Tag: Nîmes

  • Les collectivités au chevet des plus fragiles

    Les collectivités au chevet des plus fragiles

    Quand le thermomètre grimpe, la solidarité ne peut pas rester un slogan. Depuis le 1er juin, CCAS, écoles, crèches, piscines et médiathèques sont redevenus les avant-postes d’un service public de proximité que la canicule met à l’épreuve. Dans le Gard comme dans l’Hérault, les collectivités activent leurs plans de protection des plus vulnérables : personnes âgées isolées, enfants, habitants précaires, agents exposés. Héritiers de la loi de 2004, née après le drame sanitaire de 2003, les maires ont aussi une responsabilité concrète : repérer, prévenir, appeler, ouvrir des lieux de répit.

    À Nîmes, le CCAS s’appuie sur le dispositif Allô Seniors pour appeler les personnes inscrites au registre canicule, organiser des visites si nécessaire et distribuer près de 1 100 colis alimentaires en juillet-août. La Ville recense aussi ses îlots de fraîcheur sur son application : fontaines, jardins publics, lieux climatisés. En vigilance rouge, musées et piscines municipales peuvent devenir gratuits, tandis que les centres sociaux élargissent leurs horaires. Dans les écoles, 2 200 ventilateurs et 1 100 brumisateurs ont été déployés, faute d’un bâti partout adapté. Les crèches, elles, bénéficient d’une climatisation intégrale, quand certains groupes scolaires disposent déjà d’espaces rafraîchis.

    L’urgence faute d’anticipation

    Montpellier pousse plus loin la logique des lieux refuges : appels de courtoisie du CCAS, clubs seniors, médiathèques, piscines, musées, fontaines publiques, mais aussi 83 écoles déjà équipées d’une salle rafraîchie à 25°C. Les crèches disposent chacune d’une pièce refuge. À Béziers, le plan canicule cible les bénéficiaires de l’aide à domicile et du portage de repas, avec un espace senior climatisé. À Alès, le CCAS adapte ses horaires d’été et s’appuie sur le plan communal de sauvegarde. Même les préfectures ajustent les règles, comme dans l’Hérault, où les chantiers peuvent démarrer dès 6h en vigilance orange ou rouge pour épargner les ouvriers des heures les plus brûlantes.

    Reste le fond du problème : ces dispositifs reposent souvent sur l’inscription volontaire, laissant parfois hors radar les plus isolés. Et les collectivités bricolent avec des budgets contraints face à des bâtiments conçus pour l’hiver, pas pour l’été. « On a travaillé sur l’économie d’énergie l’hiver mais pas du tout l’été », résume Philippe Ribot, président des maires du Gard. Ventiler, appeler, ouvrir des salles : nécessaire. Mais sans rénovation thermique massive, débitumisation et végétalisation, la protection restera trop souvent une réponse d’urgence à une crise devenue permanente.

  • L’Arlésienne et StreetPress face au bâillon beaucairois

    L’Arlésienne et StreetPress face au bâillon beaucairois

    Dans quelques jours, le couperet tombera. Le tribunal judiciaire de Nîmes rendra, le 8 juillet, son délibéré dans une affaire qui dépasse largement les frontières du Gard : celle d’une mairie d’extrême droite qui a choisi les tribunaux plutôt que le débat contradictoire pour faire taire deux rédactions indépendantes.

    Tout part d’une enquête publiée à l’automne 2025 par l’Arlésienne et Street Press. Témoignages à l’appui, les deux médias y documentaient une politique d’attribution des locaux commerciaux du centre-ville de Beaucaire qui écarterait systématiquement les commerçants d’origine maghrébine ou latino-américaine. Sollicitée à trois reprises avant publication, la municipalité n’avait jamais daigné répondre. Elle a préféré, quelques mois plus tard, saisir la justice.

