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  • À Manosque, une guerre des droites avant les municipales

    À Manosque, une guerre des droites avant les municipales

    Je suis le même qu’en 2020, le même qu’en 2022… De droite et une droite qui n’a ni vocation à être la béquille de la macronie, ni le suppositoire du RN », a tenu à répondre le maire DVD de Manosque, Camille Galtier, à la députée Sophie Vaginay. Cette dernière, ex-maire de Barcelonnette, est venue dans ses terres, jeudi, pour signifier son soutien au nouveau candidat RN-UDR déclaré en dernière minute, Fabrice Durnerin. La députée en avait profité pour accuser le maire sortant, candidat à sa réélection, de mener une liste « macroniste », « d’extrême-centre ».

    « Non je n’ai pas changé. Toi oui, assurément, en indiquant que c’est une fierté de faire alliance avec le parti de Jean-Marie Le Pen », a encore lancé Camille Galtier sur le réseau X, jeudi soir, alors que l’ancienne maire de Barcelonnette avait été investie par le RN pour les élections législatives anticipées, en 2024. Le maire sortant a qualifié Fabrice Durnerin de « candidat fantôme » et a affirmé : « En 10 ans, j’ai toujours battu le Front national et ses candidats, je compte le faire de nouveau les 15 et 22 mars prochains. »

    Un « candidat fantôme »

    Plus tôt dans la journée, dans un autre post sur X, Camille Galtier s’était adressé directement au candidat RN-UDR : « J’espère que votre mois d’installation sur la ville de Manosque va vous permettre d’appréhender tous nos sujets locaux. » « Après les emplois fictifs de l’Union européenne, le RN nous invente le candidat fantôme dans cette élection municipale venant lui-même du Parlement européen », avait-il encore écrit.

    La liste menée par Fabrice Durnerin, nommée « Manosque d’abord », compte non seulement des membres de l’UDR et du RN, mais aussi des sympathisants du parti d’extrême droite zemmouriste Reconquête et du mouvement Identité Libertés de Marion Maréchal. Les deux députés du département, Sophie Vaginay et Christian Girard, ainsi que la secrétaire départementale du RN, étaient venus soutenir le candidat lors de l’annonce de sa candidature, ce jeudi.

    Camille Galtier, Sophie Vaginay et David Gehant, maire de Forcalquier, avaient quitté au même moment le parti Les Républicains suite à l’élection d’Éric Ciotti à la présidence du parti, en décembre 2022.

    Le maire sortant et Fabrice Durnerin affronteront Patrick Rousset, syndicaliste à la tête d’une liste de rassemblement de gauche « le Regain manosquin », et Sébastien Aubert, menant une autre liste de gauche pour les municipales à Manosque.

  • [Exclusif] La liste de l’extrême droite à Marseille est enfin connue

    [Exclusif] La liste de l’extrême droite à Marseille est enfin connue

    Jusqu’au bout, les équipes de campagne du député RN de Marignane, Franck Allisio, auront repoussé l’annonce de la composition de sa liste pour les municipales à Marseille « dans les jours qui viennent ». C’est finalement avec la publication des listes en lice par la préfecture de région que la presse a pu en prendre connaissance.

    En tête de liste, Franck Allisio est suivi par sa candidate RN dans les 9-10 Eléonore Bez, par le vice-président de l’UDR, le député ciottiste Olivier Fayssat, par la députée RN Gisèle Lelouis, ainsi que par l’ancien vice-président du Crif, l’avocat Samuel Benhamou.

    Les ralliés de la droite sont bien représentés, que ce soit ceux de la première heure comme Olivier Rioult, ancien membre du cabinet de Martine Vassal désormais délégué du RN pour Marseille (7e), ou l’ancien président du groupe majoritaire à la Métropole passé à l’UDR Jean-Baptiste Rivoallan (13e). Dans les éligibles, on trouve aussi la seconde vague des ralliements, Jessy Nakache (19e) ou Gérard Audibert (25e) issu de la majorité des 11-12, ou les plus tardifs comme l’ancien premier adjoint des 9-10 (ex-Hor.) Blaise Rosato (27e). Et également les troupes de Reconquête, comme Jean-Marc Graffeo (21e) et Antoine Baudino (25e).

    Quant aux « brebis galeuses » que le RN promettait d’expurger, on en retrouve toujours, comme la députée RN Monique Grisetti (8e), épinglée pendant les législatives pour des publications racistes et complotistes sur Facebook, le conseiller municipal Bernard Marandat (39e) qui disait en 2020 que « le fascisme c’est la fête », Antoine Baudino reconnu coupable en 2022 de violences volontaires… contre un militant RN. Les signes d’une normalisation encore à la peine.

