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  • La France brûle et l’État regarde ailleurs

    La France brûle et l’État regarde ailleurs

    Au moins 120 000 hectares partis en fumée et la France brûle toujours. Une douzaine d’incendies est encore en cours, entre ceux qui n’ont pas été éteints et ceux qui ont démarré, au cœur d’un été bouillant où se succèdent les vagues de canicule à un rythme effréné. Alors que les pompiers s’épuisent à venir à bout de « feux extrêmes », ils dénoncent en bloc le manque de moyens, d’organisation et d’anticipation d’une situation pourtant prévisible. Au point de se demander si des leçons pourront enfin véritablement en être tirées.

    D’abord parce que de rapports en rapports, depuis le début des années 2000, les scientifiques, comme le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), n’ont cessé d’alerter sur la montée des températures fort probable. Les données de l’observatoire européen Copernicus publiées ce lundi 10 août attestent encore, si besoin était, que les choses ne vont pas s’arranger, la sécheresse alimentant la sécheresse, la chaleur affectant aussi la surface de la mer avec « le développement rapide de conditions de type El Niño dans le Pacifique équatorial » note l’observatoire. Les sommets pour le climat se sont enchaînés mais les émissions mondiales de gaz à effet de serre continuent de progresser, faute d’ambition commune des États.

    Au niveau national et local, plusieurs questions fondamentales émergent. Après le feu dévastateur en Gironde, Didier Chautard (SE), le maire de Saumos, commune largement impactée par le méga feu girondin, a adressé une lettre ouverte aux dirigeants régionaux et nationaux, dont Emmanuel Macron, les appelant à s’attaquer aux « causes profondes » des feux. « La Nature nous rappelle à l’ordre » écrit-il. « À nous de l’entendre, estime-t-il, avec une véritable stratégie, construite avec celles et ceux qui vivent, travaillent et administrent ces territoires au quotidien. » Il appelle à un « point de départ d’une réflexion collective » et non à « un laboratoire de décisions prises dans l’urgence ».

    Les Départements financeurs essentiels

    « Le soutien de la nation » et « l’unité », prônés par le président de la République lors de sa visite à Bordeaux le 27 juillet, ont fait… long feu. Emmanuel Macron a beau arguer que le budget de la sécurité civile est passé de 450 millions d’euros en 2017 à plus 800 millions d’euros aujourd’hui, l’opposition notamment de gauche (PCF, LFI, PS, EELV) lui a vertement rappelé, que la loi promise à l’issue du Beauvau de la sécurité civile, engagé entre 2024 et 2025, n’était toujours pas à l’ordre du jour. Factuellement, à la relecture des votes au sein de l’hémicycle du Palais Bourbon, sur les textes concernant la lutte contre les incendies, droite, macronistes et RN s’illustrent particulièrement par leur refus du recrutement de pompiers professionnels, de la hausse et l’attribution d’une partie de la taxe de séjour aux Sdis ou de la création de pare-feux de feuillus.

    Pire, en février 2024, le gouvernement de Gabriel Attal avait acté par décret une coupe budgétaire de 52,8 millions d’euros dans les crédits de cette dernière. De quoi remettre en cause la commande de deux Canadairs supplémentaires. Des avions souvent cloués au sol pour maintenance, qui auront mis par exemple plus de quatre heures à survoler le feu de Gironde rappellent nos confrères de Sud Ouest.

    Les premiers financeurs des services d’incendie et de secours restent donc les Départements, ces collectivités assurant 60% des 5,6 milliards de budget des Sdis. Une contribution qui a doublé en 20 ans, dans un contexte d’austérité budgétaire accrue.

    Attendu le 17 août en Gironde, le Premier ministre, Sébastien Lecornu s’est, pour le moment, contenté de créer une (énième) mission, sur la « reconstruction et adaptation des territoires », dédiée aux zones touchées par les feux cet été. Composée de « cinq personnalités qualifiées, expertes des sujets d’aménagement du territoire, d’Économie, de finances publiques, de développement durable, de forêt et de logement », elle entend sans surprise « accélérer et faciliter la reconstruction, le soutien économique et l’appui à la population » touchée par les incendies.

    Pendant ce temps, au niveau européen, on cause stratégie. La Commission a présenté en mars son plan, axé sur quatre piliers : prévention, préparation, réponse et réhabilitation. On promet aussi du matériel, hélicoptères et Canadairs d’ici 2030.

