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  • Toulon : l’imposture de l’extrême droite se confirme en conseil municipal

    Toulon : l’imposture de l’extrême droite se confirme en conseil municipal

    Le parfois sinistre comique-troupier de l’extrême droite toulonnaise s’est une nouvelle fois mis en scène sur les « planches » du conseil municipal, alternant gravité feinte et blagues de sale gosse provocateur qu’il revendique. Convoquant ses talents d’acteur de studio, Amaury Navarranne a lancé sa première charge contre la gauche qui, selon lui, n’aurait pas suffisamment condamné les violences survenues en marge de la manifestation du 17 octobre. Des propos outranciers et mensongers qui méritent réponse, même si le camp progressiste n’est hélas plus représenté dans cette assemblée.

    Sans prévention

    Un camp, ajoute-t-il, « toujours à même de donner de grandes leçons et parfois même à se retirer aux élections pour faire barrage », en parlant de « grande abjection »… Il interpelle ensuite directement la maire de Toulon, Josée Massi : « Il est une honte de continuer à faire semblant que le soutien de ces formations politiques, qui a été bénéfique pour vous… ». Puis : « Je crois qu’aujourd’hui, il serait important de clarifier les positions, on ne peut pas se satisfaire du soutien de gens qui n’ont de mots suffisamment forts pour dénoncer l’inacceptable. »

    Dénoncer l’inacceptable ? Comme lorsque ce même élu, qui s’élève au rang de défenseur de l’ordre et la sécurité, paradait aux côtés d’Yvan Benedetti lors de l’hommage rendu, le 28 août dernier à Toulon, au général félon et séditieux Raoul Salan, ancien chef de l’OAS, l’organisation clandestine qui tenta d’assassiner le général de Gaulle ? Pour mémoire, l’infréquentable Benedetti se déclarait, en 2011, « antisioniste, antisémite, anti-juif ».

    Même si, comme lui a répondu la première magistrate, « le conseil municipal n’est pas une tribune politique », il est toujours bon de rappeler d’où on parle.

    À l’occasion d’une délibération portant sur la demande de soutien financier au Département, au titre du Fonds d’initiative cantonale, d’un montant de 560 000 euros pour deux opérations de désimperméabilisation et de végétalisation des cours des groupes scolaires Brusquet et Jean-Aicard, le conseiller municipal frontiste a redemandé la parole, pour ne rien dire. Si ce n’est affirmer que « le conseil départemental n’est pas un tiroir-caisse ». Mais aussi pour tenter de jeter quelque peu la suspicion en pointant que les établissements concernés, cette année, sont dans le canton de Josée Massi. L’occasion pour cette dernière d’énumérer les écoles ayant déjà bénéficié de ces investissements publics dans les autres cantons.

    Lors du vote sur l’attribution de subventions à des associations intervenant dans le domaine, hautement stratégique, de la prévention de la délinquance, le RN s’est encore distingué en s’abstenant. Au prétexte dixit Amaury Navarranne que « [son] unité de mesure, c’est le nerf optique ».

    De bien curieux stratèges qui prônent la sécurité tout en refusant d’agir en amont, avant même que l’ordre public ne soit troublé. À moins que ce ne soit finalement le chaos qu’ils recherchent.

    ET AUSSI

    Un Ravi de la crèche multirécidiviste

    Le conseiller municipal d’opposition RN, Amaury Navarranne, est revenu comme chaque année, au mépris de la laïcité, demander l’installation d’une crèche dans le hall de la mairie. Il en a profité pour traiter l’ancien conseiller municipal communiste André De Ubeda, qui n’est plus dans l’assemblée pour lui répondre vertement lorsqu’il dérapait, d’« yatollah de la laïcardisation ». « Jésus l’aimait aussi, lui », ajoute-t-il pour faire rire l’auditoire.

    Et la maire de lui répondre : « Comme chaque année, je vais vous dire qu’on sera toujours pour le respect de la laïcité. »

    Logements sociaux

    Le conseil municipal a approuvé une participation financière de la Ville de Toulon pour un montant de 165 000 euros à la société d’HLM 1 001 vies, qui réalise pour une opération de production de 11 logements sociaux au 90 boulevard Tessé en mode acquisition-réhabilitation.