    La liste complète

    1. ALLISIO Franck

    2. BEZ Eléonore

    3. FAYSSAT Olivier

    4. LELOUIS Gisèle

    5. BEN-HAMOU Samuel

    6. D’ANGIO Sandrine

    7. RIOULT Olivier

    8. GRISETI Monique

    9. DUDIEUZERE Cédric

    10. AGIUS Chantal

    11. CARTALLIER Hugo

    12. ARRIGHI Sophie

    13. RIVOALLAN Jean-Baptiste

    14. BERMEJO Marie

    15. CHARPENTIER Thibaut

    16. SALÉMEH Clara

    17. BATTESTI Thomas

    18. POSTEAU Marie-Laurence

    19. NAKACHE Jessy

    20. GREGORI Anne-Marie

    21. GRAFFEO Jean-Marc

    22. LEVIEUX Céline

    23. BAUDINO Antoine

    24. COLOMBO Flavie

    25. AUDIBERT Gérard

    26. BALLETTI Mireille

    27. ROSATO Blaise

    28. SICARD Caroline

    29. SALFATI Mickael

    30. QUINQUIS Aurélie

    31. KELLER Arnaud

    32. LICCIONI Margie

    33. LAMY Dany

    34. CREST Elisa

    35. COULET René

    36. SAADI Roza

    37. HEVENIN Patrick

    38. PARODI Clémence

    39. MARANDAT Bernard

    40. TRIAIRE Gisèle

    41. ESCAVI Hubert

    42. OCCULY Gabrielle

    43. GENSOLLEN Thomas

    44. SERRA Lucie

    45. VIDAL Vincent

    46. ZOUBIR Linda

    47. COUTURIER Romain

    48. PONZIO Lugdivine

    49. MONTI Didier

    50. LAVARESE Domenica

    51. BOZZI Emmanuel

    52. SAMPOL Jane

    53. EMONDIÈRE Florient

    54. BALTAYAN Anais

    55. FLEISCHMANN Antoine

    56. POVER Aude

    57. DARMAGNAC Jean

    58. FAUCHARD Karine

    59. RAYBAUD Paul

    60. BENICHOU Brigitte

    61. VENDREDI Vincent

    62. VIGIER Jeanne

    63. KESTELLIKIAN Cyril

    64. COSTA Monique

    65. OUTOUZIAN Michel

    66. GAUDIN TOUSSAINT Nicole

    67. BUTAVAND Jean-Bernard

    68. PIAZZA Martine

    69. DUBREUIL Richard

    70. AVOGADRO Sandra

    71. KUBICKI Lukas

    72. RAMOS Nathalie

    73. BEAINI Franck

    74. ALIAS Lugdivine

    75. COUVE Pierre

    76. LE ROY Marie-Claire

    77. GONZALEZ DE GASPARD Laurent

    78. PICHINOTY Nicole

    79. GERVAIS César

    80. MELINE Johanna

    81. LASSERRE Quentin

    82. ROUX Charlotte

    83. DE BENEDETTI Fabien

    84. GANAY Florence

    85. CHACHUAT Axel

    86. DRAYON Yannick

    87. DO ESTANQUE Thierry

    88. DI SILVESTRO Vanessa

    89. BRAHIM Jean-Louis

    90. TIRAMANI Caroline

    91. DEBIANE Rahym

    92. CLAUSTRE Marie-Hélène

    93. ROUXEAU DE L’ECOTAIS Martin

    94. MACHEREY Marie

    95. JACQUET Joris

    96. LADAME Ghislaine

    97. BELLON Régis

    98. BIENFAIT Yane

    99. MANNI Philippe

    100. PARTOUCHE Deborah

    101. COTI Stephan

    102. SYLVI Loane

    103. GUIGUI Albert

    104. LUCHEUX Marina

    105. BONNAND Thomas

    106. CASASSA Mireille

    107. BEAUVAL Yves

    108. SAFFY Christelle

    109. AMODRU Patrick

    110. YACOUB Marie-Jeanne

    111. POLETTI Hervé

  • [Entretien] Radioscopie de la violence d’extrême droite par Nicolas Lebourg

    [Entretien] Radioscopie de la violence d’extrême droite par Nicolas Lebourg

    La Marseillaise : Pourquoi l’administration pénitentiaire vous a commandé ce rapport ?

    Nicolas Lebourg : Il y a eu une première étude sociologique sur les djihadistes et j’avais proposé de faire pareil sur les violences d’ultra droite. Ça intéresse l’administration parce qu’on connaît la quatrième vague de tentation de terrorisme à l’ultra droite depuis 2017. En 2015 et 2024, il y a 3 personnes sous écrou à l’ultra gauche, ça reste stable. Alors qu’à l’ultra droite, on passe de 1 à 64 en juillet 2024. Ils étaient encore 58 sous écrou, en comptant des activistes pour des ratonnades, en octobre 2025. C’est donc une réalité de plus en plus croissante pour l’administration, qui voulait savoir comment les gérer en prison.

