Tag: Region SUD PACA

  • La Région en butte aux coupes budgétaires de l’État

    La Région en butte aux coupes budgétaires de l’État

    Jamais une séance plénière du conseil régional n’aura été aussi rapide. En moins de deux heures ce vendredi matin, l’entièreté de l’ordre du jour était balayée. Et pour cause, il n’y figurait, en dehors des questions orales et motions, que deux points à l’ordre du jour. Dont un passage obligé : le débat d’orientations budgétaires, préalable à l’adoption du budget prévue au mois d’avril.

    En guise d’introduction, le vice-président (Centriste) délégué aux finances Jean-Pierre Colin alerte sur « un amoncellement inquiétant de nuages ». L’addition des coupes budgétaires certes est moins sévère que ce qui était initialement prévu. Mais aux 60 millions d’euros déjà retirés en 2025 s’ajoutent de nouveau 60 millions d’euros en moins pour les finances régionales. La collectivité se rattrape grâce aux hausses des taxes sur les cartes grises et la mise en place du versement de mobilité régionale, dont le taux a été rapidement divisé par deux face à la fronde patronale. « La Région se donne des moyens pour poursuivre les priorités de la mandature sans renoncement », promet l’élu seynois. À savoir la rénovation des lycées, les infrastructures routières et ferroviaires, la transition écologique et surtout l’accueil des Jeux d’hiver 2030.

    « Le problème n’est pas d’investir », tente dans l’opposition d’extrême droite Coline Houssays (RN). Mais malgré cela elle réclame « une ligne rouge financière explicite ». Et s’oppose au nom de son groupe à la trajectoire financière régionale en déplorant « une région hyperactive ». « À quoi servirait un budget équilibré face à une région qui stagne ? À rien ! » l’interpelle le président du groupe majoritaire Pierre-Paul Leonelli face à la tentation austéritaire de l’extrême droite. « En ce qui concerne notre hyperactivité, tant mieux, ironise à sa suite Renaud Muselier. Mais je ne suis pas un canard sans tête qui court partout : nous nous sommes fixé un cap, et dans la région, ça fonctionne plutôt bien. » Il assume les coupes réalisées – « nous ne sommes pas le tiroir-caisse des autres collectivités » – et la priorité donnée aux Jeux « pour accélérer l’aménagement de notre territoire et avoir des arbitrages positifs sur l’ensemble de nos dossiers ». Et d’énumérer toutes les avancées récentes, du rail à l’industrie.

  • Au conseil régional, l’extrême droite veut la peau du Ceser

    Au conseil régional, l’extrême droite veut la peau du Ceser

    Dès l’ouverture de la plénière du conseil régional, ce vendredi matin, le président du Comité économique, social et environnemental régional (Ceser) Marc Pouzet avait donné le ton. « La démocratie a un coût, mais elle le vaut bien, elle ne peut être à géométrie variable », assénait-il. L’adoption en commission mixte paritaire, le 20 janvier dernier, du projet de loi de « simplification de la vie économique » prévoit en effet de rendre en effet facultative dans chaque région l’existence de cette instance consultative qui réunit représentants du patronat, des organisations syndicales et du monde associatif. « Le Ceser est utile, nécessaire et légitime, insiste Marc Pouzet. Une région qui s’appuie sur la diversité des points de vue est plus forte, plus résiliente. Nous devons continuer à débattre, à vous apporter ce dialogue indispensable entre la société civile organisée et représentative, et l’exécutif, quel qu’il soit. »

    Déjà au mois de mars 2025, un amendement adopté en commission qui prévoyait de supprimer purement et simplement le Ceser avait suscité une levée de boucliers. Le débat à l’Assemblée national l’avait finalement expurgé. Mais face à cette nouvelle attaque, l’instance a adopté une motion lors de sa réunion mercredi, dénonçant « une remise en cause majeure de la démocratie représentative, de l’équilibre républicain ». « Les Ceser sont des outils indispensables à la mise en œuvre de politiques publiques pour qu’elles répondent aux besoins de la population. Aussi, les attaquer constitue clairement un basculement dans le fonctionnement de notre République », complétait le secrétaire du comité régional de la CGT, Patrice Kantarjian.

    Dans l’hémicycle régional, c’est la vice-présidente Jacqueline Bouyac (Hor.) qui reprend la motion. « Rendre facultative l’existence même de ces assemblées affaiblit structurellement la place de la société civile organisée dans les territoires, et transforme un pilier démocratique en simple option politique », déplore-t-elle. Et d’assurer que les avis rendus pour l’instance restent utiles pour orienter les politiques du conseil régional, citant les travaux réalisés sur l’accueil des Jeux d’hiver 2030, sur l’agriculture méditerranéenne, sur les violences faites aux femmes… « Au moment où la démocratie est mise à l’épreuve, elle doit puiser dans ses institutions la force de se réinventer pour rassembler la société, poursuit l’élue. Les Ceser sont une partie de la solution, car ils sont un espace de dialogue, d’anticipation et de co-construction entre les forces vives des régions. »