    « On ne lâchera rien »

    Le 27 mai, à l’audience de Nîmes, ni le maire Nelson Chaudon ni son prédécesseur Julien Sanchez – devenu entretemps directeur de campagne du RN pour 2027 -n’ont jugé utile de se déplacer. C’est leur avocate, Sylvie Josserand, également députée RN du Gard, qui a porté seule la charge, dénonçant une enquête relevant selon elle de « la désinformation au service d’une idéologie » et réclamant 18 000 euros de dommages et intérêts. Une formule bien pratique quand une enquête vient gratter le vernis d’une gestion locale.

    Une accusation à laquelle l’avocate de la défense, Me Valentine Rebérioux, a opposé une évidence : aucun propos précisément diffamatoire n’a jamais été désigné. Pour elle, la qualification ne fait aucun doute : « Il s’agit bien là d’une procédure-bâillon. » Une arme de plus en plus prisée par l’extrême droite locale pour épuiser financièrement et psychologiquement les rédactions indépendantes, sans jamais, ou presque, obtenir gain de cause : Street Press comptabilise à ce jour zéro condamnation sur la quinzaine de procédures similaires en cours.

    Éric Besatti, directeur de publication de l’Arlésienne, ne plie pas : « Ce procès nous coûte de l’argent, nous demande du temps pour nous défendre, mais n’entame pas notre volonté d’enquêter. » Avant de résumer : « On ne lâchera rien, on continuera de faire notre travail. » Le 8 juillet, le tribunal dira le droit. Mais le message politique, lui, est déjà lisible. D’ici là, les articles restent en ligne et dans les kiosques. À lire, à partager, et à défendre.

  • Le cirque reprend ses quartiers d’été à Pissevin-Valdegour

    Le cirque reprend ses quartiers d’été à Pissevin-Valdegour

    À Pissevin-Valdegour, le début de l’été rime désormais avec cirque. Pendant dix jours, le stade Marcel-Rouvière se transforme en véritable village artistique où se croisent habitants, artistes, bénévoles et curieux. « Turbul’ en Chap’, c’est un projet d’éducation populaire qui existe depuis plus de vingt ans dans le quartier prioritaire Pissevin-Valdegour », présente Mathis Soteras, administrateur de l’association Appel d’Air.

    Le stade Marcel-Rouvière devient ainsi un terrain de jeu artistique. « Pendant une dizaine de jours, on propose des ateliers de cirque à partir de 18h et des spectacles tous les soirs à 20 h 30 gratuits et sans jauge », précise-t-il.

    Quatre grands chapiteaux sont installés pour accueillir les différentes disciplines circassiennes. Chaque jour, près de 300 enfants participent aux ateliers avant que quelque 350 spectateurs ne prennent place pour le spectacle du soir. Pour faire vivre cette programmation, une centaine de personnes se relaient : artistes, techniciens, animateurs, bénévoles et salariés de l’association. Au fil des années, Turbul’ en Chap’ s’est imposé dans le paysage nîmois. « On sent vraiment que l’événement est attendu. Aujourd’hui, c’est ancré dans le quartier, mais aussi dans la ville de Nîmes », poursuit Mathis Soteras.

    Un cirque qui va à la rencontre des habitants

    L’objectif reste d’aller vers les habitants plutôt que d’attendre qu’ils franchissent les portes d’un équipement culturel. Pour cela, les équipes déploient chaque soir un camion d’animation au pied d’autres immeubles. « Pendant les ateliers, on installe aussi des animations place Soleil Levant ou dans d’autres pieds d’immeubles. Cela nous permet d’aller vers les personnes qui n’osent pas descendre ou pour qui le stade est encore trop loin. On organise aussi des impromptus avec des artistes qui jouent de manière impromptue dans ces espaces ».

    Le travail de proximité ne s’arrête pas aux enfants. Depuis cinq ans, trois soirées nocturnes sont proposées jusqu’à une heure du matin afin d’attirer un public adulte. « L’année dernière, un club de football est venu essayer le grand volant, la jonglerie ou les agrès. Trois jours plus tard, c’était un club de basket. Il se passe vraiment quelque chose lors de ces moments-là », raconte Mathis Soteras.

