Tag: Region SUD PACA

  • Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent

    Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent

    Ils détonnent dans une société dominée par l’individualisme, le narcissisme et le chacun pour soi. Ils ne sont pas des self made men fabriqués pour nous vendre le mirage de réussites à l’américaine. Ils ne sont pas des influenceurs décérébrés, prêts à tuer père et mère pour faire du clic. Pas plus que des vedettes de téléréalité qui étalent leur vacuité à longueur d’antenne.

    Ce sont des femmes et des hommes, des travailleuses et des travailleurs ordinaires. Ils pourraient être votre voisin, votre collègue, votre cousine. Mais ce qu’ils ont accompli en 2025 est extraordinaire. Qu’ils se soient battus pour leurs emplois, leurs salaires, leurs pensions, l’intérêt des usagers, la paix, la culture émancipatrice… Ils ont marqué l’actualité de notre région par leur détermination, leur sincérité, leur combativité, leur humanité. Et surtout leur goût de l’action collective.

    Force collective

    Car si La Marseillaise choisit de mettre en lumière celles et ceux qui ont incarné les combats du monde du travail dans l’année qui vient de s’écouler, rien n’aurait été possible sans le collectif qui les a entourés.

    À leur échelle, ces working class heroes de notre temps ont mis le renoncement en déroute et ouvert des brèches dans la chape du fatalisme qui pèse lourdement sur le monde du travail. Ils ont rappelé que la richesse ne provient que du travail et qu’à ce titre, les producteurs disposent d’une force incommensurable.

    Ils ont démontré qu’ils sont vivants, pleinement vivants.

    Comme l’écrivait si bien Victor Hugo, « ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ».

  • Ces visages de luttes sociales en 2025

    Ces visages de luttes sociales en 2025

    Pour les conditions de travail, les salaires ou la pérennité des emplois et des outils de production, sans oublier la réforme des retraites… les exemples existent de victoires possibles. Et les travailleurs sont aussi montés au front pour défendre des valeurs, contrer l’extrême droite, s’opposer à la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza ou, simplement, faire respecter le droit syndical.

    Ce sont ces luttes que nous mettons aujourd’hui en avant en zoomant sur celles et ceux qui ont incarné ces combats toujours collectifs.

    Jean-Michel Roccasalva, CGT Centrale de Gardanne

    L’aboutissement de sept années de lutte

    Une année intense, entre tensions et optimisme : « Depuis trois ans, chaque année qui démarre nous met dans de meilleures perspectives et c’est une bonne chose », pousse Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT Centrale de Gardanne. Et pour cause, 2025 débute par le relancement de l’activité. Puis, viennent les premières réembauches après sept années de lutte acharnée et grâce à un projet de biométhane porté par l’association des travailleurs de la centrale. « Le site serait totalement plié si la CGT et les travailleurs n’avaient pas mis un niveau de combativité et de détermination tel qu’on a pu le faire », pousse le syndicaliste. « Pas toujours dans la facilité, quelquefois dans la douleur : il y a eu des licenciements, des divorces, des attaques personnelles, mais aussi une usure. La charge mentale a été lourde pour tout le monde et même pour ceux qui n’étaient pas concernés par le PSE », tient-il à souligner.

    Pour lui, l’année 2026 sera « charnière à l’aboutissement du projet sur les 20 années à venir ». Sans oublier l’aspect politique avec des échéances électorales à venir, dont les élections municipales restent le fait majeur, si une dissolution n’est pas prononcée au cours de l’année. « L’enjeu politique est étroitement lié avec le dossier de la centrale. On reste quand même très vigilant, parce que malgré tout les expériences du passé nous ont prouvé qu’il y a eu des écrits qui n’ont pas été respectés. »

    Laureen Piddiu

    Renaud Henry, CGT Énergie Marseille

    La « belle lutte » des énergéticiens

    « Ca a été un peu intense, difficile d’y entrer, mais aussi d’en sortir. » C’est ainsi que Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie de Marseille, résume la grève de septembre. Revendiquant une augmentation des salaires et une baisse de la TVA sur les factures, les énergéticiens ont tenu plus de trois semaines sur le piquet de grève. Un combat soutenu par le PCF local, des cheminots, des portuaires et même des agriculteurs. « C’était une belle lutte, on était en 24/24, les week-ends, la nuit et tout ça en occupation illicite », relate Renaud Henry.

    Mais « le combat n’est pas terminé », assure-t-il et précise que « [ce mouvement] a permis d’ouvrir des négociations, toujours en cours, au niveau de la branche, en ce qui concerne à minima la prise en compte de nos revendications salariales ». Il est prêt à mener la bataille. « Chez les électriciens gaziers, les employeurs s’en mettent toujours plus dans les poches, les dividendes remontent en permanence tandis que le monde du travail n’a jamais le fruit de ce qu’il produit », dénonce-t-il.

    Durant l’année écoulée, il a été de toutes les manifestations, battant le pavé contre l’austérité budgétaire ou pour la fin des bombardements dans la bande de Gaza. Souvent, le micro à la main sur le toit du camion bleu emblématique de son secteur, ou plus discrètement en tant que citoyen engagé. « Le combat dans les années à venir sera celui contre la répression et contre la montée de l’extrême droite. Les deux étant liés », prévient-il.