    Qu’avez-vous étudié ?

    N.L. : Il s’agissait d’abord de faire un historique pour voir la façon dont on les avait gérés par le passé. Pour les djihadistes, l’administration avait appliqué des processus utilisés pour les Basques et les Corses, sauf que ça ne marchait pas. Ils ont donc inventé de nouveaux processus. L’administration a voulu savoir rapidement comment s’adapter aux détenus liés à l’ultra droite. Pour cela, on a donc étudié 104 personnes, la moitié arrêtée pour des projets terroristes et l’autre écrouée pour de l’activisme. Nous voulions savoir qui ils sont, où ils sont, sur quel type de faits et avec quel type d’idéologies.

    Qu’en ressort-il ?

    N.L. : D’abord, au niveau idéologique, le racisme est très clairement la question centrale. Il y a l’idée d’un complot de grand remplacement de la population française blanche. C’est structurel et c’est ce qui motive l’essentiel des personnes. Du côté des activistes, c’est plutôt des jeunes d’une grande ville, ce qui est classique dans la sociologie de la violence politique. Mais pour les projets terroristes, l’autre moitié, les gens sont beaucoup plus diplômés (j’ai par exemple deux agrégés de mathématiques), beaucoup plus seniors et il y a une inscription profonde dans la ruralité. Il y a aussi 10% de femmes, ce qui est le classique des groupuscules de l’extrême droite radicale, mais elles sont quasiment toutes du côté terrorisme. Au niveau de la géographie, il y a aussi une transformation complète. Jusqu’à fin 2016, elle était stable. En gros, c’est la zone Lyon-Marseille-Nice, la région parisienne, les Flandres françaises, la région nantaise, avec l’essentiel des violences à l’est de l’axe Le Havre-Perpignan. Depuis 2016, cette ligne n’existe plus et la pénétration dans la ruralité est profonde.

    Vous démontrez aussi que ces individus ne sont pas issus de territoires pauvres…

    N.L. : Exactement. Tout le discours sur la radicalisation violente qui vient de territoires où il y a plus de chômage, plus de familles monoparentales etc. Rien ne matche. C’est même l’inverse. Ces auteurs de violence proviennent de territoires qui vont mieux que la moyenne. Sauf qu’eux sont du bas de la classe moyenne et sont dans des territoires plus inégalitaires. Ils sont donc sensibles au discours sur les élites pourries. Pour eux, il y a les parasites d’en haut et les parasites d’en bas, les immigrés accapareurs etc… Ici, l’inégalité ne favorise pas des idées de gauche mais des idées de désir de hiérarchie légitime.

    Comment l’expliquez-vous ?

    N.L. : Ce sont des représentations que l’on retrouve à l’extrême droite au XIXè siècle sauf qu’elles viennent se greffer sur de nouvelles structures sociales. Drumont expliquait déjà qu’on allait augmenter les salaires des ouvriers en récupérant les 100 milliards d’or volés par les juifs. Depuis 2015, il y a deux pics d’augmentation des violences. Le premier après 2015, c’est une violence de revanche après les attentats. Ensuite c’est 2021 avec la campagne présidentielle et les dissolutions des groupes d’ultra droite. Sur un siècle, 29% des dissolutions ont été effectuées sous Emmanuel Macron ce qui a transformé la radicalité de droite. Aujourd’hui, plus personne ne monte des groupes nationaux, il n’y a plus que des groupes communaux. Ça va parfaitement avec la simplification idéologique. Avant, chaque groupe national avait sa spécificité idéologique. Aujourd’hui, ils sont tous ensemble dans un groupe local et ils s’en foutent que l’un soit nazifiant, l’autre royaliste etc… La montée de l’activisme est donc liée à cette politique de dissolution.

  • À Morières, Annick Dubois veut remettre le RN à la porte

    À Morières, Annick Dubois veut remettre le RN à la porte

    Le déficit de notoriété ? Annick Dubois ne connaît pas. « On se rend compte à chaque fois que c’est quelqu’un de très connue et appréciée », commentent de concert Salima Ouannai et Carinne Serrat. Ce mercredi en fin de journée, les deux colistières accompagnent Annick Dubois dans une séquence de porte-à-porte. La candidate (PS), qui mène une large liste d’union de la gauche, est loin d’être étrangère. Installée à Morières depuis plus de 40 ans, l’actuelle élue d’opposition a longtemps été impliquée dans la vie associative avant d’être élue dans l’ex-majorité en 2001 puis 2008, en charge des affaires sociales puis des festivités.

