Tag: Paris

  • La France reçoit l’Ukraine dans un contexte particulier

    La France reçoit l’Ukraine dans un contexte particulier

    Le dénouement est tout proche pour les Tricolores, qui vont tenter de terminer le travail à Paris et de ne pas étirer le suspense jusqu’à l’ultime rendez-vous du groupe D, dimanche, en Azerbaïdjan. Même si le sélectionneur Didier Deschamps doit composer de nouveau avec une infirmerie bien garnie (le Ballon d’Or Ousmane Dembélé, Désiré Doué, Randal Kolo Muani, Aurélien Tchouaméni, Adrien Rabiot), il possède assez d’arguments pour éviter une mauvaise surprise contre une formation que ses joueurs avaient facilement dominée en Pologne (2-0) le 5 septembre, et obtenir ainsi le précieux sésame pour l’événement organisé aux États-Unis, au Mexique et au Canada.

    Les Français ne sont absolument pas dos au mur et la perspective d’un déplacement en Azerbaïdjan, la nation la plus faible de la poule, pour conclure la campagne qualificative, les déleste forcément d’une trop grande pression.

    Un hommage prévu, 10 ans après les attentats

    Il faudra juste demander à la sono du Parc des Princes d’avoir le bon goût de ne pas diffuser L’Amérique de Joe Dassin avant le coup d’envoi, contrairement au match France-Israël du 13 octobre 1993 (défaite 3-2), prélude au crash monumental du 17 novembre 1993 face à la Bulgarie (2-1) qui avait privé les hommes de Gérard Houllier du Mondial-94, aux USA.

    Avec trois points d’avance sur l’Ukraine à deux journées de la fin, la France possède un matelas confortable en tête de son groupe pour ne pas revivre le même cauchemar. Nul doute que le sélectionneur, qui a connu le fiasco de 1993 sur le terrain, saura comment prémunir ses joueurs de tout excès de confiance.

    « On a conscience de l’importance du match. Mais la qualification dépend de nous », a déclaré le technicien jeudi. Le capitaine Kylian Mbappé a de son côté appelé ses coéquipiers à « être courageux ». « Il n’y a qu’une seule option, c’est la victoire », a-t-il ajouté.

    Dix ans après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et aux abords du Stade de France qui avaient fait 132 morts et plus de 350 blessés, la soirée sera aussi l’occasion d’un hommage aux victimes. Une bâche avec la mention « Football for Peace » sera déployée dans le rond central et les joueurs et l’encadrement français porteront l’insigne de la Fondation du Bleuet de France, qui aide les anciens combattants, les victimes de guerre et leurs familles.

    FRANCE – UKRAINE

    Qualifications pour la Coupe du monde 2026

    Parc des Princes (20h45)

    Arbitre : Slavko Vincic (SVN)

    France : Maignan – Koundé, Saliba, Upamecano, Digne – Kanté, Koné – Olise, Cherki, Barcola – Mbappé

    Ukraine : Trubin – Mykolenko, Matviienko, Zabarnyi, Konoplya – Kaliuzhnyi, Sudakov, Malinovskyi, Shaparenko, Gutsulyak – Vanat

    Un dispositif de sécurité légèrement renforcé

    Les autorités françaises ont amélioré leur dispositif de sécurité pour l’accueil de la sélection ukrainienne, ce jeudi. Tout d’abord car c’est la norme depuis le début de l’invasion russe, chaque déplacement ukrainien est spécialement entouré.

    Ensuite, car les commémorations des attentats du 13 novembre 2015 se dérouleront toute la journée dans les rues de Paris. Un dispositif est en place pour sécuriser ces événements et contrer toutes attaques. 45 000 fans français, ainsi que quelques supporters ukrainiens se déplaceront au Parc des Princes pour cette match de qualification à la Coupe du monde. Un hommage aux victimes de ces attentats est prévue, à 20h45, juste avant le coup d’envoi prévu.

