Tag: Region SUD PACA

  • Les petites mains de la démocratie

    Les petites mains de la démocratie

    À chaque élection, l’attention se porte sur les candidats, les programmes, les enjeux politiques. Mais rarement sur celles et ceux sans qui aucun scrutin ne pourrait matériellement se tenir.

    Derrière chaque enveloppe reçue, chaque profession de foi lue, chaque procuration validée, se cache une chaîne humaine essentielle et méconnue.

    Au parc Chanot, ce sont des centaines de volontaires et de fonctionnaires qui, des heures durant, trient, assemblent et glissent des milliers de documents dans des enveloppes. Une chorégraphie millimétrée, mais qui n’a rien d’automatique. Elle repose sur des femmes et des hommes mobilisés, organisés, concentrés, pour garantir à chaque électeur la même information, dans les mêmes délais. Une partie de cette mise sous pli est souvent externalisée auprès de prestataires privés, ce qui montre que l’ampleur de la tâche dépasse les seules capacités publiques.

    Démocratie

    Puis vient l’autre versant, tout aussi indispensable : celui des postiers. Ce sont eux qui assurent, quartier après quartier, village après village, la distribution de ces plis électoraux, souvent en quelques jours seulement, parfois en doublant le volume habituel, et trop souvent sans reconnaissance. Leur surcharge de travail, dans les Bouches-du-Rhône comme ailleurs, est bien réelle. Leur colère, relayée par la CGT des postiers, soulève quelque chose d’essentiel : la démocratie ne tient pas uniquement dans les débats et les bulletins de vote, mais dans ceux qui permettent qu’ils parviennent jusqu’à nous. Dans une époque où le service public est ciblé, le rappel est essentiel.

  • Stupéfiants : réprimer est-ce la bonne solution ?

    Stupéfiants : réprimer est-ce la bonne solution ?

    Le parquet de Toulon a indiqué que désormais il informerait systématiquement « les personnes publiques » et « les personnes morales de droit privé chargées d’une mission de service public » des infractions à la législation sur les stupéfiants commises par leur personnel en application de l’article 11-2 du code de procédure pénale (CCP) dans le but de supprimer les consommateurs pour faire disparaître le trafic de stupéfiants. Et les usagers de stupéfiants doivent être informés par écrit des démarches faites auprès de leurs employeurs. Or seul un consommateur de stupéfiant sur 2 500 fait l’objet de poursuite pénale. En d’autres termes celui qui est poursuivi s’estime de ce fait victime d’une inégalité et d’une injustice. Certes ce chiffre s’explique par le manque de moyens financiers et humains de la justice mais aussi parce que les contrôles des forces de l’ordre ciblent uniquement les consommateurs se trouvant sur la voie publique.

    Inégalités de traitement

    Et ce texte du CPP ne permet pas d’informer tous les employeurs, mais seulement ceux ayant une mission de service public. Ainsi le chauffeur livreur d’une entreprise privée n’a aucun souci à se faire si durant son temps de repos il se fait verbaliser pour un usage de stupéfiant. Son employeur n’en saura rien alors pourtant que la conduite sous l’emprise de stupéfiant dont les effets peuvent perdurer dans le temps peut s’avérer constituer une mise en danger d’autrui bien plus grave que le bénévole d’une association distribuant des repas aux plus démunis, sanctionné pénalement pour consommation de stupéfiant un samedi soir. Cette diffusion va engendrer encore plus des inégalités de traitement pour les mêmes faits et une atteinte à la vie privée qui pourtant est protégée pour tous de la même façon. Cette pratique pourrait surtout avoir l’effet contraire que celui escompté en faisant perdre à certains leur emploi, les désocialisant et les faisant sombrer dans la consommation de stupéfiant permanente. La consommation d’alcool qui est aussi un toxique et dont la consommation engendre des troubles à l’ordre public tout aussi grave que celles des stupéfiants ne fait pas d’objet de poursuites en dessous d’un certain seuil, ce qui met en lumière des incohérences du système répressif, tolérant pour certaines substances dont la France est productrice.

    La consommation de stupéfiant concernerait au moins une personne sur dix, il s’agit d’une question sociétale qui est d’abord et avant tout une question de santé publique qui doit être traitée comme telle et cela ne relève pas de la compétence de la Justice d’autant que l’adoption de législations de plus en plus répressives a montré leur inefficacité avec des chiffres de la délinquante en constante augmentation.

