Tag: Musique

  • Kanye West reporte son concert au Vélodrome

    Kanye West reporte son concert au Vélodrome

    Après une longue réflexion, c’est ma décision propre de reporter mon concert à Marseille jusqu’à nouvel ordre », a écrit sur X le rappeur américain de 48 ans, dont la popularité a été entamée ces dernières années en raison de sorties antisémites et racistes.

    « Je sais que cela prend du temps pour comprendre la sincérité de ma volonté de me racheter. J’assume pleinement la responsabilité de mes actes, mais je ne veux pas que mes fans se retrouvent au milieu de tout ça », a-t-il expliqué dans un autre message.

    Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’était dit un peu plus tôt « très déterminé » à faire interdire la performance de l’artiste. Déjà à l’annonce de sa venue, plusieurs personnalités politiques de la ville de Marseille l’avaient déclaré persona non grata.

    « Je refuse que Marseille soit une vitrine pour ceux qui promeuvent la haine et le nazisme décomplexé. Kanye West n’est pas le bienvenu au Vélodrome, notre temple du vivre-ensemble et de tous les Marseillais », avait fustigé le maire (DVG), Benoît Payan.

    Auteur le 8 mai 2025 d’une chanson célébrant Adolf Hitler, interdite par les principales plateformes de streaming, le jour du 80e anniversaire de la défaite de l’Allemagne lors de la Seconde Guerre Mondiale, Kanye West a assuré qu’il n’était « ni nazi, ni antisémite », invoquant le trouble bipolaire dont il souffre et une « phase maniaque ».

    En 2023, Kanye West avait déjà affirmé qu’il « adorait les nazis » et mis en vente un t-shirt orné d’une croix gammée sur son site web.

  • La Roque d’Anthéron ouvre la billetterie au public

    La Roque d’Anthéron ouvre la billetterie au public

    La 46e édition du festival international de piano de La Roque d’Anthéron se déroulera du 16 juillet au 16 août, mais les activités commenceront dès le 6 juin avec des Préludes dans différentes villes de la région, comme Aix-en-Provence, Gordes, Lambesc, Manosque, Marseille, Miramas ou Rognes. Il faut se préparer à être très occupés pendant toute cette période.

    Car le trio qui à la demande du président Jean-Louis Blanc a pris en charge les destinées du Festival a concocté des programmes qui vont inciter les amateurs de l’instrument roi à passer des journées entières entre Auditorium, allée de séquoias et salle de concerts, depuis les rencontres ou d jusqu’aux… découvertes à faire dès le matin, jusqu’aux soirées, voire Nuits du piano. Claire Désert, Nelson Goerner et Victor Julien-Laferrière, par des choix cooptés, assurent brillamment la continuité en recevant les grands noms des habitués, les incontournables de demain et même les amateurs les plus doués. D’ailleurs eux-mêmes seront aussi amenés à se produire S’il y a peu de jazz, la musique française trouve une large place, Messiaen fait un grand retour et Phil Glass lui-même se glisse entre Mozart, Beethoven, Schubert, Brahms ou Satie. On vous propose aussi des concerts sous les séquoias, pour animer le parc en plus des soirées, de passer une heure avec… De quoi faire des festivaliers des amateurs très occupés.

    La billetterie est ouverte. Pour toute information 33(0)4.42.50.51.15 et info@festival-piano.com

  • Dans les Alpes, la scène électro doit gravir des montagnes

    Dans les Alpes, la scène électro doit gravir des montagnes

    En ce début de mois d’avril, comme presque chaque vendredi soir, l’Antidote, bar situé sur le boulevard de la Libération à Gap, se prépare à accueillir un concert de musique techno. Le lieu devrait pourtant être cédé dans les prochains mois. Le repreneur, qui doit encore réunir les fonds, ne souhaite « a priori » pas poursuivre la programmation musicale. Avec la fermeture du Gorille en janvier, haut-lieu des musiques alternatives à Gap, c’est le dernier espace dédié aux musiques alternatives (techno, électro, punk…). Paradoxalement, Benjamin, propriétaire du lieu, ferme pour des raisons personnelles et non financières. Il explique même qu’organiser des soirées est très intéressant économiquement. « Un vendredi soir nous permet de faire le chiffre d’affaires de la semaine », affirme-t-il. « Ce n’est pas le public qui manque, ajoute Bassmount, l’un des trois DJ du collectif Osni Crew, qui se produit sur scène ce soir-là. L’Antidote est plein à chaque soirée, tout comme l’était le Gorille avant sa fermeture. En attendant qu’un autre lieu ouvre, les gens cherchent des endroits… mais il n’y en a pas beaucoup. Nous, ça fait six mois qu’on ne joue qu’ici. »