    « La vraie vie »

    À l’autre bout de l’hémicycle, l’extrême droite demande le retrait de la motion. En prenant la parole, l’élue RN Laure Chevalier réduit l’assemblée qui regroupe 62 organisations patronales, syndicales et associatives à « des réunions d’entre soi d’auto-congratulation ». Et de considérer cette instance de consultation démocratique comme une simple dépense superfétatoire : « À l’heure où l’État semble devoir réduire notre budget, nous ne pouvons plus nous permettre ce luxe, il faut réduire la dépense publique. Supprimer les Ceser, c’est une option peu délétère qui fait économiser plusieurs millions d’euros. »

    « Sur le volet entre-soi, je ne crois que vous n’avez pas très bien compris ce qu’est le Ceser », ironise le président (Ren.) de Région, Renaud Muselier. Rappelant que les membres de l’assemblée consultative « ne nous donnent pas toujours raison, loin s’en faut ». Et pour cause, l’avis rendu sur les orientations budgétaires de la Région interpelle l’exécutif sur l’absence d’évaluation de l’ouverture à la concurrence, sur la baisse du versement mobilité régionale, sur les coupes pour la formation professionnelle. Mais malgré cela, le président de la collectivité rappelle l’importance de ces corps intermédiaires, qui arrivent à débattre pour produire « une synthèse de gens qui sont dans la vraie vie ».

    Hommage à Josy Chambon

    En ouverture du conseil régional, le président (Ren.) Renaud Muselier a rendu hommage à l’élue varoise présidente de la commission santé de la Région Josy Chambon, disparue le 30 janvier dernier. «Notre Josy s’est tue, et son silence fait un bruit immense», partageait-il. Et de saluer : «Elle ne dissociait jamais l’engagement humain de l’engagement public, un problème amenait une réponse, pas un commentaire.» Il s’engage à ce que l’institut de formation public varois des professions de santé à La Garde, qu’elle dirigeait depuis 1992, prenne son nom.

  • [Dossier spécial] Les assos malmenées par les villes d’extrême droite

    [Dossier spécial] Les assos malmenées par les villes d’extrême droite

    Cette enquête collective a été réalisée par La Marseillaise, Le Poing, l’Arlésienne, le Collectif de journalistes indépendants Presse-Papiers, Jean-François Poupelin et Raphael da Silva grâce au soutien financier du Fonds pour une presse libre.

    Deux tiers des Français sont engagés dans une association. Un salarié sur dix y travaille. « C’est une des forces vives les plus puissantes de notre pays », souligne le Mouvement associatif, l’organisation représentative du secteur. Intrinsèquement relié aux autorités politiques, le milieu associatif fait partie de ceux qui tremblent quand le pouvoir change de mains. Dans le Sud de la France, des centaines d’associations ont fait l’expérience d’une bascule à l’extrême droite de leurs municipalités, unique échelon conquis par le Rassemblement national (RN). Quel a été l’impact ?

    Pour répondre à cette question, nous avons collecté les comptes administratifs de dix communes gérées par l’extrême droite dans le sud-est. Selon la loi, ces documents financiers sont consultables par tous les citoyens. Dans les faits, ils sont difficilement accessibles. Pourtant, ils contiennent des informations cruciales, dont la liste des subventions versées aux associations chaque année.

    Des associations ont-elles perdu avec l’arrivée de l’extrême droite ? D’autres ont-elles, au contraire, tiré leur épingle du jeu ? Notre enquête permet de publier en accès libre ces documents afin que des acteurs académiques, associatifs ou citoyens puissent s’en emparer. Elle permet surtout de mieux cerner ce qu’il se passe derrière les « vitrines »
    de la normalisation du Rassemblement national. Si, dans le discours, le RN vante une gestion pragmatique, les courbes des subventions racontent une autre histoire.

    Dans 90% des villes analysées, ces mairies subventionnent de moins en moins d’associations. « Ce n’est pas une tendance que nous notons au niveau national », précise Jean-Baptiste Jobard, coordinateur du Collectif des associations citoyennes. Cette cure d’austérité y est menée à deux vitesses. Dans l’ensemble, les subventions aux associations culturelles et sociales dégringolent. À l’inverse, les associations sportives sont relativement épargnées. Notre enquête révèle plus largement un rapport autoritaire et électoraliste au monde associatif. Contacté, le Rassemblement national n’a pas souhaité s’exprimer.

    Contrôler

    2020, Fréjus (83). Le président de l’Association multi-sports et loisirs (AMSL) se retrouve au pied du mur. David Rachline (RN), fraîchement réélu à la tête de l’une des plus grandes villes du Var, vient de lui couper les vivres. En coulisse, c’est une prise de pouvoir qui se joue. L’édile veut placer un de ses proches à la tête de ce réseau stratégique de 5 000 adhérents. Pour parvenir à ses fins, il fait chanter le dirigeant associatif avec de l’argent. La stratégie est gagnante. Le président finit par démissionner et un élu de la majorité RN, Fabien Sgarra, prend sa place. À partir de là, les subventions reviennent et coulent même à flot.