    Par Maître Renversez

    Une question ? Besoin d’un conseil ? Contactez nos chroniqueurs par mail

    avocats@lamarseillaise.fr

  • [Entretien] Renaud Muselier : « Il n’y aura pas de vague brune dans notre région »

    [Entretien] Renaud Muselier : « Il n’y aura pas de vague brune dans notre région »

    La Marseillaise : Les trois principales villes de la région peuvent basculer au RN selon les derniers sondages, qu’est-ce que cela dit de la situation politique ?

    Renaud Muselier : Je ne crois pas qu’il y aura de vague brune dans la région. Partout où les candidats du bloc central sont unis, ils sont en bonne position pour gagner. Il y a eu un raz-de-marée RN aux législatives, il n’y en aura pas aux municipales. Par contre, il y a des symboles. Commençons par Nice : la situation est bien particulière. Celui qui a trahi tout le monde se débrouille pour fédérer et celui qui a plutôt un très bon bilan se retrouve touché par une forme de dégagisme alors que l’autre est là avec lui depuis le début. C’est intéressant à analyser. Nice est propre, bien organisée, il y a des caméras partout. Pour un candidat de droite on peut difficilement faire mieux. Le match n’est pas fini. En revanche, il y a une ville qu’on va vraisemblablement perdre, c’est Menton. Parce que notre camp est divisé.

    Avec un symbole : il y a un Sarkozy dans la course.

    R.M. : La ville était perdue. Le maire ne peut plus se représenter, son premier adjoint, ils sont tous empêtrés dans des histoires là bas… Il y a trois candidats de droite. La greffe ne prend pas avec le fils Sarkozy. On a tenté mais je ne vois pas comment on peut récupérer cette ville.

    À Toulon votre camp est coupé en deux. N’allez-vous pas offrir la ville au RN du fait de votre division ?

    R.M. : Je ne crois pas beaucoup aux sondages, pour autant la preuve est faite que Mme Massi, si tout le monde est avec elle, dans l’unité, au second tour, elle gagne.

    Les blessures ne sont-elles pas trop profondes pour y parvenir ?

    R.M. : On en revient à ma thèse : quand on additionne et qu’on le fait le plus longtemps possible en amont, c’est plus facile pour gagner. La seule qui est capable de gagner, je le constate dans les sondages, c’est Mme Massi. Elle met 10 points d’avance à son partenaire de jeu, M. Bonnus. Ils ont été élus ensemble toute leur vie quand même…

    Vous en avez parlé avec Michel Bonnus ? Avec Hubert Falco ?

    R.M. : Oui, j’en ai parlé à M. Falco, à M. Masson. J’en ai parlé aussi dans nos instances nationales au niveau de notre famille politique en espérant que ça ne dérape pas trop entre candidats pour faciliter l’union au second tour. Je pense que si on y arrive, on peut gagner.

    À Marseille, l’union de la droite et du centre a été faite mais la dynamique ne semble pas être du côté de la liste de Martine Vassal.

    R.M. : Le match n’est pas fini non plus. Je suis intimement convaincu que si nous ne gagnons pas, le RN ne gagnera pas non plus. Après tout, si on ne gagne pas, on n’aura pas gagné quelque chose que l’on avait pas. Ce n’est pas dramatique par rapport aux extrêmes.

    Vous dites qu’à Marseille « le match n’est pas plié ». Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?

    R.M. : On voit à quelle vitesse les choses changent. J’ai suivi tous les débats, honnêtement, la meilleure c’est Martine…

    … Vous savez bien que ce n’est pas l’avis général s’agissant de celui de BFM TV avec cette polémique sur la devise de Vichy.

    R.M. : Il y a 40 secondes qui ne sont pas bonnes mais sur le reste, la meilleure c’est Martine. Et quand je vois le débat sur l’économie, la meilleure c’est Martine, sur l’immobilier, les transports, la meilleure c’est Martine. Et pourtant elle n’est pas la mieux placée dans les sondages, tant s’en faut. Et pourtant je suis très inquiet sur la Culture : l’adjoint sortant est en 37e position ! Je mets de côté M. Delogu, mais sinon celui qui est le plus mauvais en tout, c’est M. Allisio. Je parle du programme, de la compétence, je ne parle même pas de son étiquette.

