Tag: Occitanie

  • « 1 + 1 = 11 », une exposition-atelier à hauteur d’enfants

    « 1 + 1 = 11 », une exposition-atelier à hauteur d’enfants

    Triste hasard, l’artiste, qui devait être présent à Montpellier le 18 avril pour l’inauguration, est décédé brutalement le 9 avril à l’âge de 50 ans, à la veille d’être fait chevalier des Arts et des Lettres. En concertation avec sa famille, le directeur du musée Parcelles 473, Laurent Rigail, galeriste et ami de longue date de Fabien Verschaere, a décidé de maintenir l’exposition prévue
    à Montpellier, qui revêt une dimension d’hommage à cet artiste aussi doué qu’atypique.

    Atteint d’une maladie génétique rare entravant sa croissance qui l’a contraint, enfant, à de longs séjours hospitaliers, Fabien Verschaere avait trouvé dans le dessin une échappatoire, un langage.

    « Un monde à la fois ludique et profondément poétique »

    Formé à l’École des Beaux-Arts de Paris, dont il sort diplômé en 2000, puis à celle de Nantes en 2001, il s’impose rapidement sur la scène contemporaine avec son esthétique faussement enfantine, si reconnaissable. « Un univers visuel foisonnant où se mêlent références médiévales, culture populaire, bande dessinée et univers de l’enfance », décrit Laurent Rigail. « Peuplant ses œuvres de créatures étranges et colorées, il explore les frontières entre rêve et cauchemar, humour et inquiétude, construisant un monde à la fois ludique et profondément poétique ».

    Pensée comme une véritable aventure immersive, cette exposition-atelier invite donc les enfants (à partir de 4 ans) et leurs familles à plonger dans l’univers singulier de Fabien Verschaere à travers un jeu-parcours évoquant une forêt enchantée peuplée de personnages mystérieux issus de l’imaginaire de l’artiste. « Tout au long de la visite, les jeunes participants sont invités à relever des défis, manipuler, expérimenter et faire des choix qui dessineront leur propre parcours jusqu’à un château miroitant », détaille Laurent Rigail. « Chaque visite devient ainsi une expérience unique où l’enfant n’est plus seulement spectateur mais acteur de l’œuvre ». Une belle idée de sortie culturelle pour les vacances !

    A.G.

    * 425 avenue des frères Bühler. Du mercredi au samedi 11h-18h ; le mardi et le dimanche : 14h-18h

  • La longue et très actuelle histoire du 1er-Mai

    La longue et très actuelle histoire du 1er-Mai

    S’attaquer au 1er-Mai, seul jour férié et chômé du calendrier, c’est piétiner l’Histoire de France. Si le gouvernement de Sébastien Lecornu a fait mine de reculer en ne soutenant pas la proposition de loi d’Ensemble pour la République (groupe macroniste de l’Assemblée nationale), il a décidé de le satisfaire en partie en rompant avec le respect de la Journée internationale des travailleurs et ce dès ce 1er-Mai et en préparant un projet de loi autorisant les artisans boulangers et fleuristes à faire travailler « leurs » salariés le 1er-Mai 2027. Le tout sur la base du « volontariat », dont on sait ce qu’il pèse dans un rapport de subordination, c’est-à-dire rien. La décision n’est pas anecdotique. C’est une brèche ouverte. Pour mesurer la gravité de ce geste politique du macronisme finissant, mais surtout pour replacer le 1er-Mai dans l’histoire des conquêtes sociales, un bref retour historique est d’intérêt public.

    Au cœur de la matrice du 1er-Mai figure une revendication aussi vitale que centrale : la journée de huit heures de travail à une époque, le XIXe siècle, où les 12 heures quotidiennes sont la norme minimale, six jours sur sept. Dès 1880, « le journal L’Egalité publie un programme élaboré à Londres par Karl Marx, Friedrich Engels, Paul Lafargue et Jules Guesde. La réduction légale de la journée de travail à huit heures y figure comme l’une des principales revendications de son volet économique » relate l’Institut d’Histoire Sociale (IHS), rattaché au syndicat CGT. C’est lors des célébrations du centenaire de la Révolution française, en 1889, que « l’idée d’un mouvement national à date fixe prend corps ».

    En juillet 1889, le IIe Congrès international socialiste réunit à Paris 377 délégués venus du monde entier. Ils votent le 20 juillet une résolution qui marque la naissance officielle du 1er-Mai. Ce texte appelle les travailleurs à organiser « une grande manifestation internationale à date fixe de manière que, dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail ». L’IHS complète : « Au cours des débats, la date retenue fut fixée au 1er mai, en référence à la décision, prise en 1888 par lAmerican Federation of Labor lors de son congrès de Saint-Louis, de faire du 1er mai 1890 un temps fort de lutte pour la journée de huit heures. » En France, le deuxième 1er-Mai, en 1891, demeure dans la mémoire collective : à Fourmies, dans le nord, l’armée tire sur la foule qui revendique la journée de huit heures. Même revendication le 1er-Mai 1906, où la CGT fait de la journée de huit heures le cœur de manifestations grandioses mais aussi meurtrières notamment à Paris. Une année marquée par la pire catastrophe minière à Courrières (Pas-de-Calais) qui fit 2 000 morts.