    Dans un rapport publié l’été 2025, la chambre régionale des comptes documente, avec preuve à l’appui, le chantage précédant cette « nomination irrégulière », selon ses termes. Elle alerte aussi sur la hausse exponentielle des dépenses de l’AMSL — compensées par les aides municipales : +26% en personnel, +73% en achats.

    Les magistrats financiers évoquent notamment les voitures de fonction attribuées au président Fabien Sgarra et son trésorier, avec frais de péage, d’assurance et d’essence inclus dans le privilège. Ces voitures « ont été utilisées à des fins personnelles », relève la chambre régionale des comptes. Fabien Sgarra a contesté ces éléments dans une longue réponse adressée aux magistrats financiers dénonçant des « postulats non corroborés par des éléments factuels », des « opinions personnelles » et « jugement de valeur ».

    Les comptes administratifs des communes d’extrême droite recèlent de mouvements en faveur de structures proches de la majorité en place. À Bédarrides (84), petite commune de 5 500 habitants dans le Vaucluse, le club de rugby Avenir Sportif de Bédarrides-Châteauneuf-du-Pape aspire à lui seul plus de 60% des subventions versées par la commune aux associations. Cette répartition a été décidée lors de « réunions d’arbitrage » confidentielles où siègent le maire et un autre élu permanent. Ce dernier n’est autre qu’un des dirigeants du club de rugby en question. Une situation de « conflit d’intérêts » pointée dans un autre rapport de la chambre régionale des comptes publié en juillet 2025.

    À Beaucaire (30), dans le Gard, l’enveloppe globale des subventions a baissé de plus de 15% depuis la conquête de l’extrême droite. Mais quelques associations s’en sortent bien. Le chèque pour l’association Les chats libres, dirigée par la conseillère municipale Eliane Hauquier, a été multiplié par 15. Le Harley Davidson Club Gladiator Ugernum, présidé par un autre élu de la majorité RN, bénéficie d’un local spacieux en face de l’hôtel de ville. Les 1er Mai, il organise, avec le budget de la Ville, l’American Day et redécore Beaucaire aux couleurs du pays de Donald Trump. Ces trois mairies n’ont pas répondu à nos questions.

    Ces arrangements entre amis sont l’un des symptômes de la gouvernance locale dévoyée. Sur ce seul mois de janvier 2026, trois maires sur les dix auxquels nous nous sommes intéressés étaient devant la justice dans des affaires de corruption. Le 26 janvier, le maire d’Orange (84) Yann Bompard (Ligue du Sud) est condamné pour recel de détournement de fonds publics par le tribunal correctionnel de Marseille. Il a fait appel et reste présumé innocent. Le lendemain, c’est au tour du maire de Fréjus de se présenter à la barre. David Rachline est relaxé dans une affaire mineure de prise illégale d’intérêt, mais il sera jugé en septembre dans un autre dossier, plus lourd, de favoritisme. La semaine précédente, Louis Aliot (RN), le maire de Perpignan (66), s’expliquait devant la cour d’appel de Paris pour détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national. En 2025, le maire de Cogolin (83) a rendu son tablier, devenu inéligible après une condamnation pour abus de faiblesse. En dix ans de mandat, Marc-Étienne Lansade a fait l’objet de dix mises en examen

    Faire taire

    Du côté des associations qui ne partagent pas la ligne du Rassemblement national, la situation est beaucoup plus tendue. À Fréjus, la cible est posée sur une association historique, le Comité de Défense des intérêts de Fréjus plage, opposée aux ambitions immobilières de la mairie. Cette dernière tente depuis 2017 de lui retirer son local pour y installer un parking de sept niveaux. L’affaire est en cours devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence.

    À Morières-lès-Avignon, dans le Vaucluse, la bête noire s’appelle Okkio, une compagnie de théâtre pour enfants. Après avoir relayé un communiqué de son syndicat professionnel sur les dangers de l’extrême droite lors des élections législatives de 2024, elle a perdu local et subventions. Sa co-directrice artistique Isabelle Lega décrit : « On nous a reproché de nuire à nos bonnes relations avec la mairie et d’assimiler le RN à l’extrême droite. » Le maire RN de cette commune de 8 500 habitants, Grégoire Souque, s’est défendu dans la presse locale d’une quelconque sanction « politique ».

    Mais les positions du RN au niveau national sont éloquentes. Le parti a notamment déposé divers amendements législatifs, rejetés, réclamant la suppression des financements publics aux associations qui font de « la propagande politique », selon ses termes. Dans son viseur : le Planning familial ou SOS Racisme. Dans les villes déjà conquises, les acteurs associatifs décrivent largement un climat d’omerta, comme en témoigne une militante de Béziers : « Il ne faut surtout pas que nos associations soient assimilées à quoi que ce soit de politique. » En 2015, la mairie avait fermé un centre social pour une simple phrase de son président dans la presse locale. Il y déplorait l’abstention lors des élections départementales de l’époque, marquée par une poussée de l’extrême droite. Robert Ménard, le maire élu en 2014 avec le soutien du FN, n’a pas souhaité réagir.