    Alors comment expliquez-vous l’état du rapport des forces ? Il n’y a que des facteurs nationaux ? Pas d’autocritique ?

    R.M. : Avant de faire des analyses, on va voir les résultats. Pour Mme Vassal, ça a été une campagne difficile. Il y a des 2e et 3e couteaux qui n’existait même pas chez Gaudin et qui ont été présenté comme des champions du monde parce qu’ils sont partis chez Allisio. Il y a la réforme PLM qui pèse, j’étais contre. Et chez Renaissance, il y en a qui ont arrêté la vie politique mais qui ne font que la commenter.

    Lionel Royer-Perreaut faisait des voix.

    R.M. : Mais il a été battu. Il a arrêté. Il commente. Des amis comme ça, ça n’aide pas. Et puis vous avez aussi des courants qui pèse. Aujourd’hui il y a un courant pro-RN quelque soit les candidats. Je me permets quand même quelques rappels : M. Allisio était conseiller municipal, il a abandonné Marseille pour rester à la Région, puis il s’est fait élire député à Marignane et il a dissout le groupe RN au conseil municipal parce qu’il ne pouvait plus s’y exprimer. Il se représente ici et dans son programme, il dit des choses que nous avons fait à la Région et pour lesquelles il a voté contre. Je reste bouche bée devant autant d’incohérence, d’inconstance et d’inconsistance.

    La question de la présence de votre liste au second tour ne se pose pas pour vous ?

    R.M. : Je regarde ce qu’il se passe. Je suis avec Martine sans être directement dans le match et je constate que pour le moment la gauche n’a pas demandé notre départ mais que part l’intermédiaire du JDD de Bolloré, l’extrême droite nous dit ne nous retirer pour faire gagner Allisio. Quand les mecs d’extrême droite me disent de me retirer pour les faire gagner, je me dis qu’il faut faire attention quand même. Moi je ne veux pas d’extrêmes pour ma ville.

    Il y a une ancienne RN qui tient des propos très choquants sur la liste des 11-12 et le porte-parole de votre parti qui est accusé d’agression sexuelle. Ce n’est pas un problème pour vous ?

    R.M. : Il y a des gens condamnés sur les listes Payan et RN, quant à LFI, c’est la tête de liste qui l’est. Ce n’est pas le cas chez nous. Sur ce qui vient d’arriver à un membre de Renaissance je suis très surpris. Est-ce un fait politique ou un fait divers ? Est-ce que dans un ville gangrenée par le narcotrafic comme Marseille, un problème entre deux personnes dans une boite de nuit sans bagarre, débouche souvent sur une garde à vue trois jours après ? Cerise sur le gâteau : on découvre que celui qui a porté plainte est sur la liste de l’extrême droite… Ça sent le traquenard à plein nez.

    Il y a un scrutin dans le scrutin avec les Métropoles ? Certains s’activent déjà en coulisse y compris Nicolas Isnard élu de votre majorité. Faut-il s’attendre à un coup de Trafalgar comme vous en avez vous-même fait les frais ?

    R.M. : J’avais gagné ! J’avais permis à Gaudin de gagner et ils se sont débrouillés pour donner le pouvoir à ceux que les électeurs avaient battu. Ce n’était pas moi le sujet, c’était un déni démocratique !

    Donc si on vous suit, si Martine Vassal perd elle ne peut plus présider la Métropole ?

    R.M. : Je n’ai pas dit ça. J’invite chacun à beaucoup de calme et de modestie. Qu’est-ce qu’il va se passer à Aubagne, à Gardanne, à Martigues, à Fos ? Oh les gars un peu de prudence ! Dans tous les cas, Martine gardera le Département et on connaît la puissance technique et financière de cette institution.

    À Avignon, il y a un homme de droite, Olivier Galzi, qui s’avance sans les partis. Qu’en dites-vous ?

    R.M. : J’ai un œil bienveillant sur lui mais je trouve qu’il a fait des erreurs importantes quand même. Il n’a pas voulu parler à LR, il n’a pas voulu parler à Renaissance… L’addition ce n’est pas de repousser les autres.