    L.Pi.

    Zidane Merabet, CGT ArcelorMittal Fos-sur-Mer

    Pour un site classé amianté

    Plus de deux mois après l’incendie qui a mis à l’arrêt l’aciérie d’ArcelorMittal, l’activité a repris le 22 décembre dernier à Fos. Une bonne nouvelle qui ne doit pas éclipser le manque d’investissement dans l’appareil industriel qui date de 1974, selon la CGT. « On est toujours sur du système D, une marche dégradée sur une modification d’installation classée », dénonce Zidane Mérabet, élu au CSE. « Il n’y a pas de réparation, pas d’investissement digne de ce nom. » Le syndicat demande « la décarbonation pour la pérennité du site, des emplois et pour la sécurité des travailleurs ».

    La CGT milite aussi pour que le site soit classé amianté. Après avoir été reçu au ministère du Travail le 17 novembre, elle avait obtenu un délai pour apporter des pièces justificatives supplémentaires prouvant l’exposition de près de 600 travailleurs bénéficiant d’un suivi médical renforcé en lien avec le matériau cancérogène, dont « 363 de manière récurrente depuis des années », soit plus de 15% de la masse salariale.

    « Au total, en comptant tous les salariés entrés et sortis du site sur la période, l’allocation des travailleurs de l’amiante concernerait 6 000 personnes », affirme Zidane Merabet. Les documents envoyés ont été réceptionnés le 5 décembre. Pour maintenir la pression, l’organisation syndicale a adressé une lettre au ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, lue dans l’hémicycle par la députée LFI Alma Dufour, mardi 9 décembre. « Je pense qu’on aura une réponse fin janvier », glisse l’élu syndical.

    Alice Magar

    Christophe Claret, CGT Port et Docks de Fos-sur-Mer

    Les portuaires contre la guerre

    Alors que les bombardements israéliens ravagent la bande de Gaza, à Fos, les dockers montrent que la mobilisation de chacun peut faire la différence face au génocide perpétré contre les Palestiniens. Le 4 juin, ils annoncent par voie de communiqué refuser de charger des maillons de l’entreprise marseillaise Eurolinks à destination du port d’Haïfa, dans le Nord d’Israël. « Quand on a été averti qu’il y avait des composants, des matériaux militaires et des pièces détachées d’armes, on a refusé de les embarquer », se souvient Christophe Claret, secrétaire général CGT des dockers et portuaires de Fos. Trois conteneurs sont bloqués. Cette action est saluée de toutes parts, au delà des frontières hexagonales. « On est opposé à toutes les guerres, on est pour la paix entre les peuples », martèle le représentant syndical.

    La guerre peut aussi être sociale. C’est ainsi que les portuaires ont continué à « combattre la réforme des retraites et obtenu une cinquième année de pénibilité », rappelle Christophe Claret qui, toute l’année durant, « est intervenu un peu de partout pour le développement du port de Marseille-Fos ».

    L.Pi.

    Anaïs Pascual, CGT Primark à Toulon

    Le respect syndical dans le commerce

    « On est maltraités. On est en sous-effectif. On nous demande de travailler pour dix personnes, de tenir la barre, d’en faire toujours plus… Tout ça pour être des travailleurs précaires à temps partiel », entonne ce jour-là au mégaphone la secrétaire générale de la CGT Primark La Valette, Anaïs Pascual, dans le magasin d’Avenue 83. Nous sommes le 7 mai 2025 et une opération coup de poing d’envergure est en cours dans le magasin. Avec 250 manifestants venus dire stop à la maltraitance et aux entraves à la liberté syndicale.

    Un combat sans faille mené tout au long de cette année comme des précédentes qui a payé, avec une belle progression du syndicat lors des dernières élections professionnelles, qui est passé de 17% à 25%.

    De quoi rendre encore plus déterminés en 2026 les salariés de Primark accompagnés par la CGT. Bien décidés, confirme Anaïs, à continuer à « s’opposer à la pression de la direction sur la force de travail afin réduire les coûts aux détriment des personnels ».

    Thierry Turpin

    Khalatoumi Ibouroi, CGT Pamar Marseille

    Debout face aux intimidations et menaces

    Après deux ans de lutte et de piquets de grèves, c’est une nouvelle victoire que les salariées de la blanchisserie Pamar ont obtenu le 12 décembre. La cour d’appel d’Aix-en-Provence a de nouveau donné raison aux petites mains en obligeant l’entreprise Pamar, sous le giron du GIE Sainte-Marguerite, à réintégrer les employés. Un combat long et semé d’embûches qui a permis aux travailleurs « de connaître leur droits et leur valeur », affirme Khalatoumi Ibouroi, ancienne déléguée syndicale CGT, qui a souvent été la voix de cette lutte.

    Un combat qui débute lorsque certains salariés reçoivent des menaces de morts et des intimidations de la part de leur cheffe d’équipe, en décembre 2023, après avoir alerter l’inspection du travail sur des manquements en terme d’hygiène et de sécurité. Face à ces menaces, les salariés font valoir leur droit de retrait. Une mobilisation qui n’a pas plu à la direction, qui les licencie en mai 2024. Mais après le conseil des Prud’hommes, c’est donc la cour d’appel qui s’oppose à ces licenciements et impose la réintégration de tous les salariés.

