Tag: Paris

  • Les réservistes d’Airbus défilent à Paris ce mardi

    Les réservistes d’Airbus défilent à Paris ce mardi

    Le poing levé, le chef Hervé ordonne : « Rassemblement en colonnes par trois ». Aussitôt, les onze femmes et hommes en uniformes de la gendarmerie, de l’armée de Terre, de l’Air et de l’Espace ou de la Marine se placent en formation, espacés d’un bras de long et de large chacun. Malgré la chaleur du lundi 29 juin, le circuit ombragé d’une centaine de mètres trouvé au sein du site Airbus Helicopters de Marignane permet aux réservistes de l’entreprise de répéter. Au pas cadencé, ils avancent, au son du clairon d’une petite enceinte de poche, les bras remontant jusqu’aux épaules pour l’occasion.

    La mise en situation n’est pas anodine. Ce mardi 14 juillet, les 107 réservistes d’Airbus venus de toute la France défileront pour la première fois à Paris aux côtés de ceux de la SNCF. « Un peu plus d’uniformité sur les doigts et les bras » demande le chef Hervé, officier de réserve de l’Armée de l’Air et de l’Espace depuis 19 ans et ingénieur chez Airbus, à la fin d’une marche.

    « Un groupe de potes »

    Pour le chef, « pas de pression, l’ensemble est au niveau, c’est un peu laborieux au début mais maintenant ça va » à force de répétition chaque semaine : « la convivialité entre collègues rend l’exercice sympathique ». « On ne se connaissait pas et maintenant on est un groupe de potes » confirme Pierre, réserviste depuis un an et demi dans la Marine.

    Sa collègue Audrey, ingénieure et dans l’armée de Terre, s’est fait reprendre quelques fois mais reste dans la même idée. « Ça se passe très bien. Je me suis plus interrogée sur le transport et le logement à Paris que sur la marche », admet-elle. « Depuis toute petite je me suis imaginé défiler. Je suis très patriote, le défilé fait la démonstration de la puissance de la France », élabore-t-elle. Un « honneur » partagé par son collègue Pierre, particulièrement quand « dans ce moment historique, il faut représenter sa boîte, l’Armée, mais aussi la Marine qui fête ses 400 ans cette année ». « La moitié du marché d’Airbus est militaire, il faut maintenir ce lien avec l’Armée » estime le jeune homme, fier de sa double casquette.

  • Inceste : une commission dénonce des « défaillances »

    Inceste : une commission dénonce des « défaillances »

    « L’inceste est un crime de masse, qu’on ne peut traiter comme un fait divers ou une série de crimes isolés. C’est un phénomène de société qui appelle une politique publique à part entière, à 360 degrés », a expliqué à l’AFP son rapporteur, le député PS Christian Baptiste.

    Dans son rapport, officiellement publié jeudi matin, la commission rappelle que 160 000 enfants sont victimes chaque année de violences sexuelles, soit un enfant victime de viol ou d’agression sexuelle « toutes les trois minutes ». Dans 81% des cas, l’agresseur appartient à la famille. Plus de 20 000 victimes mineures de violences sexuelles intrafamiliales ont été enregistrées en 2025 par les forces de l’ordre (+170% par rapport à 2016).

    Experts judiciaires critiqués

    Cet état des lieux s’inscrit dans le contexte d’une importante mobilisation associative, depuis un an et demi, pour une « loi intégrale » contre les violences sexuelles. Une proposition de loi a été déposée, fin 2025, par la députée socialiste Céline Thiebault-Martinez, texte dont le gouvernement s’est engagé à reprendre certaines mesures à l’automne, en réponse à l’émotion suscitée par le viol et la mort de la collégienne Lyhanna et par les multiples affaires dans le périscolaire.

    Le rapport pointe « des défaillances à chaque maillon de la chaîne pénale », « de l’enquête au jugement ». Face à « l’explosion des plaintes », les moyens humains sont « largement insuffisants », avec seulement 2 000 enquêteurs spécialisés, et les professionnels – forces de l’ordre, experts, magistrats – insuffisamment formés, décrit-il. Conséquence : des procédures longues, des enquêtes « au point mort » et un faible nombre de condamnations (380 pour viols incestueux en 2024).

