Tag: Region SUD PACA

  • [Cinéma] Une histoire nigériane sous haute tension

    [Cinéma] Une histoire nigériane sous haute tension

    Un père et ses fils traversent Lagos le jour de l’élection présidentielle, brutalement annulée par l’armée. Dans cette métropole grouillante aux tensions palpables, des liens se créent entre la figure paternelle souvent absente (Fola) et les garçons de 8 et 11 ans restés au village (Aki et Remi).

    Cela commence comme une lettre d’amour d’un fils à son père. Un film d’emblée poétique qui mêle plusieurs temporalités. Tandis que les enfants se chamaillent sur le perron d’une maison, s’insèrent des plans rapprochés d’images aussi disparates qu’incongrues (une gouttière rouillée, des oiseaux dans le ciel, des végétaux malmenés par le vent…). Un assemblage subtil qui illustre la mécanique de la mémoire, qui nous désarçonne et nous séduit.

    Mon père ce héros

    S’ensuit une sorte de road-movie : Fola part à Lagos chercher la paye qu’on lui doit depuis des mois. Aki et Remi l’accompagnent. Intimidés par ce père fantasmé, on découvre à travers leur regard étonné, un homme affectueux, animé d’un vrai sens des responsabilités. Une scène en bord de mer capte la beauté solaire et fragile d’un échange entre le père et l’aîné. Une discussion qui aidera la fratrie à mieux grandir. Le jeu naturel des deux frères à l’écran comme dans la vie est impressionnant. Et le comédien britannique d’ascendance nigériane Sope Dirisu est irrésistible en père tendu, nerveux, vulnérable et doux qui souffre de saignements de nez inexpliqués et espère travail et justice sociale.

    Des liens complices se tissent tandis que les enfants, tout en silence, observent les amis du père qu’ils surnomment Kapo. Aurait-il échappé miraculeusement à la rafle sanglante de Bonny Camp ? On ne le saura pas. Usé par le chômage et les emplois à court terme, Fola croit au changement et attend la victoire écrasante de l’homme d’affaires Abiola. Mais la menace militaire, postée à chaque coin de rue est omniprésente. Des camions sillonnent la ville, des soldats à l’arrière au regard frontal. Un homme vilipende les passants de propos pentecôtistes. L’annulation du scrutin entraînera la colère populaire.

    Premier film nigérian à être sélectionné à Cannes, voir une œuvre tournée au Nigeria est plutôt inédit et mérite d’être vu. Le cinéaste quadragénaire opte pour des allers-retours entre mémoire fantasmée, images d’archives et extraits télévisés, inscrivant son histoire intime dans une histoire plus large du pays. Tournées en 16mm, la texture, les transitions de lumière et les variations de couleurs enrichissent les nuances émotionnelles des personnages et des situations. Tout comme la bande sonore de Duval et CJ Mirra qui agit comme caisse de résonance tout évitant les musiques afro habituelles.

    Sortie le 25 mars (1h33).

  • Le monde économique se mobilise pour les JO 2030

    Le monde économique se mobilise pour les JO 2030

    « L’aventure des Jeux olympiques commence maintenant. » Damien Robert, le directeur général exécutif de la Solideo (Société de livraison des ouvrages olympiques), sonne « la mobilisation générale des entreprises du territoire », ce mercredi devant des centaines d’acteurs économiques réunis au Palais de la Bourse à Marseille.

    Une réunion pas anodine puisqu’elle marque le début du branle-bas de combat autour des marchés publics et autres appels d’offres et à manifestation d’intérêts en vue de la livraison des différents sites. « C’est quelque chose qu’on ne voit pas vraiment mais c’est très important : faire en sorte que tout ce qui est programmé, financé, voté, puisse servir à l’ensemble de la région, faire du travail pour nos entreprises, de la plus petite à la plus grande », résume Renaud Muselier, le président (Ren.) de la Région Sud. Avec une « quarantaine d’ouvrages pour une vingtaine de maîtres d’ouvrage, répartis sur quatre sites », le tout à « réaliser dans un temps réduit », autant dire que les enjeux sont grands. Et certains risquent d’être ardus comme l’exploitation du Fort de Briançon, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, en vue de devenir un village olympique.

