Tag: Nîmes

  • « L’extrême droite ne censure pas la culture, elle la supprime »

    « L’extrême droite ne censure pas la culture, elle la supprime »

    Fondateur du Triptyk Théâtre, et désormais adjoint aux Arts, à la Culture, et à l’Éducation populaire à Nîmes, Denis Lanoy ne sépare jamais création et politique. Dans un Gard où l’extrême droite prospère électoralement, il pose un diagnostic sans détour : « Nous avons sans doute perdu du terrain. La gauche a un peu abandonné le terrain culturel depuis la fin des années 1990. » Pour lui, ce renoncement pèse lourd. À l’heure où le RN impose ses obsessions identitaires, la gauche doit « se ressaisir » et refaire de la culture « une question centrale de son projet politique ».

    Car la culture n’est pas, à ses yeux, un supplément d’âme. « J’aime bien l’idée de la culture comme un droit », explique-t-il. Un droit qui n’a de sens que s’il vise « l’émancipation ». Et pour garantir ce droit, il faut un outil : le service public. « Sans service public, il ne peut pas y avoir de droit. Sinon, la relation entre les êtres repose sur le droit du plus fort à imposer au plus faible. » C’est précisément pour cela, estime Denis Lanoy, que l’extrême droite s’acharne contre la culture. Parce qu’elle demeure « l’endroit de mise en critique permanente », celui où se défendent le droit, l’égalité, la pensée et la liberté.

    « Plus violent

    que la censure »

    Dans la région, les exemples se multiplient : festivals annulés, expositions empêchées, subventions menacées, récits patrimoniaux verrouillés. Mais Denis Lanoy refuse presque le mot de « censure ». Trop faible, selon lui. « Censurer, ça voudrait dire qu’ils laissent faire mais qu’ils contrôlent un peu le contenu. Là, ils suppriment complètement. C’est plus violent que la censure. » L’extrême droite, poursuit-il, avance vite et fort. Elle se drape dans la légitimité des urnes pour justifier des politiques d’étouffement. « Ils disent : on a été élus pour prendre des décisions, on prend la décision de supprimer la culture. » Derrière l’apparence démocratique, Denis Lanoy voit une logique profondément antidémocratique : tarir les lieux où se fabrique la contradiction.

    Mais le RN ne se contente pas de supprimer. Il investit aussi le terrain des récits. Identité, patrimoine, roman national, histoire locale : tout devient matière à conquête idéologique. « Ils pratiquent le retournement », analyse l’élu nîmois, étonné d’entendre des élus d’extrême droite citer Gramsci ou Walter Benjamin. « Ils ont très bien lu les auteurs marxistes et ils essayent d’en tirer profit, mais pas du tout pour l’émancipation. Pour imposer un autre récit. »

    Tenir la digue

    À Nîmes, la nouvelle majorité promet des annonces en matière culturelle. Denis Lanoy reste prudent sur le détail, mais revendique une méthode : « favoriser le débat démocratique » et permettre « au plus de monde possible d’avoir accès à la culture ». Une ambition qui prolonge son combat de longue date contre la réduction de Nîmes à une simple carte postale romaine ou touristique. La ville, rappelle-t-il, est faite de « circulations, de métissages, de mémoires populaires, ouvrières, méditerranéennes. »

    Reste la question des moyens. Alors que l’État serre les collectivités à la gorge, Denis Lanoy prévient la gauche : céder sur les budgets culturels serait une faute historique. « Si nous ne tenons pas le cap de dire : coûte que coûte, on maintiendra les budgets culturels, le jour où on cède, la digue va péter et le RN s’engouffrera partout. » Dans ce combat, pas de neutralité possible : abandonner les théâtres, les bibliothèques, les festivals, les artistes et les lieux d’éducation populaire, c’est laisser le terrain libre aux récits réactionnaires, aux falsifications historiques et aux politiques de fermeture. À l’extrême droite qui rêve d’une culture triée, domestiquée ou supprimée, Denis Lanoy oppose une autre ligne : une culture vivante, populaire, conflictuelle, capable d’armer les consciences. Une culture qui ne demande pas la permission d’exister et qui défend « la richesse d’humanité de chacun ».

