Tag: Nîmes

  • Une autre image de Damas chez Negpos

    Une autre image de Damas chez Negpos

    Lancé en pleine période Covid, le festival Villes invisibles se pérennise à la galerie Negpos de Nîmes malgré la « diminution impressionnante des membres permanents de l’équipe due principalement à la disparition intégrale des emplois aidés », précise Patrice Loubon, le directeur artistique de la galerie.

    Pour autant, le festival renouvelle sa proposition d’éclairer les villes invisibles autour d’une exposition du photographe arlésien Jean-André Bertozzi, qui s’était rendu à Damas, capitale de la Syrie, en 2005, six ans donc avant la révolution avortée suivie par l’émergence de l’État islamique, la guerre civile et la chute de Bachar El-Assad fin 2024. « On a beaucoup entendu parler de cette ville ces 15 dernières années, mais ici, on se plonge dans la période précédant les Printemps arabes où l’on peut percevoir que quelque chose va se passer. Il y a comme une tension sourde dans ces photographies, qui révèle une explosion imminente », résume Patrice Loubon.

    « Tourner la page »

    Avec cette exposition, Negpos se projette désormais sur la suite après une année 2025 marquée par les actes de vandalisme contre l’exposition « Benzine Cyprine », de Kamille Levêque Jégo, fin avril, quinze jours après son inauguration. Suite à ce saccage, la galerie avait été contrainte de revoir son programme pour accueillir à nouveau cette exposition féministe jusqu’au 15 octobre dernier. « L’enquête est au point mort. Le principal suspect doit être convoqué prochainement mais il manque des preuves concrètes même si cette personne nous avait plusieurs fois menacés. Mais nous sortons enfin de ce tunnel et « Villes invisibles » a permis de tourner la page », confirme le directeur artistique de Negpos.

    Désormais tourné vers l’avenir, Patrice Loubon connaît déjà le thème de la 7e édition du festival de l’an prochain : « Ce sera Gaza parce que c’est obligatoire. Ce sera le travail d’une photographe grecque avec un jeune Gazaoui qui a déménagé au Caire. Cela évoquera aussi ce jeune photographe palestinien car nous ne voulons jamais détacher l’urbain de l’humain ».

  • Une semaine pour défendre le droit des enfants

    Une semaine pour défendre le droit des enfants

    C’est au Pont du Gard, site emblématique et symbolique du lien entre les générations, que le Département a lancé, le 5 novembre, la Semaine gardoise des droits de l’enfant. Autour de Maryse Giannaccini, vice-présidente du Conseil départemental déléguée à la Protection de l’enfance, de Bénédicte Quimpert, présidente de Défense des enfants international Gard (DEI 30), et de David Rohi, chef du pôle régional Occitanie du Défenseur des droits, une trentaine d’associations étaient réunies pour sensibiliser petits et grands aux droits fondamentaux inscrits dans la Convention internationale des droits de l’enfant, adoptée il y a 36 ans.

    Le Forum des enfants, organisé ce jour-là, a réuni des centaines de jeunes autour de jeux, d’ateliers éducatifs et de rencontres citoyennes. Le Conseil départemental des jeunes, composé de collégiens engagés, s’est illustré en animant des débats et des micros-trottoirs sur la citoyenneté et le développement durable. Parmi les intervenants, Marine Kedjroub, 21 ans, ancienne bénéficiaire de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), a livré un témoignage poignant : « Être placée, ça a été comme une tempête. Mais j’ai compris que c’était pour me donner la chance de devenir la jeune femme que je suis aujourd’hui ».

    Une semaine

    pour sensibiliser

    Dans le Gard, près de 4 000 enfants sont confiés à l’ASE, soit deux fois plus qu’il y a trois ans. « C’est une priorité absolue », souligne Maryse Giannaccini. Le Département mobilise 430 assistants familiaux, 12 Maisons d’enfants à caractère social et une vingtaine de lieux de vie, pour un budget annuel dépassant les 95 millions d’euros. « C’est en les accompagnant aujourd’hui dans leurs apprentissages et leurs libertés fondamentales qu’ils construiront une société plus solidaire demain », rappelle la présidente Françoise Laurent-Perrigot.