    « La subvention a toujours un caractère discrétionnaire. La collectivité n’est jamais obligée de l’accorder et peut arbitrairement décider de la supprimer », rappelle l’économiste Lionel Prouteau, spécialiste du monde associatif. Les mairies de tout bord utilisent ce levier pour casser des oppositions, récompenser des soutiens ou en tirer des bénéfices électoraux. « Les travaux de recherche montrent un tarissement général de ce clientélisme, souligne le politiste Julien Talpin. Mais le RN investit ces stratégies pour s’ancrer localement. »

    Couper

    Pour poser un regard plus fin sur les évolutions de la vie associative sous l’extrême droite, nous avons classé chaque association selon son champ d’action. Les résultats sont particulièrement révélateurs.

    Sur la culture, il y a deux faces. Face visible, les villes
    – surtout les plus grandes scrutées de près par les médias – mettent en scène la poursuite de partenariats, comme Perpignan avec le festival de la photo, Visa pour l’image. L’agenda culturel s’est dédiabolisé : le trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf s’est produit à Orange sans que personne n’y trouve rien à redire. Le rappeur Jul a chanté à Fréjus comme si de rien n’était. Mais les données analysées montrent aussi la face moins visible : dans 80 % des villes étudiées, la majorité municipale a sabré dans ses subventions aux associations culturelles. Moins 62% à Béziers, moins 27% à Fréjus, moins 99% à Orange. À Bédarrides, les subventions aux associations culturelles ont quasiment disparu à l’arrivée de l’extrême droite.

    Les associations sociales sont encore moins bien logées. À Orange, tous les centres sociaux ont fermé, en peine de financement. Pareil à Fréjus ou Beaucaire. Dans ces villes les coupes sont vertigineuses : moins 98% à Orange, moins 82% à Beaucaire. Ce sont les quartiers prioritaires qui payent le prix le plus élevé. À Fréjus, notamment, les quartiers de l’Agachon et la Gabelle, délaissés par la mairie, s’enlisent dans la pauvreté et la délinquance sans bouée de secours associative, rapporte un bilan alarmiste de la communauté de communes, pourtant elle-même très à droite.

    Ces mairies ont en revanche tendance à faire la part belle au sport. Les montants globaux des subventions accordées à ces associations ont stagné ou augmenté dans 80% des cas. Marignane investit 90% de son enveloppe dans le sport. Beaucaire y injecte le même pourcentage.

    Pourtant, au niveau national, le Rassemblement national ne s’y intéresse pas du tout. Dans son dernier programme présidentiel, Marine Le Pen n’y avait pas consacré une seule ligne. « Au niveau local, c’est différent, les maires aiment bien avoir des relais dans la société civile et le RN choisit ce domaine qu’il juge plus apolitique et inoffensif », explique le chercheur Valentin Guery.

    Enfin, il y a les petites sommes qui passent inaperçues mais en disent beaucoup sur les « perdants » et les « gagnants ». À Fréjus, le Planning familial a perdu sa petite subvention. À Marignane (13), c’est le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples. À l’inverse, l’extrême droite locale injecte de l’argent dans ses obsessions identitaires. Le cercle algérianiste, réunissant des nostalgiques de l’Algérie française, a reçu 50 000 euros sous le mandat de Louis Aliot à Perpignan. La majorité de Robert Ménard a injecté 25 000 euros d’argent public dans SOS Maaloula, une association reliée à SOS Chrétiens d’Orient selon une enquête de Mediapart parue en 2020. Cette organisation, présumée innocente, fait l’objet d’une enquête du Parquet national anti-terroriste pour des soupçons de complicité de crime pour l’humanité.

    À l’approche des élections municipales, le monde associatif tremble plus fort. « C’est la première fois qu’on anticipe, on pressent un risque, ou on le conscientise », explique Sylvain Rigaud, délégué général du réseau national des maisons d’associations. À l’initiative d’Oxfam, une feuille de route des mesures de sauvegarde du monde associatif s’est mise à circuler parmi les acteurs du milieu. Des idées émergent : des « villes refuges », par exemple, où les associations malmenées pourraient trouver l’asile. Au printemps, le collectif des associations citoyennes a déjà prévu un atelier pour ses membres : « Mon maire est passé RN, que faire ? »

    Retrouvez l’intégralité de cette enquête collective réalisée par La Marseillaise, Le Poing, l’Arlésienne, le Collectif de journalistes indépendants Presse-Papiers, Jean-François Poupelin et Raphael da Silva grâce au soutien financier du Fonds pour une presse libre :

