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  • Austérité et exclusion, dans le programme du RN à Marseille

    Austérité et exclusion, dans le programme du RN à Marseille

    Lors de la venue de Jordan Bardella à Marseille le 6 mars dernier, Franck Allisio se gargarisait de faire main basse sur les voix de droite. « Les électeurs de Martine Vassal ne se tromperont pas », affirmait-il, sûr de lui. Au service de cette ambition, son programme assume désormais être « pro-business ». L’extrême droite veut ainsi dérouler le tapis rouge aux multinationales avec « comme objectif l’installation de 5 sièges sociaux d’entreprises de taille internationale », promet de protéger « les propriétaires et les investisseurs » dans le bâtiment, notamment en dérégulant les permis de construire. Il veut même livrer une partie du foncier portuaire au tourisme d’affaires avec une « marina du nord de Marseille », un projet qui « menace directement l’équilibre industrialo-portuaire de la ville et les 17 000 familles qui vivent de cette activité », alertait la CGT du Port.

    Surtout, il promet aux propriétaires et entreprises des baisses d’impôts conséquentes. « L’objectif sera la baisse de 20% de la taxe foncière, de la contribution foncière des entreprises et de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères », décrit le programme. Soit pour la Ville de Marseille, un manque à gagner de 100 millions d’euros, alors même qu’un amendement du RN qu’il avait voté à l’Assemblée projetait de réduire les dotations aux communes.

    Plages interdites

    De l’argent, il en faudra pourtant quand le candidat, qui veut mettre les écoliers au garde-à-vous devant le drapeau, promet d’instaurer le port de l’uniforme dans les écoles. Une bagatelle de plus de 15 millions d’euros au bas mot. Il faudra surtout payer les 1 200 agents de police municipale que Franck Allisio compte recruter sur le mandat (environ 100 millions d’euros par an) et les 2 000 caméras de vidéosurveillance qu’il veut installer.

    La sécurité en effet, « s’est imposée comme le fil rouge, ma ligne directrice », assurait vendredi Franck Allisio. Dans son programme, il cible pêle-mêle « narcotrafiquants », « voyous », « racailles » dont il veut expulser les familles des logements sociaux. Ses propositions semblent pourtant pour la plupart irréalistes. Ainsi de l’état d’urgence qu’il réclame pour Marseille, avec un couvre-feu imposé aux mineurs, une proposition qui dépend du président de la République. Cette politique sécuritaire, il veut la faire entrer à l’hôpital en interdisant aux familles d’entrer aux urgences. Il veut en effet restreindre l’accès à un accompagnant par patient, une décision illégale qui n’est pas de son ressort. Tout aussi illégal est son « pass anti-racailles » qu’il souhaite mettre en place dans certains parcs et plages sur certains horaires, pour en réserver l’accès aux seules personnes âgées et familles.

    S’ajoute une chasse au « wokisme » et des « associations militantes à vocation politique » qu’il veut chasser des écoles et des bibliothèques. Ce réflexe de censure vise tout le monde associatif, avec l’annonce de la fin des « subventions politiques et idéologiques », un motif suffisamment flou pour ratisser large. Mais après le triple audit promis, pas sûr que cela suffise à couvrir les 100 à 200 millions d’économies qu’il compte réaliser pour « réorienter les moyens municipaux vers l’essentiel ». Au risque de saper le service public municipal.

  • À Marseille, Martine Vassal veut plus que jamais y croire

    À Marseille, Martine Vassal veut plus que jamais y croire

    « Alors tu es venue voir la future maire ? Et noooon, je plaisante on va pas passer… » « Mais si, il faut y croire, qu’est-ce que tu dis ? » Au Florida Palace ce mercredi soir, paré de ballons en forme de cœurs rouges et aux couleurs de Marseille, il y a ceux qui viennent sans illusion et font acte de présence, et ceux qui, dans un dernier sursaut, sont venus soutenir la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal (DVD), alors qu’un dernier sondage la crédite de 13% des suffrages loin derrière les 36% de Benoît Payan (DVG) et les 34% de Franck Allisio (RN). Elle arrive dans une haie d’honneur, Unstoppable de Sia poussé à fond les baffles. Son porte-parole, Romain Simmarano, joue les chauffeurs de salle. « On a construit une équipe, un 111 de départ fier de représenter les Marseillais », martèle-t-il.