    Du 19 au 28 novembre, la Semaine des droits de l’enfant se poursuivra dans onze communes gardoises, de Nîmes à Barjac, en passant par Uzès, Alès ou Pont-Saint-Esprit, avec conférences, spectacles, expositions et projections : le programme est à retrouver le site du département. Temps fort de l’édition : la rencontre Jeunes en lumière, le 19 novembre à Vergèze, où des enfants confiés à l’ASE témoigneront de leur parcours devant des professionnels. « Les enfants ont des droits particuliers parce qu’ils ont une vulnérabilité, conclut David Rohi. Nous avons encore beaucoup de chemin à faire pour que leur parole soit vraiment entendue ».

  • Nîmes en commun fait parler la ville

    Nîmes en commun fait parler la ville

    Dans la chaleur boisée de l’arrière-salle du Prolé, les chaises serrées jusqu’au fond, Hugo Carlos, du collectif Nîmes en commun, plante le décor : « On est nombreux ce soir », sourit-il, micro en main. Il remercie la cinquantaine de personnes présentes – membres du collectif comme simples curieux – pour la réunion hebdomadaire de ce lundi 10 novembre, malgré le pont. Le rituel des présentations ne s’éternise pas, car l’urgence est ailleurs : faire le point sur ce questionnaire qui doit « faire émerger des priorités collectives des Nîmois » et, surtout, accélérer sa diffusion à quinze jours de l’échéance (24 novembre) avant la restitution promise le 11 décembre à la Halles des Sports.

    Le compteur a franchi la barre symbolique – « largement plus de 2 000 questionnaires », dont une centaine en ligne en vingt-quatre heures. La méthode, elle, s’affine. D’abord retenus pour économiser (0,20 euro l’exemplaire), les feuillets vont désormais circuler « au large » : cafés, bistrots, halls d’immeubles. Et lundi prochain ? Une idée fait consensus : remplacer la réunion hebdomadaire par une opération sur un point très passant de la ville pour maximiser les remplissages.

    Sur le fond, les récits fusent, précis, sans fard. Katia raconte l’accueil « très favorable » au stade des Antonins, quartier populaire où l’on prend le temps d’écouter. Christian détaille sa tournée « chez les connaissances » : deux heures par foyer parfois, tant les questions appellent la discussion. Au Cercle, on a changé de consigne : remplir sur place si possible, sinon emporter, « parce qu’on sent un vrai besoin de s’exprimer ». Ce besoin se lit d’ailleurs dans les champs libres : 450 témoignages déjà, recopiés mot à mot par Adèle et Marie, puis analysés « avec un peu d’intelligence artificielle ». À Jean Bouin, une scène reste en tête : une mère en difficulté avec le français répond grâce à sa fille de 14 ans, très au clair sur l’écologie ; ailleurs, des personnes âgées préfèrent qu’on leur lise les questions.

    « On ne peut pas parler pour les quartiers »

    Quand vient l’heure des thèmes qui remontent, trois mots s’imposent : transports gratuits (notamment pour les jeunes), sécurité, confiance envers les élites. Et l’exigence d’ancrage ressurgit, brutale et salutaire. Un participant des quartiers populaires – Madani – interpelle : l’initiative ne vaut que si « les militants des quartiers » sont au cœur des décisions. « On ne peut pas parler pour les quartiers sans leurs habitants. » La salle se tend, puis respire. Le message est pris au sérieux : identifier les zones moins couvertes (Garrigues Ouest, route d’Alès, Védelin, sud entre Leclerc et la rocade) et y concentrer l’effort, peut-être dès l’opération de lundi.

    En conclusion, le collectif s’est projeté sur la restitution du 11 décembre : grande salle à remplir, visuels en fabrication, et surtout une méthode « à l’ancienne » : rappeler personnellement chaque répondant. Rendez-vous est donné le 24 novembre au Cercle de l’Avenir pour se répartir des listes : « chacun 3 à 10 contacts », un argumentaire, et l’ambition de faire parler la ville « du 11 ».

