Tag: Paris

  • Réunion au sommet contre le narcotrafic marseillais

    Réunion au sommet contre le narcotrafic marseillais

    Le drame de trop ? La réaction viendra-t-elle du sommet de l’État après l’assassinat de Mehdi Kessaci, le jeune frère du militant écologiste, Amine Kessaci. Toujours est-il que le président de la République a pris l’initiative d’une réunion portant sur la lutte contre le narcotrafic.

    Les ministres Gérald Darmanin (Justice), Laurent Nuñez (Intérieur), Jean-Noël Barrot (Affaires étrangères) et Amélie de Montchalin (Comptes publics), ainsi que le procureur de Marseille Nicolas Bessonne seront autour de la table, a fait savoir l’Élysée, confirmant une information de franceinfo.

    Le directeur général de la police nationale, de la police judiciaire, ainsi que le préfet des Bouches-du-Rhône seront également présents.

    Lors de la réunion, « un point à l’ordre de jour sera spécifiquement consacré à la situation à Marseille », a déclaré l’Élysée.

    Jeudi, le frère d’un militant écologiste engagé dans la lutte contre le narcobanditisme, Amine Kessaci, a été abattu par balles à Marseille. Le procureur Nicolas Bessone n’a pas exclu un assassinat d’avertissement. Un autre frère d’Amine Kessaci avait été tué en 2020 (lire ci-dessous). À Grenoble, un jeune adolescent a par ailleurs été touché dans la nuit de samedi à dimanche par trois balles près d’un point de vente de drogue, et était toujours dans le coma lundi.

    Cette réunion au sommet doit porter selon l’Élysée sur la « mise en œuvre » et « la montée en puissance » de la loi narcotrafic, qui a été promulguée en juin.

    Celle-ci prévoit entre autres « l’installation du parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) qui sera officiellement créé le 1er janvier prochain », précise l’Élysée.

    Ce nouveau parquet sera compétent sur les dossiers les plus graves et complexes en matière de crime organisé, sur le modèle du parquet national antiterroriste (Pnat) et du parquet national financier (PNF).

    « Le chef de l’État suit ce sujet de très près et s’était notamment rendu en mai dernier à l’état-major de lutte contre le crime organisé à Nanterre », a précisé l’Élysée.

    Reste à savoir quels seront les délais pour cette installation et les moyens alloués, au-delà des effets d’annonce.

  • Une mosaïque pour la paix face à la Méditerranée

    Une mosaïque pour la paix face à la Méditerranée

    « Ce banc, c’est une invitation à la rencontre, à s’asseoir côte à côte, comme un premier pas vers la paix », sourit Laura Sahin, co-responsable de la section sud de l’association Les Guerrières pour la paix. Sur la corniche Kennedy, à côté de la plage du prophète, une cinquantaine de personnes se sont réunies, ce jeudi, pour inaugurer la mosaïque de l’association. Un banc de la paix qui a d’autant plus de sens qu’il fait face à la Méditerranée, « une mer témoin des conflits qui frappent ses rives, en Israël, en Palestine, en Ukraine, en Syrie, au Liban », insiste la responsable.

    Débuté en octobre, le projet a été porté par l’association Les Guerrières de la paix, fondée en 2022 par Hanna Assouline, qui rassemblent des femmes juives et musulmanes pour promouvoir un discours de paix et la place des femmes dans ces processus. C’est en partenariat avec l’artiste Paola Cervoni, qui réalise les mosaïques de la corniche, et les élèves de l’école de la Seconde chance que ce banc a été réalisé.

    Pendant 2 mois, tous les mardi, élèves et bénévoles de l’association se sont retrouvés pour discuter de la paix et créer ce dessin de pierre, qui représentent une femme qui souffle les colombes de la paix. « ça fait chaud au cœur de voir le résultat », sourit Fadela Omari, guerrière de la paix.

