Tag: Occitanie

  • Stopper le fléau du protoxyde d’azote

    Stopper le fléau du protoxyde d’azote

    Utilisé pour des usages légaux, notamment dans l’industrie et la médecine, le protoxyde d’azote est massivement détourné pour un usage dit « récréatif » mais qui n’a plus rien d’hilarant. Il suffit d’une petite cartouche de protoxyde, ou désormais d’une bonbonne jetable, d’un banal ballon gonflable pour se droguer à moindres frais. Sauf que depuis une dizaine d’années, le « proto » est devenu une des substances les plus populaires chez les jeunes, entraînant accidents et handicaps à vie.

    Peu nombreux sont les usagers de cette drogue à mesurer qu’ils sont les victimes d’un trafic très lucratif à échelle européenne et mondiale. Exemple : en 2023 à Nîmes un vaste réseau de vente illicite de bonbonnes de protoxyde d’azote a été démantelé. Les chiffres sont énormes : entre « 200 000 et 500 000 bonbonnes » auraient été achetées puis revendues par le principal suspect « via plusieurs sociétés. Un trafic estimé entre 2,7 et 6,7 millions d’euros » relatait à l’époque France 3 Occitanie. Deux ans plus tard, en avril 2025, le tribunal correctionnel de Nîmes avait lourdement condamné les trois prévenus : « 3 750 euros d’amende pour la vente des crackers (dispositif d’extraction) ; 1 an avec sursis et 60 000 euros ; 4 ans de prison, 250 000 euros et confiscation de 3 immeubles pour l’organisateur » avait résumé sur les réseaux sociaux la procureure de Nîmes, Cécile Gensac.

    La Ville de Montpellier fait usage de fermeté, sans trembler, depuis septembre 2024 en interdisant la vente au détail et en procédant à des fermetures administratives d’épiceries de nuit. Selon la police municipale deux cents de ces établissements vendaient des bonbonnes. L’arrêté municipal signé par le maire socialiste Michaël Delafosse (PS), justifie ces mesures par la dangerosité du produit. « La consommation de cette substance entraîne des risques graves pour la santé : troubles moteurs, altération de la perception, convulsions, troubles neurologiques », précise l’arrêté municipal. Elles « ont été sources d’accidents parfois mortels et de refus d’obtempérer ».

    Dès 2021 la loi sanctionne la détention et le transport par un particulier de protoxyde d’azote au-delà d’une certaine quantité. La législation s’est encore musclée en 2026 : la loi fourre-tout, Ripost, promulguée le 18 août prévoit qu’à partir du « 1er février 2027, la vente de protoxyde d’azote aux particuliers sera purement et simplement interdite. En outre, un délit d’inhalation détournée de protoxyde d’azote hors cadre médical est créé ». L’amende sera de 500 euros. La répression donc.

    Mais pour Yann Bisiou, maître de conférences en droit privé et sciences criminelles à l’université Paul Valéry de Montpellier, spécialiste des politiques publiques sur la drogue, la réponse apportée par la loi Ripost « ne sera pas efficace ».

    Mais face à l’ampleur du trafic, c’est la loi du bâton qui domine. Début septembre, le préfet de police de Paris a révélé que 26 tonnes de bonbonnes de protoxyde d’azote ont été saisies dans l’agglomération parisienne au cours des 8 premiers mois de l’année, soit déjà dix fois plus que sur l’ensemble de l’année 2025. le protoxyde d’azote « est un problème sanitaire et un problème d’ordre public », résume Patrice Faure. Mais il mise sur la loi Ripost pour « apporter des réponses beaucoup plus fermes et visibles ».

    Les professionnels de santé souhaiteraient de véritables campagnes préventives à l’échelle nationale comme l’explique à La Marseillaise la professeure Hélène Donnadieu-Rigole, responsable du service addictologie du CHU de Montpellier. Pour l’heure, les villes sont en première ligne et mènent leur propre campagne de prévention tout en devant gérer la terrible pollution générée par ces bonbonnes.

    EN CHIFFRES

    12%

    des jeunes âgés de 16 à 30 ans ont déjà expérimenté le protoxyde d’azote comme gaz hilarant contre 6% il y a quatre ans, selon le baromètre Ipsos commandé par la Macif en juin 2026. L’Occitanie est l’une des régions les plus touchées.

    27%

    des consommateurs de protoxyde d’azote déclarent avoir des pensées suicidaires selon la même étude Ipsos.