    L’exemple australien

    Et puis il y a l’exemple australien où on a pris le taureau par les cornes. Sur l’île continent, on a mis en place un suivi de la prévention bien avant la saison des feux et remis au goût du jour le brûlage maîtrisé par les Aborigènes pour éliminer les feuilles mortes et herbes sèches, du combustible pour les flammes. Des plans de survie précis ont été élaborés pour les habitants et trois niveaux d’alerte décrétés.

    Où les feux extrêmes peuvent finalement être un déclic pour, enfin, passer à l’action.

  • À Orange, le concert hommage à Queen aura finalement bien lieu

    À Orange, le concert hommage à Queen aura finalement bien lieu

    Le concert hommage au groupe Queen, prévu le vendredi 4 septembre, au théâtre antique d’Orange, est finalement maintenu. Le tribunal administratif de Nîmes devait examiner jeudi le recours déposé par le producteur contre l’annulation du concert. Il n’a finalement pas eu à se prononcer. David Hardit et le maire (RN) Jean-Dominique Artaud ont trouvé un compromis. Le spectacle avait été annulé par l’élu d’extrême droite, qui invoquait des raisons budgétaires après un éboulement ayant entraîné 300 000 euros de dépenses pour la commune.

    Un protocole doit être signé avant d’être validé, lundi en conseil municipal, puis homologué par le tribunal. Contre l’abandon de son recours, David Hardit consent à un important effort financier. « Je paye la technique, le repas de tout le monde et la Sacem, détaille-t-il. Lui ne paye que 20 000 euros contre les 41 000 prévus dans le contrat que j’avais signé avec le maire précédent. »

    Au total, le producteur devra débourser 40 000 euros pour maintenir ce concert. « Ça a fini par se régler parce que je veux absolument que les choristes jouent », précise-t-il. Tous sont bénévoles et avaient déjà réservé leur transport ou leur hébergement. « Ma victoire, c’est d’être allé jusqu’au bout, même au tribunal, pour que mes choristes puissent jouer. »

    Une « jurisprudence »

    Malgré cette issue, David Hardit estime que « la méthode du maire est indécente » et regrette qu’« il ait voulu priver » le public d’un concert gratuit. Il voit toutefois dans cette victoire un précédent : « Le fait que le concert ait lieu fait jurisprudence. Maintenant, je dirai à mes collègues producteurs : “Battez-vous, on peut les faire plier” ». Une satisfaction qui n’efface pas son amertume : « Je ne remettrai plus un pied à Orange ».

  • La gauche arlésienne mobilisée pour l’avenir de Fibre Excellence

    La gauche arlésienne mobilisée pour l’avenir de Fibre Excellence

    La décision du tribunal de commerce de Toulouse, attendue ce mercredi quant à l’avenir de Fibre Excellence, laisse place aux prises de position de la classe politique locale. Les réactions se sont multipliées depuis l’annonce, lundi à la mi-journée, du sursis de 48 heures accordé par le tribunal pour le site de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), en raison de l’émergence d’un potentiel repreneur. Quant à l’usine de pâte à papier de Tarascon, le tribunal a requis la liquidation judiciaire.

    « Une catastrophe sociale pour le territoire »

    Les élus de l’Union pour Arles, au conseil municipal et communautaire Arles-Crau-Camargue-Montagnette (ACCM), dont Tarascon fait partie, ont rapidement réagi en parlant d’une « catastrophe sociale et industrielle pour notre territoire ». « L’État ne peut pas se contenter d’accompagner les conséquences. Il doit agir pour prévenir les fermetures, soutenir les projets industriels crédibles et protéger les filières stratégiques », considère le groupe d’opposition. Ce dernier affirme « rester pleinement mobilisé aux côtés des salariés et de leurs syndicats pour défendre chaque emploi et préserver une activité industrielle sur ce site ».

    Le maire d’Arles et président de l’Agglomération, Patrick de Carolis (Horizons), parle également d’une « perspective d’une gravité exceptionnelle » quand « un site industriel majeur, des centaines d’emplois directs et indirects et une part essentielle de l’avenir économique de Tarascon et du territoire arlésien » pourraient disparaître.

