Tag: RN

  • Vague de solidarité pour le Planning familial de Carpentras

    Vague de solidarité pour le Planning familial de Carpentras

    « Au final, ça nous a aussi donné de la visibilité et l’opportunité de redire que ce que l’on fait est primordial », glissait ce lundi 8 juin Anne-Lise Nadaud, présidente du Planning familial de Vaucluse, après le retrait de la subvention de 3 000 euros de la part de la municipalité d’extrême droite de Carpentras ce vendredi 5 juin. Preuve en est : depuis cette décision, la structure a récolté pas moins de 4 000 euros de dons.

    « Il y a énormément de messages d’empathie et de bienveillance. On se sent soutenu. Cet engouement nous fait énormément de bien », confirme la dirigeante associative. La subvention était notamment fléchée sur des interventions auprès de jeunes publics ainsi que sur un groupe de parole autour de la parentalité. « On ne laissera pas tomber ce public », insistait Anne-Lise Nadaud.

    « Wokisme »

    L’édile Hervé de Lépinau (RN) a de son côté souhaité faire une « mise au point » sur ses réseaux sociaux. Après avoir répété les mêmes arguments que lors du conseil municipal, c’est-à-dire qu’une association devrait être apolitique pour pouvoir toucher une subvention et lui reprochait de « taper » sur son parti, il s’est permis d’écrire que la structure s’est « largement éloignée de son objectif premier, à savoir l’égalité des droits, pour devenir un organe politisé et partisan, mais aussi un avant-poste d’une idéologie controversée qu’est le wokisme ». Comme quoi œuvrer pour l’éducation sexuelle et l’accès à l’avortement, auquel le maire est notamment opposé, ne convient pas à tout le monde.

    Dons possibles sur helloasso.com/mouvement-français-pour-le-planning-familial

  • Deux ans d’inéligibilité pour le suppléant d’un député RN de Plan-de-Cuques

    Deux ans d’inéligibilité pour le suppléant d’un député RN de Plan-de-Cuques

    Suppléant et attaché parlementaire du député RN José Gonzalez, Stéphane Simond a été reconnu ce lundi matin coupable de complicité et usage de faux et de tentative d’inscription indue sur les listes électorales. Habitant à Allauch, celui-ci avait fait réaliser une fausse attestation d’hébergement pour pouvoir se présenter comme tête de liste RN à Plan-de-Cuques où il a été réélu au conseil municipal (notre édition du 03/06). « C’est bien lui qui a demandé d’établir un faux en novembre 2025 pour demander une inscription sur les listes électorales », a pointé le juge qui l’a condamné à trois mois de prison avec sursis, une amende de 1 500 euros et surtout deux ans d’inéligibilité. « C’est un élu de la République qui a mis en danger la sincérité du vote », insistait le juge.

    5 000 euros pour

    la commune

    L’ami qui lui a signé l’attestation, Jean-Marc Gigante, écope lui d’une amende de 1 500 euros dont 1 000 euros avec sursis, et d’un an d’inéligibilité, reconnu coupable de faux et de complicité de tentative d’inscription frauduleuse sur les listes électorales. « Même si vous n’aviez pas conscience du risque, l’élément intentionnel est présent », expliquait le juge, en ironisant : « Il est peu crédible que Stéphane Simond vous demande de faire un faux document sans vous dire pourquoi. » Ils devront tous deux verser solidairement 5 000 euros à la commune pour son préjudice matériel.

  • À Fos-sur-Mer, une réunion du RN provoque une levée de boucliers

    À Fos-sur-Mer, une réunion du RN provoque une levée de boucliers

    C’est un post sur Facebook qui a alerté les forces progressistes. Franck Allisio, Emmanuel Fouquart et Emmanuel Taché, trois députés d’extrême droite du département des Bouches-du-Rhône, y annoncent la tenue d’une rencontre publique, vendredi 19 juin, au sein de la Maison de la mer et du sport.