    Autour de la résidence de la Bastide des Cépages, Annick Dubois connaît bon nombre d’habitants derrière les portes ou portails. « Pas besoin ici, il est déjà avec nous », glisse-t-elle régulièrement, prenant le soin aussi d’éviter la demeure de l’ancien maire Joël Granier (DVG), qui s’était présenté contre elle en 2020, contribuant notamment à voir le RN de Grégoire Souque accéder à la mairie. « Il a gagné par défaut », aime à rappeler Annick Dubois. Sa liste, Engagés et solidaires pour Morières, compte bien faire mentir le maire sortant qui lors de son lancement de campagne s’imaginait déjà réélu avec 70% des voix. « On ne le voit pas ou peu sur le terrain, par contre, il nous attaque fort sur les réseaux sociaux, nous accusant d’être de la gauche qui tue », déplore Salima Ouannai. « C’est un signe de fébrilité, veut croire Annick Dubois. On a beaucoup de retours de déçus qui ont essayé Souque et qui s’aperçoivent bien que la ville ne s’est pas améliorée même sur la sécurité. »

    Un tract sur les promesses non tenues

    C’est donc par le terrain que celle qui est aussi conseillère départementale entend reconquérir la mairie. « Il n’y a que deux listes, donc il n’y aura qu’un tour », prévient-elle à l’adresse d’une dame âgée que la candidate… reconnaît. « Ne vous trompez pas [de vote] », « Ah ben ça, non ! », réplique l’habitante, inquiète le soir face à l’absence d’éclairage public. « C’est prévu dans notre programme de le remettre, le maire le dit aussi alors que c’est lui qui l’a coupé », ironise Annick Dubois. La petite délégation fait face à plusieurs portes closes ou résidents grincheux qui rejettent tous les politiques.

    « On nous parle beaucoup du manque de festivités et d’animations dans le centre-ville », note Carinne Serat qui, si elle est élue, sera en charge de ce volet qui vise à remettre « du lien social », un des fils rouges du programme. L’équipe d’Annick Dubois prévoit la diffusion prochaine d’un tract sur les promesses non tenues du maire RN. « Il sera épais ! », prévient-on déjà.

  • Debout face au péril RN : à Toulon, les syndicats unis face au projet politique incarné par Laure Lavalette

    Debout face au péril RN : à Toulon, les syndicats unis face au projet politique incarné par Laure Lavalette

    « Laboratoire pour l’extrême droite en 1995 », Toulon pourrait le redevenir en 2026, et de manière « encore plus puissante », s’inquiète Alain Tournay, représentant de la FSU 83. Une crainte que partagent massivement les syndicats FSU, CGT et Solidaires, réunis, jeudi, devant la mairie de Toulon, symbole d’un danger imminent incarné par la candidature de Laure Lavalette. « Madame Lavalette est une intégriste catholique », juge Julien Saint-Roman, lui aussi représentant de la FSU 83, qui ne croit pas à la prétendue absence d’étiquette de la candidate : « Elle n’est pas apolitique. Elle est porte-parole de Marine Le Pen et appliquera son intégrisme et son nationalisme au niveau local, qu’elle montre déjà en assistant à la messe en latin tous les dimanches. »

    « L’extrême droite est dans une conquête idéologique de plusieurs centaines de villes, car ils ont un projet de changement de société », affirme Richard Romeo-Giberti, secrétaire général de l’UD CGT 83. Ce projet porte un nom : Périclès, comme le père du Parthénon, monument emblématique de l’Acropole et de la démocratie athénienne. Menée par le milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin, cette initiative vise à favoriser une victoire idéologique de l’alliance entre l’extrême droite et la droite conservatrice en France, notamment en remportant 1 000 mairies en mars.

    Toulon, première métropole française dirigée par le FN de 1995 à 2001, est une cible stratégique. « En prenant une ville de cette ampleur, ils espèrent avoir des sénateurs. Quand ils en auront, ils agiront sur la Constitution, comme ils l’ont fait dans d’autres pays et ne rendront plus le pouvoir », accuse Richard Romeo-Giberti.

    « Se dessine une école qui assume les inégalités »

    Ce que craignent les syndicalistes, c’est donc la stratégie de conquête du pouvoir du parti lepéniste, qui s’intègre dans un mouvement d’ampleur mondiale. « L’extrême droite porte des orientations racistes, antisémites, homophobes, sexistes et violentes. Elle remet en cause les principes républicains et démocratiques. Le bilan le démontre en Argentine, aux États-Unis, en Italie, en Pologne… Partout où elle arrive au pouvoir, elle s’attaque à la liberté de la presse, à l’indépendance de la justice, aux libertés universitaires et syndicales, au droit des étrangers et des personnes LGBTQIA+ et remet en cause l’accès à l’IVG et à la culture », prévient Brigitte Cheinet, secrétaire générale de l’USR-CGT 83.