    Est-ce que selon vous ça risque de lui coûter la victoire au second tour ?

    R.M. : Moi je suis issu de la droite, j’ai gagné en additionnant et en me faisant respecter de la gauche. Après, je plais ou je ne plais pas mais c’est ça ma mécanique. Si quelqu’un arrive et dit aux anciens candidats LR « je ne vous veux pas », il dit au responsable de Renaissance « toi tu es macroniste je ne te veux pas », il y a 10-15 points qui manque dès le départ. Ce n’est pas terrible pour gagner. Il a besoin de ces voix-là, il est sur les mêmes parts de marché. Les gens qui doivent voter pour vous, il ne faut pas leurs cracher dessus. Quand on fait de la politique, il faut connaître les mécanos politiques. On verra si ça marche mais je ne crois pas que ça facilite la tâche.

    Le gouvernement français s’apprête à boycotter la cérémonie des Jeux paralympiques de Milan-Cortina. Quelle est votre position ?

    R.M. : J’organise les Jeux olympiques et paralympiques avec le gouvernement français en 2030 et je serai à Cortina pour la passation de pouvoir. C’est le CIO qui décide. Je ne vois pas ce que veut dire ce boycott. Pourquoi ils n’empêchent pas nos athlètes d’y aller ? On respecte le droit international et les instances internationales. La France ne boycotte pas l’ONU parce que les Russes y sont. Ça n’empêche pas que je suis pour l’Ukraine et que je pense que la Russie est un danger majeur pour l’Europe. J’invite à la désescalade et à la mesure.

  • Urgence santé

    Urgence santé

    Partout dans les communes la question de la santé s’exprime comme une préoccupation majeure des habitants. Au-delà de la situation d’urgence de l’hôpital public révélée par la crise covid et qui toujours malheureusement d’actualité, c’est la capacité à être suivi médicalement qui est désormais déniée à une partie de la population.

    Pénurie de médecins généralistes, impossibilité d’obtenir des rendez-vous dans des délais décents chez des médecins spécialistes, grandes difficultés à trouver un interlocuteur la nuit ou le week-end…

    Les déserts médicaux sont désormais généralisés des communes alpines rurales jusqu’aux quartiers populaires de Marseille.

    Réponse progressiste

    La situation est alarmante et, sous la pression des demandes, nombre de candidats ont intégré à leur programme des propositions pour tenter de l’améliorer même si la santé, comme la sécurité, relève avant tout de l’État.

    Maisons médicales destinées à attirer des professionnels de santé, centres regroupant des médecins salariés, mutuelles municipales, investissements dans le matériel des hôpitaux, création d’accueils en amont des urgences… La campagne des municipales voit fleurir des projets qui visent tous à corriger les effets de décennies de décisions politiques libérales qui ont entraîné la France, qui se prévalait autrefois d’avoir le meilleur système de santé au monde, dans les difficultés que nous connaissons aujourd’hui.

    Pour les progressistes, ces municipales doivent être l’occasion d’apporter des réponses locales mais aussi de tracer une perspective de changement profond à l’échelle nationale.

  • Le RN peine à renforcer son ancrage

    Le RN peine à renforcer son ancrage

    La victoire du candidat RN à Rognac, le 24 novembre 2024, à l’issue d’une improbable quadrangulaire, avait constitué un choc. Pour la première fois depuis 1997 à Vitrolles, le parti lepéniste remportait une commune dans les Bouches-du-Rhône. L’extrême droite a beau réaliser des scores élevés dans la région, elle peine en effet à trouver cet ancrage local, avec dix municipalités sous sa gestion dans la région.

    Et pourtant, le nombre de ses électeurs a bondi. Entre les européennes de 2019 et de 2024, le RN a gagné quelque 230 000 voix dans la région, atteignant 38,6% des votes exprimés. Trente députés de la région siègent désormais à l’extrême droite, soit neuf de plus qu’en 2022. Malgré cela, le président du RN, Jordan Bardella, ne se hasardait pas, lors de ses vœux à la presse le 12 janvier dernier, à donner le moindre « objectif chiffré » de conquête aux municipales. Le regard plutôt rivé vers les sénatoriales et la présidentielle. « Le fait de remporter des municipalités à quelques mois de la présidentielle va évidemment donner du poids à la dynamique et à l’enracinement du RN », expliquait l’héritier désigné.