    Malgré un intérêt manifeste du public, les difficultés s’expliquent selon lui par une certaine frilosité des pouvoirs publics. « La techno et les musiques underground ont encore une mauvaise image, c’est très difficile d’être soutenus, déplore-t-il. Il faut arriver à s’attirer le soutien des élus locaux mais c’est très long… » Pour y parvenir, son groupe organise depuis peu des ateliers d’initiation à la musique électronique, auprès du public scolaire ou dans des maisons de retraite, et participe à des fêtes locales.

    La réussite du collectif la Zinzaïe dans le Champsaur

    Un processus long mais qui peut s’avérer payant. Du côté du Champsaur, le collectif la Zinzaïe y est parvenu. Fondé en 2023 à Saint-Michel-de-Chaillol, il réunit une quinzaine d’adhérents et organise cinq soirées par an consacrées aux différents genres de la musique électronique. Une de leurs idées phares a été de relancer la fête votive de la Saint-Pierre, qui avait cessé d’être célébrée, et qu’ils organisent désormais chaque année au mois de juin. « C’est un environnement très différent de notre programmation habituelle, avec un grand repas, des jeux… Ça nous permet de faire vivre le village et nous offre une légitimité auprès des habitants » détaille Brice, l’un des fondateurs du collectif. Il raconte qu’au départ les autorités étaient « très frileuses » à l’idée de soirées techno sur le territoire, gendarmerie et préfecture s’inquiétant auprès du maire à la veille du premier soir. « Notre avantage, c’est qu’on est des gens du pays, on connaît le maire et les conseillers depuis des années, un atout que n’aurait pas quelqu’un qui voudrait s’installer », analyse Brice.

    Une difficulté que Mael Graneri, fondateur de Darkside Event, collectif qui démocratise la culture des musiques électroniques dans le département, a rencontrée à Gap. « Ce n’est pas pour viser qui que ce soit en particulier, mais on sent que ce n’est pas dans la culture politique locale du Gapençais, qui est moins réceptrice de ce type d’événements en dehors des programmations plus familiales », explique-t-il.

    Tous citent également les obstacles inhérents au territoire : un marché immobilier saturé, une géographie de montagne enclavée qui oblige le public à venir en voiture, et une offre ferroviaire réduite qui rend onéreux de faire venir des artistes d’autres villes. « Petit à petit, des projets alentour se montent, comme la salle du Nid Rouge à La Bâtie-Montsaléon, un espace culturel qui est en train de se concrétiser. Mais à Gap, on a dix ans de retard », résume Bassmount. En attendant, les trois musiciens du groupe, tout à leurs derniers réglages, se prennent à rêver que l’association Auprès de mon arbre, qui gérait le bar le Gorille parvienne à acquérir à nouveau une salle à Gap, et fasse à nouveau vivre les musiques alternatives tout au long de l’année.

  • Programme en « résistances » à la Citadelle de Marseille

    Programme en « résistances » à la Citadelle de Marseille

    Troisième saison culturelle en vue pour La Citadelle, qui a accueilli 185 000 visiteurs l’an passé, aussi bien venus « pour un coucher de soleil, une programmation culturelle ou un atelier », rappelle Mathilde Rubinstein, directrice déléguée de l’association éponyme qui a la gestion de cet espace implanté sur la partie haute du Fort Saint-Nicolas. Sa mission, depuis la signature avec la Ville en 2021 d’un bail emphytéotique de 40 ans : « Restaurer et ouvrir au public » ce fort classé Monument historique en 1969 qui fut édifié dès 1660 sur ordre de Louis XIV pour « punir les Marseillais de leur trop grande passion pour la liberté ». Rien d’anodin à ce que la saison 2026 de La Citadelle soit placée sous le signe des « Résistances », comme pourra l’illustrer dès le 16 mai l’exposition et résidence croisée entre la France et la Tunisie, « Résistances et désobéissances ». Accueilli dans le cadre de la saison Méditerranée initiée par l’Institut français, un parcours faisant « dialoguer artistes, historiens et société civile » autour de l’incarcération, en ces lieux entre 1940 et 1942 du « futur président Habib Bourguiba et de sa garde rapprochée », résume Mathilde Rubinstein. Démantelé pendant le Révolution, transformé en prison et garnison au XIXe siècle, lieu de détention d’opposants au régime de Vichy comme Jean Zay ou Simone Weil, la Citadelle est un endroit « commun à plusieurs figures de la Résistance nationale et internationale, mais aussi un lieu de convivialité qui aide à la résistance à l’isolement et au repli sur soi », place-t-elle tandis que des ouvriers de chantiers d’insertion (« 42 nationalités représentées ») s’affairent à la restauration d’un patrimoine exceptionnel. « L’aménagement du bastion Vendôme et sa transformation en salle polyvalente » ou celle du « bastion Saint-Victor pour y installer un amphithéâtre extérieur de 250 places » sont attendus à l’horizon 2030.