    Ces orientations incarnent notamment un danger sur le plan éducatif, pointe Alain Tournay : « Le projet de l’extrême droite, c’est l’ordre contre la liberté, le pouvoir contre les droits, la hiérarchie contre l’égalité, la propagande contre les savoirs. Elle dessine une école qui assume les inégalités par la remise en cause des dispositifs qui les combattent, notamment l’éducation prioritaire, et l’exclusion voulue et assumée d’une partie des élèves. Ce sont les contours du projet Périclès. » Julien Saint-Roman complète : « L’extrême droite au pouvoir, c’est la censure dans les bibliothèques, l’exclusion des publics fragiles, notamment par le périscolaire et la cantine, de plus en plus payants et donc discriminants. »

    Concernant la gouvernance locale, « ce qu’il y a sur ses affiches de campagne sont des mensonges, assène Richard Romeo-Giberti. Il y a des choses qu’elle prétend vouloir changer, mais certaines compétences sur le logement, la sécurité, la propreté, la voirie, ne relèvent pas de la municipalité. » Olivier Rosay, représentant Solidaires 83, ajoute : « L’extrême droite fait campagne sur la sécurité, sur le renforcement de la police. Nous, nous considérons que la sécurité doit être avant tout sociale. »

  • À Martigues, la gauche parle sport avec les familles

    À Martigues, la gauche parle sport avec les familles

    Une petite table sur laquelle trônent des fascicules du programme de Gaby Charroux (PCF) a été disposée à l’entrée du parc des sports Julien-Olive, au nord de la commune. La campagne électorale se poursuit et les militants du maire sortant ne fatiguent pas. Porte-à-porte, boitage, tractage… Ils multiplient les actions pour « toucher tout le monde », affirme Isabelle. « C’est pour ça qu’on a rajouté cet endroit, où il y a beaucoup de familles qui viennent se balader, surtout en ce moment avec les vacances, en plus de nos points de rencontres sur le marché, devant Carrefour Market ou Intermarché Croix-Sainte. Et ce serait bien qu’on les maintienne toute l’année », poursuit-elle. L’objectif, ce mercredi après-midi : évoquer la politique publique sportive de la majorité sortante.

    Pour Christian, ce genre de contact en plein air permet d’engager la conversation plus facilement qu’au porte-à-porte, où seul « un quart de la population » ouvre son foyer. « Le contact est un peu plus difficile depuis le Covid », confie-t-il. Ça n’a pas toujours été le cas. Isabelle se remémore : « Il y a quelques années, j’avais été invitée à manger chez une dame alors qu’on menait campagne ! »

    Contre l’abstention…

    Avec leur présence, les militants entendent lutter contre l’abstention, leur « cheval de bataille quotidien ». À Martigues, lors des dernières élections législatives anticipées, elle avait atteint les 35% au 1er tour. « Malheureusement, c’est un problème national, constate Isabelle. Les gens ne se sentent plus représentés. Après, je pense qu’à Martigues, ils ne peuvent pas être déçus vu la politique qui est menée. »

    Fanny, venue se promener avec ses deux enfants, approuve : « Je trouve qu’au niveau du sport, la municipalité fait pas mal de choses. Ce n’est pas dans toutes les communes qu’on a un tel accès à la pratique. Les tarifs annuels sont plus qu’abordables : pour mon fils, on paye moins de 50 euros pour qu’il suive des cours multi-sports et qu’il trouve son truc. » La trentenaire estime : « On se concentre trop sur le négatif et en période électorale, on n’est pas aidés. Quand je vois sur les réseaux sociaux certains qui se contentent juste de critiquer sans dire ce qu’ils apporteraient de plus, ça m’exaspère, c’est un peu facile. Après oui, on peut toujours faire mieux. »

    … et contre l’extrême droite

    Pour ces municipales, les communistes et leurs sympathisants se battent aussi « contre la droite et l’extrême droite ». Samir Dahmani, ancien athlète spécialisé dans le demi-fond, s’est engagé sur la liste du maire sortant pour cette raison. « Je sentais que c’était le moment dans un contexte sociétal où il y a une montée du RN et je souhaite que cette ville garde ses valeurs de vivre-ensemble avec Gaby Charroux qui, pour moi, en est le garant. » Pour lui, les risques sont clairs : « Ils peuvent s’en prendre aux services publics de proximité dans les quartiers, que ce soit les clubs sportifs ou l’ouverture à la culture avec une baisse des subventions, pourtant essentielles. »

