Tag: Musique

  • L’âge d’or de la musique arabe revit à Marseille

    L’âge d’or de la musique arabe revit à Marseille

    « Du plus loin que je m’en souvienne, c’est Fairouz qui m’a donné envie de chanter », confiait il y a deux ans, à La Marseillaise, Hind Chraïbi, qui écumait alors les scènes de la région avec un projet reprenant l’œuvre de la diva libanaise. C’est lors de l’un de ces concerts que cette Casablancaise installée à Aix rencontre le joueur tunisien de oud, Oussama Bounawass, avec lequel elle décide de former le Zaman Trio, complété par le percussionniste Nicolas Derolin, qui se produit vendredi 29 mai à Archipel 49 – Maison du Chant à Marseille.

    De Oum Kalthoum à Warda

    Mais cette fois-ci, outre Fairouz, le répertoire du Zaman Trio s’étend à « l’âge d’or de la musique arabe ». Et ce, pour un « voyage entre nostalgie, émotion et héritage culturel », indiquent les trois compères. « Je veux partager ma culture musicale et mettre en avant la beauté et la richesse du chant arabe, souvent méconnu du public occidental », espère Hind Chraïbi qui déploiera entre autres sa voix sur différents medleys, l’un d’eux étant dédié au chanteur égyptien Mohammed Abdel Wahab. L’une des escales d’un « voyage dans le temps » qui rendra également hommage à « l’Astre d’Orient », Oum Kalthoum, au virtuose du oud syro-égyptien Farid El Atrache, ou encore à la chanteuse algérienne Warda.

    Vendredi 29 mai à 20h30

    49, rue Chape Marseille 4e

    www.archipel49.fr

  • La Fête de La Marseillaise, un tremplin pour les artistes toulonnais

    La Fête de La Marseillaise, un tremplin pour les artistes toulonnais

    Le Tremplin « Première scène » est un tremplin musical qui a lieu lors de la Fête de La Marseillaise à Toulon, plages du Mourillon, à 19h. L’événement accueille cinq groupes locaux du département du Var. Les artistes auront 15 minutes pour présenter leur projet avec un morceau final. Le public pourra également voter pour désigner le groupe gagnant. Ces jeunes, âgés de 20 à 27 ans, incarnent chacun un genre différent, allant de la musique électronique au rap, jusqu’au blues… Une excellente occasion pour des jeunes artistes locaux de se faire connaître et de s’essayer au métier de la scène. Trois artistes ou groupes se représenteront, voici leur présentation. « L’idée c’est de permettre à des groupes qui n’ont pas encore fait de scène de se tester et de faire connaître leur musique à un public », explique Yonna Capobianco, responsable des jeunes, de l’animation et du tremplin.« L’idée aussi serait que la musique soit le plus accessible à tous ! D’autant plus que les musiques sont issues d’une production personnelle », assure-t-elle. Toute la journée, l’entrée est ouverte gratuitement au public !

    Olive, une musique électronique qui mélange pop, rock, rap

    À 20 ans, Olive, de son nom de scène, se consacre depuis un an à son projet musical. « Je compose, je mixe et j’enregistre tout seul, depuis chez moi », raconte ce Niçois. Sa musique, qui mélange électro, pop, rock et rap, se veut « émotionnelle et contemplative. Je parle de choses très concrètes de la vie de tous les jours », précise-t-il. Ce tremplin est pour lui un bon moyen de s’entraîner et aussi de combattre le trac : « Avant, j’étais guitariste dans un groupe. Là, c’est différent de prendre le micro, tout seul », confie-t-il, content de participer à cette fête avec des « valeurs dans lesquelles je me reconnais ». Ce tremplin est l’occasion de montrer au public ses compositions. Dont « Inverser l’épaule », une chanson qui parle de ne pas trop se prendre au sérieux. « Aujourd’hui, la musique est trop sérieuse. J’avais envie de proposer quelque chose d’un peu plus humain, d’un peu plus personnel », conclut-il.