    Mais pour Khalatoumi Ibouroi et ses collègues, le combat n’est pas fini : « La directrice des ressources humaines nous a dit qu’aucun plan d’action n’allait être mis en place, c’est-à-dire que la cheffe d’équipe qui nous a menacé devrait rester. Donc, ce n’est pas fini. »

    Eva Janus

    Claude Mas, Union syndicale des retraités CGT Bouches-du-Rhône

    Les retraités en première ligne

    Alors que le mouvement social a imposé le thème des retraites dans le débat public, les retraités eux-mêmes ont été pointés du doigt comme des privilégiés dans le discours médiatique dominant au moment d’imposer de nouvelles coupes budgétaires. « Il n’y a pas de retraités privilégiés, contrairement à la vieille rengaine du gouvernement et du patronat », tient à rappeler la secrétaire de l’Union syndicale des retraités CGT dans les Bouches-du-Rhône, Claude Mas. Si le Parlement a reculé sur l’abattement fiscal des retraités ou la franchise médicale, « c’est révélateur de ce que le gouvernement veut faire, prendre dans la poche de ceux qui en ont le plus besoin ». Dans ce climat, l’USR CGT 13 s’est largement mobilisée, souvent en intersyndicale, au mois de février pour la gratuité des transports en commun, en mars pour défendre la Sécurité sociale, en octobre pour les retraites complémentaires, en novembre contre les projets de loi de finances. « Les retraités sont constitutifs du rapport de force pour défendre nos revendications », appuie Claude Mas. Soulignant l’engagement pour la paix, qui l’a particulièrement marquée, de ceux qui ont connu la guerre. « La colère est intacte », insiste-t-elle, en annonçant une manifestation dès le premier trimestre.

    Yves Souben

    Catherine Lecoq, Syndicat français des artistes interprètes de la CGT Bouches-du-Rhône

    En grève contre l’extrême droite

    Il aura suffi de huit grévistes pour faire annuler la soirée du bien commun, événement caritatif associé à la figure conservatrice de Pierre-Edouard Stérin, qui devait avoir lieu au 6mic, à Aix-en-Provence. Lundi 6 octobre, jour de programmation de l’événement associé au milliardaire, ils étaient une trentaine sur le piquet de grève à soutenir les grévistes.

    Parmi ces syndicalistes, Catherine Lecoq. La conseillère nationale du Syndicat français des artistes interprètes de la CGT porte haut, dans ses combats, la lutte contre la bataille culturelle menée par l’extrême droite. « Lorsque l’on a appris que la nuit du bien commun, dont les liens avec l’extrême droite avaient été révélés dans L’Humanité, venait à Aix-en-Provence, dans une salle gérée en partie par la Ville, on a voulu l’empêcher en intersyndicale », explique la comédienne.

    Après avoir essayé d’interpeller la municipalité et la Métropole, c’est par la grève que les syndicalistes ont décidé d’agir. En faisant marcher son réseau, Catherine Lecoq a pu convaincre les techniciens de faire valoir leur droit de grève pour empêcher la tenue de l’événement. « Cette victoire prouve que quand on s’organise et qu’on fait valoir notre droit de grève, cela fonctionne », affirme la comédienne.

    E.J.

  • La solidarité à pied d’œuvre pendant les fêtes

    La solidarité à pied d’œuvre pendant les fêtes

    Ces « petites mains » de la solidarité apportent des repas chauds à la tombée de la nuit, serrent des mains frigorifiées, et tendent une oreille aux récits des uns et des autres, écoutent, parlent. Et par toutes ces petites attentions, rendent à l’autre son humanité qui se perd, souvent, dans le silence et l’anonymat des grandes villes.

    Ces volontaires de la solidarité ont choisi, en conscience d’aider, d’apporter du réconfort au sein de structures telles que les Restos du cœur, le Secours populaire, la Banque alimentaire, Un peu de toit, Partage ou encore les Petits frères des pauvres. Ils ont choisi d’intégrer une structure, une équipe reconnaissable aux chasubles de différentes couleurs, parce qu’à l’heure d’un individualisme exacerbé, œuvrer collectivement, se donner un but commun et l’atteindre malgré le manque criant de moyens, fait aussi sens.

    Hassen, bénévole au Secours populaire 13

    « On apporte du réconfort »

    Quelques jours après avoir joué le rôle du Père Noël vert (lire notre édition du 17 décembre 2025), Hassen n’a pas quitté le terrain. Bénévole au sein du Secours populaire des Bouches-du-Rhône depuis deux ans, il est particulièrement mobilisé durant cette période de fêtes. « On ne peut pas laisser les gens dans l’abandon. Il faut leur montrer qu’on pense à eux et qu’on est avec eux », martèle-t-il.

    En plus des actions solidaires menées en cette fin d’année, de la distribution surprise de cadeaux dans les quartiers les plus défavorisés au réveillon solidaire, l’association est présente tous les jours jusqu’au 31 décembre sur la Canebière où elle distribue du café et de la nourriture, sans compter les maraudes du soir. Des missions qui visent principalement les personnes sans-abri et/ou sans-papiers. « On apporte du réconfort et ils oublient un peu la misère. Ça nous fait chaud au cœur. La misère à Marseille est grave, on la voit partout, surtout dans les quartiers Nord », déplore-t-il.