    « Plus d’un milliard en marchés publics »

    « On entre dans une phase de planification qui doit déterminer qui fait quoi et à quel moment. Pour ça, on pose la première pierre avec la stratégie économique aujourd’hui », abonde Edgar Grospiron, le président du Comité d’organisation des Jeux (Cojop).

    Concrètement, cela passe, par exemple, par le lancement d’une plateforme commune entre les deux structures, Cojop et Solideo, « Marchés 2030 » qui « centralisera l’ensemble des marchés publics liés aux Jeux ». L’objectif est clair « faciliter l’accès à des entreprises aux opportunités économiques » en donnant des informations clés : calendrier, visibilité… Une réponse à la législation autour des marchés publics qui ne permet évidemment pas de « préférence régionale ». Il faut aussi compter sur une « cartographie des achats du Cojop » et une flopée de dispositifs de soutien aux entreprises locales. Avec un gros magot à se partager : 1,4 milliard d’euros d’achat pour le Cojop, 1,4 milliard d’euros d’investissement pour la Solideo dont 800 millions d’argent public… On parle donc de « plus d’un milliard en marchés publics directs ». Et le Cojop espère faire en sorte que les TPE/PME locales raflent 50% des marchés.

    L’épine niçoise

    Reste qu’au-delà des considérations techniques, les organisateurs font face à plusieurs écueils très concrets. Outre les errances largement documentées à la direction du Cojop, c’est l’élection d’Éric Ciotti (UDR) à Nice, qui doit accueillir les épreuves de glace avec une nouvelle patinoire et un village olympique, qui pose maintenant problème, d’autant qu’il n’est pas vraiment en odeur de sainteté auprès de Renaud Muselier. Le premier a affirmé que « le projet actuel est trop cher et mal pensé », quand le deuxième menace d’un « plan B », en réaction aux atermoiements niçois. Sur son fameux plan B, le président de Région n’a pas donné de précisions. Mais explique : « J’ai eu monsieur Ciotti lundi au téléphone […] nous avons la nécessité de prendre une décision définitive avant fin avril. »

    En passant, Renaud Muselier en profite pour tacler le président du Medef Sud, Stéphane Benhamou qui s’était ému, la veille, que la plateforme mise en place par l’organisation patronale pour Paris 2024 ne soit pas reprise pour les Alpes 2030. Et qui avait loué l’élection d’Éric Ciotti (lire notre article du 25/03). « C’est pas lui qui nous pilote ! Il explique être content des résultats des élections municipales dans les métropoles de la Région mais il a oublié que l’un des élus est catégorisé comme extrême droite par la préfecture [Éric Ciotti, Ndlr]. Depuis le départ, on a quelques difficultés avec monsieur Benhamou », critique Renaud Muselier. Ambiance.

  • Région Sud : pas de percée et peu d’implantation insoumise

    Région Sud : pas de percée et peu d’implantation insoumise

    Si les insoumis remportent quelques mairies au niveau national, comme Saint-Denis et Roubaix, et réalisent des scores parfois importants comme à Lille ou Toulouse, le constat et tout autre dans la région Sud. Pas de prise de ville d’importance, ni de ville tout court, et des scores relativement faibles dans la plupart des départements où la stratégie des listes autonomes et des fusions tardives n’a pas porté ses fruits.

    L’exemple avignonnais est particulièrement parlant. Les scores montrent que la stratégie de la fusion avec la liste PS à l’entre-deux-tours n’a pas fonctionné : la ville n’est plus à gauche alors que l’ex-maire socialiste, Cécile Helle, avait su l’emporter largement dans une quadrangulaire en 2020 avec 45,72% des suffrages exprimés. L’alliance de 2026 entre Mathilde Louvain (LFI) et David Fournier (PS) n’arrive qu’à 38,01%. Elle améliore pourtant son nombre de voix cumulées entre le premier et le second tour. Le 15 mars, la liste PS comptait 5 431 votes et LFI comptait 5 197 votes, pour un total de 10 628 voix. Une semaine après elle en totalise 11 077. Des chiffres à mettre au regard de la hausse de la participation entre les deux tours : de 47,66% à 51,25%.