    Paul Wild, un voyage musical

    Auteur-compositeur, Paul Wild (Paul Chapon de son vrai nom) a grandi dans le Sud de la France. Très jeune, il baigne dans la culture musicale des années 60 à 80 grâce à son père. Il commence d’abord par la guitare électrique avant de découvrir le jazz à 20 ans au conservatoire de Toulon. « Je reviens pourtant à la culture afro-américaine dans laquelle j’ai grandi, le blues, la soul… », décrit-il. C’est surtout son voyage en Australie pendant deux ans qui affine sa musique : « Je commence à écrire mes propres chansons. Je raconte ce qu’il m’arrive là-bas. Je remplis des carnets de voyage qui se transforment en musiques », se souvient-il. Pour le tremplin, il présentera ce projet musical de voyage, avec quatre compositions dans un style aux empreintes de blues expérimental, de gospel… Pour créer cette « intimité de voyage, très pure », sa voix sera uniquement accompagnée d’une guitare acoustique. « Je suis heureux de jouer lors de cet événement local, mais aussi qui est engagé dans des luttes sociales », affirme le musicien, qui participe à un tremplin pour la première fois.

    RollsNRookie, deux copains rappeurs

    RollsNRookie, en référence à Rox et Rouky, est un collectif musical né d’une amitié entre Otama et Yuzuu. Les deux rappeurs se situent au croisement du hip-hop, de la trap et du pop rap. Aujourd’hui âgés de 22 ans, ils ont commencé leur projet à 18 ans : « À la base, on écrivait chacun dans notre coin. On s’est retrouvés tous les deux grâce à la musique », raconte Yuzuu, l’un des deux membres du groupe. Ces jeunes musiciens locaux ont débuté sur leur téléphone, avec des instrumentales trouvées sur YouTube. « Maintenant, on crée nos propres compositions », affirme Yuzuu. Tous deux sont portés par une vision commune de la musique : « Repousser les frontières entre rap et musiques expérimentales. » Parmi les thèmes abordés : la Côte d’Azur, l’introspection, la mélancolie, le quotidien ou encore l’amour. « Moi, j’aime bien aller dans la fantaisie et l’imaginaire », ajoute Yuzuu. Ce tremplin est, pour eux, une « occasion de se représenter. Ça nous fait kiffer d’être sur scène et de rencontrer d’autres personnes ».

  • Les pressions se multiplient pour l’annulation des concerts de Bruel

    Les pressions se multiplient pour l’annulation des concerts de Bruel

    Plusieurs maires ont invité le chanteur, visé par quatre enquêtes pour viols en France et une enquête judiciaire en Belgique pour agression sexuelle, à renoncer à se produire dans leur ville, à Paris, Marseille, Lille, Nancy ou encore Toulon (lire ci-contre) .

    « La présomption d’innocence doit être garantie. Mais y compris pour la sérénité de sa défense, je pense qu’effectivement, il devrait se retirer, il devrait mettre entre parenthèses sa carrière », le temps que « la justice soit rendue », a déclaré le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, sur France 2. Une exigence défendue dès les premières accusations par différentes associations et collectifs féministes.

    Sa tournée doit démarrer le 16 juin au Cirque d’Hiver à Paris, puis passer dans de nombreuses villes françaises, en Suisse et en Belgique. Mais plus au Canada, où trois dates de concerts prévues en décembre ont été annulées mardi par l’agence d’événementiel Gestev, en raison « du contexte actuel et de l’impossibilité d’assurer la promotion ».

    L’interprète de Alors regarde, Casser la voix et Place des grands hommes, fait aussi l’objet d’une plainte déposée par l’animatrice Flavie Flament, pour un viol qu’elle affirme avoir subi en 1991 quand elle avait 16 ans, selon le parquet de Paris.

    De « nouvelles plaintes pour viols » sont à venir, a annoncé mardi Corinne Herrmann, l’avocate de l’animatrice, alors que la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a enjoint « les femmes à parler, même des dizaines d’années après », dans les affaires de violences sexistes et sexuelles. Patrick Bruel, 67 ans, conteste l’ensemble des faits qui lui sont reprochés, affirmant n’avoir « jamais forcé » une femme à des relations sexuelles. Il a expliqué avoir eu une « brève histoire » avec Flavie Flament, ajoutant qu’« il n’y eut ni viol, ni drogue ».

    En écho à cette libération de la parole, une pétition, soutenue par des associations féministes et qui avait recueilli plus de 25 000 signatures mercredi, demande l’annulation de ses prochains concerts. Pour l’heure, Patrick Bruel est à l’affiche d’une pièce de Samuel Benchetrit, au théâtre Edouard VII à Paris, où son public lui témoigne toujours sa fidélité, a constaté mardi soir l’AFP.