    Musiques et patrimoine

    La saison culturelle de la Citadelle sera lancée le 18 avril avec « Faire fort !, journée populaire et festive » où « les artistes vont faire vibrer les remparts ». Parmi les propositions, des acrobaties aériennes du Centre international des arts en mouvement, un « dancefoor spécial minots » animé par le festival Basses fréquences, ou encore un « solo de guitare augmentée » de Benjamin Dupé, « en résidence avec sa compagnie pour au moins deux ans », précise Mathilde Rubinstein. La musique occupera une place centrale dans la saison avec « une date off de Marsatac » le 2 mai, une fête de la musique à l’esprit choral, local et mondial le 21 juin, ainsi que trois soirées assurées par la salle de concert du Makeda en juillet. Le week-end d’ouverture de la saison Méditerranée, les 16 et 17 mai, sera aussi l’occasion de voir le projet porté par la fondation Camargo, « Mondes marins », pour comprendre « comment l’art peut approfondir notre compréhension des mutations qui transforment la Méditerranée et les sociétés qui en dépendent ».

  • [Festival de Pâques] Le feu au bout des doigts

    [Festival de Pâques] Le feu au bout des doigts

    Bertrand Chamayou semble habitué aux exploits pianistiques. Le public du Festival de Pâques se souvient avec émotion de son intégrale de la musique pour piano de Ravel, la saison dernière. Il a renouvelé l’exploit dimanche au Grand Théâtre de Provence en alignant dans une seule soirée les deux monstres de difficultés pianistiques que sont les deux concertos de Franz Liszt.

    Cela revient un peu, pour un alpiniste, à enchaîner deux sommets himalayens. Gageure qui exige un monstrueux travail en amont, une discipline de fer et, sur le moment, une forme physique hors du commun. Cela ne serait rien sans un pouvoir de concentration qui dépasse l’entendement ordinaire. Sans, bien entendu, perdre cette part de sensibilité nécessaire à l’artiste pour dépasser le simple exploit digital, la simple esbroufe de concert. Non, il y a, certes, chez Bertrand Chamayou ce goût du dépassement, mais il est nourri d’une profonde intelligence sensible de la lecture des œuvres. Reste une fascinante aisance, une virtuosité à la fois tellurique et céleste, qui submerge l’auditeur, l’emporte dans un courant océanique de musique. L’Orchestre Les Siècles, que dirige Jakob Lehmann, joue le romantisme échevelé à fond. Le programme mettait Liszt entre les parenthèses de la musique de Wagner, Tristan et Parsifal. Les deux hommes sont liés d’une profonde amitié. Wagner a épousé Cosima, la fille de Liszt, et ce dernier s’est fait le pèlerin infatigable du génie de Bayreuth. Le concert se clôt sur L’Enchantement du Vendredi Saint, extrait de Parsifal. Enchantement, c’est bien le mot juste pour qualifier cette soirée exceptionnelle ; à n’en pas douter, l’acmé de ce 13e festival.

    Le public qui a salué debout et longuement mardi soir au GTP la soprano américaine Nadine Sierra. Soufflait, ce soir-là, sur le Festival de Pâques une vraie chaleur musicale. Il faut avouer que la diva possède un sacré sens de cet « entertainment » cher aux Américains ; contact direct avec le public, confidences, plaisanteries. Une soirée bon enfant. Il fallait compter sur le pianiste canadien Bryan Wagorn, complice efficace et malicieux. En première partie, des standards ; Summertime de Gershwin, Bernstein ou My Fair Lady. Les Américains adorent revendiquer leurs racines.

