Tag: Nîmes

  • À Nîmes, un point relais pour les martinets noirs

    À Nîmes, un point relais pour les martinets noirs

    La future galerie des oiseaux du Museum d’histoire naturelle de Nîmes, située au premier étage du bâtiment du 13 boulevard Amiral Courbet, n’aura jamais aussi bien porté son nom ! Du 22 juillet au 31 août, grâce à une convention entre la Ligue de protection des oiseaux (LPO) et la Ville de Nîmes, un refuge temporaire pour martinets noirs a en effet été installé dans cet espace de 103m².

    Avec les fortes chaleurs, les jeunes martinets qui grandissent sous des tuiles ou dans des cavités fortement exposées souffrent de la chaleur. Les jeunes vont alors chercher désespérément un peu de fraîcheur à l’entrée du nid au risque de tomber au sol alors qu’ils ne sont pas encore prêts à voler et de se mettre en danger. « Chaque été, de nombreux jeunes martinets tombent prématurément de leur nid, entraînant une augmentation importante des besoins de prise en charge », confirme la Ville dans un communiqué.

    Afin de répondre à cette situation et face à la saturation des centres de soins de la faune sauvage, un point-relais spécifique a donc été créé, accueillant les opérations de nourrissage et de soins destinées aux martinets noirs ne nécessitant qu’une prise en charge légère avant d’être relâchés dans leur milieu naturel.

    « Les canicules successives rappellent combien la biodiversité est aujourd’hui fragilisée. Les martinets, oiseaux emblématiques de nos villes, sont particulièrement touchés. En soutenant la création de ce point relais, la Ville de Nîmes agit concrètement pour la protection de la faune sauvage et affirme sa volonté de mieux prendre en compte la place de l’animal dans la ville », indique Jullien Pacioni, élu délégué à l’innovation sociale et écologique, à la place de l’animal dans la ville et à l’implication citoyenne.

    * En cas de découverte d’un martinet noir au sol, les habitants sont invités à contacter le standard du Muséum d’histoire naturelle au 04.66.76.73.45,
    qui les orientera vers la prise
    en charge adaptée.

  • Fabienne Decottignies nommée préfète du Gard

    Fabienne Decottignies nommée préfète du Gard

    Avec Anne Levasseur au Vigan, Lucie Roesch désormais à Alès et dans quinze jours Fabienne Decottignies à Nîmes, c’est un trio de femmes qui va désormais représenter l’État dans le département gardois. Arrivé à l’été 2023, Jérôme Bonet laisse la trace d’un préfet sérieux, efficace et à l’écoute mais qui aura aussi démontré toute l’impuissance de l’État sur les sujets de désindustrialisation, à l’image de la fermeture de la verrerie à Vergèze.

    Comme Jérôme Bonet, Fabienne Decottignies possède un profil atypique puisqu’elle n’a pas enchaîné les postes de sous-préfète avant d’arriver dans le Gard. Si son prédécesseur a principalement travaillé dans les plus hautes instances policières, Fabienne Decottignies a longtemps occupé des responsabilités au sein de l’administration centrale, notamment dans le domaine de la santé.

    Née en 1971 à Tourcoing, elle suit un parcours universitaire brillant (hypokhâgne, khâgne, maîtrise d’histoire moderne, Institut d’études politiques et Institut régional d’administration) avant de multiplier les postes dans l’administration. En 2007, elle devient cheffe du bureau du budget, de la performance et du contrôle interne à la Direction générale de la santé. Elle rejoint ensuite la préfecture de police de Paris en 2012 et entre dans le corps préfectoral en 2015 en devenant sous-préfète dans l’Oise. Après un retour à Paris, elle est ensuite sous-préfète de Lille (2022-2024) puis devient préfète de la Nièvre. Elle est également officier de l’Ordre national du Mérite et a reçu la Légion d’honneur. T.A.