    De son côté, la ministre déléguée chargée de l’Égalité femmes/hommes, Aurore Bergé, estime que c’est à Patrick Bruel de « décider s’il souhaite être sur scène (…) C’est une décision qui lui appartient, à lui, et qui ne m’appartient pas, à moi, ni à vous. C’est lui qui doit décider s’il souhaite continuer à être sur scène », a déclaré la ministre sur RTL jeudi, avant de rappeler qu’il y avait une enquête ouverte mais « pas de condamnation ».

    Pas le bienvenu dans la région

    À Marseille, Toulon et Salon, les maires demandent au chanteur d’annuler ses concerts.

    Benoît Payan, le maire (DVG) de Marseille, a demandé mercredi à Patrick Bruel de « ne pas maintenir son concert prévu à Marseille, le temps que la justice fasse sereinement son travail », a-t-il indiqué mercredi. Même son de cloche du côté du maire (LR) de Salon-de-Provence Nicolas Isnard, le même jour, qui enjoint le chanteur visé par plusieurs plaintes de femmes pour viol et agressions sexuelles d’annuler de lui-même ses concerts « le temps que la justice se fasse ». Ce jeudi, c’est au tour de Josée Massi, la maire (SE) de Toulon de prendre position par le biais d’un communiqué et de « s’associer à plusieurs maires pour demander à Patrick Bruel d’annuler lui-même ses concerts ». Si l’élue se dit « profondément attachée à la présomption d’innocence qui doit s’appliquer en toutes circonstances », elle considère que « chacun doit faire sa part » pour « permettre un climat apaisé et respectueux pour toutes et tous ». S.F.

  • Un éveil musical pour les maternelles à l’Opéra

    Un éveil musical pour les maternelles à l’Opéra

    Les élèves de maternelles paraissent encore plus petits dans le grand Foyer de l’Opéra de Marseille. Une petite quarantaine d’écoliers des maternelles Révolution et Saint-Louis, à Marseille, ont bénéficié d’une session d’éveil musical. Un moyen de démocratiser la musique classique et le chant lyrique. Pour la plupart, c’est une découverte : « Je ressens du calme et de la joie », exprime Lilia, élève de maternelle.

    Cette séance a été animée par Pascale Bonnet-Dupeyron, soprano, et Jean-Michel Muscat, baryton. En début d’atelier, ils ont chanté un duo d’opérette aux enfants « surpris par la puissance de la voix des chanteurs et le fait qu’ils chantent sans micro », raconte l’enseignante de la classe de Lilia. Les enfants se sont ensuite échauffé la voix, pour chanter en chœur « Pétrouchka », une chanson préparée en avance, sous les conseils des professionnels.

    Faire découvrir un univers

    L’opéra reste fréquenté par une population assez aisée. Pour le baryton, « c’est important de faire découvrir, dès le plus jeune âge, ce genre de musique qu’ils n’ont pas forcément l’occasion d’écouter ». Certains enfants n’auraient peut-être jamais eu l’occasion de se rendre à l’Opéra sans ce dispositif mis en place par la Ville de Marseille, en collaboration avec l’Opéra et l’Académie d’Aix-Marseille. Surplombés par une peinture au plafond d’Augustin Carrera, les enfants forment finalement une ronde, tout en chantant au rythme de la mélodie de Caroline Dauzincourt au piano. « C’était mon moment préféré », assure la petite Narjess.

    Pour la deuxième année, cet atelier aura peut-être inspiré quelques enfants. « J’ai bien aimé répéter à la maison », raconte Nour. « T’aimerais bien continuer ? », demande la maîtresse. « Oui ! »

    Marie Moreau

  • Le Rat Luciano en concert gratuit sur le Vieux-Port

    Le Rat Luciano en concert gratuit sur le Vieux-Port

    « On l’dira même en interview, on est fascinés par la classe ouvrière, la vie des voleurs et celle des voyous », rappait Le Rat Luciano en 2000 sur le titre Nous contre eux, dans son premier album mythique Mode de vie béton style. 26 ans plus tard, une furia qui l’anime toujours, comme pourra encore le prouver son concert gratuit prévu le 31 juillet sur la scène flottante du Vieux-Port, dans le cadre de l’été marseillais. « Il fera vibrer les Marseillaises et Marseillais lors d’un spectacle inoubliable pour une carte blanche exceptionnelle. Lors de cette soirée, l’artiste sera accompagné de plusieurs invités », aguiche dans un communiqué de presse la Ville de Marseille, organisatrice de l’événement.