    25%

    des consommateurs réguliers déclarent avoir eu un accident de la route après avoir inhalé du protoxyde d’azote. En tête des consommations chez les jeunes : l’alcool, suivi du tabac puis du cannabis.

  • La Région Occitanie met la culture camarguaise à l’étude

    La Région Occitanie met la culture camarguaise à l’étude

    Des sabots sur le bitume, des arènes pleines un soir d’été, des manades dans les prés et des villages qui vivent au rythme des abrivados. La culture camarguaise se voit, s’entend et se vit. Mais combien pèse-t-elle réellement ? C’est la question à laquelle veut répondre la Région Occitanie avec une étude consacrée à ses retombées économiques, sociales et culturelles.

    Depuis 2018, plus de 30 millions d’euros ont été engagés par la collectivité dans le cadre du Plan Camargue. Pourtant, les données permettant d’évaluer précisément ce que génère cet écosystème restent parcellaires. Courses camarguaises, fêtes votives, élevage, artisanat ou tourisme irriguent pourtant une large partie du Gard et de l’Hérault. Lors de la crise sanitaire, les seules traditions et fêtes votives avaient été créditées de 120 millions d’euros de retombées économiques.

    Mettre des chiffres derrière les traditions

    Pour y voir plus clair, le cabinet Pluricité a été chargé de conduire l’enquête. Après une première rencontre le 7 juillet avec les principales fédérations et associations camarguaises, professionnels, collectivités et habitants vont être sollicités. Deux questionnaires sont notamment proposés aux habitants et aux spectateurs. « Qu’ils soient habitant du territoire, spectateur d’un événement camarguais, chaque témoignage est précieux », insiste la Région.

    L’étude doit mesurer les retombées en matière d’emplois, d’économie, de tourisme, mais aussi de lien social et de transmission. Une culture « vivante » qui, selon la collectivité, « fait vivre les territoires » et contribue à leur attractivité. Les résultats serviront enfin « d’outil d’aide à la décision » pour orienter les politiques publiques. Des chiffres pour mieux défendre, préserver et transmettre ce patrimoine.

  • Nîmes, ou l’université qui cultive sa différence

    Nîmes, ou l’université qui cultive sa différence

    À Nîmes, pas de campus tentaculaire ni de catalogue destiné à rivaliser ligne par ligne avec Montpellier. La jeune université gardoise, créée en 2007, a choisi une autre voie : faire de sa petite taille une spécialité. Près de 6 000 étudiants, 66 formations aujourd’hui au catalogue et une stratégie assumée de créneaux parfois très pointus. Benoît Roig oppose ainsi une université qui « travaille avec son territoire » à celle qui « travaille pour son territoire ». Nîmes, assure son président, « est dans le deuxième cas ». Une façon aussi de ne pas reproduire l’offre des puissantes voisines montpelliéraines ou avignonnaises.

    Dans le Gard, cela donne un master Risques, environnement et sûreté nucléaire, adossé au bassin industriel de Marcoule et de la vallée du Rhône. Une vingtaine d’étudiants par promotion, de l’alternance en deuxième année et, selon ses responsables, une insertion proche de 100% dès la soutenance. Plus loin du réacteur mais tout aussi ancrées localement, une licence professionnelle mêle œnotourisme et projet culturel, tandis qu’une autre forme à la conception de produits textiles. L’histoire exploite, elle, la richesse patrimoniale environnante, jusqu’à un master d’« histoire vivante  » tourné vers la médiation, la reconstitution et les usages publics du passé.

    Des niches plutôt

    que la concurrence

    Et puis il y a les formations que l’on associe moins spontanément à une faculté publique. À Nîmes, on peut apprendre le métier de détective privé dans une licence professionnelle d’agent de recherches privées, aujourd’hui la seule recensée par l’Onisep en France. Ou étudier les mécanismes de la narration dans un master consacré à la production, aux usages et à l’interprétation des fictions, entre création, économie, droit et industries culturelles. Les diplômes universitaires servent eux aussi de laboratoire : généalogie, éloquence, laïcité et médiation et, à cette rentrée 2026, socio-oncologie, conçue avec l’IFME et présentée comme une première européenne.

    Ce goût du sur-mesure n’empêche pas l’établissement d’étoffer ses cursus plus classiques. Cette rentrée voit arriver une licence sciences de la transition écologique, un master biologie-santé centré sur le vieillissement ou encore un master de mathématiques appliquées. La croissance se voit aussi dans la pierre : les sciences quittent les Carmes pour rejoindre la nouvelle tranche du site Hoche, pensée pour accueillir près de 1 500 étudiants. Depuis janvier 2025, le statut d’établissement public expérimental permet en outre d’associer l’ESBAN et l’IFME à un réseau comprenant notamment le Pont du Gard, la CCI, des lycées et le CHU. Une manière de fabriquer collectivement des cursus qu’une petite université ne pourrait pas toujours porter seule.