  • Le réseau Tango à Nîmes « 100% propre » en 2030

    Le réseau Tango à Nîmes « 100% propre » en 2030

    La promesse a été lancée, les élus métropolitains ont désormais trois ans et demi pour l’appliquer. Sur le dépôt des bus Tango, ils ont en effet annoncé le passage de « l’ensemble des bus du réseau urbain vers des motorisations 100% propre ». Pour l’heure, la collectivité compte une centaine de véhicules à « énergie propre », fonctionnant à l’électricité, au biogaz ou au biocarburant. Cela représente la moitié de la flotte de véhicules actuellement exploités par Keolis.

    Ombrière photovoltaïque

    Fin juillet, les élus métropolitains étaient donc fiers de présenter les tout nouveaux bus articulés 100% électriques de 18 mètres de long qui sont dotés « d’une autonomie pouvant atteindre 340 km grâce à leurs neuf packs de batteries haute capacité de 623 kWh ». Ils offrent ainsi « une capacité d’accueil de 104 voyageurs ». Cinq d’entre eux sont déjà en circulation et quatre arriveront dans les prochains jours. L’investissement pour ces véhicules représente tout de même 7,6 millions d’euros. En moyenne ces dernières années, ce sont 8 millions d’euros qui sont mobilisés dans la modernisation des équipements des bus Tango.

    Lors de cette présentation, les élus ont également annoncé la construction d’une ombrière photovoltaïque sur le dépôt Tango qui sera mise en service en fin d’année. « Nous agissons simultanément sur deux leviers essentiels : la décarbonation de notre flotte et la production locale d’une énergie renouvelable. Aujourd’hui, 100 véhicules à énergie propre circulent déjà sur le réseau Tango et notre ambition est claire : disposer d’un réseau urbain composé à 100% de véhicules propres d’ici 2030 », confirme Vincent Bouget, le nouveau président de Nîmes Métropole.

  • Les trottinettes électriques mises au pas à Nîmes

    Les trottinettes électriques mises au pas à Nîmes

    Dans les rues étroites de l’Écusson nîmois, le sifflement électrique devra désormais céder la place au bruit des pas. Par un arrêté pris le 8 juillet, la municipalité durcit les règles applicables aux trottinettes électriques, gyropodes, monoroues et autres engins de déplacement personnel motorisés (EDPM). Une réponse aux plaintes de piétons et de commerçants, régulièrement confrontés aux slaloms entre les terrasses et les passants.

    La circulation n’est pas interdite dans tout le centre-ville, mais les usagers doivent descendre de leur engin et le pousser à la main dans les secteurs les plus fréquentés : rues piétonnes de l’Écusson, mail de l’Esplanade, avenue Feuchères, abords de l’Hôtel de Ville et de la Maison Carrée. Les trottoirs restent interdits.

    Le casque pour tous

    Autre changement majeur : le casque homologué devient obligatoire sur l’ensemble de la commune, pistes cyclables comprises. Les règles nationales demeurent : avoir au moins 14 ans, circuler seul, ne pas dépasser 25 km/h et être assuré. Sur plusieurs grands axes limités à plus de 50 km/h, les EDPM devront également rester sur les pistes cyclables. La Ville justifie ce tour de vis par la multiplication des usages et des comportements dangereux. « Nous voulons la protection des Nîmois et le partage apaisé de l’espace public », défend Nicolas Nadal, adjoint à la sécurité.

    Vendredi 17 juillet, policiers municipaux et élus ont arpenté le centre ancien, rappelant le casque aux uns et invitant les autres à mettre pied à terre. Tout l’été, la prévention doit primer, avec des opérations régulières, des stands et une nouvelle signalisation. Mais ensuite, le message changera de ton : circuler dans une zone interdite ou sans casque pourra coûter 150 euros. Entre nouvelles mobilités et droit de marcher sans crainte, la Ville tente de dessiner une ligne de partage. Dans le cœur de Nîmes, elle passera désormais par le pied à terre.