    Il faudra attendre 1919 pour conquérir les huit heures. La montée du fascisme puis du nazisme accélère l’histoire avec la construction du Front populaire. Le 1er mai 1936 annonce les grandes grèves et les accords de Matignon de juin avec la semaine de 40 heures, les congés payés… Des conquêtes que l’État collaborationniste dirigé par Pétain veut détruire en instaurant « la Fête du travail » en 1941. Après la Victoire sur le nazisme, le 1er-Mai retrouve figure humaine et, en 1947, le ministre communiste du Travail Ambroise Croizat le rend férié, obligatoire, chômé et payé. C’est toujours le cas en dépit de l’offensive des droites et de l’extrême droite en 2026. La guerre d’Algérie est un prétexte pour interdire, à Paris, les défilés du 1er-Mai de 1954 à 1967 ! La CGT décide en 1967 « de reconquérir les rues de Paris en lançant un appel à manifester de la République à Bastille ».

    Parmi les autres grands 1er-Mai figure 2002. Un marée humaine anti Jean-Marie Le Pen (FN), qualifié pour le second tour de la présidentielle. Vingt-quatre ans plus tard, le mouvement social est plus que jamais antifasciste alors que l’extrême droite toque aux portes de l’Élysée à moins d’un an du scrutin.

    LES RENDEZ-VOUS

    Marseille à 10h30 au Vieux-Port. Martigues à 10h, place Jean-Jaurès. Aix-en-Provence à 10h30, place de la Rotonde. La Ciotat à 10h30 à l’Union locale. Tarascon à partir de 10h30 à la gare. Salon-de-Provence à 10h, devant la mairie. Port-de-Bouc à 10h, parking des Sardinades. Port-Saint-Louis à 10h à la Bourse du Travail. Arles à 10h30, place de la République. Toulon à 10h30 à la Bourse du travail. Draguignan à 10h30 à la Bourse du travail. Saint-Raphaël à 10h30 au rond-point Kennedy. Avignon à 10h30, cours Jean-Jaurès, puis cortège vers le Palais des Papes. Digne-les-Bains à 10h30, place Général-de-Gaulle. Manosque à 11h place Rossini. Gap à 10h place de la République. Briançon à 10h30, esplanade de la mairie.

    PAROLES DE SYNDICALISTES

    Sabrina Manca, Secrétaire de l’Union départementale CGT Bouches-du-Rhône

    « Ce 1er-Mai est l’occasion de rappeler l’héritage des luttes ouvrières. Il ne faut pas oublier d’où il vient, que c’est un des seuls jours fériés, chômés et payés ! Ce n’est pas une fête, c’est un moment de lutte pour les droits des travailleurs, c’est une bataille qui a été menée par nos anciens. Il y a eu des morts pour nos droits. On continuera à se battre pour garder ce jour non travaillé, on ne le lâchera pas, d’autant que le gouvernement a voulu passer une mesure de travail pour le 1er-Mai. La mobilisation les a fait reculer, mais on sait qu’ils n’ont pas oublié et qu’ils reviendront à la charge en 2027. Si on perd le 1er-Mai, les travailleurs auront beaucoup perdu. »

    Propos recueillis par Amaury Baqué

    Patrick Vaniscotte, Membre du bureau départemental CGT Vaucluse

    « Le 1er-Mai est un symbole important pour les travailleurs. Et aujourd’hui, il est directement attaqué, en voulant imposer le travail à plus d’un million de personnes. On ne laissera personne supprimer cette journée de lutte. Une journée de mobilisation pour les salaires, la justice sociale, la défense des services publics, mais aussi la paix et la solidarité entre les peuples. Car ce sont les travailleurs et les civils qui trinquent. Sans oublier de rappeler la totale opposition aux valeurs et aux principes de l’extrême droite. On voit une partie de la droite aller dans ce sens, comme le montre le rapport de Charles Alloncle (UDR) contre l’audiovisuel public. Il faut refuser cette extrême droitisation de la vie politique. »

    Propos recueillis par Mack Salman

    Stéphane Martins de Araujo, Secrétaire général CGT ArcelorMittal Fos-sur-mer Bouches-du-Rhône

    « Le gouvernement attaque tous nos conquis sociaux et casse le monde du travail, tout ça pour rentrer de l’argent dans les caisses de l’État et le dilapider en aides aux entreprises. Heureusement que les camarades se sont levés avec certains élus pour faire reculer le gouvernement sur le 1er-Mai. Un peu comme les miniers, les métallos ont travaillé longtemps dans des conditions pas possibles avec des salariés qui venaient au travail et n’allaient pas au bout de leur vie. Ils se sont mobilisés pour qu’on aille mieux. On continue ces luttes pour améliorer la sécurité et la santé au travail. On se battra comme nos aînés pour travailler pour gagner notre vie et pas pour la perdre. »

    Propos recueillis par Antonin Maja

    Sylvain Moretti, Secrétaire départemental de la CGT Alpes-de-Haute-Provence

    « Le 1er-Mai appartient aux travailleurs, il est donc hors de question de se le faire voler par la droite et l’extrême droite ! Les mobilisations de demain ont pour objectif d’affirmer que le 1er-Mai restera pour tous et toutes une journée fériée chômée et payée ! Dans le même temps, la volonté de la CGT 04 est aussi de faire de cette mobilisation très attendue dans un contexte où le prix des carburants explose et pénalisent fortement celles et ceux qui tous les jours utilisent leur véhicule pour aller travailler, le point de départ d’un processus pour le blocage des prix du carburant et des augmentations de salaire. Les travailleurs n’ont pas à choisir entre conduire et manger ! »