    À Orange, Jacques Bompard prêt à repartir à l’assaut

    En Vaucluse, le soutien aux associations au service du clientélisme électoral

    À Beaucaire, les purges associatives et ceux qui en profitent

    À Béziers, les affiches parlent, les assos se taisent

    À Perpignan, pas d’argent pour les assos catalanistes

    À Béziers, les syndicats attaqués par Robert Ménard

    À Marignane, les derniers échos de l’OAS

    À Fréjus, le social s’efface le sport encaisse

    Dans les petites villes de Vaucluse, la culture meurt à petit feu

  • Alerte sur une « catastrophique » baisse de financement de la formation à la Région

    Alerte sur une « catastrophique » baisse de financement de la formation à la Région

    Ce vendredi matin, seules deux délibérations sont inscrites dans l’ordre du jour minimaliste du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur. En pleine campagne des municipales, l’institution doit en effet débattre de ses orientations budgétaires pour l’année. Un débat qui avait été repoussé l’année précédente faute de budget adopté au Parlement. Passé au forceps du 49.3, celui-ci tombe avec de nouvelles coupes budgétaires pour la Région.

    « Nous étions, l’année passée, avec un M. Barnier qui nous avait fait une saignée pour nos territoires, nous sommes partis avec la même musique avec M. Bayrou », déplore le président (Ren.) de la collectivité, Renaud Muselier. Les mesures du projet de loi finances se traduisent ainsi par un manque de recettes de 51,5 millions hors investissement pour la Région. « On garde notre ligne de conduite, celle de la Cop d’avance : réindustrialisation, décarbonation, innovation et opérations d’intérêt régional », notamment pour l’industrie militaire, promet son président, qui souligne les investissements pour les Jeux d’hiver 2030, pour le rail. En coupant dans les « doublons ».

    Désengagement de l’État

    Face à cette situation, le Comité économique, social et environnemental régional (Ceser) pointe, dans un avis publié jeudi, « une dégradation prévisible de certains indicateurs financiers ». La dette de la Région va passer de 3 milliards d’euros fin 2024 à 3,5 milliards en 2026, loin cependant de la cote d’alerte.

    « Les trois derniers exercices budgétaires ont été marqués par des baisses conséquentes du budget consacré à la formation professionnelle, qui ont eu pour conséquence la disparition d’un certain nombre d’organismes », déplore surtout l’institution consultative. Et d’alerter : « Une nouvelle baisse serait catastrophique pour les publics comme pour les entreprises. » Cela vaut en particulier pour les professions du sanitaire et du social. « L’absence de visibilité sur le maintien des engagements de l’État au titre du Ségur implique nécessairement un ajustement de la carte des formations, après plusieurs années de hausse très significative », explique le rapport d’orientations budgétaires. Après une coupe de 4,3 millions d’euros en 2025, la dotation devrait encore reculer de 3,1 millions d’euros. « On a fixé un plan avec l’État, et l’État se désengage ! » déplore Renaud Muselier. Pendant que les besoins, sur le territoire, restent de plus en plus criants.

  • Déjà essayé

    Déjà essayé

    L’enquête collective réalisée par La Marseillaise, le collectif de journalistes indépendants Presse-Papiers, Le Poing et l’Arlésienne avec le soutien financier du Fonds pour une presse libre est d’utilité publique.

    Elle permet d’objectiver le bilan de 10 municipalités dirigées par l’extrême droite dans le sud de la France en matière de relations avec le mouvement associatif.

    Ses résultats sont éclairants : derrière le ripolinage de l’extrême droite, les choix politiques restent constants. Parmi les situations constatées : des coupes qui visent la culture, la solidarité, les centres sociaux, la lutte contre le racisme et les discriminations, mais aussi une forme de clientélisme voire de prise de contrôle des structures associatives.

    Derrière les vidéos TikTok

    Un état de fait qui ne surprendra pas les opposants de l’extrême droite mais qui mérite d’être connu par tous les citoyens. D’autant qu’au-delà de cette attitude vis-à-vis du mouvement associatif, plusieurs maires d’extrême droite du sud de la France ont été, dans la dernière période, aux prises avec la justice, comme Marine Le Pen l’est au plan national.

    Voilà la réalité de l’extrême droite dans notre région. Derrière les députés encravatés et les vidéos TikTok de Jordan Bardella, il y a des pratiques et un projet politique clair.

    À celles et ceux qui pensent qu’« on ne les a jamais essayés », La Marseillaise, journal fondé dans la Résistance témoigne du contraire.

    L’extrême droite a déjà été essayée dans l’histoire. Dans le présent aussi, et ce n’est pas reluisant.

  • [Entretien] « La souveraineté alimentaire, c’est ce qu’il faut viser »

    [Entretien] « La souveraineté alimentaire, c’est ce qu’il faut viser »

    Bernard Astruc en est convaincu : l’agro-biologie est la seule alternative, dans un contexte agricole tendu. Il prône la recherche, avant toute chose, de la souveraineté alimentaire durable.