    « Dans l’attente de la signature du Contrat de Mixité Sociale 2026-2028, la Commune poursuit sa politique de soutien à la production de logements sociaux afin de répondre aux besoins du territoire en accompagnant financièrement les bailleurs sociaux porteurs de projets », a expliqué l’adjoint Serge Lhôtellier. Et de poursuivre : « Tous ces financements nous rapprochent chaque fois un peu plus de la sortie de la carence. »

    Une leçon sur Napoléon

    Quand on ne joue pas les pompiers pyromanes, les pitres de services ou les climatosceptiques, aux côtés des conseillers municipaux RN, on essaie coûte que coûte d’occuper le terrain de la prise de parole. Robin Cloedt s’est donc cru obligé de donner à l’auditoire un peu gêné un long cours sur Napoléon Bonaparte à l’occasion d’une prochaine exposition au Musée d’art de Toulon dédiée aux dessins réalisés pendant la campagne d’Égypte. Et d’appeler « à l’exaltation du génie français ».

    Consternant, non ?

  • Région Sud : une première séance face aux crises pour François de Canson

    Région Sud : une première séance face aux crises pour François de Canson

    Pour un baptême du feu, le nouveau président (DVD) de Région, François de Canson, a été servi. « Voilà dix jours que vous m’avez confié la présidence de cette institution, dix jours et déjà beaucoup d’évènements », euphémisait-il en ouverture de la première séance plénière qu’il présidait, ce vendredi matin, après une semaine marquée par les mobilisations lycéennes, les violences du 17 octobre et les inondations meurtrières.

    Alors en procédure d’urgence, l’hémicycle régional s’est prononcé pour des aides en faveur des commerçants victimes des pillages. « Derrière chaque vitrine brisée, c’est l’ouvrage d’une vie qui est détruit », évoque le président de Région avant de présenter ce fond déjà doté de 12 millions d’euros (5 millions de la Région et du Département, 1 million de la Métropole et de la CMA-CGM) pour des aides forfaitaires de 10 000 euros. Et d’en appeler à l’État pour « restaurer le calme et l’ordre » après avoir une nouvelle fois déploré la visite « presque en catimini » du ministre de l’Intérieur. « Je n’ose pas croire que la mairie de Marseille ne participera pas à ce fond régional », glisse de son côté le vice-président (LR) Ludovic Perney.

    Les mesures d’urgence concernent aussi les lycées. Au-delà des 3,1 millions d’euros du plan canicule, 6 millions d’euros de crédits sont votés pour réparer les établissements touchés par des violences qui « portent atteinte à un bien commun », rappelle la vice-présidente (Modem) Marie-Florence Bulteau-Rambaud.

    Motions concurrentes

    « L’émotion et la colère que suscitent ces actes ne doivent pas nous faire perdre de vue la parole des lycéens, les revendications doivent être écoutées et appellent à des réponses concrètes », insiste-t-elle. Sans pour autant que la majorité n’adopte la motion présentée par le comité représentatif du Rassemblement écologique et social, qui réclamait une conférence régionale sur les conditions d’étude.

    Mais dans l’opposition, l’extrême droite mise sur la surenchère, pour continuer à surfer sur les violences du 17 octobre. « Ce que nous avons vu, c’est l’islamo-gauchisme à l’œuvre », ose le député RN Franck Allisio en dénonçant « des hordes de sauvages ». Et de matraquer, comme les élus de son groupe : « Avec Marine Le Pen à l’Élysée, ce temps-là est bientôt révolu ». « Soyez prudents quand vous faites des annonces de l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen, vous aviez fait la même annonce pour Marseille et Toulon », le cueille François de Canson.

    Mais au moment d’examiner les motions déposées, majorité et opposition se retrouvent cette fois en concurrence pour retirer les aides aux élèves sanctionnés. « Je souhaite que les sanctions les plus graves puissent avoir des conséquences sur l’accès à certaines aides régionales, dans le respect du droit », insistait le président de Région. Quand Franck Allisio dénonce des mesures « illégales ». « Votre motion est sans objet », répliquait Ludovic Perney après le vote du texte de la majorité. Assumant d’aller « bien plus loin » que le RN en matière de travaux d’intérêt général pour les lycéens condamnés.