    La misère qu’il dénonce, il l’a vécue à son arrivée en France depuis la Tunisie dix ans auparavant. « Les premières années c’était difficile. Quelqu’un est venu me donner un coup de main. Le Secours populaire m’a beaucoup aidé. Une fois que je me suis bien installé et que j’ai trouvé un travail j’ai décidé de leur donner moi aussi du temps », raconte Hassen. Boulanger dans le quartier de Saint-Louis (15e), il laisse chaque matin son tablier pour son gilet bleu siglé avec la main ailée. Direction la centrale de la fédération départementale située chemin de Gibbes : « Dès que j’ai fini, à 7h du matin, je prends ma douche et je pars direct au siège pour donner un coup de main. Je le fais de bon cœur ! », sourit-il.

    L.Pi.

    Irène, responsable des maraudes à la Croix-Rouge Marseille

    « Les gens nous attendent, ils sont contents de nous voir »

    C’est dans la rue, auprès de ceux qui en ont le plus besoin, qu’Irène, responsable des maraudes à la Croix Rouge Marseille, passera le réveillon du Nouvel An. « On est sur le terrain toute l’année de façon générale et pendant les fêtes ça ne déroge pas ! », s’exclame-t-elle. Ainsi, elle retrouvera, comme les années précédentes, son groupe de volontaires. « Les équipes de bénévoles se constituent d’elles-mêmes, on n’impose pas d’équipe, ni de jour. C’est en fonction des plannings personnels. C’est du bénévolat, il ne faut pas que ce soit une contrainte sinon on ne fait pas bien les choses », tient-elle à souligner. Ces soirs de fête, « c’est un peu plus de chaleur que d’habitude », glisse-t-elle. « Les gens nous attendent, ils sont contents de nous voir, on passe de bons moments avec eux », relate la dame au grand sourire et aux cheveux grisonnants.

    À 68 ans, Irène continue à faire une à deux maraudes par mois, le temps moyen demandé aux membres, en fonction des disponibilités de chacun. Bénévole depuis 22 ans au sein de l’association, elle affectionne ces instants passés à créer du lien social, la mission première de la Croix Rouge. « Ce dont les gens ont le plus besoin c’est de discuter. En tant qu’association, on les écoute, on n’est pas indiscrets. Ils nous racontent ce qu’ils veulent. Parfois, ça n’a rien à voir avec leurs conditions. C’est sympa aussi », sourit-elle.

    À son arrivée, Irène s’occupait d’un vestiaire social puis elle est devenue responsable des maraudes, un rôle qu’elle combine avec sa casquette de trésorière de l’unité locale : « Je me suis fait embrigader par une gentille dame qui m’a parlé des activités qui se faisaient à l’époque. J’y suis rentrée et je suis restée. » L’an dernier, elle a été honorée de la Médaille d’or des mains du président national de la Croix Rouge française, pour son engagement dévoué.

    L.Pi.

    Laëtitia, coordinatrice Petits frères des pauvres, Marseille

    « Tous méritent de fêter Noël »

    Travailleuse sociale de formation, Laëtitia a la solidarité chevillée au corps. « C’est un métier où l’on a l’âme d’aider, où c’est normal d’être présent dans des moments importants », confie-t-elle dans le jardin partagé de la Maison Les Héros, un « habitat inclusif », dans le 1er arrondissement de Marseille. Ce lieu, où vivent des bénéficiaires de l’association des Petits frères des pauvres, a accueilli un repas de Noël, ce 25 décembre. C’est le deuxième qu’assure Laëtitia : « C’est un moment festif mais notre présence ce jour du 25 est importante pour le reste de l’année. Le fait qu’on soit là ce jour-là, aide à faire en sorte que les personnes se sentent pleinement considérées ». Elle est salariée depuis plus d’un an et demi des Petits frères des pauvres, et a débuté avec le dispositif AVL (accompagnement vers le logement) « qui a pour but de s’occuper de personnes âgées qui sont en hébergement précaire ». « Ensuite j’ai basculé sur l’habitat inclusif qui a ouvert ses portes en novembre 2024 », explique-t-elle. Inclusif notamment car ouvert sur le quartier.

    D’où la double importance d’être près des bénéficiaires en ce jour de fête : « Avec notre présence, ils se disent qu’ils ne sont pas que des usagers d’un dispositif mais bien des personnes à part entière, qu’ils méritent de fêter Noël. » D’autant que ces derniers « ont des parcours de vie difficiles avec beaucoup de précarité ». Et Laëtitia espère qu’avec l’accompagnement des bénévoles et le travail des salariés « ils ont l’impression de redevenir des êtres humains ».

    A.B.