    Propos recueillis par Lisa Défossez

    Pascal Maestracci, Secrétaire régional de la CGT construction bois et ameublement Paca

    « Ce 1er-Mai sera plus revendicatif que jamais puisque Gabriel Attal, président du groupe Ensemble pour la République à l’Assemblée nationale, a tenté de faire passer une loi sur ce jour chômé, le plus symbolique pour les travailleurs. Ce gouvernement a déjà essayé de nous enlever deux jours fériés. Nous continuerons sans relâche à défendre nos droits, à lutter contre cette volonté d’exploitation des classes laborieuses par les plus riches. Nous restons vigilants sur la déréglementation insidieuse du Code du travail. Elle n’est jamais favorable au salarié. On l’a vu sur Plan-de-Campagne : au début, c’était le dimanche sur la base du volontariat, et au final, c’est devenu un jour normal. On ne lâchera jamais le 1er-Mai. »

    Propos recueillis par Myriam Guillaume

    Richard Roméo-Giberti, Secrétaire de l’Union départementale CGT Var

    « C’est une journée pour les droits des travailleurs, et ce jour-là dans le monde entier les gens manifestent de manière coordonnée. Et dans une période où le pouvoir d’achat est attaqué, la crise des énergies grève le portefeuille de tout le monde, le gouvernement et ses alliés, la droite et l’extrême droite, ont secoué l’épouvantail du 1er-Mai et ont ouvert des brèches pour que puissent travailler des salariés. C’est conforme à leur grand projet qui est d’entamer toujours davantage les droits acquis des travailleurs. Lorsqu’ils vont s’attaquer à la cinquième semaine de congés payés j’espère que tout le monde ne trouvera pas ça normal. Alors, manifestons et soyons nombreux ! »

    Propos recueillis par Thierry Turpin

    Alain Tournay, Secrétaire départemental de la FSU Var

    « Ce 1er-Mai est un peu particulier, puisque le gouvernement, aidé par la droite la plus dure et l’extrême droite, voulait nous le voler. Aujourd’hui, grâce à la mobilisation, on a gagné le droit de continuer à avoir ce jour férié. Mais rien n’est joué, puisque de toute façon, ils vont réaborder ça l’an prochain. On veut rappeler que le 1er-Mai, ce n’est pas juste une tradition, c’est une journée de lutte. C’est pour ça qu’on veut un 1er-Mai le plus unitaire et le plus populaire possible. »

    Propos recueillis par T.T.

    Guillaume Pascal, Secrétaire général UD CFDT Bouches-du-Rhône

    « Le 1er-Mai est une journée internationale, fêtée dans 180 pays dans le monde, ce n’est pas une exception française. Aujourd’hui, il est attaqué, fragilisé. Et à force de dérogations : juste pour les fleuristes, juste pour les boulangers, juste ceux qui veulent, ça finit par juste tout le monde ! Ça a commencé avec Sarkozy et le travail du dimanche, ensuite les ordonnances Macron ont grignoté, jusqu’où va-t-on aller ? C’est encore un mépris des syndicats et des travailleurs. » A.B.

    Franck Balliot, Co-secrétaire général FSU Bouches-du-Rhône

    « On est dans une crise profonde du néolibéralisme, il y a une fuite avant du capitalisme. On le voit avec la position du gouvernement qui demande à ses agents du ministère du travail de ne pas sanctionner certaines entreprises lors des contrôles du travail à ce 1er-Mai, donc il leur demande de ne pas appliquer la loi. À côté de ça, les dépenses militaires augmentent, notre slogan pour ce 1er-Mai est donc de «financer les salaires, pas la guerre». »

    Propos recueillis par A.B.

    Etienne Raoul, Secrétaire général Force ouvrière Vaucluse

    « C’est une journée historique, 120 ans après les manifestations pour la journée de huit heures. La journée des travailleurs, ce n’est pas une journée de fête. Il faut rappeler que le budget de la défense dépasse celui de l’Éducation nationale, ce qui est inacceptable. On demande le maintien inconditionnel du caractère férié et chômé du 1er-Mai. Le volontariat le 1er-Mai, ça n’existe pas. Et on continuera à combattre les gouvernements, quels qu’ils soient. »

    Propos recueillis par M.S.

    Alexandra Pourroy, Représentante syndicale CGT poste et télécommunications (FATP) Hautes-Alpes

    « Le gouvernement a essayé de supprimer le 1er-Mai très récemment, et il y a encore des discussions en cours là-dessus dans certains secteurs, ça en fait donc un symbole particulier cette année. On le voit, sans cesse, les droits des travailleurs reculent, ceux des travailleuses je n’en parle même pas… Mais nous tenons à montrer qu’il y a toujours des gens qui veillent sur ces acquis sociaux et qui sont prêts à se mobiliser. »

    Propos recueillis par Ange Fabre

    Sylvain Bartet, Secrétaire départemental FSU Vaucluse

    « Cette journée n’a aucun équivalent, ni en termes symboliques, ni en termes pratiques. S’y attaquer est une offensive idéologique, presque une bataille culturelle. Et ce, de la part des députés macronistes, de droite et d’extrême droite. Ce qui est à nouveau la preuve de l’imposture sociale de l’extrême droite. Car ils sont contre le modèle social, la protection sociale, les droits sociaux. D’autant que cette journée arrive dans une situation très grave d’un point de vue économique, du fait des nombreux conflits. »

    Propos recueillis par M.S.