    Encore faut-il présenter des candidats, un obstacle auquel s’est longtemps heurté le RN. Leur nombre, cependant, augmente de scrutin en scrutin. Dans les communes de plus de 3 500 habitants, pour lesquelles elles doivent attribuer des nuances politiques, les préfectures de la région ont classé, cette année, 115 listes à l’extrême droite, dont 63 ont reçu directement l’investiture du RN. Soit au total 4 523 candidats.

    L’extrême droite assure ainsi sa présence dans 100 municipalités de plus de 3 500 habitants pour ce 1er tour, contre 85 lors du précédent scrutin. Soit quatre communes sur dix dans la région, pour les villes concernées par l’attribution de ces nuances politiques. Un nombre qui reste en deçà de la réalité. Le RN a en effet réussi à présenter des candidats dans certaines municipalités pour lesquelles les préfectures n’attribuent pas de nuance politique. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, il a investi Aurélie Abeille à Peyruis (2 794 habitants), Pascal Gaugue à Gréoux-les-Bains (3 088 habitants). Dans d’autres, malgré les « faisceaux d’indices » évoqués par la circulaire du ministère de l’Intérieur, certains candidats restent classés divers droite. C’est le cas à Bollène (Vaucluse) pour Sophie Lorenzo, pourtant candidate investie en 2020 par Marine Le Pen pour les municipales au Teil (Ardèche). C’est aussi le cas pour éric le Dissès à Marignane, pourtant suppléant du délégué départemental du RN Franck Allisio aux législatives et fondateur avec lui d’un « RPR », créé pour faciliter le passage de la droite à l’extrême droite. Peut-être que le nom de la liste, « Marignane aux Marignanais », allusion transparente au slogan nationaliste « la France aux Français », ne suffisait pas.

    Députés en tête

    Mais cette progression dissimule aussi des reculs. Le RN n’a pas pu présenter cette fois de liste à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) ni à Valréas (Vaucluse). Surtout, il n’a pas réussi à débaucher de maires sortants. En janvier 2025, Franck Allisio avait pourtant lancé son label, « la Provence qu’on aime », comme une investiture sans logo pour les candidats des municipales. Moyennant un soutien aux sénatoriales et une compatibilité sur le programme, ils n’auraient pas de liste RN face à eux. Un procédé qui avait suscité l’ire de la présidente (DVD) du Département. « ça suffit de menacer les personnes, s’indignait Martine Vassal à l’occasion du salon des maires des Bouches-du-Rhône. ça correspond à quoi ? Si tu prends le label, tu n’as pas de candidat face à toi ? » Auprès de France 2, le délégué départemental du RN revendiquait, fin février, 15 adhérents. à Fos-sur-Mer, l’opposant Philippe Maurizot (DVD) a ainsi franchi le pas et fait sauter les digues entre la droite et l’extrême droite. Mais aucun maire sortant n’a franchi le Rubicon.

    Alors, pour assurer son ancrage, l’extrême droite a misé sur ses parlementaires. Ils sont 24 députés sur les listes, dont 13 figurent en tête, à commencer par Franck Allisio à Marseille et Laure Lavalette à Toulon. Des figures locales ont été débauchées aussi, comme le président de la Chambre des métiers et de l’artisanat Daniel Salenc, candidat à La Ciotat. Au risque de créer des dissensions. Ainsi dans douze communes de la région y a-t-il plusieurs listes concurrentes d’extrême droite en lice, jusqu’à quatre différentes à Cogolin (Var). Fait significatif : toutes ont réussi à rassembler assez de colistiers pour se présenter. Preuve que les aspirants candidats se bousculent de plus en plus au portillon de l’extrême droite.

    En chiffres

    115

    listes ont été classées à l’extrême droite par les services de l’état pour ces élections municipales en Provence-Alpes-Côte d’Azur, contre 90 lors du dernier scrutin en 2020.

    100

    communes auront des listes d’extrême droite en lice pour les municipales, contre 85 lors des élections de 2020. Cela représente 4 communes sur 10 pour celles qui ont plus de 3 500 habitants.