  • [C’est l’été] Patrick Fustier, l’homme qui a refusé d’enterrer le Nîmes Olympique

    [C’est l’été] Patrick Fustier, l’homme qui a refusé d’enterrer le Nîmes Olympique

    Il y a un an, Patrick Fustier n’avait « pas le temps de stresser ». De la mi-juin à la mi-juillet 2025, le co-président du collectif « Sauvons le Nîmes olympique » enchaînait les réunions et les démarches pour empêcher le club gardois de sombrer. Menacé d’une rétrogradation jusqu’en Régionale 1, le NO avait finalement obtenu son maintien au quatrième échelon national devant la DNCG. « Franchement, nous y avons toujours cru. C’est l’ADN du collectif », assure-t-il aujourd’hui.

    Depuis, le club a repris des couleurs. Derrière une nouvelle direction constituée autour d’entrepreneurs locaux, les Crocos ont joué la montée jusqu’au bout, échouant à seulement un point de la première place. Dans les tribunes, le public est également revenu : près de 5 000 spectateurs de moyenne, selon Fustier, et jusqu’à 7 000 ou 8 000 personnes lors des dernières rencontres à enjeu. « Le bilan est vraiment positif quand on se retourne sur le chemin parcouru », estime-t-il. Avec, tout de même, « un petit goût d’inachevé ». Car pour celui qui considère que la place du NO demeure dans le football professionnel, la renaissance ne sera complète qu’avec une remontée sportive.

    Le modèle local constitue néanmoins une première victoire. Face à un football français où les clubs passent sous pavillon étranger et se fondent dans des systèmes de multipropriété, Patrick Fustier défend un autre chemin. « Nîmes est un club populaire, dans une ville populaire. Il s’est toujours bâti sur un ancrage local. »

    De supporters à garde-fous

    Créé en 2023 dans l’urgence, Sauvons le Nîmes olympique n’a pas disparu avec le danger. L’association revendique désormais 2 100 adhérents, dont environ 750 socios ayant participé financièrement au sauvetage. Elle est également entrée au capital du club et dispose d’une voix au conseil d’administration. « Il y a Bastia, Sochaux et nous. Quand on y réfléchit à tête reposée, c’est quand même pas mal », sourit Patrick Fustier. La proximité avec la direction ne doit pourtant pas faire taire les critiques. Le collectif entend servir de « courroie de transmission » entre les tribunes et les dirigeants, mais aussi de « garde-fou » en cas de nouvelle dérive, une possibilité inenvisageable du temps de Rani Assaf.

    Sa mission est donc loin d’être achevée. « Le club est encore en quatrième division et joue dans un stade provisoire. On pourra peut-être souffler quand il sera revenu en Ligue 2 et dans un stade des Costières de nouveau en usage. » Sur ce dossier, Patrick Fustier affiche son optimisme. Après avoir interpellé tous les candidats aux municipales, le collectif peut désormais compter sur plusieurs relais à la mairie : son ancien co-président Dimitri Pialat, délégué aux équipements sportifs, l’adjoint Bruno Ferrier et le maire Vincent Bouget, tous des amoureux du club. La visite organisée aux Costières à la fin du mois de juin a conforté ses espoirs.

    Pour le retour du football, Patrick Fustier vise l’été 2028. « Si, dans deux ans, nous étions de retour aux Costières, ce serait super. En termes d’émotion, je pense que cela déborderait dans le stade. » Peu importeraient alors l’adversaire ou le niveau : « Les gens reviendraient simplement pour dire que nous sommes de retour dans le vrai stade. » Car les Antonins n’ont jamais remplacé les Costières dans son cœur. « Au gré de ma vie, j’ai fréquenté les quatre tribunes. Je me suis quelque part approprié ce stade, je m’y sens un peu chez moi. »