  • L’art aborigène dévoile la grammaire secrète de sa culture millénaire

    L’art aborigène dévoile la grammaire secrète de sa culture millénaire

    C’est une immersion dans une autre culture que propose le musée de Lodève, qui accueille jusqu’au 30 août une centaine d’œuvres, peintures et sculptures, issues des communautés aborigènes d’Australie, réalisées entre les années 1990 et 2000. Conçue en partenariat avec l’Institut pour les échanges culturels de Tübingen et la collection d’Alison et Peter W. Klein à Eberdingen (Allemagne), cette exposition est une rareté : « On a peu d’art aborigène en France, et il est surtout concentré dans deux grandes institutions : le musée des Confluences à Lyon et le Quai Branly à Paris. Ce n’est pas évident d’arriver à réunir une centaine d’œuvres, c’est une belle chance », souligne la directrice du musée de Lodève, Aurosi Moreno.

    Bien plus qu’une simple tradition picturale, l’art aborigène constitue un système de connaissance et de croyances, un modèle de vie qui a guidé les communautés depuis 65 000 ans. « Cette pratique artistique est liée à une culture millénaire qui a un lien très fort à son territoire. Un territoire qu’elle préserve, dont elle est le gardien. Pour nous c’est de l’art, mais pour eux cela revêt une dimension à la fois culturelle et spirituelle, c’est un cérémonial, des récits englobés sous un concept appelé “Le temps du rêve” », détaille Aurosi Moreno. « Ce “temps du rêve”, c’est l’histoire mythologique des grands ancêtres totémiques australiens qui ont parcouru le pays, façonné le paysage mais aussi créé des lois, inscrites dans des rites, des chants, des danses. C’est tout ça que contiennent ces œuvres. Cette peinture si belle, si graphique, parle de leur terre car c’est un peuple nomade et la connaissance de ce territoire est un moyen de survie », poursuit la directrice. La diffusion de l’art aborigène s’est en effet imposée comme un moyen de préserver et transmettre des savoirs culturels menacés. « La vente de leurs œuvres constitue l’une des principales ressources économiques » des Aborigènes, complète Aurosi Moreno. Lesquels qui ne représentent plus que 3% de la population australienne (selon un recensement de 2011).

    « Une cartographie sensible de leur territoire »

    La grande diversité de ces œuvres provenant de régions différentes rappelle que l’Australie n’a jamais constitué un pays unique. « On devrait parler “d’arts aborigènes” au pluriel, car avant la colonisation [à partir du XVIIIe siècle, Ndlr], il y avait 250 communautés distinctes, donc autant de langues, de rêves, de récits, de motifs différents », souligne la directrice. Les artistes de cette exposition appartiennent ainsi à des groupes linguistiques et des identités claniques spécifiques (Pintupi, Pitjantjatjara, Warlpiri, Gija ou Yolngu), chacun avec son héritage créatif et ses responsabilités envers sa Terre.

    « Les petits pointillés, c’est plutôt le centre de l’Australie, au niveau des déserts, du bush ; les motifs avec de fines rayures, c’est plutôt le nord : il y a aussi les traditions anciennes de peinture sur écorce de l’Arnhem Land », décrit la directrice. « C’est une véritable grammaire de symboles. Le cercle désigne un point d’eau, un ancrage, un lieu sacré. Les lignes sont des chemins codifiés. » Loin d’une représentation naturaliste et occidentale du monde, les artistes aborigènes « élaborent des cartes mêlant topographie et mythologie, espace et temps, dans une cartographie sensible et précise de leur territoire. (…) Cette exposition nous enseigne qu’une autre relation au territoire, à la Terre, est possible, où l’Homme ne possède pas la Terre, mais vit en symbiose avec elle. Une thématique qui vient faire écho au musée de Lodève, dont les collections témoignent d’un territoire, de son évolution et de l’impact de l’homme sur les paysages. »

    * Du mardi au dimanche 10h30-13h, 14h-18h.
    Fermé le lundi.

  • [Entretien] Sylvain André : « La ruralité n’est pas une variable d’ajustement »

    [Entretien] Sylvain André : « La ruralité n’est pas une variable d’ajustement »

    La Marseillaise : Les arbitrages européens se discutent. De quoi parle-t-on ?

    Sylvain André : Les négociations du prochain Cadre financier pluriannuel de l’Union européenne sont en cours. Sur 2 000 milliards d’euros, une enveloppe de 865 milliards sera consacrée aux plans de partenariats nationaux et régionaux (PPNR) dont 81 milliards pour la France. Ce qui m’intéresse, c’est la répartition de ces fonds pour la ruralité sur la période 2028-2034.

    Quel est l’enjeu pour la ruralité gardoise ?

    S.A. : Le programme européen Leader est géré localement par les Groupes d’action locale (GAL) où siègent des privés et des élus [et peuvent apporter jusqu’à 4 euros européens pour 1 euro national, Ndlr]. Cela permet le financement de projets ruraux vertueux d’intérêt économique, touristique, solidaire tels que : une épicerie de village, un point multiservices (restaurant, relais Poste…), un festival du vivant (Cévennes), de l’artisanat, des jardins partagés, une halte randonneurs, des études sur des cépages anciens, un atelier de transformation de jus de pomme… Ce sont des projets très concrets pour les habitants. Or, nous sommes inquiets pour le fléchage des crédits, ce n’est pas bien clair pour les fonds Leader qui font partie du Feader.