  • [Exposition] Genre, sexe et transgression chez Negpos

    [Exposition] Genre, sexe et transgression chez Negpos

    Patrice Loubon n’a pas oublié cette journée du 27 avril 2025 où il a découvert sa galerie vandalisée. Mais le président et fondateur de l’association NegPos, qui a toujours associé son travail culturel à la politique, loin d’être impressionné, a récidivé. D’abord en accueillant à nouveau l’exposition féministe de Kamille Lévêque, puis en proposant à partir du 8 mai, une exposition autour du genre, du sexe et de la transgression.

    « C’est une exposition que l’on a déjà montrée en Espagne mais je me suis dit qu’elle était une bonne réponse au saccage de l’année dernière. Ça permet d’en remettre une couche et de parler de questions qui nous préoccupent tous, à savoir le genre, la liberté sexuelle, la liberté d’expression et de création. Cette exposition concentre tout cela à travers une grande diversité d’expressions », précise Patrice Loubon.

    Six photographes

    La galerie a en effet rassemblé le travail de six photographes dont quatre internationaux. Parmi eux, le Cubain Yomer Montejo Harrys (Cuba), radiographe, propose une série de radios pour illustrer la violence sexuelle engendrée par le tourisme sur son île. « C’est un travail original qui évoque la soumission chimique, la prostitution et la prostitution des mineurs. C’est un travail très fin parce que la radiographie permet de mettre à distance ces questions. Avec la radiographie, on touche vraiment au corps parce qu’on est dans le squelette même », explique Patrice Loubon. Alejandro Perez Alvarez, également cubain, présente lui son reportage réalisé durant trois ans au sein d’un cabaret transformiste de La Havane.

    Carla Yovane propose de son côté un travail rare, réalisé avec les hommes prostitués de Santiago au Chili après qu’ils ont eu des relations sexuelles avec leurs clients dans des chambres d’hôtel. La sud-africaine Noncedo Gxekwa, elle, multiplie les clichés de femmes puissantes à la force physique déroutante, presque menaçante. Un travail qui évoque fortement l’exposition de Kamille Lévêque « Benzine cyprine ». Côté français, Pauline Sauveur suit une personne en transition de genre, entre traitements hormonaux et démarches administratives, alors que Fabien Dupoux propose un reportage en noir et blanc sur des hommes déguisés en femmes.

  • Vincent Bouget remet la mairie au contact des Nîmois

    Vincent Bouget remet la mairie au contact des Nîmois

    C’était l’un des fils rouges de la campagne de « Nîmes en commun » : ne plus faire la ville sans ses habitants. À peine installé à l’Hôtel de Ville, Vincent Bouget veut donner corps à cette promesse. À partir du jeudi 7 mai et jusqu’au 2 juillet, le nouveau maire de Nîmes lance « Bonjour Nîmes », une série de sept rencontres publiques dans les grands secteurs de la ville. Une première séquence politique qui dit déjà beaucoup de la méthode revendiquée par la nouvelle majorité : sortir des bureaux, écouter, faire parler les quartiers et tenter de recoudre une ville fracturée.

    La première rencontre a lieu ce jeudi 7 mai, à 18h30, à la Maison des associations, pour le secteur Costières. Suivront Garrigues nord, Garrigues ouest, Nîmes centre, Grézan-Chemin bas d’Avignon, Courbessac-Mas de Mingue, puis Nîmes Ouest-Saint-Césaire. À chaque fois, le maire, sa première adjointe Amal Couvreur et des élus municipaux viendront échanger avec les habitants. Au programme : la projection d’un film-enquête réalisé auprès de Nîmois du secteur concerné, puis une discussion sur les attentes, les urgences et les priorités du quotidien.