    Le revers de la réussite

    La méthode semble produire des résultats. En 2026, L’Étudiant classe Nîmes deuxième sur 68 universités françaises pour la réussite en master : 82,8% des étudiants y obtiennent leur diplôme en deux ans. « Quand j’ai pris mes fonctions il y a six ans, il y avait encore des gens qui ne savaient pas qu’il existait une université à Nîmes », se souvient Benoît Roig. Aujourd’hui, l’établissement dit devoir refuser de plus en plus de candidatures en L2, L3 et surtout en master. La ville elle-même s’installe dans le paysage étudiant : elle arrive deuxième, derrière Vannes, parmi les villes de moins de 200 000 étudiants dans le classement 2026 de L’Étudiant.

    Reste un paradoxe : cet essor se fait avec un portefeuille serré. En décembre 2025, le conseil d’administration a voté à l’unanimité une motion d’alerte  : les moyens accordés à Nîmes seraient environ 50% inférieurs à ceux des universités de même catégorie, alors que ses effectifs étudiants ont augmenté de 30% en quatre ans. L’agilité qui a fait la force de la petite université risque donc aussi d’atteindre ses limites. Le pari est désormais de continuer à grandir sans perdre ce qui a construit sa réputation : des formations singulières, un pied dans le territoire et des étudiants que l’on veut encore pouvoir appeler par leur nom.

  • Une filière du livre occitane très dense et qui résiste

    Une filière du livre occitane très dense et qui résiste

    Quatre cent soixante et un romans publiés entre août et octobre au niveau national. Une production en légère baisse par rapport à 2025 (484), mais largement de quoi faire son miel de mots à l’occasion d’une rentrée littéraire qui s’inscrit dans un contexte global de recul de la lecture. Avec, en toile de fond, le placement en redressement judiciaire, au printemps, de grandes enseignes de librairies dont Gibert, Le Furet du Nord et Decitre ainsi que la liquidation récente de Sauramps à Montpellier.

    Qu’en est-il au niveau régional ? Comment le monde du livre traverse-t-il ces turbulences ? Si elle n’échappe pas aux maux du moment : « L’évolution des pratiques de lecture, la concurrence des écrans, la question de l’IA, aussi, qui nous interroge notamment sur la question de la place de l’auteur », la filière du livre occitane semble toutefois portée par un maillage et une dynamique solides, assure Adeline Barré, directrice du pôle livre et lecture de l’agence unique Occitanie Culture, portée par la Région. « Librairies, auteurs, maisons d’édition : l’Occitanie est une région très dense si l’on ramène le nombre de professionnels du livre au nombre d’habitants », souligne-t-elle. Un vivier important, donc, et très diversifié : « On a aussi cette chance de couvrir tous les domaines éditoriaux, qu’il s’agisse des auteurs, des maisons d’édition ou des librairies, dont certaines sont spécialisées », poursuit la responsable du pôle livre et lecture. « Cela confère au territoire une relative stabilité en termes de création. »

    Près de 1 300 auteurs et 283 librairies en Occitanie

    Quantité, diversité, mais aussi qualité, insiste Adeline Barré : « On a, dans chaque secteur, la chance d’avoir des locomotives. » C’est par exemple le cas, dans l’édition, de la maison gardoise Au Diable Vauvert, qui fêtait l’an dernier ses 25 ans d’existence, ou encore des éditions Privat à Toulouse. « Ces maisons installées jouent le jeu de la cooptation avec les nouveaux. Il y a un phénomène de solidarité au sein de la filière du livre », relève la représentante de l’agence Occitanie Culture. Qui mentionne également le dynamisme des filières de formation aux métiers du livre dans la région : « Il y a 20 ans, on voyait arriver des projets beaucoup moins structurés. Le monde du livre s’est énormément professionnalisé grâce aux filières de formation professionnelles. Désormais, chaque année à Montpellier, 19 éditeurs et éditrices intègrent le marché de l’emploi. Ils ne restent pas tous en Occitanie, mais c’est un atout certain. »