    Le vice-président du Département des Bouches-du-Rhône et ancien maire (DVD) de Tarascon, Lucien Limousin, s’est quant à lui tourné vers la préfecture de région. Dans un message adressé au préfet, l’élu rappelle qu’au-delà des 270 emplois directs concernés, la fermeture représenterait une « perte pour l’intercommunalité d’une recette annuelle de près de 800 000 euros et, selon le directeur de l’usine, de 100 millions d’euros pour les finances publiques ». D’autre part, l’ancien édile pointe le fait que « l’usine consomme plus d’un million de tonnes de bois par an provenant essentiellement de la forêt française » et s’interroge sur le devenir de cette ressource à l’heure où les grands incendies se multiplient.

    De son côté, la section du PCF de Beaucaire, sur l’autre rive du Rhône, dénonce « l’hypocrisie d’un gouvernement qui prône la réindustrialisation du pays, alors qu’il mène une politique opposée à cet objectif ». Elle estime que « le démantèlement de l’usine, la dépollution et l’indemnisation des salariés auront un coût supérieur à celui du sauvetage de ce fleuron de notre indépendance économique ». Au niveau national, le PCF appelle à « une prise de participation publique du site de Tarascon pouvant aller jusqu’à la maîtrise, afin de préserver les emplois, les compétences et les machines et construire une solution industrielle. Il faut sécuriser durablement l’avenir de la filière, notamment par un prix de l’énergie compatible » avec son activité, une décision qui relève de l’État.

    Le RN chasse la CGT et FO de la maison des syndicats

    S’il est possible de trouver des mots de soutien dans son communiqué à l’égard des salariés, le maire (RN) de Tarascon, Alexandre Ducouret, a parallèlement décidé de chasser les syndicats CGT et FO de la maison des syndicats qu’ils occupent depuis 2014. Selon La Provence du 23 juillet, une procédure a été engagée par l’élu d’extrême droite afin de récupérer ce bâtiment. Selon le maire, il s’agit d’une décision budgétaire, visant à « récupérer les bâtiments donnés gratuitement à la CGT », qui « fait de la politique », explique-t-il à La Provence. Peut être n’a-t-il pas apprécié le cordon sanitaire dressé autour de lui lors de la conférence de presse tenue par les salariés, le 18 juin, à laquelle il avait tenté de s’inviter.

    Mais « défendre les emplois, c’est aussi défendre ceux qui les défendent », tance l’opposant arlésien Nicolas Koukas. « Les syndicats sont indispensables, ils sont en première ligne pour défendre l’avenir de Fibre Excellence et des emplois », estime l’élu d’opposition, considérant « préoccupantes » les situations de la Bourse du travail d’Arles et de la maison des syndicats de Tarascon, où les syndicats sont mobilisés pour conserver leurs locaux. « La cohérence, c’est défendre les travailleurs et les outils qui leur permettent de se mobiliser », conclut-il.

  • Concert hommage à Queen à Orange, une décision de justice attendue

    Concert hommage à Queen à Orange, une décision de justice attendue

    Le concert hommage à Queen se tiendra-t-il le 4 septembre au théâtre antique d’Orange ? C’est la question au cœur de l’audience qui se tient, ce lundi, devant le tribunal administratif de Nîmes. Le producteur du spectacle, David Hardit, conteste la décision du maire RN Jean-Dominique Artaud d’annuler l’événement, programmé par l’ancienne municipalité.

    Le spectacle gratuit devait réunir 600 choristes bénévoles. « Ce n’est pas normal qu’un maire annule arbitrairement un spectacle », tempête l’organisateur qui demande au tribunal « l’annulation de la décision du maire ».

    Le maire RN justifie son choix par « un arbitrage budgétaire ». Contacté par La Marseillaise, il invoque une dépense de 300 000 euros, après un éboulement bloquant une route depuis novembre. Et d’ajouter : « Le but est de rétablir l’équilibre financier tel que le recommande la chambre régionale des comptes. »

    Raisons budgétaires contestées

    Pour David Hardit, l’argument économique ne tient pas. « Il n’y a pas de souci de finances », balaie-t-il. Il s’appuie sur une attestation signée par l’ancien maire Yann Bompard (Ligue du Sud), faisant état d’un excédent de deux millions euros dans les comptes de la Ville en 2025. L’ancien édile y assure que « le spectacle ne menace absolument pas les finances publiques ». David Hardit conteste aussi les montants avancés par le maire actuel. « Il annonce 150 000 euros alors qu’avec la technique ça va lui coûter 75 000 au plus. » Selon lui, l’économie réalisée par le maire en cas d’annulation serait bien inférieure aux 100 000 euros annoncés : « Il nous doit 41 000 euros donc il économise 25 000 », assure-t-il, en référence au contrat signé avec l’ancien maire, qui prévoit le versement de 41 125 euros à la production.