  • La si belle rage de vivre de Sébastien Besatti, otage arlésien du Bataclan

    La si belle rage de vivre de Sébastien Besatti, otage arlésien du Bataclan

    « Qu’est-ce qui a fait, dans notre société, que le sens de la vie de certains soit de la prendre à d’autres ? Une question qu’il serait bon d’aborder avec des lycéens. Pour leur dire que si ça leur parait incroyable, c’est qu’il y a de bonnes raisons, car c’est totalement absurde. » Ce que Sébastien Besatti, Arlésien, otage lors des attentats du 13 novembre 2015 au Bataclan, assure vouloir raconter aux jeunes qui douteraient de la véracité de cette nuit d’horreur. Qu’est ce que je faisais là ?, titre-t-il son livre témoignage, en référence à la première phrase que lance son père après les attentats.

    à l’époque dans une passe difficile, fraîchement licencié de La Marseillaise à la suite d’un plan social – où il confesse avoir passé ses « sept plus belles années professionnelles » -, le « journaliste militant » de 34 ans est de passage à Paris pour un week-end chargé, qui fera définitivement basculer sa vie. Réfugié sur l’une des façades du Bataclan, quelques minutes après l’entrée des assaillants dans la salle de concert, Sébastien se fera le sauveur de Charlotte, femme enceinte elle aussi suspendue à une fenêtre, appelant à l’aide de peur de lâcher prise. Une scène filmée par un journaliste du Monde qui fera ensuite le tour de la planète.

    Rencontrer ses « potages »

    Une jeune femme avec qui le rescapé se lie ensuite d’amitié. « Dès que je l’ai revue, j’ai de nouveau éprouvé cette faim de vie que j’avais ressenti, ce soir-là. J’avais envie de donner la main à tout le monde comme je l’ai fait avec elle. Je débordais d’amour, de joie et d’espoir », s’émeut Sébastien.

    Mais cet heureux sauvetage ne sonne pas, pour le jeune homme, la fin de l’horreur. Alors qu’un assaillant vient d’être abattu par la Brigade anticriminalité au rez-de-chaussée, les deux djihadistes restant dans le Bataclan basculent dans la prise d’otage de 11 personnes, alors entassées dans un étroit couloir. Sept de ces onze destins, demeurés sous la menace des terroristes pendant 2 heures, resteront en contact. C’est ce que raconte la série Des vivants, en ce moment diffusée sur France TV et retraçant une partie de l’après pour Marie, Arnaud, Caroline, Grégory, Stéphane, David et Sébastien. « Les revoir a été la meilleure décision de ma vie. C’est une thérapie à très haute dose. Quand on se voit, on a une explosion de vie », s’enthousiasme Sébastien. Des rescapés désormais « potages » – contraction de « pote » et « otage » – qui se fréquentent toujours régulièrement, mais « pas assez », selon l’Arlésien.

    « La meilleure version

    de moi-même »

    Des amitiés qui auraient pu s’abîmer suite au témoignage de l’Arlésien au procès des attentats, ouvert en septembre 2021 et clôturé en mai 2022. à la barre, l’ex-otage abordera la potentielle responsabilité de l’état français dans les attaques, évoquant notamment les bombardements orchestrés par l’Hexagone en Syrie la même année. « Lorsque je me suis retrouvé dans la fosse, il m’est arrivé un sentiment étrange d’être la victime sacrificielle de mon pays. J’avais l’impression de subir les représailles qu’on voulait infliger à la France », explique Sébastien. Et c’est ce qu’aborde une partie de son livre. « J’avais la sensation que l’état ne parvenait pas à mesurer la conséquence ses actes. Car quand on fait la guerre, il faut s’attendre à des représailles. C’est l’enquête que j’ai menée en partie derrière mon ordinateur, et que je raconte dans mon livre », poursuit-il.

    Le 13 novembre 2015 a finalement été, pour Sébastien, « un mal pour bien » : « Ca m’a permis de démêler des traumas préexistants au Bataclan, ça m’a donné un incroyable élan de vie, pour devenir la meilleure version de moi-même. » Pour l’avenir, Sébastien espère continuer à incarner une mémoire, « dans les lycées peut-être ». « Pour prévenir les racines de la haine. Et inciter tout le monde à prendre ses armes pour défendre la paix ». Dans nos colonnes hier comme dans son livre aujourd’hui, il a choisi la plume.