    C’est pourtant la circonscription du député insoumis Raphaël Arnault, sous la bannière du NFP, qui avait reçu 18 863 votes lors des législatives de 2024. Au final, LFI n’a que deux places au conseil municipal d’Avignon… sur tout le département. Il faut dire que la gauche en général n’a pas brillé par ses hauts faits sur la zone. À Marseille, les ambitions insoumises étaient grandes puisque Jean-Luc Mélenchon y arrivait en tête au premier tour des présidentielles de 2022 et 2017. Mais elles ont été douchées suite au retrait du député de la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône et tête de liste LFI, Sébastien Delogu.

    Pas de miracle marseillais

    Ses moins de 12%, 33 808 voix, au 1er tour et l’absence de fusion ont condamné les chances d’une représentation au conseil municipal. Mais le maintien dans plusieurs secteurs permet une implantation locale. Le mouvement devrait totaliser, au mieux, une quinzaine d’élus dans ces hémicycles. Sur les quatre secteurs où LFI s’est maintenue au 2nd tour, le mouvement est systématiquement arrivé derrière le Printemps marseillais. Et même derrière le RN, sauf dans les 2e et 3e arrondissements. Y compris sur le périmètre géographique de la circonscription de Sébastien Delogu. Laquelle englobe les 15e et 16e arrondissements et où la liste LFI ne totalise que 4 594 voix au second tour… À titre de comparaison, le député en récoltait 6 904 lors du premier tour des législatives de 2024.

    Échec dans les villes moyennes

    Le constat est encore plus accablant lorsqu’on se penche sur les scores dans des villes dites moyennes des Bouches-du-Rhône. La plupart des listes LFI n’étaient même pas qualifiées pour le second tour. À Martigues, ville communiste où Mélenchon arrivait 2e avec 24,65% à la présidentielle de 2022, la liste soutenue par LFI n’arrive même pas à 8%. Même principe à Aubagne où la liste insoumise, contre celle d’union de gauche qui a pris la ville à la droite, ne dépasse pas les 5% (791 voix). Bien loin des 13,03% (2 188 voix) de la liste de Manon Aubry aux européennes de 2024. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, si les insoumis soutenaient des listes citoyennes comme celle de Demain Sisteron, ils n’implantent pas d’élus dans les conseils municipaux. Dans les Hautes-Alpes, LFI n’avait investi que Jacques Patron à Gap, éliminé dès le premier tour (2,90%). Dans le Var, là encore, on constate que la stratégie autonomiste n’a pas fonctionné : à La Seyne comme à Toulon, les listes soutenues par LFI ne pouvaient pas passer le 1er tour, à la différence des listes d’union de gauche. Pourtant, les insoumis recueillaient 5 200 voix aux européennes sur la première ville du Var, quand ils n’en comptaient plus que 2 242, le 15 mars.

  • Faire face aux mairies d’extrême droite

    Faire face aux mairies d’extrême droite

    Souvenons-nous. En mars 2024, un conseiller municipal d’extrême droite RN de Toulon justifiait le refus de son parti de voter pour la construction de logements sociaux, en ces termes : « Nous voterons contre cette délibération, non pas que nous soyons contre la construction de logements sociaux, mais contre les gens qu’on y met dedans. » Fort heureusement, deux ans plus tard, la candidate d’extrême droite à la mairie a été sèchement battue, dimanche, par la maire de Toulon Josée Massi. Mais le RN s’est emparé de nombreuses communes, petites ou moyennes, notamment dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse. Le parti à la flamme entend y mettre en œuvre sa politique de « préférence nationale », cette euphémisation de la ségrégation et du racisme. Comment y faire face ? En premier lieu en ne laissant pas tomber les habitants et en mettant à jour l’impasse que représentent les politiques d’extrême droite. Cette résistance doit aussi prendre le contre-pied du discours de division propre au RN.