    C’est donc un message d’apaisement et de solidarité que les guerrières de la paix et Ali Abu Awwad ont voulu porté, ce jeudi, jour du 10e anniversaire des attentats de Paris. « Dans un moment de grande fracture, où le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie montent, on a voulu recréer un espace commun et de dialogue », insiste Hanna Assouline, fondatrice de l’association. Un message de paix partagé par le fondateur de l’association palestinienne Taghyeer : « il faut que l’on soit pro-solution, pour que les Israéliens et les Palestiniens puissent vivre libres, dignes et en sécurité. »

    L’inauguration de ce banc a été suivi par la projection du film Résister pour la paix, au musée d’art contemporain de Marseille. Un film co-réalisé par Hanna Assouline, avec Sonia Terrab, sur des hommes et des femmes qui résistent pour la paix en Israël et dans les territoire palestiniens.

    Le pacifisme comme solution

    Militant pacifiste palestinien, Ali Abu Awwad lutte pour une solution à deux états.

    Une des façons d’agir de manière la plus juste pour nous [les Palestiniens], c’est en faisant de la non-violence notre identité, car nous n’avons pas d’état et le monde entier nous critique si l’on résiste militairement. » C’est la conviction d’Ali Abu Awwad, fondateur de l’association palestinienne pacifiste Taghyeer. Né près de Hébron, en Cisjordanie, il y habite toujours « entouré de grillages et de checkpoints où personne ne peut se déplacer librement ou travailler ».

    C’est pour lutter contre cette réalité qu’il crée Taghyeer (changement en arabe), pour promouvoir une solution non-violente à la guerre Israélo-palestinienne. « Je ne veux pas résister à l’occupation, je veux y mettre fin. Pour cela, il faut une action stratégique qui donnera à mon peuple sa liberté. » Il défend donc une solution à deux états, avec une reconnaissance mutuelle et la libre circulation des populations « pour que les deux peuples puissent vivre libres et en sécurité sur cette terre ».

  • La France bat l’Ukraine à l’usure et s’assure son billet pour le Mondial

    La France bat l’Ukraine à l’usure et s’assure son billet pour le Mondial

    Après celui de Dortmund, les Bleus ont fait la connaissance d’un autre mur jaune.

    Si celui du Westfalenstadion est en tribune, au Parc des Princes, Serghy Rebrov en avait dressé dans la moitié de terrain de son équipe d’Ukraine. Et il s’est montré particulièrement efficace, tout au long d’une première période durant laquelle les hommes de Didier Deschamps ont été incapables d’en saper les fondations. Et même s’ils ont eu le monopole du ballon, que l’essentiel du jeu s’est déroulé aux abords de la surface seul Bradely Barcola est parvenu à obliger Anatolyi Troubine, le gardien ukrainien, à chauffer ses gants, quelques minutes avant la pause.

    En début de seconde période, le Parc des Princes a retenu sa respiration lorsque Slavko Vincic a demandé l’assistance vidéo sur une intervention limite de Dayot Upamécano dans la surface française. Finalement, l’arbitre Slovène n’accordait pas de penalty en faveur de l’Ukraine.

    Un penalty qu’il accordera aux Bleus, quelques secondes plus tard. Ce qui permettra à Kylian Mbappé de débloquer la situation. Le mur jaune était fissuré. Ce dont profitait ensuite Michaël Olisé pour doubler la mise, après que Hugo Ekitiké ait touché le montant ukrainien (71). Puis Kylian Mbappé et Hugo Ekitiké assuraient définitivement victoire et qualification.

    Tirage le 5 décembre

    Les Bleus iront donc en Amérique. Le 5 décembre, le tirage au sort de la phase de groupes de la Coupe du monde 2026 aura lieu à Washington, aux États-Unis. Les 48 nations seront réparties en quatre chapeaux de douze, basés sur le classement Fifa à l’issue de la fenêtre internationale de novembre. Actuelle troisième, la France a assez d’avance et est sûre de compter parmi les têtes de série si elle se qualifie, au même titre que les trois pays organisateurs.

    Le Mexique (co-organisateur) fera partie du groupe A et jouera le match d’ouverture à Mexico, le 11 juin. Les deux autres pays hôtes, le Canada (groupe B) et les États-Unis (groupe D) entreront en lice le lendemain.

    À noter que les quatre nations européennes issues des barrages et les deux pays vainqueurs du tournoi de barrage intercontinental ne seront connus qu’au mois de mars.

    France 4 (0)

    Ukraine 0 (0)

    5e journée groupe D

    Parc des Princes

    (43 000 spectateurs)

    Arbitre : S. Vincic (SLO).

    Buts : Mbappé (55 sp, 83), Olisé (76), Ekitiké (88).