    Une « salle communale très connue des Fosséennes et des Fosséens, transformée en lieu d’accueil d’une réunion diligentée par le RN », réagit le groupe municipal d’opposition Notre Fos. « Le prêt de la salle a été forcément validé par le maire ! Si le doute persistait encore chez certains, maintenant, nous avons la certitude que notre ville est dirigée par l’extrême droite. »

    Classé divers droite par la préfecture au moment du dépôt des listes, lors de la campagne municipale, Philippe Maurizot avait pourtant rejoint le label du RN « La Provence qu’on aime », portant sur des éléments programmatiques, et reçu le soutien de son délégué départemental, Franck Allisio.

    « Nous, élus et sympathisants de gauche, n’acceptons pas que Fos devienne le lieu de rendez-vous de l’extrême droite du département, voire de la région, écrivent les élus d’opposition, dans un communiqué. Nous refusons que le nom de notre ville soit associé au déclin de la démocratie de notre pays. » Ils appellent « tous les démocrates de Fos, de l’Ouest de l’étang de Berre et du département » à une grande marche populaire et citoyenne devant la Maison de la Mer, vendredi 19 juin, à 18h30.

  • À peine installée, l’extrême droite affiche clairement ses idées

    À peine installée, l’extrême droite affiche clairement ses idées

    Au soir du 22 mars, le député Hervé de Lépinau (RN) levait triomphalement les bras après sa large victoire aux élections municipales à Carpentras, faisant de lui le premier maire d’extrême droite de la capitale du Comtat Venaissin. Un peu plus de deux mois plus tard, les premières mesures et communications de la municipalité laissent entrevoir la politique qu’elle souhaite mener.

    Ce vendredi 5 juin, lors du conseil municipal de Carpentras, a été votée la baisse des subventions à plusieurs structures. « Cela représente, par exemple, -31% pour la culture et -21% pour le social et la santé », pointe l’élu d’opposition et ex-maire, Francis Adolphe (DVG), dont l’arrêt total des aides au Planning familial. « C’est une association d’utilité publique, sans idéologie et apartisane. Remettre en cause son financement, c’est fragiliser un service de proximité essentiel alors que les besoins sont bien réels », regrette Patrick Botella Mondet, élu du groupe d’opposition « Ensemble, fiers de Carpentras ». Il s’interroge notamment sur la motivation de cette décision, se demandant si elle est « est idéologique ou relève d’une vision morale » et appelle « à ce que les décisions soient motivées par l’intérêt général et non pas par des convictions ».

    Ce à quoi Hervé de Lépinau rétorque que « la loi indique que les collectivités ne peuvent subventionner que les associations apolitiques » et que le « Planning familial n’arrête pas de taper sur le Rassemblement national à chaque élection ». Avant de se lancer dans une tirade d’un autre temps, estimant que la structure « n’est pas là pour pourrir davantage le cerveau » des adolescents « pour aggraver cette question de l’identification de leur identité ». Une référence à une affiche du Planning familial, datant de 2022, présentant un couple au sein duquel un homme transgenre attend un enfant.

    Tags de la discorde

    L’une des premières décisions de l’édile a notamment été de supprimer la régie agricole de la ville, dès le 1er juin. Celle-ci permettait de cultiver des fruits et légumes bios sur un terrain situé à Monteux, ensuite utilisés pour les cantines scolaires. « Une décision désastreuse » pour Olivier Ceyte, adjoint à l’agriculture sous la mandature de Serge Andrieu (DVG), battu dans les urnes en mars dernier. « Cette régie n’est pas un gadget, c’est un outil concret au service de l’alimentation des enfants. C’est une décision purement politique, guidée par la seule volonté de dynamiter tout ce que l’ancienne municipalité avait mis en place », poursuit l’ex-élu.

    Si la polémique liée au chant pétainiste diffusé lors des commémorations du 8-Mai a marqué les esprits, ces dernières semaines, cette affaire relevait finalement d’une erreur de la radio locale RTV FM, qui avait diffusé une playlist dont elle n’avait pas correctement vérifié le contenu.

    En attendant, d’autres décisions transpirent l’idéologie du parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella. Par exemple, le drapeau européen a été retiré du rond-point de l’Amitié, à Carpentras, « afin de préserver ce lieu symbolique dédié aux jumelages de la ville », assure la mairie. En lieu et place, un drapeau du Comtat Venaissin et l’emblème du Saint Mors, relique religieuse conservée dans la cathédrale Saint-Siffrein.