    Ne pas banaliser

    Il est en effet essentiel de ne pas banaliser l’arrivée de l’extrême droite à la tête de mairies, au prétexte que le suffrage universel a parlé. Les taux d’abstention, hélas désormais structurels, démontrent que c’est l’électorat le plus motivé qui se mobilise et que la démocratie et l’exercice de la citoyenneté doivent être approfondis.

    Le dégagisme est un poison qui entretient le ressentiment. Ainsi, la seule ambition du nouveau maire RN de Carpentras, dans le Vaucluse, était de dégager la gauche (dont la faute a été de se diviser). La veille citoyenne est nécessaire face aux mairies RN.

  • Nouveau souffle

    Nouveau souffle

    Ces élections municipales auront été l’occasion, dans de nombreuses communes, de faire entrer dans les assemblées communales de nouveaux élus progressistes.

    Qu’ils siègent dans la majorité ou dans l’opposition, ces femmes et ces hommes promettent de mettre toute leur énergie pour changer le quotidien des habitants et défendre les idées de justice sociale, de préservation de l’environnement,
    de lutte contre les discriminations…

    Ils sont les visages du renouveau progressiste dans une région qui a déjoué le scénario du raz-de-marée brun mais où le RN progresse et où la droite reste influente.

    Changer de société

    Aux côtés d’élus plus expérimentés, ils mèneront des politiques progressistes dans les villes gérées par la gauche et feront entendre leurs exigences et leurs contre-propositions partout ailleurs.

    Ils auront la lourde tâche d’être des points d’appui pour le monde
    du travail et des oreilles attentives aux préoccupations de la population.

    Dans la crise politique que nous connaissons, où le dégoût de la politique s’accroît et où le sens de l’engagement altruiste s’estompe, ces élus apportent de l’oxygène à la démocratie de proximité.

    Parmi eux, les communistes, en reversant leurs indemnités d’élus à leur parti, démontrent qu’il est possible de faire de la politique « autrement » : de manière désintéressée et sincère.

    Pour les gauches dans leur ensemble, ce réseau d’élus est précieux : il doit donner un nouveau souffle à la perspective de changement de société.

  • Le RN s’ancre davantage dans la région avec 16 mairies remportées

    Le RN s’ancre davantage dans la région avec 16 mairies remportées

    Trois communes conquises dans les Bouches-du-Rhône, cinq dans le Var et huit dans le Vaucluse : le Rassemblement national progresse dangereusement dans la région Sud, tout en pérennisant son implantation dans les localités déjà obtenues en 2020. Dans le Var d’abord, David Rachline (RN) rempile pour un troisième mandat consécutif à Fréjus, grâce à une victoire dès le premier tour. Il a obtenu 51,01% des suffrages, devançant largement sa principale concurrente Emmanuelle Bonnemain (DVC) qui a cumulé, loin derrière, 29,94% des voix.

    Dans le Vaucluse, les quatre villes qui avaient opté pour l’extrême droite au précédent scrutin municipal reconduisent toutes le RN dès le premier tour. À Morières-lès-Avignon (moins de 9 000 habitants), Grégoire Souque (RN) est réélu pour un second mandat avec 66,66% des voix face à la seule autre candidate, Annick Dubois (DVG). Au Pontet, où vivent près de 18 000 âmes, le maire sortant Joris Hebrard (RN) conserve la ville et entame son troisième mandat (60,79% des suffrages). Philippe de Beauregard (RN), qui déjà en 2020 avait réussi une inquiétante percée en rassemblant 70,22% des voix, conserve lui son fauteuil à Camaret-sur-Aigues. Il l’emporte de nouveau dès le premier tour totalisant un score de 72,99%. À Orange, le scrutin marque la fin de la dynastie Bompard. Jacques Bompard, maire de 1995 à 2021, avait cédé son fauteuil à son fils Yann après avoir été condamné pour prise illégale d’intérêts et frappé d’inéligibilité. Yann Bompard, à son tour condamné en janvier 2026 à cinq ans d’inéligibilité pour une affaire d’emploi fictif, a été démis de ses fonctions quelques jours avant les élections, l’empêchant de se représenter. L’inéligibilité de Jacques Bompard ayant été levée en février 2026, celui-ci s’est finalement présenté à la mairie. Mais au second tour, il est battu par le candidat du RN, Jean‑Dominique Artaud, qui arrive en tête avec 35,76% des suffrages. En cumulant les voix de Jacques Bompard et de Jean-Dominique Artaud, les deux candidats classés à l’extrême droite totalisent 68,23% des suffrages exprimés.