    Fabienne Bendayan, numéro 3 sur la liste, fait son hagiographie et Renaud Muselier (Ren.) entre en scène : « C’est bon les campagnes et j’en ai fait des bien pourries. » « Je pensais qu’on allait avoir des débats sur le fond », mais « rien » balance le président de la Région.

    Sur la sécurité, « Allisio nous explique qu’on égorge partout en ville, ce n’est pas vrai et le sortant nous explique que tout va bien… » Sur la culture : « Le sortant, un communiste, est 39e le mec et tout est fermé, pas un mot sur la culture, inquiétant », s’indigne-t-il. Et d’en remettre une louche sur les Jeux olympiques, « je suis macroniste mais j’ai pris des milliards d’euros. Les écoles [par contre] ça a pas marché ».

    Muselier fait le show

    Il réaffirme son soutien. « Comme vous j’ai vécu de mauvais sondages et j’ai gagné », assure-t-il. Et c’est aussi la faute au contexte international : « Après les vacances, on a eu la guerre. » Un peu de machisme au passage, « je crois dans la douceur féminine » et il promet : « On va y aller jusqu’au bout, le [RN] ne peut pas gagner. Le RPR c’est mon grand-père, c’est pas Jean-Marie Le Pen ni ses héritiers. »

    « Martine » arrive au micro et hurle : « Bonsoir Marseille ! » Pour elle, « c’est normal que ce soit difficile, Marseille n’est pas une ville qui se cueille comme ça, il faut aller la chercher ». Elle s’enthousiasme de cette union qu’« avec Renaud nous avons réussi à bâtir, des écologistes raisonnables à la droite affirmée ». De quoi proposer « un programme, solide, concret », et dépasser « les crises qui sont devant nous ». Elle se montre évidemment confiante : « Je ne lâche jamais rien mais grâce à vous je ne vais lâcher encore moins que rien. »

    Elle revient sur une campagne « violente » où « certains ont préféré la caricature au débat, faisaient beaucoup de bruit ». Sa priorité reste la sécurité qui « manque dans la 2e ville de France » et promet un « choc d’autorité ». Sur la propreté, « la Métropole peut mieux faire, je suis d’accord, reconnaît-elle, mais pas toute seule », ailleurs « les maires mettent des amendes sur l’incivilité ». La mobilité fait aussi partie de son « ADN » et d’assurer qu’elle va continuer à développer les transports, de prendre l’engagement de baisser la taxe foncière, de développer le logement. Elle étrille en long et en large le bilan du maire sortant et martèle : « Une élection n’est jamais jouée d’avance. » Avant de conclure par un « Marseille je t’aime » vibrant. Le 15 mars, on saura si la réciproque est vraie…

  • Le RN tente une conquête aux relents identitaires à Bellegarde

    Le RN tente une conquête aux relents identitaires à Bellegarde

    À Bellegarde, commune gardoise d’un peu plus de 8 000 habitants, la campagne des municipales prend une tournure particulièrement politique. Le maire sortant Juan Martinez, ancien socialiste en poste depuis 2008, brigue un quatrième mandat. Mais la principale menace vient désormais du RN, bien décidé à conquérir la ville.

    À la tête de la liste Bellegarde, notre choix de vie, Juan Martinez met en avant son bilan : baisse de la fiscalité communale, ouverture prochaine d’une crèche de 45 places, création des halles, maintien d’une navette intra-urbaine ou encore installation de panneaux photovoltaïques sur les écoles. La municipalité revendique aussi le maintien de l’eau en régie publique et le renforcement de la police municipale.