    Le document stipule aussi qu’une annulation n’est possible qu’en cas de force majeure. « Dans le contrat, il n’y a pas les raisons budgétaires », martèle David Hardit. Pour le producteur, les premiers pénalisés restent les choristes. « Ils ont réservé hôtels, trains et ont dû poser des jours de congé, déplore-t-il. Et là on leur dit : Restez chez vous. » Il estime leur préjudice à près de 90 000 euros.

    Avant de saisir la justice, le producteur assure avoir « épuisé tous les recours ». Il dit même avoir proposé au maire de prendre à sa charge le reste du coût du spectacle. Si son recours est rejeté, il fait une promesse : offrir le spectacle à une autre commune.

  • La mairie de Toulon espère sortir de la carence de la loi SRU d’ici fin 2026

    La mairie de Toulon espère sortir de la carence de la loi SRU d’ici fin 2026

    Loi SRU : la Ville sur

    la bonne voie

    Dans le cadre du contrat de mixité sociale conclu entre Toulon et la préfecture (en attente de renouvellement pour 2026-2028), visant à mettre davantage de foncier bâti à disposition des bailleurs sociaux pour créer des logements, la mairie poursuit ses efforts. Le conseil municipal a voté (le RN s’est abstenu) une participation de la Ville d’un montant total de 650 000 euros dans la création de 49 nouveaux logements sociaux : 11 via l’office public Toulon Habitat, 28 via Var Habitat et 10 par l’établissement social d’habitat Unicil. « Nous sommes passés de 2,9 à 1,6 million d’euros de pénalités SRU, nous avons espoir de sortir de la carence d’ici la fin de l’année », a déclaré la maire (SE), Josée Massi.

    Convention logement pour les saisonniers

    Une nouvelle convention, couvrant la période 2026-2029, a été votée pour favoriser le logement des saisonniers. Elle prévoit la mise à disposition de 30 logements, en vertu du bilan de la précédente convention signée en 2021. Des discussions sont en cours avec le Crous pour y ajouter des logements étudiants vacants pendant l’été.

    Le projet de maison

    de santé débattu

    Le conseil a voté un mandat à la centrale d’achats Centralis, dans le cadre de l’installation d’un bâtiment modulaire pour la maison de santé prévue dans le quartier Claret. Le coût prévisionnel s’élève à 900 000 euros. Le RN, bien que favorable au projet, s’est abstenu, trouvant le projet « un peu faible par rapport à l’ambition », considérant par la voix d’Amaury Navarranne que « l’enveloppe [allait] être dépassée ». « Il s’agit d’un coût prévisionnel, a rappelé Josée Massi. Pour un bâtiment en dur, il faudrait des années : 18 mois pour un marché, plus le temps des travaux. On a choisi cette formule pour l’urgence. »

    Josée Massi défend

    son bilan sur les crèches

    Face aux soupçons du RN liés aux conditions d’attribution des places en crèche, Josée Massi en a rappelé les modalités (âge, date d’entrée, temps d’accueil, situation sociale, regroupement des fratries, quotas militaires…). Attaquée sur la destruction de la crèche Saint-Jacques en 2023, la maire a rappelé que les propositions formulées pour la sauver avaient été refusées par la direction et que, depuis, 173 nouvelles places avaient été, ou allaient être créées, et qu’il restait « des places disponibles dans toutes les crèches de la ville ».

    Le conseil a voté une demande de soutien de 1,786 million d’euros à la CAF pour la création de la crèche de la Barre.

  • Fin de partie chaotique de la session parlementaire

    Fin de partie chaotique de la session parlementaire

    Les débats se sont nettement tendus peu après minuit dans la nuit de lundi à mardi, face au refus du gouvernement de permettre aux députés de voter sur des amendements déposés par plusieurs d’entre eux pour supprimer du texte sur l’urgence agricole le volet sur les néonicotinoïdes, introduit au Sénat. À ce stade de la procédure, le gouvernement bénéficiait en effet d’un droit de veto, et pouvait décider de leur mise au vote.