    Comme chaque année à l’heure de la rentrée littéraire de septembre, le pôle livre et lecture de l’agence Occitanie Culture organise à Toulouse -la même manifestation se déroule chaque printemps à Montpellier- une journée destinée à promouvoir une quinzaine de nouveautés d’auteurs et autrices d’Occitanie ainsi qu’une maison d’édition régionale. Le choix s’est porté cette année sur Espaces 34, maison d’édition spécialisée dans le théâtre contemporain. Implantée à Castelnau-le-Lez, elle est dirigée depuis peu par Stanislas Nordey, comédien et metteur en scène qui a dirigé le théâtre national de Strasbourg de 2014 à 2023. À noter également, parmi les auteurs invités, la Perpignanaise Lucie Rico, en lice pour le prix littéraire du Monde avec son roman Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ?, chez P.O.L.

    Le catalogue des nouveautés édité à l’occasion de ces rentrées littéraires, établi à partir des titres portés à la connaissance de l’agence par les auteursde la région, recense, au second trimestre 2026, près de 150 nouveautés, tous genres confondus, contre près de 130 au second semestre 2025. Globalement, le nombre d’auteurs est en hausse dans la région : les chiffres-clé de 2025 -les derniers- comptabilisent 1 294 auteurs et autrices occitans, soit une progression de 5,63% sur deux ans. Ce qui n’empêche pas une précarisation des revenus de ces auteurs du fait de la réduction du Pass Culture, de la baisse des budgets des festivals, du ralentissement de la production éditoriale, de l’inquiétude face à la concurrence de l’IA générative… De leur côté, les librairies tiennent bon malgré la crise de la lecture. La base de données de l’agence recense 283 librairies dans la région. « Il y a une forme de compensation entre les librairies qui ferment et celles qui s’ouvrent. Le chiffre reste relativement stable », assure Adeline Barré. Six établissements se sont ainsi lancés dans l’aventure entre 2023 et 2025 dans l’Hérault.

  • [Fibre Excellence] Carole Delga : « Nous avons eu raison de nous battre »

    [Fibre Excellence] Carole Delga : « Nous avons eu raison de nous battre »

    « Une étape majeure vient d’être franchie. Avec les industriels engagés dans le projet, nous nous battons pour obtenir ces trois mois supplémentaires indispensables à la finalisation de la reprise. Aujourd’hui [lire mardi], devant le Tribunal de commerce, cette demande collective a reçu le soutien de l’ensemble des parties. Le sérieux et l’engagement des investisseurs ont été reconnus » a réagi mardi la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), à l’issue de l’audience du tribunal de commerce de Toulouse. « Nous avons eu raison de nous battre et de ne jamais renoncer ! Depuis des mois, nous travaillons et prenons nos responsabilités pour donner un avenir au dernier producteur français de pâte à papier. Nous avons construit un projet industriel solide, pérenne et rentable » insiste l’élue. « Je pense aujourd’hui d’abord aux salariés et à leurs familles, qui vivent depuis des mois dans l’incertitude et se battent eux aussi pour leur usine. Ces trois mois vont désormais nous permettre de travailler sereinement avec les industriels pour finaliser et consolider le projet de reprise. », appuie Carole Delga.

    13 millions votés par les élus

    Pour assurer la continuité de l’activité de l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens, La Région mobilisera 3,5 millions (sur une enveloppe globale de 13 millions d’euros), d’octobre jusqu’à début de décembre. Le financement régional sera versé mensuellement, en fonction de l’avancement du projet de reprise. L’État aura assuré la continuité en engageant 2 millions jusqu’au 30 septembre. Ces financements permettront d’assurer les charges courantes, de préserver l’outil industriel et de maintenir les emplois, tout en laissant aux industriels le temps nécessaire pour finaliser leur projet de reprise.

    Lundi, Les élus régionaux ont voté une enveloppe de 13 millions d’euros en faveur de la relance de Fibre Excellence. Sur cette enveloppe, 3,5 millions seront donc mobilisés pour financer la poursuite de l’activité pendant les trois prochains mois. « Le reste de l’engagement régional accompagnera le projet industriel de 90 millions construit ces derniers mois avec l’ARIS [Agence régionale des investissements stratégiques] et les partenaires industriels, destiné à relancer la production de pâte à papier et à développer de nouvelles activités sur le site ». En parallèle, « les échanges se poursuivent avec les deux investisseurs solides et sérieux, dont Soprema, qui travaillent activement à la finalisation du projet, de son business plan et de ses activités », précise la Région. Ils avaient eux-mêmes exprimé le besoin de disposer d’environ trois mois supplémentaires.