    La Marseillaise : Comment expliquez-vous un tel soulèvement contre la loi Duplomb, qui prévoit la réintroduction, sous conditions, de certains pesticides interdits ?

    Bernard Astruc : Monsieur Duplomb a réussi à faire se mobiliser plus de 2 millions de personnes en désaccord avec son projet de loi, ce qui est une performance exceptionnelle. Il a fallu de mauvaises raisons pour que, d’un seul coup, il y ait une vraie mobilisation citoyenne. Cette loi, c’est du rétropédalage, comme si on était déjà tellement en avance sur les mesures agro-environnementales qu’on pouvait se le permettre. Là, on a vu que les citoyens-consommateurs n’étaient pas prêts à accepter ça, parce qu’ils savent que ces molécules de pesticides empoisonnent la terre, l’eau, les nappes phréatiques, l’air et, pire, nos aliments.

    Qu’avez vous à dire sur la politique agricole gouvernementale ?

    B.A. : Elle est complètement hors-sol pour la simple raison qu’on refuse d’analyser les causes profondes. En ce moment, on fait croire qu’on fait du changement, mais pas du tout, alors qu’il est devenu absolument nécessaire et urgent. Le gouvernement continue à être dans une fuite en avant, sous la pression des syndicats dominants, et va céder sur le plan agro-environnemental et sur les mesures budgétaires, ainsi que d’autres facilités qui sont contre nature, comme les méga-bassines, pour accélérer, pour faciliter. Ce sont des mesures qui vont à l’encontre de l’obligation d’introduire l’agro-écologie dans l’agriculture.

    Quelle importance représente la souveraineté alimentaire ?

    B.A. : La souveraineté alimentaire, c’est ce qu’il faut viser, parce que derrière, il y’a la sécurité alimentaire et la qualité alimentaire. De la qualité dépend notre santé. De la sécurité, notre certitude de pouvoir manger tous les jours. Toute cette nourriture que nous voyons dans la grande distribution laisse croire qu’il y a une abondance de nourriture, mais est en réalité à flux tendu, approvisionnée par des camions, tous les jours. Ce n’est pas du tout produit ici. Nous avons au dessus de nos têtes une épée de Damoclès qui peut s’abattre à tout moment à cause d’une crise énergétique. Avec la situation géopolitique mondiale, ça peut arriver demain matin.

    Dans notre région, qu’en est-il de la part de cette souveraineté ?

    B.A. : Les Alpes-Maritimes c’est la catastrophe, c’est moins de 1%. Le Var est aux alentours de 2,5%. Les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse, c’est un peu plus, ça tourne autour de 4 ou 5%. Ça veut dire qu’on a au maximum 15 à 30 jours d’autonomie.

    Quelle est la solution ?

    B.A. : La solution, on la connait déjà : parce que ce n’est qu’un choix politique. Il faut qu’il soit courageux, mais quand on veut prioritairement conserver son poste de député, de maire, de ministre, par rapport à l’intérêt collectif, on ne fait pas une politique courageuse. C’est ce qu’il va falloir faire, parce que non seulement il n’y a pas d’autres alternatives, mais cette alternative de l’agro-biologie, on a la chance qu’elle soit crédible. En France, il y a 62 000 agriculteurs qui cultivent 2,8 millions d’hectares dans toutes les filières agricoles, sans intrants chimiques, sans pesticides. C’est la preuve que c’est possible, pas marginal.

    «Non c’est Non, Monsieur Duplomb !» : Nouvelle pétition du 2 février 2026 contre la loi Duplomb.

  • De Menton à Marseille contre le cancer par le GR51

    De Menton à Marseille contre le cancer par le GR51

    Son arrivée est prévue le 14 février, à la plage de la Pointe Rouge. Adrien s’est lancé le défi de parcourir les 439 kilomètres de ce parcours mythique en moins de 4 jours et 6 heures (record actuel avec assistance) tout en collectant des fonds pour le comité 06 de la Ligue contre le cancer. Ce projet « courir pour la vie », est un hommage à son père décédé d’un cancer du cerveau et une « preuve que la résilience peut se transformer en action concrète », pour soi et pour les autres.

  • Mobilisés pour briser le silence et lutter contre l’excision

    Mobilisés pour briser le silence et lutter contre l’excision

    « On doit tous se sentir concernés », avertit Jennifer Salles, conseillère régionale et avocate, lors de la 19e Journée mondiale de lutte contre l’excision, vendredi dernier. Dans la seule région Paca, 3 000 femmes victimes de mutilations sexuelles ont été recensées.

    Une réalité sous silence. « J’ai rencontré des femmes qui avaient vécu ça en France. On pense que ça se passe dans le pays d’origine mais c’est encore perpétué sous silence ici », témoigne la psychologue clinique Kawiyat Mohamed. Cette pratique d’ablation de l’appareil génital externe, touche majoritairement les femmes de culture africaine, depuis des générations. Condamné par la loi française et 18 pays d’Afrique, cet acte social ancré par les traditions reste pourtant toujours pratiqué.