    4 523

    candidats figurent sur les listes de l’extrême droite dans la région, pour les municipales, soit 1 200 candidats de plus qu’en 2020, dont 24 députés (13 têtes de liste) et un eurodéputé.

    27%

    Seulement des candidats de l’extrême droite dans la région sont des femmes, soit 31 candidates sur les 115 têtes de liste. à peine mieux que la moyenne régionale, qui s’élève à 23,7%.

  • Les droits des femmes revendiqués et réaffirmés dans la région

    Les droits des femmes revendiqués et réaffirmés dans la région

    Le droit des femmes à vivre dans un monde égalitaire et pacifié est un ouvrage à remettre sans cesse sur le métier. Les organisations féministes et syndicales, les artistes, mettent en garde contre la menace de la montée de l’extrême droite, en Europe comme aux États-Unis.

    « C’est dans un contexte trouble et exacerbé par l’émergence de suprémacistes comme Némésis qu’il nous faut défendre nos droits », estime Alexandra Brocchus, du Collectif 13 Droit des femmes, qui installera, dimanche 8 mars, un village de paix et de sororité place Général-de-Gaulle à Marseille, où sera réaffirmé à 12h que « le féminisme est fondamentalement antifasciste ». La militante précise : « Nous avons encore à gagner et beaucoup à perdre si l’extrême droite passait au pouvoir car nous serions les premières impactées avec des subventions coupées, la remise en cause du droit à l’IVG… » Le rendez-vous y est donné dès 10h avec un appel à la grève domestique. Le collectif sera rejoint par les syndicats FSU, SUD et CGT qui se rassemblent devant le Médef à 11h pour « imposer un véritable rapport de force face aux politiques sexistes et austéritaires ».

    Toujours à Marseille, de 14h à 16h, Marseille 8 Mars prend ses marques sur le Vieux-Port avec une zone d’occupation féministe suivie d’une manifestation à 16h. À noter que la municipalité a aussi choisi de mettre à l’honneur le 8 mars et les associations locales qui mènent la lutte, à travers un mois de rencontres, projections, soirées, ateliers et nombreuses expositions, dont le programme est disponible sur son site.

    En région

    Pour les mobilisations, la CGT de Draguignan prend de l’avance dans le Var avec une prise de parole le samedi 7 à 10h30. Le jour J, à Martigues, c’est une Grande marche pour l’égalité qui démarre à 11h au jardin de Ferrières. Dans le Pays d’Aix, le Carrefour citoyen se rassemble à 11h, devant la mairie de Venelles, en soutien aux femmes victimes de violences.

    Education et culture

    Pour continuer à porter les revendications d’égalité salariale et de solidarités avec celles « qui luttent partout dans le monde contre les guerres, les occupations, les régimes autoritaires et obscurantistes », le Snes-FSU donne plusieurs rendez-vous, le 8 mars, dans l’Académie Aix-Marseille. À Arles, à partir de 10h30 au kiosque à musique de l’esplanade Charles-de-Gaulle, un run de 6 km ou une marche de 3 à 4 km sera proposé. À 11h20, les runneuses seront accueillies avec un apéritif d’arrivée. Le rassemblement prévoit des lectures et prises de paroles avec un final en musique à 12h, avec la rappeuse LO-DY. À Avignon, la manifestation féministe partira du tribunal à 15h.

    Dans les Alpes-Maritimes, à Digne, la CGT installe une exposition féministe dans le hall de l’hôpital, le 9 mars, toute la journée. C’est encore à l’hôpital de Manosque qu’elle invite à un petit-déjeuner informatif à partir de 6h. À Saint-Auban, le syndicat et le collectif « 8 mars toute l’année » donnent rendez-vous le 8 mars de 10h à 12h sur la place Péchiney, puis de 12h à 16h à la Maison commune, 17, avenue Balard.

    À Aubagne, le festival des Indociles célèbre la lutte samedi 7 mars à 18h, avec Carine de Poizereau en solo. Et à 19h, avec le groupe Bibiche au Cercle de l’harmonie pour un concert post-punk et un Jam des femmes, à partir de 20h.

    À Vitrolles, du 9 au 13 mars, la Maison du droit-point justice retrace le parcours de Gisèle Halimi aux côtés d’autres figures emblématiques. Du 9 au 4 avril, l’École municipale d’arts plastiques met en valeur des portraits de femmes inspirantes à travers des œuvres originales.