  • [Maj] Vers un délai de trois mois pour l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens en Occitanie

    [Maj] Vers un délai de trois mois pour l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens en Occitanie

    Le tribunal de commerce de Toulouse rendra sa décision mardi 15 septembre. Mais il fait peu de doute qu’il devrait, sauf très mauvais coup de théâtre, prononcer la poursuite de l’activité de l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) pour au moins trois mois.

    Objectif de ce délai : permettre aux industriels candidats à la reprise de proposer un projet solide. Un enjeu majeur après la liquidation du site Fibre Excellence de Tarascon dans les Bouches-du-Rhône où l’espoir pourrait aussi renaître à la faveur de la reprise de l’usine occitane.

    « Les salariés ne baisseront pas la garde »

    Ce délai doit permettre « de sécuriser le site et de donner le temps nécessaire à la finalisation d’une solution industrielle pérenne. Pour permettre la poursuite de l’activité pendant cette période », explique la Région Occitanie qui met sur la table 3,5 millions, l’État assurant pour sa part un engagement de 2 millions jusqu’au 30 septembre.

    « C’est une nouvelle étape, mais ce n’est pas encore la victoire qui aura lieu le jour où l’usine redémarrera », a déclaré Pauline Salingue, représentante de la CGT de Haute-Garonne. « Le projet (de reprise) est là, on a gagné un peu de temps pour avancer sur ce projet, il y a des repreneurs, les salariés ne baisseront pas la garde et resteront mobilisés dans les prochaines semaines ». La représentante du ministère public a demandé trois mois supplémentaires de poursuite d’activité, conformément à la volonté de la Région pour permettre à un repreneur de finaliser une offre de reprise. Le ministre de l’Industrie Sébastien Martin a demandé « des engagements précis » de la part des porteurs du projet de reprise.

    Un industriel portugais

    a manifesté son intérêt

    La présidente de la Région Occitanie, la socialiste Carole Delga (lire ci-dessous), avait appelé l’État à nationaliser temporairement Fibre Excellence pour une durée de plusieurs mois afin de permettre à un éventuel repreneur de finaliser une offre de reprise. Selon les informations du journal La Tribune, un industriel portugais serait très intéressé et aurait visité le site de Saint-Gaudens. Il pourrait s’agir du groupe Papermar. Une lettre d’engagement aurait été déposée. Un autre partenaire industriel, le groupe alsacien Soprema fait aussi partie du tour de table.

    À l’issue de l’audience, Cédric Byé, président du CSE de Fibre Excellence, délégué CGT chez Fibre Excellence, a qualifié de « geste fort » l’annonce du gouvernement et de la Région d’un soutien financier nécessaire pour la poursuite de l’activité. Un représentant de la Région a indiqué que le sérieux des repreneurs potentiels justifiait ce délai de trois mois pour bien préciser leur projet de reprise.

  • Dans le Gard, un troisième fauteuil sénatorial très convoité

    Dans le Gard, un troisième fauteuil sénatorial très convoité

    À trois semaines du scrutin, la campagne s’accélère dans le Gard. Chaque candidat et son équipe multiplient les rencontres avec les élus, les maires et se montrent dans toutes les fêtes de village. L’objectif est triple : à la fois écouter les revendications des élus du terrain, affirmer son bilan mais aussi présenter un programme en vue du prochain mandat. Dans ce contexte et après analyse des résultats des élections municipales, il est quasiment certain que les deux sénateurs sortants candidats seront réélus.

    D’un côté, le socialiste Denis Bouad, allié avec le Parti communiste, peut s’appuyer sur la victoire à Nîmes et le maintien d’un certain nombre de communes cévenoles et du Gard rhodanien à gauche. De l’autre, Laurent Burgoa (LR) fait face au recul de la droite aux dernières élections municipales mais peut toujours compter sur quelques bastions comme Alès ou Saint-Gilles et reste apprécié par des élus qui ont toujours eu son oreille lors du mandat écoulé. Reste donc à savoir qui remportera le troisième siège et convaincra une partie des 1 910 grands électeurs gardois.