    Ces soirées permettent aussi d’aborder d’autres sujets de société. « On a pu organiser des ateliers en mixité choisie avec des groupes de femmes qui souhaitaient se réapproprier cet espace public », ajoute Antoine Nollet, animateur.

    Chaque année depuis plus de vingt ans donc, le monde du cirque vient se glisser dans ces quartiers et devient un vecteur d’émancipation qui permet d’effacer certaines frontières et d’écrire des nouveaux récits à Pissevin-Valdegour. « C’est vraiment un support pour nous. On questionne aussi les identités de genre. On sait aussi qu’on a des habits, des manières de vivre qui peuvent paraître un peu étranges et du coup, c’est l’occasion d’en parler avec ces personnes-là », ponctue Mathis Soteras.

    Aucun doute, ces moments d’échanges sont autant attendus par les habitants que par les artistes qui y participent.

  • Les cent jours de mandat qui ont déjà changé Nîmes

    Les cent jours de mandat qui ont déjà changé Nîmes

    Vincent Bouget réussit-il une entrée en matière quasiment parfaite ? Pour l’heure, ni l’opposition de droite, toujours fracturée par les divisions, ni la démagogie du RN ne sont parvenues à faire tanguer la nouvelle équipe.

    Pourtant, après 25 ans sans alternance, lancer une nouvelle dynamique dans une administration centrale peu habituée à s’adapter était un véritable défi. Mais le nouveau maire de Nîmes s’est attaché en premier lieu à travailler avec les agents de la collectivité. C’est d’ailleurs sur ce point que Vincent Bouget a ouvert sa conférence de presse consacrée aux cent premiers jours de son mandat. « Nous avons réalisé huit réunions, organisé 60 ateliers avec 1 300 agents où la parole a été libre. Il fallait entendre les agents qui portaient des questions personnelles et globales. Ils ont fait 1 600 propositions pour rendre un meilleur service public », a présenté l’édile en précisant qu’un projet d’administration serait réalisé à l’automne.

    Ce dialogue, Vincent Bouget l’a également lancé avec les habitants de la Ville grâce à l’organisation de sept réunions publiques. Une restitution publique de ces discussions se tiendra d’ailleurs le 8 juillet à 18h30 au Parnasse.

    Des avancées concrètes

    Outre la méthode, Vincent Bouget s’est aussi félicité de plusieurs réalisations concrètes malgré « un budget 2026 décidé par l’ancienne équipe ». Parmi elles, le maire note la bonne organisation de la feria avec la mise en place des transports gratuits le week-end, expérience qui sera renouvelée pour la feria des Vendanges.

    « Nous sommes aussi allés plus vite que prévu pour le déblocage de fonds et de moyens humains pour le poste de police de Pissevin », s’est-il félicité. En effet, lors de son déplacement dans la capitale du Gard, Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, avait annoncé le déblocage d’une enveloppe de 620 000 euros pour la construction du poste de police dans le quartier populaire nîmois et l’arrivée de 16 policiers au 1er septembre au commissariat de Nîmes. Vincent Bouget a également confirmé que les élus de la majorité avançaient sur « les projets au long cours » comme la végétalisation de la ville et de ses écoles, la création des fameuses places communes, les questions de mobilité et la réhabilitation du stade des Costières.

    S’il n’a pas voulu s’éterniser sur les squelettes laissés dans le placard par l’équipe précédente, il a confirmé qu’en plus du fort endettement de Nîmes Métropole et de la situation du stade des Costières, qui étaient connus, la Ville connaît une « dette grise », c’est-à-dire que nombre d’infrastructures n’ont pas été entretenues ou rénovées. « Deux écoles ont connu une rénovation énergétique, il en reste 81. Ici, au Carré d’art, le toit fuit quand il pleut », a-t-il illustré.

    Gratuité des bibliothèques

    Si Vincent Bouget a tenu à réunir la presse au Carré d’Art, c’est surtout pour annoncer plusieurs nouveautés concernant la culture et l’éducation. Ainsi, les bibliothèques seront gratuites à partir du 1er septembre « comme dans 60% des collectivités de France ». Le coût de la mesure est estimé à 75 000 euros. En parallèle, tous les enfants entrant en CP recevront désormais une carte de bibliothèque. Concernant la jeunesse érigée en « priorité », 10 euros de fournitures scolaires ont aussi été débloqués par élève de primaire, s’ajoutant aux 50 euros de dotation totale par enfant déjà consentis. La mesure coûtera 50 000 euros.