  • Le souvenir indélébile du 13 novembre 2015

    Le souvenir indélébile du 13 novembre 2015

    Il y a 10 ans, la France est victime du plus important attentat terroriste de son histoire. Le 13 novembre 2015, 130 personnes sont mortes dans plusieurs attaques simultanées revendiquées par l’organisation état Islamique. Mais, si le temps referme les plaies, les cicatrices sont toujours visibles. à Paris et dans d’autres villes en France, des commémorations s’organisent, en hommage aux victimes et en soutien aux survivants.

    Tout commence par une détonation, entendue en direct lors du match France-Allemagne, le 13 novembre 2015 à 21h16, au Stade de France. Puis, une deuxième quelques minutes après. Ce que le public du match ignore encore, c’est que ce sont deux terroristes qui, ayant échoué à pénétrer à l’intérieur du stade, se sont fait exploser devant l’enceinte. Un troisième islamiste se fait exploser une demi-heure plus tard. Le coup d’envoi d’une nuit macabre.

    Dix minutes plus tard, c’est en plein cœur de Paris que trois autres terroristes ouvrent le feu. Ils visent des terrasses de café, bar ou restaurant dans les quartiers animés des 10e et 11e arrondissement de Paris, tuant 39 personnes. À 21h40, le dernier commando, composé de trois terroristes, pénètre le Bataclan, où se déroule un concert, en tirant dans la foule. Jusqu’à 00h58, le public vit un calvaire dans l’enceinte de cette salle de spectacle parisienne. 90 personnes perdent la vie dans cette attaque commanditée par l’état Islamique. Une soirée de chaos qui laisse de nombreux traumatismes aux rescapés : deux se sont suicidé plusieurs années après, faisant monter le nombre de victimes de ces attaques à 132 morts.

    Des commémorations partout en France

    Une nuit macabre qui a marqué la France entière, par son bilan meurtrier et la multitude des attaques. Une décennie plus tard, la France se recueille et rend hommage à toutes ses victimes. Des commémorations qui ont débuté ce week-end, avec de nombreuses bougies, mots ou fleurs déposées aux pieds de la statue de la place de la République, à Paris. Ce jeudi, le président de la République visitera chaque lieu visé lors de ces attaques, en commençant par le Stade de France à Saint-Denis, puis les bars attaqués et enfin le Bataclan. Des minutes de silence seront observées devant chaque plaque commémorative.

    à 18h, une cérémonie d’hommage aura lieu dans le nouveau jardin du souvenir pour les victimes du 13 novembre 2015, inauguré le jour même à Paris et retransmis en direct sur France 2. Plusieurs discours sont attendus, dont celui d’Emmanuel Macron, mais également de Philippe Duperron et Arthur Dénouveaux, respectivement présidents des associations 13onze15 et Life for Paris. Nombre d’autres villes se joignent à cet hommage national comme Martigues, Avignon ou Aix.

    Justice restaurative

    pour les terroristes ?

    Quelques jours avant cette journée, le dernier terroriste de ces attentats en vie, Salah Abdeslam, condamné à la perpétuité incompressible, a annoncé, par le biais de son avocate Me Olivia Ronen, lors d’une interview à France info, vouloir rencontrer et échanger avec les familles des victimes. Sur X, le président de l’association de victimes Life for Paris, répond à cette proposition : « La justice restaurative, plusieurs victimes des attentats s’y intéressent. » Le directeur de Charlie Hebdo, Riss, dénonce quant à lui une technique perverse du terroriste pour faire de ces attaques des crimes comme les autres. Lundi, la directrice générale de la sécurité intérieure Céline Berthon a affirmé que Salah Abdeslam, toujours « radicalisé ».

    Introduite en 2014 par la loi Taubira, la justice restaurative n’a encore jamais été expérimentée en France dans le cadre d’attaques terroristes. Elle permet à des auteurs de crime ou de délit, qui reconnaissent les faits et qui sont volontaires, de rencontrer leurs victimes ou celles d’autres affaires similaires, pour « trouver l’apaisement par le dialogue », précise le site du ministère de la Justice.

    Les rendez-vous

    Avignon

    À 18h, la municipalité organise sur le parvis de l’hôtel de ville un rassemblement où ceux qui le désirent pourront déposer une bougie.

    Aix-en-Provence

    La mairie organise une minute de silence à 12h sur la place de l’hôtel de ville, pour les victimes.