  • L’État face au casse-tête Pissevin à Nîmes

    L’État face au casse-tête Pissevin à Nîmes

    La Chambre régionale des comptes d’Occitanie a publié, le 21 octobre, un audit « flash » sur l’opération de requalification des copropriétés dégradées d’intérêt national (Orcod-In) menée à Pissevin, l’un des quartiers les plus pauvres de France. Derrière ce dispositif d’État censé redonner souffle à un territoire miné par la précarité, les trafics et les immeubles délabrés, les magistrats financiers pointent de multiples difficultés de gouvernance et un modèle économique jugé « potentiellement sous tension ».

    Avec ses 11 000 habitants, ses tours vieillissantes et ses 57 % de logements privés, le quartier Pissevin-Valdegour incarne les impasses d’une urbanisation des années 1960. Le revenu médian y plafonne à 11 470 euros par an, le chômage atteint près de 50 % et le taux de pauvreté dépasse 70 %. La dégradation du bâti est telle que certaines copropriétés, comme Soleil Levant ou Lou Cigaloun, affichent plus de 50 % d’impayés de charges. Le rapport évoque « des pathologies économiques, sociales, bâtimentaires et sécuritaires cumulées. »

    Face à cette situation, la Ville de Nîmes avait sollicité en 2018 la création d’une Orcod-In, un outil prévu par la loi Alur pour traiter les copropriétés dégradées et les causes exogènes de leur déclin. L’État a confié sa mise en œuvre à l’Établissement public foncier d’Occitanie (EPFO), avec pour missions la lutte contre l’habitat indigne, l’accompagnement social et foncier, ainsi que la démolition des bâtiments les plus insalubres. Douze copropriétés et la Cité Matisse, emblème du quartier, font partie du périmètre d’intervention.

    Un modèle fragile

    L’audit note que « la réussite de cette opération est sous-tendue par de forts enjeux de gouvernance, de coordination et de bonne information des partenaires ». Or, plusieurs engagements conventionnels, notamment ceux de la Ville de Nîmes et de Nîmes Métropole, n’ont pas été respectés ou l’ont été tardivement. Les magistrats dénoncent aussi une « comitologie foisonnante » où se croisent État, collectivités, bailleurs, syndics et acteurs privés aux intérêts parfois divergents. Le rapport relève enfin que « les missions d’intérêt général se heurtent parfois à des intérêts économiques », qu’il s’agisse des réseaux criminels liés aux trafics ou de certains investisseurs immobiliers spéculatifs.

    Estimé à 180 millions d’euros sur quinze ans (2023-2037), le coût global de l’opération repose en majorité sur les financements de l’État et de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), à hauteur de 93 %. « L’épargne nette et la trésorerie de l’EPFO sont sollicitées par d’autres projets », avertit la CRC, ajoutant que « les dépenses liées à l’Orcod-In apparaissent complexes à anticiper ». Déjà, les dépenses engagées (12 M€) dépassent les prévisions initiales (9 M€).

    Dans sa réponse à la Chambre, la directrice de l’EPFO, Sophie Lafenêtre, reconnaît que les difficultés de projection sont aggravées par « la très grande variation du climat sécuritaire ». Les fusillades à Pissevin ont entraîné « des vagues de départs de locataires et des demandes massives de vente ». Le rapport conclut que la réussite du dispositif dépendra autant de la stabilité de ses financements que de sa capacité à surmonter les tensions entre acteurs publics et privés, dans un quartier en quête de renaissance.