    André, bénévole à l’association Partage, Martigues

    « L’humain passe au-dessus »

    Au rez-de-chaussée du temple protestant de Martigues, l’association Partage invite les plus démunis à venir prendre un repas chaud. Parmi les bénévoles présents, André, cadre retraité de France télécoms, est affairé à la réchauffe et découpe du pain, entre autres. Le lieu ne le dérange pas : « Je suis athée. Mais pour moi, l’humain passe au-dessus de la religion. »

    « C’est une période particulière » au moment des fêtes, estime-t-il. « Nos pensionnaires ont besoin d’un lieu pour se sentir bien, quand certains vivent en extérieur ou en voiture », considère le bénévole. « Certains sont parfois isolés, ou n’ont pas de famille. C’est une manière de se retrouver et de créer du lien social, échanger discuter autour d’un repas chaud. Car il y a parfois aussi des situations de grande solitude », renchérit le retraité.

    L’association Partage fonctionne les lundis, mardis, jeudis et vendredis midi, de novembre à mars inclus. André, lui, est un habitué du vendredi, toujours en équipe de 4 à 5 bénévoles pour préparer et servir le repas. André Pinon est venu à cet engagement par une connaissance qui s’occupait du mardi. Le partage d’expérience a suscité l’engagement. « J’ai cherché du temps au milieu mes activités de retraité, car l’idée c’est de s’occuper des autres aussi. » C’est parfois un peu plus compliqué pendant les fêtes. « On a chacun notre famille, il y a fallu que je m’organise pour me libérer cette journée et la semaine prochaine » pour le Nouvel An.

    An. M.

    Eric, vice-président de la Banque alimentaire, Vaucluse

    « J’ai débuté en donnant un coup de main »

    Au sein de la Banque alimentaire de Vaucluse, Eric prône « la polyvalence de chacun », mais c’est aujourd’hui en tant que vice-président de la partie Ressources humaines qu’il évoque son engagement associatif.

    Qui a commencé il y a « environ 7 ans », confie-t-il sans s’en rappeler avec exactitude. Alors en fin de carrière dans la Police nationale, c’est un collègue qui l’invite à donner un coup de main pour la collecte nationale qui se tient chaque année lors du troisième week-end de novembre. S’ensuit une aide ponctuelle, travail oblige. « Puis j’ai appris qu’il y avait une pénurie de chauffeurs, donc je suis venu donner un coup de main. Et, une chose en appelant une autre, j’ai pris quelques responsabilités », poursuit-il. Depuis, il est sur site cinq fois par semaine pour assurer le bon fonctionnement des récoltes et des distributions.

    Un temps qu’il consacre « à une bonne cause », car c’est quelque chose qui est dans sa « mentalité ». D’autant que « comme dans de nombreuses assos, on manque de bénévoles », glisse l’ancien policier. La structure cherche à recruter pour répondre à la demande croissante. En 2025, 55 000 personnes ont reçu une aide passée par la Banque alimentaire de Vaucluse.

    Mack Salman

    Cathy, présidente de l’association Un peu de Toit, Var

    « Être à la rue en cette période, c’est tellement triste »

    À 73 ans, Cathy, retraitée des chantiers navals de La Ciotat, met son énergie au service des plus démunis depuis 2017, date à laquelle elle a rejoint l’association Un peu de Toit, créée en 2010, avant d’en prendre la présidence en 2020. « Je me suis engagée car les personnes sans-abri sont les reflets visibles et évidents des laissés-pour-compte. C’est important pour moi de les aider. Mais une présidente seule ne sert à rien, ce qui compte c’est l’ensemble des bénévoles qui œuvrent tous dans le même sens », soutient-elle.

    Chaque semaine et durant toute l’année, l’association et ses 40 bénévoles organisent une maraude dans les rues de Toulon, pour distribuer plus de 5 000 repas par an à une centaine de personnes. « On leur apporte du réconfort, on n’est pas juste des distributeurs de repas, on essaie de faire plus que ça », précise-t-elle. Les dons de nourriture proviennent en majorité de collectes dans les supermarchés et des aides de partenaires, comme l’association le Lien 83, dont l’aide « est très précieuse », remercie la bénévole. Dans le cadre des fêtes, Un peu de Toit donne une teinte particulière à ses maraudes, « plus festive que d’habitude, avec un très bon plat chaud, beaucoup de chocolats. Le 16 décembre, une petite fille est venue en distribuer, avec des dessins réalisés en classe. Être à la rue en cette période, c’est tellement triste. Mais les gens nous reçoivent avec le sourire, que ce soit ou non en période de Noël. On n’a jamais reçu autant de remerciements que cette année », salue Cathy, avant la dernière maraude de 2025, qui se tiendra le 30 décembre.

    Adam Benhammouda

  • L’agence régionale de santé appelle à ne pas engorger les urgences

    L’agence régionale de santé appelle à ne pas engorger les urgences

    Pendant les fêtes, si vous avez besoin d’un médecin, suivez le bon chemin. » Une manière polie de l’Agence régionale de santé (ARS) d’inciter la population à ne pas engorger les urgences, en cette période d’épidémie de grippe.

    « Les services des urgences en France et dans notre région voient chaque année leur nombre de patients augmenter de manière continue, en particulier à l’approche des fêtes, période durant laquelle les épidémies hivernales cohabitent », indique l’ARS dans un communiqué. Et d’insister : les urgences « doivent être prioritairement réservées aux situations les plus graves ».