    Volcanique

    La semaine passée, la municipalité avait déjà annoncé la liste des chanteurs, musiciens et groupes qui se produiront du 3 juillet au 1er août sur la scène flottante, située au niveau de l’Hôtel de Ville, la Bonne mère en toile de fond, tels que Julien Clerc, Sébastien Tellier, Cassius ou encore Nu Genea. Avec le dévoilement du nom du Rat Luciano, les concerts de l’été marseillais franchiront, à n’en pas douter, un cap supplémentaire dans l’indice d’explosivité volcanique. Et pour cause, dans son dernier album sorti fin avril, Magma, le rappeur fait encore étalage de toute sa verve incandescente. De Phares éteints à Baiser froid, un choc thermique où ce boxeur d’instrus hors pair montre qu’il n’a rien perdu de son talent.

    www.etemarseillais.fr

  • Une symphonie aux rythmes de la Méditerranée

    Une symphonie aux rythmes de la Méditerranée

    En ouverture, l’esplanade J1 vibrera aux sons de 200 musiciens pour une grande Symphonie portuaire en ode à la Méditerranée. L’ensemble est composé de musiciens professionnels de la Philharmonie de Paris, les jeunes du Conservatoire Pierre Barbizet et d’amateurs, accompagnés par les sirènes de Mécanique Vivante, la compagnie de Franz Clochard.

    À l’image de la Saison Méditerranée, cette Symphonie Portuaire est une « possibilité de faire vibrer le port au service de la Méditerranée », explique Raphaël Imbert, directeur de Campus Art Méditerranée et chef d’orchestre de cette grande fanfare. Le public aura l’occasion de se déplacer à travers cet espace qui est « un lieu de départ, un lieu symbolique et un lieu de mémoire », atteste Raphaël Imbert.

    « Réunir les contraires »

    Au programme, quatre actes qui mettent à l’honneur la fanfare, la découverte des sirènes, le travail « percussif de mécanique vivante » avant l’acte finale qui reste une surprise. La création fait dialoguer les mélodies des rives de la Méditerranée, puisant dans de multiples répertoires, entre autres Egypt Strut signée Salah Ragab. Pour Raphaël Imbert, cette partition jazz est un « hymne à la Méditerranée ». Il poursuit : « Le jazz, c’est ce qui permet de réunir les contraires, de permettre les rencontres avec des musiciens qui n’ont pas les mêmes bagages. »

    La Symphonie d’ouverture se déroule le 23 mai au J1. Accès libre.

  • Beau succès populaire de la saison méditerranéenne

    Beau succès populaire de la saison méditerranéenne

    Marron châtaigne, orange saumon, bleu marine, et une petite touche de jaune. Le studio Fotokino (1er) tient du carrefour des couleurs méditerranéennes. Les adultes contemplent les cadres colorés, tandis que les minots dessinent. Jusqu’au 30 mai, l’atelier proposera vernissages, conférences et activités dessin, autour de couleurs françaises, mais aussi marocaines et tunisiennes. « C’est une occasion de rendre l’art accessible à tous. Il y a un vrai travail de transmission qui passe par la culture. L’identité méditerranéenne ici à Marseille est marquée, retrouver autant de diversité peut permettre à tous de s’y retrouver », apprécie Sarah, artiste marseillaise, venue « s’inspirer » au gré des œuvres.

    Un peu plus loin, aux ateliers Jeanne-Barret (15e), où sont présentées les œuvres produites par une quarantaine d’artistes gazaouis, Karena et son mari acquiescent : « L’un des poèmes évoque ces enfants gazaouis qui ne se réveilleront plus, dans un cadre mélancolique, qui fait appel à ce que l’on connaît comme les oliviers, les citronniers, cette chaleur méditerranéenne. Ces œuvres nous transportent, en faisant appel à des sens qui nous sont familiers », commentent-ils. Tous deux algériens, ils s’avouent « touchés » par les poèmes, photos et dessins exposés. C’est en tout cas la promesse de la Saison Méditerranée, qui se veut solidaire. Le dispositif rassemblera, pendant 6 mois, plus de 60 villes en France en Algérie, ainsi qu’en Égypte, Tunisie, au Maroc et au Liban autour de l’art avec la volonté « d’unir et connecter les populations, valoriser les diasporas », selon les mots du président de la République. Une volonté que Pauline, autre visiteuse des ateliers Jeanne-Barret, espère ne pas voir « s’essouffler », au terme de cette fin de saison. « C’est important de valoriser les cultures et artistes d’autres pays, surtout dans ce climat actuel sous tension. J’espère simplement que ce programme aura autant de portée que l’on souhaite. »