    Une partie du bloc central a protesté avec vigueur contre ce choix, encouragée par toute la gauche: « Si le débat doit avoir lieu, ayons ce débat », a plaidé l’ancienne ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher (Ren.), face à une ministre de l’agriculture, Annie Genevard, inflexible. Le président du groupe EPR Gabriel Attal s’est étonné que le gouvernement ne laisse pas le Parlement « trancher ». La ministre de l’Agriculture a finalement vu son texte approuvé par une large majorité
    – 296 voix contre 224 -, ce dont elle s’est dite « très satisfaite » mardi. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a lui assuré que le texte comporte des mesures « attendues par le monde agricole » et appelé à ne pas l’« instrumentaliser à des fins politiciennes ». Mais les divisions sont évidentes. Agnès Pannier-Runacher a dénoncé mardi « un passage en force du gouvernement » et un « déni de démocratie ». Au Sénat, ce projet de loi d’urgence agricole devait passer triomphalement, après avoir surmonté l’épreuve de l’Assemblée.

    Soutien de l’extrême droite

    Les textes sur le sport professionnel, et sur la montagne vivante et souveraine, approuvés lundi à l’Assemblée, devaient aussi être adoptés sans difficultés. Au Palais Bourbon, les projets de loi sur la sécurité du quotidien (Ripost), l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, ainsi qu’une proposition de loi sur l’immobilier de l’État, devaient eux aussi obtenir un ultime feu vert. Mais certains votes n’ont été obtenus qu’au prix de concessions majeures sur le fond – ainsi du projet de loi justice criminelle de Gérald Darmanin, amputé d’un article phare sur le plaider-coupable criminel, rejeté tant par la gauche que par le RN. Et pour nombre de textes, que ce soit sur le versant régalien ou économique, les majorités n’ont souvent été atteintes que grâce au soutien du Rassemblement national. Les députés d’extrême droite n’ont pas manqué de le souligner, moquant les bancs souvent clairsemés de la coalition gouvernementale.

    Fermeture du Parlement ce mercredi, pour 2 mois

    Une situation qui désole la gauche. Le député du groupe écologiste Pouria Amirshahi pointe une « accélération de l’agenda réactionnaire », avec la « bascule de nos institutions vers des dispositifs qui sont soit d’inspiration lepéniste (…), soit votés avec le concours de leurs troupes ». Dans son viseur notamment, la loi sur la présomption d’usage légitime des armes pour les forces de l’ordre, adoptée le 7 juillet à l’Assemblée, et contre laquelle plus de 700 000 personnes ont signé une pétition. Après cette salve de textes, l’Assemblée fermera mercredi, pour environ deux mois. Avec déjà dans toutes les têtes le casse-tête de la discussion budgétaire, qui s’annonce « inextricable » selon Pouria Amirshahi.

  • Bernard Cazeneuve voudrait se poser en rassembleur

    Bernard Cazeneuve voudrait se poser en rassembleur

    Une lettre aux Français de 85 pages, des déplacements sur le terrain, des échanges avec la presse mais Bernard Cazeneuve l’assure « je ne suis pas candidat ». Ou du moins, pas encore. Cela dépendra des « circonstances », assure-t-il, disant vouloir « créer les conditions autour des valeurs de la gauche républicaine du rassemblement le plus large possible de tous les Français », fait-il valoir ce samedi matin à Marseille. Et ce, afin de battre le Rassemblement national en 2027.

    Sa candidature, si elle est officialisée, ne sera pas validée par la primaire des Roses à laquelle il ne participera pas. Les dissensions remontent à 2022, lorsque l’ancien Premier ministre fustige l’accord conclut entre le Parti socialiste et la France insoumise pour les élections législatives. Il quitte, dans la foulée, le parti auquel il avait adhéré en 1987 et fonde, un an plus tard, La Convention. Le mouvement réunit socialistes déçus, radicaux de gauche, élus du Modem, des anciens macronistes ou apparentés.

    Soutiens régionaux

    C’est ainsi que sont présents à ses côtés ce samedi le sénateur sortant du Var et ex-socialiste André Guiol, l’ancienne députée varoise macroniste Cécile Muschotti, l’ex-candidat de Génération Écologie pour les départementales de 2021 Christian Monferrini qui est désormais référent local de La Convention. Devant cette réunion de convaincus quai de Rive Neuve, Bernard Cazeneuve fustige les « deux dégagismes d’extrême droite et d’extrême gauche », tel qu’il les nomme, « qui confondent le bruit avec la solution », écrit-il dans sa lettre. Selon lui, se tourner vers l’insoumis Jean-Luc Mélenchon, candidat le mieux placé à gauche dans les sondages est un « vote inutile ». Pour lui, LFI et le RN « ne s’opposent pas comme on le croit, mais se nourrissent l’un de l’autre ».