    Pour assurer la continuité des soins, un dispositif est mis en place précise-t-elle avec la mobilisation des médecins généralistes en ville, l’ouverture des maisons médicales de garde, le renforcement des moyens de l’aide médicale urgente et une coordination assurée par le Centre 15.

    La bronchiolite stable

    La semaine dernière, l’activité pour grippe aux urgences a continué à augmenter, avec plus de 2 000 passages enregistrés dans la région, conduisant à près de 450 hospitalisations. La vaccination associée aux gestes barrières, demeurant l’une des armes les plus efficaces de protection rappelle l’ARS. Côté bronchiolite, qui touche particulièrement les enfants, la région est en phase épidémique depuis quatre semaines et l’activité des urgences concernant les enfants de moins d’un an se stabilise, à un niveau inférieur à celui observé à la même période l’an dernier.

  • À voir, à faire avec les enfants : les sorties du 26 décembre

    À voir, à faire avec les enfants : les sorties du 26 décembre

    Bouches-du-Rhône

    Marseille. La fanfare Brass Koulé se dirigera vers Eugène Pierre par le bd Chave depuis la gare de la Blancarde, en terminant place Sébastopol à partir de 15h.

    Salon-de-Provence. Petit train du père Noël et embarquement sur la mer imaginaire attendent les enfants en centre-ville de 14h à 19h.

    La Ciotat. Crèche sur l’eau au cœur du Port-Vieux, mapping sur la façade du musée ou encore illumination des barques et barquettes sont encore au rendez-vous.

    Martigues. Dernier jour pour profiter des six kiosques décorés et animés aux couleurs de Disney, Pixar et DreamWorks sur la place de la Libération.

    Var

    Le Lavandou. Plongez gratuitement dans l’univers féerique des contes de Noël avec Sandra la fée à la bibliothèque municipale entre 15h et 17h.

    Saint-Tropez. Concert gratuit de Divin’Gospel Music Choir, place des Lices dès 16h30.

    La Londe-les-Maures. Il est l’heure de dire au revoir au père Noël avec un grand show Disney sur l’avenue Georges-Clémenceau dès 18h30.

    Vaucluse

    Carpentras. Place aux spectacles au chaud qui vous donnent rendez-vous à la Charité. « Souffle de Neige » est à voir à 14h30 et 16h30 dès 6 mois.

    Pernes-les-Fontaines. Découvrez un ancien magasin drapier de 1860 devenu musée du costume rue Gambetta de 14h à 17h.

  • Une cagnotte pour le climat face à la baisse des subventions

    Une cagnotte pour le climat face à la baisse des subventions

    Depuis quelques semaines, le Groupe régional d’experts sur le climat (Grec-Sud) a ouvert une cagnotte en ligne, accessible à partir du site du groupe, en évoquant sans détour un risque de fermeture à court terme.

    Pour cette association, inspirée du Giec et spécialisée dans la synthèse des connaissances climatiques à l’échelle régionale, l’initiative relève d’une nécessité. « Tout l’enjeu, c’est de trouver de l’argent pour le court terme », résume le directeur de l’équipe du Grec-Sud, Antoine Nicault. Ce rôle d’interface entre science et action publique se heurte aujourd’hui à un contexte financier fragile. Au cours de l’année, l’association a été notifiée d’une procédure d’alerte de la commissaire aux comptes, en raison de tensions de trésorerie. « On arrive à boucher les trous et à tenir, mais cela fait un an et demi que l’on est en grande difficulté », confie Antoine Nicault. Le financement croisé des collectivités n’arrive pas à compenser la baisse des subventions et aides d’État, résume en substance le responsable de la structure.

    Un soutien citoyen

    La nouvelle cagnotte, relancée récemment, a permis de récolter près de 10 000 euros et de « repousser l’échéance », offrant un peu de visibilité à court terme. Au-delà de l’aspect financier, cette mobilisation témoigne de l’attachement des scientifiques et des collectivités à un acteur reconnu pour « créer un socle commun de connaissances sur les enjeux du changement climatique ». Pour les chercheurs, l’objectif est désormais de stabiliser l’organisation. Sans cela, prévient Antoine Nicault, « la région perdrait un acteur clef sur ces enjeux-là », alors même que l’anticipation des impacts climatiques n’a jamais été aussi cruciale.

  • Le Sud attire toujours plus d’habitants

    Le Sud attire toujours plus d’habitants

    La ruée vers le Sud se poursuit, s’accélère. Chaque année en moyenne depuis six ans, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur gagne quelque 31 345 habitants, « soit l’équivalent de la population d’une ville comme Carpentras », illustre l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) qui a publié ce jeudi les chiffres du recensement en vigueur à compter du 1er janvier prochain. De quoi en faire la septième région la plus peuplée, avec désormais quelque 5,2 millions d’habitants.

    Cela représente une hausse de 0,6% par an sur la période, plus que la moyenne nationale (+0,4%). Une évolution uniquement due aux nouvelles installations plus nombreuses que les départs, le nombre de naissances et de décès s’équilibrant presque. Cette croissance démographique est d’autant plus importante que la région est la seule – avec dans une moindre mesure la Bretagne – à la voir s’accélérer par rapport à la période précédente 2012-2017. Même si elle reste moins attractive que ses voisines d’Occitanie (+0,8%) ou de Corse (+1,0%). À chaque fois, la mer, que ce soit la Méditerranée ou l’Atlantique, attire toujours plus.