    ET AUSSI

    Trois présidents sur les JO

    Les trois présidents successifs de la Région ne se sont pas privés de rappeler les conséquences de la perte des Jeux d’hiver 2030 pour Nice, alors que la collectivité réduit de 40 millions d’euros sa contribution à la Solideo. « Vous avez décidé de rayer d’un trait de plume le pôle glace », reprochait à l’extrême droite Christian Estrosi, face aux « retombées considérables » perdues. « La perte des Jeux à Nice vous incombe », surenchérissait François de Canson, quand Renaud Muselier appuyait : « C’est une occasion qui ne reviendra plus jamais dans votre vie ». Et de craindre, parmi les conséquences, des arbitrages négatifs sur la Ligne nouvelle, tandis que la collectivité votait de nouveaux crédits pour les lignes alpines. Pendant ce temps, des militants écologistes manifestaient contre les Jeux à l’extérieur, « une aberration par rapport au bouleversement climatique » dénonçait l’ex-adjoint marseillais Sébastien Barles.

    L’indignation de Jean-Laurent Félizia

    À la tête du comité représentatif du Rassemblement écologique et social, Jean-Laurent Félizia avait soigneusement préparé sa prise de parole, l’accord passé au moment du désistement de la gauche pour faire barrage à l’extrême droite aux régionales lui permettant d’intervenir une fois par an dans l’hémicycle. Mais la prise de parole lui a finalement été refusée, la collectivité indiquant à La Marseillaise que rien n’était prévu, hors la motion déposée et lue par la majorité régionale. « C’est un manquement à la parole politique donnée et un véritable déficit démocratique », dénonce Jean-Laurent Félizia dans un communiqué, rappelant que cette intervention lui est refusée « pour la troisième fois ». Il s’en est expliqué de vive voix avec le président de Région, qui selon lui aurait promis de faire différemment à l’avenir.

  • Tout juste créé, un collectif antifa dérange le député RN

    Tout juste créé, un collectif antifa dérange le député RN

    Pas de photos ni de noms. Voilà les consignes du collectif anti-fasciste qui s’est monté sur le territoire de Martigues. « On n’a pas peur, mais on ne va pas prêter le flanc à un fichage », explique l’une de ses membres. Et une autre de compléter : « On ne cherche pas l’affrontement, on cherche les batailles des idées ».

    Face aux récentes offensives de l’extrême droite, la lutte antifasciste se structure hors des grandes villes. Récemment, un groupe a vu le jour à Salon-de-Provence. C’est donc au tour de Martigues de disposer de son propre outil. « Il y a nécessité de s’organiser face à la montée du RN, qui met en péril les solidarités telles qu’on les connaît, et est une menace au quotidien pour les plus précaires. À l’Assemblée nationale, ce sont des gens qui votent systématiquement en faveur de l’ordre établi, des puissants. »

    L’objectif du collectif : produire de l’information, proposer du décryptage à travers des ateliers d’éducation populaire pour « se former » sur la longue histoire du fascisme et de l’anti-fascisme, organiser des discussions, des meetings, des présentations de travaux ou d’ouvrages par leurs auteurs, des projections de films ou de documentaires… « L’idée c’est de prendre l’intégralité des supports possibles pour parler à un plus grand nombre », expliquent les militants.

    Un CV à faire connaître

    Le collectif porte déjà une première action. Il entend retirer les badges et l’accréditation parlementaire de Thibaut de Bougrenet de la La Tocnaye, collaborateur du député de la 13e circonscription Emmanuel Fouquart (RN). Les militants dénoncent son action auprès des phalangistes au Liban, deux mois après le massacre des camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila, dont il défend la « légitimité » et la « nécessité » dans ses mémoires publiées le 4 décembre 2025. En couverture du livre, une photo sur laquelle on distingue de nombreux saluts nazis. Les militants rappellent son engagement auprès des Contras au Nicaragua, une milice armée menant des actes terroristes selon Amnesty International, dont le bilan des ONG fait état de 4 000 assassinats et 6 000 disparus, ou encore sa possible implication dans les crimes de Sisak, en Croatie, en 1991. Nous avions relaté ce CV sulfureux en avril.

    « Comment un assistant parlementaire si éloigné des valeurs de la République, ouvertement fasciste et justifiant les crimes de guerre (…), les crimes terroristes (…), et les crimes contre l’humanité, a-t-il encore accès à l’assemblée ? » interroge le collectif, qui lance une pétition pour demander au Procureur de la République d’engager des poursuites à son encontre. « Les attachés parlementaires, c’est aussi de l’argent public. Il faut rendre compte de ces agissements, son CV mérite d’être porté à la connaissance de toutes et de tous », affirment les militants.