    Pour Vincent Bouget, l’enjeu dépasse le simple exercice de communication. « Les Nîmoises et les Nîmois ont beaucoup dit que la ville n’était pas assez unie, que les élus étaient trop distants », rappelle la municipalité. Le nouveau maire, lui, insiste sur la nécessité de repartir de la parole habitante : « Parce que nous ne ferons rien seuls, nous avons besoin de nous écouter et de travailler tous ensemble. C’est la seule façon de réussir la transformation en profondeur de notre cité. »

    Une méthode héritée

    de la campagne

    Ces rendez-vous s’inscrivent directement dans la continuité de la campagne municipale victorieuse de mars. Nîmes en commun avait bâti son projet à partir de milliers de contributions, de réunions publiques et d’arpentages dans les quartiers. Le collectif promettait alors de « rendre le pouvoir aux Nîmois », de renforcer les conseils de quartier et de rompre avec une gestion jugée trop verticale après vingt-cinq ans de majorité Fournier.

    La différence avec l’ancienne municipalité se joue donc d’abord sur le rapport au pouvoir. Vincent Bouget ne veut pas seulement gérer les dossiers depuis l’Hôtel de Ville : « On peut très rapidement se retrouver enfermé dans son bureau et ne voir personne », confie-t-il. Depuis le début du mandat, il dit chercher à rester « au contact des habitants, des entreprises, des associations, dans tous les quartiers ». Même dans les gestes simples : « J’essaye le maximum de venir en mairie à pied. Les gens nous interpellent sur leurs problèmes personnels, leurs problèmes plus globaux, ou parfois juste pour un bonjour. C’est déjà une belle première étape. »

    Des attentes concrètes

    Ces réunions ne devraient pas rester dans les grands principes. Voirie abîmée, vitesse automobile, fossés à nettoyer, manque de lieux pour se réunir : dans les quartiers, les demandes s’annoncent concrètes. Mais Vincent Bouget veut éviter le simple guichet à doléances. Ces rencontres doivent aussi servir à refonder une démocratie locale, à commencer par des conseils de quartier dont le fonctionnement, estime-t-il, « est à revoir ». L’objectif affiché est d’aboutir, à l’automne, à de nouveaux fonctionnements capables de mieux traiter l’ensemble des problèmes du quotidien.

    Reste à transformer l’écoute en décisions. C’est là que la nouvelle majorité sera jugée, après avoir promis une ville « où chacune et chacun compte. » Sept rendez-vous pour faire connaissance, mais aussi pour prouver qu’un changement de mairie peut signifier un changement de méthode.

    Inscription aux rencontres et dates sur www.nimes.fr

  • À Nîmes, un projet contesté de parking-silo stoppé net

    À Nîmes, un projet contesté de parking-silo stoppé net

    C’est un premier signal politique envoyé depuis l’hôtel de ville. À peine installée, la nouvelle majorité municipale de Vincent Bouget a décidé de suspendre le projet de parking-silo prévu rue de l’Hôtel-Dieu, dans le quartier de la Placette à Nîmes. Porté par la Holding Tissot et GGL, ce programme devait faire sortir de terre un bâtiment de quatre niveaux, pour environ 318 places de stationnement, à l’emplacement de l’ancien Vaisseau 3008. Un projet validé dans les derniers jours de l’ancienne municipalité.

    « Comme nous nous y sommes engagés, la voix des Nîmoises et des Nîmois sera écoutée et guidera nos décisions. […] Je ne souhaite aucun passage en force », a tranché Vincent Bouget. Le maire de Nîmes a estimé que ce parking « entraînerait des nuisances insolubles pour les habitants » et demande désormais à son adjoint à l’urbanisme, Pierre Jaumain, de retravailler le dossier avec les riverains et le promoteur. La formule marque une rupture assumée avec la séquence précédente, accusée d’avoir imposé le projet sans écoute suffisante.