    Il se souvient des derbies, de la demi-finale de Coupe de France face à Montpellier et des soirées européennes contre Budapest ou Stockholm. Autant de souvenirs qui lui rappellent que le destin d’un club n’est jamais écrit. Après avoir maintenu la flamme lorsque le NO vacillait, les supporters rêvent désormais de la rallumer aux Costières. « Impossible n’est pas Nîmois. »

  • L’aéroport de Nîmes en zone de turbulences

    L’aéroport de Nîmes en zone de turbulences

    Record de fréquentation d’un côté, trou financier de l’autre : l’aéroport de Nîmes-Garons cultive un paradoxe qui commence à peser lourd. Avec 259 000 passagers en 2024, la plateforme avait retrouvé son meilleur niveau depuis vingt-cinq ans. Loin, pourtant, des 400 000 voyageurs promis pour 2028 par le délégataire Edeis lors de la signature de la délégation de service public (DSP) en 2022. Et en 2025, la fréquentation a même légèrement reculé, à 245 552 passagers.

    Sur le plan comptable, la note est salée. Le rapport annuel d’Edeis affiche un résultat net négatif de 1,17 million d’euros en 2024, contre un excédent de 349 000 euros l’année précédente. Une provision exceptionnelle de 872 000 euros, liée à un vieux contentieux sur des autorisations d’occupation temporaires, gonfle l’ardoise. Mais même sans elle, le trou atteint près de 300 000 euros. Six lignes sont aujourd’hui exploitées, presque toutes par Ryanair, quasi seul maître à bord depuis le fiasco de la compagnie Odyssey l’an dernier, qui a annulé l’ensemble de ses vols.

    Élu à la tête de Nîmes Métropole en avril, Vincent Bouget (PCF) a hérité d’un dossier explosif. Devant le conseil communautaire fin juin, l’édile n’a pas mâché ses mots : « Les ambitions affichées lors de la signature de la DSP et les objectifs fixés au délégataire sont aujourd’hui loin d’être atteints. » Un contentieux qui pourrait, selon le contrat, déclencher de premières pénalités financières dès cette année.

    Coopérer

    plutôt que rivaliser ?

    Reste que pour Vincent Bouget, le trafic commercial n’est pas l’essentiel. « Le cœur du réacteur, c’est la sécurité civile », a-t-il tranché début juillet, rappelant le rôle de la base aérienne où sont entretenus les Canadair, avec quatre nouveaux appareils attendus d’ici 2032. Un statut de hub européen de la sécurité civile que Nîmes ambitionne depuis 2017, mais que Chypre pourrait bien lui souffler : la Commission européenne y prépare une plateforme régionale de lutte contre les incendies, confirmée en juin par la commissaire Hadja Lahbib. « S’il faut aller à Bruxelles avec Carole Delga pour que le hub européen soit bien ici, nous irons », promet le président d’agglo.

    Sur le volet commercial, la question d’une coopération avec les aéroports voisins refait surface. En septembre 2025, alors dans l’opposition, Vincent Bouget plaidait déjà pour une autre voie que la rivalité : « Rien ne peut s’envisager sans coopération avec les aéroports voisins, dont Montpellier. » Une ligne bien différente de celle défendue quelques mois plus tôt par son prédécesseur Franck Proust, qui menaçait ouvertement de « se tourner vers Marseille » face à ce qu’il jugeait être le manque d’ouverture de Montpellier.

    Aujourd’hui, l’opposition LR, par la voix de Franck Proust, avance un autre scénario : une reprise temporaire de l’aéroport en régie publique si Edeis venait à se désengager. Une piste que la majorité de gauche n’a, à ce stade, ni confirmée ni écartée. Après deux rendez-vous décisifs fin juin, avec le préfet du Gard puis le délégataire, Vincent Bouget maintient la prudence : « On travaille pour trouver une solution et sortir par le haut. » Le cap devra être fixé avant l’échéance de la DSP, fin 2028. Au-delà des désaccords, une question politique demeure : combien d’argent public faut-il mobiliser pour préserver cette vitrine aérienne, et pour quel service rendu au territoire ? Le débat ne pourra se limiter à une guerre de clochers : l’avenir de 850 salariés et de 200 élèves-pilotes est aussi en jeu.