    Ou encore certaines communications du maire-député lui-même. Comme lorsqu’il assure, le 15 mai dernier sur Facebook, que « l’extrême gauche s’amuse à salir Carpentras » en postant un mur recouvert d’affiches de résistants et du message « zone antifa ». Ce que le maire ne précise pas, c’est que ces affiches en papier recouvrent un tag de l’Active Club, une mouvance violente, masculiniste et suprémaciste, avec l’inscription « Zone faf » (acronyme de « France aux Français ») accompagnée d’une croix celtique, symbole de l’ultra-droite. D’autres tags de cette organisation sont visibles à travers la ville.

    Sans oublier ceux retrouvés, le 21 avril sur les locaux du PCF. « Doit-on voir dans cette soudaine libération de la parole fasciste à Carpentras, alors que jusqu’ici notre local n’avait jamais subi aucune dégradation ni agression de ce type, un lien avec l’élection d’une municipalité à la tête du RN ? », s’interrogeait la section locale après ces dégradations.

  • La droite héraultaise aussi en proie aux divisions

    La droite héraultaise aussi en proie aux divisions

    Vu le nombre d’élus municipaux qu’elle compte, la droite héraultaise est en droit d’espérer obtenir un second siège de sénateur. Et pourtant, la mission ne s’annonce pas simple.

    À l’instar de la gauche, la droite pourrait partir divisée dans l’Hérault. Le sénateur sortant Jean-Pierre Grand n’a jamais caché son souhait de continuer à siéger au Palais du Luxembourg qui compte, paraît-il, le meilleur restaurant de Paris. L’ancien maire de Castelnau-le-Lez a même déjà l’investiture du parti d’Édouard Philippe, Horizons.

    Affaire réglée ? Pas du tout. Puisque contre toute attente, un autre élu Horizons revendique lui aussi l’étiquette. Il s’agit du maire de Saint-Georges d’Orques, Jean-François Audrin, qui n’est autre que… le délégué départemental d’Horizons dans l’Hérault ! Chez les troupes du maire du Havre aspirant à l’Élysée, on marche donc sur des œufs. J.-F. Audrin finira-t-il par rentrer dans le rang d’une manière ou d’une autre sachant que la 3e place qui pourrait lui être attribuée derrière J.-P. Grand ne sera pas éligible ? Ou bien J.-F. Audrin montera-t-il sa propre liste sous peine d’être exclu ? Suspense.

    LR et RN en réflexion

    Pendant ce temps, Joseph Francis avance. Après avoir échoué de peu en 2020 (5e avec 9,45%, 234 voix), l’entrepreneur montpelliérain s’est déclaré… cette fois sans le soutien de l’UDI. « Je dévoilerai ma liste fin juin. J’aurai des maires avec moi. Je m’occupe d’eux, pas des candidats ni des partis politiques », précise Joseph Francis qui a l’air vacciné des étiquettes. « Ils font de la tambouille. Il y en a marre de la politique d’hier, des calculs. Les maires sont dans une détresse totale, ils ont besoin qu’on s’occupe d’eux », charme le chef d’entreprise qui dit rencontrer entre deux et douze maires par jour.

    Du côté des Républicains, on est encore au stade de la réflexion et des discussions en coulisses. « Pour l’instant, il n’y a pas de liste LR, on va voir », glisse le secrétaire héraultais Arnaud Julien, dans l’expectative. En charge des sénatoriales, le maire de la Grande-Motte, Stéphan Rossignol, n’a pu être joint pour nous en dire davantage.

    Quant à l’extrême droite, elle n’a pas davantage communiqué. Si à Béziers Robert Ménard ne semble pas intéressé pour peser dans ce scrutin, nul doute que, comme en 2020 (8e avec 4,76% soit 118 voix), le RN présentera une liste dans l’Hérault. Selon les premiers bruits, elle pourrait être menée par l’ancien candidat RN aux régionales 2021, Jean-Paul Garraud. Étonnant puisqu’il est déjà député européen. Ou bien par Sébastien Pacull, qui a pourtant raté son pari aux Municipales à Sète. À ce stade, rien n’est donc acté.