    La Diva est bonne enfant

    Nadine Sierra se souvient de ces grands-mères en évoquant le Mexique de Manuel Ponce ou l’Espagne de Turina. Et pour la « nona » napolitaine, O sole mio, bien entendu. Sans oublier le Brésil de Villa-Lobos et la belle Melodia Sentimental. Nadine Sierra c’est avant tout une colorature impeccable, agile, sans vibrato, ample, des graves parfaits aux aigus cristallins. C’est aussi une immense générosité d’artiste. Elle s’essaie au Vissi d’arte de Tosca, pas son répertoire, avoue-t-elle. Et puis c’est une Violetta fulgurante. Une Sonnambula de Bellini pleine de délicatesse. La pyrotechnie vocale, pour spectaculaire qu’elle soit, n’en reste pas moins au service du chant. Quand elle s’attaque à la Juliette de Gounod on est saisi par la qualité de son articulation du français. Le public réclame ; elle offre. Mimi et Musetta, Rodolphe, même ! Deux heures de chant et elle prend encore le temps de dédicacer ses disques dans le hall du Grand Théâtre de Provence. Une star !

  • Festival de Pâques : la « Passion » selon Bach

    Festival de Pâques : la « Passion » selon Bach

    Renaud Capuçon et Dominique Bluzet ont tenu, dès la création du Festival de Pâques, à ce que son épicentre soit marqué par l’exécution, en alternance, des deux seules Passions de Bach qui nous sont parvenues. Le Vendredi saint de cette 13e édition était donc consacré, au GTP, à la Passion selon saint Jean.

    Pour restituer cet immense monument de la musique sacrée, deux ensembles et cinq solistes étaient invités pour une exécution que l’on n’hésitera pas à qualifier de parfaite. L’ensemble Il Caravaggio, sa cheffe Camille Delaforge et le chœur accentus en dressent une architecture pleine d’élan dramatique et de lumière. La lecture en est toujours passionnante. Tout y est d’une grandeur et d’une sensibilité remarquables.

    La Saint Jean exécutée en 1723 à l’église Saint-Thomas de Leipzig est plus dramatique que la Saint Mathieu, composée en 1727. Bach s’y montre plus sensible aux péripéties et aux bouillonnements des sentiments. En témoignent les poignants arias et les chœurs où s’anime la fureur de la foule. Cette Passion s’inscrit dans la parenthèse géniale que constitue le chœur d’ouverture, une des plus belles pages jamais écrites, et le chœur « Ruht wohl, ihr heiligen Gebeine » (Reposez en paix, saintes dépouilles) qui exprime un moment de paix et de recueillement après la mise au tombeau du Christ. Deux moments de grand recueillement, où le chœur accentus prouve qu’il est une des meilleures phalanges du moment. Camille Delaforge reste attentive à la clarté du discours, à la limpidité du message.

    Le ténor Cyrille Dubois ne se contente pas de la neutralité d’un narrateur extérieur au drame. Son évangéliste vit la Passion qu’il commente. Il en est le témoin douloureux et compatissant. Le chant est beau et les accents sont touchants. Le Christ du baryton-basse Guilhem Worms est fait de chair et d’âme. La soprano Marie Lys, le contralto Marie-Nicole Lemieux (quel luxe !) et le baryton Mathieu Gourlet (Pilate) finissent d’habiter cet immense édifice luthérien. Comme le disait Aragon, « celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas » y trouvent matière à méditation.

    Brahms en double

    Le week-end pascal se poursuivait samedi soir. Renaud Capuçon endossait la double casquette de chef et de soliste. À la tête de l’Orchestre de chambre de Lausanne, il accompagnait son frère Gautier Capuçon au violoncelle pour le Double concerto de Johannes Brahms. Un mot manque dans notre langue pour décrire pleinement cette complicité fraternelle, éclatante ce soir-là. Gautier reste toujours attentif aux gestes de son frère, à ceux des autres pupitres. Le Double concerto met en miroir une double sensibilité, une double lecture qui est « une » dans l’intention, la sensibilité, le toucher de l’instrument. La direction de Renaud Capuçon laisse l’orchestre, dont il est le directeur artistique, déployer son talent, comme un accord parfait.

    En deuxième partie, la première Sérénade de Brahms, composée près de trente ans avant le Double concerto, laisse deviner le plaisir que le violoniste prend à la direction d’orchestre. Le geste est ample, affirmé dans son romantisme assumé.