  • À Nîmes, L’Espelido face à un contexte budgétaire tendu

    À Nîmes, L’Espelido face à un contexte budgétaire tendu

    Depuis sa création, L’Espelido accueille, héberge et accompagne des personnes confrontées à des difficultés sociales, économiques ou psychologiques. L’association œuvre aussi pour l’insertion, l’accès aux droits et la lutte contre toutes les formes d’exclusion.

    Des moyens qui ne suivent plus les besoins

    Comme d’autres acteurs du secteur, l’association subit les effets des restrictions budgétaires qui touchent le monde associatif. Sa direction a déjà expliqué il y a plusieurs mois ses difficultés et indiqué disposer que de « 38 euros par salarié et par jour pour couvrir l’ensemble des dépenses de fonctionnement », une enveloppe jugée insuffisante face à l’inflation et à l’augmentation des besoins. Cette situation fragilise la capacité des équipes à assurer leurs missions auprès des publics les plus vulnérables, alors même que les demandes d’accompagnement continuent de progresser.

    Présentes au plus près du terrain, ces associations constituent souvent le premier recours pour des personnes en grande précarité. En assurant un accompagnement quotidien vers l’hébergement, les droits, l’emploi ou les soins, elles jouent un rôle essentiel de prévention et de cohésion sociale. Leur fragilisation risque ainsi de se répercuter directement sur les publics les plus vulnérables, dans un contexte où les besoins ne cessent d’augmenter.

    L’APS 34 est aussi sous tension

    L’association de prévention spécialisée (APS) de l’Hérault -structure qui apporte du soutien aux familles et aux jeunes, restaure le lien social, lutte contre la délinquance etc. – dépends également des enveloppes allouées par le Département. Le contexte budgétaire menaçant laisse l’association sous tension.

  • 115 détenus à Nîmes saisissent la justice

    115 détenus à Nîmes saisissent la justice

    Après avoir porté plainte contre Bruno Retailleau pour « discrimination » et « incitation à la haine » lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, Khadija Aoudia porte cette
    fois plainte contre Gérald Darmanin, le ministre de la Justice. En conférence de presse mercredi 8 juillet, l’ancienne bâtonnière du barreau de Nîmes a précisé que ce n’était pas contre la personne morale, mais contre le ministre de la Justice que la plainte avait été déposée pour « non-assistance à personne en danger ».

    Khadija Aoudia porte en effet une démarche inédite en France. Elle est parvenue à rassembler 115 détenus (elle en attend d’ailleurs d’autres avant de déposer officiellement la plainte avant la fin du mois) pour porter l’affaire devant la Cour de justice de la République (CJR). Les 115 détenus dénoncent en effet leurs conditions de détention à Nîmes. « C’est eux qui ont écrit », précise Khadija Aoudia. « J’ai juste aidé à la mise en forme. C’est la première fois qu’une telle démarche est engagée. Au lieu de provoquer de la violence entre eux, les détenus ont montré qu’ils pouvaient se fédérer et mener une action commune. »

    Une procédure administrative

    Une situation connue tant la surpopulation carcérale est importante à la prison de Nîmes qui est passée de 480 détenus (pour 190 places) en 2024 à 770 détenus (pour 340 places) actuellement. Vidéos à l’appui, Khadija Aoudia a ensuite décrit les conséquences de cette surpopulation : « Cela entraîne une dégradation de l’état psychologique et physique des détenus. L’insalubrité des lieux est manifeste, avec de l’humidité, pas d’aération, de la moisissure, des températures ressenties actuellement de 50 degrés. Il y a aussi des punaises de lit, des rats et des cafards. L’accès aux soins est quasiment impossible et l’accès aux douches est impossible car il n’y a pas assez de surveillants pour les emmener. C’est une catastrophe pour la dignité humaine. Et quel est le ministre de la Justice qui n’a pas été au courant de ces conditions ? Pour moi, le ministre de la Justice est parfaitement au courant des conditions et des risques, la non-assistance à personne en danger est donc caractérisée. »