    Samir Dahmani l’affirme : la politique de la Ville lui a permis d’atteindre le plus haut niveau « par la qualité des infrastructures, l’attention et le soutien portés aux clubs ». Mais le sport ne se résume pas à la pratique professionnelle et à la performance. « Ça ouvre à la cohésion sociale, à l’inclusion, à l’émancipation. »

    Pour ce prochain mandat, en cas de victoire, le colistier a à cœur de « poursuivre la mise en place d’une passerelle, sur le site Picasso-Aurélio, entre la culture et le sport sous la forme d’un campus, mais aussi de continuer à porter une attention particulière aux dispositifs pour la jeunesse et à l’enfance », à l’instar des centres d’initiation sportive, qui « font la richesse de cette ville ».

  • À Fréjus, Christine Romano en fer de lance d’une gauche unie

    À Fréjus, Christine Romano en fer de lance d’une gauche unie

    « Un meeting extraordinaire. » Pour Christine Romano (PCF), tête de liste de Fréjus Riposte qui a réussi à rassembler à gauche en réunissant communistes, insoumis, écologistes, socialistes et membre de l’Après, la réunion de ce vendredi, dans la salle Sextant, aura été un moment qui compte. D’abord parce qu’elle a rassemblé 150 personnes, mais aussi de par la présence de soutiens comme Guillaume Roubaud-Quashie, historien et porte-parole du PCF, ou Manon Aubry, eurodéputée LFI. « Nous avons aussi beaucoup de colistiers issus de la société civile, syndicaliste ou association, qui ont pu prendre la parole », précise l’ancienne retraitée de la Poste en retrait de la présidence de l’UL-CGT Saint-Raphaël-Fréjus.

    Les sujets évoqués auront été nombreux avec une priorité : libérer une ville aux mains du maire d’extrême droite, David Rachline, depuis 12 ans, et candidat à sa réélection pour un 3e mandat. « Il n’est pas officiellement investi par le RN, mais le parti est derrière », assure la candidate, qui dénonce un bilan catastrophique entre urbanisation à outrance et creusement de la dette qui dépasse les 150 millions d’euros. Une gestion municipale dénoncée dans leur rapport par les magistrats de la Chambre régionale des comptes, en mars dernier.

    Si le programme de Fréjus Riposte est en cours de finalisation, il s’agit déjà de « rétablir une démocratie participative », martèle la candidate, en remettant notamment les comités de quartier en place, où les habitants éliront eux-mêmes leurs représentants.

    Favoriser l’accès au logement

    Finie aussi la bétonisation à tout crin. L’hôtel de luxe sur Fréjus plage « disparaît », « nous sommes aussi favorables à un pôle universitaire sur la base nature, centrée sur les métiers de la mer et la restauration » des milieux, détaille Christine Romano. Terminé la fusion de quatre écoles en un seul et même lieu, dans le secteur de Caïs Nord, soit pas moins de 1 000 élèves, concentrés à côté de l’autoroute. « Un projet énorme qui n’a pas de sens », commente-t-elle.

    Sur cette commune de près de 60 000 habitants, deuxième bassin d’emplois du département du Var avec deux grandes ZAC, la tête de liste entend également améliorer l’accès au logement. « Nous ne sommes pas en pénurie, de 8 à 9% de logements sont vacants, beaucoup sont consacrés aux locations de vacances ou Airbnb », assure Christine Romano, qui mise notamment sur la taxation des résidences secondaires pour « créer les conditions au vrai locatif ». Sans oublier la mise en place de 3 000 logements sociaux « quand la municipalité préfère actuellement payer une amende de 882 000 euros plutôt que de respecter la loi SRU qui fixe à 25% le ratio de logements sociaux », dénonce-t-elle.

    Sur la santé, les colistiers souhaitent l’implantation d’un centre avec des salariés. La gestion de l’eau se ferait en régie et sur les transports, « nous avons plein d’idées », indique Christine Romano, entre pistes cyclables, gratuité et réorganisation de dessertes pas toujours adaptées quand il faut attendre le bus une heure. Une compétence de la communauté d’agglomération, sur laquelle « nous comptons peser si nous remportons la ville ». Enfin, sur la sécurité, sujet qui préoccupe les citoyens, c’est sur la police nationale qu’elle veut s’appuyer, « des gardiens de la paix » qui agissent aussi sur la proximité et la prévention « que nous comptons demander à l’État ».