    Vincent Bouget a aussi confirmé la gratuité totale du musée des cultures taurines à la rentrée et l’extension de la gratuité dans les trois autres musées municipaux (musée des beaux-arts, muséum d’histoire naturelle et musée du vieux Nîmes) pour les moins de 26 ans. Toutes ces mesures seront votées lors du conseil municipal du 4 juillet.

    Vincent Bouget a conclu en donnant rendez-vous aux habitants le 13 juillet aux Jardins de la Fontaine pour un nouveau rendez-vous : « À la Table de Marianne ». Le principe est simple, les Jardins seront ouverts jusqu’à minuit pour un « pique-nique géant familial », où le partage autour des valeurs républicaines sera à l’honneur, avec en prime des animations culturelles.

  • « Le modèle de librairie classique est obsolète »

    « Le modèle de librairie classique est obsolète »

    Au 3, rue Crémieux, l’Agora porte un nom qui a du sens pour ses créateurs. « On voulait redonner son sens littéraire à un mot pleinement ancré dans l’histoire nîmoise », explique Jordan. Amoureux de la littérature, il a repris avec sa compagne Lavinia un espace en plein cœur de la ville dans l’idée de le transformer en une librairie qui se construit avec ses lecteurs. « Il faut qu’il y ait un échange, les clubs de lecture sont obligatoires. On ne peut pas seulement être une centrale d’achat » défend le couple de guides qui prend en compte les lectures favorites de chacun.

    Critique, Lavinia ne cache pas que la stabilité financière du lieu repose principalement sur le coffee shop. « Si j’avais ouvert une simple librairie, j’aurais fermé en 2 semaines. » Après avoir essuyé un refus de financement de la Direction régionale des affaires culturelles pour approvisionner ses rayons, le couple a dû réfléchir à un modèle pérenne dans une économie du livre aujourd’hui en équilibre fragile.

    Le projet, en réflexion depuis 2017, a fait le pari de réunir librairie, salon de thé et rétrogaming (pratique des jeux vidéo anciens) en un lieu unique. « Il fallait qu’on ait un endroit qui nous ressemble et qui puisse survivre par lui-même », appuie Lavinia pour qui « le modèle classique de la librairie est complètement obsolète. » Si l’idée d’allier livres et sucreries n’est pas nouvelle, l’initiative unique à Nîmes a séduit les habitants. C’est d’ailleurs grâce à eux que certains rayons existent à l’Agora. La boutique se divise en deux pôles : l’occasion, pôle généraliste qui offre un large panel d’ouvrages, côtoie une sélection de livres neufs mûrement réfléchie, centrée sur la science-fiction et la fantasy. Les deux passionnés les connaissent sur le bout des doigts : « On les maîtrise tous et on sait qu’on peut les vendre. »

    Une alternative

    inédite pour les Nîmois

    L’avenir de la librairie, le jeune couple ne l’appréhende pas encore. « On n’a pas pris le temps d’être inquiet parce qu’on vient de se lancer » confie Lavinia. Le salon de thé appâte des visiteurs venus renouer avec la lecture et Jordan est optimiste : lors des événements et des rencontres d’auteurs, la majorité du public est étudiante. Pour cela, l’Agora est très active sur les réseaux sociaux. « Ce qui porte préjudice aux librairies traditionnelles aujourd’hui, c’est leur déconnexion avec les réseaux », estime Jordan. L’Agora suit les tendances, les nouvelles sorties qui animent le monde du livre et du jeu vidéo, en s’appuyant notamment sur le BookStagram, ce fil d’actualité et d’échange entre les passionnés de lecture. Connaître les intérêts des jeunes lecteurs d’aujourd’hui a permis à Lavinia et Jordan d’inviter des personnalités-phare au sein des rayons. Début juin, ils accueillaient Adeline Chetail, doubleuse célèbre pour la série Arcane et le jeu vidéo montpelliérain récompensé aux Game Awards Clair Obscur, une première pour une librairie nîmoise. L’Agora remet le couvert pour une nouvelle rencontre ce vendredi 26 juin, avec l’autrice « feel good » à succès Carène Ponte, pour une séance de dédicaces.