  • [Vidéo] Les yeux pleins d’étoiles pour les petits bouts à l’Opéra

    [Vidéo] Les yeux pleins d’étoiles pour les petits bouts à l’Opéra

    Devant des tout-petits, c’est une première. Ça m’a beaucoup touchée, car j’ai majoritairement bien senti les enfants dans l’histoire et les parents aussi », relate tout sourire Muriel Tschaen, récitante du spectacle. Elle poursuit : « Au vu des retours faits à la sortie, on sent que tout le monde a passé un excellent moment. Je trouve ça génial ! »

    Les enfants, leurs parents ainsi que les professionnels des crèches accompagnants, soit environ 400 personnes, ont profité de cette matinée artistique. Une deuxième édition pour ce dispositif remarquable, axé sur le développement de l’éveil des enfants, le renforcement des liens familiaux et les échanges avec les crèches.

    « On a pu voir la joie et les sourires des bébés et des parents devant ce spectacle vivant, mais aussi la découverte d’un lieu de culture, d’un orchestre, et peut-être des vocations », note Guillaume Schmitt, responsable des relations extérieures et de l’action culturelle de l’Opéra municipal.

    À la sortie, la famille de Coralie, Julien et Li-Anna s’enthousiasme. « Ça lui a plu ! Très enrichissant, merci », dit le papa. « C’est super pour l’éveil musical des enfants », dit la maman. Et « le chaaat » remporte le cœur de la petite fille.

  • Vitesse de croisière pour le festival de l’excellence

    Vitesse de croisière pour le festival de l’excellence

    Un Grand théâtre de Provence sous le charme a suivi mardi soir le récital du jeune pianiste japonais Mao Fujita. Aix le connaît bien ; il est invité au Festival de Pâques pour la troisième année consécutive. La dernière édition le retrouvait auprès de Renaud Capuçon et le violoncelliste Kian Soltani, autre révélation du Festival. Le programme balayait le répertoire pianistique de Beethoven à Brahms et quelques chemins de traverses. Rien de démonstratif chez ce jeune artiste. En témoigne une première sonate de Beethoven tout en retenue, en légèreté. Une lecture à la fois tendre et subtile et un toucher du clavier jamais agressif.

    Une poésie de chaque mesure renouvelée dans la Sonate pour piano n° 1 de Johannes Brahms livrée avec une profondeur d’intentions bouleversante. Autour de ces deux piliers, des pièces pour piano de Wagner dont la transcription de La mort d’Isolde par Liszt, les Variations sérieuses de Mendelssohn très « Bach » et du Berg avant Berg encore teinté de wagnérisme. Du talent pur au service de la musique.

    Jordi Savall fait parler

    la Passion

    Atmosphère pascale mercredi soir avec Jordi Savall, le Concert des Nations et la Capella Nacional de Catalunya. On y mettait la mise en dialogue deux œuvres, deux visions de la Passion ; Le Christ au mont des Oliviers de Beethoven et Les Sept Dernières Paroles du Christ en croix de Joseph Haydn. Un programme fort, intense servi de mains de maître par le gambiste Jordi Savall qui n’a eu de cesse d’explorer les répertoires renaissants et baroques.

    C’est donc armé du Concert des Nations, crée en 1989 et de la Capella Nacional de Catalunya qu’il offre au public aixois une soirée qui peut déjà marquer cette édition du Festival de Pâques d’une fort belle pierre blanche. Les doutes et l’angoisse du Christ à Gethsémani, sont exprimés par la belle voix du ténor Emanuel Tomljenovic. Les dix adagios des Sept Dernières Paroles du Christ sont chargés d’un profond recueillement. Le chœur catalan y excelle, le concert de Nations est la formation idoine. Elionor Martínez (soprano), Lara Morger (mezzo-soprano), Manuel Ferrand Mitjans (ténor) et Walser (baryton) servent un discours d’une rare intelligence musicale.

  • « J’ai les boules » : parties de slam dans les Bouches-du-Rhône

    « J’ai les boules » : parties de slam dans les Bouches-du-Rhône

    Sitôt passée sa « surprise » lorsque Les Théâtres – groupement des scènes marseillaises du Gymnase et des Bernardines et des Aixoises du Grand théâtre de Provence et du Jeu de Paume – lui ont passé commande pour J’ai les boules, Iraka a tout de suite « abordé l’angle de son écriture avec le rapport intime » que ce slameur entretient avec la pétanque. « J’ai creusé dans mon histoire familiale où la pétanque était un endroit de convivialité, de jeu pendant les vacances », se remémore l’auteur et interprète de cette création qui tournera sur certains terrains de pétanque de Marseille et des alentours, à commencer par le Cercle de Saint-Barnabé, ce vendredi, à 19h. Un format musico-théâtral qui s’inscrit dans le cadre d’« Aller vers », projet initié par Les Théâtres en 2021 et destiné à emmener gratuitement le spectacle vivant à la rencontre du public.