  • L’Unicef met en lumière les droits des enfants

    L’Unicef met en lumière les droits des enfants

    « On fait comprendre aux enfants qu’ils ont des droits et une véritable valeur », explique Stéphane, bénévole à l’antenne de Gap de l’Unicef. Formé par l’organisation, il intervient dans les écoles pour informer les élèves sur leurs droits. « Il y a toujours à faire, même en France, bien que la situation soit moins grave que dans d’autres pays », ajoute-t-il. Brigitte Pinel Pedro, bénévole dans les Hautes-Alpes, précise : « Les enfants sont les premières victimes des guerres. Ils ne peuvent pas se débrouiller seuls dans ce monde, c’est pour ça que la Convention des droits de l’enfant est aussi importante. » Mais alors, quels sont ces droits ? Il en existe quatre principaux, explique Bruno Enjolras : « La non-discrimination, chaque enfant, peu importe d’où il vient, a les mêmes droits. Le droit pour les enfants de donner leur avis. Aussi, l’intérêt supérieur de l’enfant, car toutes les décisions prises par les adultes doivent s’y inscrire. Enfin leur prise en compte dans les politiques publiques. » Le secrétaire général revient sur la situation en France : « Le suicide est la première cause de mortalité chez les adolescents. Un enfant meurt sous les coups d’un proche tous les cinq jours. » Après la diffusion d’un court-métrage sur la santé mentale, il insiste : « Les enfants doivent avoir conscience de leurs droits, cela peut les pousser à parler, se confier et éviter le pire. »

    Former aux droits des enfants

    Maeva, jeune ambassadrice de l’Unicef, revient sur l’organisation des Gap Good Game, un événement autour du jeu et du numérique : « Nous avons présenté une exposition en réalité virtuelle pour sensibiliser aux droits à l’éducation et à l’importance de l’eau. » Le président détaille sa volonté, cette année, de développer les partenariats « écoles amies » qui ont pour objectif de former les acteurs éducatifs aux droits des enfants, et ainsi les diffuser plus largement dans les départements de la région Paca. Bruno Enjolras rappelle que les élections municipales représentent un enjeu important : « Si les valeurs de l’Unicef ne sont pas intégrées par les mairies, le travail peut devenir difficile. » La journée s’est terminée par une table ronde animée notamment par la pédopsychiatre Pascale Louarn et la sophrologue Marie-Lyne Rozanes autour de la santé mentale des enfants et des adolescents. « Une thématique devenue centrale depuis la crise du Covid-19, qui a accentué le mal-être des jeunes », rappelle Morgane, également bénévole.

  • Kem One : une grève comme signal d’alarme pour la CGT

    Kem One : une grève comme signal d’alarme pour la CGT

    Après les alertes, la CGT de Kem One contre-attaque. L’organisation syndicale, largement majoritaire sur le site de Fos-sur-Mer, appelle à la grève pour ce mardi 31 mars pour tous les sites français du groupe plasturgiste.

    Un mouvement pas anodin pour l’un des principaux producteurs de PVC au niveau européen. « Le but de la grève est d’alerter les pouvoirs publics, les politiques, le gouvernement et les salariés. L’entreprise va très mal, pas seulement le site de Fos mais l’ensemble du groupe », expose Yann Beauné, secrétaire général de la CGT Kem One Fos. Il faut dire que son organisation syndicale a des arguments pour justifier son inquiétude : « En 2021, on était endettés à hauteur de 10 millions d’euros, aujourd’hui, on l’est à hauteur de 700 millions. L’actionnaire principal, Apollo, n’a mis aucune bille, et s’enrichit sur le dos des salariés via des montages financiers complexes. »