    De retour au Vieux-Port, sur l’esplanade Gisèle-Halimi (2e), les curieux semblent plutôt convaincus. En seulement quelques minutes, une foule de Marseillais encercle la troupe de danseurs chorégraphiés par Taoufik Izeddiou. Sur des sonorités contemporaines méditerranéennes, les artistes professionnels bougent de manière désorganisée. Une volonté artistique assumée, qui séduit certains spectateurs. Benoit s’agite de droite à gauche, fait parfois bouger ses épaules. Le quarantenaire est émerveillé : « Je suis Tunisien et ces influences musicales me rappellent mon enfance. J’ai juste envie de les rejoindre et danser avec eux », lance-t-il. Marina et ses amies partagent son ressenti. Les trois trentenaires applaudissent cet événement gratuit et au grand jour, qui « permet à tous d’assister et de participer ».

    Événement privatisé ?

    Pour autant, certains rendez-vous n’ont pas fait que des heureux. Il en est de l’organisation du spectacle de Mohamed El Khatib au Mucem prévu pour 20h, vécue comme « mépris » par « plus de 200 Marseillais », dénonce Céline. « Le Mucem a fait attendre dans le vent, sur le J4, plus de 200 personnes alors que l’équipe d’organisation savait que la jauge de l’amphithéâtre (330 places) était déjà préremplie par les invités des 23 mères-danseuses, la presse, et des programmateurs éventuels ou partenaires. » Quelques dizaines de personnes seulement ont pu finalement assister au spectacle, atteste-t-elle, les autres ont attendu plus de deux heures, « pour rien ». Un « scandale » s’insurge la Marseillaise. Au-delà du « manque de communication », elle considère que le site tenant d’un service public a tout simplement organisé « une soirée privée ».

    Hormis cet incident, l’ensemble des visiteurs semblent unanimes pour saluer l’événement, sa portée culturelle et artistique, et les liens ainsi tissés ou retissés entre les différentes rives de la Méditerranée.

  • La nouvelle saison de la Friche passe à l’heure d’été

    La nouvelle saison de la Friche passe à l’heure d’été

    Les débuts de l’été s’annoncent et dans un même temps on retrouve le début de la saison estivale à la Friche la Belle de Mai, tiers-lieu emblématique de notre cité phocéenne. Cette semaine marquait également l’ouverture de la Saison Méditerranée 2026 qui démarre à Marseille avant de se propager à travers la France jusqu’à fin octobre, célébrant la richesse des liens entre les territoires de la Méditerranée. C’est dans cette même veine que la programmation de la Friche fait dialoguer les cultures et les scènes artistiques et créatives du pourtour méditerranéen dans une célébration du partage et de l’apprentissage de l’autre.

    Ce mardi 12 mai, la présentation de la programmation a vu le directeur général de la Friche, Alban Corbier-Labasse prendre la parole pour dédier cette saison à Philippe Foulquié, fondateur de la Friche, disparu le 21 avril. « Ce sera la première saison sans Philippe Foulquié, une présence toujours discrète, chaleureuse, bienveillante (…) cette saison est l’expression de son héritage », atteste-t-il. « L’héritage qui serait un certain art de rassembler, d’une capacité à faire dialoguer les cultures, toujours mettre la création et les artistes au centre, et donner du pouvoir d’agir aux acteurs et aux actrices culturelles qui habitent ce lieu au quotidien », émet le directeur.