  • [Sénatoriales] Denis Bouad : « Il faut être uni à gauche et y aller à fond »

    [Sénatoriales] Denis Bouad : « Il faut être uni à gauche et y aller à fond »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir changé d’avis et être aujourd’hui candidat aux sénatoriales ?

    Denis Bouad : J’ai 73 ans et j’ai effectivement dit que j’étais prêt à passer la main le cas échéant. Puis j’ai regardé ce qu’il se passait. J’ai vu qu’il y avait beaucoup de candidats à ma succession et qu’il allait même y avoir des candidats dissidents s’ils n’étaient pas investis par le parti. J’ai ensuite vu Carole Delga qui n’a pas apprécié que j’ai pris cette décision sans lui en parler, ce qui est vrai d’ailleurs. Elle m’a dit que j’avais fait une bêtise et qu’il fallait que je me présente. La présidente du Département (Françoise Laurent-Perrigot) m’a aussi dit que je faisais une bêtise. J’ai ensuite vu ce groupe d’élus, de toute sensibilité politique du Département et de la Région, qui me demandaient d’y retourner. C’est ce qui m’a poussé à me présenter. Il faut aussi dire que le PS avait dit que si le sortant ne se représentait pas, c’est une femme qui devait être investie. Katy Guyot était alors candidate mais il y a eu une levée de boucliers et elle s’est retirée. Il ne restait alors plus que des hommes. J’ai trouvé ça un peu cavalier donc ça m’a aussi poussé à revenir.

    Comment appréhendez-vous cette échéance ?

    D.B. : Nous sommes dans un département où il y a six députés d’extrême droite, un député européen RN et deux sénateurs de droite face à une députée européenne et un sénateur socialiste. Avec les élections municipales, on a gagné Nîmes mais on a aussi perdu beaucoup de collectivités territoriales, comme le Grau-du-Roi, Vauvert, Saint-Hilaire-de-Brethmas, Bagnols-sur-Cèze… Pour les élections sénatoriales, il va donc falloir faire une campagne en disant haut et fort que nous avons cette volonté de gauche et d’union de la gauche. Parce que dans un an, il y a l’élection présidentielle, puis il y aura une dissolution. Il y a des circonscriptions qui seront très difficiles à gagner pour la gauche. Nous avons trois ou quatre circonscriptions où nous pouvons espérer l’emporter. Pour cela, il faudra une large union parce que huit mois après les législatives, les élections départementales arrivent. Et si on prend une rouste aux élections législatives, on va reprendre une rouste aux départementales. Il faut donc que dès les sénatoriales, nous ayons un élan qui soit fort.

    Le RN peut-il remporter un siège dans le Gard ?

    D.B. : Le Rassemblement national assoit sa base partout. Au-delà de sa victoire, le RN est aussi n°2 à Nîmes et à Alès. Quel sera son score ? Je ne sais pas, mais le RN va faire un score et il risque de gagner un élu. Moi, mon combat, c’est contre l’extrême droite. Donc il faut être uni à gauche et y aller à fond.

    Où en sont les discussions avec les autres forces de gauche ?

    D.B. : Je dis depuis le début qu’il faut un socialiste en tête de liste, suivi d’une communiste derrière parce qu’ils ont gagné Nîmes. Après, il faudra peut-être mettre un socialiste en 3 et puis s’entendre avec les Radicaux et les Écologistes pour les deux places suivantes. J’ai donc discuté avec plusieurs membres du Parti Communiste qui sont plutôt favorables pour que ce soit Cathy Chaulet en deuxième position. Ça me va très bien parce qu’elle est conseillère départementale, on se connaît depuis des années et on partage la même analyse sur beaucoup de sujets.

    Quel bilan tirez-vous
    de ce mandat ?

    D.B. : Nous avons une politique macroniste depuis des années qui assomme les classes populaires. Nous sommes arrivés à 3 500 milliards de dette, c’est catastrophique. En face, on a des Républicains qui s’opposent soi-disant à ce gouvernement, mais ils votent tout ce qu’il propose. Ils nous parlent toujours des problèmes d’immigration, des problèmes de triche au RSA, de triche à la sécurité sociale. Tout ce que je combats. Quand Retailleau prend la parole, ce n’est jamais très loin de ce que dit Marine Le Pen ou Jordan Bardella.