    Les quelques données disponibles publiquement sur la santé financière du groupe en disent long : son résultat net a fondu, passant de 184 millions d’euros en 2021 au négatif de
    -89 millions en 2024, tout comme sa trésorerie : de 185 millions à 15,5 millions. Mais pas ses dettes financières : de 14,3 millions à… 362 millions. Ajoutez à cela des mouvements anormaux en Bourse de plusieurs fonds d’investissement. « On a mis notre nez dans les montages financiers et c’est inquiétant. Certains actionnaires et partenaires d’Apollo [fonds d’investissement états-unien, actionnaire principal et repreneur de Kem One en 2021, Ndlr] parient à court terme contre Kem One et gagnent de l’argent sur notre perte », relate Yann Beauné.

    Des sites en danger direct

    La coordination syndicale CGT du groupe résume la situation : « Kem One est devenu le terrain de jeu préféré des spéculateurs de la finance mondiale. L’actionnaire Apollo a choisi de livrer les clés de l’entreprise à des fonds spéculatifs vautours. » D’où la montée au créneau à venir et d’où une lettre ouverte en direction d’Emmanuel Macron, président de la République, en date du 16 mars. Laquelle alerte notamment sur « l’entreprise stratégique » qu’est Kem One pour la France qui fût un temps aux mains d’Arkema. « On est un groupe stratégique au niveau du PVC en France, ce n’est pas une production anodine. Et on consomme de l’éthylène [matière première pour le PVC] produit par LyondellBasel et de Naphtachimie sur le bassin de Fos », développe Yann Beauné. Lequel insiste : « Si on tombe, d’autres acteurs tombent en amont de la chaîne mais aussi en aval, avec les usines qui font des billes de PVC, tous les acteurs qui achètent du PVC… ».

    Entre les 1 300 salariés du groupe selon les décomptes syndicaux, les emplois induits directs et indirects, l’impact sur l’écosystème de la chimie française pourrait être dévastateur : « Il y aura un effet domino énorme et l’on n’est que trois à produire du PVC en France. » D’autant que plusieurs sites sont déjà quasiment à l’abandon au niveau investissement : « Les outils de productions souffrent dans tous les sites. Certains équipements vitaux sont à bout de souffle », alerte la coordination syndicale CGT du groupe. Pour le site de Château-Arnoux-Saint-Auban, dans les Alpes-de-Haute-Provence, le syndicat dépeint un décor qui a de quoi faire froid dans le dos : « Bâtiment qui s’écroule, économies sur la sécurité, non-remplacement de personnels… ». Constats tout aussi inquiétants pour le site à Lavéra : « Trois bacs de stockage de soude sur cinq sont hors service dus à la corrosion. » De quoi décrire les effets concrets de la stratégie d’Apollo sur les conditions de travail.

    Pour y voir plus clair, la CGT compte sur un comité social économique extraordinaire, qui se déroule ce mercredi 25 mars. « Selon les réponses, on déclenchera peut-être un droit d’alerte social et économique », prévient Yann Beauné.

  • Le second tour en un clin d’œil : des résultats contrastés selon les départements

    Le second tour en un clin d’œil : des résultats contrastés selon les départements

    BOUCHES-DU-RHONE

    La victoire confortable du maire DVG Benoît Payan à Marseille, la deuxième ville du pays, met du baume au cœur des électeurs de gauche de tout le pays. La capitale des Bouches-du-Rhône s’est mobilisée et a résisté malgré l’inquiétude provoquée par la progression de l’extrême droite qui revendique la victoire dans des mairies d’arrondissement. Les communistes conservent leurs bastions : Gaby Charroux rempile pour un quatrième mandat à Martigues (44,14%), qui s’ajoute aux communes maintenues dès le premier tour, Septèmes-les-Vallons, Port-de-Bouc et le Rove. Les progressistes se maintiennent à Noves, Vitrolles et récupèrent Aubagne des mains de la droite avec le succès de Jean-Pierre Squillari (36,28%). L’extrême droite remporte Fos-sur-Mer, Tarascon et garde Rognac. Malgré des échecs, la droite conserve ses bastions acquis dès le premier tour (Gémenos, la Ciotat, Cassis etc.), auxquels elle ajoute son fief d’Aix-en-Provence en reconduisant la dynastie Joissains (47,35%) et pour la première fois la fille Sophie à la mairie. Patrick de Carolis (Horizons) repart pour un deuxième mandat à Arles.