  • La droite divisée flirte avec l’extrême droite à Nîmes

    La droite divisée flirte avec l’extrême droite à Nîmes

    La succession de Jean-Paul Fournier, après vingt-cinq ans de règne, vire à la guerre des droites. À cinq mois des municipales de 2026, les prétendants s’entre-déchirent sur fond de soupçons de glissement idéologique. Dernier épisode en date : le déplacement de Julien Plantier à Béziers, ville symbole du virage sécuritaire incarné par Robert Ménard. L’ancien premier adjoint de Jean-Paul Fournier y a rencontré la nouvelle brigade municipale antistupéfiants, saluant « une initiative forte » et affirmant vouloir « s’inspirer de ce qui fonctionne ailleurs ». Une référence qui interroge, tant le maire de Béziers a été condamné à plusieurs reprises pour incitation à la haine et régulièrement critiqué pour sa gestion autoritaire. Plantier, de son côté, a assumé que le thème de la sécurité serait au centre de sa campagne : « Chaque Nîmois doit pouvoir se sentir en sécurité partout, tout le temps. Aujourd’hui, nous avons besoin d’autorité. Le maire doit incarner cette autorité », a-t-il déclaré suite à la rencontre.

    Ce voyage biterrois a fait bondir une partie de la majorité sortante, comme le dévoile Objectif Gard : « Quel signal envoie-t-il ? Ménard, c’est l’extrême droite. S’il pensait récupérer les voix du centre-gauche, il peut désormais se mettre le doigt dans l’œil », aurait taclé un proche de Franck Proust. Avant d’ajouter : « La sécurité, il est coresponsable du bilan de Fournier, il était premier adjoint jusqu’au début de l’année ». Un autre raille une « photo opportuniste » : « Le maire de Béziers ne l’a même pas reçu, il a juste échangé avec un adjoint et un responsable sécurité. C’est ridicule. »

    Un boulevard pour le RN

    Du côté de Franck Proust, une autre polémique enfle après l’arrivée du communicant Olivier Jalaguier dans son entourage. Ancien soutien d’Yvan Lachaud, le publicitaire revendique une « union des droites » jusqu’à Zemmour et Maréchal. Un positionnement jugé inacceptable par Jean-Paul Boré, président de l’association Tous pour Nîmes et son agglomération (TPNA), qui a aussitôt coupé les ponts avec Proust : « Ce serait rédhibitoire à toute possibilité de coopération, totalement incompatible avec notre refus de toute alliance avec des partis qui prônent l’exclusion. » Le candidat a tenté d’éteindre l’incendie, affirmant que Jalaguier n’était « qu’un prestataire de communication », et qu’il restait « fermement opposé à l’union des droites ». Trop tard, peut-être. Pour Boré (ex-PCF), cette confusion « offre un boulevard au Rassemblement national, qui se délecte de la division de la majorité sortante ».

    Dans une droite nîmoise éclatée entre Proust, Plantier, Rouverand et Lachaud, l’union rêvée par Jean-Paul Fournier semble hors d’atteinte. À force de rivalités personnelles et d’ambiguïtés stratégiques, la majorité sortante pourrait bien perdre la main sur la ville pour la première fois depuis un quart de siècle, au profit d’une gauche unie autour de Vincent Bouget.

  • La quinzaine du Japon est lancée dans le Gard

    La quinzaine du Japon est lancée dans le Gard

    Tout le Gard concerné

    Mais cette quinzaine qui séduit petits, adolescents et adultes autour d’une même culture va rayonner sur l’ensemble du territoire gardois. Ainsi, la Bambouseraie en Cévennes propose des « visites exclusives » du jardin d’inspiration japonaise « Le Vallon du Dragon » (les 8, 9 et 11 novembre). Toujours dans les Cévennes, le Vigan organise aussi une journée avec de nombreuses animations dimanche 9 novembre. Jusqu’au 28 novembre, la Maison de ma Région de Nîmes accueille une exposition sur les « Voyages autour du Mont Fuji ». Du 15 au 18 novembre, le Cinéplanet à Alès met, lui, en lumière le cinéma japonais.

    Quatre lycées du département vont également accueillir des animations autour du manga, du dessin, de la cuisine japonaise ou des expositions. La médiathèque de Saint-Christol-lez-Alès accueillera l’exposition « Curieux Japon » et celle de Saint-Hippolyte-du-Fort proposera de nombreux ateliers (8, 12, 15, 19 novembre). Enfin, le musée voisin de la soie présente une exposition de broderies japonaises traditionnelles.