  • Christian Bastid, une vie au service du collectif

    Christian Bastid, une vie au service du collectif

    Bien sûr il a participé à la bataille pour défendre Nelson Mandela. Mais contrairement à de nombreux militants, poussés dans le grand bain politique par les tumultes du monde, les injustices nationales ou les lectures de Marx, l’engagement de Christian Bastid est né dans les batailles locales. « J’ai adhéré au Parti communiste en 1983 lorsqu’on a perdu la Ville de Nîmes. J’étais sympathisant mais à ce moment-là, je me suis dit qu’il fallait être partie prenante pour contribuer à reconquérir la ville de Nîmes, ce qui est arrivé à deux reprises », explique-t-il.

    Natif de la capitale du Gard, Christian Bastid a d’abord multiplié les métiers dans le privé, monteur, élagueur, métallurgiste… des postes d’ouvriers qui lui ont permis de « comprendre ce qu’était l’exploitation par le capital ». Puis, il intègre les collectivités territoriales. Dans le même temps, c’est d’abord l’engagement syndical qui marque son parcours, en adhérant à la CGT puis en devenant secrétaire de l’union locale CGT de Nîmes. « Nîmes est une ville de cheminots mais l’industrie y était aussi très forte. Le PCF a toujours eu un rôle important dans cette ville », ajoute-t-il.

    Ce passionné de football et de rugby, mais aussi de spéléologie qui lui a permis d’ouvrir très tôt les yeux sur les problématiques environnementales, est élu conseiller général pour la première fois en 2011 sur le canton de Nîmes 3. Marqué par le mandat et la personnalité d’Alain Clary, il a d’abord lutté pendant la première partie du XXIe siècle contre une droite hégémonique à Nîmes avant d’engranger les responsabilités. Au Département, il est en effet vice-président délégué à l’Habitat, au logement et au renouvellement urbain et il préside aussi la Coopérative des élu.e.s communistes républicain.e.s et citoyen.ne.s du Gard. Depuis mars, il est aussi conseiller municipal délégué à la Mémoire, aux Anciens combattants et à la Culture de paix et siège également comme conseiller communautaire.

    Préparer 2027

    L’élu nîmois, reconnu pour son expérience et son attachement au Parti, a souhaité placer son élection sous le signe « du rassemblement et de l’unité de tous les communistes ». Parmi, ses priorités, il veut engager une réflexion sur « quel Parti nous voulons pour demain ». Pour cela, il souhaite s’emparer des thématiques de « la jeunesse, la paix, des questions sociales, la lutte pour l’emploi, la précarité, l’égalité entre les hommes et les femmes et la lutte contre le racisme ». « Ces axes sont étroitement liés avec les problématiques du département du Gard », précise-t-il.

    Mais Christian Bastid devra aussi préparer les prochaines échéances électorales de 2027 avec en ligne de mire l’élection présidentielle et les législatives. « L’enjeu, c’est de savoir quel rôle aura le PCF, parce que nous proposons des choses différentes, dans un contexte où il y a un risque d’élection de l’extrême droite », conclut-il.

  • À Nîmes, l’objectif affiché de la rénovation des Costières

    À Nîmes, l’objectif affiché de la rénovation des Costières

    Quarante millions d’euros ! Balancé à l’emporte-pièce durant la campagne municipale par la droite aux affaires, qui avait choisi l’option du stade des Antonins, le coût de la rénovation du stade des Costières pourrait finalement se révéler bien moins élevé. En attendant le vrai chiffre, qui sera donné par l’audit en cours, l’adjoint aux sports a, d’après les premières estimations, le sentiment que l’addition pourrait être deux fois moins salée. « Nous ferons un point avec l’audit à la rentrée », assure Bruno Ferrier sans s’avancer davantage.