    Car à la Placette, la mobilisation ne date pas d’hier. Le comité de quartier, accompagné d’un syndicat d’immeuble et de requérants individuels, avait déposé en mars un recours contentieux puis un recours gracieux. En cause : un parking jugé « surdimensionné », susceptible d’entraîner « bruit, pollution, encombrement » et risques accrus autour de la sécurité de l’école. « Par son ampleur, ce projet dédié essentiellement au stationnement est défavorable au respect du cadre de vie des résidents », alertait le comité.

    Un premier test pour

    la méthode Bouget

    Pour le comité de quartier, le changement de ton est déjà notable. Après plusieurs mois d’alerte, ses représentants estiment désormais être davantage entendus par la nouvelle municipalité que par l’ancienne équipe. La mairie, elle, marche sur une ligne de crête. Pierre Jaumain affirme vouloir éviter l’affrontement juridique. « Nous ne sommes pas dans un esprit de contentieux. Je suis pour le respect de la parole des porteurs de projet ainsi que des habitants du quartier. » L’adjoint reconnaît aussi qu’il faudra composer avec un terrain privé et avec certains besoins de stationnement dans ce secteur proche du centre des congrès H2 et des hôtels haut de gamme. « Tout est question de proportion », souligne-t-il.

    Côté promoteur, la prudence domine. Propriétaire du terrain, Romain Tissot rappelle que l’opération relève d’un projet immobilier privé, autorisé après instruction par les services compétents. Sans détailler d’éventuelles évolutions, il se dit disposé à poursuivre les échanges avec la Ville pour chercher une solution équilibrée dans ce quartier en pleine mutation. Une réunion avec la municipalité doit permettre d’ouvrir cette nouvelle séquence. Après des années d’urbanisme mené au nom de l’attractivité, la nouvelle majorité affiche avec cette décision une autre boussole : l’écoute et le dialogue.

  • À Nîmes, premier bras de fer entre majorité et RN

    À Nîmes, premier bras de fer entre majorité et RN

    À première vue, le menu avait tout du conseil municipal technique ce 25 avril. 40 délibérations, pour l’essentiel consacrées à la désignation des élus dans les organismes liés à la Ville. Bref, la mise en route administrative de la nouvelle mandature.

    Le nouveau maire a d’abord voulu afficher les premiers marqueurs de sa méthode : conseil retransmis en direct au nom de la transparence, annonce de « Bonjour Nîmes », sept rencontres avec les habitants d’ici l’été, et lancement d’une concertation avec les agents municipaux.

    Le RN joue la procédure

    C’est surtout l’extrême droite qui a animé la séance, souvent moins sur le fond des politiques publiques que sur les procédures. Julien Sanchez a demandé des votes à bulletins secrets, présenté des listes dès que possible et contesté les modalités empêchant les candidats de participer aux scrutins les concernant. Sur le fond, la majorité a ouvert certaines instances à l’opposition : Julien Plantier siégera notamment à la SAT et à la commission taurine, Valérie Rouverand à la SPL Agate, Sophie Roulle à la SPL Éclat. Le RN obtient des représentants là où la proportionnelle l’impose : Monique Boissière à la commission d’appel d’offres, Titouan Thomas et Marc Taulelle au CCAS. Cette ouverture limitée a suffi à déclencher les cris d’orfraie de Julien Sanchez, dénonçant une supposée alliance entre la gauche et la droite.

    Autre épisode de crispation sur le bulletin municipal : la majorité proposait 1 500 signes par groupe politique ; le RN a réclamé une répartition proportionnelle, quitte à réduire les tribunes des petits groupes à presque rien. Une étrange conception du pluralisme, très extensive quand il s’agit de réclamer des postes, beaucoup plus étroite lorsqu’il faut partager la parole. Le RN a donc choisi sa ligne : contester et chercher l’incident. Reste à savoir si cette stratégie servira les Nîmois ou seulement la petite mécanique victimaire de l’extrême droite.