    Division à gauche

    Entre les défaites de la gauche à Vauvert et Bagnols-sur-Cèze et une victoire à Nîmes, la liste de Denis Bouad pourrait être majoritaire dans le Gard. Mais le principal problème du socialiste reste toujours la division de la gauche. Il devra en effet affronter au moins deux listes à gauche : celle des Insoumis emmenée par l’élu viganais Jean-Baptiste Thibaud et celle de l’élue départementale Carole Bergeri qui a reçu le soutien du président du Gard rhodanien Christophe Serre. Comme en 2020, Alexandre Pissas (PS) pourrait de nouveau être dissident. Il a confirmé à Objectif Gard que « sa liste était prête » mais qu’il se donnait encore du temps avant de la déposer puisqu’il a jusqu’au 11 septembre pour le faire. Si ces trois listes n’ont que très peu de chances d’emporter un siège, elles pourraient surtout diviser les voix à gauche. D’autant que Denis Bouad, allié avec le PCF et le PRG, n’est pas parvenu à s’entendre avec les Écologistes ou les Unitaires Gard (Debout !, L’Après, Génération.s). Une réelle épine dans le pied du socialiste d’autant plus gênante qu’il ne s’était incliné derrière la droite que de neuf voix en 2020. Conscient du danger, Denis Bouad martèle donc : « Le seul vote utile à gauche, c’est notre liste ».

    La droite en recul

    En meeting à Alès (11h15, Espace Cazot) puis à Codognan (15h15, Maison du peuple), le président du Sénat Gérard Larcher vient vendredi 4 septembre soutenir l’un de ses proches et une liste également en difficulté. Après la perte de Nîmes et la concurrence de plus en plus forte du Rassemblement national, la droite gardoise recule dans le département. Pour tenter de résister et de conserver un deuxième sénateur LR, Laurent Burgoa est tout de même parvenu à s’allier avec le centre et a reçu le soutien de la patronne de Renaissance dans le Gard, Valérie Rouverand.

    L’extrême droite cherche un groupe

    La grande incertitude plane sur le score du Rassemblement National. Avec déjà 10,93% des voix en 2020, le RN, emmené cette année par la députée Sylvie Josserand, peut désormais compter sur des élus à Vauvert, Bagnols-sur-Cèze et sur ceux de l’opposition à Nîmes. Mais de nombreux maires se sont aussi présentés sans étiquette dans leur commune alors qu’ils sont sympathisants du RN. Difficile encore aujourd’hui d’évaluer leur nombre, mais les votes à bulletin secret lors des élections des intercommunalités prouvent qu’ils sont un nombre non négligeable. Ils pourraient même être suffisamment nombreux pour que le RN remporte le troisième siège. Un enjeu très important pour le parti d’extrême droite qui espère pouvoir créer pour la première fois un groupe au Sénat (10 sénateurs sont nécessaires pour cela) et ainsi préparer l’élection de Marine Le Pen à la présidentielle de 2027.

  • [Cinéma] À Frontignan, des spectateurs bluffés, des objectifs dépassés

    [Cinéma] À Frontignan, des spectateurs bluffés, des objectifs dépassés

    Un scénario parfaitement huilé. Au 12, quai Voltaire, au cœur des anciens chais Botta, Priscilla Schneider n’en croit pas ses yeux. À peine 8 mois après son ouverture en remplacement de l’ancien CinéMistral, son cinéma Quai des lumières cartonne.

    « Cette année, on en est déjà à 119 523 entrées alors qu’on tablait sur ce chiffre en fin d’année », calcule la directrice et associée. Ce n’est pas la seule à avoir le sourire. « Les gens sont bluffés. Ils nous disent qu’ils n’auraient jamais cru avoir cela à Frontignan. »

    Il faut dire qu’ils n’ont pas lésiné sur les moyens. Quatre salles pour un total de 600 places avec une qualité de son optimale (Dolby Atmos en salle 1), des écrans premium (jusqu’à 14 mètres) et une assise confortable. « Nous avons des fauteuils qui s’inclinent. On s’approche de la qualité de l’offre des multiplexes à des tarifs attractifs (de 4,5 à 9,5 euros) », se félicite Priscilla Schneider.

    Côté programmation, cette ancienne salariée du Diagonal à Montpellier est fière d’allier le cinéma d’auteur aux blockbusters. « J’aime bien l’idée de ne pas être dans un entre-soi, que tous les milieux sociaux se croisent. » Cette année c’est régulièrement le cas avec le succès de grosses machines (Avatar, Marsupilami, l’Odyssée…) mais aussi de films français (De la Comédie française, De Gaulle…) et d’art et d’essai à succès (Fjord, Soudain…).

    Un vrai pôle culturel

    Cette mixité se retrouve aussi lors des soirées débats. « On va parler de l’alcoolisme avec Garance [sortie le 23 septembre] mais un prof d’économie nous a aussi proposé un débat sociétal sur des films comme Spiderman ou Dune », illustre la directrice.