    Dans le Feder, il y a aussi tout
    ce qui est lié à la forêt…

    S.A. : Tout à fait. Toute la filière forêt est déjà le parent pauvre et il pourrait y avoir des baisses de dotations. On parle du financement pour les pistes DFCI (voies de défense des forêts contre l’incendie), des dessertes, de la protection de la biodiversité (Natura 2000). La filière bois doit aussi être développée dans le Gard, notamment les Cévennes. Je ne veux pas que la ruralité soit la variable d’ajustement de leur politique ou pour financer les guerres.

    Qu’est-ce qui vous fait penser
    que les enveloppes pourraient baisser ?

    S.A. : Avant nous avions 14 programmes européens, désormais tout est regroupé dans un seul PPRL. On sait qu’il sera de 81 milliards pour la France dont 50 d’aides directes (notamment la politique agricole commune) et 5,6 de fonds climat. Les 25 restants du Feder, on ne sait pas où ils iront. Ça nous inquiète pour le programme Leader. En additionnant tous les programmes, on a du mal à retrouver nos petits. Je gère un village de 1 600 habitants, je ne suis pas un expert de la finance européenne. Je dis, attention à ne pas abandonner des programmes pertinents, à ne pas sacrifier la ruralité. Un premier fléchage devrait être donné en juin. Je vais en discuter avec la députée européenne Chloé Ridel (PS). J’ai interpellé les sénateurs Denis Bouad (PS), Laurent Burgoa (LR) et le ministre de la ruralité, Michel Fournier. Un mail de l’AMR30 informera les maires le 24 avril.

  • [Tourisme] Le nombre de réservations impacté par le prix de l’essence

    [Tourisme] Le nombre de réservations impacté par le prix de l’essence

    Alors que la hausse du coût du carburant impacte nombre de professions, en témoignent les diverses mobilisations qui ont essaimé dans l’Hexagone ces derniers jours, qu’en est-il pour les vacanciers ?

    Dans le secteur du tourisme, certains semblent avoir pris les devants, à l’instar du camping Maïana, à La Grande-Motte, où les gérants ont mis en place une ristourne sur le carburant. Pour une semaine de réservation complète cet été, les futurs touristes pouvaient recevoir un bon d’achat d’une valeur comprise entre 30 et 80 euros.

    À l’aune de la saison estivale, d’autres dispositifs émergent pour tenter d’attirer la clientèle. « Nous avons un rôle à jouer pour maintenir le pouvoir d’achat. Chacun fait son truc. Par exemple, j’ai décidé de ne pas augmenter le prix de la restauration et de baisser celui de certaines boissons. D’autres mettent en place des bons d’achat sur le gasoil mais cela reste marginal », développe Philippe Robert, président de la Fédération de l’hôtellerie de plein air d’Occitanie et gérant du camping 4 étoiles La Méditerranée, à Vias. Tous espèrent que la guerre et l’augmentation du prix du carburant seront de courte durée et qu’ils pourront faire le plein au cœur de l’été. « Sur le début de l’année, les réservations étaient bien engagées, à un niveau similaire à 2025, une très bonne saison pour le tourisme. Mais depuis un mois et demi, il y a un ralentissement dû à la guerre. Ce qui se traduit par une baisse des réservations et un changement de comportement : les gens séjournent plus près, des établissements ont eu des annulations justifiées par le fait qu’ils se trouvaient trop loin », observe Philippe Robert. D’autres encore préfèrent partir moins longtemps. Preuve que le porte-monnaie pèse sur le choix des vacances : « On observe un regain d’activité sur le camping avec emplacements nus, l’offre la plus accessible », note Philippe Robert.

    « Un effet ciseau »

    Des tendances qui semblent se restreindre à la France. « Nous travaillons beaucoup avec des Allemands, des Hollandais : eux sont au rendez-vous. Seuls les Français pêchent, c’est étonnant », précise Philippe Robert. Néanmoins, ces réticences impactent les professionnels. « Les réservations sont bonnes pour les mois de mai et juin, mais nous avons des difficultés sur la haute saison, alors que nous sommes déjà complets en temps normal », poursuit le président de la fédération. Au point d’avoir un impact sur l’emploi ? « On reste prudent et on regarde nos dépenses car on a bien compris que tout peut arriver à tout moment. On n’a aucune visibilité contrairement aux autres années. Il y a une part de risque et on est prudent sur les embauches. »

    Le gérant de camping veut croire en sa bonne étoile en tablant notamment sur le fait que des Français, partant initialement à l’étranger, se rabattent sur l’Hexagone. « Il y a aussi un effet ciseau. On voit qu’il est compliqué de partir du fait du problème de pouvoir d’achat mais, d’un autre côté, avec ce climat anxiogène, on a besoin de s’échapper, de partir », soutient Philippe Robert.

    Toutefois, ces changements de comportement sont à l’œuvre depuis la crise sanitaire, amplifiée avec la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine. Les gens partent moins longtemps et plus près pour un tourisme plus vert. Cette nouvelle hausse à la pompe ne serait-elle pas l’accélération d’un changement inéluctable ?