    Un profil qui interroge

    Face à l’édile, le RN a choisi pour mener la bataille Philippe Gibelin, 75 ans, ancien conseiller municipal et figure associative locale. Mais derrière cette image de notable discret se cache un parcours politique bien plus marqué. Selon plusieurs enquêtes de presse, l’homme a longtemps évolué dans la mouvance identitaire. Dans les années 1980, il fut trésorier du Grece, laboratoire idéologique de la « nouvelle droite », connu pour ses thèses ethno-différentialistes. Il a également participé à des initiatives militantes contre l’immigration, notamment en Hongrie lors de la crise migratoire de 2015.

    Un profil qui tranche avec les efforts de normalisation affichés par le RN. Malgré cela, les responsables locaux du parti ont choisi de l’investir, espérant transformer Bellegarde en nouvelle prise politique dans le Gard. Dans un département marqué par les tensions sociales et la montée des votes d’extrême droite, l’élection s’annonce donc déterminante.

  • Bagnols-sur-Cèze : qui peut faire obstacle à l’extrême droite ?

    Bagnols-sur-Cèze : qui peut faire obstacle à l’extrême droite ?

    Si aucun sondage n’a été effectué à Bagnols-sur-Cèze, tous s’attendent à retrouver la députée RN en tête le soir du premier tour tant les scores du parti lepéniste y culminent à des sommets à chaque élection nationale. D’ailleurs, la conseillère municipale d’opposition qui est complètement absente des réunions plénières, accueillera Marine Le Pen à Bagnols-sur-Cèze vendredi 6 mars.

    Avec un discours axé sur la sécurité, Pascale Bordes espère prospérer dans une ville de 18 000 habitants gangrenée par le narcotrafic. Le trafic de drogues est d’ailleurs le sujet qui a le plus affaibli le maire sortant Jean-Yves Chapelet, notamment après la diffusion d’un épisode d’Envoyé spécial désastreux pour l’image de Bagnols. Mais l’édile, ancien socialiste aujourd’hui soutenu par des partis allant d’Horizons à Place Publique, espère tout de même être reconduit.

    Philippe Broche, la surprise ?

    Opposant pendant tout le mandat, Jérôme Jackel (Debout!, le parti de François Ruffin) mène une campagne active sur les réseaux sociaux et sur le terrain en étant très présent dans les quartiers populaires. S’il se présente comme « l’unique candidat de gauche », l’ancien insoumis semble tout de même manquer de soutiens locaux. Pour Michel Cegielski, ancien adjoint de Chapelet, c’est l’espace politique qui lui manque. Rejoint par quelques socialistes locaux (le PS n’a adoubé aucun candidat), il est loin d’incarner le changement attendu par une partie des Bagnolais.

    Reste donc l’alliance derrière Philippe Broche. Cet entrepreneur qui s’était présenté à la tête de la Chambre de commerce et d’industrie du Gard est un visage connu du milieu associatif bagnolais. Soutenu par le Parti communiste qui a pleinement intégré sa liste et souhaite incarner un programme de rupture, Philippe Broche a créé une dynamique qui lui permet de rassembler 200 personnes à chaque réunion publique. Le candidat d’« Ensemble changeons Bagnols » s’est fixé quatre priorités : la santé, la jeunesse, la sécurité (voir page 8) et le dynamisme économique.

    « On ne peut pas parler de relance de Bagnols-sur-Cèze si on ne parle pas de changement d’image de marque. Il faut donner de l’élan au centre-ville en mettant en place un grand marché de manière à créer un parcours commercial. Pour la santé, nous voulons créer un pôle santé avec des logements pour les étudiants. J’ai aussi sur ma liste l’ancien directeur des urgences de l’hôpital de Nîmes qui sera président du conseil de surveillance à ma place si je suis maire. Pour la jeunesse, j’ai des investisseurs avec moi qui vont venir créer un bowling avec un pôle d’animations jeunes comme les jeunes l’ont demandé », détaille Philippe Broche.

    Un bastion industriel

    Si l’histoire de Bagnols-sur-Cèze remonte à l’antiquité, elle est aujourd’hui surtout marquée par l’industrie. De 5 500 habitants en 1950, sa population dépasse les 16 000 dix ans plus tard avec l’implantation du Centre de recherche nucléaire de Marcoule. Elle devient ainsi la capitale du Gard rhodanien qui est le deuxième pôle industriel d’Occitanie.