    L’association Gams SUD s’engage dans la lutte contre l’excision, avec des actions qui se définissent en 3 mots :
    « Prévenir, protéger et reconstruire ». Les onze Maisons régionales des femmes font le relais pour la prise en charge de ces femmes. Ces institutions, unies contre les violences faites aux femmes, sont soutenues à hauteur de 10 millions d’euros par la Région Paca.

    Sensibilisation et prise en charge des victimes

    Méconnue par la population, le milieu médical et institutionnel, l’association Gams SUD s’engage à sensibiliser sur l’excision dès le plus jeune âge. Les bénévoles interviennent dans les lycées de Provence pour informer sur ces mutilations sexuelles féminines, comme au lycée Monnet de Vitrolles. Mais aussi auprès des parents et famille : le programme « Les vacances, c’est fait pour s’amuser, pas pour être mutilée » est mis en place pour repérer les signes précurseurs du risque d’excision pour une fille. Départ au pays, mention de « l’attachement aux traditions » : ces détails doivent alerter l’entourage. « Il faut sensibiliser auprès des familles », rappelle une participante, victime d’excision. « Une fois l’excision faite, on peut réparer mais il y a quelque chose de brisé. »

    La gynécologue Emmanuelle Cohen-Solal détaille la prise en charge de ces femmes, prévue par la Maison des femmes 13 :
    « Psychologique, sexologique, sociale, parfois juridique, et lorsque c’est nécessaire, je m’occupe de la réparation chirurgicale », précise-t-elle. Et d’affirmer qu’il faut améliorer les « actions de prévention dès le plus jeune âge, et renforcer la formation des personnels de santé ».

  • Élections municipales : une jeunesse à rebours des idées reçues

    Élections municipales : une jeunesse à rebours des idées reçues

    Des jeunes avec des idées, prêts à aller aux urnes pour peu qu’on s’intéresse à eux. Selon les conclusions de l’enquête lancée par Aix-Marseille Université (AMU) avec le concours de la Fondation Jean-Jaurès et de l’Ifop, présentées mardi 10 février, 67% des étudiants se déclarent engagés, mais seulement 44% ont l’intention d’aller voter pour les élections municipales.

    Menée du 24 novembre au 22 décembre par le biais d’un questionnaire envoyé par courriel ou un QR code mis à disposition, sur un échantillon de 5 190 étudiants répartis sur dix villes, cette étude, « issue d’une démarche scientifique », insiste Éric Berton, président d’AMU, s’est intéressée à « la manière dont ils vivent leur vie d’étudiants et leur état d’esprit actuel ». « On considère qu’il y a une sorte d’invisibilité de la jeunesse, étudiante en particulier, et on voulait qu’elle soit vue et entendue, en particulier dans le cadre des élections municipales, car il nous semble qu’elles sont à une échelle concrète, qu’elles ont une réelle incidence sur la vie des étudiants dans la ville », explique-t-il.

    Le président d’AMU assumant dans nos colonnes, le 3 février, que le rôle de l’université était de « redonner le goût du vote ». En ressort le portrait d’une jeunesse « dynamique, mais aussi en colère », qui a « du mal à aller voter, mais s’il y a une offre politique correspondant à ses aspirations, elle n’est pas loin » de retourner aux urnes, résume Éric Berton. Une génération « confinée » qui a
    vécu « une succession de crises majeures », ajoute Gilles Finchelstein, secrétaire général de la Fondation Jean-Jaurès.

    Un fort sentiment de solitude

    Un jeune de 22 ans aujourd’hui a connu la crise de l’euro à 8 ans, celle des attentats à 11 ans, le Covid à 16 ans, la guerre en Ukraine à 18 ans, détaille-t-il. De quoi expliquer la priorité donnée à la santé quand 85% des étudiants jugent la thématique prioritaire pour les politiques publiques. Il y a aussi « le sentiment de solitude » : 66% de l’échantillon disant l’éprouver, « soit 20 points de plus que l’ensemble de la population », note Gilles Finchelstein, ainsi qu’un écart marqué entre « bonheur personnel et pessimisme collectif ». Pas moins de 79% des jeunes se disent heureux, 86% sont optimistes pour eux-mêmes, mais seulement 21% le sont pour l’avenir de la France, 18% pour celui du monde. Où une vie réussie, selon eux, c’est d’abord « avoir une famille heureuse » pour 58% des sondés, à égalité avec « avoir du temps libre pour profiter de la vie » suivi par « avoir de vrais amis » (51%).

    Les étudiants n’en n’oublient pas pour autant les autres : 79% d’entre eux ont apporté une aide financière directe à une personne dans le besoin, 61% ont fait un don à une association ou une fondation, 57% ont fait du bénévolat, 50% ont déjà créé ou rejoint une association. Leurs préoccupations sont diverses : droits des femmes et lutte contre le sexisme (97%), droits de l’homme (96%), environnement (95%), ou encore lutte contre le racisme (94%).