  • Pissevin retrouve un lieu de culture

    Pissevin retrouve un lieu de culture

    Fermée en 2023 pour des raisons de sécurité liées au narcotrafic, la médiathèque Marc-Bernard a rouvert ce mardi 4 novembre à Pissevin dans un bâtiment provisoire flambant neuf. Située rue Edgar-Poe, à proximité du groupe scolaire Paul-Langevin, cette structure de 273 m² symbolise pour la municipalité la continuité du service public culturel dans un quartier en pleine transformation.

    À l’intérieur, l’atmosphère est lumineuse et chaleureuse : près de 10 000 documents en libre accès, une salle d’animation, des postes informatiques, un espace petite enfance et des coins lecture pour tous les âges. « 60 % des inscrits sont des enfants », rappelle Valérie Travier, directrice des bibliothèques, qui souligne « le travail de terrain mené sans relâche par les équipes depuis la fermeture du site d’origine ». La médiathèque, qui a coûté 690 000 euros, bénéficie d’un cofinancement de l’État à hauteur de 40 %. Un dispositif de sécurité renforcé accompagne cette réouverture, avec vidéoprotection, rondes de police et contact quotidien entre les agents municipaux et les forces de l’ordre.

    L’opposition dénonce une réponse tardive

    Lors de l’inauguration, Daniel-Jean Valade, adjoint à la Culture, a insisté sur la portée symbolique de ce retour : « Aucun narcotrafiquant ne nous empêchera d’irriguer la culture partout dans Nîmes. Nous ne faisons pas de différence entre Pissevin, la garrigue ou le centre-ville. » Pour le sous-préfet Mathias Nieps, présent aux côtés de l’adjoint et de Claude de Girardi, adjointe à la rénovation urbaine, cet équipement « est un outil essentiel pour la mixité sociale et la réussite du projet de renouvellement urbain ».

    Mais dans les rangs de l’opposition municipale, le ton est plus réservé. Les élus de gauche dénoncent une réponse tardive et un manque de moyens structurels. « Deux ans et demi sans médiathèque dans un quartier prioritaire, c’est beaucoup trop long », critique l’élu communiste Vincent Bouget. « Ce nouvel espace est bienvenu, mais il ne saurait masquer l’abandon dont Pissevin a été victime. Une cabane provisoire ne remplace pas un vrai lieu de culture. » Du côté des écologistes, on s’interroge sur la cohérence du projet : « La médiathèque aurait dû être rouverte bien plus tôt et intégrée dans une stratégie culturelle globale à l’échelle des quartiers populaires », estime Amal Couvreur, élue d’opposition. « On applaudit la réouverture, mais elle arrive après des années de désengagement ».

    La municipalité défend pour sa part une stratégie progressive, adaptée à la requalification urbaine du secteur. La construction d’une médiathèque définitive est déjà prévue à l’horizon 2029-2030, dans le cadre du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU). « L’équipement sera central, moderne, et ouvert à tous les usages : culture, numérique, citoyenneté », promet Claude de Girardi. En attendant, la médiathèque temporaire Marc-Bernard doit renouer le lien avec les habitants. « Cela manquait aux enfants, mais aussi aux parents, qui savaient que leurs enfants étaient dans un bon endroit », confie Youssef, habitant du quartier. Une ouverture qui oscille donc entre bouffée d’air frais pour certains, et symbole d’une politique culturelle de « rattrapage » pour d’autres.

    La médiathèque Marc-Bernard est ouverte mercredi et samedi, de 10h à 17h et mardi, jeudi, vendredi, de 13h à 7h.

  • « La douleur chronique coûte cher à la société »

    « La douleur chronique coûte cher à la société »

    La Marseillaise : Comment définissez-vous les douleurs chroniques ?