  • L’extrême droite s’oppose aux politiques du logement

    L’extrême droite s’oppose aux politiques du logement

    L’extrême droite marseillaise avait déjà habitué l’hémicycle municipal à son opposition face à toute régulation des meublés touristiques marseillais. Ce vendredi matin, leur combat s’est étendu à la défense des propriétaires de logements vacants. Le groupe du RN et ses alliés se sont ainsi opposés à tout doublement de la taxe sur ces locaux inhabités.

    « Nous faisons face à une crise du logement qui laisse de nombreux Marseillais dans l’impossibilité de se loger dignement », alertait pourtant l’adjointe (PCF) au logement, Audrey Garino, au moment de présenter le plan municipal contre la vacance. « Nous n’acceptons plus que des milliers de logements restent vides quand des milliers de Marseillais n’arrivent plus à se loger », insistait-elle. Et de détailler toutes les mesures déployées, incitatives comme coercitives. À l’extrême droite, Samuel Benhamou monte au créneau. « On ne remplit pas un logement en vidant le portefeuille de son propriétaire », proteste-t-il. L’adjointe communiste lui répond sèchement : « On ne s’attaque pas aux propriétaires. On s’attaque aux multi-propriétaires qui font de la spéculation immobilière sur notre ville, c’est une position assumée. » En rappelant qu’à Aix, l’opposition RN n’avait rien trouvé à redire face aux mêmes mesures.

    Dans la foulée, c’est la maire RN des 9-10, Éléonore Bez, qui refuse de soutenir les aides en faveur du logement locatif social. « Nous ne sommes pas opposés au logement social par principe », jure-t-elle. Deux jours plus tôt en conseil d’arrondissements, son adjoint (RN) au logement Marc-Antoine Ponelle assumait pourtant : « Nous refusons la construction de nouveaux logements sociaux ». La maire du secteur elle s’inquiète de ne voir subventionné que du logement très social (PLAI). « Il ne faut pas laisser de côté ceux qui gagnent trop pour certaines aides », réclame-t-elle.

    « Il y a la réalité sociale d’une ville comme la nôtre. Nous avons besoin de logements très abordables », répond Audrey Garino. Elle rappelle que le premier critère dans leur attribution est la sortie de l’indignité. Et souligne que le programme local de l’habitat prévoit 32% de logements intermédiaires pour Marseille.

  • Contre l’injustice sociale, des manifs en nombre

    Contre l’injustice sociale, des manifs en nombre

    La convergence des colères va se cristalliser ce samedi 17 octobre. Montpellier, Béziers, Nîmes, Alès : les principales villes de l‘Hérault et du Gard sont concernées par les manifestations où vont se mêler syndicats, organisations lycéennes et étudiantes et citoyens dont des anciens et nouveaux Gilets jaunes. Une convergence des luttes dont le carburant est certes le pouvoir d’achat en berne mais aussi les attaques contre les services publics et l’injustice sociale, notamment fiscale après dix ans de macronisme.

    Jeudi, plus de 1 000 actions étaient déjà recensées dans toute la France sur une carte collaborative pour la journée de samedi. Manifestations dans les centres-villes mais aussi rassemblements ou actions sur des ronds-points, sur des ponts, dans des stations-service, à des péages, dans des gares, des ports, des raffineries, des dépôts pétroliers : la carte collaborative publiée sur le site 17octobregiletjaune.net affichait jeudi matin 1 025 actions, dont une petite moitié de manifestations.

    Reposant sur les déclarations de personnes souhaitant participer, le nombre d’actions recensées sur ce site a explosé ces derniers jours, passant de 279 lundi à la mi-journée à 768 mercredi midi et 1 025 jeudi matin. Mardi, les organisations de jeunes présentes à la manifestation parisienne des lycéens (Union syndicale lycéenne, Union étudiante, Unef, Fage) ont appelé à rejoindre la mobilisation de samedi. L’appel « jaunes et jeunes » diffusé sur le même site internet reprend revendications, « classes à 35, profs absents, Parcoursup », et appelle également les retraités, agriculteurs, habitants des quartiers ou encore défenseurs du climat à faire « converger » les mobilisations le 17 octobre.

    Les organisateurs de la marche pour le climat du 26 septembre ainsi que, côté agriculteurs, la Confédération paysanne, ont notamment appelé à rejoindre la mobilisation.