    Quoi qu’il en soit, il semblerait que la volonté du maire Vincent Bouget (PCF) de remettre en état l’infrastructure qui fut l’enceinte du Nîmes Olympique de 1989 à 2022 n’a rien d’une lubie. L’option est d’autant plus suivie par sa majorité qu’elle a acquis la conviction que le stade provisoire des Antonins, érigé par l’ancien propriétaire Rani Assaf, n’est pas viable. « Il n’a pas de parking ni de salle de réception. Il n’a que 8 000 places et coûte 500 000 euros par an à la Ville », liste Bruno Ferrier. Qui prévient que la municipalité ne pourra pas injecter indéfiniment dans un club tombé en National 2 (4e division). « On va faire un effort cette année [1,2 million d’euros était injecté l’an passé, Ndlr] mais il va falloir ensuite réfléchir à un projet où la Ville ne soit pas le principal investisseur », anticipe l’adjoint aux sports. En disant cela, Bruno Ferrier pose les bases des échanges à venir avec l’actuel président Thierry Cenatiempo. Lequel se voyait bien rester aux Antonins…

    « Pas de défaut de structure »

    « L’avenir du Nîmes Olympique est aux Costières », lance Bruno Ferrier. S’il dit cela, c’est qu’il pense l’opération de réhabilitation faisable. « Le stade n’a pas de défaut de structure », précise-t-il. Dans son jus depuis trois ans et demi, la pelouse s’est transformée en terrain vague et des arbustes, à l’instar de figuiers, ont poussé dans certaines travées. Rien de rédhibitoire a priori. Côté bâtiments, l’ancienne municipalité s’était contentée d’injecter 700 000 euros pour rénover l’ancienne salle de gymnastique qui abritait le service des sports de la Ville de Nîmes. Lequel est d’ailleurs en train de réintégrer les lieux. La municipalité de gauche a l’intention de rénover toutes les salles qui en ont besoin. Elle vient par ailleurs d’injecter 250 000 euros dans le stade annexe. « Il fallait décaisser et refaire la pelouse. Ce sera prêt en novembre », indique Bruno Ferrier. Une première étape dans la reconquête de cette friche qui, on l’aura compris, en appelle vite d’autres.

    Si la volonté politique de redonner au Nîmes Olympique son écrin est présente, quelle sera l’ampleur du projet final ? Difficile à dire car il y aura nécessairement des arbitrages dans une Ville qui manque un peu de tout et qui ne roule pas sur l’or. « Il va falloir se mettre autour de la table et décider des priorités avec un plan pluriannuel d’investissements : est-ce qu’on privilégie le stade, les écoles, les piscines… ». Côté équipements sportifs, le nouvel adjoint a fait le tour et pris connaissance de l’état des besoins. « C’est une catastrophe. Il manque au moins 10 stades et 5 gymnases pour éviter une surutilisation des équipements qui les use plus vite. » Pour ce qui est des Costières, on devrait y voir plus clair avec les résultats de l’audit à la rentrée.

  • « On a une bataille politique et idéologique à mener »

    « On a une bataille politique et idéologique à mener »

    La Marseillaise : Quel est votre parcours professionnel et militant ?

    Jacques Chabalier : J’ai 62 ans et je suis né à Nîmes. J’ai fait l’essentiel de ma scolarité ici, puisque j’ai été élève au collège Romain Rolland puis au lycée Daudet où j’ai passé mon bac en 1981, belle année ! J’ai ensuite fait mes études de lettres à Montpellier où j’ai obtenu mon Capes de lettres classiques. Je suis ensuite parti en Indre-et-Loire où j’ai exercé mon métier d’enseignant. Au plan politique, je suis devenu secrétaire départemental de la Fédération d’Indre-et-Loire. À partir de 2008-2009, j’ai intégré l’exécutif national, puisque j’étais responsable de la vie du Parti entre 2009 et 2016. J’ai travaillé un peu avec Marie-George Buffet puis avec Pierre Laurent. J’ai d’ailleurs intégré le secrétariat de Pierre Laurent jusqu’à l’arrivée de Fabien Roussel en 2022. Comme les saumons qui remontent à la source, je suis revenu à Nîmes en 2022 et je suis devenu cette année secrétaire de la section de Nîmes.