    Les auditions des enfants sont parfois mal conduites et ont lieu plusieurs mois après la plainte, leur parole est « trop souvent mise en doute », critique la commission. Les enquêtes sont « limitées voire indigentes dans de trop nombreux dossiers ».

    Le rapport se montre particulièrement sévère envers les expertises judiciaires : les experts psychologues et psychiatres sont trop peu nombreux, pas toujours spécialisés. Certains ont encore recours à des « concepts pourtant bannis par la communauté scientifique, comme le syndrome d’aliénation parentale », et prennent « parti pour le parent mis en cause, parfois sans avoir même rencontré l’enfant ou le parent mis en cause », note la présidente de la commission Maud Petit (Modem).

    Concernant les « parents protecteurs », souvent des mères, la commission décrit un « mécanisme récurrent » : lorsqu’un enfant révèle un inceste, la mère qui cherche à le protéger en ne le confiant pas au père est souvent accusée de manipuler son enfant. Poursuivies pour « non-représentation d’enfant », « traitées comme des délinquantes », les mères en perdent la garde, l’enfant est parfois confié au père ou à l’Aide sociale à l’enfance, où il est exposé à des violences sexuelles, explique Christian Baptiste.

    Parmi ses préconisations, la commission recommande de « dépénaliser la non-représentation d’enfant » en cas de suspicion de violences sexuelles et de « prendre obligatoirement en considération le refus de l’enfant de voir son parent ». Elle souhaite une « ordonnance de protection de l’enfant » permettant sa mise en sécurité dès les révélations et « l’obligation de mener les principaux actes d’enquête dans un délai de trois mois » après la plainte. « Il faut mettre l’enfant en sécurité sans attendre l’issue du procès », insiste le rapporteur.

    Alors que beaucoup de procédures n’aboutissent pas faute de preuve matérielle, le rapport suggère de considérer les « troubles psychotraumatiques comme une preuve médico-légale ». Il préconise le recours à l’imagerie cérébrale pour « mettre au jour les traces physiques des traumatismes subis ». La commission se prononce pour « l’imprescriptibilité des crimes, notamment incestueux, sur mineur ».

  • Candidate, Marine Le Pen va se pourvoir en cassation

    Candidate, Marine Le Pen va se pourvoir en cassation

    « Mains propres et tête haute » : c’était l’un des slogans phares du Front national lors des législatives de 1993. Sur les affiches, le père fondateur du parti d’extrême droite français, Jean-Marie Le Pen, pose tout sourire. Trente-six ans plus tard, sa fille, Marine Le Pen sort, tête baissée, de la cour d’appel de Paris. Dans l’affaire des assistants d’eurodéputés du Front national, la députée a été condamnée à trois ans de prison dont deux avec sursis et un an ferme sous bracelet électronique ce mardi. Sa peine d’inéligibilité de 45 mois dont 30 avec sursis, a déjà été exécutée.

    À l’issue de plusieurs heures de réunion au QG du parti aux côtés de ses affidés dont Jordan Bardella, Marine Le Pen annonce sa décision au 20 heures de TF1 : « je suis candidate à l’élection présidentielle », confirmant qu’elle va se pourvoir en cassation pour « suspendre les effets » de cette décision et ainsi « faire campagne sans bracelet électronique ». C’était la condition qu’elle s’était elle-même fixée pour mener cette quatrième campagne pour l’Élysée. « Vous imaginez bien que si la cour suit le tribunal qui m’a condamné au port d’un bracelet électronique je ne pourrais pas faire campagne ! », assurait l’héritière Le Pen dans une interview à BFMTV le 25 février 2026. « On ne peut pas faire campagne dans ces conditions ! Vous pouvez faire campagne sans aller le soir rencontrer vos électeurs dans des meetings ? Ce serait une autre manière de m’empêcher d’être candidate », poussait-elle alors.

    Mais le parti, fondé par des Waffen SS et des néonazis, n’est pas à une contradiction près. Le 5 avril 2013, interviewée sur le plateau de Public Sénat, sa championne réclamait « l’inéligibilité à vie » pour les élus condamnés pour « détournement de fonds publics ». Heureusement pour Marine Le Pen que ses propres propositions ne s’appliquent pas.