    Le Var dans le top 10

    Cela vaut particulièrement pour le Var. Dixième département le plus dynamique de l’Hexagone, il compte désormais 1,1 million d’habitants, avec en moyenne chaque année plus de 10 000 personnes de plus (+0,9%). Des villes comme Toulon ou Fréjus ont ainsi vu leur population augmenter en moyenne de près de 1 200 résidents par an, tandis que le nombre d’habitants a augmenté de moitié en six ans au Castellet (+9,2% par an). Cette croissance démographique est uniquement liée aux nouveaux arrivants, bien souvent pour leur retraite. Sur fond de vieillissement de ses habitants, le nombre de décès est désormais plus important que le nombre de naissances, et ce solde naturel négatif fait baisser sa population de 2 200 personnes chaque année en moyenne.

    Marseille divisée

    Département relativement jeune, les Bouches-du-Rhône elles aussi gagnent des habitants à un rythme toujours plus important, à la vitesse de 10 600 personnes par an en moyenne (+0,5%), soit la population de Gignac-la-Nerthe qui vient s’ajouter chaque année pour atteindre 2,1 millions d’habitants. Signe de cette attractivité retrouvée, le nombre d’arrivées désormais est plus important que celui des départs, et la croissance démographique accélère y compris à Marseille ou Aix-en-Provence, même si Salon-de-Provence ou Arles continuent de perdre des habitants.

    Dans la cité phocéenne elle-même, dont la population s’élève désormais à 886 040 habitants et qui en gagne 0,4% de plus chaque année, le nombre de nouvelles installations ne suffit pas encore à compenser les déménagements. Mais ce constat à l’échelle de la ville dissimule des écarts toujours plus marqués entre les arrondissements. Car à lui seul, le troisième arrondissement représente la moitié de cette augmentation, avec près de 9 300 habitants en plus entre 2017 et 2023, autant en raison des naissances que des nouvelles installations. Sur la même période, le 6e arrondissement a perdu un dixième de sa population : le solde migratoire pèse chaque année de 2,4 points dans cette baisse, un chiffre comparable à certains arrondissements parisiens ou lyonnais.

    Moins vite en Vaucluse

    Quant au département de Vaucluse, avec ses 572 000 habitants, il est le seul dans la région à voir sa croissance marquer le pas (+0,4% par an, après +0,5%), avec un excédent naturel qui s’amenuise, entre baisse de la natalité et vieillissement. À Avignon, le nombre de naissances plus important que les décès à beau contribuer (+0,5 point) à la croissance démographique, la population stagne. Surtout, 62 communes du département ont perdu des habitants sur la période, soit quatre communes sur dix. La moitié d’entre elles ont moins de 900 habitants. Comme un reflet des difficultés des zones rurales.

  • La féérie de Noël vous attend dans les villes

    La féérie de Noël vous attend dans les villes

    Bouches-du-Rhône

    Istres. « Parade de Lune » au départ de la Maison des Traditions à 17h, suivie de l’arrivée du père Noël.

    Arles. Parade lumineuse et féerique à partir de 18h sur la place de la République. Dès 19h, feu d’artifice sur les quais du Rhône.

    Allauch. Une lecture de contes de Noël pour les enfants de 3 à 7 ans à la bibliothèque Dans la cabane aux histoires à 17h30.

    Var

    Le Lavandou. Spectacle de ventriloque gratuit « Un terrien dans la lune » au village de Noël sur le front de mer à 15h.

    Sanary-sur-Mer. Arrivée du père Noël et ses lutins sur

    le port à 15h. Goûter pour les enfants à 15h30 sur le parvis de la mairie.

    Saint-Raphaël. Parade musicale en centre-ville de 10h à 12h et de 15h à 17h. Arrivée du père Noël et de la Parade des jouets à 18h au départ du parking du Beau Rivage. Feu d’artifice à 19h.

    La Garde. Défilé canin « Christmas dog show »au pied du grand sapin à 16h.

    Vaucluse

    Carpentras. Voyage sensoriel gratuit pour les familles au Forum des Patrimoines de 15h à 16h30 pour découvrir la table calendale.

    Avignon. Grand spectacle pyrotechnique et musical sur les berges du Rhône à partir de 19h.

  • Cent conseillers municipaux de plus en Provence

    Cent conseillers municipaux de plus en Provence

    Il va falloir prévoir des chaises supplémentaires dans les salles du conseil. À l’issue du scrutin du mois de mars prochain, cent conseillers municipaux de plus par rapport à la précédente mandature siégeront en effet dans les départements des Bouches-du-Rhône, du Var et de Vaucluse.