    À Martigues, cap sur l’inventivité avec « art et sciences : elles ont changé nos vies » avec une inauguration le vendredi 6 à 16h30 dans le hall de l’hôtel de Ville, par Femmes ici et Ailleurs. La science est aussi à l’honneur à Septèmes-les-Vallons, avec la projection du film Les figures de l’ombre, dimanche 8 mars à 17h, à l’espace Jean-Ferrat.

    À Marseille, piqûre de rappel historique à 17h30 dans l’amphithéâtre de la mairie des 1er et 7e arrondissements. Colette Drogoz et Gérard Leidet, historiens et membres de Pomemo, tiendront une conférence sur les femmes de la commune de Paris avec une mise en perspective de leur importance dans les journaux et sur les barricades. Le 5 mars, le Cabaret-théâtre l’Etoile Bleue invite à la première Nuit des Louves avec des prises de paroles engagées contre les violences sexistes et des témoignages, à partir de 19h.

  • La bataille ne fait que commencer

    La bataille ne fait que commencer

    La poussière est retombée. Les coups de bluff, les alliances de dernière minute, les claquements de porte, c’est fini. Du moins jusqu’au premier tour. Le paysage des listes aux élections municipales est désormais connu et figé.

    Cette année, l’instabilité de la situation politique nationale et les bouleversements du monde ont freiné la campagne municipale. Certains candidats, pas seulement les sortants, ont choisi de se déclarer très tardivement.

    En conséquence, dans de nombreuses villes de notre région, la confrontation des projets n’a pas vraiment débuté.

    2027

    Au-delà des plus petites communes où les listes d’intérêt communal sont la norme et où, dans un nombre non-négligeable d’entre elles, une seule liste est en présence, un paysage politique assez homogène se dessine.

    Le « socle commun » regroupant les forces de la droite et du centre qui soutiennent le gouvernement Lecornu est généralement uni.

    À gauche, PS, PCF et écologistes qui ont l’habitude de gérer ensemble de nombreuses communes font, à quelques exceptions près, cause commune, souvent rejoints par de plus petites formations : GRS, Génération.s, l’Après, Debout, Génération écologie…

    La France insoumise, toute tournée vers l’élection présidentielle, présente des listes dans la volonté de préparer 2027, quitte à souvent ignorer le risque RN.

    L’extrême droite justement, présente des listes dans un nombre record de communes, même si la stratégie des « labels » RN-compatible semble avoir échoué à phagocyter des listes DVD. Elle aussi s’avance avec 2027 en tête. Toutes les défaites qui lui seront infligées seront autant d’obstacles à son accession à l’Élysée.

    La bataille ne fait que commencer.

  • [Tribune] Position du Mouvement associatif Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur au 1er tour des municipales

    [Tribune] Position du Mouvement associatif Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur au 1er tour des municipales

    Le monde associatif, dans sa très large majorité, est attaché aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité qui sont les fondements de notre nation qui proclame dans le préambule de sa constitution que nous sommes une république laïque et sociale.

    C’est pourquoi le Mouvement associatif Provence-Alpes-Côte d’Azur s’est toujours abstenu de prendre parti, lors des premiers tours d’élections, lorsque les différents candidats se situaient dans le spectre républicain.

    Lorsque nous avons considéré que nos valeurs étaient menacées par des candidats porteurs de propositions antidémocratiques et aux antipodes de nos valeurs, nous avons nettement pris position. Ainsi, lors des scrutins régionaux de 2015 et 2022, nous avons appelé à une forte mobilisation en faveur du front républicain constitué pour faire face à la menace de l’extrême droite.

    Aujourd’hui, la menace que représentent les idées et propositions de l’extrême droite en Provence-Alpes-Côte d’Azur s’est accentuée, et notre coordination considère de son devoir d’alerter nos adhérents et plus largement l’opinion publique sur le risque qu’elle représente lors des élections municipales des 15 et 22 mars prochains.

    Aussi, c’est sans détour que nous appelons tous les citoyens de Provence-Alpes-Côte d’Azur qui, comme nous, souhaitent une société ouverte, tolérante et solidaire, à voter CONTRE l’extrême droite dès le 1er tour des élections municipales.