    Fief du Parti socialiste, Bagnols a été dirigée depuis 2008 par le duo Jean-Christian Rey (aujourd’hui président de la communauté d’agglo du Gard rhodanien) et Jean-Yves Chapelet (qui a quitté le PS en 2018).

  • La CGT Vitrolles soutient les listes progressistes

    La CGT Vitrolles soutient les listes progressistes

    « L’Union locale appelle à voter pour les candidats qui défendent les intérêts des travailleurs, pour les forces progressistes. » Nicolas Guglielmacci secrétaire général de l’Union locale CGT Vitrolles ne fait pas de mystère sur la position de son organisation syndicale en vue des élections municipales. « Évidemment, on appelle à voter pour les listes d’union de la gauche et faire barrage à l’extrême droite », développe-t-il, au nom du bureau de l’UL. Et ce, pour les communes de « Vitrolles, Marignane et Gignac-la-Nerthe ». « On a une expérience passée, ce qui n’est pas le cas de tout le monde : l’extrême droite, on l’a déjà essayée à Vitrolles et ça n’a pas réussi ! », rappelle-t-il. Manière de répondre « à ceux qui disent qu’on ne les a jamais essayés ».

    Concrètement, l’appel concerne la seule liste de gauche pour Vitrolles, celle du maire socialiste sortant, Loïc Gachon (PS), qui fait face à une liste RN et une autre estampillée divers centre. Même principe pour Marignane avec la candidate Ariane Lombardi (PCF) opposée au maire sortant d’extrême droite, Éric Le Dissès et une liste de Christian Amiraty, classée divers centre. Et pour Gignac-La-Nerthe, le doute n’est pas permis non plus puisqu’on ne compte qu’une liste seule classée à gauche conduite par René Tassy (DVG), contre une liste du RN et une liste de droite. « La CGT s’est exprimée directement aux candidats, au niveau confédéral comme départemental, sur les attentes des travailleurs et leurs prises en compte », conclut l’Union locale.

  • [Entretien] Michel Arrouy : « Être un maire réparateur plutôt qu’un bétonneur »

    [Entretien] Michel Arrouy : « Être un maire réparateur plutôt qu’un bétonneur »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir voulu vous représenter ?

    Michel Arrouy : J’arrive à la fin de mon premier mandat. L’action et les projets en cours nécessitaient un deuxième mandat pour les finaliser. Mais je ne suis pas pour le cumul des mandats et la longévité. Par contre, il faut un minimum de temps pour que l’action publique se mette en place.

    Quels sont les projets à finaliser ?

    M.A. : On a attaqué la rénovation du cœur de ville, des quais au bord du canal avec le pôle culturel et le cinéma qui a ouvert. Demain, on va attaquer les 11 hectares de la zone d’Exon Mobil où la dépollution a démarré le lendemain de mon élection. Il y a eu cinq ans de remédiation et puis là, c’est ce grand projet qui va démarrer avec la nouvelle gare, le pôle d’échanges multimodal. Mais aussi des activités de loisirs, d’animations et des entreprises qui s’implanteront sur le site. C’est un grand projet qui va permettre d’accélérer la requalification, la revitalisation de notre cœur de ville qui est un enjeu majeur.

    Il y a beaucoup de fonciers disponibles à Frontignan, est-ce un atout pour la commune ?

    M.A. : À Frontignan, on a cette chance d’avoir la maîtrise du foncier puisque ces 11 hectares sont la propriété de la Ville donc il n’y a pas de procédures d’acquisition. C’est une chance aussi pour la ville d’avoir ces zones industrielles. Nous avons commencé il y a quelques années sur la ZAC des Pielles avec la médiathèque, du logement, des espaces publics. On a une chance de reconstruire la ville sur elle-même sans utiliser de nouveaux espaces.

    Mais le contexte économique ne risque pas de limiter votre marge de manœuvre ?