    La cour de cassation devrait statuer début 2027. Si la haute juridiction confirme l’arrêt de la cour d’appel, celui-ci s’appliquerait immédiatement. Quelques semaines seulement avant le premier tour. Pour la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Le Pen est une « privilégiée » qui a « bénéficié d’une grande mansuétude » de la part de la justice, « notamment en passant aussi rapidement en appel », tempête Marine Tondelier.

    « Elle est une délinquante »

    « Elle est une délinquante, voilà la seule conclusion qu’on peut tirer de cette décision de justice », tacle le chef des députés socialistes Boris Vallaud, interrogé dans la matinée. « Après, c’est à elle de poser la question de savoir si quand on est une délinquante, on se présente aux électeurs ». « J’ai ma réponse », glisse-t-il.

    « Une telle condamnation, quel que soit l’aménagement de la peine, ne peut permettre de se présenter devant les Français. Il n’y a rien d’autre à dire », tranche le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel. Et pour cause, dès le début de l’audience qui s’est ouverte à 13h30, la présidente de la cour d’appel de Paris répète : « les faits sont graves ». À la sortie, l’avocat du Parlement européen souffle : « ils ont volé l’argent du contribuable et ça a été confirmé pour la deuxième fois ». Le préjudice est estimé à quelque 2,9 millions d’euros.

  • Marine Le Pen déclarée coupable mais éligible pour 2027

    Marine Le Pen déclarée coupable mais éligible pour 2027

    Dans l’affaire des assistants d’eurodéputés du Front national, Marine Le Pen a été condamnée à trois ans de prison dont deux avec sursis et un an ferme sous bracelet électronique ce mardi par la cour d’appel de Paris. Sa peine d’inéligibilité de 45 mois dont 30 avec sursis, a déjà été exécutée.

    La triple candidate à l’élection présidentielle pourrait théoriquement se présenter pour une quatrième campagne mais celle ci avait exclue de la mener avec un bracelet électronique.

    «Les faits sont graves» a répété la présidente de la cour d’appel de Paris, dès le début de l’audience qui s’est ouverte à 13h30.

    Marine Le Pen avait été condamnée en première instance, l’an dernier, à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate pour détournement de fonds du Parlement européen. Elle voit donc sa peine réduite.

  • Le PSG a doublé la mise en finale de la Ligue des Champions

    Le PSG a doublé la mise en finale de la Ligue des Champions

    En manquant le cadre sur le cinquième tir au but de son équipe, Gabriel a offert au PSG sa seconde Ligue des Champions.

    Ironie de l’histoire, les Parisiens vont pouvoir broder une seconde étoile sur le maillot grâce au coup de pouce d’un ancien de Ligue 1. En effet, avant de rejoindre Arsenal en 2021, Gabriel a porté le maillot de Lille durant deux saisons. Une seconde étoile qui a été plus dure à décrocher que la première.

    Car la finale à Budapest face aux Gunners anglais a été plus indécise que celle de Munich, où le PSG avait surclassé l’Inter (5-0). Il aura fallu l’habituel penalty providentiel, transformé par Ousmane Dembélé peu après l’heure de jeu, pour que les Parisiens reviennent dans le match.

    La suite est connue. Arsenal a joué la montre, misant sur les tirs au but. Et c’est le PSG qui s’est montré plus efficace dans cet exercice. « Le secret, ça a été de ne rien changer. Nous avons fait ce que nous devions faire… Nous avons un entraîneur qui nous pousse vers l’avant, depuis le premier jour du retour de vacances, il nous a parlé de ce deuxième titre. Il nous a montré le chemin… Le Paris Saint-Germain mérite d’être tout en haut », a confié Marquinhos, le capitaine parisien.

    Passage à l’Élysée

    Après une première nuit de célébrations dans la capitale hongroise, mais aussi à Paris et un peu partout en France, avec leurs cortèges d’exactions (lire ci-contre), la délégation parisienne est rentrée au pays.

    L’avion a quitté la Hongrie en début d’après-midi. Mais dès le petit matin, ils étaient près de 100 000 à se masser sur le Champ de Mars, à Paris, où était prévu un défilé des désormais doubles champions d’Europe.