    Phénomène inattendu, Quai des lumières attire au-delà du bassin de Thau. « On a des Biterrois ou des Montpelliérains [avec la fermeture du Diago pour travaux, Ndlr] qui viennent. » Grâce au parking de 160 places, le lieu est facilement accessible. « On peut venir passer la journée en se baladant dans les salins ou sur les quais. »

    L’intégration du cinéma au pôle culturel des Chais du canal peut même ouvrir d’autres perspectives aux fins gourmets ou aux amoureux des lettres. Le complexe comprend la brasserie haut de gamme La cave à Nico et la librairie indépendante Les choses de la vie. Sans oublier l’école de documentaires Explore Academy d’où sortiront les réalisateurs de demain.

  • Les as mondiaux du trapèze volant ont rendez-vous à La Grand-Combe

    Les as mondiaux du trapèze volant ont rendez-vous à La Grand-Combe

    C’est un spectacle unique, suspendu entre ciel et terre, qui s’apprête à faire vibrer les Cévennes. Du lundi 7 au samedi 12 septembre, l’ancienne cité minière de La Grand-Combe accueille la deuxième édition de la convention internationale de trapèze volant. Une manifestation unique au monde organisée par l’association locale Les Lendemains, qui œuvre depuis plus de 20 ans au développement et à la transmission des arts du volant.

    « Les conventions existent depuis longtemps dans le milieu circassien, en jonglage par exemple, mais ça ne s’était a priori jamais fait dans le trapèze volant. On a donc eu l’idée un peu folle de lancer cette première convention en 2024 et ça a été très bien accueilli par les trapézistes comme par le public », confie Isabelle Challier, chargée de production et de communication de l’association. « L’idée est de se rencontrer entre trapézistes du monde entier, de partager nos techniques, qui diffèrent un peu selon les pays. C’est aussi de pratiquer sur des structures différentes à des hauteurs différentes, avec des formats différents. » L’événement étant lourd à organiser, en termes de logistique comme de budget, les organisateurs ont décidé qu’il aurait lieu une fois tous les deux ans. Le gratin du trapèze volant est donc de retour cette année dans les Cévennes.

    17 nationalités

    Du 7 au 12 septembre, plus d’une centaine de voltigeurs et porteurs de 17 nationalités sont attendus au centre culturel La Berline, dans le hameau de Chamclauson, pour une semaine de haute voltige ouverte au public. Toute la journée, les professionnels s’entraîneront en plein air sur six énormes structures montées pour l’occasion dans cette ancienne friche minière transformée en lieu culturel. « Les Siamangs, qui sont une école de cirque de la Drôme, viennent par exemple avec une structure unique qu’ils ont créée : le carrousel des trapèzes volants, qui comporte 28 trapèzes », illustre Isabelle Challier.

    Tout au long de la semaine, le public pourra découvrir, en immersion, les coulisses de cet art spectaculaire né en France il y a 160 ans. Une occasion rare de pénétrer dans un univers habituellement réservé aux professionnels. « Tous les jours, de 9h30 à 18h, les gens pourront assister gratuitement aux entraînements. On va installer plus de 200 transats sur le site et chacun pourra se poser sous l’une ou l’autre des structures et regarder ce qu’il s’y passe », décrit Isabelle Challier. Des rendez-vous sont par ailleurs organisés chaque soir. Les 7, 9 et 11 septembre, de 18h à 20h, les encadrants prolongeront la journée par des « masters », équivalent d’une battle de hip-hop entre pros du trapèze volant (gratuit). Spectacle de haut vol garanti ! Le 8 septembre, la compagnie Les Siamangs proposera, à 18h, son spectacle Pirate Party (gratuit) avant la projection, à 21h, du film Au fil de l’acrobatie, de Laurent Chevalier et Dominique Mauclair (tarif : 5 euros). Le 10 septembre à 18h, la compagnie suisse Zali présentera sa future création (gratuit) suivie, à 19h30, d’une conférence sur l’inventeur du trapèze volant, le Toulousain Jules Léotard, « avec une de ses descendantes qui viendra parler de l’histoire de son aïeul » (tarif : 5 euros). La convention se clora samedi 12 septembre sur une journée festive (8 euros tarif réduit, 12 euros tarif plein), avec baptêmes de trapèze volant (14h-16h30, à partir de 6 ans), derniers entraînements des artistes (17h), démonstration des jeunes élèves de La Grand-Combe (17h), spectacle The Gogo Home Project, de la compagnie berlinoise Gogo Home (18h) et enfin concert de Chabadass Tryo (21h), « un groupe local de reprises pop, rock, funk, très festif pour terminer en beauté ».