    Éric Viel : Si l’on s’en tient à la définition des sociétés très savantes, c’est une douleur qui dure plus de six mois même si dans certains pays c’est à partir de trois mois. Mais il y a des douleurs chroniques continues, c’est-à-dire que les gens ont mal 24 heures sur 24, et il y a des formes de douleurs marquées par des accès douloureux et des périodes d’accalmie d’une ou deux heures ou de plusieurs jours. On distingue trois grandes entités pour ces douleurs. La première, ce sont les douleurs musculo-squelettiques donc colonne vertébrale et les membres, qui représentent 30 à 35% des patients. Ensuite il y a les douleurs neuropathiques, c’est-à-dire une douleur liée à l’atteinte du système nerveux. Cette douleur peut être causée par des médicaments comme dans le cas des traitements du cancer par exemple. Enfin, il y a toutes les douleurs de l’extrémité céphalique, c’est-à-dire de la tête et du cou, comme les migraines par exemple.

    Quelles sont les conséquences pour ces patients ?

    E.V. : La première, c’est une réduction d’activité physique. La deuxième, c’est l’absentéisme professionnel qui peut avoir des conséquences économiques si le patient perd son boulot par exemple. Le troisième, c’est l’isolement social parce que si vous ne travaillez plus, si vous ne sortez plus, vous finissez par vous isoler. Ça, ce sont les grands aspects. Mais il y a aussi tous les aspects de la vie de tous les jours, c’est-à-dire des troubles du sommeil, une anxiété qui se développe ou des syndromes dépressifs qui apparaissent. La vie quotidienne est impactée, les tâches domestiques ne sont plus possibles à faire, c’est très difficile de s’occuper d’enfants en bas âge par exemple et les relations sexuelles sont souvent très perturbées. Mais ce ne sont pas les seules conséquences. La douleur chronique coûte aussi très cher à la société parce que souvent il y a une errance, le diagnostic n’est pas fait, ou les traitements spécialisés ne sont pas mis en œuvre, donc ce sont des patients qui vont consommer beaucoup de médicaments, qui vont aller en consultation très souvent, qui vont aller aux urgences. Tout cela a un coût très important.

    Comment fonctionne le Centre d’évaluation et de traitement de la douleur de Nîmes ?

    E.V. : Déjà, tous les patients que l’on reçoit sont envoyés par un professionnel de santé. Il y a des pathologies prioritaires comme toutes les douleurs liées aux maladies cancéreuses, soit à cause du cancer lui-même, soit à cause des traitements. Ensuite, soit le diagnostic est déjà posé et les patients sont en échec de traitement. On nous les adresse alors pour des traitements plus spécialisés ou pour la mise en œuvre d’une technique qui ne se fait pas ailleurs. Soit on ne connaît pas la cause et il y a alors toute une démarche diagnostique pour comprendre la cause de la douleur et surtout le mécanisme de la douleur qui nous permettra d’identifier le meilleur moyen de la traiter. À Nîmes, on reçoit presque une centaine de patients par jour. Il y en a une cinquantaine qui viennent en consultation et nous avons aussi dix lits d’hospitalisation de jour permettant d’administrer certains médicaments en perfusion. Ils accueillent entre 30 et 40 patients tous les jours. En volume, c’est un des plus gros centres de traitement de la douleur de métropole.

    Justement, sur quoi vous appuyez-vous pour traiter ces douleurs ?

    E.V. : Il n’y a pas que des médicaments à avaler. Il y a aussi des techniques interventionnelles comme de la kinésithérapie qui est souvent indispensable. Les gens qui ont mal ont tendance à ne plus bouger ou à bouger de moins en moins. Or, ça aggrave les choses. Le mouvement, c’est la clé, en particulier pour les douleurs musculosquelettiques. On peut aussi infiltrer, utiliser des techniques dérivées de l’anesthésie, comme la péridurale ou la neurostimulation électrique. Plus rarement, il y a aussi des techniques chirurgicales.

    Beaucoup de patients concernés disent avoir manqué d’écoute de la part des médecins. Les médecins doivent-ils être plus formés aux douleurs chroniques ?