    M.A. : Non, puisque nous sommes sur du volontarisme politique. Par exemple, sur ce mandat, on n’a pas augmenté les impôts et on n’a pas endetté la Ville d’un euro supplémentaire. Si on travaille collectivement sur des projets, on peut y arriver mais ça veut dire qu’il faut se retrousser les manches et aller chercher les financements là où ils sont. Je crois à l’intelligence collective dans ces projets, par exemple, nous avons ouvert un cinéma dans une période où il n’y a pas d’ouverture de cinémas et c’est un véritable succès puisqu’il y a eu quasiment 30 000 entrées en deux mois. Donc, si on travaille les projets véritablement, qu’on les boucle bien, on peut le faire sans dégrader les finances communales.

    Quels sont les nouveaux projets ?

    M.A. : À la Peyrade, on aura un pôle sportif. Nous réalisons un travail de bouclage du secteur en termes de voirie. Le nouveau gymnase du collège Simone-de-Beauvoir du Département sera implanté. Il y aura aussi la nouvelle piscine intercommunale financée par l’Agglo. Ça, c’est un gros projet qui est attendu parce que notre piscine est désuète. Ça n’impactera pas les finances communales, le projet est financé à la fois par l’Agglo et le Département. Autre projet, la friche Lafarge en bordure de l’étang de Thau. Ce sont 70 hectares que nous allons renaturer et qui permettront de reconnecter la ville et la Peyrade à notre façade du bassin de Thau. Car nous avons oublié à Frontignan qu’on était véritablement une ville du bord du bassin de Thau. Nous sommes une des seules parties du bassin qui n’est pas urbanisée. On va le rendre à nos concitoyens à travers des promenades, quelques activités culturelles et d’économie circulaire. Ce sera un des enjeux du prochain mandat, il faudra être un maire réparateur plutôt qu’un maire bétonneur. Il va falloir retrouver de l’espace public, des espaces de fraîcheur dans la ville, créer des lieux de rencontre, parce que je crois que c’est ce qui manque aujourd’hui dans notre société. Le programme ne doit pas être lié uniquement à du bétonnage et à des grands ensembles.

    Frontignan n’échappe pas à la tendance nationale de la montée de l’extrême droite. En deux ans, le RN progresse de dix points. Comment lutter ?

    M.A. : Les chiffres du RN sont très forts sur le bassin de Thau depuis très longtemps sauf pour les élections locales. Sur les élections locales, les citoyens font confiance à leur maire, aux élus locaux. Et ça, c’est important. Je pense qu’il y a un divorce de nos concitoyens avec nos élus nationaux plus qu’avec nos édiles locaux. Le maire ou les élus, que ce soit Frontignan ou ailleurs, sont les interlocuteurs de proximité des citoyens. Concernant la ville de Frontignan, le candidat RN habite à Frontignan depuis six mois, il n’est pas d’ici et est un parachuté. Je ne pense pas qu’on fasse de la politique en prenant les administrés pour des imbéciles. Je crois que c’est important que les élus, quels qu’ils soient, nationaux ou locaux, renouent la relation avec leurs concitoyens et ne sortent pas juste six mois avant les élections.

  • Jean-Luc Mélenchon exhorte Marseille à résister face au RN

    Jean-Luc Mélenchon exhorte Marseille à résister face au RN

    C’est un Jean-Luc Mélenchon comme à la maison qui a investi, ce samedi, la scène de la Cartonnerie, à la Friche Belle de Mai (3e) pour le meeting de Sébastien Delogu, candidat insoumis à la Ville de Marseille. Un soutien de poids pour un « enfant du peuple de Marseille » qui a su rassembler, sur une liste, « des insoumis et des écolos », insiste le leader de LFI.