    Martigues

    La Ville organise un rassemblement à 17h30 dans le hall de l’hôtel de ville pour s’unir aux hommages nationaux.

    Marseille

    Martine Vassal, présidente (DVD) du Département et de la Métropole, rendra hommage aux victimes sur le parvis de la gare Saint Charles, à 14h15.

  • Jul de retour au stade Vélodrome

    Jul de retour au stade Vélodrome

    Préventes ce mercredi 5 novembre à midi. Mise en vente générale le 7 novembre, à 10h.

  • L’acteur Tchéky Karyo tire sa révérence

    L’acteur Tchéky Karyo tire sa révérence

    Il était le seul rôle parlant du film L’Ours, de Jean-Jacques Annaud. Ou encore le mentor d’Anne Parillaud dans Nikita. Le comédien Tchéky Karyo s’est éteint, vendredi, emporté par un cancer. Il avait 72 ans.

    Né à Istanbul, la carrière de ce polyglotte maîtrisant le français, l’anglais, l’espagnol et l’arabe avait débuté dans le cinéma d’auteur français, notamment en 1982 devant la caméra de Chantal Akerman pour Toute une nuit et devant celle d’Éric Rohmer en 1984 dans Les Nuits de la pleine lune.

    Sa filmographie éclectique l’a fait côtoyer Jean-Pierre Jeunet dans Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain (2001) et l’a porté vers des cinéastes étrangers, notamment le Brésilien Walter Salles (Terra Estrangeira, 1995) ou l’Américain Ridley Scott dans 1492 : Christophe Colomb aux côtés de Gérard Depardieu.

    Tchéky Karyo a également eu une longue carrière sur les planches et s’était notamment produit au Festival d’Avignon au début des années 1980.

  • Passes d’armes sur le budget dans l’hémicycle

    Passes d’armes sur le budget dans l’hémicycle

    Fait rare, c’est le chef du gouvernement qui, à la tribune de l’Assemblée, a lancé l’ouverture de ces débats budgétaires. Symbole de la gravité du moment. « Le budget que vous propose le gouvernement est imparfait, vous le modifierez et le gouvernement le modifiera aussi pour (…) accompagner les débats », assène Sébastien Lecornu, face à la représentation nationale. « Notre histoire parlementaire a été faite de rapports de force, il est temps qu’elle soit faite de compromis », fait valoir le Premier ministre.

    Le locataire de Matignon s’est engagé à ne pas utiliser l’article 49.3 pour faire passer le texte en force. « Les débats devront aller jusqu’au bout », a-t-il affirmé. S’il ne décide pas, d’ici là, d’user d’une autre arme constitutionnelle, le Parlement pourra voter un projet de loi de Finances, la première fois depuis juin 2022. Le texte en question, qui ne convient à personne, a été rejeté à 11 voix pour et 37 contre en commission des Finances, seuls les députés Renaissance l’ont approuvé. La gauche, le RN et LR, qui a pourtant six ministres au gouvernement, ont voté contre. Les deux autres groupes macronistes, le MoDem et Horizons, ont choisi l’abstention. Une énième preuve, s’il en fallait, de l’implosion du « socle commun ».

    C’est pourquoi, lors de sa prise de parole, Sébastien Lecornu a pris soin de lancer des signaux à sa droite. évoquant « des mesures de valorisation du travail », il a annoncé vouloir travailler à l’instauration de « l’allocation sociale unique », mantra du patron du groupe LR, Laurent Wauquiez.

    Débat sur la taxe Zucman

    « Le PLF et le PLFSS [projet de loi de financement de la Sécurité sociale, Ndlr.] pour 2026 sont porteurs d’un recul terrible. Ce sont les classes modestes et moyennes à qui vous faites les poches : retraités, étudiants, apprentis, travailleurs, allocataires de minima sociaux et même les personnes handicapées », conspue le député communiste Nicolas Sansu. Ainsi, la gauche pousse pour des mesures de justice fiscale, parmi lesquelles figure la taxe Zucman, qui vise les ultrariches et devrait être débattu ce samedi. « Il est incompréhensible que, dans le même temps, on demande des efforts absolument terribles aux Français dans votre budget et qu’on exempte d’efforts ceux qui ont bénéficié de 65 milliards de baisse d’impôts ciblés sur les hauts patrimoines depuis 2017 », pousse le député socialiste Philippe Brun. Après avoir brandi la suspension de la réforme des retraites comme condition à une non-censure, le PS ajoute désormais cette taxation. « S’il n’y a pas d’évolution (…) d’ici lundi, les socialistes voteront contre et censureront », menace le Premier secrétaire des roses, Olivier Faure, sur X.