    Par le Conseil d’administration du Mouvement associatif Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur

  • Un réseau international de trafic de cocaïne et de blanchiment démantelé à Marseille

    Un réseau international de trafic de cocaïne et de blanchiment démantelé à Marseille

    Trois ans d’enquête auront été nécessaires, impliquant une équipe commune à la France, l’Italie, la Belgique et la Suisse avec aussi le soutien d’Europol, pour venir à bout d’un réseau de blanchiment et de trafic de cocaïne au profit de la Camorra et de la ‘Ndrangheta, indique le Parquet de Marseille, ce jeudi 26 février. Jusqu’à cette opération coordonnée dans les quatre pays, le 23 février.

    En France, une soixantaine de gendarmes de la section de recherche de Marseille ont notamment été mobilisés et ont interpellé quatre personnes. Plusieurs véhicules de luxe ont été saisis, mais aussi des biens estimés à 5 millions d’euros, de la cryptomonnaie pour 60 000 euros et 26 000 euros en numéraire. Trois autres personnes ont été arrêtées côté italien.

    Des millions d’euros blanchis

    Les enquêteurs ont remonté la piste de l’argent, explique Europol dans un communiqué. « Ce qui a commencé par des mouvements financiers suspects a révélé un système de blanchiment sophistiqué au service de membres de la Camorra et de la ‘Ndrangheta. Derrière des sociétés écrans, de fausses factures et des investissements de luxe, des millions d’euros provenant du trafic de cocaïne étaient blanchis et réinvestis à travers l’Europe », précise l’agence européenne de police criminelle.

    Menée en France par la section de recherche de la gendarmerie des Bouches-du-Rhône, sous la houlette de la JIRS (Juridictions inter-régionales spécialisées) de Marseille, l’enquête permet d’identifier un ressortissant monténégrin, à la tête de plusieurs sociétés en lien avec des sociétés italiennes, qui fera partie des interpellés. Installé dans la région de Cannes avec sa compagne, il vit avec son gendre italien, connu des autorités italiennes pour blanchiment d’argent, fraude et infractions liées aux armes, poursuit Europol.

    Un réseau de blanchiment est mis au jour, lié à un trafic de cocaïne à grande échelle importée d’Amérique du Sud vers l’Europe. Le groupe criminel étant soupçonné d’avoir coordonné des expéditions maritimes de grandes quantités de drogue. « Très structuré », le réseau mis en place s’appuyait sur « d’importantes ressources financières, des crypto-actifs, des déplacements transfrontaliers hebdomadaires en véhicules de luxe équipés de » caches « sophistiquées » et des entreprises « s’étendant sur plusieurs juridictions ».

  • Intérêts populaires

    Intérêts populaires

    Un peu partout dans nos départements, des syndicalistes, mais aussi des responsables associatifs, sonnent l’alarme : oui, l’extrême droite peut emporter un nombre significatif de municipalités parmi lesquelles Marseille, Nice et Toulon, les trois plus grandes villes de notre région.

    Dans une France en perte de repères, anesthésiée par les médias de l’empire Bolloré, où la banalisation des idées haineuses atteint des sommets, leur démarche est salutaire.

    D’abord parce qu’elle est porteuse d’une mémoire indispensable. Face à celles et ceux qui pensent qu’« on ne les a jamais essayés », ces militants syndicaux et associatifs rappellent que si, l’extrême droite a été expérimentée dans notre pays il y a plus de 80 ans, mais aussi, plus récemment dans des communes où les victoires de l’extrême droite ont précédé des catastrophes, sociales, budgétaires et démocratiques.

    Une question simple devenue floue

    Ensuite, ces responsables syndicaux et associatifs rappellent, par leur prise de position, l’enjeu des élections municipales. C’est une question simple et pourtant devenue floue : comment faire prévaloir les intérêts populaires ?

    Ce ne sont pas les représentants de l’extrême droite qui pourront répondre aux aspirations du monde du travail. Celles et ceux qui en doutent n’ont qu’à regarder les votes de leurs représentants à l’Assemblée nationale : pas une voix pour le progrès social, mais un vote clair pour priver les collectivités de 5 milliards de dotations. En mars, il faudra voter selon sa conscience, mais aussi selon son intérêt.