  • [1er-Mai] Des défilés poings levés dans le Gard et l’Hérault

    [1er-Mai] Des défilés poings levés dans le Gard et l’Hérault

    Le 1er-Mai est à nous ! Ils se sont battus pour le gagner, on se battra pour le garder ! », scande au micro une militante CGT. A Montpellier (4 500 personnes selon les syndicats), Sète (1 000 personnes), Béziers (500 personnes) ou encore Nîmes (2 500 personnes), les récentes attaques portées par les macronistes et l’extrême droite contre la journée internationale des travailleurs sont dans toutes les têtes. « Le 1er-Mai est une conquête arrachée par la mobilisation il y a plus de 100 ans. Et c’est encore la mobilisation qui nous a permis récemment de le conserver. Nos manifestations sont là pour fêter cette victoire mais aussi pour alerter solennellement le pouvoir politique et le patronat : ne touchez pas au 1er-Mai ! », assène Christine Boularasse, de Sud Solidaires 30. « Cette remise en cause du 1er-Mai est une tentative de détourner l’attention des véritables préoccupations des travailleuses et travailleurs, à savoir les salaires, les pensions, le pouvoir d’achat, l’emploi… », estime Serge Ragazzacci, responsable départemental de la CGT de l’Hérault.

    «On est là pour dire non

    à la guerre »

    Très présente également au cœur des cortèges : la question de la paix,
    « dans un monde où on voit les guerres se multiplier», alerte le syndicaliste héraultais. « On est là pour dire non à la guerre et aux budgets de guerre, oui aux créations de postes et aux services publics », insiste Sabine Reynaud, du Snudi FO 34. Des dizaines de pancartes dénoncent ainsi une économie tournée vers l’armement et affirment leur soutien aux travailleurs sous les bombes en Iran, au Liban ou en Palestine.

    Enfin, à l’image de l’intersyndicale héraultaise qui a appelé, en fin de manifestation, à « une riposte populaire et antifasciste », le mot d’ordre antifasciste était omniprésent dans les défilés à moins d’un an d’une élection présidentielle que l’extrême droite rêve de remporter. Amélie Goursaud

  • Les rendez-vous pour aller manifester ce 1er-Mai

    Les rendez-vous pour aller manifester ce 1er-Mai

    LES RENDEZ-VOUS PACA

    Marseille à 10h30 au Vieux-Port. Martigues à 10h, place Jean-Jaurès. Aix-en-Provence à 10h30, place de la Rotonde. La Ciotat à 10h30 à l’Union locale. Tarascon à partir de 10h30 à la gare. Salon-de-Provence à 10h, devant la mairie. Port-de-Bouc à 10h, parking des Sardinades. Port-Saint-Louis à 10h à la Bourse du Travail. Arles à 10h30, place de la République. Toulon à 10h30 à la Bourse du travail. Draguignan à 10h30 à la Bourse du travail. Saint-Raphaël à 10h30 au rond-point Kennedy. Avignon à 10h30, cours Jean-Jaurès, puis cortège vers le Palais des Papes. Digne-les-Bains à 10h30, place Général-de-Gaulle. Manosque à 11h place Rossini. Gap à 10h place de la République. Briançon à 10h30, esplanade de la mairie.

    LES RENDEZ-VOUS OCCITANIE

    Montpellier à 10h30 place Albert Ier. Sète à 10h30 place de la Mairie. Béziers à 10h30 Bourse du travail. Agde à 10h, haut de la promenade. Lunel à 10h30 hôpital. Bédarieux à 10h30 Maison des syndicats. Clermont-l’Hérault à 11h allée Roger Salengro. Ganges à 11h mairie. Nîmes à 10h30, Maison carrée. Alès à 10h30, devant la mairie. Bagnols-sur-Cèze à 10h30, devant la Poste. Le Vigan à 11h, devant la mairie. Vauvert à 10h30, à l’Union locale.