  • Deux listes pour tourner la page Bazzucchi à La Penne

    Deux listes pour tourner la page Bazzucchi à La Penne

    À moins de trois semaines du 1er tour, trois candidats sont officiellement en lice à La Penne, dont le maire (SE) a été mis en examen pour viols, violences aggravées et enregistrement d’images à caractère sexuel. Malgré l’affaire, Nicolas Bazzucchi a annoncé sa candidature fin janvier. Il mènera une liste composée essentiellement de ses derniers soutiens au conseil municipal et d’agents. Les deux autres candidats sont aussi positionnés à droite.

    Stéphane Castérot (DVD), ancien adjoint aux finances de Bazzucchi, a pris la tête de la liste Unis vers Demain. Sans étiquette, elle réunit onze démissionnaires de l’ex-majorité. Ce dernier, ancien adjoint aux finances, a pris ses distances il y a quelques mois. « J’ai démissionné pour de bonnes raisons », glisse-t-il, expliquant ne pas vouloir être associé à ces « problèmes de mœurs » et aux déboires financiers de la commune, dont le budget primitif a été suspendu par le Préfet.

    Sa campagne, lancée en octobre, s’accélère depuis un mois avec distribution de tracts et porte à porte. Parmi les projets présentés, la découverture de l’Huveaune pour recréer un poumon vert en cœur de ville. « C’est un des projets phares qui va radicalement changer le visage de La Penne et faire redécouvrir son fleuve à la seule ville qui porte son nom. Il y aura une voie douce et des places de parkings pour accéder aux commerces. »

    « On n’est pas que dans l’attaque, on propose et on a de très bons échos sur le terrain : majoritairement les habitants disent plus jamais Bazzucchi », glisse Thibaud Labus. Membre du cabinet de Renaud Muselier, chargé à la Région de l’éducation, il sera sur cette liste où apparaît aussi Alain Fédi, élu depuis 1977 sous les mandatures Donadini, Maingaud et Capdeville. « Je lui ai demandé pour lancer les jeunes élus et apporter son expérience », explique Castérot. N°2 de la liste, Carine Boghossian, responsable RH dans le civil, fait partie des nouveaux venus. La seule présente aux toutes premières places.

    La liste La Penne Ensemble du docteur Frédéric Szabo (DVD) a, elle, été déposée lundi. Un mouvement, l’Alliance citoyenne pour une démocratie éthique, a été créé « pour sortir du clivage droite-gauche. En dehors des extrêmes, on a des gens de différents courants choisis pour ce qu’ils peuvent apporter à la commune », explique l’entourage du candidat. « On voulait en finir avec ces noms qui ont tourné et retourné leur veste, et faire respirer la démocratie. »

    Les insoumis au départ ?

    La présidence du comité de soutien a été confiée Pierre Chevaly, fils d’un autre médecin historique de la commune. La n°2 de la liste est Karima Habi, une infirmière libérale. Romain Soudeille est en 3e position, Sarah Akel en 4e. Elle a travaillé sur le volet éducation du programme. Il s’articule « autour des solidarités de proximité, des services publics et d’une gestion budgétaire rigoureuse ». Au menu, entre autres, la création d’un centre communal de santé, un guichet unique pour les démarches liées au logement social, une Maison de la petite enfance… Une réunion publique a lieu le 27 février à 18h30, salle de la Massabielle.

    Si le RN semble avoir abandonné l’idée d’une candidature, la France insoumise y travaille avec l’espoir de voir « une vraie liste de gauche » dans cette commune longtemps géré par le PCF. « Quand on voit les frasques du maire et ces deux listes à droite, on doit arriver à un rassemblement autour de Jean-Marc Ferry », conclut Axel Bruneau (LFI).

  • Un sondage donne le RN en tête du second tour à Marseille

    Un sondage donne le RN en tête du second tour à Marseille

    L’extrême droite a-t-elle encore un plafond de verre ? Une enquête d’opinion réalisée par OpinionWay pour les médias de la sphère Bolloré CNews, Europe 1 et le Journal du dimanche donne, pour la première fois, le candidat du RN Franck Allisio vainqueur au second tour des municipales à Marseille, dans l’hypothèse d’une quadrangulaire, au coude à coude cependant avec le maire sortant (DVG) Benoît Payan.