    Malgré la chaleur et la très longue attente, le vol des Parisiens ayant pris du retard, la foule est restée. Ainsi que celle massée aux abords du Parc des Princes, point d’orgue annoncé de commémorations qui sont passées par un stop dans les jardins de l’Élysée, où Emmanuel Macron a reçu la délégation parisienne.

    Pour faire monter l’ambiance, des écrans géants diffusaient le voyage des deux bus des joueurs, partis de Roissy à 17h30. Des animations musicales, avec des concerts en direct, avec la Tour Eiffel en toile de fond, accompagnaient les acclamations de fans prenant leur mal en patience. Ainsi, des « Ousmane ballon d’or » ont fusé à plusieurs reprises pour saluer la performance du
    buteur parisien Ousmane Dembélé, tenant du trophée et désormais favori à sa succession. « La Marseillaise » a même été entonnée.

    C’est à 18h09 exactement que le cortège a débuté son défilé sur le Champ de Mars. En sortant par le grand portail de l’École militaire les coéquipiers de Marquinhos ont fait leur triomphale apparition devant le peuple de la capitale. Le capitaine brésilien du PSG portant la coupe aux grandes oreilles en tête du cortège remontant vers la Tour Eiffel.

    La fête gâchée

    Laurent Nuñez a annoncé dimanche que 780 personnes avaient été interpellées dans 71 villes de France lors des festivités consécutives à la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions.

    Le ministre de l’Intérieur a précisé que ces interpellations avaient donné lieu à 457 gardes à vue. Il a souligné qu’il y avait eu en France « 219 participants blessés dont huit graves, ainsi que 57 représentants des forces de l’ordre ».

    Avant que le parquet de Paris ne confirme le décès d’une personne, victime d’un accident sur le boulevard périphérique, obstrué par des blocs de béton.

  • [Passerelle interculturelle] Depuis la France, regarder autrement le système de santé chinois

    [Passerelle interculturelle] Depuis la France, regarder autrement le système de santé chinois

    Depuis que je vis en France, il y a une chose qui continue de m’intéresser : la manière dont chaque pays organise l’accès aux soins révèle en réalité une certaine vision de la société.

    En France, lorsqu’on tombe malade, on passe d’abord par le médecin traitant. C’est lui qui oriente le patient vers un spécialiste ou un hôpital. Le système repose sur un parcours de soins très structuré, étroitement lié à la Sécurité sociale. Cette organisation permet de mieux répartir les patients, mais elle implique aussi du temps : attendre un rendez-vous, parfois plusieurs semaines.

    En Chine, la logique a longtemps été différente. Il n’existe pas de système de médecin de famille comparable à celui de la France. Les patients ont donc souvent eu l’habitude de se rendre directement à l’hôpital, en particulier dans les grands établissements. Pendant longtemps, ces hôpitaux ont ainsi fait face à une très forte pression.

    Pour mieux organiser l’accès aux soins, la Chine dispose déjà d’un système médical hiérarchisé, structuré autour des soins de proximité, des hôpitaux régionaux et des grands hôpitaux de niveau supérieur. Ces dernières années, les réformes ont surtout cherché à rendre ce système plus efficace : renforcer les structures locales, mieux répartir les patients entre les différents niveaux de soins et éviter que les grands hôpitaux ne concentrent une part excessive de la demande médicale.

    Cette évolution répond à un défi immense : comment organiser la santé d’une population de plus de 1,4 milliard d’habitants.

    Espérance de vie

    En 2024, les établissements de santé chinois ont enregistré plus de 10 milliards de consultations et d’actes médicaux. Ce chiffre impressionnant montre à quel point le système fonctionne à très grande échelle. Il explique aussi pourquoi les hôpitaux chinois développent rapidement une expérience clinique importante, notamment dans les grands centres hospitaliers.

    Aujourd’hui, la Chine accorde une place de plus en plus importante à la santé publique, à la prévention et au vieillissement de la population. L’espérance de vie moyenne y a atteint 79 ans en 2024 et continue de progresser.