    Avertissements : Koné (31) à la France, Mykhavko (54), Yarmolyuk (74) à l’Ukraine.

    FRANCE : Maignan – Koundé (Gusto, 89), Saliba, Upamécano, Digne – Kanté, Koné (Zaïre-Emery, 80)- Olisé (Nkunku, 89), Cherki (Akliouche, 67), Barcola (Ekitiké, 67) – Mbappé ( c ).

    Sélectionneur : D. Deschamps.

    UKRAINE : Troubine – Karavaev, Zabarnyi ( c ), Svatok, Mykhavko (Zhubkov, 75), Mykhaylych – Ocheretko (Shaparenko, 64), Yarmolyuk, Nazaryna – Gutsulyak (Vanat, 64), Yaremschuk (Tsygankov, 75).

    Sélectionneur : S. Rebrov.

  • Un rapport pour faire bouger la France et augmenter la performance

    Un rapport pour faire bouger la France et augmenter la performance

    Faire de la France une nation active et sportive et mettre la science au service de la performance et de l’activité sportive. Ce sont les deux axes mis en avant par le rapport « Science et sport », réalisé par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST). Cette étude de 219 pages a été portée par le sénateur de l’Essonne, David Ros (PS). Devant la presse, il a détaillé le contenu de ce compte-rendu lors d’un monologue de 40 minutes.

    « Après les Jeux olympiques de Paris, il y avait une volonté de faire ce rapport, qui a finalement été lancé en mars. Plus de 100 personnes ont été interviewées et une cinquantaine de fédérations nationales sont concernées », explique celui qui est au Sénat depuis deux ans. Ces JO 2024 ont également été une étape importante pour que la France revoit la place des sciences et de la technologie dans le sport. Au total, 11 projets de recherche ont été lancés en compagnie de 21 fédérations.

    L’étude « Science et sport » évoque notamment l’impact sur la pratique des sciences et technologies à travers différents sujets. Par exemple, les matériaux, la détection des potentiels chez les jeunes (âge biologique, capacités physiologiques) ou encore la préparation des athlètes ou la lutte contre le dopage. David Ros, rapporteur du projet, pointe du doigt le manque d’activité des Français. Un chiffre est révélateur : « Seulement 11% des hommes et 10% des femmes sont actifs et non-sédentaires. Les personnes dites actives ont une espérance de vie en bonne santé qui s’allonge de 7 à 10 ans, ce qui est considérable. »

    Dix recommandations pour progresser

    En conclusion, l’OPECST formule dix recommandations à travers les deux axes évoqués. Six concernent la pratique du haut niveau : renforcer l’expertise des fédérations et les moyens de l’Insep et de l’Agence national du sport, réglementer la préparation mentale dans le sport, charger l’ANS de représenter les fédérations dans les relations avec les fournisseurs de données. Quatre autres sont « grand public », avec notamment l’envie de redonner sens à l’activité physique au quotidien et à tout âge. Ces différents sujets devraient maintenant passer de ministère en ministère, pour mettre en place des mesures concrètes en faveur de la santé des Français et des athlètes de haut niveau aux six coins de l’Hexagone.

  • La France reçoit l’Ukraine dans un contexte particulier

    La France reçoit l’Ukraine dans un contexte particulier

    Le dénouement est tout proche pour les Tricolores, qui vont tenter de terminer le travail à Paris et de ne pas étirer le suspense jusqu’à l’ultime rendez-vous du groupe D, dimanche, en Azerbaïdjan. Même si le sélectionneur Didier Deschamps doit composer de nouveau avec une infirmerie bien garnie (le Ballon d’Or Ousmane Dembélé, Désiré Doué, Randal Kolo Muani, Aurélien Tchouaméni, Adrien Rabiot), il possède assez d’arguments pour éviter une mauvaise surprise contre une formation que ses joueurs avaient facilement dominée en Pologne (2-0) le 5 septembre, et obtenir ainsi le précieux sésame pour l’événement organisé aux États-Unis, au Mexique et au Canada.

    Les Français ne sont absolument pas dos au mur et la perspective d’un déplacement en Azerbaïdjan, la nation la plus faible de la poule, pour conclure la campagne qualificative, les déleste forcément d’une trop grande pression.