    Grève interpro

    le 5 novembre

    La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, présente à la manifestation parisienne mardi, avait déclaré que « tant qu’il n’y a pas de réponse aux revendications, la mobilisation va continuer », avec en ligne de mire les multiples rassemblements prévus samedi sur le pouvoir d’achat. « Nous vous appelons massivement à rejoindre le mouvement des Gilets jaunes samedi pour enfin faire vivre cette convergence des luttes », avait pour sa part lancé le président de l’Union syndicale lycéenne (USL), Ryad Rani.

    Mercredi soir en meeting à Toulon, la secrétaire générale de la CGT voit dans le mouvement des jeunes « la cerise sur le gâteau » Après les multiples mobilisations de la rentrée (contre les violences sexuelles, grèves des pompiers, du secteur de l’énergie, de la fonction publique…). Et son succès un enjeu politique qui « lancera une dynamique et mettra l’extrême droite en difficulté pour l’échéance électorale à venir. Ils portent des revendications précises, mais aussi un message plus large : quel avenir nous préparez-vous ? » Cet avenir, les retraités, mobilisés aussi mercredi pour leur dignité, ont un rôle à y jouer : « Le gouvernement oppose les générations en faisant croire que, pour améliorer la situation des jeunes, il faut prendre aux retraités, alors qu’ils prennent aux deux pour donner au capital. Il faut montrer que retraités, jeunes et actifs sont main dans la main ! »

    C’est à ce titre que Sophie Binet appelle travailleurs du privé, fonctionnaires, retraités et jeunes à se rassembler aussi le jeudi 5 novembre, après des vacances qui vont logiquement « ralentir les mobilisations étudiantes ». Comme l’explique également le secrétaire général de la CGT de l’Hérault, Serge Ragazzacci , « l a meilleure manière de préparer un avenir à notre jeunesse c’est de se mobiliser pour nos salaires, nos conditions de travail, l’accès à l’emploi etc… C’est pour cela qu’il y a la date du 5 novembre, qui est la suite de ce qu’on a construit le 29 septembre sur la fonction publique ». Il s’agit aussi de peser, sur un débat budgétaire qui fait craindre des coupes drastiques dans les dépenses publiques.

    « Il faut battre le fer tant qu’il est chaud », dit Sophie Binet, rappelant que le RN, veut, quant à lui, « procéder à 150 milliards d’euros de coupe ». Une idée loin de déplaire au Medef, selon elle. « Ils font beaucoup de politique. Patrick Martin [président du Medef, Ndlr.] a dit qu’il serait le premier à fuir si LFI arrivait au pouvoir. On ne le retient pas ! »

    LES RENDEZ-VOUS

    Montpellier

    Manifestation prévue samedi 17 octobre à partir de 14h sur la Place de la Comédie.

    Béziers

    Dans le biterrois, le rendez-vous est fixé samedi par l’intersyndicale CGT, FSU, Solidaire devant la Bourse du travail à 10h30.

    Nîmes

    Le départ de la manifestation aura lieu devant la gare de Nîmes centre à 14h, samedi.

    Alès

    Le mouvement donne rendre-vous dès 8h samedi au rond point de l’Hyper U.

  • Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse inquiet mais pas résigné côté projets

    Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse inquiet mais pas résigné côté projets

    Si ce n’est la victoire à la primaire de son favori
    pour l’Élysée, Raphaël Glucksmann, on ne peut pas dire que le contexte actuel ravisse Michaël Delafosse.

    Face à la presse, le maire PS de Montpellier confie volontiers sa double préoccupation du moment : l’austérité du gouvernement qui guette et la menace de l’extrême droite qui plane. « L’extrême droite est mon combat. Je ne veux pas que mon pays tombe entre ses mains. R. Glucksmann a la sincérité de ses engagements. » S’il ne porte pas J.-L. Mélenchon dans son cœur, M. Delafosse tranche. « Le candidat le plus à gauche ou le plus à droite du champ républicain aura mon soutien au second tour face au RN. »

    Voilà qui a le mérite de la clarté quand d’autres jouent aux apprentis sorciers. L’édile PS redit aussi son indignation face à la répression des lycéens. « Il n’est pas acceptable que des jeunes aient perdu la vue ou une main. On a besoin de dialogue », insiste-t-il, solidaire des manifestations sans cautionner les quelques débordements.