    Intéressés par l’élection présidentielle

    S’ils se sentent concernés par la chose politique, c’est au niveau national, 84% se disant intéressés par l’élection présidentielle contre 46% par les municipales. Seulement 40% des participants à l’enquête savent qu’il faut se rendre aux urnes en mars, 25% disent ne pas être inscrits sur les listes municipales, 28% envisagent l’abstention. Ce qui pourrait motiver les troupes : « Une offre politique qui correspond à [leurs] attentes » pour plus de 70% des étudiants. Au-delà de la santé qui arrive en première position, les thématiques de politiques publiques devraient porter sur la sécurité (69%), à égalité avec la lutte contre la pollution. La lutte contre le dérèglement climatique arrive en troisième position.

    Le timing pourrait aussi jouer. L’enquête ayant été réalisée en novembre et décembre dernier, « au fur et à mesure que les semaines vont passer, que la campagne va se lancer, ils vont s’y intégrer », estime Gilles Finchelstein. « Ce n’est pas une jeunesse perdue pour le vote », veut croire Éric Berton : « Aux politiques de prendre la responsabilité de faire des propositions. »

    Après cette enquête, un débat est organisé avec des représentants des candidats marseillais, mercredi 11 février, en présence d’une centaine d’étudiants.

    En chiffres

    67%

    des jeunes ayant répondu à l’enquête lancée par AMU se déclarent engagés pour une cause. Un chiffre qui monte à 70% chez les 22-24 ans, 72 chez les plus de 25 ans. Les causes défendues : l’urgence climatique, la lutte contre le sexisme ou la défense des droits humains.

    73%

    des abstentionnistes du panel de l’enquête menée par AMU déclarent qu’une offre politique correspondant à leurs attentes pourrait les faire changer d’avis.

    87%

    des étudiants de l’enquête se disent prêts à renoncer à la livraison de fast-fashion au nom d’une « conscience écologique », transformant la consommation « en levier d’action civique », estime AMU dans son analyse.

  • Renaud Muselier, soutien pragmatique de Martine Vassal

    Renaud Muselier, soutien pragmatique de Martine Vassal

    Aucun doute là-dessus, à Marseille, Renaud Muselier n’est « pas candidat » aux municipales, a-t-il tenu à rappeler lors de ses vœux à la presse, ce jeudi 29 janvier, et il soutient Martine Vassal (DVD). « Je pense que c’est de loin la meilleure » pose-t-il, vantant son « expérience » et sa « compétence ». À ceux qui l’interrogent sur les difficultés de la candidate de la droite et du centre dans les sondages et sur le terrain, il oppose son vécu de président élu quand on prédisait le contraire. « Les sondages ne correspondent pas à la réalité, ils donnent une ambiance », estime Renaud Muselier, pour qui la campagne des municipales n’a pas encore démarré : « Cela va s’accélérer en février. »

    Il préfère fracasser le bilan du maire DVG sortant, Benoît Payan. Un maire qui « n’a jamais été élu », a « changé je ne sais pas combien de fois de DGS (directeur général des services) », les Verts « qu’il a noyautés » et n’ont pas pu se présenter, aujourd’hui victimes d’un « syndrome de Stockholm ». Il enchaîne avec « Kessaci, pour qui j’ai beaucoup de respect, qui est là… » Et ose : « Enfin, c’est pendant le mandat du maire que ses deux frères ont été assassinés. On ne peut pas dire que c’est un mec bien quand même ! » Orange qui s’en va de Saint-Mauront, les Galeries Lafayette fermées en centre-ville, les écoles non réalisées, tout y passe… Renaud Muselier parlant de « diagnostic » et de « projet ».

    Un « pacte de raison »

    Face à la menace RN à laquelle il refuse de croire, tout en déplorant que l’extrême droite sème le « chaos » au niveau national, il prône son « mode d’emploi ». La clé : faire comme à la Région, « un pacte de raison », s’entendre au premier tour, respecter ses partenaires. Ce qu’il avait essayé de faire à l’époque, à Marseille, estime-t-il avec « Bruno [Gilles], avec Renaissance, ils ont tous voulu se [présenter], on a perdu la ville ». Convenant que pour les législatives « la droite, le centre, les socialistes on a été rincés », il reste confiant : « Ce n’est pas [pour ça] qu’on va perdre les municipales. Au contraire, la méthode que nous avons mise en place est applicable. »

    Il étrille Franck Allisio, candidat RN et conseiller régional, dont il n’oublie pas qu’il fait l’objet d’un « article 40 car il s’est servi de la Région pour faire sa campagne ». « On est susceptible de voter pour quelqu’un qui n’est même pas considéré comme bon candidat », estime-t-il. Sur sa position en cas de triangulaires, Renaud Muselier reste évasif. « Pourquoi vous ne me parlez pas de quadrangulaires ? » interroge-t-il, estimant visiblement que ce sera le cas à Marseille. Et de réclamer de la « hauteur avec de vrais débats ».