    Un hommage prévu, 10 ans après les attentats

    Il faudra juste demander à la sono du Parc des Princes d’avoir le bon goût de ne pas diffuser L’Amérique de Joe Dassin avant le coup d’envoi, contrairement au match France-Israël du 13 octobre 1993 (défaite 3-2), prélude au crash monumental du 17 novembre 1993 face à la Bulgarie (2-1) qui avait privé les hommes de Gérard Houllier du Mondial-94, aux USA.

    Avec trois points d’avance sur l’Ukraine à deux journées de la fin, la France possède un matelas confortable en tête de son groupe pour ne pas revivre le même cauchemar. Nul doute que le sélectionneur, qui a connu le fiasco de 1993 sur le terrain, saura comment prémunir ses joueurs de tout excès de confiance.

    « On a conscience de l’importance du match. Mais la qualification dépend de nous », a déclaré le technicien jeudi. Le capitaine Kylian Mbappé a de son côté appelé ses coéquipiers à « être courageux ». « Il n’y a qu’une seule option, c’est la victoire », a-t-il ajouté.

    Dix ans après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et aux abords du Stade de France qui avaient fait 132 morts et plus de 350 blessés, la soirée sera aussi l’occasion d’un hommage aux victimes. Une bâche avec la mention « Football for Peace » sera déployée dans le rond central et les joueurs et l’encadrement français porteront l’insigne de la Fondation du Bleuet de France, qui aide les anciens combattants, les victimes de guerre et leurs familles.

    FRANCE – UKRAINE

    Qualifications pour la Coupe du monde 2026

    Parc des Princes (20h45)

    Arbitre : Slavko Vincic (SVN)

    France : Maignan – Koundé, Saliba, Upamecano, Digne – Kanté, Koné – Olise, Cherki, Barcola – Mbappé

    Ukraine : Trubin – Mykolenko, Matviienko, Zabarnyi, Konoplya – Kaliuzhnyi, Sudakov, Malinovskyi, Shaparenko, Gutsulyak – Vanat

    Un dispositif de sécurité légèrement renforcé

    Les autorités françaises ont amélioré leur dispositif de sécurité pour l’accueil de la sélection ukrainienne, ce jeudi. Tout d’abord car c’est la norme depuis le début de l’invasion russe, chaque déplacement ukrainien est spécialement entouré.

    Ensuite, car les commémorations des attentats du 13 novembre 2015 se dérouleront toute la journée dans les rues de Paris. Un dispositif est en place pour sécuriser ces événements et contrer toutes attaques. 45 000 fans français, ainsi que quelques supporters ukrainiens se déplaceront au Parc des Princes pour cette match de qualification à la Coupe du monde. Un hommage aux victimes de ces attentats est prévue, à 20h45, juste avant le coup d’envoi prévu.

  • La si belle rage de vivre de Sébastien Besatti, otage arlésien du Bataclan

    La si belle rage de vivre de Sébastien Besatti, otage arlésien du Bataclan

    « Qu’est-ce qui a fait, dans notre société, que le sens de la vie de certains soit de la prendre à d’autres ? Une question qu’il serait bon d’aborder avec des lycéens. Pour leur dire que si ça leur parait incroyable, c’est qu’il y a de bonnes raisons, car c’est totalement absurde. » Ce que Sébastien Besatti, Arlésien, otage lors des attentats du 13 novembre 2015 au Bataclan, assure vouloir raconter aux jeunes qui douteraient de la véracité de cette nuit d’horreur. Qu’est ce que je faisais là ?, titre-t-il son livre témoignage, en référence à la première phrase que lance son père après les attentats.

    à l’époque dans une passe difficile, fraîchement licencié de La Marseillaise à la suite d’un plan social – où il confesse avoir passé ses « sept plus belles années professionnelles » -, le « journaliste militant » de 34 ans est de passage à Paris pour un week-end chargé, qui fera définitivement basculer sa vie. Réfugié sur l’une des façades du Bataclan, quelques minutes après l’entrée des assaillants dans la salle de concert, Sébastien se fera le sauveur de Charlotte, femme enceinte elle aussi suspendue à une fenêtre, appelant à l’aide de peur de lâcher prise. Une scène filmée par un journaliste du Monde qui fera ensuite le tour de la planète.