  • Table Ouverte : 40 ans de solidarité face à la précarité

    Table Ouverte : 40 ans de solidarité face à la précarité

    Quarante ans d’engagement et une même ligne directrice : « ne laisser personne seul face aux difficultés de la vie ». À Nîmes, l’assemblée générale de Table Ouverte, organisée à l’Espace Esperanza le 17 avril, a réuni plus de 80 participants, entre bénévoles, partenaires et élus venus saluer une action devenue indispensable.

    Autour du président Pietro Truddaiu, l’émotion était palpable, notamment en présence de la fille d’Odile Assmann, fondatrice de l’association disparue en 2014. « Cette idée simple est devenue une réalité vivante », a-t-il rappelé, évoquant « des mains tendues et des liens recréés ». Aujourd’hui, Table ouverte s’appuie sur 105 bénévoles mobilisés au quotidien et aide plus de 300 familles.

    Le combat continue

    Derrière cet anniversaire, le constat est clair : la pauvreté progresse. En 2025, l’association a fortement développé ses actions, doublant presque son budget. Cette dynamique s’incarne notamment dans le projet Esperanza, boulevard Talabot, où d’anciennes arches SNCF ont été transformées en véritable tiers-lieu solidaire. Épicerie sociale, friperie, salle d’exposition, mais aussi ressourcerie, atelier vélo ou futur jardin partagé : un « laboratoire social » qui illustre l’évolution de Table Ouverte.

    Pour 2026, le rapport d’activité et le bilan financier ont été adoptés à l’unanimité. Mais pour Pietro Truddaiu, l’enjeu dépasse les chiffres : « Il faut réunir partenaires et moyens pour faire reculer la pauvreté. » Dans un contexte où les besoins explosent, l’association appelle à renforcer les coopérations. L’exposition retraçant ces 40 ans a permis de mesurer le chemin parcouru. Mais pour Table Ouverte, l’essentiel reste à venir. « Nous avons 40 ans d’avenir », a conclu le président, fidèle à une conviction intacte : la solidarité est un combat collectif.

  • Nîmes Métropole : la majorité ferme la porte au RN

    Nîmes Métropole : la majorité ferme la porte au RN

    Ce devait être un conseil communautaire « technique ». Il a surtout été politique. Réunis le 21 avril, une semaine après l’élection de Vincent Bouget à la présidence, les 105 élus de Nîmes Métropole ont poursuivi l’installation de la mandature : 72 délibérations, des délégations attribuées au bureau, et surtout une rafale de désignations dans les satellites de l’agglomération (syndicats, sociétés publiques, commissions). Autant de postes où se jouent, loin des projecteurs, des décisions très concrètes : marchés publics, aménagement, déchets, répartition du foncier.

    En ouverture, Vincent Bouget a affiché la méthode qu’il veut imposer. Dans un territoire marqué par une abstention record, « le cœur des habitants bat encore moins pour leur agglomération », a-t-il lancé, appelant à des rendez-vous sur le terrain : « Pendant ces réunions, je vous propose que nous nous mettions en retrait pour laisser la place à la parole des habitants. Nous entendrons sûrement des choses avec lesquelles nous ne serons pas complètement d’accord. Mais je vous assure que cela nous fera du bien, collectivement. Cela donnera du sens à notre action commune. Et surtout, de la force à cette action. »

    L’extrême droite isolée

    Derrière ce discours, un exécutif se met en ordre de marche : 15 vice-présidents, un bureau où siègent les maires des 39 communes de l’agglo, et des délégations confiées pour fluidifier le fonctionnement. C’est précisément sur ce point que le RN, fort de ses 11 élus, a choisi d’ouvrir les hostilités. « Délégations abusives » et « sectarisme », a dénoncé Sylvie Josserand, contestant le périmètre financier confié au bureau. Bouget a répliqué en défendant la « qualité du débat » entre maires. Et Franck Proust, ancien président, est venu rappeler depuis l’opposition que le conseil garde la main : les décisions du bureau remontent à chaque séance, « l’avantage étant de réserver l’hémicycle aux débats primordiaux ».