    40 M€ pour le Corum

    Ce qu’il juge « inquiétante », c’est aussi la prochaine cure d’austérité d’un État exsangue qui menace les dotations et donc les futurs investissements des collectivités locales. Si le plan du gouvernement est appliqué tel quel, la Métropole de Montpellier perdra 27 millions d’euros de crédits et la Ville, qui a « la dotation la plus faible » rapportée à sa population, 6 millions. Dur mais pas assez pour céder à la résignation. « Soit on se lamente, soit on est churchillien. On va s’adapter, on va y arriver », positive le maire et président. Sans renoncer à ses projets, il prévient toutefois qu’il « va falloir phaser, prioriser nos choix ». Voire réduire la voilure.

    D’autant qu’une tuile n’arrivant jamais seule, les travaux de remise en état du Corum (fermé entre deux et trois mois) sont évalués à 40 millions d’euros. Pas question de renoncer à la promesse de création de 30 000 emplois. Pour cela, le socialiste compte mener à bien les grands chantiers : Service express régional métropolitain (Serm), Ligne à grande vitesse (LGV), Contournement routier ouest (COM)… en mettant en concurrence les répondants souvent gloutons aux marchés publics.

    Des écoles climatisées

    « Il n’y a pas d’acquis, ni de rente à Montpellier. On n’est pas la bête sur qui on vient se servir. » Grâce aux industries culturelles et créatives, au numérique (sortie de la dépendance à Microsoft en vue) ou à la santé (rénovation du CHU), M. Delafosse, qui s’apprête à mener une mission économique au Québec, espère devenir le « territoire le plus rapide pour les implantations d’entreprises ». Il attend aussi une « bonne nouvelle » pour le projet de reprise d’anciens salariés de la librairie Sauramps, liquidée cet été.

    Pour faire des économies, l’édile compte se débarrasser au plus vite du bâtiment de l’ancienne mairie. « Il nous coûte 400 000 euros par an en énergie. » À long terme, il projette d’ouvrir l’espace entre l’Esplanade et Antigone. Dans ce mandat sera mené le réembélissement de la place du Peyrou. Face aux risques climatiques accrus, il promet de poursuivre la « désimperméabilisation » de la ville et pour la première fois, accepte de « climatiser » les écoles trop exposées aux canicules.

    Le logement restera prioritaire. En lançant l’Office foncier solidaire, M. Delafosse s’engage à produire 4 000 logements via le Bail réel solidaire (BRS). Il promet de construire 4 résidences sociales pour les seniors, plus de logements étudiants et, via Altemed, des logements à loyers modérés aux salariés (dispositif In Medio). S’il rappelle que « l’hébergement d’urgence est de la responsabilité de l’État », le maire promet 7 nouvelles pensions de famille et d’ouvrir l’été des lieux frais de repos pour offrir aux sans-abri « quelques heures de sommeil ».

    Enfin, tandis que l’expérimentation sur l’encadrement des loyers arrive à échéance en novembre, M. Delafosse va demander à la poursuivre. « Au-delà des quolibets sur les réseaux sociaux, on me remercie dans la rue de l’avoir fait. Ce n’est pas un frein. Comme la mutuelle communale et maintenant la multirisque habitation communale que nous proposons, c’est une mesure qui protège le pouvoir d’achat de la France qui travaille et peine à se loger. »

  • Une élue claque la porte de la majorité RN des 11-12 à Marseille

    Une élue claque la porte de la majorité RN des 11-12 à Marseille

    Au début du conseil d’arrondissements des 11-12, ce mardi soir, le maire (RN) du secteur Olivier Rioult interrompt brusquement l’appel. « Je dois porter à votre connaissance une modification dans la composition de notre conseil d’arrondissement, explique-t-il. J’ai reçu la démission de Madame Brigitte Barattucci en date du samedi 10 octobre. Cette démission est devenue définitive, j’en prends acte. » En ajoutant seulement que le candidat suivant sur la liste, Christelle Di Marino, n’a pu être convoqué au conseil d’arrondissements dans le délai légal.

    Envoyé à l’ensemble du conseil d’arrondissements, le courriel de démission a pourtant fait des vagues. L’élue y justifie sa démission par le refus d’un projet qu’elle portait au profit d’associations, par l’absence de réponses du maire de secteur face à ses alertes concernant des agressions sur le chemin du canal de Saint-Julien (12e arr.), et par les consignes d’aller « où le maire vous le demande ». Si « la politique c’est être menteur, manipulateur et hypocrite, très peu pour moi », lâche-t-elle en conclusion. Sollicité à l’issue du conseil, le maire RN refuse d’abord de répondre à La Marseillaise, en raison de son traitement de l’extrême droite. Puis accepte, face à la demande de nos confrères de La Provence. « C’est la vie d’une équipe municipale », évacue-t-il, estimant que « des gens se rendent compte que le travail d’élus n’est pas fait pour eux ». De quoi conclure une séance où il a dû reprendre un de ses collaborateurs qui reprenait violemment le micro à l’opposition, tandis que sa majorité refusait de soutenir des subventions aux associations de solidarité Weavers et Léo-Lagrange. « L’argent public n’a pas à financer la submersion migratoire », lâchait Martine Piazza face à une gauche « abasourdie » par ces « mots rances », réagissait Azad Balalas-Kazandjian.