    Mais les macronistes et la droite font bloc contre cette taxe. « Avec vous, c’est toujours plus. D’abord le renoncement au 49.3, ensuite la suspension de la réforme des retraites et maintenant, vous voudriez nous obliger à voter une taxe Zucman qui frapperait l’outil de travail de nos chefs d’entreprise », proteste la députée Horizons, Félicie Gérard.

    Pour les insoumis, le débat est inutile. « ce texte était invotable lors de son dépôt à l’Assemblée et reste invotable », estime le président de la Commission des Finances, Éric Coquerel. LFI a tenté une motion de rejet préalable et la suppression de l’article liminaire du PLF, tout deux rejeté. Le mouvement mélenchoniste appelle à la censure du gouvernement, redoutant l’hypothèse bien réelle d’un recours aux ordonnances si le Parlement dépasse les délais constitutionnels pour se prononcer.

  • Mise en scène indécente d’une incarcération

    Mise en scène indécente d’une incarcération

    À jamais le premier : Nicolas Sarkozy a dormi cette nuit dans une cellule, devenant ainsi le premier président de notre histoire récente a être emprisonné. « Oh, bienvenue Sarkozy ! », ont crié ses codétenus à l’arrivée de l’ancien chef de l’État à la prison de la Santé. Dès la levée du jour, les chaînes d’information étaient en boucle. Les proches de l’ex-président ont squatté les plateaux, exprimant leur peine, leur colère, leur indignation à l’idée de voir l’ancien champion de la droite derrière les barreaux. Ils s’étaient réunis tôt devant la luxueuse villa Montmorency, située dans le XVIe arrondissement de Paris. Une centaine de personnes, pour la plupart vêtues de noir, la mine déconfite. Un rassemblement organisé par Louis Sarkozy, fils de l’ancien chef de l’État et prétendant à la mairie de Menton. « Courage Nicolas, reviens vite », pouvait-on lire sur un drapeau français accroché à une des grilles de la demeure. La mise en scène est totale, retransmise jusqu’à la dernière minute par des médias complaisants. À noter que même condamné, Nicolas Sarkozy reste administrateur des groupes Lagardère – désormais dirigé par Vincent Bolloré, Accor et Lov.

    « Ce n’est pas un ancien président de la République que l’on enferme ce matin, c’est un innocent », poste-t-il avant son entrée dans le centre pénitentiaire, en se présentant, toujours, comme une victime. « J’éprouve une peine profonde pour la France qui se trouve humiliée par l’expression d’une vengeance qui a porté la haine à un niveau inégalé. Je n’ai pas de doute. La vérité triomphera. Mais que le prix à payer aura été écrasant », renchérit-il dans un relent populiste. Ses avocats ont immédiatement fait une demande de remise en liberté. La justice a deux mois pour trancher.

    Pour rappel, Nicolas Sarkozy a été condamné le 25 septembre dernier par le tribunal correctionnel de Paris à cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt à effet différé et exécution provisoire, aux côtés de ses affidés Claude Guéant et Brice Hortefeux. S’il a été relaxé des faits de corruption, il a été reconnu coupable d’association de malfaiteurs pour avoir sciemment laissé ses collaborateurs rencontrer, à Tripoli, un dignitaire du régime de Mouammar Kadhafi dans le but de financer illégalement sa campagne présidentielle de 2007. Ce pacte noué à l’automne 2005 aurait été négocié avec le numéro deux du régime libyen Abdallah Senoussi, chef des services militaires du pays. Ce dernier avait été condamné en France à la réclusion à perpétuité pour avoir commandité, en 1989, l’attentat contre l’avion DC-10 d’UTA, qui avait fait 170 morts, dont 54 Français. L’ancien chef d’État a fait appel et se dit innocent.