    En parallèle de cette plainte déposée au pénal, Maître Arnaud Lemoine va déposer un recours administratif pour que la direction de la maison d’arrêt de Nîmes améliore la situation même si l’avocat a peu d’espoir. L’administration a deux mois pour y répondre « Nous constatons un effondrement du service public. L’administration doit donc rendre des comptes. L’État français a déjà été condamné par la Cour européenne des droits de l’Homme mais rien ne bouge. L’État ne peut pas se dédouaner de l’absence de moyens. Il faut d’abord définir les buts à atteindre et ensuite se donner les moyens », fustige l’avocat.

    Cette double démarche pourrait faire des émules. Bien conscients de la surpopulation carcérale, de nombreux détenus partout en France sont au courant de cette démarche et l’initiative pourrait faire des petits. Une plainte similaire pourrait d’ailleurs être annoncée dans les prochaines semaines à Villeneuve-lès-Maguelone dans l’Hérault.

    « C’est la première fois qu’une telle démarche est engagée »

  • Beaucaire : le bâillon RN retoqué par la justice

    Beaucaire : le bâillon RN retoqué par la justice

    C’est un revers cinglant pour l’extrême droite beaucairoise. Le 8 juillet 2026, le tribunal judiciaire de Nîmes a débouté Julien Sanchez, Nelson Chaudon et la mairie de Beaucaire de l’intégralité de leurs demandes contre L’Arlésienne et Street Press. Les deux médias d’investigation avaient été traînés en justice pour avoir enquêté en automne 2025 sur la politique discriminatoire d’attribution des commerces du centre-ville, où des témoignages évoquaient une mise à l’écart de commerçants d’origine maghrébine ou latino-américaine. Une pratique que Sanchez lui-même avait résumée, sans la moindre gêne, dès son arrivée à l’hôtel de ville en 2014 : « Le souk, c’est terminé. »

    Le juge des référés a tranché net. Il a estimé que « le caractère manifestement illicite du trouble n’est pas caractérisé » et que « l’exception de bonne foi [constitue] en l’espèce un caractère sérieux ». En clair : l’enquête est suffisamment solide pour ne pas relever de la diffamation manifeste. La justice rappelle aussi les limites du référé : apprécier « la réalité du sérieux de l’enquête », la « base factuelle suffisante » ou encore la « mesure dans l’expression » relève d’un débat au fond. Or la mairie RN avait choisi l’urgence, celle qui sert à faire taire vite, à retirer vite, à intimider fort. Résultat : un camouflet pour des plaignants qui réclamaient la dépublication des articles, le retrait des numéros papier des kiosques (en pleine période électorale, faut-il le rappeler), et pas moins de 18 000 euros de dommages et intérêts au total.

    « La justice a suivi nos arguments, les pièces fournies de notre enquête ont prouvé la bonne foi de notre travail », se félicite Me Valentine Rebérioux, avocate commune de L’Arlésienne et de Street Press. Lors de l’audience du 27 mai, l’avocate avait rappelé que la mairie avait été sollicitée à trois reprises sans jamais répondre, et que la Chambre régionale des comptes avait elle-même pointé des dysfonctionnements au sein de la commune dès 2020.