    Ce sont en effet les chiffres du dernier recensement de l’Insee publié ce jeudi qui font autorité pour déterminer le nombre d’élus pour ces prochaines municipales. Or depuis 2020, 79 communes en région Provence-Alpes-Côte d’Azur ont changé de tranche de population, dont 50 passées à la strate supérieure. C’est le cas pour huit d’entre elles dans les Bouches-du-Rhône, dont Gignac-la-Nerthe, Cabriès et Lambesc qui ont passé le cap des 10 000 résidents, et qui devront élire chacune quatre élus de plus, quand le département en gagne 30 au total. Le Var est particulièrement concerné, avec dix-huit municipalités qui verront leur conseil s’étoffer, apportant 66 élus de plus au total, jusqu’à Draguignan qui a dépassé les 40 000 habitants. Et une autre, Régusse, qui avec 233 résidents de moins sur le mandat perd quatre conseillers à compter du mois de mars. En Vaucluse, la balance reste positive aussi. Mais si huit communes gagnent des conseillers, avec là aussi 30 sièges de plus, en particulier à Carpentras ou L’Isle-sur-la-Sorgue, elles sont six à en perdre (-22 sièges), y compris Pertuis qui est passée sous la barre des 20 000 habitants.

    Une autre évolution concerne les 499 communes de la région dont la population est inférieure à 1 000 personnes, soit plus de la moitié des municipalités en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Au mois de mars pour la première fois, elles devront à leur tour présenter des listes paritaires, comme le reste des communes.

  • L’épidémie de grippe s’invite pour les fêtes

    L’épidémie de grippe s’invite pour les fêtes

    « Santé publique France prédit un pic épidémique qui pourrait arriver cette semaine ou la semaine prochaine », indique Olivier Reilhes, directeur de la Santé publique et environnementale de l’Agence régionale de santé (ARS) Paca. Face à la vague importante de contaminations que connaît la région, le préfet a publié ce lundi un arrêté de réquisition de certains médecins généralistes à la demande de l’ARS.

    C’est la quatrième semaine consécutive que la région Paca est en phase épidémique, comme le reste des régions de France métropolitaine. La semaine passée, la région a enregistré « 2 000 passages aux urgences pour état grippaux et un peu moins de 500 hospitalisations la semaine dernière, ce qui équivaut presque au pic épidémique de l’année dernière », indique Olivier Reilhes. Une augmentation par rapport à la semaine précédente qui laisse penser au directeur que le pic de l’épidémie devrait avoir lieu cette semaine ou la semaine prochaine.

    Trois semaines d’avance

    Une grippe arrivée plus tôt de quelques semaines par rapport aux années précédentes, ce qui fait arriver la vague épidémique pendant les fêtes.
    « Mêmes chiffres que la saison dernière », pour l’heure.

    Le niveau très élevé d’activités hospitalières a obligé l’ARS à déclencher la mise en œuvre des plans de gestion spécifiques à ce type de situation.

    « Cela signifie que l’on prépare les établissements depuis plusieurs semaines. Pour assurer la prise en charge des cas à la fois aux urgences et en hospitalisation, explique le directeur de l’ARS Paca. Ça veut dire consolider les plannings de présence des personnels, un sujet sensible dans le contexte des fêtes de fin d’année. » Cela nécessite « des services saisonniers complémentaires avec des lits supplémentaires pour pouvoir absorber ce flux de patients. Cela signifie aussi sortir d’hospitalisation un certain nombre de patients qui ne le nécessitent plus pour les malades de la grippe ».

    Les gestes barrières et le port du masque ont également été remis en place, depuis le 8 décembre, dans de nombreux centres hospitaliers. Comme au sein de l’Assistance publique des Hôpitaux de Marseille (AP-HM) où le port du masque est de nouveau obligatoire pour les professionnels et les visiteurs, ainsi que le renforcement de l’hygiène des mains avec des distributeurs de gels hydroalcooliques réinstallés à certains endroits et l’augmentation des vaccinations au sein des professionnels.

    Le vendredi suivant, le 12 décembre, la stratégie de prévention des risques a été ajoutée aux gestes barrières au sein de l’apr.-HM. Chaque patient hospitalisé, peu importe la raison de son admission, est dorénavant dépisté afin de l’orienter vers une chambre simple ou double suivant les résultats. Au service pédiatrie, les parents accompagnants sont également testés. Un moyen de contenir les transmission de maladie.

    Une meilleure couverture vaccinale

    Une épidémie dont le variant K semble être en grande partie responsable. D’abord arrivé au Royaume-Uni, il est maintenant très répandu en France. « On est sur de la transmissibilité élevée mais il ne semble cependant pas avoir un excès de sévérité, explique Olivier Reilhes. Le pourcentage de personnes hospitalisées après passage aux urgences est globalement stable et proche de ce qu’on a connu l’année dernière. »

    Une épidémie qui pour le moment semble être équivalente à celle de la saison dernière. « On pense qu’elle est à peu près égale mais on n’en est pas sûr. On sait en général que pendant les fêtes, il y a un brassage de population : les gens se retrouvent en famille, donc ça accentue la transmission du virus », précise le haut fonctionnaire.

    Un brassage qui rend encore plus nécessaire la vaccination, qui a par ailleurs été plutôt bien suivie avec 900 000 doses distribuées sur la région, et 42% des personnes à risque vaccinées, soit autant qu’à la fin de la campagne de l’an passé. Le directeur de l’ARS Paca rappelle également l’importance des gestes barrières « que l’on connait bien mais que l’on n’applique plus toujours », déplore-t-il. Ainsi, il rappelle l’importance du masque s’il l’ont ressent des symptômes, l’aération des pièces et un lavage régulier des mains.