    « Benoît Payan, inventeur de la pochette-surprise »

    Fort des « immenses meetings de 2012 et 2017 » sur les plages du Prado et au Vieux-Port, de la présence de 2 500 personnes ce samedi, selon les organisateurs, Jean-Luc Mélenchon est venu « participer à la démonstration de force » face à la menace de l’extrême droite. « Marseille ne sera pas emportée par la vague brune », assène-t-il, et « cela sera empêché par et grâce à nous ». Il revient sur la place de la ville dans son parcours politique et celui des insoumis : « Marseille qui m’élit, fait de moi le premier président de la gauche radicale depuis des décennies, Marseille qui a élu au premier tour Manuel Bompard et Sébastien Delogu ! »

    Et de s’en prendre au maire sortant, Benoît Payan (DVG), candidat à sa succession, qui selon lui fait partie de ces « personnages dérisoires, comparables d’une ville à l’autre », sans « un projet sans une idée, armés de mépris ». « Quand je viens ici pour préparer mon discours, je demande “qu’est-ce qu’il a fait ?” On me répond “rien” », ironise Jean-Luc Mélenchon. Il en remet une louche « sur les milliards du Grand Marseille qui devait se déverser ici », puis fait dans la blague : « Cet homme est l’inventeur de la pochette municipale surprise. Vous prenez la pochette, y a marqué dessus pochette Rubirola, vous ouvrez, coucou Payan ! »

    Après une longue digression sur la géopolitique internationale, il revient sur la menace d’une extrême droite violente face à la « division de la gauche, (….) un désastre », s’indigne-t-il, fustigeant le PS qui « met tout le monde en grand danger », en ostracisant les insoumis. Pour barrer la route au RN, il ne faut pas se désister, estime-t-il, rappelant la promesse de Benoît Payan de le faire si Sébastien Delogu arrive en tête. Il prône « un accord de fusion technique » comme un « front anti-fasciste ». Et si LFI venait à arriver derrière le Printemps marseillais ? C’est ce qui est demandé plus tard au député Manuel Bompard, Sébastien Delogu le laissant répondre aux questions de la presse. « Nous ferons la même chose, nous l’avons toujours dit », affirme-t-il.

  • Les anciens du festival des Agglos répondent à Spanu

    Les anciens du festival des Agglos répondent à Spanu

    La simple évocation d’un festival antifasciste à l’arrêt depuis 2011 dans le programme d’un candidat d’extrême droite suffit à faire monter ses anciens organisateurs au créneau, par le biais d’un communiqué de presse paru jeudi.

    « Nous, anciens membres de l’association « Avec la tête », créatrice du Festival des Agglos, avons été surpris qu’un candidat d’extrême droite, issu d’une alliance avec le RN, se permette de poser dans son programme l’idée qu’il puisse en être à l’origine alors que la volonté première de ce festival est le combat de ses idées » taclent ceux qui visent Pascal Spanu, candidat du RPR du député RN Franck Alisio.

    Car précisément, le festival est né « en 2002, entre les deux tours de l’élection présidentielle, lorsque Le Pen [FN] accède au second tour face à Chirac » rappellent ses organisateurs, qui se sont « mobilisés comme partout en France pour dire non à l’extrême droite ».

    « Un sursaut démocratique »

    « À Port-de-Bouc, ville populaire, ouvrière, maritime, cette mobilisation prend une forme particulière, celle d’un festival » rappellent les anciens organisateurs, affirmant que « le Festival des Agglos n’est pas né d’une logique commerciale. Il est né d’un sursaut démocratique » dont « aujourd’hui encore l’esprit demeure », après sa disparition en 2011 après 10 éditions.

    Dans son programme, Pascal Spanu veut passer « du festival des Agglos à un nouveau festival », promettant de « refondre les animations de la ville : festival, concerts, (…) ». Mais pour les anciens du Festival des Agglos, c’était « bien plus qu’un événement musical : un acte citoyen, une réponse culturelle à la montée de l’extrême droite ». Loin d’un « exercice nostalgique, c’est rappeler qu’une ville rassemblée, peut transformer l’inquiétude en création, la colère en musique, et la peur en fraternité », concluent-ils.

  • À Marseille, Jordan Bardella veut en finir avec la droite

    À Marseille, Jordan Bardella veut en finir avec la droite

    Après la dégringolade de Martine Vassal dans les sondages, le RN veut en finir avec la droite républicaine et les dernières digues qui la séparent de l’extrême droite. Venu ce vendredi midi soutenir son candidat à Marseille, Jordan Bardella a lancé un appel « à grouper les voix sur la seule liste capable de battre la gauche ».