    VAR

    Le camp brun continue s’étendre sa mainmise sur le département du Var. Une quadrangulaire aura fini d’enfoncer la Seyne-sur-Mer dans les bras des lepénistes qui ciblaient la deuxième commune varoise comme une de ses priorités. La victoire du RN Dorian Munoz (46.31%) confirme les dynamiques des dernières élections nationales, D’une courte tête (50,06%), le député RN Frédéric Boccaletti est élu maire de Six-Fours, malgré son passé de libraire aux ouvrages fascistes et antisémites. À 21 voix près, il fait tomber le maire de droite Jean-Sébastien Vialatte qui dirigeait la ville depuis 1995. Ce dernier a annoncé déposer un recours. La Valette-du-Var et Salernes s’ajoutent dimanche aux villes d’extrême droite remportées dès le premier tour : Puget-sur-Argens et Fréjus, dirigée par David Rachline depuis 2014. Cette année-là marquait la bascule de Cogolin. Cette gestion prend fin ce dimanche grâce à la candidate DVD Isabelle Farnet-Risso qui l’emporte devant la liste d’union UD-RN de Pierre-Yves Tierce.

    Le front républicain constitué autour de la maire sortante sans étiquette Josée Massi pour empêcher la lepéniste Laure Lavalette de ravir Toulon est victorieux. La capitale du département est préservée. Hyères reste à droite, comme La Crau, Carqueiranne, Ollioules, Saint-Mandrier et Le Revest, où les édiles ont été réélus dès le premier tour.

    VAUCLUSE

    Dans le Vaucluse, c’est la grande désillusion pour les progressistes. La cité des Papes sera désormais dirigée par la droite après la victoire d’Olivier Galzi (41,62%). La fusion des deux listes de gauche durant l’entre-deux tours et les 400 voix gagnées n’auront pas suffi. À Carpentras, c’est la désunion de la gauche qui fait les affaires du RN mené par Hervé de Lépinau. Pour la première fois de son histoire, une alliance de trois listes d’extrême droite remporte la ville avec 50,78% des voix face à la liste du maire sortant Serge Andrieu (DVG) et de son prédécesseur Francis Adolphe (DVG) qui recueillent respectivement 24,52% et 24,70% des suffrages. La bascule vers l’extrême droite est enclenchée à Bédarrides, Monteux mais pas Cavaillon. Le camp brun change de visage à Orange mais pas d’idées. C’est la fin de la dynastie Bompard, qui, après 30 ans de règne est « grand remplacée » par l’un des siens, Jean-Dominique Artaud, choisit par le RN.

    ALPES

    À Gap le maire sortant Roger Didier (DVD) a été réélu, de très peu (47,51%) face à la fusion de la gauche, qui a récolté 46,86 % des voix exprimées. Malgré la fusion des deux listes de gauche au second tour, la mairie, gouvernée par la droite depuis 1971 reste dans son giron. À Briançon, le maire sortant, Arnaud Murgia (DVD) est lui largement réélu face à la liste d’union de la gauche.

    Pas de regain progressiste dans les Alpes-de-Haute-Provence, avec les trois grandes villes du département qui demeurent aux mains de la droite. Manosque, Forcalquier et Oraison réélisent toutes leur maire sortant Camille Galtier (DVD), David Gehant (DVD) et Benoît Gauvan (DVC), obtenant 67,91 %, 60,69 % et 50,16% des suffrages dans leur commune respective. Frédéric Puech et René Villard, maires des Mées et de Château-Arnoux-Saint-Auban, les deux derniers bastions communistes du département, cèdent de leur côté la place au centre. Perdant à 4 voix près, René Villard a déposé un recours au tribunal administratif de Marseille, pointant des « irrégularités » et espérant organiser un nouveau scrutin. Peyruis se compte parmi les rares communes qui donnent la gauche gagnante : Lisa Desjardins (DVG) est élue avec 50,72% des voix.

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