  • Budget 2027 : Le RN à la rescousse de Lecornu ?

    Budget 2027 : Le RN à la rescousse de Lecornu ?

    Les députés socialistes, qui avaient permis le passage du budget de l’État l’an passé en ne censurant pas le Premier ministre, sont partis cette année sur une position bien plus offensive. Ils devaient défendre dans la soirée de mardi, une motion de rejet préalable au projet de budget pour 2027, estimant que le gouvernement n’a montré « aucune inflexion » envers eux cette année, notamment sur « la mise à contribution des plus riches et la préservation des plus modestes ».

    Mardi matin, Sébastien Lecornu a adressé une réponse par courrier aux chefs de groupes et à la direction du PS : « Le plus mauvais signal que l’Assemblée nationale pourrait envoyer serait celui du refus de la discussion budgétaire », assure-t-il. Le locataire de Matignon a proposé d’avancer avec les socialistes sur au moins trois chantiers : les « violences faites aux femmes et protection des enfants », l’« agriculture », et « la jeunesse et l’avenir de notre école ». Avec toutefois un impératif : rester sur une trajectoire de déficit public à 5% du PIB en 2027 et sans remettre en cause, bien sûr, la politique pro-business. La fin de non-recevoir socialiste n’a pas tardé : « le Premier ministre (Sébastien Lecornu) se moque de nous », a estimé le porte-parole Arthur Delaporte. Sa collègue Mélanie Thomin a reproché au chef du gouvernement une « porte fermée à toute mesure de justice fiscale au nom de la sacro-sainte stabilité ». Toute la gauche devait voter la motion de rejet préalable, qui porte sur la partie recettes du budget, ont annoncé des sources aux groupes Insoumis, Communiste et écologiste. Les indépendants de Liot devaient voter contre. L’extrême droite RN devait aussi voter contre, venant à la rescousse d’un Premier ministre sans majorité. Mais que les débats soient longs, ou interrompus au premier jour, le gouvernement a de toute façon peu d’espoir de faire voter son budget dans des conditions classiques.

    Ordonnances budgétaires ?

    Le premier tour de chauffe en commission des Finances a été sévère, avec un texte remanié puis rejeté par la quasi-totalité des députés (31 contre, 3 pour et 2 abstentions). Car pour atteindre sa cible de déficit, l’exécutif n’a pas été avare de mesures d’économies parfois clivantes jusque dans son camp, pour réaliser quelque 45 milliards d’euros d’efforts nouveaux en 2027. Il entend notamment mettre à contribution les retraités, par une sous-indexation des pensions au-dessus de 1 256 euros dans le budget de la Sécurité sociale, et une réduction du périmètre de l’abattement de 10% sur l’impôt sur le revenu dont bénéficient les retraités dans le budget de l’État. « Les marchés financiers ont besoin de sentir que quoi qu’il arrive on va finir à 5% (…), les débats parlementaires, tout le monde s’en fout, comme tout le monde s’est dit qu’à la fin, ça se terminera par un 49.3 ou des ordonnances », estime une source au sein de l’exécutif. Sans majorité, Sébastien Lecornu pourrait en effet recourir, comme l’an passé, à l’article 49.3 de la Constitution, en échange d’une non-censure. Mais les socialistes sont moins enclins à la non-censure, arguant que le gouvernement fait des clins d’œil à l’extrême droite. Lecornu pourrait aussi recourir aux ordonnances budgétaires, jamais utilisées, mais permettant de passer le budget sans aucun vote. Il faudrait toutefois attendre le 18 décembre, après 70 jours d’examen.

  • Inéligible, la députée Lorho (RN) de Vaucluse doit veiller aux immunités

    Inéligible, la députée Lorho (RN) de Vaucluse doit veiller aux immunités

    Marie-France Lorho nommée membre titulaire de la commission chargée de l’application de l’article 26 de la Constitution. L’information, parue au journal officiel du 10 octobre, peut sembler anodine. Elle l’est beaucoup moins au regard du profil de la députée RN d’Orange et de ladite commission.