    En effet cette saison rassemble plus de 70 partenaires, dont une trentaine de la Rive Sud – des collaborations qui sont permises grâce la Saison Méditerranée. Alban Corbier-Labasse continue disant « Le thème de cette Saison Méditerranée, c’est “arriver, partir, revenir”. Je rajouterai “rester” : une idée de permanence historique qui caractérise bien la Friche. » Une permanence qui se trouve dans le coup d’envoi de la saison qui prévoit l’escale du projet Mawjaat, du 18 au 20 mai, réunissant l’ensemble des représentants des tiers-lieux pilotes à la Friche. Julie Kretzschmar, commissaire générale de la Saison Méditerranée présente lors de l’événement dira que « La Saison Méditerranée à la Friche, c’est comme une mini saison dans la saison. »

    Participation à

    « Saison Méditerranée »

    Le 20 mai marque l’ouverture des cinq expositions s’inscrivant dans le programme. Parmi elles, l’exposition collective produit par Parallèle, intitulée Sur la frontière du temps, une relève Méditerranéenne. Elle réunit seize jeunes artistes venant du Maroc, de l’Algérie, du Liban et du Sud de la France à travers une pluralité de disciplines. Cette séquence d’ouverture prévoit également trois soirées autour du cinéma avec le projet TiLEM – Tiers-lieux En Méditerranée. Deux rives, une seule jeunesse méditerranéenne convoque 28 jeunes d’Algérie et des différents quartiers de Marseille où le public découvre une série de courts-métrages documentaires et des vidéo-lettres que ces jeunes se sont échangés.

    La suite de l’été multiplie les temps forts avec la saison ON AIR. La date d’ouverture est confiée à la coopération Bisou qui rassemble Bi:Pole, l’A.M.I., Radio Grenouille et le Cabaret Aléatoire qui travaillent ensemble à l’écriture d’un geste commun pour les musiques actuelles à la Friche. D’autres résidents de la Friche proposeront des soirées On Air, dont Radio Galère, invitée pour la première fois, et d’autres acteurs culturels du territoire. Parmi lesquels, l’Embobineuse, la Responsabilité des Rêves qui donne une carte blanche au Makeda, le festival Marsatac, la Fiesta des Suds, Constellations ou encore le festival Utopia qui conclut la saison.

    La représentante des Rencontres à l’échelle marquait le point : « Cette 21e édition s’inscrit dans le cadre de la Saison Méditerranée, et dans la continuité d’un engagement de plus de vingt ans en faveur des scènes contemporaines du sud et des artistes issus des diasporas, c’est ça l’ADN des Rencontres à l’échelle et des Bancs Publics. »

    LES PROCHAINS RENDEZ-VOUS

    Entre le calendrier de la « saison Méditerranée » qui se déroule à la Friche et ses propositions estivales, l’agenda des manifestations et festivités est d’ores et déjà bien fourni.

    18-20 mai : Mawjaat

    Un rendez-vous autour des tiers lieux et des projets culturels en Méditerranée.

    20 mai : Opening Expositions

    Vernissage des expositions et soirée musicale sur le toit-terrasse. Parmi les expositions : Sur la frontière du temps, une relève méditerranéenne proposée par Parallèle ; Autoroute Tanger-Marseille proposée par Think Tanker ; Sur les ruines, les pierres fleurissent d’Abdessamad El Montassir ; Jouer la Montre de Mona Benyamin ; Les rêves n’ont pas de titre de Zineb Sedira.

    21, 22 et 23 mai : TiLEM

    Deux rives, une seule jeunesse méditerranéenne dans plusieurs lieux : 21 mai à l’Alhambra, le 22 au cinéma Le Gyptis et le 23 au Musée d’Histoire de Marseille.

    22 mai : Imaginaires

    Journée d’étude. « Imaginaires connectés : art, numérique et réseaux en Méditerranée ».

    22-24 mai : Le Bon Air

    La 11e édition du festival « Le Bon Air » dédiée à la musique, à l’art et aux dynamiques collectives.

    À partir du 5 juin : « On Air »

    Début des soirées « On Air ». Concerts et DJ sets sur le toit-terrasse. Jusqu’au 5 septembre.

  • Alès réduit le nombre de corridas pour sa feria

    Alès réduit le nombre de corridas pour sa feria

    Avant la Feria de Pentecôte à Nîmes, c’est la traditionnelle Feria d’Alès, réputée plus familiale, qui ouvre les festivités dans le Gard. Celle-ci a débuté mercredi 13 mai par son traditionnel défilé d’inauguration, rapidement suivi par les premières animations taurines et le grand feu d’artifice en fin de soirée. Les quinze bodegas ont aussi pris place sur le boulevard Louis-Blanc pour accueillir les 300 000 personnes attendues sur les cinq jours.