    Une victoire, mais la facture reste

    Cette victoire juridique ne doit pas masquer le coût réel des procédures-bâillons. L’Arlésienne devra avancer à ses propres frais les honoraires d’huissier pour notifier la décision à la mairie, à sa charge, donc. Ses frais d’avocat ne seront pas mis à la charge des plaignants. Aucun dommage et intérêt pour procédure abusive n’a par ailleurs été retenu. Le RN dispose encore de quinze jours pour faire appel et porter l’affaire devant la cour d’appel. L’épuisement financier et procédural des rédactions indépendantes : c’est précisément la mécanique des bâillons.

    Éric Besatti, directeur de publication de L’Arlésienne, l’avait dit sans détour à L’Humanité début juillet : enquêter sur le RN est « très difficile », car « tout le monde a peur de parler ». Sept témoignages étayent pourtant l’enquête, minutieusement recoupés. « Ce qu’on écrit, on le pense, et on le prouve », tranchait-il. Street Press comptait début 2026 une quinzaine de procédures en cours, dont les deux tiers émanant de l’extrême droite. Zéro condamnation à ce jour.

    Pendant ce temps, la mairie de Beaucaire continue de s’affranchir de ses obligations légales en ne publiant pas les procès-verbaux complets de ses conseils municipaux, contrairement à ce qu’exige pourtant la loi. Les élus d’opposition réclament depuis des années la liste des locaux préemptés, leurs attributaires et les critères retenus. Silence total. La transparence, visiblement, est réservée aux autres communes.

    Désormais, le délai de prescription de trois mois pour attaquer l’enquête au fond est dépassé : la mairie ne peut plus, juridiquement, s’en prendre au contenu des articles. Il ne lui reste plus qu’une option : répondre sur le fond. Ce qu’elle refuse depuis le premier jour. L’Arlésienne affirme rester ouverte à la publication des réponses de la Ville. Or, depuis des années, l’opposition municipale réclame déjà la liste des locaux préemptés ou loués, l’identité de leurs bénéficiaires et les critères d’attribution. Sur ces demandes comme sur celles des journalistes, la mairie fait silence radio. Mais comme le rappelait Besatti, « le journalisme est un sport de combat ». Round gagné.

    La Marseillaise est solidaire de L’Arlésienne et de Street Press. Pour les soutenir et financer leurs frais de justice : journaux en kiosques ou larlesienne.info et streetpress.com

  • À Nîmes, les traditions camarguaises à l’honneur

    À Nîmes, les traditions camarguaises à l’honneur

    La société Cassas And Co, dont la délégation à l’organisation des spectacles tauromachiques des arènes de Nîmes a été renouvelée pour quatre ans en 2025, a dévoilé sa programmation pour le mois d’août. Deux courses camarguaises sont au programme pour le Grand Prix de la Ville de Nîmes, inscrit au Trophée des As. Elles se tiendront les jeudis 13 et 20 août à 18h, en présence des raseteurs parmi les meilleurs du moment : Youssef Zekraoui, Tom Charrade, Lucas Lopez, Leandro Leal, Milan Boukharta, Ziko Katif (quintuple champion de France) et le champion en titre, Joachim Cadenas.

    Voltige équestre

    Le 14 août, à 21h, un autre rendez-vous très attendu se tiendra aux arènes avec le spectacle équestre « Lorenzo & Friends ». « Lorenzo est un voltigeur camarguais à la carrière internationale, véritable cador du milieu des spectacles équestres, précise Hadrien Poujol, codirecteur des arènes de Nîmes. Nous l’avons déjà fait venir l’année dernière et c’est du très haut niveau, notamment en termes de dressage. » Son numéro sera accompagné de ceux d’Hasta Luego, célèbre manadier camarguais, et de Renaud Vinuesa.

    Pour clôturer la saison, les Grandes Olympiades des Gardians auront lieu le vendredi 21 août à 21h. La manade Vinuesa y remettra son titre en jeu, face aux manades Gillet, Robert Michel, Lafon et Arlatenco.

    * Réservations : www.arenes-nimes.com