Les uns après les autres, le RN feuilletonne les ralliements comme s’il s’amusait à faire tomber les dominos de la droite républicaine. Une semaine après l’annonce de l’adhésion surprise de la présidente de la fédération LR des Bouches-du-Rhône Laure-Agnès Caradec à l’UDR ciottiste (notre édition du 13/05), le responsable départemental du parti lepéniste Franck Allisio a annoncé ce lundi que la vice-présidente du conseil départemental (ex-LR), Marie-Pierre Callet, mènera la liste d’union de l’extrême droite aux sénatoriales de septembre prochain dans le département.
« Nous avons mis un point d’honneur à choisir une tête de liste hors-Marseille, en se rappelant que l’essentiel des maires sont hors de Marseille », appuie Franck Allisio, qui assure que la candidate validée par les commissions d’investiture du RN et de l’UDR, proche du député RN Emmanuel Taché, « est le profil idéal pour les sénatoriales ». Quatre fois battue aux municipales à Maussane-les-Alpilles où elle s’est installée en 1992, l’exploitante agricole de 68 ans, pendant dix ans à la tête du groupement bovin des Bouches-du-Rhône, est élue depuis 2015 au Département sur le canton de Salon-1, en binôme avec le maire d’Eyguières Henri Pons, chargée des routes après avoir reçu les délégations du numérique et de la viticulture. « Je n’ai pas changé de convictions », assure celle qui avait quitté les Républicains après la dissolution de juin 2024, et qui très sérieusement affirme qu’elle ne se sent « pas du tout d’extrême droite » après avoir adhéré au RN.
Si elle n’a prévenu la présidente (DVD) du conseil départemental de sa décision que ce dimanche, « je suis toujours dans la majorité de Martine Vassal », assurait-elle dans la matinée. Avant que la présidente de l’exécutif départemental n’indique par communiqué qu’« il a été convenu qu’elle se mettrait en retrait du groupe Provence unie et qu’elle rendrait l’ensemble de ses délégations (…) dans un souci de clarté, de sérénité et de bon fonctionnement de notre majorité ». La loi sur le non-cumul des mandats doit de toute façon la rattraper après sa très probable élection au palais du Luxembourg en septembre.
« Nous espérons bien faire deux sièges », annonce ainsi Franck Allisio en calculant que le RN seul compte plus de 400 grands électeurs sur les 2 700 du département, pour huit places. Une gageure, même s’il rappelle que « systématiquement les listes RN ont dépassé le nombre de grands électeurs du RN ». Car l’ancienne tête de liste (ex-RN) de l’extrême droite, Stéphane Ravier, devrait conduire sa propre liste, indique-t-il. « Notre intérêt aux sénatoriales, c’est d’avoir une liste RN – UDR et lui d’avoir une liste indépendante, nous sommes d’accord pour avoir une liste séparée », explique le député en promettant que « cela a toujours été convenu comme ça ». Le relatif échec de l’extrême droite aux municipales, hors Marseille, a dû temporiser des ambitions.