    Pourquoi avez-vous voulu prendre la suite de Denis Lanoy ?

    J.C. : Je trouve que la victoire de Nîmes en commun, l’élection de Vincent (Bouget) comme maire et la pratique politique tout à fait inédite qui a permis cette écoute des citoyens, de construire avec eux, crée une situation complètement nouvelle dans la ville. Je pense que le Parti communiste doit en tirer toutes les leçons pour déployer sa propre activité. Il y a beaucoup à apprendre pour renforcer le Parti, pour le développer, pour identifier les atouts et voir où nous avons du mal à être présents. Je pense notamment aux cités et aux quartiers dits populaires. On constate aussi qu’il y a une nouvelle génération d’adhérents qui arrive et mon souhait, avec modestement l’expérience qui est la mienne, c’est d’aider ces nouveaux responsables, ces animateurs possibles de la vie du parti, à prendre toute leur place.

    Comment envisagez-vous le rôle de la section dans une ville gérée par un communiste?

    J.C. : Nous ne serons pas le porte-parole de la mairie car elle n’en a pas besoin. Nous aurons des rencontres régulières avec les élus de la Ville. Mais nous allons jouer notre rôle de parti politique en parlant de dossiers de la ville qui intéressent la population. Mais au-delà, on a une bataille politique et idéologique à mener, car il y a, ici comme ailleurs,
    l’inquiétante progression du Rassemblement national.

  • Nîmes Métropole valide le compte financier 2025

    Nîmes Métropole valide le compte financier 2025

    À la tête de l’Agglomération comme à la Ville, Vincent Bouget doit surtout faire face à l’opposition de l’extrême droite. Et de sa démagogie. Alors que les élus RN n’ont pipé mot sur le bilan du compte financier 2025 – le gros dossier à l’ordre du jour de la séance de mardi 23 juin – ils ont tenté d’attaquer le président communiste sur plusieurs sujets plus mineurs.

    Ils ont par exemple voté contre le règlement intérieur fortement critiqué par l’élue Christine Tournier-Barnier. Sauf que Vincent Bouget n’a pas hésité à lui faire remarquer que c’était le même règlement intérieur que sous Franck Proust lorsque celle-ci siégeait alors dans la majorité avant de rejoindre les bancs de l’extrême droite. Puis ce fut au tour de Julien Sanchez d’entrer dans la danse sur le changement de répartition des moyens financiers alloués aux groupes politiques. Toujours adepte des recours juridiques (après avoir déjà contesté les élections à Nîmes), l’élu RN a annoncé attaquer cette délibération au tribunal administratif. En effet, Vincent Bouget a choisi d’attribuer l’enveloppe aux différents groupes « proportionnellement à leur effectif ainsi qu’en considération de la charge de travail résultant des responsabilités exercés par leurs membres ».

    « Inquiétudes légitimes » autour de l’aéroport

    Le vice-président aux Finances, Gilles Guillaud a aussi présenté le compte financier 2025 marqué par une baisse des recettes de fonctionnement de 0,6% et une hausse des dépenses de fonctionnement de 2,6%. L’épargne brute a diminué à 72,1M d’euros. 105 millions d’euros ont été fléchés vers des projets d’investissements, « ce qui est un niveau élevé ». L’endettement s’est lui stabilisé à 466M d’euros. « L’encours de la dette place Nîmes Métropole parmi les collectivités les plus endettées de France », souligne Gilles Guillaud.

    Outre le compte financier, Vincent Bouget a confirmé que « les inquiétudes qui s’expriment depuis plusieurs semaines sont légitimes », concernant la gestion par Edeis de l’aéroport de Nîmes puisque « les ambitions affichées lors de la signature de la délégation de service public et les objectifs fixés au délégataire sont aujourd’hui loin d’être atteints ».