  • [Sénatoriales] Le périlleux pari de la gauche dispersée

    [Sénatoriales] Le périlleux pari de la gauche dispersée

    Le retrait des sortants aiguise les appétits individuels mais accentue le risque des désillusions collectives. Pour la gauche, le scrutin sénatorial du dimanche 27 septembre a tout l’air du piège.

    Tout d’abord, elle est sortie plutôt affaiblie des Municipales dans l’Hérault. Or, le corps électoral des 2 729 grands électeurs est largement constitué de délégués des conseils municipaux. Ajoutez à cela un mode de scrutin singulier (la proportionnelle de liste à un tour) et l’affaire se corse un peu plus.

    Au vu de son actuelle situation confortable (3 sièges sur 4), la gauche héraultaise semble avoir plus à perdre qu’à gagner face à une droite certes elle aussi divisée mais solide et une extrême droite qui ne cesse de progresser.

    Le fait que deux sortants (Christian Bilhac, PRG/RDSE et Henri Cabanel, DVG/RDSE) ne se représentent pas génère de l’incertitude. Une brèche vers le palais du Luxembourg dans laquelle de nombreux impétrants souhaitent s’infiltrer à gauche. Sans même compter les listes surprises qui pourraient être déposées en préfecture du 7 au 11 septembre, pas moins de 6 listes de gauche sont déjà annoncées dans l’Hérault.

    Embouteillage à gauche

    La liste qui semble favorite semble être celle menée par Hussein Bourgi. Allié à la vice-présidente de Métropole Julie Frêche (numéro 2) et soutenu par le PCF, le sénateur sortant peut compter sur un solide réseau d’élus notamment à Montpellier. Probablement suffisant pour conserver son siège. Pour en obtenir un second en revanche…

    Il faudra batailler avec les concurrents. À commencer par Florence Brutus (PRG). La vice-présidente de Région auprès de Carole Delga est soutenue par le sortant Christian Bilhac. L’ancien maire de Péret peut compter sur ses réseaux du monde rural.

    En probable 5e position (non éligible), le président du Département, Kléber Mesquida (DVG), en rupture avec la ligne du PS depuis son départ du parti à la rose, poussera la liste de l’élu héraultais, Aurélien Manenc. Lequel mise lui aussi sur la ruralité. Problème : la liste DVG dissidente d’Audrey Imbert, élue du canton de Mèze, vient compliquer la tâche.

    Enfin, les Écologistes et les Insoumis devraient partir séparés. Durant l’été, les premiers n’ont eu de cesse de faire les yeux doux aux seconds. En vain. La faute à la stratégie nationale autonome dictée par Jean-Luc Mélenchon. Massivement présente à ce scrutin, LFI n’a que peu de chance de succès. Dans l’Hérault, la mission s’annonce ardue pour l’élue municipale d’opposition à Castelnau-le-Lez, Alexia Laforge. Avec en tête de liste Agnès Gizard-Carlin (élue à Pezenas), les Verts chercheront eux aussi avant tout à tisser leurs réseaux et gagner en notoriété.

    Le RN tapi dans l’ombre

    Et la droite dans tout cela ? Au moins quatre listes devraient être en lice. Pourtant des ambitions ont pu être freinées. Un temps sur le coup contre le sortant Jean-Pierre Grand (Horizons), le délégué héraultais du parti d’Edouard Philippe, Jean-François Audrin, a renoncé. L’ex-UMP sera toutefois concurrencé à droite par Les Républicains. Leur liste sera menée par l’avocat et ex-porte-parole de l’association Non au béton, Alain Berthet. L’entrepreneur Joseph Francis devrait lui aussi mener une liste sans le logo UDI. Enfin, Malik Hamadache, adjoint au maire de Villeneuve-lès-Maguelone, devrait candidater pour Nouvelle Énergie, le parti de David Lisnard.

    La droite pourra compter sur les nombreux élus divers droite. Reste à savoir combien seront tentés par la liste RN de la députée Manon Bouquin appelée à dépanner suite au retrait (pour raisons médicales) du Sétois Sébastien Pacull qui avait été investi. Avec la prise d’Agde qui s’ajoute à l’emprise ménardienne dans le biterrois, le scénario d’un sénateur RN dans l’Hérault n’apparaît plus totalement farfelu.