    « Martine Vassal ne peut pas gagner cette élection, Franck Allisio le peut, assure le président du RN face à la presse. La dispersion des voix est l’un des meilleurs moyens de renforcer la gauche, et l’extrême gauche, et Monsieur Payan. » C’est qu’il croit en la victoire de son parti dans la deuxième ville de France, tremplin assumé de ses ambitions. « Cette élection municipale revêt un enjeu national, ce sont l’une des dernières élections avant la grande bataille de la présidentielle », assume-t-il. Alors dans cette ville où il décrit « la mexicanisation de quartiers entiers où les lois de la République ne s’appliquent plus », il promet que le RN saura mettre en place « une des premières polices municipales de France et d’Europe ». Et vise des coupes sèches dans les services publics, dans le soutien aux « associations politico-religieuses ». « Nous sommes partisan d’une philosophie politique qui consiste à dépenser moins et mieux pour taxer moins », assume-t-il. Peu importe que l’équipe qu’il soutient soit marquée par les condamnations ou positions racistes. « Nous respectons la présomption d’innocence. Allez faire les poubelles sur dix ou quinze ans si ça vous intéresse », balaie Franck Allisio. Peu importe que les poubelles du RN, comme souvent à Marseille, débordent toujours.

  • Toulon, mauvaise élève où la gauche veut faire mieux

    Toulon, mauvaise élève où la gauche veut faire mieux

    Épinglé mauvaise élève en matière de droits des femmes par le rapport d’Oxfam, la municipalité toulonnaise ne dispose d’aucun adjoint chargé de l’égalité pas plus que de délégation. Or, dans le cadre de la campagne, la présence des femmes en tête de liste atteint des sommets avec 4 sur les 6 principales emmenées par des candidates.

    En lice, Magali Brunel (PS) pour une liste d’union à gauche, Josée Massi (DVD), maire sortante, Isaline Cornil (LFI) et Laure Lavalette pour l’extrême droite, avec des programmes diamétralement opposés en matière de droits des femmes et d’égalité. La première souhaitant justement mettre en place une délégation, augmenter le budget alloué à un planning familial en grande difficulté car confronté à une baisse de subvention qui met en péril 40% de ses lieux d’accueil (notamment dans la Provence verte). Magali Brunel promet aussi un soutien financier au CIDDF (Centres d’information sur les droits des femmes et des familles).

    L’insoumise Isaline Cornil dénonce elle aussi les coupes budgétaires, estimant que les droits des femmes passe par le maintien des services publics de santé de proximité. Elle propose un accompagnement social renforcé et un soutien aux associations locales qui œuvrent en la matière.

    À droite, Josée Massi résume elle la question à la petite enfance, l’aide aux familles et à l’accompagnement social. Elle entend également mettre le paquet sur la « tranquillité publique » pour permettre aux femmes d’occuper l’espace public.

    Engagée dans les mouvements pro-vie, la députée RN Laure Lavalette a elle voté contre l’inscription du droit à l’IVG dans la constitution en 2022 et prévoit de confier en cas de victoire à Mélanie Auzoux, Miss Var 2025, la vie étudiante, de la jeunesse et des droits des femmes.

    Plus de féminicides

    dans le Var qu’ailleurs

    Plus largement, dans un département particulièrement touché par les féminicides, avec des chiffres 7 fois et demie plus importants que dans le reste de la France en 2024 s’inquiétait dans nos colonnes la directrice générale de l’association AFL-Transition et 5 070 victimes de violences intrafamiliales dont 75 % des femmes en 2025, la question reste cruciale.

    Des maisons des femmes santé ont vu le jour, dont une à Toulon en janvier 2024 après celle de la Seyne en 2021. Plus d’une centaine de femmes ayant été accueillies sur les sites de Sainte-Musse et de l’hôpital George Sand. Deux maisons de protection des familles (MPF) ont également été créées à La Valette et à Draguignan, plus de 1 700 policiers et gendarmes ont été formés à l’accueil des victimes de violences intrafamiliales dans le Var.