    Les festivités se poursuivent ce vendredi 15 mai par un festival d’abrivado (11h) autour de la place Gabriel-Péri. Des animations de vachettes sont prévues dans la petite arène dans l’après-midi avec la manade Tommy Maire (14h et 17h). Suivra une course Gardonnenque (15h30) où douze cavaliers s’affrontent sur un parcours entre les berges du Gardon et le lit de la rivière où ils devront allier vitesse et technicité.

    Les arènes du Tempéras ouvriront ensuite à 16h30 pour une course camarguaise. Pour ce spectacle payant, les raseteurs devront redoubler de courage pour décrocher les cocardes, glands ou ficelles accrochés aux cornes des taureaux. Cette course camarguaise récompensera le meilleur raseteur de la catégorie 3 de la saison taurine qui sera qualifié de « champion de France Espoir ». Deux encierros avec la manade Conti (19h) et la manade Agniel (22h) viendront clôturer la journée. Entre les deux, les arènes du Tempéras accueilleront la soirée alésienne des gardians, qui mettra à l’honneur la culture camarguaise avec des démonstrations équestres et des épreuves inspirées du travail en manade.

    La tauromachie espagnole

    à l’honneur samedi 16

    Samedi 16, le week-end s’ouvrira par un lâcher d’anoubles (jeunes taureaux d’un an) dans le Gardon (11h). À la même heure se tiendra une novillada non piquée avec un mano à mano entre le Marseillais Matias (20 ans) et le Nîmois Remy Asensio (18 ans). Après une animation de vachettes dans la petite arène en bord de Gardon (14h), la seule corrida de la feria se déroulera ensuite à 17h avec, sur la piste, Sanchez Vara, El Rafi et Carlos Olsina face aux toros de la Curé de Valverde et de Margé. À la même heure, Alès innove avec le premier concours de serveurs de paella, sur le même format que les courses de garçons de café. Il sera suivi par des nouvelles animations vachettes dans la petite arène (19h). Le concours du plus grand paquito revient aussi (20h), avec un record à battre de 430 mètres. Un encierro piscine clôturera les activités du samedi (22h).

    Dimanche 17, la dernière journée de la feria sera marquée par une messe sévillane (9h) et un toro piscine (16h) dans les arènes du Tempéras. À noter aussi que pendant toute la durée de la feria, une boutique éphémère est ouverte au 24 rue Saint-Vincent pour y retrouver toutes sortes de souvenirs (chapeaux de paille, bobs, mugs, éventails ou magnets) à l’effigie de la Feria d’Alès.

  • Free party, ces jeunes qui défient le gouvernement

    Free party, ces jeunes qui défient le gouvernement

    Le lieu n’a pas été choisi au hasard. Pour le premier week-end de mai, entre 20 000 et 30 000 personnes se sont rassemblées illégalement sur un ancien terrain militaire de Cornusse, près de Bourges, ville qui a vu naître Laurent Nunez. Car depuis sa prise de fonction, le ministre de l’Intérieur a dans le viseur ces rassemblements. Si début avril, une loi a été votée par l’Assemblée nationale qui durcit déjà la législation en la matière, Laurent Nunez veut faire passer un nouveau texte (s’attaquant aussi aux rodéos urbains et au protoxyde d’azote) qui va encore plus loin pour punir les organisateurs et les participants aux free party.

    Contre-culture

    Pour justifier ce nouvel arsenal juridique, le gouvernement avance toujours les mêmes arguments : impact environnemental, nuisances sonores, consommation de drogues, etc. Mais la gauche, qui a voté contre à l’Assemblée, y voit surtout la volonté de museler la jeunesse. Car pour les participants, ces free party dépassent le simple cadre de la fête. Dans le terme free, ce n’est pas seulement la gratuité qui est désignée mais aussi la liberté. À Cornusse, le rassemblement était appelé « Teknival de l’Indépendance » et beaucoup de participants y revendiquaient l’affirmation d’une contre-culture qui revêt un sens politique comme l’anticapitalisme, le rejet des boîtes de nuit payantes, des normes vestimentaires et de la marchandisation de la musique. Historiquement, ces free party sont d’ailleurs nées en Angleterre après les lois restrictives sur la vie nocturne de Margaret Thatcher et ont parfois eu lieu dans les entrepôts d’usines touchées par la désindustrialisation.