    Comment va se dérouler votre campagne ?

    D.B. : Nous ne sommes pas encore en campagne aujourd’hui car le vote n’est que le 27 septembre. Il faut que nous soyons en ordre de marche début juillet. Nous organiserons ensuite des rencontres avec les maires pour leur expliquer notre démarche et pourquoi on en est là. Il y a 129 nouveaux maires dans le département donc ce seront eux que nous allons rencontrer en priorité.

  • [Sénatoriales] Julien Audemard : « Un corps électoral politisé avec un vote stratégique »

    [Sénatoriales] Julien Audemard : « Un corps électoral politisé avec un vote stratégique »

    La Marseillaise : Le rôle du Sénat est méconnu. À quoi sert-il ?

    Julien Audemard : C’est une chambre parlementaire, une chambre haute qui ne représente pas directement les individus mais les territoires au travers de leurs élus. C’est donc une élection indirecte. Les sénateurs ont un rôle législatif même s’il est moindre et que les députés peuvent avoir le dernier mot. C’est tout de même un contre-pouvoir fort. Les sénateurs ne peuvent pas censurer le gouvernement mais ne peuvent être touchés par une dissolution.

    Comment vont être désignés

    les délégués le 5 juin ?

    J.A. : Le collège électoral qui va élire les sénateurs le 27 septembre est constitué de tous les conseillers régionaux, départementaux, des parlementaires (députés, sénateurs), des élus municipaux (maires, élus municipaux) et leurs délégués élus le 5 juin qui représentent à eux seuls 95% du corps électoral. Dans les communes de moins de 9 000 habitants, les élus municipaux vont élire entre 1 et 15 délégués en fonction de la taille de la commune. Au-delà de 9 000 habitants, tous les conseillers municipaux sont délégués de droit. Et dans les villes de plus de 30 000 habitants, ils vont en plus élire des délégués supplémentaires en dehors du conseil municipal : un par tranche de 800 habitants. Il n’y a pas de restriction, il faut juste être inscrit sur les listes électorales de la commune.

    En quoi les municipales ont-elles modifié le corps électoral ?

    J.A. : Au niveau national, on a eu environ 40% de renouvellement dans les mairies. Dans l’Hérault, les rapports de force restent à peu près stables même si des communes ont basculé, la plupart du temps de la gauche vers la droite ou le centre (Grabels, Juvignac, Villeneuve…). Mais cela ne pèse pas grand-chose à côté de Montpellier. Le RN a pris Agde mais ailleurs l’extrême droite a obtenu peu d’élus. La gauche ne devrait pas s’écrouler mais restons attentifs à l’offre de gauche.

    Justement la multiplication des listes est-elle risquée à gauche ?

    J.A. : Il y a un risque d’émiettement qui va surtout concerner les petits partis. Hussein Bourgi (PS) devrait être réélu. La question se pose pour Florence Brutus (PRG) qui pourrait pâtir de cet éparpillement. Ceci étant, le mode de scrutin est spécifique dans le Gard et l’Hérault : c’est un scrutin de listes proportionnelles avec l’attribution des sièges restants à la plus forte moyenne, ce qui en général est plutôt favorable aux listes qui ont obtenu peu de voix. Il faudra (maximum) 600-650 voix pour obtenir un siège sur environ 2 000 votants dans le Gard, 2 500 dans l’Hérault.

    Dans le Gard, la progression du RN peut-elle lui faire rafler un siège ?

    J.A. : Aux municipales, le RN n’a pas gagné Nîmes mais a confirmé son ancrage dans le Gard. Il a gagné Vauvert et Bagnols-sur-Cèze en conservant Beaucaire. Ils avaient déjà les 6 députés. Ceci étant, je ne pense pas que ce sera suffisant pour avoir un sénateur. Peut-être plus dans le Tarn avec le basculement de Castres, dans le Tarn-et-Garonne (Moissac, Montauban) voire dans l’Aude avec Carcassonne. Mais obtenir le soutien des élus des petites communes ne se fait pas du jour au lendemain. Pour le PCF c’est compliqué parce que, finalement, Denis Bouad (PS) repart [lire page 7]. Et il n’y aura pas que les communistes qui vont essayer de se positionner sur sa liste. L’élection à Nîmes change toutefois la donne : il y a pour le PCF un vrai levier de pression avec le PS. Il risque d’y avoir un arbitrage entre le national et le local.