    Mais ce qui me frappe le plus entre la Chine et la France concerne peut-être le rapport au corps lui-même. En France, beaucoup de personnes parlent du repos, du soleil, de l’équilibre de vie. En Chine, il existe aussi une culture très quotidienne du soin : acupuncture, massages, ventouses, médecine traditionnelle, alimentation ou sommeil font partie, pour beaucoup, d’une manière de préserver le corps avant même la maladie.

    J’ai d’ailleurs été surprise de découvrir qu’en France aussi, certains hôpitaux proposent aujourd’hui des consultations d’acupuncture. Pour beaucoup d’Européens, ces pratiques restent associées à une médecine alternative. En Chine, elles appartiennent simplement au quotidien. Vivre entre ces deux pays m’a finalement appris une chose : la médecine ne reflète pas seulement un système hospitalier ou une technologie. Elle révèle aussi une manière de penser le temps, la prévention et la relation qu’une société entretient avec le corps humain.

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • Les secrets du mammouth gardois de Durfort exposé à Paris

    Les secrets du mammouth gardois de Durfort exposé à Paris

    Snack, route, cuvée à son nom et désormais parcours pédagogique sur son histoire… À Durfort, le mammouth est partout. Cette petite commune gardoise de moins de 300 habitants près d’Anduze, est en effet le lieu où a été découvert l’un des joyaux de la paléontologie française. Seul spécimen français à avoir été reconstitué, il trône et domine désormais la Galerie de Paléontologie du Muséum d’histoire naturelle de Paris.

    Après avoir travaillé en collaboration avec le Muséum (dont tous les habitants de la commune peuvent désormais visiter gratuitement les collections), la municipalité axe maintenant ses projets autour de son mammouth. Un parcours pédagogique constitué de 13 panneaux a vu le jour près du cimetière, non loin de là où a été découvert le fameux squelette. Conçu pour les élèves mais aussi pour les touristes, ce parcours retrace l’histoire de la découverte du mammouth, détaille ses conditions de vie à l’époque dans cette région et présente les caractéristiques de l’animal disparu.

    Une découverte rarissime

    Mais ce parcours n’est qu’une première étape pour la municipalité réélue aux dernières élections. « C’est un projet scientifique avant d’être un projet touristique », rappelle le maire Robert Condomines (SE). « Nous allons ajouter des QR codes sur les panneaux pour qu’il y ait un peu plus d’informations. On aimerait aussi qu’il y ait un moulage au sol du mammouth. Nous travaillons également pour créer une randonnée qui partirait du centre du village et mènerait jusqu’à ce parcours ». Pour cette découverte historique, il a fallu un sacré concours de circonstances. C’est en effet à bord de sa diligence en 1869, que Paul Cazzalis de Fondouce, accompagné de Jules Ollier de Marichard, deux savants spécialistes de la Préhistoire venus à Durfort pour organiser des fouilles archéologiques à la « grotte des morts », aperçoit une dent ressemblant à une molaire d’éléphant. « Ils vont alors organiser une fouille succincte et ils trouvent un crâne en mauvais état qu’ils envoient à la faculté de Montpellier. Cela va ensuite faire grand bruit dans plusieurs pays européens à l’époque », explique Élisabeth Vauclare, passionnée d’histoire, qui vient de rejoindre la nouvelle municipalité pour mener tous les projets autour du mammouth.

    Entre les guerres et les manques de financement, les fouilles s’organisent par intermittence. Finalement, ce sont trois squelettes qui sont découverts et celui en meilleur état est envoyé au Muséum, qui commande une restauration de plus d’un an en 2022. Ce spécimen est un mammouth méridional apparu en Afrique il y a plus de 7 millions d’années. Il s’est développé en Eurasie, entre 2 millions d’années et 700 000 ans avant notre ère. Il est donc contemporain du mammouth laineux et du mammouth des steppes. Celui de Durfort (7 mètres de haut, 4,5 mètres de large et devant peser plus de 10 tonnes) était en réalité un adolescent d’environ 25 ans qui mangeait 200 à 300 kilos d’herbe par jour et buvait 80 litres d’eau…

    De nouvelles fouilles ?