  • Région Occitanie : « Changer la vie » et lutter contre les idées reçues

    Région Occitanie : « Changer la vie » et lutter contre les idées reçues

    Trente mille habitants rencontrés lors de 330 manifestations, 5 000 questionnaires remplis qui ont donné lieu à 1 500 propositions. Voilà en quelques chiffres le bilan 2025 de la première édition de l’opération « La Région à vos côtés ».

    Décriée par l’opposition (droite, RN) pour son coût (310 000 euros) et son côté communication, la seconde tournée vient de débuter. Jusqu’à mi-juillet, les élus d’Occitanie vont aller à la rencontre* des habitants sur les marchés, dans les gares, les parkings de supermarché, les universités, les salons ou dans des événements spéciaux tels que la fête de la transhumance. L’objectif est triple : leur expliquer ce que fait concrètement la Région Occitanie qui fête ses 10 ans, recueillir leurs doléances et tordre de cou à certaines idées reçues propagées notamment par l’extrême droite.

    « Nous reprenons le chemin du terrain », synthétise la présidente Carole Delga (PS). Une initiative « unique en France » d’autant plus « nécessaire » au vu du « désamour » qui grandit entre élus et citoyens. Paradoxalement, ces derniers seraient demandeurs de contact direct. « L’an passé, ils ne nous fuyaient pas et venaient nous questionner quel que soit leur âge », se souvient l’écologiste Zina Bourguet.

    20 spécialistes recrutés dans les hôpitaux

    Cet exercice de « démocratie participative » a permis de « conforter certaines de nos intuitions devenues des certitudes », résume Christian Assaf (PS). Par exemple le fait que les transports, le pouvoir d’achat ou la santé sont les priorités des habitants. Mieux sonder leurs attentes a permis d’ajouter 20 spécialistes dans 12 hôpitaux aux 150 médecins recrutés par la Région dans les maisons de santé. Plutôt agréablement surpris de la démarche, les sondés ont aussi fait part de leurs mécontentements. « Souvent les trains en retard et la paperasse administrative », observe Carole Delga. Cela a permis à la Région de développer l’application Fairtiq pour avoir tous les tarifs des trains ou d’instaurer le TER à un euro pour les clubs sportifs.

    Aller à la rencontre des citoyens permet aussi de « démonter les contrevérités de l’extrême droite qui réécrit l’Histoire », insiste Carole Delga, attachée à la décentralisation. Et de rappeler, ajoute Jérôme Monamy (PCF), que « le RN vote contre le TER à un euro » ou que la première mesure du nouveau maire RN de Carcassonne est un « arrêté anti-pauvres ».

    * Premières dates : marché de Lodève (25 avril), gare Saint-Roch à Montpellier (28 avril), marché de Méjannes-le-Clap (27 avril)
    et du Vigan (5 mai).

  • LGV : des forages autorisés, la source d’Issanka en danger ?

    LGV : des forages autorisés, la source d’Issanka en danger ?

    Le projet est toujours dans les cartons mais a déjà son lot de détracteurs. Le chantier de la future ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP), dont la phase 1 doit débuter en 2029, est sous le feu des critiques depuis qu’un arrêté préfectoral de déclaration d’utilité publique autorise des forages et sondages pour recueillir des données destinées à étudier la faisabilité du projet.

    Concrètement, le texte autorise « la réalisation de trois sondages de reconnaissance destructifs avec tubage à l’avancement d’une profondeur maximale de 80 mètres à proximité du profil géophysique ; la réalisation de deux forages carottés de 20 mètres de profondeur ; la réalisation d’une quinzaine de sondages destructifs de 1 à 1,5 m de profondeur répartis sur la zone d’affleurement ou à défaut, des fosses d’infiltration ». Sauf que cette autorisation empiète sur le périmètre de protection de la source d’Issanka, seule ressource d’eau potable de Sète, elle-même protégée par un arrêté de déclaration d’utilité publique (DUP) de 1988. « Or dans ce périmètre de protection, des règles s’appliquent. Il y a une liste d’activités interdites avec les forages. Les mêmes que l’arrêté entend autoriser pour
    le chantier
     », observe Laura Seguin, conseillère d’opposition à Sète et à l’Agglo. Dans un contexte de raréfaction de la ressource en eau, l’arrêté a de quoi poser question. « Il est important avant tout de préserver notre ressource en eau. Selon l’arrêté, il s’agirait de bien connaître, comprendre, etc. Mais on sait bien qu’il y a des risques. Ce n’est pas pour rien que ces règles existent, il y a des risques de pollution », insiste Laura Seguin. Pour preuve, l’élue met en avant un rapport d’octobre 2025 de la Commission locale de l’eau (CLE) du Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (Sage) des bassins-versants de la lagune de Thau et de l’étang d’Ingril. Dans ce dernier, « la CLE identifie que les travaux inscrits dans le dossier sont incompatibles avec [la préservation des ressources locales en eau douce et la sécurisation de l’alimentation en eau du territoire, Ndlr]. La CLE du Sage Thau-Ingril émet donc un avis défavorable sur le dossier d’enquête préalable à l’autorisation environnementale des interventions préparatoires de la phase 1 de la LNMP », précisait à l’époque le président du CLE, Michel Garcia.