    Les maires sans étiquette rendent-ils ce scrutin imprévisible ?

    J.A. : Sans tenir compte du contexte, oui sans doute. Ceci dit, les maires soi-disant sans étiquette sont soit dans de petites communes soit proches de forces partisanes donc, en réalité, on connaît leur tendance. Les autres sont très dépendants de leur intercommunalité ou du Département. L’idée d’une fronde de leur part me paraît très hypothétique. Je verrais une relative stabilité dans l’Hérault à une incertitude près. Dans le Gard, à voir à quel point la gauche peut être dispersée et s’il peut avoir des accords locaux entre la droite et des élus RN. Le corps électoral est très politisé avec une forte dimension de vote stratégique.

    Certains parlent de rapports
    de force entre le président du Département Kléber Mesquida,

    le maire de Montpellier, Michaël Delafosse et la présidente de
    la Région Carole Delga…

    J.A. : Les motivations peuvent être multiples mais dans le cas d’Aurélien Manenc (PRG et candidat dans l’Hérault) j’ai du mal à penser que cela n’a pas de lien. Kléber Mesquida [qui n’est plus au PS] a ses propres stratégies. Au-delà des guerres de personnes, il y a eu des précédents aux législatives avec des candidats soutenus [par Carole Delga] contre ceux de la Nupes.

  • Le RN lorgne sur le troisième siège sénatorial

    Le RN lorgne sur le troisième siège sénatorial

    Dans le Gard, les élections du 27 septembre se joueront au suffrage indirect, par quelque 1 900 grands électeurs issus des conseils municipaux. En 2020, la liste RN menée par Julien Sanchez avait recueilli un peu plus de 200 voix, sans vraiment inquiéter les partis historiques. La droite avait décroché deux sièges avec 672 voix, la gauche un seul avec 663. Une photographie politique que les municipales de mars ont fait voler en éclats.

    Car le département a changé de visage. Bagnols-sur-Cèze et Vauvert ont basculé sous bannière RN, rejoignant Beaucaire. L’ancien bastion socialiste de Saint-Hilaire-de-Brethmas a suivi le même chemin. À Nîmes, Sanchez a fait 37,52%. À Alès, le candidat du parti à la flamme a frôlé les 45%. Ces résultats se traduisent mécaniquement en grands électeurs supplémentaires : dans les quatre principales villes du Gard, l’extrême droite compte une cinquantaine d’élus de plus, entre majorités et oppositions.

    Le vote secret, terrain

    des bascules

    Mais c’est dans les coulisses des intercommunalités que l’inquiétude est la plus vive. Lors des scrutins à bulletin secret pour les présidences d’agglomération, l’extrême droite a systématiquement récolté davantage de voix que ses élus désignés. Autour de Vauvert, des maires sans étiquette ont voté pour le candidat RN à la tête de la communauté de communes. Le signal est limpide : à l’abri du regard, certains élus franchissent la ligne. Referont-ils de même en septembre ?

    Le troisième siège est donc bel et bien menacé. Pas forcément par une droite traditionnelle affaiblie, mais par une extrême droite qui transforme ses scores en réseaux d’élus et sait aimanter une partie des élus ruraux. D’autant que Julien Sanchez, qui n’a pas digéré sa défaite à Nîmes, a ouvertement fixé son cap : barrer la route à Laurent Burgoa, qu’il tient pour responsable de l’union des droites contre le RN au second tour des municipales. Face à cette poussée, la gauche n’a guère le luxe de la division.

  • À Bagnols, Pascale Bordes s’en prend aussi aux associations

    À Bagnols, Pascale Bordes s’en prend aussi aux associations

    Contrairement à son homologue de Vauvert, Pascale Bordes avance masquée à Bagnols-sur-Cèze. Déjà comme députée, l’avocate avait adopté la stratégie de dédiabolisation de son parti et évitait sagement toute polémique. Désormais à la tête de la troisième ville du Gard, elle tente de conserver cette image consensuelle. Lorsqu’elle a été écartée de toutes les vice-présidences de l’agglomération du Gard rhodanien, l’édile s’est simplement fendue d’un communiqué laconique, se limitant à répondre aux « nombreuses interrogations d’habitants du territoire ». Côté communication, tout est donc verrouillé. Ses adjoints sont peu présents sur le terrain et c’est bien le cabinet de la nouvelle maire qui gère toutes les demandes.