    L’hypothèse privilégiée (au vu de la position du squelette) est que ces mammouths vivaient dans la zone car il y avait un petit lac qui leur permettait de boire. Ils seraient alors tombés dans l’eau et n’auraient pas réussi à remonter. C’est la composition du sol qui aurait permis la conservation du squelette. Pour affiner cette hypothèse et déterminer plus précisément l’âge du squelette, de nouvelles fouilles ont eu lieu en 2022, auxquelles Élisabeth Vauclare a pris part : « Cette découverte est une histoire de dent. Le dernier jour de la fouille, on a découvert une dent d’hippopotame et une mandibule de cerf. Après analyse, le mammouth aurait plutôt vécu il y a 680 000 ans avant notre ère ».

    Ces nouveaux résultats ont été une surprise pour beaucoup de scientifiques puisqu’ils prouveraient que Durfort était l’un des derniers refuges de l’espèce. La municipalité travaille donc avec le Muséum et les collectivités pour relancer des fouilles. Mais celles-ci sont onéreuses car difficiles, puisque l’eau est présente partout dans cette zone dès que quelques mètres de terre sont creusés, nécessitant un important pompage. Pourtant, tous en sont persuadés : le sol de Durfort, où ont également été découverts des squelettes de rhinocéros, n’a pas livré tous ses secrets.

  • [Entretien] Judith Sasportes : « Un jeu non digital peut gagner le concours Lépine ! »

    [Entretien] Judith Sasportes : « Un jeu non digital peut gagner le concours Lépine ! »

    Comment éviter les prises de tête autour des devoirs de maths ? Judith Sasportes, marseillaise de 26 ans, a peut-être trouvé la solution avec son jeu « Maths et ma toque », médaille d’argent au concours Lépine 2026. L’ancienne étudiante à la faculté d’Aix-Marseille a poursuivi des études d’ingénieure avant de se lancer dans une école de commerce. Son bagage universitaire, complété par un fort investissement associatif, notamment auprès des scolaires, l’ont poussé à s’intéresser à l’apprentissage. Entretien avec une inventeuse engagée.

    La Marseillaise : Quel est l’objectif de votre jeu « Maths et ma toque » ?

    Judith Sasportes : Ce jeu tend à réduire le traumatisme de l’apprentissage des mathématiques ! Le but est de monter en grade en réalisant des recettes de cuisine à l’aide de calculs mathématiques. Il existe cinq niveaux, allant de la simple addition à des fractions ou encore la règle de trois. Les enfants et les adultes peuvent jouer ensemble. C’est très important qu’il y ait ces moments de partage, de montrer aux enfants qu’il est normal de se tromper à n’importe quel âge.

    Comment vous est venue l’idée de ce jeu ?

    J. S. : Après mes études d’ingénierie informatique, j’ai voulu développer mon entreprise. J’ai fait une école de commerce et en parallèle, je suis rentrée en lien avec des enfants, des familles, des professeurs, en ayant en tête de réaliser un projet utile pour l’apprentissage. Grâce à mes échanges, j’ai constaté que les méthodes d’apprentissages des mathématiques étaient trop déconnectées de la réalité. Les enfants pensent souvent que les maths ne servent à rien, ou alors à compter l’argent. Mais ils n’en ont pas, donc ça reste très abstrait ! Aussi, j’ai commencé à réfléchir à ce premier jeu didactique.

    Les jeunes filles sont moins représentées dans le domaine scientifique, est-ce que vous avez pensé votre jeu autour de cette problématique ?

    J. S. : Je m’engage depuis plusieurs années pour l’égalité des chances dans les sciences, notamment en étant marraine de l’association « Ambitieuses ingénieuses » qui soutient les collégiennes dans leur projet d’études scientifiques. Sur la boîte de « Maths et ma toque », j’ai fait figurer deux personnages, masculin et féminin. Dans le jeu, les personnages sont assez androgynes. En école d’ingénieure, 25% des étudiants sont des femmes. Les représenter, c’est leur donner confiance en leur légitimité dès leur plus jeune âge.

    Que représente pour vous cette médaille d’argent au concours Lépine ?