    À l’Assemblée nationale, cette instance paritaire de 15 députés est « chargée de l’examen des demandes de suspension de la détention, des mesures privatives ou restrictives de liberté ou de la poursuite d’un député ». En clair, elle statue sur l’immunité parlementaire. Y trouver Marie-France Lorho a de quoi laisser pantois : fin janvier, elle a été condamnée – en même temps que Yann Bompard alors maire (Ligue du sud) d’Orange – à 18 mois de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende et à 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, pour détournement de fonds publics et subornation de témoins. Même en ayant fait appel, l’exécution provisoire la rend inéligible et elle ne pourra se présenter aux prochaines législatives.

    La députée condamnée et inéligible a donc autorité pour décider parmi ses collègues qui mérite ou non son immunité. Contactée, Marie-France Lorho éteint la polémique : « Cela a été une erreur, j’ai posé ma démission ce matin [lundi] à la première heure », assure-t-elle. Quant à savoir comment elle s’est retrouvée malgré tout nommée, mystère : « Je ne sais pas, ce n’est pas de mon fait, je suis droite dans mes bottes et ne risquais pas de siéger dans cette commission. » Où a aussi été nommé son voisin vauclusien, Hervé de Lépinau (RN).

  • François de Canson pour succéder à Renaud Muselier

    François de Canson pour succéder à Renaud Muselier

    Avant même que ne soit lancée pleinement la bataille des sénatoriales, Renaud Muselier (Ren.) avait clairement annoncé son soutien à François de Canson, « le meilleur de très loin », lançait-il, en juin, à la veille de sa dernière séance. Devant la presse, après avoir démissionné officiellement de son poste car élu sénateur, Renaud Muselier mettait logiquement en avant « un maire réputé, un élu local reconnu qui sera un président compétent ».

    Maire (DVD) de La Londe-les-Maures (Var), président de la Communauté de communes Méditerranée Porte des Maures, troisième vice-président de la Région Sud et président du comité régional du tourisme, François de Canson s’est dit prêt à prendre la suite et sera donc candidat, ce lundi 12 octobre. Il fait indéniablement partie des fidèles de l’ex-président de la Région, qui n’entend pas s’éloigner totalement des affaires régionales. Depuis le Palais du Luxembourg, Renaud Muselier restera ainsi « conseiller régional spécial » sur les fonds européens, les Jeux olympiques d’hiver 2030 et le département des Bouches-du-Rhône.

    Son poulain compte néanmoins mettre sa patte. Il assurait, dès avril sur l’antenne d’Ici Provence, qu’il serait « un président de terrain, au contact des habitants et du territoire, quelqu’un qui connaît les bassins de vie ». Il indiquait également se « préparer » sur le tourisme, l’économie et mettait en avant sa connaissance des « grands dossiers », entendre « les équilibres budgétaires, les contraintes de l’action publique, les attentes des habitants ». Et d’enfoncer le clou : « Continuité ne veut pas dire immobilisme. Je ne serai pas un clone, il y aura un style François de Canson. »

    Un candidat unique ?

    Reste à savoir s’il sera le seul candidat. Premier vice-président de la Région, Christian Estrosi (Horizons) assure actuellement l’intérim. En 2019, il avait laissé la présidence à Renaud Muselier afin de se consacrer à son mandat de maire de Nice. Battu et « trahi » par son ex-bras droit, Éric Ciotti (UDR), qui lui a ravi la place et basculé à l’extrême droite, il pourrait vouloir reprendre son fauteuil à la Région, même s’il n’a rien déclaré officiellement. En mai dernier, trois de ses proches, conseillers régionaux et élus dans les Alpes-Maritimes, Roger Roux, Bruno Bettati et Colette Fabron, ont aussi quitté la majorité de Renaud Muselier, lui imputant « l’échec des JO », laissant entrevoir des dissensions au sein du groupe. De son côté, l’opposition RN n’a rien laissé filtrer sur une éventuelle candidature.

    Pour être élu au premier ou au deuxième tour, le candidat devra obtenir la majorité absolue des 123 membres du conseil régional. Si aucun ne l’obtient, un troisième tour est organisé, à la majorité relative. La majorité de Renaud Muselier compte 80 sièges et le groupe RN-UDR-Indépendants 39.