Noël Guérini échu à Mireille Jouve après sa condamnation, est tombé dans les mains du Rassemblement national. Le parti d’extrême droite décroche deux sénateurs : Marie-Pierre Callet et Fabien Bravi. Un siège revient à la sénatrice (LR) sortante Valérie Boyer, et deux à la Liste Devesa – Muselier qui portait les couleurs officielles de la droite et du centre droit.

    « Ce n’est pas à la hauteur de ce que nous espérions. Avec tout ce qu’on a pu faire pour l’aménagement de nos communes et de notre territoire, c’est intéressant comme renvoi d’ascenseur, ça mène à beaucoup d’humilité », ironise l’ex-président de région qui lors de son entrée en campagne début juillet tablait sur quatre sièges. « Sans la division organisée par Mme Boyer et M. Granier, on aurait gagné un siège supplémentaire, c’est bien dommage. Si il y a défaite, c’est la défaite de l’addition », regrette celui qui associe toutefois l’élection de la candidate LR dissidente à son bilan.

    L’inquiétude Retailleau

    « Les appartenances politiques ne s’effacent pas au soir d’une élection », ne tardera pas à lui répondre cette dernière rappelant qu’elle sera la seule à siéger au sein du groupe Les Républicains. « Présenter ce résultat comme l’élection de trois sénateurs de droite ne doit pas masquer une réalité. Renaud Muselier appartient à Renaissance, Brigitte Devésa à l’UDI et sont tous deux macronistes ».

    Ce résultat décevant, Renaud Muselier le met aussi sur le compte d’une campagne « violente » où rien ne lui a été épargné, évoquant des « fausses affaires » reprises avec « des titres à la une » par la presse, des « tracts anonymes », des « soi-disant menaces » et des « trahisons nationales ». Car la rancœur vis-à-vis de Bruno Retailleau, le président Les Républicains, pointe vite. « Vous avez un chef de parti qui part contre son parti, contre la décision de sa commission d’investiture, contre sa parole donnée… C’est pas banal pour quelqu’un qui veut être président de la République. Ça devient compliqué et ça m’inquiète », reprend le nouveau sénateur. « Nous étions partis avec trois sièges, nous les conservons malgré la division mais le total de voix est clair : unis nous avions ce 4e siège voilà pour la triste conclusion : la division a toujours un prix et ce prix est un sénateur RN de plus dans les Bouches-du-Rhône. »

    Au palais du Luxembourg où il siégera « dans la majorité sénatoriale » sans préciser quel groupe, Renaud Muselier promet d’être focus sur la métropole, la loi SRU, la fiscalité et les finances des collectivités, le budget du pays mettant sur la même ligne la reconnaissance faciale et la cyber sécurité, et l’unité à la présidentielle. « Uni, on gagne. On l’a prouvé aux Régionales et on vient de le prouver dans un sens comme dans l’autre aux Sénatoriales. La division entraîne la défaite ». Un défi pour 2027.