    Rencontrer ses « potages »

    Une jeune femme avec qui le rescapé se lie ensuite d’amitié. « Dès que je l’ai revue, j’ai de nouveau éprouvé cette faim de vie que j’avais ressenti, ce soir-là. J’avais envie de donner la main à tout le monde comme je l’ai fait avec elle. Je débordais d’amour, de joie et d’espoir », s’émeut Sébastien.

    Mais cet heureux sauvetage ne sonne pas, pour le jeune homme, la fin de l’horreur. Alors qu’un assaillant vient d’être abattu par la Brigade anticriminalité au rez-de-chaussée, les deux djihadistes restant dans le Bataclan basculent dans la prise d’otage de 11 personnes, alors entassées dans un étroit couloir. Sept de ces onze destins, demeurés sous la menace des terroristes pendant 2 heures, resteront en contact. C’est ce que raconte la série Des vivants, en ce moment diffusée sur France TV et retraçant une partie de l’après pour Marie, Arnaud, Caroline, Grégory, Stéphane, David et Sébastien. « Les revoir a été la meilleure décision de ma vie. C’est une thérapie à très haute dose. Quand on se voit, on a une explosion de vie », s’enthousiasme Sébastien. Des rescapés désormais « potages » – contraction de « pote » et « otage » – qui se fréquentent toujours régulièrement, mais « pas assez », selon l’Arlésien.

    « La meilleure version

    de moi-même »

    Des amitiés qui auraient pu s’abîmer suite au témoignage de l’Arlésien au procès des attentats, ouvert en septembre 2021 et clôturé en mai 2022. à la barre, l’ex-otage abordera la potentielle responsabilité de l’état français dans les attaques, évoquant notamment les bombardements orchestrés par l’Hexagone en Syrie la même année. « Lorsque je me suis retrouvé dans la fosse, il m’est arrivé un sentiment étrange d’être la victime sacrificielle de mon pays. J’avais l’impression de subir les représailles qu’on voulait infliger à la France », explique Sébastien. Et c’est ce qu’aborde une partie de son livre. « J’avais la sensation que l’état ne parvenait pas à mesurer la conséquence ses actes. Car quand on fait la guerre, il faut s’attendre à des représailles. C’est l’enquête que j’ai menée en partie derrière mon ordinateur, et que je raconte dans mon livre », poursuit-il.

    Le 13 novembre 2015 a finalement été, pour Sébastien, « un mal pour bien » : « Ca m’a permis de démêler des traumas préexistants au Bataclan, ça m’a donné un incroyable élan de vie, pour devenir la meilleure version de moi-même. » Pour l’avenir, Sébastien espère continuer à incarner une mémoire, « dans les lycées peut-être ». « Pour prévenir les racines de la haine. Et inciter tout le monde à prendre ses armes pour défendre la paix ». Dans nos colonnes hier comme dans son livre aujourd’hui, il a choisi la plume.

  • Le souvenir indélébile du 13 novembre 2015

    Le souvenir indélébile du 13 novembre 2015

    Il y a 10 ans, la France est victime du plus important attentat terroriste de son histoire. Le 13 novembre 2015, 130 personnes sont mortes dans plusieurs attaques simultanées revendiquées par l’organisation état Islamique. Mais, si le temps referme les plaies, les cicatrices sont toujours visibles. à Paris et dans d’autres villes en France, des commémorations s’organisent, en hommage aux victimes et en soutien aux survivants.

    Tout commence par une détonation, entendue en direct lors du match France-Allemagne, le 13 novembre 2015 à 21h16, au Stade de France. Puis, une deuxième quelques minutes après. Ce que le public du match ignore encore, c’est que ce sont deux terroristes qui, ayant échoué à pénétrer à l’intérieur du stade, se sont fait exploser devant l’enceinte. Un troisième islamiste se fait exploser une demi-heure plus tard. Le coup d’envoi d’une nuit macabre.