    Les élus sétois opposés

    Mais force est de constater que la préfecture ne l’entend pas de cette oreille. « L’économie générale du projet initial de la DUP du champ captant d’Issanka de 1988 n’est pas bouleversée par la réalisation des investigations à cette étape du projet. Celles-ci permettront d’améliorer la connaissance de la ressource en eau et d’assurer la préservation du captage […] Il n’y a pas lieu de modifier la délimitation du périmètre de protection rapprochée », fait valoir le service de l’État.

    Bien que la CLE n’ait qu’un avis consultatif, ce dernier est issu d’un compromis entre toutes les parties. « La CLE est chargée d’élaborer le Sage avec des orientations de gestion, notamment la protection de la ressource. Le schéma est élaboré par un parlement local de l’eau réunissant des élus, l’État, des représentants d’usagers. On voit que l’État choisit de passer outre cette orientation issue d’une démocratie locale, on le déplore », soupire Laura Seguin, qui milite pour un tracé alternatif de la LNMP.

    L’élue de Nouvelle page n’entend pas baisser les bras. Le 20 avril, en conseil municipal de Sète, elle a déposé une motion afin d’exiger le « strict respect de la déclaration d’utilité publique de 1988. » « L’enjeu de la protection de la ressource dépasse les sensibilités politiques. On peut tous s’accorder pour dire d’une seule et même voix qu’on veut préserver notre ressource », soutient-elle. Et de fait : le maire LR Hervé Marquès avait lui même formulé une motion similaire. D’un commun accord, les deux parties se sont donc entendues pour déposer une motion commune lors du conseil d’Agglo du 23 avril afin de constituer un groupe de travail sur les conséquences de la LNMP sur le périmètre de protection d’Issanka.

  • À Béziers, pas de classement Rep+ pour La Dullague et Lucie Aubrac

    À Béziers, pas de classement Rep+ pour La Dullague et Lucie Aubrac

    Voilà huit ans que dure le combat des collèges Lucie-Aubrac et la Dullague, à Béziers, pour être rattachés aux réseaux d’éducation prioritaire renforcée (Rep+), ce qui se traduit par l’octroi de moyens supplémentaires aux établissements concernés. Mais les Biterrois devront encore patienter. En effet, la demande est restée lettre morte, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, évoquant dans un courrier un délai trop long pour réformer la carte Rep +, incompatible avec le devoir de réserve pour les élections de 2026 et 2027. Il serait toutefois utile de rappeler au locataire de la rue de Grenelle que la dernière réforme de l’éducation prioritaire date de 2014, année d’élections municipales, européennes et sénatoriales…

    Un pôle annoncé

    Car les besoins sont criants. « Nous faisons partie des quartiers les plus pauvres de France. Hors éducation prioritaire, nos collèges sont les plus défavorisés de France », se désole Corentin Coko, coprésident du conseil local FCPE-La Dullague. Néanmoins, des moyens supplémentaires ont été annoncés à la rentrée prochaine. Au premier rang desquels l’ouverture d’un pôle éducatif et médico-social comprenant un assistant social, un psychologue de l’Éducation nationale ainsi qu’un infirmier. « Beaucoup de familles ont besoin d’être aidées dans des démarches médico-sociales, demander un aménagement pour les enfants, etc. Ces postes sont essentiels pour les élèves mais à voir comment ça se concrétise, s’ils arrivent à recruter », soupire un professeur de l’établissement, qui a souhaité garder l’anonymat.

    Les professeurs recevront quant à eux une prime mensuelle de 120 euros pendant 10 mois ainsi que des points bonus de mutation. « Si on a choisi de s’engager dans l’Éducation nationale, c’est pour faire en sorte que les élèves soient au cœur de notre métier mais on a l’impression qu’on nous gère plus comme une entreprise et qu’on oublie les enfants et leur réussite en nous donnant quelques sous et des points pour partir », pointe l’enseignant. De timides moyens, bien loin du classement Rep+. « On ne va pas lâcher le morceau. Le Rep+ concerne aussi les écoles primaires, dont les classes de CP et CE1 peuvent être dédoublées », indique Corentin Coko. Et ainsi permettre à des gamins d’arriver à lire et écrire correctement lors de leur arrivée dans des collèges où le taux de réussite au brevet peine à dépasser les 50%

  • LGV : le PCF veut remettre l’État sur les rails

    LGV : le PCF veut remettre l’État sur les rails

    Bordeaux-Toulouse (2033) puis Montpellier-Perpignan (2040). Maintes fois retardés, les deux projets de Ligne à grande vitesse (LGV) sont censés être sur de bons rails depuis que la clé de financement a été trouvée (40% État, 40% collectivités et 20% Europe). Et pourtant…

    Depuis quelques mois, l’État traîne à ce point des pieds que les élus régionaux des groupes communistes, républicains et citoyen (CRC) d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine ont décidé conjointement de tirer le signal d’alarme mi-avril. « Le maillon faible c’est le ministère. L’État n’est pas au rendez-vous ! », s’inquiète Jean-Luc Gibelin (PCF).

    Le vice-président régional aux transports est formel : « Tout le monde a payé ses appels de fonds réguliers sauf l’État. » Ils concernent la ligne du Grand Sud-Ouest Bordeaux-Toulouse. Et s’ils ont pour l’heure été compensés par la trésorerie de la Région, la situation inquiète. D’autant que le Conseil d’orientation des infrastructures (COI), s’il confirme l’utilité de la ligne, a fait savoir que la participation de l’État sera « difficilement mobilisable » dans le contexte budgétaire actuel et dans ce calendrier jugé « irréaliste ».