    J. S. : Cette reconnaissance prouve qu’un jeu didactique qui n’est ni technologique ou digital peut gagner un concours d’invention en 2026 ! La semaine d’exposition à Paris-Expo en amont du prix m’a beaucoup touché. J’ai rencontré des enfants en difficulté qui se sont amusés en faisant des maths, cela leur a redonné confiance en leurs compétences. C’était des beaux moments de partage.

    Avez-vous d’autres projets de jeu ?

    J. S. : Je suis en cours de production d’un jeu autour de l’apprentissage du français ! Je ne peux pas en dire plus, mais je travaille actuellement avec des professeurs sur ce projet qui sortira prochainement. En attendant, je suis à fond dans la diffusion de mon premier jeu !

    Pour tout renseignement et commande : https://maths-et-ma-toque.fr

  • Douze ans de prison pour le recruteur d’un ado tueur

    Douze ans de prison pour le recruteur d’un ado tueur

    Le jeune homme de 24 ans représente « une dangerosité » en raison de « l’extrême gravité des faits », a détaillé la présidente, qui a déploré son « absence de prise de conscience » et de « culpabilité ». D’abord évoqués, ses « liens avec la DZ mafia ne (sont) pas avérés », a-t-elle précisé.

    Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet qui s’était plus tôt inquiété d’une personnalité marquée « par un défaut total d’empathie ».

    L’un de ses complices, Blaise M., a été déclaré coupable « d’association de malfaiteurs en vue de commettre un crime en bande organisée ». Il a été condamné à une peine de 6 ans d’emprisonnement et son maintien en détention. Lola D., 23 ans, accusée d’avoir acheminé une Kalachnikov auprès de l’adolescent tueur, est condamnée à cinq ans de prison, mais n’effectuera qu’un an sous bracelet électronique en raison de sa détention provisoire. Le tribunal a pris en compte la réinsertion de cette secrétaire médicale depuis sa sortie de prison.

    Abattre une « cible »

    L’adolescent de 17 ans, contacté via Snapchat par Hacène Larbi depuis sa cellule de la prison de Réau (Seine-et-Marne) pour abattre une « cible », doit lui être jugé en juin par le tribunal pour enfants.

    Surpris dans une impasse des quartiers nord par un passant qu’il a blessé à l’arme blanche, l’adolescent avait fui avant d’être dénoncé dans un appel anonyme aux policiers, passé depuis le téléphone qu’utilisait Hacène Larbi en détention.

    La présidente relève que le lycéen des Yvelines recruté avait tenté trois fois de se suicider. « Madame, c’est son problème », rétorque Hacène Larbi. « Au moment des faits, il était parfaitement conscient de ce qu’il voulait faire » et on ne « lui a pas mis le couteau sous la gorge ». Une violence « plus seulement organisée, mais ubérisée », selon la procureure : « Il s’agit de faire tuer sans se salir les mains » avec de « jeunes précaires influençables » qui cherchent à recréer dans le réel « les codes de la violence ».

    L’affaire fait écho à un autre dossier dans lequel Hacène Larbi est mis en examen : le meurtre, le 4 octobre 2024, d’un chauffeur de VTC marseillais sans lien avec la criminalité, par un mineur de 15 ans.

    « Je sais au fond de moi que je ne suis pas une mauvaise personne », a déclaré le « H », condamné à 19 reprises, dans ses dernières paroles à la barre. « On m’a toujours dénigré, rabaissé, toujours vu comme un enfant de la Ddass. »

    Lundi, Hacène Larbi avait brièvement retracé une jeunesse fracassée, dénuée de toute affection : placé bébé en foyer puis en familles d’accueil, séparé de son jumeau à douze ans, il est incarcéré dans un quartier pour mineurs dès 2017, première d’une longue série de détentions dans une vie ancrée dans la délinquance et la violence.

    « Perte totale de repères »

    Lors d’une rare période de liberté, il est victime en 2022 d’une séquestration accompagnée d’actes de torture, sur laquelle il ne s’étend pas.

    « Le cheminement de ma naissance jusqu’à présent » s’est fait « dans un environnement de violence », a-t-il expliqué dans ses dernières déclarations, affirmant avoir « un travail à faire. »

    En octobre 2024, le procureur de la République de Marseille Nicolas Bessonne avait pointé « une perte totale de repères » chez « des jeunes garçons (qui) vont répondre à des annonces (…) pour aller ôter la vie d’autrui sans aucun remords, sans aucune réflexion ». Il s’était questionné sur le « rôle des réseaux sociaux » dans cette évolution.