    Il a également annoncé vouloir engager à partir de septembre un travail de « réactualisation du projet de territoire de Nîmes Métropole ». C’est dans cet optique qu’il a donc demandé « d’acter le report du vote du budget primitif de 2027 en début d’année prochaine ».

  • À Nîmes, les hôteliers veulent réguler Airbnb

    À Nîmes, les hôteliers veulent réguler Airbnb

    À Nîmes, les locations de courte durée pourraient bientôt faire l’objet d’un encadrement plus strict. Pour l’heure, la Ville observe. « On est vigilant sur la question des locations Airbnb en ville, on n’est pas dans un seuil d’alerte maximum mais on voit que ça prend de l’ampleur », explique Vincent Bouget (PCF), maire de Nîmes. L’édile pointe déjà plusieurs effets concrets dans certains quartiers : nuisances, gestion des déchets ou tensions d’usage entre habitants et visiteurs. « La vie des gens qui sont en vacances n’est pas tout à fait la même que celle des gens qui vivent et qui travaillent », résume-t-il.

    Dans le viseur, il ne s’agit pas seulement des locations Airbnb, mais plus largement des meublés de tourisme, ces logements loués pour quelques nuits sur les plateformes. Du côté des professionnels, l’inquiétude est vive. Frédéric Sanchez, secrétaire général de l’Umih 30 et gérant du restaurant La Table du 2, défend une ligne claire : « Le problème n’est pas qu’il y ait des Airbnb, le problème c’est qu’ils n’aient pas les mêmes règles que nous. » Selon lui, l’activité est devenue, pour une partie des propriétaires, « un placement immobilier spéculatif » qui concurrence directement l’hôtellerie, sans en supporter les mêmes obligations.

    Demande d’un encadrement plus strict

    Frédéric Sanchez distingue les particuliers qui louent ponctuellement leur logement et les multipropriétaires. « Le particulier qui loue ponctuellement sa maison, son appartement quand il est en vacances, c’est complètement entendable », précise-t-il. Mais pour l’Umih, le cœur du problème se trouve ailleurs : dans les studios et petits logements loués toute l’année, parfois avec boîtes à clés, et directement comparables à une chambre d’hôtel.

    Les chiffres avancés par le représentant patronal dessinent une forte progression. À Nîmes, les meublés de tourisme seraient passés d’environ 900 en 2019 à près de 3 400 aujourd’hui. Dans le même temps, la capacité hôtelière serait passée d’environ 2 100 à 2 400 chambres. « En moyenne, un logement de type Airbnb est l’équivalent de deux chambres d’hôtel en termes de nombre de couchages », estime Frédéric Sanchez, qui voit là une concurrence directe pour les établissements soumis aux normes de sécurité, à la fiscalité professionnelle et à l’emploi de personnel.

    La demande des hôteliers porte donc d’abord sur la multipropriété. « Notre demande à l’ancienne municipalité, c’était : interdisez la multipropriété Airbnb », rappelle Frédéric Sanchez. Selon lui, environ 1 300 meublés touristiques nîmois appartiendraient à 200 propriétaires, le plus important en possédant 19. « Il a l’équivalent d’un hôtel de 40 chambres, sans en avoir aucunement les règles », dénonce-t-il.

    Pour le représentant syndical, l’enjeu dépasse la seule hôtellerie. Il touche aussi au logement des étudiants, apprentis et jeunes actifs, qui peinent à trouver de petites surfaces abordables. « On veut des Airbnb complémentaires à notre offre, qui apportent un nouvel atout à la destination. » S’il estime que l’année 2026 est déjà compromise pour les professionnels, Frédéric Sanchez observe toutefois un changement de climat avec la nouvelle municipalité. « On retravaille depuis un mois et demi – deux mois avec la nouvelle municipalité, qui a pris conscience du problème et est très à l’écoute là-dessus », relève-t-il. Un dialogue plus propice, selon lui, à la recherche de mesures capables de mieux encadrer les meublés touristiques à Nîmes.