    L’hypothèse d’un PPP rejetée

    Pour ne pas avoir à payer maintenant, Bercy commence à faire entendre la petite musique d’un Partenariat public privé (PPP) qui permettrait à l’État, suppléé par une multinationale (Vinci ou autre), de ne régler sa note qu’à la fin du marché. Hors de question, prévient Jean-Luc Gibelin dans la droite ligne de la position de la présidente occitane, Carole Delga (PS). « C’est de la cavalerie ! » Selon l’élu communiste, cette « vision court-termiste » aurait deux inconvénients majeurs. Le premier serait un surcoût du projet évalué à 7 milliards d’euros dont 4,5 pour l’entreprise qui entrerait au PPP. Car « il faudrait clore les 180 marchés déjà passés sur Bordeaux-Toulouse (autour de 70-80 pour Montpellier-Perpignan) ». Le second serait un retard d’au moins 2 ans.

    En ce qui concerne la ligne Montpellier-Perpignan, dont la concertation publique vient de débuter, pas encore de mauvais signaux mais les finances rabougries de l’État peuvent laisser craindre une logique identique le moment venu. « On est très mobilisés. Il n’est pas question de laisser faire, laisser penser qu’on pourrait peut-être faire autrement », prévient Jean-Luc Gibelin.

    Mardi 21 avril, une rencontre était prévue entre Carole Delga et le Premier ministre. Elle a été reportée pour un imprévu dans l’agenda de ce dernier sans que, pour l’heure, une autre date ne soit fixée. Après avoir voté un vœu en février, le Conseil régional d’Occitanie pourrait remettre les LGV à son prochain ordre du jour le 4 juin. Histoire de maintenir la pression.

  • Montpellier, une hausse d’impôts à la Métropole ?

    Montpellier, une hausse d’impôts à la Métropole ?

    Dix jours après le débat d’orientation budgétaire (DOB) de la Ville de Montpellier, place à celui de la Métropole, ce 21 avril, pour les 102 élus communautaires. Dans un contexte budgétaire dégradé, le vice-président délégué aux Finances a annoncé la couleur. « La situation financière des collectivités n’est pas facile, ici comme ailleurs. Cela nous impose une gestion extrêmement précise et rigoureuse pour que chaque euro dépensé le soit utilement », fait valoir Renaud Calvat, également maire PS de Jacou.

    En effet, la collectivité socialiste va devoir composer avec moins de recettes de l’État, notamment via la Dotation globale de fonctionnement (DGF). « Depuis 12 ans, nous sommes la métropole qui touche la DGF par habitant la plus basse de France. Par exemple, Lille touche 167 euros tandis que nous en avons 85. Nous ne demandons pas d’être au même niveau, mais d’avoir la même moyenne nationale, ce qui nous permettrait de récupérer 20 millions d’euros », précise Renaud Calvat. Le président Michaël Delafosse ira d’ailleurs à Paris le 4 mai afin de négocier avec Bercy à ce sujet. Autre difficulté, l’augmentation des ponctions de l’État de 12,4 millions d’euros.

    Le budget prévisionnel de 2026 est donc moins ambitieux que celui de la précédente mandature. Notamment en termes de dépenses d’équipement, revues à la baisse. « Entre 2020 et 2024, le budget équipement dépassait les 400 millions d’euros. Ça, c’est fini, notamment car une grande partie des travaux a été réalisée. Nous mettrons 371 millions d’euros, ce qui permettra de financer la fin de la ligne 5, le début des bustrams, l’achat de matériel, etc. 30 millions seront investis sur l’espace public et la voirie [dans le cadre du plan de marchabilité, Ndlr] », énumère Renaud Calvat. Les recettes de fonctionnement envisagées progressent de 7% pour s’établir à 813 millions d’euros, tout comme les dépenses, qui elles, augmentent de 5% (709 millions d’euros). Des orientations qui ne convainquent pas l’opposition. « Dans ce contexte de crise, on attend des orientations pour les régies publiques de manière à garantir les services publics communaux pour couvrir les besoins essentiels de l’existence, d’engager la planification écologique en refusant notamment d’accorder des permis pour des activités polluantes », soutient Nathalie Oziol, élue LFI.

    Cruel dilemme

    Toute la question pour la majorité est de savoir comment maintenir le même niveau de services publics dans l’une des métropoles les plus intégrées de l’Hexagone, possédant notamment 15 médiathèques et autant de piscines « Nous dépensons 1 055 euros par an et par habitant alors que la moyenne des métropoles s’élève à 595 euros », poursuit Renaud Calvat. Deux pistes de réflexion sont envisagées. Tout d’abord, une baisse des investissements. « Notre trajectoire est celle d’être une Métropole qui investit 200 millions d’euros pour financer les projets », promet Michaël Delafosse. Ce qui permettra de baisser le niveau de la dette. Surtout, le socialiste prévoit d’augmenter la fiscalité foncière intercommunale, qui devrait passer de 0,16 à 5,8%. « Il y a trois choix. Soit on demande un effort aux communes, certaines seraient dans des situations compliquées, ce que nous refusons au nom de la solidarité. Soit on ferme des services publics, s’il y a des volontaires, qu’ils lèvent le doigt », développe Michaël Delafosse. Reste donc, selon le président, la hausse d’impôt intercommunal. Le vote est prévu le 28 avril.