    J’ai les boules arbore une forme « hybride » de 30 minutes au cours duquel la compositrice et DJ électro Mila Necchella assure aux platines, aux côtés d’Iraka, dont le flow se répand sur la terre battue chère aux boulistes. « Avec des ambiances sonores qui évoquent la Méditerranée », campe ce dernier, avant d’énumérer les multiples dimensions de la création : « Musicale, théâtrale et aussi stand-up. »

    D’Arles à Rognes

    En effet, l’humour et parfois le folklore alimentent les discussions et autres conciliabules qui enveloppent toute partie de pétanque digne de ce nom. « Nous nous sommes entre autres inspirés de scènes de Pagnol, d’un certain franc-parler. On a voulu créer du mouvement et de la drôlerie », rappelle Iraka à propos de cette création, qui passera ensuite, samedi 4 avril, par La boule des vents (12h), au Panier, et le Boulodrome Targuist, qui surplombe le Théâtre Silvain (18h30). Autant de scènes à l’ambiance « rap et électro » auxquelles les deux artistes intègrent les voix de joueurs de pétanque chevronnés, comme la championne Charlotte Darodes, dont « nous nous sommes inspirés pour la démarche sportive de haut niveau », souligne Iraka, citant également d’autres pétanqueurs emblématiques comme Marco Foyot, ou encore « le bombardier tunisien » Mohamed Ferjani.

    « Abreuvé par les articles de “La Marseillaise” » lors de la création de J’ai les boules, le slameur a aussi poussé sa démarche jusqu’à « palper » les ambiances des parties de pétanque du quotidien, notamment au Boulodrome Daillan, dans le quartier arlésien de Trinquetaille où il réside, et qui accueillera d’ailleurs deux représentations le 12 avril. Le spectacle poursuivra sa route du 14 au 24 avril en écumant tour à tour les terrains de pétanque marseillais de Carli, du Talus, celui de l’esplanade du Séquier à Barbentane, le boulodrome municipal du Rove, le boulodrome Méano de Miramas, celui du Grand Pavois à Septèmes ou encore celui du Parc Versaille à Rognes.

  • « La nuit des griots » éclaire Marseille en musique

    « La nuit des griots » éclaire Marseille en musique

    Poètes et musiciens transmettant la tradition orale en Afrique de l’Ouest depuis la nuit des temps, les griots irriguent pour la 11e fois l’esprit d’un festival créé en 2016 par Issiaka Kouyaté. Un activiste culturel burkinabé vivant à Marseille où il imagine l’édition 2026 de La nuit des griots, qui diffuse sa verve musicale dans la ville jusqu’au 10 avril et lors de laquelle « les sons » de cette partie du globe « se revisitent entre afro pop et électro folk ». Des musiques actuelles ouvertes aux quatre vents du monde symbolisées dès l’ouverture du 3 avril, à La Paillotte, rue Crudère (6e), rhumerie où la guitariste franco-nigérienne Ellé enivrera de sa folk en langue anglaise comme peule. Du « blues touareg » à « l’intimité de la folk américaine », il n’y a parfois qu’un pas, qu’elle franchit avec jubilation.

    Gambie, Mali, Cameroun…

    « Première femme virtuose de la kora », cette harpe-luth mandingue, Sona Jobarteh se produira quant à elle le lendemain, à l’Espace Julien. Cette multi-instrumentiste et chanteuse bouscule depuis une quinzaine d’années cet univers très masculin, cultivant sans discontinuer « l’identité culturelle, l’amour et le respect, tout en restant fidèle à son héritage gambien ».

    « Les artistes de La nuit des griots dessinent ainsi une nouvelle Afrique, plus audacieuse et à la joie de vivre toujours aussi contagieuse », livrent les organisateurs d’un festival lors duquel se produira également, le 9 avril au Makeda, Yeko, projet réunissant six artistes maliens et ouest-africains « pour dresser un portrait musical de chacun ». La Cité de la Musique abritera pour sa part, le 10 avril, des concerts de la chanteuse et guitariste camerounaise Joys Sa’a, puis du groupe Sahel roots.