    E.V. : Oui. Comme je suis responsable de l’enseignement de la douleur à la Faculté de médecine de Montpellier, je ne peux qu’être d’accord. Il existe des diplômes d’université complémentaires mais encore faut-il que le médecin ou l’étudiant s’y inscrive. Ce n’est pas obligatoire. Aujourd’hui nous travaillons aussi à en faire une spécialité à part entière. Car pour l’instant, ce sont des médecins issus d’autres disciplines qui s’occupent de traiter ces douleurs chroniques. Le maillage des centres de la douleur en France n’est pas non plus suffisant en France. Il y a Nîmes et Montpellier mais après, autour de chez nous, les centres les plus proches sont à Lyon, Marseille et Toulouse.

    Quels conseils donneriez-vous à des personnes qui souffrent de douleurs chroniques et qui ont arrêté de chercher un traitement ?

    E.V. : J’ai beaucoup entendu : « Pour moi, il n’y a pas de solution, on m’a tout donné et ça ne marche pas. » Quand on a erré pendant des mois ou parfois des années, quand on a essayé je ne sais combien de traitements et que ça n’a pas fonctionné, on cherche dans tous les coins ce qu’on pourrait faire, on cherche sur internet, on cherche le coupeur de feu…parce que c’est désespérant. Ça mange la vie. Mais je dirais qu’il ne faut pas lâcher. Il faut discuter avec son médecin, qu’il soit spécialiste ou pas, et peut-être venir dans un centre de la douleur. Et rien n’empêche de mixer les médecines dites conventionnelles, c’est-à-dire les médicaments et les techniques interventionnelles avec des médecines dites complémentaires. Il ne faut pas négliger l’hypnose, l’acupuncture, la sophrologie, la méditation, les techniques de relaxation qui sont efficaces. Quand l’indication est bien posée, ça marche. Ce n’est pas l’hypnose, l’ostéopathie, l’acupuncture ou même les médicaments qui vont tout régler, mais c’est l’association de toutes ces techniques.

  • CHU de Nîmes : le personnel entre en grève

    CHU de Nîmes : le personnel entre en grève

    Les agents du CHU de Nîmes Carémeau ont cessé le travail ce jeudi 6 novembre, à l’appel de la CGT. Un préavis de grève local a été déposé pour dénoncer la dégradation des conditions de travail et réclamer une meilleure reconnaissance. Le rassemblement, organisé à partir de 12h devant l’entrée principale du CHU, a réuni plusieurs dizaines d’agents de différents services, déterminés à faire entendre leurs revendications.

    « Nous demandons simplement les moyens de bien faire notre métier », résume Nathalie Argenson, infirmière au CHU. Au cœur des revendications : la mise en place dès janvier 2026 d’une protection sociale complémentaire avec participation financière de l’employeur, mesure attendue depuis plusieurs mois. Le personnel hospitalier réclame également une négociation pour faciliter l’accès aux soins pour les agents au sein même de l’établissement afin d’alléger des dépenses de santé souvent lourdes pour ces derniers. Les grévistes demandent par ailleurs l’augmentation des effectifs du service social, jugés insuffisants pour répondre à la montée des besoins, ainsi que la gratuité de certaines prestations internes comme le logement temporaire, la conciergerie ou les chambres de garde.

    Gagner le meilleur pour mieux soigner

    La question salariale fait également partie des revendications : le syndicat demande le respect du taux de 33% de part saisissable du salaire, afin de mieux protéger les agents en situation de dettes ou de difficultés financières. Au-delà des chiffres, les hospitaliers du CHU de Nîmes disent se battre pour « le respect et la dignité » d’un métier qu’ils jugent de plus en plus fragilisé. La CGT appelle à la poursuite de la mobilisation et à un dialogue réel avec la direction. « Cette grève n’est pas un coup d’éclat, mais un avertissement. Si nous n’obtenons pas d’avancées, nous irons plus loin », préviennent les représentants syndicaux.