  • Le PCF adopte sa feuille de route pour la présidentielle

    Le PCF adopte sa feuille de route pour la présidentielle

    Ordre du jour chargé pour la direction communiste ce week-end : débat sur la situation politique, célébration des 90 ans du Front populaire, définition de déroulement du congrès qui aura lieu à Lille du 3 au 5 juillet, processus de choix pour la présidentielle, vote d’un cahier thématique sur la paix et adoption du budget du parti.

    Après l’adoption d’une résolution « Pour la paix et une vie digne, refusons de payer la crise capitaliste et préparons l’avenir ! » (90 pour, 2 contre et 6 abstentions), c’est la préparation du congrès et de l’échéance présidentielle qui a le plus animé les débats.

    Pour mettre en œuvre les décisions qui seront prises lors du congrès national, qui se tiendra à Lille du 3 au 5 juillet, le conseil national a décidé que les délégués se réuniraient en conférence nationale, à son issue, afin de définir le bulletin de vote qui sera soumis aux adhérents pour qu’ils tranchent le positionnement du PCF pour la présidentielle, lors d’un vote organisé du 3 au 6 septembre.

    « Le projet doit nous guider plus que le casting »

    Un calendrier approuvé par 63 voix pour, 9 contre, 8 abstentions, critiqué par plusieurs membres du conseil national. « C’est speedy-gonzales, c’est un passage en force », considère ainsi Jean-Noël Aqua (Paris). « Le calendrier est trop court pour que la majorité des communistes prenne la décision », pour Émilie Lecroq (Seine-Saint-Denis). « Le congrès ne doit pas ressembler à celui de Marseille qui était un grand meeting », ajoute Denis Öztorun (Val-de-Marne). Frédéric Boccara défend l’idée d’une conférence nationale « à l’automne ».

    Sur le fond, Saliha Boussedra (Gard) juge qu’une candidature communiste serait « incompréhensible au lieu de travailler à la constitution d’un bloc de gauche », en soulignant le risque d’une victoire de l’extrême droite.

    D’autres, au contraire, relèvent le niveau très bas de la gauche qui se situe autour des 30% dans le pays et la nécessité de candidatures qui mobilisent et contestent à l’extrême droite son hégémonie dans les catégories populaires. Bora Yilmaz (Meurthe-et-Moselle) appelle à « faire reculer l’extrême droite avec une candidature communiste » et alerte sur l’importance du calendrier pour éviter un choix par défaut « comme en 2017 ». Esteban Evrard (Pas-de-Calais) estime que « les communistes veulent partir à la bataille ». Pour Clara Gimenez (Hérault), la présidentielle est un moment-clé pour « faire découvrir notre projet de société », quant à Nicolas Cossange (Hérault), il insiste : « Il n’y a que Fabien Roussel qui puisse être notre candidat et donc notre porte-parole. »

    Avant eux, le secrétaire national du PCF s’est exprimé : « J’ai lu les trois textes alternatifs qui viendront certainement enrichir la base commune et nos débats. N’en ayons pas peur, le débat est salutaire, utile », a-t-il affirmé, appelant à projeter le PCF dans les « 15 à 20 prochaines années, pour qu’il soit une force politique forte, révolutionnaire, solide, unie ».

    Il s’est déclaré « disponible » pour porter le projet communiste devant les Français lors de l’élection présidentielle. « Je suis prêt, si les communistes en décident, à y mettre toute mon énergie », a-t-il indiqué. Pour lui, « le pire serait de ne pas choisir » et « le projet doit nous guider plus que le casting ».

    CALENDRIER

    6 et 7 juin : vote des adhérents pour choisir la base commune de discussion du congrès.

    13 et 14 juin : congrès de section.

    20 et 21 juin : congrès départementaux.

    3, 4 et 5 juillet : congrès national à Lille avec réunion en conférence nationale le 5 afin de définir les différentes options soumises aux communistes pour la présidentielle.

    3 au 6 septembre : vote des adhérents sur le choix pour la présidentielle.