    La Justice remise en cause

    Il a été reçu il y a quelques jours par Emmanuel Macron, actuel locataire de l’Élysée et recevra bientôt la visite de Gérald Darmanin, garde des Sceaux. Cette annonce a fait bondir les magistrats. Pour Rémy Heitz, « il y a un risque qu’une telle visite soit ressentie par les magistrats et perçue par l’opinion comme une sorte d’obstacle à cette sérénité recherchée », avant les prochaines échéances judiciaires concernant ce dossier, avec « risque donc d’atteinte à l’indépendance des magistrats », a estimé le procureur général près la Cour de cassation sur franceinfo. Après l’annonce de la sentence, la droite et l’extrême droite s’en sont pris à la justice. Contre l’avis des Français, qui s’étaient dit à 72% choqués par les attaques contre la présidente du tribunal, selon un sondage Elabe pour BFMTV. Loin du « jugement politique » que les membres des LR évoquent à longueur de journée, pour 58% des Français, les juges ont rendu une décision de manière impartiale en appliquant le droit.

    Le personnel pénitentiaire a tenté, à l’aube, de profiter de la surmédiatisation de la séquence pour alerter sur leur condition d’exercice en organisant un rassemblement rue de la Santé. Car la réalité est celle-ci : le taux d’occupation s’y établit à 191 %, soit le double des 757 places prévues. Les cellules, de 9m2 environ, sont constamment doublées pour faire face à l’afflux.

    La droite locale au secours du soldat Sarkozy

    « Ce moment n’honore pas la France : la grandeur d’une nation se mesure aussi à la manière dont elle traite ses anciens chefs d’État. La France doit à Nicolas Sarkozy le respect dû à ceux qui l’ont servie », ose le sénateur LR Stéphane Le Rudulier, au micro de la chaîne d’extrême droite Cnews. Sur X, Martine Vassal vient, elle aussi, au secours du multicondamné : « Je veux redire mon soutien à mon ami Nicolas Sarkozy (…). Rien n’effacera ce qu’il a apporté à la France. L’Histoire saura en garder la juste mémoire », écrit la présidente DVD du département des Bouches-du-Rhône. La veille, une tribune publiée dans Le Figaro et cosignée, entre autres, par le président (Ren.) de la Région Sud, Renaud Muselier, dit « publiquement, que chez [nous], chiraquiens, l’amitié est gagée sur l’éternité ». Rien que ça.

    L’Histoire saura effectivement garder en mémoire que Nicolas Sarkozy, comme l’ont souligné nos confrères britanniques de The Economist, est le premier chef d’État français depuis Philippe Pétain et Louis XVII à être emprisonné. Il a, par ailleurs, été définitivement condamné à trois ans de prison, dont un ferme, dans l’affaire Paul Bismuth, dite des « écoutes ». Pour lequel, il a un temps, porté le bracelet électronique. Concernant l’affaire Bygmalion, sur le financement illégal de sa campagne de 2012, l’ancien chef de l’UMP a été condamné en instance et en appel, à un an d’emprisonnement, dont six mois ferme. La cour de cassation se prononcera le 26 novembre sur son pourvoi.

  • Sébastien Lecornu annonce qu’il souhaite suspendre la réforme des retraites

    Sébastien Lecornu annonce qu’il souhaite suspendre la réforme des retraites

    A l’occasion de sa déclaration de politique générale, Sébastien Lecornu annonce : « Je proposerai au Parlement dès cet automne que nous suspendions la réforme de 2023 sur les retraites jusqu’à l’élection présidentielle. Aucun relèvement de l’âge n’interviendra à partir de maintenant jusqu’à janvier 2028, comme l’avait précisément demandé la CFDT. En complément, la durée d’assurance sera elle aussi suspendue et restera à 170 trimestres jusqu’à janvier 2028 ».

    Plus d’informations dans La Marseillaise de ce mercredi

  • Le PCF censurera Lecornu et se prépare à la dissolution

    Le PCF censurera Lecornu et se prépare à la dissolution

    Pour les communistes, la censure est une évidence après la reconduite de Sébastien Lecornu à Matignon en dépit de son échec et de celui de ses prédécesseurs. « Nous censurerons, nous appelons à retourner aux urnes », a indiqué Fabien Roussel, secrétaire national, en ouverture du conseil national du PCF, qui se tenait à Paris, ce samedi. Pour le dirigeant communiste, il faut prendre la mesure du « dégoût de la politique », provoqué par l’attitude du président de la République, dont une majorité de Français souhaite le départ.