    S’il dit ce samedi « préférer gouverner avec la gauche », il ratisse large. Quand le nom d’Édouard Philippe est évoqué, l’ancien chef de gouvernement socialiste ne s’offusque pas. « Je ne dis pas qu’il n’y aura pas de rassemblement (…) un compromis c’est toujours un sacrifice », martèle-t-il. En revanche, il se dit totalement opposé au maire Horizons du Havre sur la réforme des retraites, par exemple. Quand ce dernier veut rallonger l’âge départ à 67 ans, Bernard Cazeneuve pousse pour l’allongement de la durée de cotisation. Pour « permettre à ceux qui ont commencé tôt dans les métiers les plus pénibles de partir à la retraite comme jadis », et, pour « ceux qui le souhaitent », comme lui, avocat de profession, « de travailler beaucoup plus longtemps pour assurer le financement ».

  • À Saint-Hilaire dans le Gard, les plus pauvres dans le viseur

    À Saint-Hilaire dans le Gard, les plus pauvres dans le viseur

    Depuis leur élection en mars, tous les maires d’extrême droite adoptent la même stratégie. D’abord, ils dénoncent la gestion financière de la précédente majorité et affirment que la commune est proche de la ruine. Cette première étape permet ensuite de voter des coupes dans les subventions aux associations et des hausses de certains tarifs. L’objectif est ensuite de libérer un budget pour recruter des policiers municipaux…

    Saint-Hilaire de Brethmas, commune de 4 600 habitants près d’Alès, ne fait pas exception. Le nouveau maire Gaël Mancuso l’a annoncé : il souhaite un policier pour 1 000 habitants. Il vient d’ailleurs de déposer la première offre d’emploi pour le recrutement d’un policier municipal tout en critiquant les finances laissées par la précédente majorité. « On continue à dégager un excédent de fonctionnement. La situation financière de la commune en l’état est bonne. Les choix politiques et les marges qui sont générées permettent en réalité de financer d’autres idées, notamment le recrutement de policiers municipaux, d’un directeur de cabinet et de communicants », s’agace l’élu socialiste d’opposition Nicolas Ferrière.

    Hausse de 90 centimes

    Car lors du dernier conseil municipal du 29 juin, la majorité a voté les changements de tarifs de la cantine, avec des augmentations plus ou moins élevées selon les revenus des foyers. Ainsi, la tranche A, celle des foyers les plus modestes, devra encaisser en septembre une hausse de 90 centimes, le repas passant de 3 à 3,90 euros. Les tranches B et C connaîtront une augmentation de 20 centimes, la tranche D de 30 centimes. « Je ne veux pas que la solidarité soit toujours payée par les mêmes. Pourquoi toujours taxer ceux qui travaillent ? » a alors soutenu le maire qui a précisé que les parents sans emploi, concernés donc par la hausse de 90 centimes, « peuvent récupérer leurs enfants à midi ».

    « C’est de l’argumentaire caricatural pour se défausser et qui sert un objectif politique de droite dure. Il s’inscrit dans tous les poncifs qui sont aujourd’hui ceux d’une droite extrémisée et de l’extrême droite de manière générale. Derrière, il y a des situations personnelles et familiales très variées et des conséquences pour les gens. Il y a aussi eu une baisse de la dotation par élève et il veut virer une association dont le siège n’est pas sur la commune », fustige Nicolas Ferrière.

  • David Rachline forcé de retirer une banderole xénophobe de la façade de la mairie de Fréjus

    David Rachline forcé de retirer une banderole xénophobe de la façade de la mairie de Fréjus

    En matière d’actes tombant sous le coup de la loi et de prises de position à caractère xénophobe, David Rachline, le maire (RN) de Fréjus, n’a plus grand-chose à apprendre. Nouvel épisode ces derniers jours avec l’affichage d’une banderole sur la façade de l’hôtel de ville, sur laquelle on pouvait lire « Une OQTF non exécutée est un danger pour les Français ». Celle-ci faisait suite au meurtre d’un jeune homme de 19 ans le 28 juin, à Fréjus, dont le principal suspect est un individu de 20 ans sous OQTF.