    Mais c’est sur les représentations extérieures que la photographie politique s’est figée. À main levée, pour la SAT, la SPL Agate, le Scot Sud Gard, le PETR Garrigues et Costières, le RN n’a obtenu que ses seules voix : onze. Un contraste avec le vote d’installation, à bulletin secret, où la candidature de Julien Sanchez avait récolté 21 voix. Même lors d’un scrutin à bulletin secret réclamé par le RN pour le Sitom Sud Gard, l’extrême droite est restée cantonnée à ses 11 suffrages.

    La passe d’armes a eu sa phrase-clé. « Vous avez constitué une majorité avec des élus qui ne sont pas du même bord que vous. Mais manifestement, votre ouverture s’arrête aux frontières du RN », a accusé Stéphane Guillemin. Réponse sèche du président : « Oui, aux frontières du RN. » Une ligne rouge assumée, au nom d’une majorité ouverte dans sa composition mais décidée à ne pas banaliser l’extrême droite. Le RN a tout de même arraché deux sièges via les rares scrutins à la proportionnelle. Pour le reste, l’agglo a tranché : l’installation se fera sans le RN dans ses instances stratégiques. Et ainsi, le « technique » aura, déjà, dessiné l’axe du mandat.

  • Nemausus replonge trois jours dans l’Antiquité

    Nemausus replonge trois jours dans l’Antiquité

    Chaque printemps, Nîmes réussit un tour de force : faire cohabiter le quotidien et l’Histoire. Un centurion qui traverse les Halles, un « barbare » qui s’attarde en terrasse, des légionnaires qui surgissent au détour d’une rue… Du 24 au 26 avril, la ville remet les sandales cloutées et invite habitants comme visiteurs à un voyage vivant au cœur de l’Antiquité avec ses Journées romaines.

    Point d’orgue du week-end : trois représentations dans les arènes du grand spectacle « Spartacus, l’esclave qui défia Rome ». Une fresque XXL, avec plus de 500 participants en piste (reconstituteurs, cavaliers, cascadeurs, comédiens), des décors créés pour l’occasion et une mise en scène pensée comme une immersion totale. Le héros thrace, symbole universel de révolte et de dignité, revient hanter les gradins nîmois dans un récit qui puise dans l’histoire : la rébellion menée entre 73 et 71 av.
    J-C, tout en parlant au présent.

    Une feria antique à travers la ville

    Mais les Journées romaines ne se résument pas aux arènes : elles débordent, s’installent, s’invitent partout. Sur l’Esplanade, le village gallo-romain et ses ateliers font découvrir les savoir-faire d’époque, pendant que le marché antique aligne étals, costumes et trouvailles inspirées du monde romain. Sur la place Gabriel-Péri, combats, démonstrations et ateliers autour de la gladiature rythment les journées. Aux Jardins de la Fontaine, lectures théâtrales, spectacles interactifs, jeux de piste et ateliers créatifs transforment l’Histoire en expérience partagée.

    Le samedi soir, le décor change d’échelle : grand défilé nocturne de la Maison Carrée jusqu’aux arènes, à 21h, comme un cortège qui relie les pierres les plus célèbres de la ville. Et pour prolonger l’immersion, des visites aux flambeaux dans les coulisses des arènes sont proposées en amont tandis que des conférences gratuites à l’Université Vauban replacent Spartacus dans son contexte historique. Au total, l’événement joue sur tous les tableaux : transmission, spectacle, convivialité. Une fête grand public, oui, mais aussi une manière de rappeler que le patrimoine n’est jamais plus vivant que lorsqu’il se partage.
    A.J