    « Elle avance masquée », confirme Elian Cellier, secrétaire de la section bagnolaise du PCF. « Pour l’instant, elle ne commet pas d’erreurs majeures. Les adjoints ont consigne de ne rien dire. Sur certaines manifestations, il n’y a même pas de représentant de la mairie. Depuis les élections, j’ai assisté à plusieurs vernissages par exemple et je ne sais toujours pas à quoi ressemble l’adjoint à la culture. »

    Face aux contraintes budgétaires, Pascale Bordes a lancé plusieurs audits notamment sur la question de la couverture de la piscine. Elle fustige aussi le coût de la passerelle piétonne au-dessus de la Cèze, grand sujet de débat durant la campagne municipale. « Ils se plaignent mais lorsqu’ils étaient dans l’opposition, ils ont voté pour ces projets. Aujourd’hui, Pascale Bordes se plaint de l’endettement de la ville mais elle n’est jamais venue en conseil municipal lorsqu’elle était dans l’opposition pour alerter sur ces sujets. Et en même temps, elle a accordé toutes les majorations réglementaires d’indemnités d’élus, même celles qui ne sont pas obligatoires. Cela va coûter 54 000 euros par an à la commune pour les neuf adjoints », fustige l’élu d’opposition Jérôme Jackel (Debout).

    Coupe dans

    les subventions

    Lors du dernier conseil municipal où a été voté le budget primitif, une coupe dans les subventions aux associations a bien été prévue mais la majorité a joué le flou, disant étudier au « cas par cas » l’attribution de ces subventions. Pour l’heure, les associations ne savent donc pas à quelle hauteur leurs subventions vont être amputées. « La municipalité a prévu une coupe de plusieurs centaines de milliers d’euros. Le budget pour les associations était de 953 000 euros en 2023 et il passe cette année à 465 000 », explique Jérôme Jackel. Autre économie décidée sur le dos des associations : le camion qui livrait habituellement le matériel municipal lors d’événements ne sera plus mis à disposition. Ce sont donc désormais à elles de s’organiser.

    La grogne et l’inquiétude commencent donc à se faire sentir dans les associations bagnolaises. Le foot et le handball seraient notamment visés par d’importantes coupes. Le club de foot avait en effet déjà été la cible de la candidate d’extrême droite en campagne qui jugeait que la somme allouée au regard des résultats était trop élevée. « Pour l’instant on est dans le flou, on ne se sait pas qui va être raboté en premier. Mais je pense que le foot va prendre un coup de rabot. J’ai bien peur qu’elle utilise la scission du club puisque Pont-Saint-Esprit veut remonter un club, pour justifier le coup de rabot de peut-être 50% », prévient Jérôme Jackel avant d’ajouter : « Le tissu associatif, c’est la force vive d’un territoire. Si une mairie n’est pas capable de venir en soutien de ses forces vives, que fait le territoire ? Il meurt. »

    Discrète, Pascale Bordes va devoir, dans les prochains mois, assumer ses choix. Car si elle coupe dans les subventions aux associations, elle devra ensuite justifier l’important investissement promis dans la sécurité avec notamment le recrutement de policiers municipaux (le coût d’un policier municipal est estimé entre 62 000 et 63 000 euros par an) pour qu’ils soient disponibles 7j/7 et 24h/24 et « armés comme une BAC ». Tout cela épaulé par « un centre de supervision moderne ». Pour l’heure, l’ancienne députée s’est contentée de lancer un audit sur la sécurité mais le coût de ses promesses de campagne interroge sur sa réelle capacité à les mettre en œuvre. « Pour une commune comme Bagnols, un tel audit coûte déjà entre 40 000 et 60 000 euros », s’agace Jérôme Jackel qui préférerait que l’argent soit utilisé autrement. « Nous, au quotidien, on ne voit aucune différence. Les dealers sont toujours là. La ville est toujours aussi sale. Les problèmes sont toujours les mêmes », résume Elian Cellier.