    L’édile fréjusien, qui sera jugé en septembre pour favoritisme dans une affaire d’attribution de marchés publics, ce qui avait valu une perquisition de la mairie en mars 2025, n’a ainsi pas manqué de saisir l’occasion de récupérer ce drame au profit de son idéologie, ce qu’a même dénoncé la famille de la victime. Sans, évidemment, se soucier du fait qu’une large partie des OQTF sont prononcées à cause de lenteurs administratives dans le renouvellement des titres de séjours, et que leur nombre a fortement augmenté suite à la circulaire Retailleau de janvier 2025. « Il n’a pas eu la même réaction pour Hichem Miraoui, assassiné par un fanatique du RN l’année dernière », rappelle Catherine Aubry, co-animatrice de LFI Est-Var. « Il saute à pied joint sur la récupération. Cela montre une nouvelle fois son obsession pour les migrants. »

    « Atteinte grave

    au principe de neutralité »

    Pas au goût du Préfet du Var, qui a saisi le tribunal administratif de Toulon le 10 juillet, par une requête en référé-liberté, afin de demander le retrait de la banderole, au motif que son message « portait une atteinte grave au principe de neutralité du service public. Il est interdit d’apposer sur tout bâtiment public, une inscription symbolisant la revendication d’opinions politiques, religieuses ou philosophiques. »

    La préfecture ajoute que « le message faisait à tort référence à une situation dans laquelle la mesure administrative [l’OQTF, ndlr] prononcée par la préfecture ne pouvait précisément pas être exécutée car elle était l’objet d’un recours devant le tribunal administratif. » Sachant que la justice lui ordonnerait probablement de le faire, David Rachline a ainsi décidé de retirer la banderole sans attendre le verdict du tribunal administratif lundi. En conséquence, le juge des référés a prononcé un non-lieu à statuer. Un dénouement salué par Pierre Daspre, membre du bureau départemental du PCF : « C’est bien que le préfet ait rappelé les principes républicains, il faut respecter la justice et l’État de droit. » « C’était une banderole odieuse et raciste. Le préfet l’a faite interdire sous un autre angle, mais c’est déjà ça », ajoute Catherine Aubry. « C’est cocasse d’être dans l’illégalité quand on veut faire appliquer la législation sur les OQTF », a, quant à elle, souligné Christine Romano, élue d’opposition (PCF) « Fréjus Riposte ! ».

  • Malgré les coupes drastiques, la MJC de Monteux poursuit ses activités

    Malgré les coupes drastiques, la MJC de Monteux poursuit ses activités

    En début de semaine dernière, la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Monteux annonçait réunir en urgence un conseil d’administration suite à la coupe drastique de subventions par la nouvelle municipalité RN (notre édition du 10 juillet). La structure, qui propose entre autres des cours de langue, théâtre, danses ou dessins, a vu son aide passer de 45 000 à 5 000 euros.

    Réuni jeudi dernier, le conseil d’administration a décidé, pour l’heure, de ne rien changer et « de reconduire l’ensemble des activités proposées, dans les mêmes conditions tarifaires qu’aujourd’hui », annonce la MJC dans un communiqué. « Cette décision traduit la volonté de ne pas faire peser cette baisse de subvention sur les familles, notamment les plus modestes, et de préserver l’accès de tous aux activités de la MJC », poursuit l’association.

    Un choix rendu possible par une situation financière saine avec des fonds propres d’environ 130 000 euros. C’est paradoxalement cette manne conséquente qui est mise en avant par le maire Patrice de Camaret (RN) pour justifier la forte baisse, car, selon lui, la Ville doit soutenir les associations les plus fragiles financièrement. « La MJC tient à rappeler que ces réserves correspondent à environ six mois de trésorerie d’avance, un niveau conforme aux bonnes pratiques de gestion pour une association employeuse, et une condition explicitement exigée par ses partenaires financiers, dont la CAF, pour garantir la pérennité de ses financements », précise l’association fondée en 1964.

    Si ce premier coup peut être amorti, il y a de quoi être inquiet à l’avenir après « cette décision intervenue sans concertation préalable qui déséquilibre et fragilise notre modèle économique », relève la MJC tout en « affirmant sa pleine disponibilité pour engager un dialogue constructif ».