    Ce sondage, sur la base de 735 personnes sondées entre le 16 et le 23 février ayant la certitude d’aller voter, donne les deux premiers candidats, Benoît Payan et Franck Allisio, à égalité au premier tour avec 34% des suffrages. Le maire sortant obtiendrait trois points de plus que dans l’enquête d’opinion Elabe pour La Provence et BFMTV publiée le 18 février, le député RN de Marignane bondirait quant à lui de cinq points. La candidate de la droite et du centre, Martine Vassal ,est quant à elle sondée à 14%, un effondrement de sept points dans un contexte marqué par sa sortie de route lors du débat organisé par BFMTV, le 19 février, où elle a énuméré la devise pétainiste à l’antenne. Elle fait jeu égal avec le député LFI Sébastien Delogu (+2 points). Malgré son retrait annoncé le 18 février, Victor Hugo Espinosa (Écologie au centre) est sondé à 2%, autant que l’ex-directeur des relations internationales au Département, Erwan Davoux (DVD). Rémy Bazzali (LO) ferait moins de 1%.

    Unir les voix de gauche

    Avec quatre personnes passant la barre des 10% se profile une fois de plus la possibilité d’une quadrangulaire. Or, pour la première fois, le candidat RN en sortirait vainqueur avec 37% des suffrages, devant Benoît Payan (36%). Martine Vassal conserverait 14% des voix, Sébastien Delogu, 13%. En cas de retrait des insoumis, c’est cependant bien le maire sortant qui l’emporterait haut la main, crédité de 47% d’intentions de votes, loin devant Franck Allisio (38%) et Martine Vassal (15%).

    Face à cette rupture dans les pronostics sondagiers, le Printemps marseillais a appelé une fois de plus au rassemblement des électeurs de gauche par communiqué de presse. « Les aventures personnelles et les tentatives de divisions, notamment à gauche, font le jeu des extrêmes, réitère la majorité sortante. Face au risque réel de voir l’extrême droite raciste diriger notre ville, Marseille ne peut pas se permettre les divisions. » Une ligne tenue depuis le mois de janvier. « Tous les Marseillais d’où qu’ils viennent, attachés aux valeurs de notre ville et au vivre-ensemble doivent se mobiliser pour Marseille dès le premier tour autour de Benoît Payan », répète donc, encore une fois, le Printemps marseillais.

    « Décalage des sondages »

    « Les sondages se sont toujours trompés pour Marseille », élude le directeur de campagne de Sébastien Delogu, Hedi Bounouar. Mais, après les scores élevés du RN lors des derniers scrutins, il reconnaît : « On peut avoir des désaccords très profonds à gauche, l’adversaire fondamental, c’est l’extrême droite. S’il y a un risque, il faudra se réunir à gauche. » En rejetant la responsabilité sur le candidat qui, à gauche, sortira en tête. « Nous serons présents d’une manière ou d’une autre au second tour », annonce-t-il.

    En chute libre, la droite est plus circonspecte sur un sondage qui varie énormément des précédentes enquêtes d’opinion. « Lors des régionales, la dynamique était sans cesse contre, chaque sondage était pire que le précédent, rappelle le porte-parole de Martine Vassal, Romain Simmarano. Avoir vécu une telle expérience de décalage entre les sondages et la réalité des urnes permet d’avoir beaucoup de distance. » Alors que la campagne va entrer dans sa dernière ligne droite, il reste convaincu que la droite réussira à faire entendre ses propositions. « Tant pis s’il y a un cloud de polémiques, de disputes, de scandales : on n’est pas dans le cloud, on est les pieds sur terre », assure-t-il.

  • Le RN veut restreindre l’accès des visiteurs aux urgences à Marseille

    Le RN veut restreindre l’accès des visiteurs aux urgences à Marseille

    Après avoir voulu restreindre l’accès à certaines plages et parcs, qu’il veut réserver aux seules familles et personnes âgées à travers un « pass anti-racailles », Franck Allisio s’attaque à l’hôpital. à l’occasion d’une conférence de presse ce lundi matin, le candidat du RN à Marseille a en effet annoncé qu’il souhaitait « investir dans des sas de sécurité aux urgences avec filtration et une doctrine simple : un patient aux urgences, un seul accompagnant ». « L’objectif est simple, améliorer les conditions d’accueil des patients, mais aussi éviter que les médecins s’inquiètent de leur sécurité », explique-t-il en lisant ses notes. Une mesure qui s’accompagne de l’installation de bureaux de police municipale ouverts 24h/24 dans les hôpitaux volontaires, d’aides à l’installation de vidéosurveillance ou de boutons d’alerte pour les cabinets médicaux, de subventions pour lutter contre les déserts médicaux urbains…

    Mais, interrogé sur les modalités concrètes de mise en œuvre de cette limitation du nombre d’accompagnants aux urgences, le député de Marignane reste évasif. « Une règle sera fixée, on la fera respecter au besoin par la police municipale », répond-il. Et pour cause. « La police des visites est un pouvoir du directeur », explique Me Caroline Lantero dans un entretien pour la revue juridique Dalloz. Un pouvoir encadré par une jurisprudence qu’oublie le parlementaire.