  • Face à une extrême droite bien installée, une opposition à rebâtir

    Face à une extrême droite bien installée, une opposition à rebâtir

    Le résultat des municipales au Pontet laisse très perplexe ceux qui avaient espoir de voir l’extrême droite trébucher. Sur le papier, les conditions étaient réunies : le maire (RN) sortant, Joris Hébrard, faisait face à une autre liste d’extrême droite menée par son ancien 1er adjoint Patrick Suisse, et une liste de large rassemblement républicain portée par Jean-Firmin Bardisa (DVD). Las, les habitants ont réélu leur maire pour un 3e mandat et ce dès le 1er tour (60,79%) reléguant les listes Bardisa (22,51%) et Suisse (16,7%).

    Malgré une configuration optimale pour une alternative, le RN s’est notabilisé dans la commune. Dans la foulée des municipales, Patrick Suisse et Jean-Firmin Bardisa ont annoncé leur démission. De quoi laisser l’opposition étêtée. Sans aller à parler de champ de ruines, Graziella Lovera reconnaît qu’il y a tout à reconstruire. « Pour l’instant, personne n’a pris le leadership », constate la conseillère municipale PCF, élue sur la liste Bardisa. Pontétienne depuis plus de 40 ans, elle ne s’était jamais encore impliquée politiquement dans une commune où la gauche n’a jamais pesé.

    Une « vision

    de boutiquier »

    « Les scores de l’extrême droite m’ont interpellée alors qu’il y a un côté ouvrier, avec de grosses entreprises à proximité et des camarades syndiqués qui y vivent », note celle qui a longtemps eu des fonctions aux unions locales d’Avignon et départementale de la CGT. À 66 ans, Graziella Lovera fait donc son entrée en politique dans un contexte hostile. « M. Hébrard m’a déjà bien identifiée », sourit-elle. Si son groupe d’opposition, Le Pontet c’est vous, est assez hétéroclite avec des élus de l’UDI, « on a intérêt à rester unis même si je compte bien faire entendre la voix de mon parti », assure cette ancienne infirmière de l’hôpital d’Avignon.

    Encore en phase exploratoire, Graziella Lovera est assez surprise de l’atonie des élus de la majorité. « Tout est confié à l’administration, ils se laissent mener, posent pas ou peu de questions », s’étonne-t-elle. Membre des commissions finances et action sociale, elle se familiarise avec les méandres budgétaires et continue de porter avec force le projet d’un centre de santé municipal qui était au programme de sa liste. « Le maire n’a aucune vision globale pour sa ville qu’il gère comme un boutiquier, il investit sur des ronds-points mais, par exemple, la ville a gagné 1 000 habitants et on ne sait rien de leurs profils et leurs besoins », déplore l’élue communiste. Pour tenter de toucher les habitants, un journal, Pour un printemps pontétien, a été lancé. Le premier numéro revient aussi sur les subventions à l’école privée ou les solutions pour rafraîchir les écoles en ces périodes caniculaires.

    EN BREF. Quand l’adjointe RN devient députée du Gard

    Visiblement au RN, on est moins regardant sur les frontières quand elles peuvent servir sa cause. Députée RN de la 3e circonscription du Gard (50 communes dont les 7 Gardoises du Grand Avignon), Pascale Bordes a été élue maire de Bagnols-sur-Cèze en mars. Elle a cédé sa place à l’Assemblée nationale à sa suppléante, Catherine Dellong-Meng. Installée aux Angles, elle s’est pourtant fait élire 2e adjointe au Pontet. Retraitée de la fonction publique – elle a notamment œuvré à la Ville du Pontet – la néo parlementaire reste toutefois conseillère municipale et communautaire du Grand Avignon. Si la loi n’interdit pas d’être élu sur deux départements, cela interroge. Surtout quand le RN, lors de la campagne, n’a cessé de faire un procès en illégitimité à son opposant Jean-Firmin Bardisa qui ne résidait pas au Pontet. La députée a pris comme collaborateur parlementaire un autre pontétien : Xavier Magnin, qui cumule ce poste avec celui de dircab de Joris Hébrard.