    Dix minutes plus tard, c’est en plein cœur de Paris que trois autres terroristes ouvrent le feu. Ils visent des terrasses de café, bar ou restaurant dans les quartiers animés des 10e et 11e arrondissement de Paris, tuant 39 personnes. À 21h40, le dernier commando, composé de trois terroristes, pénètre le Bataclan, où se déroule un concert, en tirant dans la foule. Jusqu’à 00h58, le public vit un calvaire dans l’enceinte de cette salle de spectacle parisienne. 90 personnes perdent la vie dans cette attaque commanditée par l’état Islamique. Une soirée de chaos qui laisse de nombreux traumatismes aux rescapés : deux se sont suicidé plusieurs années après, faisant monter le nombre de victimes de ces attaques à 132 morts.

    Des commémorations partout en France

    Une nuit macabre qui a marqué la France entière, par son bilan meurtrier et la multitude des attaques. Une décennie plus tard, la France se recueille et rend hommage à toutes ses victimes. Des commémorations qui ont débuté ce week-end, avec de nombreuses bougies, mots ou fleurs déposées aux pieds de la statue de la place de la République, à Paris. Ce jeudi, le président de la République visitera chaque lieu visé lors de ces attaques, en commençant par le Stade de France à Saint-Denis, puis les bars attaqués et enfin le Bataclan. Des minutes de silence seront observées devant chaque plaque commémorative.

    à 18h, une cérémonie d’hommage aura lieu dans le nouveau jardin du souvenir pour les victimes du 13 novembre 2015, inauguré le jour même à Paris et retransmis en direct sur France 2. Plusieurs discours sont attendus, dont celui d’Emmanuel Macron, mais également de Philippe Duperron et Arthur Dénouveaux, respectivement présidents des associations 13onze15 et Life for Paris. Nombre d’autres villes se joignent à cet hommage national comme Martigues, Avignon ou Aix.

    Justice restaurative

    pour les terroristes ?

    Quelques jours avant cette journée, le dernier terroriste de ces attentats en vie, Salah Abdeslam, condamné à la perpétuité incompressible, a annoncé, par le biais de son avocate Me Olivia Ronen, lors d’une interview à France info, vouloir rencontrer et échanger avec les familles des victimes. Sur X, le président de l’association de victimes Life for Paris, répond à cette proposition : « La justice restaurative, plusieurs victimes des attentats s’y intéressent. » Le directeur de Charlie Hebdo, Riss, dénonce quant à lui une technique perverse du terroriste pour faire de ces attaques des crimes comme les autres. Lundi, la directrice générale de la sécurité intérieure Céline Berthon a affirmé que Salah Abdeslam, toujours « radicalisé ».

    Introduite en 2014 par la loi Taubira, la justice restaurative n’a encore jamais été expérimentée en France dans le cadre d’attaques terroristes. Elle permet à des auteurs de crime ou de délit, qui reconnaissent les faits et qui sont volontaires, de rencontrer leurs victimes ou celles d’autres affaires similaires, pour « trouver l’apaisement par le dialogue », précise le site du ministère de la Justice.

    Les rendez-vous

    Avignon

    À 18h, la municipalité organise sur le parvis de l’hôtel de ville un rassemblement où ceux qui le désirent pourront déposer une bougie.

    Aix-en-Provence

    La mairie organise une minute de silence à 12h sur la place de l’hôtel de ville, pour les victimes.

    Martigues

    La Ville organise un rassemblement à 17h30 dans le hall de l’hôtel de ville pour s’unir aux hommages nationaux.

    Marseille

    Martine Vassal, présidente (DVD) du Département et de la Métropole, rendra hommage aux victimes sur le parvis de la gare Saint Charles, à 14h15.

  • Jul de retour au stade Vélodrome

    Jul de retour au stade Vélodrome

    Préventes ce mercredi 5 novembre à midi. Mise en vente générale le 7 novembre, à 10h.

  • L’acteur Tchéky Karyo tire sa révérence

    L’acteur Tchéky Karyo tire sa révérence

    Il était le seul rôle parlant du film L’Ours, de Jean-Jacques Annaud. Ou encore le mentor d’Anne Parillaud dans Nikita. Le comédien Tchéky Karyo s’est éteint, vendredi, emporté par un cancer. Il avait 72 ans.

    Né à Istanbul, la carrière de ce polyglotte maîtrisant le français, l’anglais, l’espagnol et l’arabe avait débuté dans le cinéma d’auteur français, notamment en 1982 devant la caméra de Chantal Akerman pour Toute une nuit et devant celle d’Éric Rohmer en 1984 dans Les Nuits de la pleine lune.