    Les communistes ne doutent pas qu’une dissolution interviendra rapidement, peut-être d’ici vendredi prochain, car si le chef de l’État et son Premier ministre veulent à tout prix présenter le projet de budget ce lundi, c’est pour permettre à un texte d’austérité d’être lancé dans les délais constitutionnels et de servir de base de discussion, quelle que soit la suite des événements.

    Périmètre du rassemblement

    Au regard de la dislocation du socle commun et de l’inflexibilité présidentielle, la direction communiste table sur l’hypothèse de l’adoption d’une motion de censure dans la semaine suivie d’une dissolution. Dans cette optique, Fabien Roussel liste trois objectifs : « empêcher l’extrême droite de l’emporter, faire gagner la gauche et renforcer le PCF partout en France comme à l’Assemblée nationale ».

    Dans la discussion, la question du périmètre du rassemblement a été posée, certains intervenants souhaitant renouer avec le périmètre du Nouveau front populaire, d’autres rappelant qu’il n’avait pas permis d’être majoritaires et que le PCF ne s’était vu attribuer qu’une cinquantaine de circonscriptions. Des limites qui avaient été pointées lors d’une conférence nationale du PCF après les dernières législatives.

    Stéphane Peu, président communiste du groupe GDR a indiqué : « le groupe m’a donné explicitement mandat : aller partout où se discutent les conditions d’une alternative progressiste sans se substituer à la responsabilité exclusive du parti qui est de négocier un accord électoral. » Son homologue du Sénat, Cécile Cukierman, a fait part de son scepticisme sur un accord « à quatre, car dans les quatre, il y en a deux qui n’en veulent pas : le PS et la FI ».

    Dans une résolution adoptée par 86 voix pour, 12 contre et 7 abstentions, les communistes lancent « un appel aux travailleurs et travailleuses, aux forces syndicales et associatives du pays et à toutes les forces de gauche, à débattre des propositions de rupture que nous portons, à s’unir pour obtenir le changement de politique tant attendu et pour battre la droite et l’extrême droite. » Le texte souligne aussi l’importance des municipales « pour protéger les habitants et développer les services publics locaux ».

  • Pas d’effet Covid pour l’attractivité de la région

    Pas d’effet Covid pour l’attractivité de la région

    « Dans notre région, nous n’avons pas relevé d’effet Covid important », affirme Valérie Roux, directrice régionale de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Ce lundi, l’Insee Paca présentait les résultats de son étude sur les migrations résidentielles, c’est-à-dire interne à la France, de la région Sud.

    En 2021, la région a eu une augmentation de sa population liée aux mobilités internes au pays similaire à celle de 2015. Une stabilité qui la place en 10e position des régions les plus attractives, loin derrière la Bretagne, première, qui a eu une augmentation de huit habitants en plus pour 1 000 résidents, contre 0.5 pour la région Sud. La Bourgogne-Franche-Comté, ainsi que la Normandie, se révèlent également plus attractives que la région Sud. Pour la directrice régionale, cet écart peut s’expliquer par la proximité de Paris pour ces régions. « Elles ont eu un effet Covid, car leur proximité à l’Île-de-France permet d’y habiter en allant y travailler deux ou trois jours par semaine. Cet effet Covid a donc creusé l’écart, alors que l’attractivité de notre région est restée stable. »

    Autre surprise de cette étude : la région Sud attire moins les retraités qu’avant. Le département du Var accueille toujours plus de retraités qu’il n’en part, mais moins qu’en 2015. Cela pourrait s’expliquer par la présence déjà importante de retraités sur place et l’augmentation des prix, qui limitent l’arrivée de nouveaux.

    En revanche, la région semble attirer plus d’actifs, notamment des cadres, artisans, chef d’entreprise et employés venant des régions limitrophes, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, et Île-de-France. « Une attractivité qui s’explique par un secteur industriel, certes pas énorme, mais qui se porte mieux que dans le reste de la France », affirme Valérie Roux.