    Ce mouvement s’inscrit dans un contexte de malaise durable au sein du corps médico-social, marqué par une perte d’attractivité des métiers, des salaires jugés trop bas et une charge de travail en hausse constante. Depuis plusieurs mois, les mobilisations se succèdent dans les hôpitaux comme dans les Ephad, traduisant des « manques de moyens structurels et un sentiment d’abandon  » selon Nathalie Argenson. À Nîmes comme ailleurs, les soignants disent aujourd’hui leur exaspération face à un système qu’ils estiment « à bout de souffle ».

  • Un budget de fin de mandat prudent pour Nîmes Métropole

    Un budget de fin de mandat prudent pour Nîmes Métropole

    Dernier exercice du mandat pour l’équipe de Franck Proust, le rapport d’orientation budgétaire (Rob) 2026 de Nîmes Métropole, présenté mardi 4 novembre, avait tout d’un baromètre politique. À quelques mois des élections municipales, la majorité communautaire a défendu un budget « de prudence. »

    « Nous avons choisi la stabilité et la rigueur », a souligné le président de Nîmes Métropole. L’agglomération, confrontée à un effort contributif estimé à 3,4 millions d’euros dans le cadre de la réduction du déficit public national, doit composer avec une pression budgétaire accrue. Malgré cela, le Rob affiche une épargne brute de 58,7 millions d’euros et un encours de dette de 487 millions, en légère hausse mais jugée « maîtrisée » par l’exécutif. La capacité de désendettement reste à 8,3 ans, sous le seuil de vigilance des 10 ans fixé par l’État. Aucun nouvel investissement d’ampleur ne figure au programme, « afin de laisser à la future majorité la liberté de ses choix ».

    La principale mesure annoncée reste la nouvelle baisse de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (Teom). Après -10% en 2025, elle devrait reculer de 0,5 point supplémentaire en 2026, passant de 10,54% à 10,01%. Pour une famille moyenne, la baisse cumulée atteindrait une centaine d’euros en deux ans. « C’est le contribuable qui doit en bénéficier, sans que les investissements en matière de modernisation ou de protection n’en pâtissent », a justifié Franck Proust. Côté investissements, l’agglomération mise sur la continuité : 44,7 millions d’euros pour l’eau et l’assainissement, 14,9 millions pour les transports (achat de bus électriques, extension du réseau NemoVélo), et 13,4 millions pour la prévention des inondations.

    Un ROB de fin de mandat sous tension électorale

    Mais pour beaucoup d’élus d’opposition, cette prudence confine à l’immobilisme. Valérie Rouverand (Renaissance) dénonce une « ficelle électorale » à propos de la Teom : « On baisse de 10 % en 2025 et encore de 5 % en 2026, après l’avoir augmentée de 10 % en 2021. Au final, on revient au point de départ, mais la communication fait son effet. » L’élue a aussi regretté des « résultats économiques décevants » et une attractivité « toujours en panne. ». Julien Plantier (Nîmes Avenir) a, lui, adopté un ton plus nuancé : « Le Rob, c’est la visite médicale de notre agglomération : elle vit, elle respire, mais elle tousse un peu. Le bilan n’est ni glorieux ni catastrophique. » Le candidat à la mairie a reproché à la majorité de « laisser dormir des projets structurants » et relancé son idée de passage en communauté urbaine « pour donner une autre dimension au territoire ».

    À gauche, Vincent Bouget (PCF) a fustigé un rapport « autosatisfait, voire triomphaliste », estimant que « les grandes tendances cachent des fragilités structurelles ». Selon lui, « la pression fiscale n’a pas vraiment baissé », citant la taxe mobilités, la hausse de l’eau et de l’assainissement. Et de conclure : « Notre agglomération mérite mieux. Où est la vision d’ensemble, le projet partagé ? On a l’impression d’un empilement de décisions sans cohérence territoriale. » Un ultime rendez-vous budgétaire qui dessine les lignes de fracture d’une campagne municipale qui s’annonce tendue.