    Sa filmographie éclectique l’a fait côtoyer Jean-Pierre Jeunet dans Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain (2001) et l’a porté vers des cinéastes étrangers, notamment le Brésilien Walter Salles (Terra Estrangeira, 1995) ou l’Américain Ridley Scott dans 1492 : Christophe Colomb aux côtés de Gérard Depardieu.

    Tchéky Karyo a également eu une longue carrière sur les planches et s’était notamment produit au Festival d’Avignon au début des années 1980.

  • Passes d’armes sur le budget dans l’hémicycle

    Passes d’armes sur le budget dans l’hémicycle

    Fait rare, c’est le chef du gouvernement qui, à la tribune de l’Assemblée, a lancé l’ouverture de ces débats budgétaires. Symbole de la gravité du moment. « Le budget que vous propose le gouvernement est imparfait, vous le modifierez et le gouvernement le modifiera aussi pour (…) accompagner les débats », assène Sébastien Lecornu, face à la représentation nationale. « Notre histoire parlementaire a été faite de rapports de force, il est temps qu’elle soit faite de compromis », fait valoir le Premier ministre.

    Le locataire de Matignon s’est engagé à ne pas utiliser l’article 49.3 pour faire passer le texte en force. « Les débats devront aller jusqu’au bout », a-t-il affirmé. S’il ne décide pas, d’ici là, d’user d’une autre arme constitutionnelle, le Parlement pourra voter un projet de loi de Finances, la première fois depuis juin 2022. Le texte en question, qui ne convient à personne, a été rejeté à 11 voix pour et 37 contre en commission des Finances, seuls les députés Renaissance l’ont approuvé. La gauche, le RN et LR, qui a pourtant six ministres au gouvernement, ont voté contre. Les deux autres groupes macronistes, le MoDem et Horizons, ont choisi l’abstention. Une énième preuve, s’il en fallait, de l’implosion du « socle commun ».

    C’est pourquoi, lors de sa prise de parole, Sébastien Lecornu a pris soin de lancer des signaux à sa droite. évoquant « des mesures de valorisation du travail », il a annoncé vouloir travailler à l’instauration de « l’allocation sociale unique », mantra du patron du groupe LR, Laurent Wauquiez.

    Débat sur la taxe Zucman

    « Le PLF et le PLFSS [projet de loi de financement de la Sécurité sociale, Ndlr.] pour 2026 sont porteurs d’un recul terrible. Ce sont les classes modestes et moyennes à qui vous faites les poches : retraités, étudiants, apprentis, travailleurs, allocataires de minima sociaux et même les personnes handicapées », conspue le député communiste Nicolas Sansu. Ainsi, la gauche pousse pour des mesures de justice fiscale, parmi lesquelles figure la taxe Zucman, qui vise les ultrariches et devrait être débattu ce samedi. « Il est incompréhensible que, dans le même temps, on demande des efforts absolument terribles aux Français dans votre budget et qu’on exempte d’efforts ceux qui ont bénéficié de 65 milliards de baisse d’impôts ciblés sur les hauts patrimoines depuis 2017 », pousse le député socialiste Philippe Brun. Après avoir brandi la suspension de la réforme des retraites comme condition à une non-censure, le PS ajoute désormais cette taxation. « S’il n’y a pas d’évolution (…) d’ici lundi, les socialistes voteront contre et censureront », menace le Premier secrétaire des roses, Olivier Faure, sur X.

    Mais les macronistes et la droite font bloc contre cette taxe. « Avec vous, c’est toujours plus. D’abord le renoncement au 49.3, ensuite la suspension de la réforme des retraites et maintenant, vous voudriez nous obliger à voter une taxe Zucman qui frapperait l’outil de travail de nos chefs d’entreprise », proteste la députée Horizons, Félicie Gérard.

    Pour les insoumis, le débat est inutile. « ce texte était invotable lors de son dépôt à l’Assemblée et reste invotable », estime le président de la Commission des Finances, Éric Coquerel. LFI a tenté une motion de rejet préalable et la suppression de l’article liminaire du PLF, tout deux rejeté. Le mouvement mélenchoniste appelle à la censure du gouvernement, redoutant l’hypothèse bien réelle d’un recours aux ordonnances si le Parlement dépasse les délais constitutionnels pour se prononcer.